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Article Guerre, dictionnaire philosophique de Votlaire

voltaire

 

 

 

 

 

Extrait de l’article « Guerre » du
Dictionnaire philosophique portatif de Voltaire.


Recherches préliminaires
Genre : dictionnaire philosophique (publication en 1764). Voltaire mélange dictionnaire (avec définition des mots précis) et pamphlet (Court écrit satirique, souvent politique, d'un ton violent, qui défend une cause, se moque, critique ou calomnie quelqu'un ou quelque chose. Synon. diatribe, factum, libelle, satire.)
Contexte historique :Voltaire s’en prend avec une incroyable violence à la Bible et à la doctrine chrétienne. Dans l’article « Guerre », le philosophe poursuit son inlassable combat contre la « boucherie héroïque » dénoncée en 1759 dans Candide.
Vocabulaire :
1)Harangueur : Vieilli, souvent péj. Celui, celle qui fait une harangue (avec des intentions considérées comme démagogiques).
2)(étoffe) bigarrée : marquer de couleurs, de ton différents qui tranchent par leur disparité.
3)Piété : Attachement fervent à Dieu; respect des croyances et des devoirs de la religion.

Lecture analytique
Introduction

Dans son Dictionnaire philosophique, publié en 1764, Voltaire mélange le goût pour la définition et le pamphlet en mettant en cause les guerriers qui se servent de la religion et de Dieu pour tuer des milliers de gens. Dans son article « guerre », il s’en prend avec violence à la Bible et à la doctrine chrétienne. Il défend la Raison contre la superstition religieuse, s’inscrivant bien dans le mouvement des Lumières où la recherche scientifique prend le dessus sur les croyances. Il utilise le registre polémique pour défendre ses convictions et lutter contre la violence des guerres.
Quelle est la stratégie ici mise en place par Voltaire pour gagner le lecteur à sa cause ? Quelle vision donne-t-il de la guerre ? Que critique-t-il ?
Grâce à son article de dictionnaire définissant très clairement le thème abordé « la guerre », Voltaire va la dénoncer pour ensuite s’en prendre à ses responsables et terminer sur la critique de l’hypocrisie religieuse qui soutient des meurtres abominables.
I. LA DENONCIATION DE LA GUERRE 1.un acte de barbarie
→ le registre polémique est très présent : vocabulaire très connoté qui permet de disqualifier tous les éléments ayant trait à la guerre simplement en les nommant. La guerre est désignée par la périphrase « entreprise infernale » l.1 (adjectif qui pose le problème du Mal en évoquant l’Enfer), les soldats sont des « meurtriers » l.1 (remarquons que le substantif « hommes » est soigneusement réservé à la désignation des victimes de la guerre, ligne 3)
→ le champ lexical de la violence et de la destruction est très fortement associé à la guerre qui semble d’ailleurs se réduire à une entreprise d’extermination d’autrui : « exterminer » l.2, « faire égorger » l.4, « exterminés par le feu et par le fer » l.4, « meurtres », « détruite » l.5, « journées meurtrières », « déchire », « fera égorger », « fracasse », « je meurs », « tourments inexprimables », « mourants », « détruite par le fer et par la flamme », « les cris des femmes et des enfants expirants ».
→ les hyperboles amplifient l’impression de destruction totale : « deux ou trois mille » / « dix mille » (noter la gradation ironique), « en mille morceaux », « cinq ou six mille mourants », « des milliers ».
Ainsi la guerre est présentée comme une explosion de violence incontrôlable et illimitée.
1.une entreprise dénuée de sens
→ des « milliers » d’hommes meurent pour le « caprice de quelques hommes » (opposition antithétique des déterminants milliers / quelques). Le substantif « caprice » dénonce l’arbitraire des décisions qui conduisent des hommes à la guerre.
→ « le tout pour les prétendus intérêts d’un homme que nous ne connaissons pas » : les dirigeants, souvent méconnus des soldats dirigent une entreprise meurtrière absurde. Les raison de cette tuerie restent souvent mystérieuses.
→ « Que m’importent » (l.26) du jeune soldat fictivement joué par Voltaire dans le dernier paragraphe : expression qui traduit l’absurdité de la guerre révélée par l’expérience de la violence.

