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Voltaire,Jeannot et Colin, "comme il était plongé dans l'accablement... vanité", lecture analytique

voltaire

 

 

 

 

 

Voltaire, Jeannot et Colin 

*** Séquence argumentation

Lecture analytique 

Lecture du texte
Comme il était plongé dans l'accablement du désespoir, il vit avancer une chaise roulante à l'antique, espèce de tombereau (1) couvert, accompagné de rideaux de cuir, suivi de quatre charrettes énormes toutes chargées. Il y avait dans la chaise un jeune homme grossièrement vêtu ; c'était un visage rond et frais qui respirait la douceur et la gaieté. Sa petite femme brune et assez grossièrement agréable était cahotée à côté de lui. La voiture n'allait pas comme le char d'un petit-maître : le voyageur eut tout le temps de contempler le marquis immobile, abîmé dans sa douleur. « Eh ! mon Dieu ! s'écria-t-il, je crois que c'est là Jeannot. » A ce nom, le marquis lève les yeux, la voiture s'arrête : « C'est Jeannot lui-même, c'est Jeannot. » Le petit homme rebondi ne fait qu'un saut, et court embrasser son ancien camarade. Jeannot reconnut Colin ; la honte et les pleurs couvrirent son visage. « Tu m'as abandonné, dit Colin ; mais tu as beau être grand seigneur, je t'aimerai toujours. » Jeannot, confus et attendri ; lui conta en sanglotant une partie de son histoire. « Viens dans l'hôtellerie (2) où je loge me conter le reste, lui dit Colin ; embrasse ma petite femme, et allons dîner ensemble. »
Ils vont tous trois à pied, suivis du bagage. « Qu'est-ce donc que tout cet attirail ? vous appartient-il ? - Oui, tout est à moi et à ma femme. Nous arrivons du pays ; je suis à la tête d'une bonne manufacture de fer étamé (3) et de cuivre. J'ai épousé la fille d'un riche négociant en ustensiles nécessaires aux grands et aux petits ; nous travaillons beaucoup ; Dieu nous bénit ; nous n'avons point changé d'état ; nous sommes heureux, nous aiderons notre ami Jeannot. Ne sois plus marquis ; toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. Tu reviendras avec moi au pays, je t'apprendrai le métier, il n'est pas bien difficile ; je te mettrai de part, et nous vivrons gaiement dans le coin de terre où nous sommes nés. »
Jeannot, éperdu, se sentait partagé entre la douleur et la joie, la tendresse et la honte ; et il se disait tout bas : « Tous mes amis du bel air m'ont trahi, et Colin, que j'ai méprisé, vient seul à mon secours. Quelle instruction ! » La bonté d'âme de Colin développa dans le cœur de Jeannot le germe du bon naturel, que le monde n'avait pas encore étouffé. Il sentit qu'il ne pouvait abandonner son père et sa mère. « Nous aurons soin de ta mère, dit Colin ; et quant à ton bonhomme de père, qui est en prison, j'entends un peu les affaires ; ses créanciers, voyant qu'il n'a plus rien, s'accommoderont pour peu de chose ; je me charge de tout. » Colin fit tant qu'il tira le père de prison. Jeannot retourna dans sa patrie avec ses parents, qui reprirent leur première profession. Il épousa une sœur de Colin, laquelle, étant de même humeur que le frère, le rendit très heureux. Et Jeannot le père, et Jeannotte la mère, et Jeannot le fils, virent que le bonheur n'est pas dans la vanité (4). 

 Notes :
1 - Tombereau : voiture faite d’une caisse montée sur deux roues que l’on peut décharger en la basculant. 2 - Hôtellerie : Maison où les voyageurs peuvent être logés et nourris, en échange d’une rétribution. 3 - Étamer : recouvrir un métal d’une couche d’étain (on recouvre ainsi les casseroles, les poêlons, les glaces...) 4 - La vanité : ce qui est vain, futile, illusoire, fragile, insignifiant. 

 

 

Jeannot et Colin – Lecture analytique n°3

Les parents de Jeannot ont perdu toute leur fortune, et le père a été emprisonné pour dettes. Jeannot a tenté d'obtenir de l'aide auprès de sa fiancée, puis auprès d'un prêtre, en vain. Il a donc le sentiment d'avoir mieux appris « à connaître le monde dans une demi-journée que dans tout le reste de sa vie ». L'extrait qui nous intéresse va retrouver une position sociale sans prétention mais tout de même appréciable, et il va surtout devenir plus sage et comprendre que « le bonheur n'est pas dans la vanité ». Le conte de voltaire remplit donc bien sa visée morale, didactique, mais Voltaire se plaît aussi à jouer avec le genre du conte par de nombreux effets parodiques.

I- En quoi ce texte est-il une parodie de conte de fées ?

