Forum bac  Listes EAF, descriptifs bac - Blog des lycéens  

L oral de français

ForumFORUM PEDAGOGIQUE

FORUM PREPABACForum prepabac

 

Skype
Prepabac facebook
Google
Twitter

Profs en direct le jour du bac

PROFS EN DIRECT : LE FORUM

Pondichery 2016

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie

Blogger

 

 

Sartre

Bibliothèque scolaire

11000 documents en ligne

Le bac en ligne metropole etranger candidats libres et lyceens scolarises

Elèves scolarisés   

Candidats libres

Lycées métropole et à  l'étranger      

 

ELEVES SCOLARISES - CANDIDATS LIBRES, METROPOLE, DOM TOM, LYCEES FRANCAIS A L'ETRANGER ET LYCEESPROFESSIONNELS 

Gogol, le Nez, récits de Pétersbourg, commentaire en vue d'une préparation orale

 

 

 

 

 

Oral EAF 63 questions avec réponses en commentaire

 

 

 

 

Commentaire en vue d'une préparation orale

 

 

Le Nez (Récits de St Petersbourg de Nicolas Gogol)

 

Lecture du texte

Le 25 mars, un événement tout à fait étrange s’est produit à Saint-Pétersbourg. Le barbier Ivan Iakovlévitch, demeurant avenue Voznéssenki […] s’éveilla d’assez bonne heure et sentit l’odeur du pain chaud. Se soulevant à demi sur son lit, il vit que son épouse, une dame assez respectable et qui appréciait beaucoup le café, retirait des pains du four. - Aujourd’hui, Prascovia Ossipovna, je ne prendrai pas de café, dit Ivan Iakovlévitch ; je mangerai plutôt du pain chaud et de l’oignon […] « Il n’a qu’à manger du pain, l’imbécile ! songea la dame ; tant mieux pour moi : il me restera plus de café. » Et elle lança un pain sur la table. Soucieux des convenances, Ivan Iakovlévitch enfila son habit par dessus sa chemise et s’étant installé à table, il éplucha deux oignons, les saupoudra de sel, prit en main son couteau et, la mine solennelle*, se mit en devoir de couper du pain. L’ayant partagé en deux, il aperçut à son grand étonnement une masse blanchâtre dans la mie ; il piqua la chose avec précaution du bout de son couteau, puis la tâta du doigt : « C’est dur, se dit-il ; qu’est-ce que cela pourrait bien être ? » Il plongea ses doigts dans la mie et en retira… un nez ! Les bras lui en tombèrent. Il se frotta les yeux et palpa l’objet : oui c’était bien un nez. Et, de plus, un nez qu’il lui semblait connaître. La terreur se peignit sur le visage d’Ivan Iakovlévitch. Mais cette terreur n’était rien auprès de la colère qui s’empara de son épouse.
« Qu’il mange du pain, l’imbécile, se dit en elle-même la digne matrone, ce n’en est que mieux pour moi, j’aurai un peu plus de café. »
Et elle jeta un pain sur la table.
Ivan Iakovlievitch, par respect pour les convenances, endossa un vêtement par-dessus sa chemise et, ayant pris place à table, posa devant lui deux oignons et du sel ; puis, s’emparant d’un couteau, il se mit en devoir de couper le pain. L’ayant divisé en deux, il jeta un regard dans l’intérieur et aperçut avec surprise quelque chose de blanc. Il y plongea avec précaution le couteau, y enfonça un doigt :
« C’est solide ! fit-il à part soi, qu’est-ce que cela pourrait bien être ? »
Il enfonça encore une fois les doigts et en retira… un nez !…
Les bras lui en tombèrent, il se mit à se frotter les yeux, à le tâter : c’était en effet un nez et au surplus, lui semblait-il, un nez connu. La terreur se peignit sur la figure d’Ivan Iakovlievitch. Mais cette terreur n’était rien en comparaison de l’indignation qui s’empara de son épouse.
– À qui, bête féroce, as-tu coupé le nez comme cela ? s’écria-t-elle avec colère. Coquin, ivrogne, je te dénoncerai moi-même à la police. Brigand que tu es ! J’ai déjà ouï dire à trois personnes que tu avais l’habitude, en faisant la barbe, de tirer si fort les nez, qu’ils avaient peine à rester en place.
Mais Ivan Iakovlievitch était plus mort que vif. Il avait enfin reconnu, dans ce nez, le propre nez de l’assesseur de collège Kovaliov, à qui il faisait la barbe tous les mercredis et dimanches.
– Attends un peu, Praskovia Ossipovna ! Je vais l’envelopper dans un chiffon et le poser dans le coin ; qu’il demeure là quelque peu, je l’emporterai plus tard.
– Je ne t’écoute même pas ! Que je consente à garder dans ma chambre un nez coupé ?… Biscuit roussi que tu es ! Tu ne sais que manier ton rasoir, et bientôt tu ne seras même plus en état d’accomplir tes devoirs, coureur, vaurien. Que je sois responsable pour toi devant la police !… Imbécile, soliveau, va !… hors d’ici avec lui, hors d’ici ! Porte-le où tu voudras ! Que je n’en entende plus parler !
Ivan Iakovlievitch se tenait dans une attitude d’accablement profond. Il réfléchissait, réfléchissait, et ne savait que croire.
