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Dossier bac : la Raison et le Réel - La raison comme moyen privilégié d' ordonner le Réel

 

 auguste-comte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La raison pour ordonner le monde réel

 

LA RAISON ET LE REEL

 

La raison s'est affirmée peu à peu comme le moyen privilégié pour ordonner le monde réel et faire émerger la connaissance.

 

Notions introductives:

 

La Raison =la faculté de juger (distinguer le vrai du faux), de connaître et de comprendre

La raison peut produire des représentations objectives en ce sens elle se distingue des simples pensées subjectives.

Le Réel désigne, dans un premier sens, tout ce qui existe, ou le fait d’exister = ce qui existe vraiment

La vérité = le but de la connaissance

La raison et le réel = La raison se fixe pour but de connaître et de comprendre le réel qui devient son objet. La raison détermine ce qui est réel ou pas.

 

La raison pour ordonner le monde réel

 

*** Quel est notre rapport au monde? Magie? Raison? 

 

L'humanité et l'esprit humain sont passés par trois « États » successifs :

 

auguste-comte

 

L’attitude scientifique n’est pas naturelle à l’homme = elle est une conquête de l’histoire.

1. La théorie d’Auguste Comte = les trois états :

Dans un premier temps, les hommes se référaient à des explications théologiques pour rendre compte des éléments, ils étaient ainsi ramenés aux caprices de Dieu.

La métaphysique succède aux explications théologiques, les dieux sont remplacés par des forces abstraites et enfin, la science permet de justifier des faits en rattachant objectivement ces derniers les uns aux autres. Nous retrouvons à travers l’évolution de ces trois stades, théologique, métaphysique et scientifique la théorie des trois états d’Auguste Comte. Nous voyons donc que l’attitude scientifique est un produit tardif de l’histoire puisqu’elle n’est pas spontanée chez l’homme. Elle propose une explication qui n’est plus anthropomorphique, cela signifie qu’on ne projette plus de sentiments humains sur les phénomènes.

2. Un niveau scientifique :

Le niveau scientifique suppose que les explications soient dénuées de tout anthropomorphisme. Il faut poser des relations objectives qui ne soient plus le reflet des dispositions subjectives de l’homme. La connaissance spontanée du réel est donc anti-scientifique. La science doit dépasser les apparences et l’observation empirique qui sont des obstacles épistémologiques. Il faut passer au-delà des données immédiates et poser des rapports = ainsi le poids dépend du champ de gravitation. La réalité scientifique n’est donc pas immédiate mais construite. Par exemple, la température devient un fait scientifique lorsqu’elle n’est plus sentie sur la peau mais lue sur le thermomètre. Du vécu immédiat, on passe au connu scientifique.

3. Les caractéristiques de la science différente de la technique :

La science est désintéressée. La technique est le fait pour l’homme d’utiliser les connaissances scientifiques. Elle est donc pragmatique et utilitaire.

 

L'état positif = l'état scientifique correspond à une objectivation du réel

 

leibniz

 

La relation Raison et Réel

Formes historiques de la relation

 

La raison ontologique =logos = la parole ou le langage=le discours visant la vérité

La raison dogmatique =(ce qui est dogmatique = évident et indiscutable).  La raison est la faculté humaine de connaître la réalité (Descartes, Spinoza, Leibniz = les rationalistes)

Descartes affirme au tout début du Discours de la Méthode: «Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée»  =le bon sens est la raison.

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée… La puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens, ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes. »

Discours de la méthode, René Descartes, 1637

La raison critique = elle s'oppose à la raison dogmatique dans le sens où elle doit être capable de voir ses propres limites. Travail critique sur la raison qui est l'oeuvre de Kant, il faut relativiser le pouvoir de la raison. Concernant la question de savoir si l'on peut connaître le réel selon Kant = Il faut distinguer les phénomènes, ce qui apparaît et les noumènes, les choses en soi.

La raison dialectique = «Tout ce qui est rationnel est réel et tout ce qui est réel est rationnel» Hegel. Dimension historique de la raison, Hegel réunit la Raison et le Réel. Rien n'échappe au processus rationnel, (même les guerres dans l'Histoire se justifient) tout obéit à ce principe logique.

La raison scientifique = Il faut renoncer à la raison dialectique car nous ne pouvons avoir une connaissance absolue du réel qui nous échappe. C'est la science qui découvre le réel, elle permet une connaissance objective et vraie.

 

Bachelard

 

Les trois modalités de la relation Raison et Réel

 

La méthode expérimentale = théorie et expérience

Rationalisme ou empirisme pour comprendre le Réel?

L'empirisme = Hume = «Toutes les lois de la nature sans exception se connaissent seulement par l'expérience ». Au contraire, le rationalisme fait procéder la connaissance de principes a priori

Kant  propose une connaissance qui suppose à la fois la théorie et l'expérience.

"Si toute notre connaissance débute AVEC l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute DE l'expérience, car il se pourrait bien que même notre connaissance par expérience fût un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles et de ce que notre propre pouvoir de connaître (simplement excité par des impressions sensibles) produit de lui-même..."

Pour Bachelard, «Rien n'est donné, tout est construit». Les objets de la science sont des phénomènes, ce qui nous apparaît, ces faits sont expliqués par la théorie, ils deviennent ensuite des faits établis, reconnaissables, vérifiés par l'expérience.

 

kant.

