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Meursault, l'antéchrist de l'Etranger de Camus

Etude comparative avec la mort heureuse, une marche vers la vérité

Camus, la foi métaphysique : le messianisme terrestre

 

 

 

 

Lecture en ligne de l'étude :

*** Le bac en ligne

 

  • La révolte contre les Dieux
  • Camus

 

L’étranger et la mort heureuse de Camus

Meursault et Mersault : portrait de deux héros camusiens

 

Fiche de lecture

 

Plan de l’étude :

L’étranger :

  1. Meursault : un héros meurtrier malgré lui
  2. Le meurtre et la fatalité
  3. Une mort consciente pour la vérité
  4. L’homme révolté contre les Dieux
  5. Meursault : un héros unitaire
  6. La mort heureuse :
  7. Similitude des deux héros
  8. Meursault et Mersault
  9. Deux héros : deux meurtres et deux aspirations opposées

 

Descriptif

Le document fait six pages word police 14, il comprend une introduction et un long développement sur la question camusienne des dieux terrestres et de la révolte contre les Dieux avec de nombreuses références bibliographiques et une réflexion approfondie du messianisme terrestre ou du salut au sein de la terre et du devenir chez le penseur. L'analyse fait référence aux deux héros camusiens, Meursault de L'Etranger et Mersault de la mort heureuse.

 

Lecture en ligne de l'analyse :

 

Meursault, dans la deuxième partie de l’Etranger rompt l’équilibre d’un jour en commettant un meurtre. Mais ce faisant il ne devient pas comme Caligula, l’ennemi de la lucidité en aspirant à la lune, au bonheur ou à l’immortalité. Dans son désir d’union avec la terre, il se retrouve lui-même au fond de l’univers sans jamais se substituer au destin ou nier la providence. Faute de pouvoir tout accepter, il ne s’écrie pas : « je me suis fait destin » (72). Le héros par cet assassinat frappe quatre coups à la porte du malheur et sombre dans l’irréversible. Sans retour possible son acte en devenant un acte passé se métamorphose en fatalité. Dans ce temps, ordre des successions possibles, son acte est en quelque sorte devenu destin. Enfermé dans le grand mystère existentiel du temps, il attribue la paternité de ce meurtre au dieu-soleil : « c’était à cause du soleil » (73). Si Meursault tue ce n’est pas comme Meursault parce qu’il a choisi de tuer mais par hasard. Caligula fait du crime sa plus grande occupation, les aubergistes de Malentendu guettent les hôtes de passage pour les assassiner, Mersault dans la Mort heureuse tue Zagreus, l’infirme pour s’approprier sa fortune et Meursault tire sur un arabe à cause d’une fatalité naturelle, le soleil. Ces drames, affirme Camus, ne sont que « l’histoire d’un suicide supérieur », l’homme tue pour se faire tuer : « le révolté n’a qu’une manière de se réconcilier avec son acte meurtrier, accepter sa propre mort et le sacrifice. Il tue et meurt pour qu’il soit claire que le meurtre est impossible ». (74)

Tout se passe comme si, « le meurtre servait à contourner l’obstacle théorique du suicide » (75). La mère de Jan dans le Malentendu ayant pris connaissance de son infanticide s’écrie : « je ne l’ai pas reconnu et je l’ai tué. Je peux maintenant aller le rejoindre au fond de cette rivière où les herbes couvrent déjà son visage… C’est la punition, Martha et je suppose qu’il est une heure où tous les meurtriers sont comme moi, vidés par l’intérieur, stériles, sans avenir possible. C’est pour cela qu’on les supprime, ils ne sont plus bons à rien ». Son cœur parle à présent et de nouveau elle vit, au moment où elle ne peut plus supporter de vivre. « Le crime affirme Martha est aussi une solitude même si on se met à mille pour l’accomplir ».