– Du diable si je comprends comment cela est arrivé ? fit-il enfin, en se grattant derrière l’oreille ; suis-je rentré ivre hier ou non, je ne saurais le dire avec certitude. Pourtant, selon tous les indices, ce doit être impossible… puisque le pain est une chose cuite, et qu’un nez est tout autre chose. Je n’y comprends absolument rien.
Ivan Iakovlievitch se tut. L’idée que les agents de police finiraient par trouver le nez chez lui et l’accuseraient de l’avoir coupé, cette idée le terrifiait. Il lui semblait déjà voir devant lui un col de drap pourpre brodé d’argent, une épée… et il tremblait de tous ses membres. Finalement, il passa sa culotte, se chaussa et, enveloppant le nez dans un mouchoir, sortit dans la rue, accompagné par les exhortations peu aimables de Praskovia Ossipovna.
Il avait l’intention de le glisser quelque part sous une borne, une porte cochère, ou bien de le laisser tomber comme par hasard et de disparaître ensuite dans la ruelle la plus proche. Mais, pour son malheur, il ne faisait que rencontrer des gens qui le connaissaient et qui l’abordaient en lui disant : « Où vas-tu ? » ou bien : « À qui veux-tu donc faire la barbe de si bonne heure ? », de sorte qu’Ivan Iakovlievitch ne pouvait trouver un moment propice pour réaliser son dessein. Une fois, il réussit pourtant à le faire tomber, mais le garde de police le lui indiqua de loin avec sa hallebarde, en lui criant :
– Ramasse, tu viens de perdre quelque chose.
Et Ivan Iakovlievitch fut obligé de ramasser le nez et de le cacher dans sa poche. Le désespoir s’empara de lui, d’autant que les rues commençaient à se peupler de plus en plus, à mesure que s’ouvraient les magasins et les boutiques.
Il résolut de se diriger vers le pont d’Issaky ; là, il réussirait peut-être à le jeter dans la Néva ?
… Mais j’eus tort de ne vous avoir rien dit jusqu’à présent d’Ivan Iakovlievitch, qui pourtant était un homme d’assez grande importance dans le monde.
Comme tout brave ouvrier russe, Ivan Iakovlievitch était un incorrigible ivrogne. Et quoiqu’il rasât tous les jours les mentons des autres, le sien ne l’était jamais. Son habit (Ivan Iakovlievitch ne portait jamais de redingote) était de couleur pie, c’est-à-dire qu’il était noir, mais tout couvert de taches grises et brunes ; son col était graisseux et à la place des boutons on voyait seulement pendre des fils. Ivan Iakovlievitch était un grand cynique, et lorsque l’assesseur de collège Kovaliov lui disait, pendant qu’il lui faisait la barbe : « Tes mains, Ivan Iakovlievitch, sentent toujours mauvais », il se contentait de répondre par la question :
– Pourquoi donc sentiraient-elles mauvais ?
– Je n’en sais rien, mon ami, disait alors l’assesseur de collège, le fait est qu’elles sentent mauvais.
Et Ivan Iakovlievitch, après avoir humé une prise, se mettait à le savonner, en manière de représailles, et sur les joues, et au-dessous du nez, et derrière l’oreille, et sous le menton, partout enfin où l’envie lui en prenait.
Ce citoyen respectable arriva donc sur le pont d’Issaky. Il jeta un regard autour de lui, puis se pencha sur le parapet comme pour voir la quantité de poisson qui passait sous le pont, et fit tomber tout doucement le chiffon qui renfermait le nez. Il se sentit immédiatement soulagé, comme si on lui avait enlevé un grand fardeau ; un sourire apparut même sur ses lèvres. Et au lieu de s’en aller raser les mentons des fonctionnaires, il se dirigeait vers l’établissement qui portait pour enseigne : Repas et thé – dans l’intention de se commander un verre de punch –, quand tout à coup il aperçut à l’extrémité du pont un commissaire de police du quartier, à la physionomie imposante, ornée de larges favoris, un fonctionnaire portant tricorne et épée. Il se sentit glacé de terreur, tandis que le commissaire, lui faisant signe du doigt, lui criait :
– Viens donc par ici, mon cher !
Ivan Iakovlievitch, qui connaissait les usages, ôta de loin sa casquette et accourant avec empressement dit :
– Bonne santé à Votre Noblesse !
– Non, non, mon ami, pas de Noblesse ; raconte-moi plutôt ce que tu faisais là, sur le pont ?
– Par ma foi, monsieur, en revenant de faire la barbe, je me suis seulement arrêté pour voir si le courant était rapide.
– Tu mens, tu mens ! Tu n’en seras pas quitte à si bon marché. Dis plutôt la vérité.
– Je suis prêt à faire la barbe à Votre Grâce, deux, trois fois par semaine, sans résistance aucune, répondit Ivan Iakovlievitch.
– Mais, mon ami, ce n’est rien, tout cela. J’ai trois barbiers qui me font la barbe, et s’en trouvent encore très honorés. Raconte-moi donc plutôt ce que tu faisais là-bas.
Ivan Iakovlievitch pâlit.
Mais ici les événements s’obscurcissent d’un brouillard, et tout ce qui se passa après demeure absolument inconnu.

