Forum bac  Listes EAF, descriptifs bac - Blog des lycéens  

L oral de français

ForumFORUM PEDAGOGIQUE

FORUM PREPABACForum prepabac

 

Skype
Prepabac facebook
Google
Twitter

Profs en direct le jour du bac

PROFS EN DIRECT : LE FORUM

Pondichery 2016

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie

Blogger

 

 

Sartre

Bibliothèque scolaire

11000 documents en ligne

Le bac en ligne metropole etranger candidats libres et lyceens scolarises

Elèves scolarisés   

Candidats libres

Lycées métropole et à  l'étranger      

 

ELEVES SCOLARISES - CANDIDATS LIBRES, METROPOLE, DOM TOM, LYCEES FRANCAIS A L'ETRANGER ET LYCEESPROFESSIONNELS 

Sarraute, Pour un oui ou pour un non, scène d'ouverture

220px-nathalie-sarraute-crop.jpg

 

 

 

 

Nathalie Sarraute, Pour un oui  ou pour un non

Etude de la scène d'ouverture

 

Mise en scène du langage

Problématique : Comment faire voir et entendre non seulement le langage mais aussi l'indicible ?
Objet d'étude : Le texte théâtral et sa représentation
Perspectives: Détournement des conventions théâtrales, l'écriture de Sarraute et les tropismes, le théâtre de Beckett et l'absurde.
Œuvre complète Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute.

Groupement de textes :

le théâtre de Samuel Beckett.
Lectures analytiques Œuvre complète Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute

1.Scène d'ouverture du début à « ce n'est pas sans importance »

2. « La vie est là » de « Tu comprends pourquoi je tiens... » à « dans le « poétique », la poésie ». »

3. Scène finale de « H.1.- Oui... il me semble que là où tu es tout est... » à la fin.

4.En attendant Godot de Samuel Beckett : Scène d'ouverture du début à « Il n'y a rien à voir »

 5.Oh les beaux jours ! De Samuel Beckett, début de l'Acte II : de « Scène comme au premier acte. Willie invisible... » à « ...Mon Willie ! (Yeux à droite. Appelant.) Willie ! (Un temps. Plus fort.) Willie ! »

Activités complémentaires:

 Visionnement du film de Jacques Doillon sur Pour un oui pour un non, 1988.

  Lecture d'autres textes de Nathalie Sarraute : une définition des tropismes dans la préface à L'Ere du soupçon, une réflexion sur les tropismes et le théâtre dans « Le Gant retourné », un extrait de Entre la vie et la mort : « C'est bien, ça »

  Lecture cursive de En attendant Godot de Samuel Beckett.

 

Lecture du passage :

 

1.Scène d'ouverture du début à « ce n'est pas sans importance »

 

