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Phèdre, Racine, IV, 2, oral EAF

phedre

 

 

 

Racine, Phèdre

Phèdre est une tragédie en cinq actes et en vers de Jean Racine créée et représentée pour la première fois le 1er janvier 1677 à l’Hôtel de Bourgogne sous le titre Phèdre et Hippolyte. C'est aussi sous ce titre qu'elle fut publiée pour la première fois la même année. Racine n'adopta le titre de Phèdre qu'à partir de l'édition de 1687 de ses Œuvres. La pièce comporte 1 654 alexandrins.

 

 

Racine

 

 

 

Questionnaire sur Racine, Phèdre

 

 

 

Les réécritures de Phèdre :

1 -

De qui Racine s’inspire t’-il?

D’Euripide et de Bérénice

2 -

Quelles sont les différences entre la tragédie d’Euripide et de Racine?

- Chez Euripide : importance plus grande accordée aux divinités. Il s’agit d’une rivalité entre divinités, Aphrodite, Artémis, et non au libre arbitre de Phèdre par opposition à Racine : elle a  le libre arbitre malgré la colère de Vénus.

- Le conflit et la tension dramatiques sont moins forts chez Euripide que chez Racine.

Les sentiments illégitimes de Phèdre sont dans la pièce d’Euripide avoués par la nourrice de Phèdre, par la reine chez Racine. La mort de Phèdre est précipitée chez Euripide (pendaison avant le retour de Thésée) alors qu’elle est retardée au maximum chez Racine. C’est seulement à la fin de tragédie : mort lente par poison.

3 -

Quelles sont les différences entre la tragédie de Racine et de Sénèque?

Sénèque fait de Phèdre un être faible devant la chair et totalement responsable de ses actes indépendamment  de toute perspective divine.

Elle incarne une nature humaine corrompue à travers son sentiment incestueux porté à son beau-fils.

Chez Racine, le plan divin est malgré tout présent donnant aux spectateurs une visions plus pessimiste du monde.

4 -

Quelle est la position de Racine dans la querelle des Anciens?

Querelle des anciens : conflit entre les défenseurs de la modernité et les partisans des modèles littéraires de l’Antiquité.

Racine est dans le respect des textes anciens. Imitation de ces textes et des règles classiques.

Il reproduite Sénèque, Euripide en les imitant.

5 -

Que revendiquent les modernes?

Détachement des textes anciens. Ils sont annonciateurs de l’esprit des Lumières; L’idée de progrès domine : CH. Perrault, Fontenelle, Bayle)

 

 

Questionnaire sur le passage à présenter à l'oral

 

  • Phèdre : Acte 4 scène 2
  • Oral EAF
  • Racine

 

 

Ah ! Le voici. Grands dieux ! à ce noble maintien

Quelœil ne serait pas trompé comme le mien ?

Faut-il que sur le front d’un profane adultère

Brille de la vertu le sacré caractère !

Et ne devrait-on pas à des signes certains

Reconnaître le cœur des perfides humains !

HIPPOLYTE

Puis-je vous demander quel funeste nuage,

Seigneur, a pu troubler votre auguste visage ?

N’osez-vous confier ce secret à ma foi ?

THÉSÉE

Perfide, oses-tu bien te montrer devant moi ?

Monstre, qu’a trop longtemps épargné le tonnerre,

Reste impur des brigands dont j’ai purgé la terre,

Après que le transport d’un amour plein d’horreur

Jusqu’au lit de ton père a porté ta fureur,

Tu m’oses présenter une tête ennemie !

Tu parais dans des lieux pleins de ton infamie !

Et ne vas pas chercher, sous un ciel inconnu,

Des pays où mon nom ne soit point parvenu ?

Fuis, traître. Ne viens point braver ici ma haine,

Et tenter un courroux que je retiens à peine :

C’est bien assez pour moi de l’opprobre éternel

D’avoir pu mettre au jour un fils si criminel,

Sans que ta mort encor, honteuse à ma mémoire,

De mes nobles travaux vienne souiller la gloire.

Fuis : et si tu ne veux qu’un châtiment soudain

T’ajoute aux scélérats qu’a punis cette main,

Prends garde que jamais l’astre qui nous éclaire

Ne te voie en ces lieux mettre un pied téméraire.

Fuis, dis-je ; et sans retour précipitant tes pas,

De ton horrible aspect purge tous mes États.