Meursault ne fera son aveu qu’à l’occasion de sa rencontre avec son avocat et encore sous la forme de la dénégation. Il confesse que sans doute il aimait bien sa mère, mais que cela ne voulait rien dire, et que tous les êtres sains avaient plus ou moins souhaité la mort de ceux qu’ils aimaient. « Si Meursault a souhaité la mort de sa mère, c’est comme s’il l’avait tuée. Et s’il l’a tuée, il est juste qu’il partage le sort de l’objet perdu. Le meurtre est donc bien un suicide détourné. En attirant sur lui la condamnation, il répare le geste impie par lequel il a rompu le face à face originel et décidé de mettre sa mère à l’asile » (76) Mais, devant la lumière du monde et la mort qui ne rachète rien, le héros confronté à son destin de mort a le grand courage de garder les yeux ouverts. Accusé d’avoir fait entrer « les Dieux dans la cité »(77), il a par ce geste qui n’a rien d’humain accompli un meurtre rituel qui « remet en question l’ordre de la création lui-même »(78). Mais Meursault se tait ou se contente de répondre aux questions, pour avoir assassiné un homme, il dépasse la facticité pour s’élever à la vérité.

Condamné parce qu’il ne joue ni ne ment, il incarne le héros qui accepte de mourir tout entier, d’une mort consciente pour la vérité. Désireux de porter sa lucidité et sa clairvoyance jusqu’au bout, il s’ouvre « à la tendre indifférence du monde »(79) s’apprêtant ainsi à vivre le recommencement au centre de l’univers. Déclaré coupable sans savoir ce qu’est un péché, il donne à la mort son consentement obéissant ainsi, non à la justice de Dieu mais à la justice des hommes. Il se désolidarise du divin pour s’accorder avec le monde dans la volonté « de tout revivre ». Il réconcilie la réalité de sa mort avec la croyance en sa vérité fondamentale, rétablissant ainsi l’ordre de la création. Dans cette tentative de fusion avec le mouvement du monde, le meurtre évoque l’homme révolté contre les Dieux. Il est « l’inexplicable et l’inexpiable. Chez Lucrèce déjà, le meurtre de l’homme n’est qu’une réponse au meurtre divin » (80). Chez ce héros imprégné d’une révolte non pas nihiliste mais unitaire, le meurtre symbolise la désacralisation. Il est le commencement de la « désacralisation de l’univers » (81), c’est pourquoi la mort consciente et consentie de Meursault représente le Oui de la réconciliation.

L’étranger fait suite au premier roman d’Albert Camus, la mort heureuse, œuvre dans laquelle le héros, Patrice Mersault avant de commettre un meurtre sur la personne de Zagreus suit les pas de Meursault : Bureau, restaurant habituel tenu par Céleste où il mangeait avec tranquillité, en silence et sa chambre où logeait sa mère décédée à cinquante-six ans. Il tenait à cet appartement et à son odeur de pauvreté car « là, il rejoignait ce qu’il avait été » : maintenant, au contraire, « la pauvreté dans la solitude était une affreuse misère » (82), il se promenait dans une ombre d’appartement et sa vie oscillait dans les odeurs de café et de goudron, « détachée de lui-même et de son intérêt » (83).

Outre l’étrange similitude des prénoms, Mersault tout comme Meursault déploie les mêmes efforts pour concentrer sa vie, « il voulait diminuer la surface qu’il offrait au monde et dormir jusqu’à ce que tout soit consommé. Dans ce dessein, cette chambre le servait »(84). Le sommeil manifeste dans le chapitre deux de la première partie les mêmes tentatives de séparation d’avec les hommes, la même ascèse d’isolement et de déshumanisation que dans l’Etranger. Même Marthe, sa maîtresse était arrivée à un moment où Patrice se délivrait de tout et de lui-même. Rien ne comptait alors. Mais un jour, manifestant le désir de rencontrer le premier amant de Marthe, il lui demanda de le lui présenter et par la suite retourna seul chez Zagreus. Ce vieillard infirme inspira au jeune Mersault le désir de l’assassiner pour s’emparer de sa fortune. Celui-ci, l’arme sous le bras emplit d’une seule main sa valise de liasses, posa le canon du révolver sur sa tempe droite, ne détourna pas les yeux, fit un pas en arrière et tira.