 

La méthode mathématique = la démonstration

La démonstration

Introduction

La notion de démonstration s’élabore au sein de la géométrie : elle désigne un enchainement nécessaire des énoncés, de telle sorte que des propositions puissent être reconnues comme vrais dans la mesure où elles sont liées en fonction de procédures valides à d’autres propositions vraies, ainsi qu’à des principes reconnus ou admis comme évidents. La proposition se distingue de l’argumentation : elle expose un processus nécessaire du vrai. Mais la nécessité que l’on prête à la démonstration porte t’elle sur les liaisons logiques de manière purement formelle ou sur la vérité, au sens de la signification des propositions et de leur accord avec la réalité ? La démonstration est-elle une exposition synthétique et bien ordonnée, où la solidité des liaisons logiques comme leur validité laissent transparaitre la vérité des choses ? L’ordre et l’enchainement des idées est-il le même que l’ordre et l’enchainement des choses ainsi que le pense Spinoza : « en effet, les yeux de l’esprit par le moyen desquels il voit les choses et les observe, ce sont les démonstrations elles-mêmes » éthique, V. Mais cette interprétation ontologique de la démonstration risque d’oublier le sens de sa provenance géométrique, avec Euclide, et de dévaluer le travail des mathématiques, qui se voient accusées d’avoir recours à des procédés formels et à des évidences non interrogées, d’où résultent la séparation entre l’idée et son correspondant extérieur . La démonstration serait marquée par une série de constructions artificielles qui ruinent la logique interne de la pensée, au profit d’une pédagogie de la conviction, laquelle reste extérieure à son objet. La démonstration au sens géométrique n’est pas séparable des difficultés qui la constituent et des obstacles qu’elle tente de surmonter. Qu’en est-il dans ces conditions, de la saisie des premiers principes ? Faut-il faire appel à une appréhension intuitive distincte de la discursivité ou à un raisonnement par l’absurde ? De même, on s’interrogera sur le sens de l’indémontrable : évidence première qui excède toute démonstration ou proposition conventionnellement posée au départ d’un système forme ? La frontière entre l’indémontrable et le non encore démontré est elle-même mouvante, chercher à la repousser nous a conduit à découvrir une pluralité de systèmes hypothético-déductifs. Quelle leçon philosophique pouvons-nous tirer de cette impossibilité de créer des systèmes formels auto suffisants ? La démonstration n’est-elle qu’un moyen parmi d’autres de rechercher la vérité ?

 

Démontrer

 

La démonstration consiste à faire voir. En anatomie, la démonstration consiste à disséquer. En général, la démonstration de force consiste à montrer sa force devant l’ennemi, les démonstratifs en grammaire désignent ce que l’on montre. Il ne s’agit pas seulement d’indiquer ou de constater mais de prouver en montrant quelques choses comme dans le domaine juridique où l’on montre une pièce à conviction ou lorsque l’on produit un témoignage qui servira de preuve de façon irrécusable, explicite. Il s’agit de faire étalage de sa force comme un pays qui fait défiler ses chars devant la frontière d’un pays ennemi, pas de s’en servir. Avec une démonstration, on montre et on expose les tenants et les aboutissants d’un raisonnement. On fait appel à la raison, on fait apercevoir des raisons, démontrer, c’est aussi expliquer, on parle d’une leçon en anatomie, de plaidoyer dans le domaine juridique. IL faut donc expliquer et exposer pour que la chose que l’on montre devienne une preuve et que l’on démontre quelque chose. IL ne suffit pas de produire la chose, il faut la faire entrer dans un raisonnement où l’on peut conclure quelque chose. Les raisons résident dans l’enchainement des faits que l’on montre.

 

Démontrer est ce argumenter ?

 

Qu’est ce qui caractérise l’argumentation et la distingue de la déduction ? L’argumentation fait appel à la logique et à des déductions. Dans l’argumentation, des faits, des choses, des témoignages contingents sont des indices en faveur d’une thèse pour la défendre. Les preuves ne s’imposent pas d’elle memes, une preuve reste extérieure aux autres preuves et à ce qu’elle prouve. Les faits restent isolés les uns des autres, on attend qu’ils convergent. Ils renforcent une opinion. Les événements ne s’enchainent pas mais s’accumulent, se renforcent jusqu’au moment où ils entrainent la conviction. L’argumentation se situe dans le cadre de l’argumentation dialectique au sens d’Aristote, confrontation des opinions contraires. La preuve dans l’argumentation est un vérification, une confirmation d’une opinion par un fait, quelque chose que l’on peut mettre sous les yeux.

 

Dans une démonstration, il ne s’agit pas de vérifier ou d’infirmer un fait, on ne se contente pas d’une exigence faible de vérité. La démonstration a pour finalité de trouver le moyen de se situer dans le vrai et d’y rester. Partant du vrai, je reste dans le vrai. Mais d’où viennent ces choses vraies ? La vérité démonstrative n’est pas de l’ordre de l’exactitude, choses avérées, vérifiées. La simple exactitude n’est qu’une conformité à l’opinion. La vérité démonstrative est indépendante de celui qui la dit, l’admet ou la reconnait. Il n’y a pas à argumenter dans un savoir authentique. Le carré de l’hypoténuse est la somme des carrés de l’angle droit est une vérité qui n’est pas de l’ordre de la discussion. Trouver les propriétés d’une figure géométrique ne consiste pas pas à les discuter. Ces propriétés appartiennent à la nature du triangle, il faut et il suffit de suivre la façon dont la chose s’organise. Tout corps qui se meut tend à continuer son mouvement en ligne droite. La démarche démonstrative dépend finalement de notre capacité d’avoir des idées claires et distinctes. A chaque pas de la démonstration, je me rapporte à une conception claire et distincte que j’ai préalablement. Pourquoi alors exprimer ces vérités sous forme de démonstration ? Nous voulons que ces idées forment un ordre déductif. Avoir des idées claires et distinctes ne suffit pas nous voulons qu’elles résultent des principes de principes, qu’elles forment un système où les vérités sont enchainées les unes aux autres.

 

Voir le cogito cartésien

 

D'où vient la certitude mathématique ?