 

Commentaire

 

Les Récits de St Petersbourg de Gogol sont des grands classiques de la littérature russe. On y trouve des thèmes fondateurs de la folie et de la lutte entre les classes qui influenceraient tant Dostoïevski , par exemple. Dans la nouvelle le Nez, un barbier trouve un nez dans un pain un beau matin. Cette situation absurde et terrifiante sert de point de départ à l'histoire qui dans ses images et commentaires du narrateur finit par sembler vraie. On se demandera donc pourquoi l'auteur a tout mis en place pour nous faire une situation absurde incroyable?
Nous répondrons à cette question en trois temps. Nous analyserons le caractère fou du texte puis nous verrons en quoi le réalisme de cet incipit nous force à admettre ce qui n'est pas admissible pour enfin nous pencher sur la dimension allégorique de ce premier chapitre.

I- Un texte fou

A) Imprécision des points de vue (narrateur + personnages) 

 *Point de vue du narrateur - omniscient "il savait qu'il était inutile" "songea la dame" : verbe de l'intériorité et de la connaissance. "un nez qu'il lui semblait connaître"=le narrateur entre dans la psyché des personnes
"comme tout honnête artisan [..]plaisait" = parenthèse biographique très précise par le narrateur. Point de vue  interne, très vague du narrateur: "Le souvenir de son nom de famille est perdu": Paradoxe car il connaît beaucoup de détails moins importants. "un brouillard recouvre les événements": métaphore de la mémoire lacunaire
"visage barbouillé de savon" : symbole de l'effacement, de la confusion.

Point de vue des  personnages: Point de vue interne d'Ivan (subjectif) "il essayait de comprendre ce que[...] et n'y parvenait pas" "Il perdait complètement la tête" = périphrase verbale désignant la folie "le Désespoir l'envahit"= sentiment très fort de la perte du repères. "La terreur se peignit sur le visage" = peur hyperbolique. Registre fantastique. "il était à demi-mort"= hyperbole, le nez est quelque chose qui ne s'identifie pas. un objet qui échappe à l'entendement.

 

Point de vue  interne de la femme: Elle est "furieuse" et en "colère". Folle (latin finrore = folie pas coléreuse) Au XIX ème siècle, Gogol pensait à la folie en écrivant cela. Donc cette multiplication des points de vues internes et paradoxaux contribue à créer une impression de grande confusion.

B)L'aventure d'un nez

-nez trouvé dans le pain "découverte absurde et macabre volonté de "l'envelopper" = mauvaise conscience "tentative de la cacher dans un "trou"
"de le laisser tomber au hasard." Mais a chaque fois, il rencontre quelqu'un. On l'oblige à ramasser ce qu'il a "laissé tomber" = EFFET comique.Il jette le "nez" du haut du "point Issakievsky" = continue à avoir mauvaise conscience. Quand on se débarrasse d'un objet dans le Néva, souvent il s'agit d'un cadavre = effet burlesque 