un spectacle désespérant : utilisation de la PROSOPOPEE et du pathétique
→ dans le dernier paragraphe de l’extrait, Voltaire change de registre pour toucher autrement le lecteur. L’énonciation change puisqu’on est passé de la 3ème personne (§ 1, 2 et 3) aux 2ème et 1ère pers. du pluriel (§ 4), puis au « je » dans le dernier paragraphe. Mais ce «je » n’est pas celui de l’auteur. Voltaire imagine ici le discours d’un jeune soldat de vingt ans et le prend en charge au moyen d’une prosopopée* (figure de style qui consiste à faire parler un mort, un animal, une chose personnifiée, une abstraction. Elle a pour but de donner à l’argumentation une force de conviction plus grande. On donne la parole ici à un soldat imaginaire sur le point de mourir et qui ressent dans son corps l’horreur de la guerre. En rhétorique, il s’agit d’une ruse pour faire passer son raisonnement sous une autorité indiscutable.) Le paragraphe est constitué d’une seule question rhétorique qui laisse éclater le sentiment d’absurdité et d’horreur de ce soldat imaginaire dans le but d’émouvoir profondément le lecteur. Le registre pathétique repose ici sur la mise en relief de scènes de guerre déchirantes (« des enfants expirants sous les ruines », « une demi-livre de plomb me fracasse le corps », « je meurs à vingt ans dans des tourments inexprimables », « mes yeux qui s’ouvrent pour la dernière fois », « les derniers sons ») et l’emploi abondant d’un lexique de la souffrance.
→ le but est de persuader le lecteur du caractère absolument condamnable de la guerre en provoquant chez lui des émotions intenses.
Transition : Dans cet article, Voltaire condamne la guerre en occultant soigneusement les arguments de ses adversaires (la conquête, le droit de se défendre, les nécessités politiques et économiques, le respect de règles et de codes précis). Pour gagner le lecteur à sa cause, Voltaire cherche à toucher le lecteur en suscitant chez lui indignation, révolte (registre polémique) et compassion (recours au pathétique). Cependant, on aurait tort de s’en tenir là. Voltaire va plus loin dans sa critique de la guerre et désigne ceux qui en sont selon lui responsables : ceux qui gouvernent et la religion.

II. UN PAMPHLET CONTRE LES RESPONSABLES DE LA GUERRE 1.les rois / les responsables politiques : de vulgaires hommes, au pouvoir monstrueux

→ la tonalité agressive du texte tient aux désignations des rois, jugés responsables de la mort inutile de milliers d’hommes. Le substantif attendu, « roi », n’apparaît d’ailleurs pas une seule fois dans l’extrait et Voltaire lui préfère celui de « chef des meurtriers » l.1, répété l.2. Ce choix réduit implicitement la fonction royale à celle d’un chef de tribu avec tout ce que cette image a de primaire. En outre, les responsables politiques sont désignés dans l’avant-dernier paragraphe par l’expression « quelques hommes ». A la fin de l’extrait, il n’est plus qu’un seul « homme que nous ne connaissons pas ». Cette particularisation du roi le déchoit de sa fonction et le ramène au rang des autres hommes, notamment de ceux qui font la guerre.
→ répétition de la construction « faire + infinitif » : critique du despotisme (« fait bénir », « faire égorger », « fera égorger »)
→ critique de l’idéologie de l’héroïsme (« héroïsme » / « affreux »)
→Des discours contrôlés et payés par les autorités et réalisés par des HARANGUEURS (discours démagogiques qui n’ont rien de vrai), ces hommes sont décrits de façon ridicules et ressemblent plus à des clowns qu’à des orateurs sérieux : ils portent soit un long justaucorps noir avec un manteau écourté ou bien une chemise par-dessus une robe avec des tissus de couleurs multiples (=bigarrés) qui soulignent leur ridicule. Ils s’appuient sur une histoire très ancienne qui n’a rien à voir avec celle actuelle. Leurs développements sont fallacieux (= qui cherche à tromper, à induire en erreur) et commandés par les autorités en place :