H.1.-Écoute,je voulais te demander... C'est un peu pour ça que je suis venu...
je voudrais savoir... que s'est-il passé? Qu'est-ce que tu as contre moi?
H.2.-Mais rien... Pourquoi ?
H.1.-Oh,je ne sais pas... Il me semble que tu t'éloignes... tu ne fais plus
jamais signe... il faut toujours que ce soit moi...
H.2.- Tu sais bien : je prends rarement l'initiative, j'ai peur de déranger.
H. 1. - Mais pas avec moi? Tu sais que je te le dirais... Nous n'en sommes tout
de même pas là... Non, je sens qu'il y a quelque chose...
H.2.-Mais que veux-tu qu'il y ait ?
H.1.-C'est justement ce que je me demande. J'ai beau chercher... jamais...
depuis tant d'années... il n'y a jamais rien eu entre nous... rien dont je me
souvienne...
H.2.-Moi, par contre, il y a des choses que je n'oublie pas. Tu as toujours été
très chic... il y a eu des circonstances...
H.1.-0h qu'est-ce que c'est? Toi aussi, tu as toujours été parfait... un ami
sûr... Tu te souviens comme on attendrissait ta mère?...
H.2.-0ui, pauvre maman... Elle t'aimait bien... elle me disait: «Ah lui, au
moins, c'est un vrai copain, tu pourras toujours compter sur lui.» C'est ce que
j'ai fait, d'ailleurs.
H.1.-Alors?
H.2, hausse les épaules. -...Alors... que veux-tu que je te dise!
H.1.-Si, dis-moi... je te connais trop bien : il y a quelque chose de changé...
Tu étais toujours à une certaine distance... de tout le monde, du reste... mais
maintenant avec moi... encore l'autre jour, au téléphone ... tu étais à l'autre
bout du monde... ça me fait de la peine, tu sais...
H.2, dans un élan.-Mais moi aussi, figure-toi...
H.I.-Ah tu vois, j'ai donc raison...
H.2.-Que veux-tu... je t'aime tout autant, tu sais... ne crois pas ça... mais
c'est plus fort que moi...
H.1.-Qu'est-ce qui est plus fort? Pourquoi ne veux-tu pas le dire? Il y a donc
eu quelque chose...
H.2.-Non... vraiment rien... Rien qu'on puisse dire...
H.1.-Essaie quand même...
H.2.-Oh non... je ne veux pas...
H.1.-Pourquoi? Dis-moi pourquoi?
H.2.-Non, ne me force pas...
H.1.-C'est donc si terrible?
H.2.-Non, pas terrible... ce n'est pas ça...
H.1.-Mais qu'est-ce que c'est, alors?
H.2.-C'est... c'est plutôt que ce n'est rien ... ce qui s'appelle rien... ce
qu'on appelle ainsi... en parler seulement, évoquer ça... ça peut vous entraîner... de quoi on aurait l'air? Personne, du reste... personne ne l'ose...
on n'en entend jamais parler...
H.1.-Eh bien, je te demande au nom de tout ce que tu prétends que j' ai été pour toi... au nom de ta mère... de nos parents ... je t'adjure solennellement, tu ne peux plus reculer... Qu'est-ce qu'il y a eu? Dis-le...tu me dois ça...
H.2, piteusement. - Je te dis : ce n'est rien qu'on puisse dire... rien dont il
soit permis de parler...
H.1.-Allons, vas-y...
H.2.-Eh bien, c'est juste des mots...
H.1.-Des mots? Entre nous? Ne me dis pas qu'on a eu des mots... ce n'est pas
possible... et je m'en serais souvenu...
H.2.-Non, pas des mots comme ça... d'autres mots... pas ceux dont on dit qu'on les a «eus»... Des mots qu'on n'a pas «eus», justement... On ne sait pas comment ils vous viennent...
H.1.-Lesquels? Quels mots? Tu me fais languir... tu me taquines...
H.2.-Mais non, je ne te taquine pas... Mais si je te les dis...
H.1.-Alors? Qu'est-ce qui se passera? Tu me dis que ce n'est rien...
H.2.-Mais justement, ce n'est rien... Et c'est à cause de ce rien...
H.1.- Ah on y arrive... C'est à cause de ce rien que tu t'es éloigné? Que tu as
voulu rompre avec moi?
H.2, soupire. - Oui... c' est à cause de ça... Tu ne comprendras jamais...
Personne, du reste, ne pourra comprendre...
H.1.-Essaie toujours... Je ne suis pas si obtus...
H.2.-Oh si... pour ça, tu l'es. Vous l'êtes tous, du reste.
H.1.-Alors, chiche... on verra...
H.2.-Eh bien... tu m'as dit il y a quelque temps... tu m'as dit... quand je me
suis vanté de je ne sais plus quoi... de je ne sais plus quel succès... oui...
dérisoire... quand je t'en ai parlé... tu m'as dit : « C'est bien... ça...»
H.1.-Répète-le, je t'en prie... j'ai dû mal entendre.
H.2,prenant courage.- Tu m'as dit : «C'est bien... ça...» Juste avec ce
suspens... cet accent...
H.1. -Ce n'est pas vrai. ça ne peut pas être ça... ce n'est pas possible...
H.2.Tu vois, je te l'avais bien dit... à quoi bon?...
H.1.-Non mais vraiment, ce n'est pas une plaisanterie? Tu parles sérieusement?
H.2.-Oui. Très. Très sérieusement.
H.1.-Écoute, dis-moi si je rêve... si je me trompe... Tu m'aurais fait part
d'une réussite... quelle réussite d'ailleurs...
H.2.-Oh peu importe... une réussite quelconque...
H.1.-Et alors je t'aurais dit : « C'est bien, ça? »
H.2, soupire.- Pas tout à fait ainsi... il y avait entre «C'est bien» et «ça» un
intervalle plus grand : «C'est biiien... ça... » Un accent mis sur «bien»... un
étirement : «biiien...» et un suspens avant que «ça» arrive... ce n'est pas sans importance.

 

 Commentaire d'un membre du forum prépabac

 

Etude d’un membre du forum prépabac

Problématique : En quoi avons-nous une scène d’exposition?

C'est en 1939, que Nathalie Sarraute signe un étrange roman qui ne ressemble à aucun autre : Tropismes. Ce premier texte est repris en 1957 par les éditions de Minuit, ce qui vaut à son auteur d'être considérée à l'instar d'Alain Robbe-Grillet, de Michel Butor et de Claude Simon (Prix Nobel de littérature) comme un écrivain du Nouveau Roman. Attachée à débusquer ces mouvements intérieurs, infimes, furtifs dont on a à peine conscience et qu'elle appelle tropismes, Sarraute a distingué dans ses romans, la conversation, c'est-à-dire les phrases réellement prononcées et notées entre guillemets, de la sous-conversation, dans laquelle elle tente de cerner les impressions à peine perceptibles que provoquent ce qui est dit, de donner forme, par le langage et malgré le langage, à l'innommable. Une telle distinction n'est pas possible au théâtre. C'est donc tardivement, en 1964, qu'elle écrit sa première pièce Silence. Écrite en 1982, mise en scène en 1986 par Simone Benmussa, Pour un oui ou pour un non est la dernière pièce de Sarraute. Elle ne comporte en fait que deux personnages : H1 et H2 (F et H3 ne font que passer). Le passage que nous allons étudier en est l'ouverture.