1- L'arrivée inopinée de Colin

Colin surgit comme par miracle au moment où Jeannot est « plongé dans l'accablement du désespoir » : hyperbole qui fait paraître Colin comme un sauveur. Idem pour le présent de narration qui va souligner l'impact de son arrivée : « à ce nom, le marquis lève les yeux, la voiture s'arrête. » ; et le miracle consiste dans des gestes simples mais qui prouvent que Colin n'a gardé rancune envers son ancien ami « le petit homme rebondit, il  ne fait qu'un saut et court embrasser son ancien camarade ». C'est pour Jeannot la sortie du cauchemar.

Mais contrairement aux contes de fées où le sauveur surgit avec la vivacité de l'éclair, l'arrivée de Colin est lente et lourde : La proposition qui dépeint son arrivée est elle-même alourdie par 3 appositions, Colin est dans une chaise roulante à l'antique « espèce de tombereau couvert » (8), « accompagné de cuir » ( 9), « suivi de quatre charrettes énormes toutes chargées » ( 12) : gradation syllabique renforce l'effet ainsi que le parallélisme de construction « accompagné de... suivi de . ». La comparaison refusée « la voiture n'allait pas comme le char d'un petit maître » ( =jeune élégant à l'allure prétentieuse) et l'expression « le voyageur eut tout le temps de contempler le marquis » ironisent aussi sur cette arrivée pesante .

L'équipage de Colin est aussi loin des chevaux blancs d'un héros de conte, c'est un équipage désuet et « à l'antique » qui veut dire à l'ancienne mode, c'est « une espèce de tombereau couvert », c'est une voiture de charge, donc un transport rural loin d'être héroïque. En outre, l'expression « une espèce de » à une valeur dépréciative, et sous-entend que l'objet est difficile à définir précisément, comme s'il ne ressemblait à rien de connu. Le carrosse de conte de fées est remplacé par la « chaise roulante » et « quatre charrette énormes toutes chargées », les rideaux de velours par des « rideaux de cuir » = tous ces éléments montrent que le narrateur cherche à parodier l'arrivée du sauveur.

Le physique de Colin et sa femme est sympathique, le visage de Colin « respire la douceur et la gaieté », mais ne ressemble pas à celui des princes. Il est « grossièrement vêtu » et son visage est « rond et frais », l'adverbe « grossièrement » est répété 2x de façon ironique dans l'expression « grossièrement agréable » concernent sa femme, cette oxymore prouve qu'elle n'est pas d'une beauté exceptionnelle. Le geste affectueux qu'il accomplit spontanément « il court l'embrasser », va, par sa gentillesse opérer la métamorphose du « marquis » en « Jeannot », mais ce geste est familier et quotidien. Il emploie toujours un vocabulaire très simple, répétant avec une joie naïve « c'est Jeannot ». Et lorsqu'il dépeint sa situation, Colin se perd dans des détails inutiles qui alourdissent la phrase « je suis à la tête d'une bonne manufacture de fer étamé et de cuivre », « j'ai épousé la fille d'un riche négociant en ustensiles nécessaires aux grands et aux petits ». Les personnages s'inscrivent donc dans un quotidien banal et tout sublime est donc écarté.

 

2- La fin du conte dépeint une situation finale heureuse

Comme c'est l'usage dans un conte, grâce à l'intervention de Colin, Jeannot est métamorphosé, il retrouve son « bon naturel », comprend instantanément ses torts, et rentre chez lui avec ses parents, et se marie. « Ils se marièrent... » devient « il épousa une sœur de Colin qui le rendit très heureux ». Mais ici encore, Voltaire met une touche d'ironie par la répétition et le parallélisme rythmique « et

Jeannot le père (5), et Jeannotte la mère (5), et Jeannot le fils... (5)»(Jeannotte= ridicule).

De plus, la morale est un peu niaise, ce que nous fait sentir la façon appuyée dont elle est énoncée : « toutes les grandeurs de ce monde (7), ne valent pas un bon ami( 7) » ( noter parallélisme rythmique) . Elle se résume, finalement, à de bons sentiments. La phrase de Jeannot « Tous mes amis du bel air m'ont trahi, et Colin que j'ai méprisé, vient seul à mon secours » n'énonce rien de bien compliquer : il faut se méfier de l'attitude doucereuse de ceux qui ont de l'intérêt à nous fréquenter. Le commentaire « Quelle instruction ! » qu'ajoute Jeannot, montre qu'il lui a fallu toutes ces aventures pour réaliser une telle évidence, Voltaire semble donc se moquer gentiment du personnage.