Et toi, Neptune, et toi, si jadis mon courage

D’infâmes assassins nettoya ton rivage,

Souviens-toi que, pour prix de mes efforts heureux,

Tu promis d’exaucer le premier de mes vœux.

Dans les longues rigueurs d’une prison cruelle

Je n’ai point imploré ta puissance immortelle ;

Avare du secours que j’attends de tes soins,

Mes vœux t’ont réservé pour de plus grands besoins :

Je t’implore aujourd’hui. Venge un malheureux père ;

J’abandonne ce traître à toute ta colère ;

Étouffe dans son sang ses désirs effrontés :

Thésée à tes fureurs connaîtra tes bontés.

HIPPOLYTE

D’un amour criminel Phèdre accuse Hippolyte !

Un tel excès d’horreur rend mon âme interdite ;

Tant de coups imprévus m’accablent à la fois,

Qu’ils m’ôtent la parole, et m’étouffent la voix.

THÉSÉE

Traître, tu prétendais qu’en un lâche silence

Phèdre ensevelirait ta brutale insolence :

Il fallait, en fuyant, ne pas abandonner

Le fer qui dans ses mains aide à te condamner ;

Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie,

Lui ravir tout d’un coup la parole et la vie.

HIPPOLYTE

D’un mensonge si noir justement irrité,

Je devrais faire ici parler la vérité,

Seigneur ; mais je supprime un secret qui vous touche.

Approuvez le respect qui me ferme la bouche,

Et sans vouloir vous-même augmenter vos ennuis,

Examinez ma vie, et songez qui je suis.

Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes ;

Quiconque a pu franchir les bornes légitimes

Peut violer enfin les droits les plus sacrés :

Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés ;

Et jamais on n’a vu la timide innocence

Passer subitement à l’extrême licence.

Un jour seul ne fait point d’un mortel vertueux

Un perfide assassin, un lâche incestueux.

Élevé dans le sein d’une chaste héroïne,

Je n’ai point de son sang démenti l’origine.

Pitthée, estimé sage entre tous les humains,

Daigna m’instruire encore au sortir de ses mains.

Je ne veux point me peindre avec trop d’avantage ;

Mais si quelque vertu m’est tombée en partage,

Seigneur, je crois surtout avoir fait éclater

La haine des forfaits qu’on ose m’imputer.

C’est par là qu’Hippolyte est connu dans la Grèce.

J’ai poussé la vertu jusques à la rudesse :

On sait de mes chagrins l’inflexible rigueur.

Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur.

Et l’on veut qu’Hippolyte, épris d’un feu profane…

THÉSÉE

Oui, c’est ce même orgueil, lâche ! qui te condamne.

Je vois de tes froideurs le principe odieux :

Phèdre seule charmait tes impudiques yeux ;

Et pour tout autre objet ton âme indifférente

Dédaignait de brûler d’une flamme innocente.

HIPPOLYTE

Non, mon père, ce cœur, c’est trop vous le celer,

N’a point d’un chaste amour dédaigné de brûler.

Je confesse à vos pieds ma véritable offense :

J’aime, j’aime, il est vrai, malgré votre défense.

Aricie à ses lois tient mes vœux asservis ;

La fille de Pallante a vaincu votre fils :

Je l’adore ; et mon âme, à vos ordres rebelle,

Ne peut ni soupirer, ni brûler que pour elle.

THÉSÉE

Tu l’aimes ! ciel ! Mais non, l’artifice est grossier :

Tu te feins criminel pour te justifier.

HIPPOLYTE

Seigneur, depuis six mois je l’évite et je l’aime ;

Je venais, en tremblant, vous le dire à vous-même.

Eh quoi ! de votre erreur rien ne vous peut tirer !

Par quel affreux serment faut-il vous rassurer ?

Que la terre, le ciel, que toute la nature…

THÉSÉE

Toujours les scélérats ont recours au parjure.

Cesse, cesse, et m’épargne un importun discours,

Si ta fausse vertu n’a point d’autre secours.

HIPPOLYTE

Elle vous paraît fausse et pleine d’artifice :

Phèdre au fond de son cœur me rend plus de justice.

THÉSÉE

Ah, que ton impudence excite mon courroux !

HIPPOLYTE

Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ?

THÉSÉE

Fusses-tu par-delà les colonnes d’Alcide,

Je me croirais encor trop voisin d’un perfide.

HIPPOLYTE

Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnez,

Quels amis me plaindront, quand vous m’abandonnez ?