Situation du texte : La première partie de la pièce explore les sous-entendus d'une phrase un jour adressée par H1 à H2, son ami d'enfance : « C'est bien... ça ». Phrase apparemment inoffensive mais qui s'est emplie de tropismes au point de menacer l'amitié entre les deux hommes. Un bref moment d'accalmie précède l'extrait que nous allons étudier. Un passage de retournement de situation, puisque c'est H1 cette fois qui est blessé par une remarque de H2.

 

I. Le caractère inattendu (ce qui ne correspond pas à une scène d'exposition)

- pas de nom pour les personnages - Ils sont  nommés par H1, H2, F. Une seule indication --> sexe - décor pas précisé ; pas d'indication de décor Logiquement, les seules indications sont données  dans les didascalies - Didascalies  --> donnent des précisions sur le ton, l'état d'esprit "soupir", "dans un élan" x6 didascalies - pas de découpage en scène ; acte Donc pas de scène d'exposition (scène: entrée, sortie de personnage) Mais quand F et H3 passent pas de découpage annoncé dès le début - réplique : allusion au fait passé très vague ; aucune explication

"pauvre maman" "il y a des choses que je n'oublie pas" "encore l'autre jour au téléphone" - beaucoup de phrases incomplètes, beaucoup de points de suspension (caractéristique de Nathalie Sarraute) Ils vont rarement jusqu'au bout de leurs phrases. Répétitions de pronoms ou adjectifs indéfinis (rien, quelque chose, personne)

II. Cependant quelques repères Caractéristique du théâtre :

- répartition en répliques : deux personnes qui se parlent  -Alternance des répliques de H1 et H2 Didascalie x6 : "hausse les épaules", "dans un élan" "piteusement" "soupir" "prenant courage" "soupire" ---> certain mal aise. Toujours H2 qui a didascalie - répétition de l'un à l'autre---> dynamique du dialogue théâtre Questions-réponses , répétitions de même mot d'une réplique à l'autre. - ils se connaissent depuis l'enfance --> ami de longue date. Ils parlent de leur enfance, connaissent les parents de l'un et l'autre "vrai copain" ---> repère - L’histoire qui se dessine. Pas de décor mais on sait ou on est. H1 qui va voir H2 pour demander une explication (pourquoi si froid) ---> début d'intrigue - H2 a toujours été quelquefois froid mais il ne l'est plus H1 est chic ---> caractère des personnages

III. Cette ouverture rend compte du sujet (intrigue) de la pièce

 - fin de passage : démarche H1 aboutie Il finit par obtenir cette explication H2 dit ce qu'il a sur le cœur. Problème qui occupe une majeure partie de la pièce c'est qu'un jour H1 à dit à H2 "c'est bien... Ça" Tropisme, malaise provoqué chez H2 par "c'est bien ... Ça" Fait d'un arrêt entre bien et ça Sujet de la pièce : tropisme - cette pièce sera une pièce sur rien "enfin pas exactement rien" "rien qui puisse se dire" Pouvoir 2 sens ' ---> capacité, possibilité, ---> interdit, moralement ça ne se fait pas - intrigue infime posée au début qui fait écho au titre --> pour pas grand chose - lutte entre langage. Chose reconnue et les tropismes. Points de suspensions : ils disparaissent quand on raconte quelque chose d'avéré, de reconnu Entre valeurs reconnues et monde des tropismes

 

Conclusion : Toute la pièce va consister à regarder à la loupe, un désaccord latent entre les deux personnages, à décortiquer une phrase « c'est bien...ça », puis d'autres « la vie est là », « ça en vaut tout de même la peine »,à se débarrasser des étiquettes : un ami sûr, le bonheur, un marginal, un poète.. Au théâtre, comme dans ses romans, Sarraute traque les sous-entendus de la conversation, sa violence cachée. Cependant, tout est prononcé, conversation et sous conversation sont sur le même plan si bien que la banalité côtoie l'étrangeté, le comique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 Prépabac le bac en ligne

Logo prepabac

Boutique en ligne français  philosophie

Coaching scolaire mondial
Elèves scolarisés (lycées français à l'Etranger) et candidats libres

 

Professeur indépendant

  • Identifiant SIRET : 819 269 226 00018
  • APE  :  8559B
Logo prepabac

Français : niveau seconde

Français : Bac pro

Littérature : Dossier bac

Profs en direct le jour du bac

PROF EN DIRECT : BAC 2016

Bac 2016

 

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie


 
Logo prepabac
Préparation à l'examen du baccalauréat : français séries générales, technologiques et bac pro, philosophie   littérature  Bac pro et Brevet : Bac  en ligne sur prepabac.org. Profs en direct le jour du bac : les annales bac . Préparer le bac en ligne : Demande de cours sur skype  - Coaching scolaire mondial = Elèves scolarisés et candidats libres (lycées français à l'étranger )

 

Licence Creative Commons
Bibliothèque scolaire de prépabac est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.prepabac.org/.

Copyright

Droits d'auteur enregistrés, Copyright

Depot.com sous le numéro  00056187

Tous droits réservés

Le site prepabac.org respecte "la loi informatique et liberté "

N° enregistrement CNIL :  1943841