 

La connaissance ne peut être obtenue que par expérience ou déduction; l'expérience est trompeuse. Quant à la déduction, elle ne peut jamais être mal faite même par l'esprit le moins doué de raison, nous dit Descartes dans les Régula II. Il faut une intuition immédiate, un principe à partir duquel la déduction est possible. L'intuition est directe, c'est une nature simple, l'expérience métaphysique de la vérité absolue, innée, originaire. L'intuition est l'expérience des natures simples. Il n'est d'absolue certitude que de l'intuition. L'erreur ne pouvant se glisser dans l'intuition des natures simples, l'erreur ne peut alors venir que de la façon dont s'exerce la composition. L'intuition est le fondement de toute science suivie de la déduction car, «il n'y a que deux actes de l'entendement par lesquels nous puissions parvenir à la connaissance des choses sans nulle crainte de nous y tromper, l'intuition et la déduction», Régula II.

 

Les mathématiques, un modèle de rigueur démonstrative

 

La vérité mathématique constitue bien le modèle initial de toute vérité possible et Descartes en confirme la pureté : les mathématiques traitent d’un objet assez pur et simple pour n’admettre absolument rien que l’expérience ait rendu incertain », et elles consistent « en une suite de conséquences déduites par raisonnement ». Leur clarté provient donc de leur distance relativement aux « expériences trompeuses » et de ce que la déduction, ou inférence, « ne saurait être mal faite même par l’entendement le moins capable de raisonner ».

 

A priori et vérités

 

La démonstration mathématique a pourtant été précédée par des pratiques empiriques. La géométrie est initialement mesure du sol.

 

Démontrer, c’est n’admettre comme nécessité que celle dont décide la raison elle-même. C’est donc, comme l’a montré Kant, travailler sur des notions entièrement a priori qui ne doivent leurs propriétés qu’à leurs définitions et à ce qu’elles impliquent. Les propriétés d’une figure géométrique ne dépendent donc pas de ce que son dessin me suggère, mais uniquement de sa définition conceptuelle et de ce qui peut en dériver.

 

C’est parce que les mathématiques ne dépendent que de l’activité de la raison qu’on a longtemps pensé qu’elles se fondaient sur des propositions irréfutables, « évidents » et universelles : contredire de tels axiomes, du genre, le tout est plus grand que la partie, signalerait un déni de rationalité, et la vérité produite par le raisonnement mathématique ne pouvait être qu’unique.

 

La démonstration mathématique qui a besoin de poser des notions et des propositions « premières », confirme, ce que soulignait déjà Aristote, que la pensée ne peut pas régresser à l’infini : il lui faut des points de départ, les idées innées, de Descartes.

 

Ces points de départ varient d’un philosophe à l’autre, en fonction du contexte intellectuel, de l’avancée des savoirs, de l’état de société. Ils constituent des sortes d’axiomes intuitifs, en eux-mêmes indémontrables, à partir desquels chaque système philosophique est élaboré, qu’il s’agisse de l’opposition entre sensible et intellectuel chez Platon ou de l’antériorité de l’existence sur l’essence chez Sartre.

 

La démonstration philosophique consistera alors à déduire tout ce qui est possible de ces axiomes et définitions dont la portée et le sens ne devront pas varier.

 

platon

 

La méthode herméneutique = l'interprétation

 

L’interprétation

Définition : L’interprétation vient d’un mot latin qui veut dire le médiateur, l’intermédiaire puis par extension celui qui explique ou le traducteur. Interpretatio a servi à traduire le grec hermêneia qui a donné herméneutique et qu’on rapproche parfois du Dieu grec Hermès, dieu des marchands et des voleurs et qui est aussi l’intermédiaire entre les hommes et les dieux.

L’historique du l’herméneutique : Platon considère les poètes comme des interprètes des Dieux, ils transmettent aux hommes une parole qui les dépasse. L’herméneutique est née dès qu’un homme a voulu déchiffrer des mots gravés sur la pierre, un papyrus, un texte sacré, une norme juridique. Pendant longtemps, l’herméneutique sera identifiée à l’exégèse des Ecritures. Philon le Juif est le premier à avoir affirmé que l’écriture est le symbole d’une vérité cachée, qu’il faut savoir en dévoiler le sens symbolique par-delà le sens littéral, créer un lien entre une vérité d’origine et sa trace, entre cette trace léguée par la tradition et ceux qui la recueille des années après. L’interprétation a pour but de mettre au jour un sens qui pourrait être compromis par les distances historiques et culturelles. Un interprète d’un point de vue musical crée un lien entre une partition et un public. On pourra d’ailleurs se demander si l’interprétation se contente de restaurer un sens qui, sans elle, serait perdu ou si elle peut être créatrice d’une nouvelle dimension. On retrouve cette dimension d’entre deux, de travail de médiation dans les multiples situations où l’homme est confronté à la nécessité d’interpréter de façon plus banale, alors que la démonstration est issue d’une démarche de construction rationnelle, l’interprétation est la manière la plus courante de se rapporter au réel.

La question de l’herméneutique, un recours indispensable : Ainsi, les pleurs sont-ils le signe d’un chagrin d’amour, d’une mauvaise nouvelle ? De même dès que nous échangeons par la parole, nous interprétons ce qui est signifié, c’est même nécessaire à une compréhension possible d’un sens mais non assurée. Nous n’avons en revanche pas à interpréter des signaux qui délivrent un message sans ambiguïté. L’interprétation est ainsi rejetée hors de la sphère de l’objectivité, du côté du tâtonnement subjectif.

Questionnement sur l’herméneutique : Toutes les interprétations se valent elles ? Faut-il considérer que les sciences humaines qui relèvent de l’interprétation sont moins rigoureuses que des sciences dites de la nature qui reposent sur un raisonnement mathématique démonstratif et des points de départ explicitement définis ? Les sciences de la nature ne sont-elles pas toutefois issues de l’homme et ne nous révèlent elles pas une conception de l’homme impliquée par le projet de rationalisation de la nature ? Derrière la différence entre les sciences de la nature et les sciences de l’homme ne se cache-t-il pas une parenté profonde, ne relèvent elles pas toutes deux de l’interprétation ? La démonstration n’est-elle pas une interprétation parmi d’autres de la vérité ? S’il est impossible de mettre la subjectivité hors-jeu, ne faut-il pas plutôt l’affronter comme une dimension essentielle de l’humain et l’affronter le plus rigoureusement possible. Plutôt que d’être rivales, les sciences de la nature qui cherchent à expliquer et les sciences humaines qui cherchent à comprendre ne pourraient-elles pas s’enrichir mutuellement ? Le monde que nous expliquons ne nous permet til pas de mieux nous comprendre car ce qui est premier et fondamental, c’est cette appartenance au monde qui nous réalise et nous reflète ?