THÉSÉE

Va chercher des amis dont l’estime funeste

Honore l’adultère, applaudisse à l’inceste ;

Des traîtres, des ingrats, sans honneur et sans loi,

Dignes de protéger un méchant tel que toi.

HIPPOLYTE

Vous me parlez toujours d’inceste et d’adultère :

Je me tais. Cependant Phèdre sort d’une mère,

Phèdre est d’un sang, seigneur, vous le savez trop bien,

De toutes ces horreurs plus rempli que le mien.

THÉSÉE

Quoi ! ta rage à mes yeux perd toute retenue ?

Pour la dernière fois, ôte-toi de ma vue ;

Sors, traître : n’attends pas qu’un père furieux

Te fasse avec opprobre arracher de ces lieux.

 

Introduction :

Racine en 1677 fait jouer une de ses plus célèbres pièces : Phèdre.

Cette œuvre éponyme nous présente l’histoire d’un amour impossible entre Phèdre et Hippolyte, le fils de son époux Thésée. Suite à la fausse annonce de la mort de son époux, Phèdre va annoncer son amour à Hippolyte. Thésée revient à Trézène, la rumeur de sa mort s’avère inexacte. Oenone va jusqu’à accuser Hippolyte. Ainsi notre étude porte sur l’acte 4 sc. 2, scène dans laquelle Hippolyte va devoir faire face à Thésée.

Probématique :

Quelles formes prennent les deux démesures de ces 2 hommes ?

  • Plan :
  • I - Aveuglement de Thésée furieux
  • A - Aveuglement de Thésée
  • B -Deux autres caractéristiques : la colère et les imprécations
  • II - Hippolyte croit en sa vertu
  • A - Comment va se défendre Hippolyte ?
  • B - La vertu démesurée d’Hippolyte

 

 

I -

Aveuglement de Thésée furieux

A -

Aveuglement de Thésée

1 -

Comment Thésée nous apparaît-il?

Thésée se caractérise :

D’abord comme  un père « bafoué »

Ensuite comme  un époux « outragé »

Un roi (qui peut bannir son fils)

Un héros au glorieux passé

2 -

Thésée fait-il confiance à son fils? Doute t’-il des propos d’Oenone?

Thésée reçoit son fils contre lequel il ressent une colère féroce. Il ne doute nullement des propos d’Oenone. Hippolyte a beau se défendre en présentant des arguments, Thésée n’en a que faire.

3 -

Relevez les expressions du texte qui montre le parallélisme entre l’apparence innocente du fils de Thésée et le crime dont on l’accuse

On note un parallélisme entre l’apparence innocente de son fils et le crime dont il l’accuse. « Noble maintien »V.1035 ; « de la vertu le sacré caractère »V.1038

4 -

Expliquez le vers 1046

Il accuse son ascendance au V.1046

« Reste impur des brigands dont j’ai purgé la terre »

Mais il refuse d’entendre son fils, il pense y voir une ruse.

5 -

Relevez le champ lexical du mensonge

On a une récurrence du champ lexical du mensonge « trompé »V.1036 ; « tu te feins criminel » V.1128 ;« fausse » V.1136.

6 -

Thésée fait-il preuve de mauvaise foi? Son aveuglement est-il justifié? Est-ce propre au personnage de tragédie?

Thésée ne veut sortir de son aveuglement. C’est un motif de la tragédie. Un personnage s’enferme dans son caractère.

I -

Aveuglement de Thésée furieux

B -

Deux autres caractéristiques : la colère et les imprécations

1 -

Relevez les insultes révélatrices de la fureur de Thésée

La fureur de Thésée est caractérisée par des insultes

« perfide » V.1044 et V.1142

« monstre » V.1045

« reste impur des brigands dont j’ai purgé la terre » V.1046

« traître » V.1053, V.1051 et V.1153

« lâche » V.1114

« un méchant » V.1148

2 -

Comment le mépris de Thésée envers son fils se traduit-il? Justifiez votre réponse en citant le texte

Il méprise son fils : Acte 3 : vouvoiement

3 -

Montrez que les vers 1058 - 1059 reflètent son extrême colère. Que traduit le tutoiement? Analysez la menace du père envers son fils.

Acte 4 : tutoiement

Il menace de le tuer : « de mes nobles travaux viennent souiller la gloire

Fuis et si tu ne veux qu’un châtiment soudain »V.1058-V.1059

4 -

De quelle autre menace l’accable t-il?

