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Sommes-nous maîtres de nos désirs?

Spinoza

 

 

 

Sommes-nous maîtres de nos désirs ?

Catégorie : Désir, Sujets traités - Commentaires

Introduction

Sommes nous maîtres de nos désirs? Nous sommes confrontés par cette interrogation à la puissance de nos désirs si nombreux. Nous serions ainsi tentés de dire non, certes il semblerait que nous n’en soyons pas les maîtres mais plutôt les victimes. L’homme aurait en effet tendance à se laisser guider, porter par ses désirs les plus tenaces et les plus secrètement enfouis. Nos comportements sont trop souvent orientés en fonction d’eux et si peu par les choix de la raison. Les désordres sont nombreux de ce fait et pourtant nous ne sommes pas capables de condamner et d’exclure les désirs qui nous font être ce que nous sommes. Notre vie entière est obsédée par la somme de nos désirs enfouis secrètement au plus profond de nous-mêmes.

Le discours qui condamnerait le désir nous semble si abstrait et après tout, on aurait davantage tendance à assimiler le désir au bonheur en particulier dans notre société de consommation où tout est calculé dans l’instant et dans l’acquisition, la propriété, il s’agit d’avoir plutôt que d’être. Renoncer aux désirs serait-il synonyme de renoncement au bonheur? Ne devrions-nous pas préférer la rigueur de la raison? Car en fait en cédant au désir en général, plutôt que de prendre en main et d’organiser notre vie ce serait au contraire cette puissance du désir qui nous dirigerait à notre insu. Nous serions donc victime de son influence au point d’en perdre le contrôle. Nous sommes donc dans l’obligation de nous poser la question de savoir si nous sommes maîtres de nos désirs. Nous devrons donc essayer de comprendre pourquoi le désir serait source des plus grands désordres. Mais dans quelle mesure peut-on le condamner? Se maîtriser, est-ce forcément maîtriser le désir ?

 

1 – Le désir est source de désordre et de perdition.

Le désir se caractérise comme un manque non vital, inessentiel mais violent et volontaire, il s’impose par tous les moyens et cherche à se satisfaire. Il mobilise notre énergie à cet égard. Ainsi, l’objet désiré ne l’est pas parce qu’il a une quelconque valeur, il a aux yeux du désirant une valeur précisément parce qu’il le désire. On peut parler en ce sens d’un trouble du jugement, il ne vient que de moi-même et s’impose de toute sa force dans le but de trouver satisfaction.

 

Il semblerait pourtant et paradoxalement que nous ne soyons pas l’auteur du désir qui nous habite, il est généré par nous mais comme si nous n’en n’étions pas l’auteur tellement il s’impose avec toute sa puissance et sa force sans que parfois nous l’ayons décidé. Le désir s’impose à notre propre volonté et nous fait agir malgré nous. On peut à cet effet, citer l’exemple des Confessions de Saint Augustin qui nous explique comme son ami Alypius devient à son insu amateur des jeux de cirque qu’il détestait. D’abord, il les regarde en fermant les yeux et les oreilles puis pris par l’élan de la foule cède à la tentation, il subit la fascination, lui pour qui le désir est déchéance. Le désir devient plus fort que lui

Nous aurions donc tout à fait raison de nous méfier de nos désirs qui font de nous des victimes et d’autant plus que le désir en lui-même reste insatiable, jamais rassasié, il gouverne en maître pour avoir plus et toujours plus contrairement au besoin qui, même s’il se manifeste comme un manque peut se trouver satisfait.

L’homme devient la victime du désir, il domine, cherche insatiablement à être comblé et a parfois besoin d’une instance supérieure pour le cadrer et l’orienter.

 

2 – La nécessaire maîtrise du désir

Puissance supérieure du désir sur la raison, désordres et conflits du fait du manque de maîtrise, on comprend ainsi l’indispensable nécessité, l’incontournable moyen à trouver pour sortir vainqueur de la tyrannie exercée par nos désirs insatiables. Le satisfaire pourrait-il suffire à le faire taire? Le manque comblé disparaît-il? On rejoindrait ainsi la philosophie du penseur Diogène, contemporain de Platon dont le but de l’existence était de satisfaire immédiatement tout manque. Nous pourrions en effet le concevoir pour des manques assimilés à des besoins, manger satisfait la faim et ainsi le désir de manger disparaît. On a répondu à notre besoin, celui de satisfaire sa faim. Mais qu’en est-il des désirs qui ne sont pas des manques, étant insatiables toujours et encore, l’homme ne peut les combler. On retrouve la philosophie platonicienne à ce niveau de notre réflexion. Le penseur assimilait le désir au « tonneau des Danaïdes », tonneau percé que les filles du roi Danaos étaient condamnées à remplir alors même qu’un trou était percé et le vidait au fur et à mesure. Il semblerait donc très difficile de contrôler les désirs, ils semblent régner en maître.