Mersault tue pour être riche. Vous êtes pauvre disait Zagreus. « Ça explique la moitié de votre dégoût. Et l’autre moitié, vous la devez à l’absurde consentement que vous apportez à la pauvreté » (85), alors qu’avec votre corps, votre seul devoir est d’être heureux. Il y a une sorte de snobisme spirituel à affirmer que l’argent n’est pas indispensable au bonheur. Pour un homme bien né poursuit Zagreus, il suffit pour être heureux de « reprendre le destin de tous non pas avec la volonté du renoncement, mais avec la volonté de bonheur »(86). Mais il faut du temps pour être heureux, le bonheur est une longue patience, et « dans presque tous les cas, nous usions notre vie à gagner de l’argent, quand il faudrait, par l’argent, gagner son temps » (87).

Avoir de l’argent c’est avoir du temps pour être heureux quand on est digne de l’être. Ainsi pour reprendre les termes de Jean Sarocchi, nous dirons, que pour éclairer Mersault sur le problème des rapports entre l’argent et le temps, Zagreus lui fait découvrir une illustration inversée du proverbe : l’argent ne fait pas le bonheur qui devient, le temps, c’est de l’argent, vraie encore sous sa forme inversée, l’argent c’est du temps.

« Les divers matériaux du roman se regroupent selon le couple du temps perdu et du temps gagné. Le temps perdu sera celui de la pauvreté, du travail, de la vie prosaïque » (88) et le temps gagné, celui de la maison devant le monde. Ainsi, Patrice tentant de comprimer en son cœur la révolte de la vie tue Zagreus pour sa fortune afin d’avoir du temps pour être heureux. Le héros de l’étranger, aveuglé par la lumière tue un homme sur la plage mais « c’était à cause du soleil » et ce meurtre solaire s’apparente au meurtre rituel permettant à Meursault de garder les yeux ouverts face à son destin de mort jusqu’au recommencement dans la mort consciente et consentie. Désireux de porter en lui jusqu’au bout sa lucidité par-delà la mort qui ne rachète rien, il fait sortir les dieux de la cité. Mersault lui, assassine avec intention de tuer dans un but intéressé. Il ne commet pas cet acte contre nature par hasard mais par liberté, il a choisi le crime par aspiration au bonheur car avoir de l’argent signifie se libérer de l’argent pour jouir du temps. Et, la mort de Zagreus met fin à cette « misérable odyssée du temps perdu » (89). Cependant le meurtre étant un suicide détourné, Meursault après avoir tenté d’échapper à lui-même consent à son deuil : Mersault, le lendemain de son assassinat se réveilla avec la fièvre. Le héros contracte la tuberculose, symbole de culpabilité et d’expiation. « S’il meurt, c’est en toute conscience, non pas parce que les juges l’ont condamné, mais, parce que la mort est le prix du bonheur » (90). Il tentera vainement tout comme Meursault de se fuir et consentira finalement lui aussi à son deuil.

Le meurtre pousse le héros à la recherche du bonheur dans les voyages qui ne lui procureront qu’un bonheur inquiet. Si loin de tout, même de sa fièvre il éprouvait ce qu’il y avait de honteux et de secret dans cette liberté qui nait du douteux, dans cette « fêlure profonde qui l’ouvrait à la vie » (91). Le temps prenait son extension la plus extrême mais il voulait rester encore en face de sa liberté promenant ainsi d’une chambre à une autre, d’un pays à un autre sa conscience éperdue et sa volonté de bonheur.

Il avait jusque-là joué à vouloir être heureux. « Jamais il ne l’avait voulu d’une volonté consciente et délibérée ». Jamais jusqu’au jour du meurtre. « Et à partir de ce moment, à cause d’un seul geste calculé en toute lucidité, sa vie avait changé et le bonheur lui semblait possible. Sans doute il avait enfanté dans les douleurs de cet être neuf » (92). Il décida de regagner Alger pour vivre en communauté avec trois amies étudiantes, Rose, Claire et Catherine dans la Maison devant le monde. Première expérience de vie heureuse qui se résume en l’évocation d’un bonheur pur et continu. Et dans la fièvre lucide, face à son destin, il savait qu’il devait s’accorder au temps avec sa patiente ferveur. Là, dans ce temps gagné naissaient des bonheurs intacts car la maison devant le monde n’est pas une maison où l’on s’amuse mais où l’on est heureux.