L’interprétation et sens ouvert : Un comédien livre d’un texte une interprétation jugée plus ou moins judicieuse, l’amateur d’art interprète un tableau en fonction de ses connaissances et de son goût : il n’y a dans de telles situations d’interprétation possible que dans la mesure où la signification de l’œuvre ou du texte, semble ne pas être définitivement fixée et rester disponible, au moins en partie, à ceux qui ont pour tâche de la raviver et de la transmettre. Les textes et les œuvres sont des réserves de sens. Au XIXème siècle, Dilthey oppose les sciences de la nature et les sciences de l’esprit. Concernant les premières, il s’agit de rendre compte des phénomènes par des lois et concernant les secondes, les faits humains en particulier, psychiques. On peut ainsi dire qu’un phénomène n’est pas seulement soumis au déterminisme naturel ; Il fait aussi intervenir les intentions des acteurs et l’historien devra donc interpréter ces intentions contrairement à un fait physique qui est tout simplement et ne peut pas être autrement. L’histoire est une science de l’herméneutique.

La philosophie de l'histoire l'histoire appelle la philosophie de l'histoire. Elle concerne les hommes et le sens de la vie donc la recherche historique conduit à la recherche des causes, des lois, des fins des évènements. La vraie philosophie de l'histoire renvoie à la métaphysique du devenir humain, c'est-à-dire, de l'humanité toute entière, de l'homme en tant qu'il est porteur de l'humanité et de son avenir tout entier. Le projet historique à construire du point de vue humain On a une interprétation du cours des évènements en fonction d'une vision du monde, une étude humaine dans la condition temporelle. Nous avons en outre des difficultés de compréhension relativement à ce qui se passe dans le temps. Le devenir se plie mal aux exigences de la raison. Dès qu’un fait relève de l’existence ou de l’activité humaine, on constate au contraire que pour être compris, il faut qu’interviennent activement une subjectivité et des jugements de valeur. 

L’interprétation est-elle achevable ? Dans le cadre d’une cure analytique, le psychanalyste interprète les discours, contrôle ou non, de son patient, les souvenirs, les récits de rêves, les lapsus, rien n’et à ses yeux insignifiant, et tout participe à l’élaboration du sens y compris, dit-on le retard, l’exactitude ou l’avance avec lequel les patients arrivent. Ce matériau d’où naitra du sens est-il épuisable ou doit-on considérer qu’il recèle indéfiniment des franges nouvelles de sens ? Freud lui-même considérait que le travail d’interprétation mené par l’analyste est en principe et en droit interminable : ce n’est en fait que pour des raisons pratiques ou économiques que l’on met fin à la cure et qu’on la déclare terminée. L’interprétation fait donc l’objet d’un cercle herméneutique, ce qui est insignifiant pour le patient est au contraire chargé de sens pour le psychanalyste. De même, un historien commence en fonction de ses choix idéologiques et méthodologiques, même si son honnêteté fait que généralement, il les formule publiquement, par poser le sens qu’il essaie de constituer : il va donc lire un événement à travers une grille d’interprétation qui écartera dès le départ d’autres significations possibles. Un sociologue ou un psychologue ne peut pas davantage faire abstraction des postulats qui fondent ses conceptions. Enfin, le chercheur en sciences humaines ne peut s’extraire de son monde, de sa mentalité, de ses inquiétudes et de ses interrogations : ses centres d’intérêt, les directions de ses recherches et les questions qu’il cherche à éclaircir sont déterminés par son époque, en même temps bien entendu que par le travail des chercheurs qui l’ont précédé, eux-mêmes liés à une époque et à une mentalité au moins partiellement déterminantes. Parce que de multiples interprétations d’un même fait humain sont ainsi possibles, et parce que diverses interprétations peuvent se trouver en concurrence pour rendre compte d’une même situation, on croit pouvoir accuser les sciences humaines de manquer d’objectivité ou de scientificité. Outre qu’un tel reproche témoigne d’une conception ans doute trop étroite de la vérité, il oublie que le sens produit par des conduites échappe par définition à une lecture unique, parce qu’il excède les intentions qui l’ont fait naître, et parce qu’il s’offre ainsi à des lectures d’autant plus nombreuses qu’elles seront effectuées dans des contextes indéfiniment variables.

 

Spinoza

Fiche bac sur la raison

 

Cours sur la Raison et le Réel: Fiche bac

Vous pouvez retrouver ci-dessous :

 

La raison :

 

 

I. L’irrationnel :

On définit l’irrationnel comme ce qui est contraire ou inaccessible à la raison. On peut considérer qu’un phénomène qui échappe à la raison comme « les miracles » est un phénomène irrationnel. Nous pouvons élargir la définition et affirmer que l’irrationnel est ce dont la raison ne peut rendre compte à un moment donné comme par exemple le tonnerre dans l’antiquité. Les irrationnels obligent l’homme à reconnaître les limites de la raison et de ce fait, la finitude de l’homme. Si les irrationnels existent alors, la connaissance est relative, la raison ne pouvant comprendre que ce qui lui est accessible. L’irrationnel peut aussi être « ce qui ne procède pas de la raison » comme, l’imagination, la passion.

 

Oral bac

  • Questionnaire

  • Qu'est-ce que l'irrationnel?

  • Donnez un exemple d'irrationnel

  • Si l'on pose un irrationnel : quelle en est la conséquence?