 

Dans son Manuel, Epictète, stoïcien effectue une distinction essentielle entre deux types de « choses », dont « les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas ». Il ne faudrait selon lui n’accorder de l’importance qu’à ce qui ne dépendrait que de nous et laisser le reste, c’est-à-dire, tout ce qui nous échappe. Toujours selon Epictète, « Celles qui dépendent de nous, ce sont l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion: en un mot tout ce qui est notre œuvre. ». Donc, si l’on s’en tient à cette définition des choses sous contrôle, le désir ferait partie de ce dont nous sommes maîtres. « Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont le corps, les biens, la réputation, les dignités: en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre. »

Il nous faut donc nuancer notre propos et affirmer que nous contrôlons le désir sans pour autant être les maîtres des objets sur lesquels le désir porte. On peut en déduire qu’il existe un moyen de contrôler le désir, c’est de le désirer pourvu qu’il appartienne aux choses sous notre maîtrise. Il ne faut désirer que ce qui est en notre pouvoir. Concrètement, il faut soumettre ce que l’on est en mesure de contrôler à la raison.

Après évaluation des dangers et risques du désir, la raison nous autorise à gérer un certain nombre de choses sans pour autant sombrer dans le désordre absolu. On pourrait ainsi échapper à la dictature. Contrôler le désir pour se commander à soi-même, rester maître de soi et de ses appétits. Suivre la morale provisoire de Descartes qui affirme : « changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ». pour maîtriser les désirs, il faut les remettre à leur juste place et les soumettre à la raison, qui doit être le vrai guide de nos vies. On retrouve cette exigence première de la soumission du désir à l’ordre supérieur de la raison chez Platon dans la tripartition de l’âme. La raison est souveraine, vient ensuite le courage auquel les désirs sont soumis. L’homme dominé par sa raison peut allier la puissance théorique et la volonté pratique dans la polis, ses désirs sont la partie inférieure de son âme toute puissance s’il respecte cet ordre. La justice est respect de cet ordre tandis que l’injustice est le contraire. La nécessité du contrôle et d’une instance supérieure prouvent les difficultés que rencontre l’homme à vivre dans l’harmonie avec ses désirs si tyranniques.

Cependant, l’homme étant aussi doté d’une raison, il peut agir en fonction et anticiper les éventuels désordres. La raison doit toujours rester souveraine et gouverner l’homme. Maîtriser ses désirs signifie t’-il se maîtriser soi même?

 

3 – Une condamnation relative du désir

La raison jouerait donc un rôle de régulateur incontournable pour faire en sorte que le désir reste à sa place. Il ne faut pas lui céder, il faut donc rester raisonnable, ce qui signifie, obéir aux ordres de la raison. Devons-nous en rester à cette hiérarchie platonicienne des parties de l’âme pour rester maître de soi envers et contre tout? L’homme a t’-il un autre moyen, un autre recours possible pour dominer les désirs si puissants?

Nous faut-il condamner absolument le désir ou ne devons-nous le condamner que relativement?

Devons-nous renoncer absolument? À tout? Toujours? N’y a-t-il pas quelques absurdités à défendre l’idée par exemple, que la raison doive gérer nos désirs en matière de cœur, d’amour. Nous faut-il nous empêcher d’aimer? Faut-il vivre dans ce renoncement? L’amour pour autant qu’on l’assimile à une puissance qui nous révèle à nous-mêmes serait un désir qu’il faudrait laisser vivre en nous jusqu’à l’expression la plus haute et la plus forte du désir amoureux . On en revient à ce que l’on disait dans la partie précédente de notre réflexion, il nous faut donc connaître l’objet de notre désir. Certes l’amour est aussi ce qui a conduit Roméo et Juliette à la mort. Les amants existaient pleinement par leur désir, ils sont l’un et l’autre révélés à eux -mêmes. Ils adhèrent à leur amour comme à leur propre existence. Le désir amoureux les fait être, leur essence est de s’aimer, l’essence de Roméo est d’aimer Juliette et l’essence de Juliette est d’aimer Roméo.

On peut ainsi voir que dans certains cas de figures, le désir, loin de nous perdre nous tourne et nous révèle à nous-mêmes dans l’expression la plus forte possible. L’homme ne doit pas être sourd à ses désirs, il faut savoir les apprivoiser et les diriger comme on se dirige dans la vie par ce qui nous fait exister. IL Est-ce qui nous constitue dans notre essence et nous fait persévérer dans notre être. Le cœur a donc pour reprendre les mots de Pascal, « ses raisons que la raison parfois elle-même ignore », le désir amoureux par exemple se voit légitimer au point que sans lui, l’homme serait dépossédé d’une partie de lui-même.

 

Conclusion :

Il semble que l’homme soit trop complexe pour se plier à l’exigence de ne se soumettre qu’à la raison. Sa complexité est telle que l’être de raison doive toujours garder le dessus certes mais sans jamais oublier et perdre de vue que certains désirs sont indomptables et ne souffrent aucune condamnation absolue. L’homme doit persévérer dans son être et suivre ce qui le constitue en propre, la raison en tant qu’être raisonnable et la raison du cœur en tant qu’être capable d’aimer.

 

 

 

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