la complicité des religieux avec le pouvoir
→ Voltaire est littéralement ulcéré par l’implication de la religion dans la guerre, implication qui s’explique par les liens que le pouvoir et le catholicisme entretiennent à cette époque, l’un renforçant le pouvoir de l’autre. La religion accorde ainsi au pouvoir la justification dont il a besoin.
→ Le champ lexical de la religion est systématiquement associé à celui du Mal par une série d’antithèses qui mettent en évidence les contradictions du religieux : « « infernale » / « fait bénir », l’utilisation systématique de contrastes ironiques entre la violence de la guerre et les rites religieux (réduits la plupart du temps à des manifestations festives aux accents païens) « exterminer son prochain », « comble de grâce / ville détruite », « la même chanson sert pour les mariages et pour les naissances, ainsi que pour les meurtres » (le Te Deum n’est plus qu’une vulgaire « chanson », Voltaire lui refuse tout caractère sacré et l’associe peut-être même aux chansons paillardes, « célébrer / journées meurtrières »).
→ description grotesque du Te Deum (fausse naïveté qui permet à l’ironie voltairienne de mieux se déchaîner)
l’hypocrisie de la religion
→ dénonciation parodique des discours moralisateurs des religieux qui justifient l’horreur de la guerre mais s’offusquent que les dames mettent du « carmin sur leurs joues fraîches » (parodie manifeste à travers la répétition comique de « éternel » dans le 3ème paragraphe) + antithèse « deux cents écus de marée » « immanquablement son salut » / « deux sous et demi de mouton » « pour jamais à tous les diables ». Critique de l’observance superstitieuse et inhumaine des rites. La sobriété exigée par les religieux pour les femmes est critiquée ainsi que l’excès de poisson les jours de Carême. Rappelons que le carême est une période de jeûne de quarante jours (pour certaines religions et coutumes, c'est cinquante jours) que le christianisme a institué en référence aux quarante jours de jeûne effectués par Jésus-Christ dans le désert.
Voltaire traite avec un certain mépris les observances religieuses ainsi que le Carême. Il dénonce les dérives indirectement : si le Carême était une période de jeûne au départ, elle s’est vite transformée en un repas copieux et une façon de manger du poisson de façon excessive.

→ la colère de Voltaire éclate à l’avant dernier paragraphe avec la double apostrophe aux religieux + « vous » + antithèse « cinq quarts d’heures sur quelques piqûres d’épingles » / « vous ne dites rien sur la maladie qui nous déchire en mille morceaux ». Violente critique de la complicité et de l’hypocrisie de la religion (« vous ne dites rien »). Voltaire s’indigne sur le fait que les « médecins de l’âme » (religieux ?prêtre ?) passent du temps à s’insurger pour des broutilles (« quelques piqûres d’épingle ») et oublient l’essentiel : la maladie qu’est la guerre.

Conclusion :

a)Bilan du texte : les causes de la guerre sont mises en avant de façon agressive par Voltaire : les religieux et les rois en sont les principaux responsables.
b)Ouverture, prolongement : cet article de dictionnaire peut être mise en parallèle avec celui sur le « fanatisme » dans lequel Voltaire s’indigne à nouveau contre les religieux et critiquent des croyances qui mènent à la violence et à la destruction. Etre plus raisonnable, plus éclairé face aux dérives devient une priorité.

http://bouley.christelle.over-blog.fr/categorie-12474674.html
Christelle Bouley

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