 

II. Le rationalisme :

Définition : c’est une doctrine qui pose que la connaissance relève de la raison. On peut illustrer cette idée avec Brunschvicg : « l’intelligence humaine peut tout comprendre » ou encore, Hegel : « Tout ce qui est réel et rationnel et tout ce qui est rationnel est réel ».

Le principe de raison suffisante : le rationalisme considère que la raison peut tout comprendre, on peut alors poser une intelligibilité universelle et affirmer que :

1. Tout fait a une cause : principe de causalité.

2. Tout fait a une loi : Principe de déterminisme.

3. Tout fait a une fin : Principe de finalité.

4. Impossible qu’1 chose soit et ne soit pas : Principe de contradiction.

Ainsi selon le rationalisme, la raison peut tout comprendre selon la cause, le déterminisme, la finalité et la non-contradiction. Le principe de raison suffisante permet de rendre compte de tout et élimine le hasard et la contingence et l’irrationnel.

 

Oral bac

 

  • Questionnaire

  • Quelle est la définition du rationalisme?

  • Quelles sont les citations de Brunschvicg et de Hegel illustrant le rationalisme?

  • Qu'est ce que le principe de raison suffisante?

  • En quoi consiste t'-il? Quels en sont les quatre points essentiels?

  • Quelles conséquences pouvons-nous en tirer?

 Descartes

 

III. Le rationalisme cartésien :

Descartes veut fonder une mathématique universelle et cherche en philosophie une vérité dont la certitude serait égale à celle des mathématiques. Il suit le raisonnement mathématique, appelé un raisonnement discursif qui comprend l’intuition et la déduction :

L’intuition : Selon Descartes suppose l’évidence, c’est une notion simple qui n’est pas déduite mais qui va permettre de déduire les autres notions. L’évidence renvoie chez Descartes à la vérité et la vérité suppose la clarté et la distinction : « ce qui est clairet distinct, ce qui est conçu clairement et distinctement ne peut être faux ». L’intuition est donc claire et distincte donc vraie car les critères de vérité sont selon Descartes la clarté et la distinction : l’évidence.

La déduction : la déduction par opposition à l’intuition n’est pas évidente. La vérité de la déduction n’est pas immédiate. Elle suppose la certitude de la mémoire. On déduit, on infère une chose d’une autre à partir d’un premier principe connu par intuition donc vrai. Les conclusions sont donc tirées d’autres choses connues avec certitude. Cependant, le premier principe est toujours connu par intuition tandis que les conclusions le sont par déduction.

Comment ce schéma s’applique t’il à la philosophie ? Comment le philosophe peut-il atteindre la certitude mathématique ?

Descartes nous dit que le point de départ en philosophie est le doute qui doit être méthodique, il faut suspendre son jugement et hyperbolique, poussée à l’extrême. D’où l’hypothèse d’un dieu trompeur chez Descartes doublée de la fiction d’un malin génie qui emploierait toute son énergie à nous tromper. Il représenterait donc l’illusion, source d’erreurs pour l’homme qui prend les fictions pour des réalités. L’homme doute et suspend son jugement et c’est dans l’acte de douter que s’affirme le sujet pensant. Ainsi, le malin génie peut me tromper autant qu’il voudra, s’il me trompe, c’est que je suis. « Je doute mais tandis que je doute je ne peux douter que je pense et si je pense, je suis car pour penser, il faut être ».

« Je pense donc je suis » = cogito ergosum

Nous retrouvons la notion simple, non déduite qu’est l’existence et qui sert à déduire la pensée connue par déduction. Il y a donc une conjonction nécessaire entre ma pensée et mon existence. L’existence est première, « pour penser, il faut être ». L’existence relève de l’intuition et la pensée de la déduction.

L’esprit triomphe du doute. La première certitude est donc « je suis », « j’existe » et à partir de l’existence, on peut déduire la pensée. L’esprit sort du doute. On retrouve donc en philosophie une certitude égale à la certitude mathématique. On peut donc appliquer la déduction à la philosophie.

 

Oral bac

  • Questionnaire

  • Quelle est l'ambition de Descartes?

  • Comment procède t'-il?

  • Qu'est-ce que l'intuition?

  • Qu'est-ce que la déduction?

  • Quels sont les critères de vérité selon Descartes?

  • Comment applique t'-il ce schéma  à la philosophie?

  • reformuler le cogito cartésien

  • Précisez la notion simple non déduite, la notion déduite et la conjonction nécessaire

 Pyrrhon

 

Le Scepticisme :

Le scepticisme est un courant philosophique du 4ème siècle avant J.C. Le représentant est Pyrrhon, il est impossible d’atteindre une certitude. Rien n’est juste ou injuste, beau ou laid, rien n’existe du point de vue de la vérité… Chaque chose n’est pas plus ceci que cela ». Il n’existe donc que des apparences, c'est-à-dire des phénomènes. Le Doute est donc un point de départ de la sagesse sceptique mais l’homme ne sort pas de ce doute puisqu’il ne peut rien dire sur rien, une chose par exemple n’est pas plus juste qu’injuste, pas plus ceci que cela. Le doute = point de départ + point d’arrivée. Le doute fait que l’homme ne sort pas des apparences ou des phénomènes. A la différence de : Descartes = Doute = point de départ hyperbolique, méthodique mais le doute n’est pas un point d’arrivée. L’homme sort du doute par la vérité indubitable : Il ne doute plus de son existence : « Pour penser il faut être ». • L’existence est première = je ne doute plus de l’existence, c’est une évidence • La pensée, je ne doute plus de ma pensée car elle est déduite de mon existence. Cogito = Vérité indubitable = Point d’arrivée. Selon les sceptiques, il est impossible d’établir une certitude. Les arguments sceptiques : L’argument de la discordance : On ne peut ni approuver, ni réfuter une proposition car les opinions sont variées et en constante opposition. Régression à l’infini : Pour poser une preuve, elle doit être justifiée à partir d’une autre preuve et ainsi de suite à l’infini. L’argument de la relation : il n’y a pas de vérité que relative, les choses en effets ne sont pas appréhendées par elles-mêmes mais relativement à autre chose, la grandeur par rapport à la petitesse.