Il l’appelle à l’exil :

5 -

Comment Racine met-il en évidence la colère de Thésée? Citez pour justifier votre réponse

Répétition de « fuis » en début de vers V.1053-1059-1063

« sors » V.1055

« ôte-toi de ma vue » V.1054

6 -

A quel Dieu Thésée fait-il référence pour exprimer de manière exacerbée le paroxysme de sa colère?

Le personnage souhaite la ruine, le malheur et la malédiction à son fils.

Il fait alors appel à la colère de Neptune. Il fait le rappel de ses anciennes actions héroïques. Il évoque le fait qu’il n’avait pas fait appel à Neptune lors de son empoisonnement.

7 -

Sa haine est-elle assimilée à celle de Neptune?

Sa haine (« ma haine » V.1053) deviendra celle de Neptune ( « j’abandonne ce traître à toute ta colère » , « tes fureurs » V.1076 , « je t’implore »V.1073 , « venge » V.1073)

II -

Hippolyte croit en sa vertu

A -

Comment va se défendre Hippolyte ?

1 -

Dans un premier temps, comment Hippolyte réagit-il face à la fureur de son père?

La fureur de Thésée va pousser à maudire son fils. Celui-ci tente de se défendre mais

sa défense se révélera inadaptée et inefficace.

Dans un 1er temps, en entendant les accusations proférées par Thésée, Hippolyte va être saisi de stupeur. « Un tel excès d’horreur rend mon âme interdite ».

2 -

Quelle stratégie adopte t’-il en conséquence d’un point de vue physique?

Il va alors choisir de se taire « qu’ils m’ôtent la parole et m’étouffe la voix » V.1050. Il s’agit là d’une réaction physique.

3 -

Le dialogue entre le père et le fils va t’-il finir par s’établir ?

Hippolyte refuse d’avouer et Thésée refuse d’entendre les sous-entendus d’Hyppolite.

4 -

Relevez les vers représentatifs et évocateurs des arguments d’Hippolyte

Arguments d’Hippolyte : V.1089-1092-1093-1123-1150-1152

II -

Hippolyte croit en sa vertu

B -

La vertu démesurée d’Hippolyte

1 -

Comment Hippolyte met-il en avant l’aspect démesuré de sa vertu? Citez pour justifier votre réponse

Hippolyte met en valeur sa vertu, à la différence de celle de Thésée.

Il rappelle son ascendance.

Hippolyte dans sa tirade se présente comme un personnage vertueux :

« Timide innocence »/« extrême licence »

« Mortel vertueux »/« lâche incestueux »

2 -

Relevez deux vers reflétant l’aspect très valorisé de la vertu

Il valorise sa vertu : « j’ai poussé la vertu jusqu’à la rudesse » V.1110

« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur » V.1112

3 -

Hippolyte parvient-il à convaincre et à contredire son père?

Hippolyte ne réussit pas à convaincre son père

Hippolyte ne peut contredire son père, le héros

il s'agit là d'un plaidoyer inutile

4 -

Peut-on dire qu'Hippolyte soit pathétique?

Oui car il incarne la victime impuissante

Question : l'ouverture

Hippolyte est-il un représentant des héros de la tragédie classique?

Hippolyte est-il l'image de l'idéal humain ayant perdu son aspect héroique et  très pessimiste caractéristique de Phèdre?

 

 

 

 

PRESENTATiON DE L’ŒUVRE : Tableau : Phèdre d’Alexandre Cabanel, 1880

 

  • Titre de l’œuvre : Phèdre
  • Auteur : Alexandre CABANEL
  • Date de réalisation : 1880
  • Type : Peinture
  • Support : Huile sur toile
  • Dimensions : Hauteur en m : 1,940 ; Largeur en m : 2,860
  • Lieu de conservation : Musée Fabre, Montpellier
  • Genre : Scène empruntée à la mythologie grecque

 

Alexandre CABANEL  : 19ème siècle

La célébrité lui vient avec La Naissance de Vénus achetée par Napoléon III

Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts

Description du tableau :

Au pied du lit, et à gauche du tableau, se trouvent deux servantes enveloppées dans de longues tuniques.

La première est assise à même le sol, la tête renversée en arrière et les paupières closes. Ses bras tombent avec nonchalance de chaque côté, signe à la fois d’impuissance et de désespoir. Sa comparse se tient debout, penchée en avant et à moitié sortie du tableau. Elle se tord les mains, comme rongée par l’angoisse. La scène se passe dans une chambre. Phèdre est allongée.