Un accord secret l’ordonnait au monde comme s’il le serrait dans ses bras prenant ainsi conscience qu’en se liant à la terre, un bonheur naissait de son abandon au monde qui mène à la mort heureuse.

Mais bientôt Patrice tente une deuxième expérience de vie heureuse qui se résume en une quête d’un bonheur ultime dans une solitude ascétique mitigée par les visites de sa femme Lucienne, de ses trois amies étudiantes, de Bernard, le docteur au Chenoua, à quelques kilomètres des ruines de Tipasa où Mersault s’est acheté une petite maison entre la mer et la montagne. Il se mêlait parfois à la vie du village, avait fait la connaissance du maire, de deux riches colons espagnols millionnaires et de Pérez avec lequel il jouait au billard le dimanche et pêchait. Déjà le héros ressentait le besoin de gagner sa solitude, de confronter en lui-même ce qui était à confronter, de rejoindre une vie à l’état pur afin que naisse en lui le chant profond du bonheur. Il s’agit d’une véritable conquête de l’authenticité par un mouvement de fuite dans la solitude et la nature avec non pas la volonté du renoncement mais celle du bonheur. Car, « le bonheur impliquait un choix et à l’intérieur de ce choix, une volonté concertée et lucide » (93). D’un soleil à un autre, il ne cherchait l’éternité que dans la courbe de ses journées. « Le bonheur était humain et l’éternité quotidienne » (94).

Ainsi le meurtre de Zagreus tout comme celui de l’arabe précipitent les héros « de la facticité à la vérité » (95). Mersault lié à sa solitude accorde tel Meursault sa respiration au rythme profond du temps et de la vie afin de consacrer « ses noces avec la terre » qui le rendaient à lui-même.

A son tour, lui qui avait donné la mort allait mourir « et comme alors pour Zagreus, le regard lucide qu’il tenait sur sa vie était celui d’un homme » et non d’un pénitent. Dans l’honneur et le silence, la reconnaissance et la révolte, il s’ouvrait lui aussi à cette même tendre indifférence du monde avec cette même certitude et cette même clairvoyance de mourir tout entier ayant auparavant vu pour croire en l’éternité de l’instant. Le meurtre rituel qui n’est en fait qu’une réponse au meurtre divin, le meurtre qui désacralise, qui exorcise « cet ailleurs imaginaire » guide l’homme dans la clairvoyance en transformant son acte de lucidité en un acte de foi car voir c’est croire. « De la facticité à la vérité », le meurtre, ce geste fatal est celui qui a permis à Mersault de remplir son devoir d’homme, celui d’être heureux, pierre parmi les pierres du paradis d’origine dans la vérité révélée « des mondes immobiles » (96).

 

 

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72 – Camus, Caligula

73 – C amus, L’étranger

74 – Camus, l’homme révolté

75 –Bernard Pingaud, L’étranger de Camus

76 - Bernard Pingaud, L’étranger de Camus

77 – Ruth Reichelberg, Albert Camus, Une approche du sacré

78 - Ruth Reichelberg, Albert Camus, Une approche du sacré

79 - C amus, L’étranger

80 - Camus, l’homme révolté

81 - Ruth Reichelberg, Albert Camus, Une approche du sacré

82 – Camus, Cahiers I, La mort heureuse, première partie

83 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, première partie

84 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, première partie

85 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, première partie

86 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, première partie

87 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, première partie

88 –Jean Sarocchi, Introduction et notes, Cahiers I, Camus

89 - Jean Sarocchi, Introduction et notes, Cahiers I, Camus

90 - Bernard Pingaud, L’étranger de Camus

91 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, 2ème partie

92 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, 2ème partie

93 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, 2ème partie

94 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, 2ème partie

95 - Jean Sarocchi, Introduction et notes, Cahiers I, Camus

96 - Camus, Cahiers I, La mort heureuse, 2ème partie

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