 

Oral bac

 

  • Questionnaire

  • Qui est le représentant du scepticisme?

  • En quoi consiste ce courant philosophique du scepticisme?

  • De quelle nature le doute sceptique est-il?

  • En quoi diffère t'-elle du doute cartésien?

  • Le sceptique peut-il poser une certitude? Pourquoi?

 

 Pascal

 

IV. La raison ne peut pas tout connaître : un nouvel ordre de connaissance : le cœur :

Pascal oppose la raison, un autre ordre de connaissance : le Cœur. Nous retrouvons dans ses citations la tendance à valoriser le cœur par rapport à la raison : « le cœur a des raisons que la raison ignore ».

Les pensées.

 

Le penseur affirme qu’il existe une connaissance par les sentiments. La connaissance ne suppose pas seulement la raison, il faut intégrer toutes les puissances de la vie. Il faut admettre une pensée irrationnelle. La rationalité a des limites et se laisse dépasser en particulier par la spiritualité. « La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent » ? Le principe de raison suffisante est donc sacrifié au profit des raisons du cœur.

 

Oral bac

 

  • Questionnaire

  • Quels sont les deux ordres de connaissance chez Pascal?

  • Quelle citation valorise le coeur sur la raison?

  • Que suppose la connaissance?

  • Illustrez cela à l'aide d'une citation

 

 epictete

 

 

LEXIQUE : LA RAISON

 

Citations

  • Brunschvicg : « l’intelligence humaine peut tout comprendre ».

  • Hegel : « Tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel ».

  • Aristote : « L’homme est un animal raisonnable ».

  • Spinoza : « le propre de la raison est de considérer les choses non comme contingentes mais comme nécessaires ». Descartes : « ce qui est conçu clairement et distinctement ne peut être faux ».

  • Descartes : « Je doute, mais tandis que je doute je ne peux doute que je pense et donc je suis car pour penser il faut être ».

  • « Cogito ergo sum ». « Que suis-je moi qui suis ? Je suis une substance pensante ».

  • Pascal : « Deux excès, exclure la raison et n’admettre que la raison ».

  • « Le cœur a des raisons que la raison ignore ».

  • « la dernière démarche de la raison est de reconnaitre qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ».

  • Spinoza : « La vérité est à elle-même son propre signe ».

  • Les scolastiques : « La vérité est la conformité de notre pensée aux choses ».

  • Protagoras : « L’homme est mesure de toutes choses ».

 

 

Définitions :

  • Raison : Faculté de connaître et de juger. Tous les philosophes voient dans la raison le propre de l’homme.

  • Raisonnable : Doué de raison, conforme au bon sens.

  • Rationnel : fondé sur la raison.

  • Rationalisme : Doctrine qui pose que la connaissance relève de la raison.

  • Empirisme : Doctrine qui affirme que la connaissance relève des faits, de l’observation. Epistémologie : Etude des sciences.

  • Métaphysique : Théorie générale et abstraite.

    Irrationnel : Ce dont la raison ne peut rendre compte à un certain moment

  • Raison : entendement.

  • Objectivité : Universel et nécessaire.

  • Universel : qui vaut pour tous

  • Nécessaire : qui ne peut pas ne pas être différent du contingent.

  • Déduction : inférence

  • Ontologie : Etude de l’être

  • Pragmatisme : philosophie tournée vers l’utilitaire Tautologie : Etude du même. Dire deux fois la même chose.

 karl-marx

 

Faut il opposer l'esprit et la matière?

 

Plan dialectique proposé pour ce sujet :

Thèse : l'esprit est un tout transcendant, extérieur à la matière

Antithèse : L'esprit est mêlé à la matière par l'intermédiaire du corps

 

Etude du sujet :

Thèse :

I - L'esprit est une entité supérieure à la matière et de nature différente. L'esprit, s'il existe, est une entité distincte du corps et de la matière. C'est à travers lui que nous percevons le monde et que nous pouvons avoir une connaissance des choses.

1 - Lemonde des sens nous trompe, l'âme nous le rend intelligible Platon distinguait l'âme immortelle et le corps mortel. Pour lui, l'âme es tle siège de la connaissance, car elle a séjourné avant notre naissance dans le monde des idées. Incarnée dans notre corps, l'âme nous permet de reconnaitre la vérité parmi les apparences trompeuses du monde des sens. Après la mort, elle retournera dans le ciel des vérités éternelles.

2 - L'âme est séparée du corps Descartes pense que le corps est une machine actionnée par l'âme. Celle ci est donc le siège de la raison, de la connaissance et de notre expérience du monde. Sous le nom de "cogito", elle constitue un sujet autonome car il n'est pas soumis à la nature ou à la matière. Kant reprend l'idée d'un sujet transcendantal. Pour lui, il faut qu'il existe un moi, un sujet de la connaissance avant que toute connaissance ou expérience du monde soit possible.

3 - l'esprit n'existe pas Les penseurs matérialistes comme Helvétius et Marx nient l'existence de l'esprit et de tout ce qui ne se réduit pas à la matière. Pour eux, la conscience n'est que le résultat de processus chimiques. Par ailleurs, ils pensent que l'on peut avoir une connaissance objec tive de la réalité et que la subjectivité n'intervient pas dans la recherche et la connaissance scientifiques.

Antithèse :

Il n'existe pas de sujet autonome au sens kantien. Du fait que l'esprit dépend du corps, il y a un rapport d'interdépendance et d'influence réciproque entre l'esprit et la matière, entre la conscience et le monde.