En arrière plan, on observe un casque et un bouclier dorés, accrochés à une colonne, signe ostentatoire d’un luxe antique.

Interprétation de l’œuvre :

Alexandre Cabanel emprunte un des mythes antiques les plus tragiques. Il illustre la scène où Phèdre annonce à ses suivantes son amour incestueux pour Hippolyte;

Phèdre est ici désespérée ainsi que le témoigne sa posture amorphe, cela traduit sa culpabilité et son accablement. Elle incarne d’un point de vue esthétique la beauté féminine selon les canons imposés par l’Académie des Beaux-arts. Elle est le symbole de la lutte entre la raison et la passion.

Portée de l’œuvre :

Ce tableau a un grand succès lors de son exposition en 1880. Peinture académiste appréciée. 

 

 

 Phedre

 


 

Préface de Phèdre

Voici encore une tragédie dont le sujet est pris d'Euripide. Quoique j'aie suivi une route un peu différente de celle de cet auteur pour la conduite de l'action, je n'ai pas laissé d'enrichir ma pièce de tout ce qui m'a paru le plus éclatant dans la sienne. Quand je ne lui devrais que la seule idée du caractère de Phèdre, je pourrais dire que je lui dois ce que j'ai peut-être mis de plus raisonnable sur le théâtre. Je ne suis point étonné que ce caractère ait eu un succès si heureux du temps d'Euripide, et qu'il ait encore si bien réussi dans notre siècle, puisqu'il a toutes les qualités qu'Aristote demande dans le héros de la tragédie, et qui sont propres à exciter la compassion et la terreur. En effet, Phèdre n'est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente. Elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux, dans une passion illégitime, dont elle a horreur toute la première. Elle fait tous ses efforts pour la surmonter. Elle aime mieux se laisser mourir que de la déclarer à personne, et lorsqu'elle est forcée de la découvrir, elle en parle avec une confusion qui fait bien voir que son crime est plutôt une punition des dieux qu'un mouvement de sa volonté.
J'ai même pris soin de la rendre un peu moins odieuse qu'elle n'est dans les tragédies des Anciens, où elle se résout d'elle-même à accuser Hippolyte. J'ai cru que la calomnie avait quelque chose de trop bas et de trop noir pour la mettre dans la bouche d'une princesse qui a d'ailleurs des sentiments si nobles et si vertueux. Cette bassesse m'a paru plus convenable à une nourrice, qui pouvait avoir des inclinations plus serviles, et qui néanmoins n'entreprend cette fausse accusation que pour sauver la vie et l'honneur de sa maîtresse. Phèdre n'y donne les mains que parce qu'elle est dans une agitation d'esprit qui la met hors d'elle-même, et elle vient un moment après dans le dessein de justifier l'innocence et de déclarer la vérité. Hippolyte est accusé, dans Euripide et dans Sénèque, d'avoir en effet violé sa belle-mère : vim corpus tulit. Mais il n'est ici accusé que d'en avoir eu le dessein. J'ai voulu épargner à Thésée une confusion qui l'aurait pu rendre moins agréable aux spectateurs.
Pour ce qui est du personnage d'Hippolyte, j'avais remarqué dans les Anciens qu'on reprochait à Euripide de l'avoir représenté comme un philosophe exempt de toute imperfection ; ce qui faisait que la mort de ce jeune prince causait beaucoup plus d'indignation que de pitié. J'ai cru lui devoir donner quelque faiblesse qui le rendrait un peu coupable envers son père, sans pourtant lui rien ôter de cette grandeur d'âme avec laquelle il épargne l'honneur de Phèdre, et se laisse opprimer sans l'accuser. J'appelle faiblesse la passion qu'il ressent malgré lui pour Aricie, qui est la fille et la soeur des ennemis mortels de son père.
Cette Aricie n'est point un personnage de mon invention. Virgile dit qu'Hippolyte l'épousa, et en eut un fils, après qu'Esculape l'eut ressuscité. Et j'ai lu encore dans quelques auteurs qu'Hippolyte avait épousé et emmené en Italie une jeune Athénienne de grande naissance, qui s'appelait Aricie, et qui avait donné son nom à une petite ville d'Italie.
Je rapporte ces autorités, parce que je me suis très scrupuleusement attaché à suivre la fable. J'ai même suivi l'histoire de Thésée, telle qu'elle est dans Plutarque.C'est dans cet historien que j'ai trouvé que ce qui avait donné occasion de croire que Thésée fût descendu dans les enfers pour enlever Proserpine, était un voyage que ce prince avait fait en Epire vers la source de l'Achéron, chez un roi dont Pirithoüs voulait enlever la femme, et qui arrêta Thésée prisonnier, après avoir fait mourir Pirithous. Ainsi j'ai tâché de conserver la vraisemblance de l'histoire, sans rien perdre des ornements de la fable, qui fournit extrêmement à la poésie ; et le bruit de la mort de Thésée, fondé sur ce voyage fabuleux, donne lieu à Phèdre de faire une déclaration d'amour qui devient une des principales causes de son malheur, et qu'elle n'aurait jamais osé faire tant qu'elle aurait cru que son mari était vivant.