 

II- La visée morale du conte :

1- L'opposition des personnages :

Colin demeure un personnage sympathique et peu attentif à son aspect extérieur , il est « grossièrement vêtu ». La synecdoque « c'était un visage rond et frais qui respirait la douceur et la gaieté » insiste sur la bonhomie du personnage par le parallélisme. Ses qualités, « sa bonté d'âme » sont illustrées par des propos (« je t'aimerais toujours ») , mais surtout par des actions concrètes, telles l'hébergement et l'aide qu'il apporte à Jeannot. C'est un être pragmatique qui prend les initiatives qu'il faut. Il prend les choses en main, comme le montre le futur à la valeur injonctive ( d'ordre) « tu revendras.. je t'apprendrais » ou l’impératif « Ne sois plus marquis », ou bien la phrase « je me charge de tout ». Sa vivacité est d'ailleurs mise en valeur par des termes « ne fait qu'un saut » et « court » qui contrastent avec la passivité de Jeannot « immobile ». Le passé simple vient aussi valoriser l'énergie de Colin « Colin fit tant qu'il tira le père de prison », la locution « tant que » insistant sur ses efforts.

Le champs lexical de l'humilité montre que malgré sa relative fortune il a su rester simple : « nous n'avons point de change d'état » , « nous vivrons gaiement dans le coin de terre où nous sommes nés » : la périphrase désignant Issoire insiste bien sur la modestie de ses ambitions.Le rejet de la comparaison » n'allait pas comme le char d'un petit maître » montre qu'il a volontairement fait le choix d'un transport certes peu prestigieux mais efficace. Sa simplicité est également perceptible par la syntaxe « nous travaillons beaucoup » à « nous aideront notre ami Jeannot », les propositions s'enchaînent, et la parataxe accentue l'impression de simplicité. Concernant le langage aussi, l'essentiel pour lui n'est pas de briller par son vocabulaire ou des tournures de phrases compliquées, mais de partager ce que l'on a avec ses amis.

Au début de l'extrait, on voit que Jeannot est toujours préoccupé par le matériel. En effet, c'est Jeannot qui voit « avancer une chaise roulante », nous sommes donc ligne 184-185, en focalisation interne. La description de l'arrivée de Colin suit donc le regard de Jeannot qui est attiré par les « quatre charrettes » les richesses extérieurs, avant de regarder les occupants de la voiture. Le narrateur a rapporté les propos de Jeannot au discours narrativisé ligne 194« lui conta en sanglotant une partie de son histoire ». Mais les premiers propos de Jeannot qui sont rapportés au discours direct sont une question sur les processions de Colin « qu'est-ce donc que tout cet attirail ? Vous appartient-il ? », le narrateur veut donc encore une fois insister sur le défaut qu'il représente.

 

2- Comment est annoncée la morale du conte ?

C'est Colin qui l'énonce L°202, et ses propos donnent la recette du bonheur : le mariage, le travail, l'amitié, la bonté, la simplicité. Pour lui le partage est une valeur fondamentale, il emploie d'ailleurs 6 X le pronom « nous » ou le possessif « notre », ce qui montre que pour lui, le noyau autour duquel ont doit vivre est le couple vivant en harmonie et qui reste néanmoins généreux avec les autres. Le champs lexical de la famille est d'ailleurs très développé dans les 7 dernières lignes : on trouve 4 fois « père », 3 fois « mère » et une fois « parents », « sœur », « frère », « fils ».

Jeannot, déjà conscient qu'il s'est leurré sur le compte de ses soi-disant amis, est touché par la générosité de Colin qui lui apparaît comme celui qui sera le « seul à son secours » . Les antithèses

évoquant ses réactions ( « confus et attendri », « partagé entre la douleur et la joie, la tendresse et la honte ») montrent qu'il s'en veut , enfin d'avoir été si vaniteux et qu'il est reconnaissant à Colin d'être resté malgré tout si constant dans son amitié. Il en arriveà déduire lui-même la morale de son aventure, conscient que l'apparence n'est rien, ce qui compte ce sont les preuves d'amitié qu'on donne : « tous mes amis du bel air m'ont trahi, et Colin que j'ai méprisé, vient seul à mon secours. Quelle instruction ! »

Jeannot, retrouvant son bon naturel , se tourne lui aussi vers les autres : « il sentit qu'il ne pouvait abandonner son père et sa mère »

L'objet maléfique « l'habit de trois couleur » a donc cessé d'agir, et tous les personnages s'accordent sur la morale « le bonheur n'est pas dans la vanité .

Conclusion :

Fin du conte est conforme à sa visée morale, mais finalement l’intérêt de ce conte se trouve davantage dans la façon dont Voltaire joue avec les clichés du conte.

 

 

 

Jeannot et Colin, Oral EAF, l'incipit, Voltaire.

 

 

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Voltaire, Jeannot et Colin, Monsieur voulait que son fils..... son avis. Oral EAF

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