1 - La perception du monde vient avant la connaissance rationnelle Merleau ponty partage avec son maître Husserl une certaine méfiance envers la science et sa prétention à l'objectivité. Il ne veut pas pour autant fonder une philosophie sur la subjectivité, mais plutôt sur cette évidence première qu'est l'interdépendance entre le sujet et l'objet, entre la conscience et le monde, entre l'esprit et la matièer et qui se manifeste dans la perception. La perception est une expérience antérieure à toute connaissance rationnelle. Dans l'acte perceptif, la conscience et le monde sont donnés en même temps et de manièer inséparable. C'est ce que Husserl traduit pas la formule : "toute conscience est conscience de quelque chose".

2 - La vérité est dans les apparences : En analysant la perception, Merleau Ponty espère découvrir la vérité de l'être, car pour lui la vérité ne se chache pas derrière les apparences : elle est au contraire dedans. C'est pourquoi on ne peut rien expliquer, la causalité n'étant qu'une forme de perception : on n eput que décrire. Cela ne vuet pas dire que le monde et le moi n'existent pas en soi. Mais le monde agit sur l'esprit apr l'intermédiaire du corps, tout comme l'esprit, par son point de vue subjectif, "agit" sur la frome du monde.

Citations pour le devoir : "qu'est ce qui, en se produisant dans un corps, le rendra vivant? Ce qui le rendra vivant, c'est l'âme" Platon "Nous nous confondons avec ce corps qui en sait plus que nous sur le monde" Merleau Ponty "Le vrai spiritualisme consiste à refuser l'alternative du spiritualisme et du matérialisme... Il n'y a de philosophie que d'aujourd'hui, celle que je puis maintenant penser et vivre" Merleau Ponty

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VIDEO : La Raison

 

Mise en ligne le 2 nov. 2010

La raison - par Pierre-François MOREAU

La philo par les mots - Les essentiels - 2007

Discipline : Philosophie -Durée : 8mn -

Date : 15/10/2007

 

 

 

La vérité

 

Définitions

La première définition de la vérité repose sur la correspondance entre un énoncé, qui est dit « vrai », et la réalité. La vérité = adéquation entre la réalité et l'homme qui la pense.

Deuxième définition = le critère de vérité est la cohérence des idées entre elles  et non plus la correspondance de la réalité avec l'idée.  La démonstration est un moyen d'accéder à la vérité. Ex. Le syllogisme  = raisonnement logique basé sur deux propositions et une conclusion déduite des prémisses. Il est toujours vrai d'un point de vue formel mais peut-être faux d'un point matériel. Le syllogisme est le modèle du raisonnement démonstratifs

Ex

Tous les hommes sont mortels

Or Socrate est un homme

Donc Socrate est mortel

Autre critère pour définir la vérité

L'évidence = Pour Descartes, «ce qui est clair et distinct ne peut-être faux » = la clarté et la distinction sont les deux critères de vérité = l'évidence

Ex = l'existence est la notion première du cogito, je pense donc je suis. C'est une évidence, cette notion non déduite est claire et distincte. Elle requiert la vérité.

Idem Spinoza

« Qui a une idée vraie sait en même temps qu'elle est vraie et ne peut douter de la vérité de sa connaissance. »

Éthique, Spinoza, 1677

La vérité n'est pas la doxa = l'opinion. On ne peut pas rendre compte de la doxa. L'homme croit posséder le savoir, il ignore son ignorance, il est dans l'illusion du vrai et prend l'apparence du savoir pour le savoir lui-même

L'allégorie de la caverne = Les hommes prisonniers dans la caverne prennent le reflet des choses pour les choses elles-mêmes. Cela illustre la connaissance empirique, le monde sensible, celui des apparences, le monde de la doxa. L'homme doit se détourner de sa vision sensible et empirique pour s'élever au monde des Idées, des vérités.

 

Pyrrhon

Deux façons d'accéder à la vérité

  • L'expérience, l'observation = l'empirisme = Hume  = vérités de fait
  • La démonstration logique sur le modèle mathématique = Descartes = vérités de raison.

 

Le relativisme =

Protagoras = «l'homme est mesure de toutes choses»

Le relativisme interdit l'accès à une vérité absolue. Pas de vérité universelle. Chacun a sa vérité. 

Le scepticisme =

L'esprit humain ne peut s'élever à aucune vérité, pas de certitude.

Le nihilisme = Rien n'est vrai = Refus des valeurs. 

 

La vérité pragmatique = Le critère de vérité est l'utilité.

Philosophie de William James. Pour le penseur la vérité est ce qui est utile.

Le pragmatisme est une doctrine philosophique qui prend pour critère de vérité le fait de fonctionner réellement, de réussir pratiquement

« Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour la pensée. »

Le Pragmatisme, William James, 1907

 

 

 

Bachelard

 

LA FORMATION DES CONCEPTS SCIENTIFIQUES

 

 

 

La connaissance scientifique

Selon Bachelard, entre la connaissance vulgaire et la scientifique, il se produirait une mutation brusque et pas seulement un changement.

 

La science

Le mot science vient du latin scientia qui désigne le caractère ou la propriété de celui qui sait ; scire : savoir. Il y a donc un caractère subjectif dans l’origine étymologique du terme.

Définitions

Subjectivement, la science consiste dans le fait de savoir ou de connaître. Objectivement, au sens large, elle est l’ensemble des connaissances scientifiques. Au sens strict, c’est l’ensemble de vérités générales constituant un système organisé et se rapportant à un même objet.

 

Toute connaissance exige un concept.

- Le concept est considéré comme une notion générale formée par abstraction. C’est un outil qui organise le réel, qui introduit l’unité dans la diversité phénoménale. Il rassemble les matériaux sensibles et les phénomènes, il les ordonne, ainsi que toutes les données de l’expérience possible. C’est donc un instrument privilégié de la connaissance.

- Pour A. Comte, parce que le concept scientifique permet de prévoir, il permet d’agir.

- Pour Einstein, il représente une création libre de l’esprit humain. Il rend la réalité intelligible.