Au reste, je n'ose encore assurer que cette pièce soit en effet la meilleure de mes tragédies. Je laisse aux lecteurs et au temps à décider de son véritable prix. Ce que je puis assurer, c'est que je n'en ai point fait où la vertu soit plus mise en jour que dans celle-ci. Les moindres fautes y sont sévèrement punies ; la seule pensée du crime y est regardée avec autant d'horreur que le crime même ; les faiblesses de l'amour y passent pour de vraies faiblesses ; les passions n'y sont présentées aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause ; et le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difformité.
C'est là proprement le dut que tout homme qui travaille pour le public doit se proposer, et c'est ce que les premiers poètes tragiques avaient en vue sur toute chose. Leur théâtre était une école où la vertu n'était pas moins bien enseignée que dans les écoles des philosophes. Aussi Aristote a bien voulu donner des règles du poème dramatique, et Socrate, le plus sage des philosophes, ne dédaignait pas de mettre la main aux tragédies d'Euripide. Il serait à souhaiter que nos ouvrages fussent aussi solides et aussi pleins d'utiles instructions que ceux de ces poètes. Ce serait peut-être un moyen de réconcilier la tragédie avec quantité de personnes célèbres par leur piété et par leur doctrine, qui l'ont condamnée dans ces derniers temps et qui en jugeraient sans doute plus favorablement, si les auteurs songeaient autant à instruire leurs spectateurs qu'à les divertir, et s'ils suivaient en cela la véritable intention de la tragédie;

 

 Analyse

Dans sa préface de Phèdre de 1677,Racine a expliqué la moralité da Phèdre : « les moindres fautes y sont sévèrement punies. La seule pensée du crimes y est regardée avec autant d’horreur que le crime même.les faiblesses de l’amour y passe pour de vraies faiblesses… » L 70-71-72.

En effet, dans Phèdre, il y a une portée humaine très importante et une critique sévère des vices humains ; d’ailleurs qui sont sanctionnés tragiquement.C ‘est une lutte incessable entre le bien et le mal ;et malgré les périls et les injustices, l’innocence peut triompher toujours et les criminels doivent être punis sans merci. Dans Phèdre il y a toujours cette dichotomie mal :bien, injustice :innocence, amour :passion(haine)

Ainsi, Hippolyte est ce jeune charmant, fils d’héros inconstant et aventureux. Hippolyte au contraire gardant les vertus de son père et les défauts, est un exemple de dévouement, d’amour humain, noble et réel. Cependant, Oenone et Phèdre accaparent les vices de l’homme les plus exécrables :la haine, la calomnie, l’ injustice, les mensonges.

Phèdre, coupable et innocente, entre douceur et violence, entre ombre et lumière…

Phèdre est tiraillée entre son exigence de pureté et la faute qui l’habite, entre ombre et lumière. Ombre où elle peut dissimuler sa faute, ombre de la mort, ombre des domaines infernaux où siège, majestueuse, l’image du père, juge réprobateur, où la coupable pourrait peut-être trouver l’apaisement après le jugement. Lumière de la clarté du jour, lumière de son aïeul, le soleil, lumière de la conscience qui dissèque et juge sans pitié, lumière de la pureté du cœur. Passionnée, aliénée, divisée, Phèdre est un personnage ambigu, fascinant dans sa complexité.

Qui est réellement Phèdre ? Un être souffrant d’un mal qui le tue et sans lequel il ne peut vivre, victime du divorce entre raison et volonté.

Avec Phèdre, Racine a écrit le drame tragique d’une humanité écartelée par le combat de la chair et de l’esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
   
Commentaires (1)

1. Kaneki kun 19/08/2016

qlq vers sans faux dans la colère et l'imprécations pour l'aveuglement de Thésée furieux

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