II)Le réalisme qui cherche à justifier la folie

A) Les témoins, la description très précise des personnages, du lieu

  -habit, physique... -la perspective, le pont... "Ce nez" : l'adjectif démonstratif prouve qu'elle le voit. "J'ai déjà entendu dire des personnes [...] peine" = paroles apportées des clients pouvant justifier le phénomène. "que je me permette" [...]un nez" : le mot devient banal, anodin et pourrait tout à fait remplacer par "du linge sale".
"Étais-je ivre ou non hier?" : Il tente de justifier la situation de façon rationnelle. Au Chap II, l'assesseur du collège évoqué ici par le narrateur constatera qu'il lui manque son nez donc 3 témoins immédiats en tout.
-Toponymes très précis "Saint-Pétersbourg" "perspective Voznéssenky" "Pont Issakievski"
"25 mars" : indice temporal précisant le jour et le mois. "menton[...] toujours hirsute" "frac[...]pue" "noir" "brun-jaune" "grises" = adjectifs de couleur pour qualifier la saleté de son pantalon.
"pain" "oignons" = grande précision dans les détails donnés pour le petit déjeuner. "-Tes mains puent toujours Ivan" = Discours direct de l'assesseur rapporté par le narrateur. Niveau de langue très familier.
"établissement portant une enseigne; Repas et thé" = grande précision du narrateur concernant d'infimes détails du décor. 

 B)Le réalisme du couple 

Scène de ménage typique entre les 2 protagonistes d'un vieux couple. Vocabulaire très familier = "l'imbécile" "animal" "canaille " ivrogne" "brigand" => Femme très autoritaire dominatrice, elle dirige le couple = une matrone.
Lui est effacé. Couple de comédie très archétypal et en cela très réaliste auquel on a envie de croire.
+ Modalité exclamative = colère. Elle sort de ses gonds.

III) Un texte allégorique (Rappel=un texte allégorique délivre une morale, contient une philosophie de l'être et du monde, un sens caché.)

A) Impuissance sociale-sexuelle

Le "nez" dépasse son sens littéral. Il a de nombreux sens symboliques. -"Tes mains puent" : L'assesseur prend Ivan de haut. Il le méprise. Pour le faire taire, Ivan le "barbouillait copieusement de savon" Le "cynique" est complexé face aux hauts fonctionnaires de l'état comme en témoigne sa gène devant "l'officier de police". Le souvent qu'il a du nez symbolise son complexe d'infériorité social. le petit "artisan" se sent mal à l'aise face à l'officier, il se sent en faute comme s'il n'était pas à sa place.
"il avait reconnu ce nez de l'assesseur": il s'est disputé avec lui et Ivan regrette, se dit qu'il aurait dû avoir plus de respect pour un homme de cette fonction. Ainsi, il est obséquieux et couard " je souhaite bonne santé à votre noblesse" Ces 2 notables font preuve de condescendance à l'égard du héros. Le nez est le symbole du phallus. Le nez "mort" "tombé" symbolise la perte du phallus d'Ivan.  littéralement castré par sa femme. Il n'ose rien répondre: "ou as tu coupé ce nez?" => Pas de réponse Il obéit passivement "découpé"=> il sort. 

 B) La vanité, l'orgueil 

 Ivan a des rêves d'orgueil et de puissance comme tout frustré. Il y écrit sur son enseigne de barbier " On saigne aussi"=> c'est comme un avertissement lancé aux riches clients.
-"tu tirailles tellement le nez" dit sa femme. En tant qu'impuissant socialement et sexuellement, il arrache le nez, . L'histoire du nez est un châtiment de sa vanité.

 

Dans la nouvelle du Nez, cette situation terrifiante et macabre donne un goût fantastique au récit. Mais chez Gogol, les héros plongent souvent dans un univers extrêmement éperdu de sens ce qui laisse le récit très comique et parfois burlesque.

 

 

 

Commentaires (5)

1. sarah 01/03/2016

En quoi "le nez" est une nouvelle fantastique ?
pouvez vous répondre car c'est urgent. Merci

2. Cunoin 23/01/2016

Lol

3. prepabac (site web) 26/12/2015

Il se passa le 25 mars, à Saint-Pétersbourg, un fait extraordinairement bizarre.

Sur la perspective Vosnecenski demeure le coiffeur Ivan Iakovlevitch, dont le nom de famille a disparu de l’enseigne, où l’on ne distingue plus rien, sauf la peinture d’un monsieur à la joue couverte de savon, et l’inscription : « On fait aussi les saignées ». Le coiffeur Ivan Iakovlevitch se réveilla donc d’assez bonne heure, et sentit une odeur de pain chaud. S’étant soulevé légèrement sur son lit, il vit que sa femme, dame d’aspect respectable et adorant le café, retirait du poêle quelques pains cuits.

— Aujourd’hui, Prascovia Ossipovna, je ne prendrai pas de café, dit Ivan Iakovlevitch, je préfère à la place manger un pain avec un oignon.