- Stranger évoque l’unanimité qu’il fait régner. Le concept scientifique dégage un modèle, une construction théorique. Il est commun à la société scientifique. Il ne serait d’ailleurs pas l’œuvre d’un sujet séparé, mais produit par la communauté scientifique.

 

ASPECTS DU CONCEPT SCIENTIFIQUE

Comment se crée et se transforme le concept scientifique ?

Comment comprendre sa genèse ? Est-il donné ou construit ? Est-il le fruit d’une évolution ou est-il trouvé brutalement ?

 

En savoir plus sur

 

 

 karl-popper

 

N'y a t'-il de connaissance que scientifique ? Sujet 2 : série ES
Pondichéry 2015

Introduction
La connaissance est une interprétation du monde et la science n’est pas la seule approche possible. Cependant, la cohérence d’une théorie ne suffit pas à la qualifier de connaissance.


Première partie
On peut connaître l’homme et le monde sans le secours de la science.


La connaissance est une construction élaborée par l’intelligence à partir de la perception. L’interprétation scientifique n’est pas la seule connaissance possible. L’«homme d’expérience» en fait la preuve.

La science n’est pas le tout de la connaissance. Il faut opérer une distinction entre connaissance et science. Dans une culture où règne le discours mythique* il peut y avoir des connaissances ( sur la nature, les hommes, les effets bénéfiques ou maléfiques des plantes, etc.) et pourtant il n’y a pas de science au sens que nous donnons aujourd’hui à ce terme.

L’expérience peut donner une connaissance qui n’est pas scientifique. L’homme d’expérience, le sage que l’on consulte parce qu’il sait ce qu’il convient de faire n’a pas une connaissance de type scientifique. Et pourtant, il connait l’homme et n’ignore rien des mécanismes qui le régissent. Mais, pour connaître l’homme, il n’est pas indispensable d’être un spécialiste des sciences humaines.

La perception est connaissance. Pour David Hume comme pour d’autres philosophes, la perception constitue la forme la plus intense, la plus directe et la plus authentique du rapport à l’objet. Les concepts scientifiques à l’aide desquels on prétend connaître le réel ne sont que des conventions arbitraires. «Je ne sais si l’établissement de l’art d’estimer les vérisimilitudes * ne serait plus utile qu’une bonne partie de nos sciences démonstratives.» (Gottfried Wilhelm Leibniz - Nouveaux Essais )

« L’ opinion, fondée dans le vraissemblable, mérite peut -être aussi le nom de connaissance.» ( Gottfried Wilhem Leibniz - Nouveaux essais sur l’entendement humain )

La science n’est pas tout. A côté d’elle l’homme vit, souffre, aime et rêve et l’on peut connaître cet homme autrement que par la science. Il y a une connaissance sensible qui n’est pas scientifique.

Deuxième partie
Savoir, c’est incontestablement connaître scientifiquement.

Nous ne pouvons pas connaître les choses en soi, nous ne pouvons connaître que les phénomènes dans la mesure où ceux-ci sont mesurables. Or la mesure, c’est la science.

Seule la science permet d’accéder au savoir. On ne doit reconnaître comme vrai que ce que l’on connaît évidemment être tel nous dit Descartes. Or, il n’y a que la science qui puisse nous donner des certitudes car elle seule démontre et prouve. Les autres formes de «savoirs» (qui prétendent trouver ailleurs leur fondement) risquent toujours de n’être qu’illusion.

Seule la science est universelle. N’est savoir que ce qui est reconnu comme tel par l’ensemble des hommes et seule la connaissance scientifique peut prétendre à cette universalité de droit. C’est pourquoi Althusser propose de dire qu’une thèse philosophique, par exemple, peut être juste mais que seule la science est vraie parce qu’il n’y a de connaissance que scientifique.

Tout savoir est scientifique. Tout discours qui prétendrait accéder à la connaissance sans passer par la démonstration scientifique serait un faux savoir. «Connaître, disait déjà Aristote, c’est connaître par les causes». Il n’y a que la science qui peut nous apprendre que les phénomènes obéissent à des lois et que, pour cette raison, on peut calculer et prévoir.

«Une connaissance objective immédiate, du fait même qu’elle est qualitative, est nécessairement fautive.» (Gaston Bachelard - La formation de l’esprit scientifique )

Il n’y a de connaissance que la connaissance scientifique. Pour mériter le nom de connaissance, un savoir doit être vérifiable. Or, le domaine de la vérification et de l’expérimentation, c’est le domaine de la science.

Conclusion
Nous sommes tentés de tenir pour essentiel ce qui s’impose à nous dans ce que nous appelons l’évidence. Cependant ce n’est pas ce chemin là qui conduit à la connaissance parce que la connaissance exige que les apparences soient dépassées. Ce qui est immédiatement valorisé par l’observation naïve est généralement accessoire. L’avènement de la connaissance, c’est l’avènement de la mesure qui remplace le qualitatif de la subjectivité par le quantitatif de l’objectivité. Je ne connais rien lorsque je dis savoir que l’eau est fraîche ou qu’elle est chaude. Je ne connais que lorsque je sais que la température de l’eau est de tant de degrés sur telle échelle de mesure. «La connaissance devient objective dans la mesure où elle devient instrumentale». (Bachelard) Certes, il peut y avoir des «vérités» ailleurs que dans la science. Pascal, tout scientifique qu’il était, le reconnaissait: «le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point», Saint Augustin l’affirmait: «crede ut intelligas» (crois afin de comprendre). Mais, s’il y a des «vérités» non scientifiques, il n’y a pas d’autre connaissance que la connaissance scientifique.

«Une marche vers l’objet n’est pas initialement objective. Il faut donc accepter une véritable rupture entre la connaissance sensible et la connaissance scientifique.» (Gaston Bachelard - La formation de l’esprit scientifique )


Notes et commentaires

Discours mythique
Récit raconté de façon rituelle et qui prétend expliquer le monde de façon magico-religieuse.

Vérisimilitude
Terme inventé par Leibniz pour désigner ce qui est vraissemblable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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