Pour dire la vérité, Ivan aurait bien voulu goûter de l’un et de l’autre, mais il savait la chose complètement impossible, car Prascovia Ossipovna n’admettait pas de tels caprices.

— Mange du pain, imbécile, pensa la femme en elle-même ; il me restera davantage de café... Et elle jeta un pain sur la table.

Ivan Iakovlevitch passa, par convenance, un frac sur sa chemise, et, s’étant installé devant la table, prit du sel, prépara deux têtes d’oignons, saisit un couteau, et, avec une mine significative, se mit à couper le pain. Il le coupa en deux moitiés, regarda le milieu, et à son étonnement, distingua quelque chose de blanchâtre. Ivan Iakovlevitch gratta soigneusement avec son couteau, et tâta du doigt. « C’est ferme ! se dit-il en lui-même ; qu’est-ce que c’est que cela ? » Il fourra ses doigts et retira — un nez !

Ivan Iakovlevitch laissa tomber ses bras ; puis il commença à se frotter les yeux et retâta du doigt ; c’était bien un nez, un véritable nez, et encore, lui sembla-t-il, un nez ayant une tournure connue.

La frayeur se peignit sur le visage d’Ivan ; mais cette frayeur n’était rien auprès de l’indignation qui saisit son épouse.

— Où as-tu coupé ce nez, animal ? se mit-elle à crier avec colère. Fripon ! ivrogne ! Je te dénoncerai moi-même à la police ! Quel brigand ! Voilà déjà trois messieurs qui m’ont dit que lorsque tu rases, tu tires tellement sur les nez que tu les arraches presque !

Mais Ivan Iakovlevitch n’était plus ni mort ni vivant, car il venait de reconnaître que ce nez n’était autre que celui de l’assesseur de collège Kovalev, qu’il rasait le mercredi et le dimanche.

— Tais-toi, Prascovia Ossipovna, dit-il, je vais l’envelopper dans un linge et le mettre dans un coin, pour qu’il y reste quelques jours ; ensuite, je l’emporterai.

— Et je n’y consens pas ! Que je permette de placer un nez coupé dans la chambre ! Biscuit roussi ! Il ne sait que repasser son rasoir, et n’est pas capable de terminer sa tâche vite et entièrement ! Coureur, chenapan ! Crois-tu que je vais pour toi m’attirer des histoires avec la police ? Ah ! tu es un propre-à-rien, une bûche stupide ! Regardez-le ! Voyez ! Emporte cela où tu veux ! Que je n’en entende plus jamais parler.

Ivan Iakovlevitch était complètement abasourdi. Il réfléchissait, réfléchissait, — et ne savait à quoi réfléchir.

— Le diable sait comment cela s’est fait ! dit-il enfin, portant la main derrière l’oreille. Suis-je rentré ivre hier, ou non ? Cela, je ne puis le dire avec certitude. Mais, selon toutes les apparences, voilà une affaire qui me semble extraordinaire, car le pain, — c’est quelque chose qui se cuit, tandis qu’un nez, jamais de la vie ! Je n’y comprends rien !

4. prepabac (site web) 26/12/2015

Le niveau de langue est courant ainsi que le suggère son vocabulaire

5. Gozey 25/12/2015

Quel le le niveau de langue de Prascovia Ossipovna?

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 Prépabac le bac en ligne

Logo prepabac

Boutique en ligne français  philosophie

Coaching scolaire mondial
Elèves scolarisés (lycées français à l'Etranger) et candidats libres

 

Professeur indépendant

  • Identifiant SIRET : 819 269 226 00018
  • APE  :  8559B
Logo prepabac

Français : niveau seconde

Français : Bac pro

Littérature : Dossier bac

Profs en direct le jour du bac

PROF EN DIRECT : BAC 2016

Bac 2016

 

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie


 
Logo prepabac
Préparation à l'examen du baccalauréat : français séries générales, technologiques et bac pro, philosophie   littérature  Bac pro et Brevet : Bac  en ligne sur prepabac.org. Profs en direct le jour du bac : les annales bac . Préparer le bac en ligne : Demande de cours sur skype  - Coaching scolaire mondial = Elèves scolarisés et candidats libres (lycées français à l'étranger )

 

Licence Creative Commons
Bibliothèque scolaire de prépabac est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.prepabac.org/.

Copyright

Droits d'auteur enregistrés, Copyright

Depot.com sous le numéro  00056187

Tous droits réservés

Le site prepabac.org respecte "la loi informatique et liberté "

N° enregistrement CNIL :  1943841