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Camus, la Peste, l'oeuvre intégrale

Camus

 

L absurde camusien  
   

 

 

 

 

 

 

 

CamusQuestionnaire sur Albert Camus :

*** Camus :

1 -

Quand Albert Camus est-il né?

Albert Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie

2 -

Quand est-il décédé?

Il est mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin dans l'Yonne

3 -

Qui est Camus?

C' est un écrivain dramaturge, essayiste et philosophe français.

4 -

Quel est le thème dominant de l'ensemble de son oeuvre?

Il a développé dans son œuvre très diverse un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurdité de la condition humaine.

5 -

A t'-il reçu le prix Nobel de littérature en 1957?

Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

6 -

Citez trois de ses oeuvres

Il est l’auteur de l’étranger, la chute, le mythe de Sisyphe

7 -

Quand commence t'-il son travail sur le "cycle de l'absurde"?

– À partir de 1940, début de son travail sur le « cycle de l’absurde » (L’Étranger, roman, Le Mythe de Sisyphe, essai, et Caligula, théâtre) : face à une existence dont ils ne perçoivent pas le sens, les héros de Camus s’enfoncent dans l’indifférence et ne croient en rien.

8 -

Quand Camus s'installe t'-il à Oran?

Il s’installe en 1941 à Oran, et commence à recueillir des documents sur la peste. Il s’engage dans la Résistance en 1944 (travaille au journal clandestin Combat).

9 -

Le roman "la Peste" connait-il un grand succès?

– 1947 : publication de La Peste qui remporte un grand succès. On y voit une allégorie de la France sous l’Occupation (dans une lettre à Barthes, Camus affirme que son roman a «comme contenu évident la lutte européenne contre le nazisme»).

10 -

Quand publie t'-il l'Homme révolté?

– 1951 : publication de L’Homme révolté, qui constitue le dernier volet d’un « cycle de la révolte », avec La Peste et L’État de siège. L’homme – dont le docteur Rieux est l’archétype – appartient à une collectivité dont il lui faut partager les luttes.

Ce second cycle exalte la solidarité humaine face au mal, ce qui montre l’évolution de la pensée de Camus.

11 -

De quoi Camus décède t'-il?

– 1960 : Camus meurt dans un accident de voiture

12 -

Quel roman inachevé laisse t'-il à sa mort?

il laisse inachevé un roman autobiographique, Le Premier Homme.

camus

 

DEFINITION DU ROMAN:

Les origines du roman sont liées à la langue romane et à l’affirmation de la langue française. Issus de l’épopée en vers, les premiers romans évoquent le monde de la chevalerie.

Le genre du roman adopte progressivement ses caractéristiques narratives. Mais il est longtemps considéré comme un genre mineur. C’est au XIXème siècle, reconnu comme l’âge d’or du roman, qu’il acquiert ses lettres de noblesse, au moment où la bourgeoisie affirme ses codes dans la société.

Le roman met toujours en scène un ou plusieurs individus qui cherchent à s’intégrer dans la société.

Le XXème siècle voit la remise en cause des codes traditionnels du roman, en particulier dans ce que l’on a appelé le nouveau roman.

Le roman, souvent inclassable, admet toutefois différentes catégories : le roman de chevalerie, le roman libertin, le roman épistolaire, le roman historique, le roman naturaliste, le roman d’initiation, le roman policier… reconnaissables à la structure narrative développée.

 reconnaissables à la structure narrative développée.

camus

 

Questions sur le roman :

 

  • Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde, série de questions
  • 1. Donner une définition du roman.
  •  Le roman est, au XIIème siècle, un récit en vers français. A partir du XIVème siècle, le roman renvoie à des textes en prose. Selon son sens moderne, le roman est une « œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures. »
  • 2. Quelles sont les différentes formes du roman ?
  •  Le roman de chevalerie et les fabliaux (de petites histoires en vers simples et amusants) au Moyen-âge
  •  Le roman comique au XVIIème
  •  Le roman épistolaire et le roman picaresque (dont le héros est un aventurier ou un vaurien) au XVIIIème
  •  Le roman historique, le roman de mœurs, le roman d’aventures, et le roman fantastique au XIXème
  •  Le roman policier, le roman de science-fiction, le roman analyse et le « nouveau roman » au XXème.
  • 3. Quelles sont les interrogations romanesques essentielles ?
  •  La passion amoureuse
  •  L’apprentissage du monde et la découverte du réel
  •  Le jeu de la mémoire et du temps
  •  L’interrogation devant la condition humaine.
  • 4. Quelles sont les fonctions du roman ?
  •  La fonction ludique (se divertir, s’évader, s’identifier…)
  •  La fonction didactique :
  • o le roman comme connaissance du monde (roman historique, roman social, roman témoignage…)
  • o Le roman comme connaissance de l’homme
  • o Le roman comme leçon (le roman engagé, la morale)
  • o Le roman comme interrogation
  • 5. Donner des exemples de romans à fonction didactique?.
  • Romans didactiques : Les lettres persannes de Montesquieu Les liaisons dangereuses de Laclos Le rouge et el noir de Stendhal
  • 6. Qu’est-ce que le schéma actantiel ?
  •  Le schéma actantiel s’applique parfois parfaitement à l’intrigue, et pour certaines œuvre, il ne coïncide que partiellement avec l’action. Les personnages principaux, qui ont une place importante dans le déroulement du récit (parmi eux, le héros) sont classés en deux catégories qui s’opposent :
  • o Les personnages adjuvants, qui aident le héros dans sa quête (de même, peuvent être adjuvants des objets, des évènements…)
  • o Les personnages opposants, qui sont en conflit avec le héros, et tentent de le mettre en échec.
  •  Le héros, entourés des personnages principaux, subit une épreuve principale avant d’atteindre son but.
  • 7. Comment la caractérisation des personnages est-elle réalisée ?
  •  Elle est directe pour les descriptions, les renseignements explicites sur l’identité du personnage
  •  Elle est indirecte quand il s’agit de déduire les traits de la personnalité du héros, de son comportement, ou ses paroles.
  •  On appelle « effet personnage » l’illusion de réalité que donne le roman, le lecteur assemblant mentalement au fil du récit des éléments dispersés qui construisent peu à peu le personnage. Pourtant, celui-ci n’est rien au départ.
  • 8. Quelles sont les fonctions des personnages dans un roman ? Représentation : le portrait des personnages donne au lecteur l’image d’une réalité.
  •  Symbole : Le personnage symbolise souvent toute une catégorie de personnes, il dépasse les perspectives individuelles.
  •  Interprétation : c’est à travers le personnage que se construit le sens du récit.
  •  Identification : les comportements d’un personnage peuvent influencer le lecteur qui a tendance à s’identifier à lui.
  •  Esthétique : il existe un art de la composition du personnage, et de le créer au fil du récit.
  •  Information : Le personnage transmet des indices, des valeurs au lecteur.
  • 9. Qu’est-ce qu’un héros ?
  •  Le personnage principal d'un roman est la personne sur laquelle sont fondée toute l'action, et toute la cohérence de l'histoire contée. Dans notre langage quotidien, nous appelons toujours le personnage principal le héros de l'histoire ; or le véritable héros est l'individu qui parvient à vaincre les difficultés et à régler les problèmes par l'intermédiaire de sa force, son pouvoir ou son intelligence. Les vrais héros de romans vivent de multiples aventures racontées dans de nombreux ouvrages, ils ont déjà des capacités ou des facultés particulières qui autorisent ces aventures. Le mot « héros » désigne à l’origine, un demi-dieu, qui accomplie des exploits, et incarne le courage et des valeurs moral. Cependant, il existe des personnages principaux appelés des antihéros.
  • 10. Qu’est-ce qu’un antihéros ?
  •  On peut distinguer quatre types principaux d’antihéros:
  • o le personnage « sans qualités », l’être ordinaire vivant une vie ordinaire dans un cadre ordinaire
  • o le héros « décalé », un personnage ordinaire, sans qualités, qui par les circonstances se trouve plongé dans une situation extraordinaire.
  • o le héros négatif, porteur de valeurs antihéroïques et en général antisociales, mais sans qualités « héroïques ».
  • o le héros déceptif, un personnage ayant potentiellement des qualités héroïques mais qui n’en fait pas usage ou les utilise mal ou à mauvais escient, ou qui tend à perdre ces qualités, ou enfin qui se trouve dans un cadre où ces qualités ne sont plus appréciées ou admises.
  • 11. Quelles sont les différents types de héros, et leurs caractéristiques ?
  •  Au XVIIème siècle, prédominent les héros raffinés des romans précieux, les héros joyeux des romans comiques, et les héros parfaits du roman classique.
  •  Au XVIIIème siècle, on assiste à la naissance du héros de roman moderne, avec les personnages entreprenants du réalisme, les héros hédonistes du roman libertin, les héros philosophes du roman des lumières, les héros sensibles des romans du courant pré-romantique.
  •  Au XIXème, le personnage idéalisé du roman romantique apparaît, ainsi que le héro moderne des romans réalistes, et le héro expérimental du roman naturaliste.
  •  Au XXème siècle, on retourne à des personnages forts (vers les années 30), ce sont des héros engagés, aux prises avec les conflits de leur temps. Dans les années 50, les personnages dans le nouveau roman sont remis en question, par exemple en rendant le personnage principal anonyme, ou en ne se focalisant pas sur un personnage principal.
  • 12. Qu’est –ce que la focalisation ?
  •  Pour raconter une histoire, on doit choisir un point de vue, la focalisation : le romancier décide qui perçoit les événements rapportés. (le mot « focalisation » est issu du vocabulaire photographique : c’est le foyer à partir duquel une photo est prise.
  • 13. Quels sont les différents points de vue utilisés dans un roman ?
  •  Le point de vue externe = perception « du dehors », sans connaître les pensées des personnages.
  •  Le point de vue interne = perception d’un seul personnage, dont on suit les pensées, les sensations.
  •  Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro) = perception de l’ensemble des sentiments et des sensations de tous les personnages, ainsi que du passé et de l’avenir.
  • 14. Qu’est-ce que les modalités du récit ? Quelles sont-elles dans un roman ?
  •  Le temps romanesque n’est pas linéaire comme le temps réel : le récit peut accélérer ou ralentir l’action, revenir en arrière, s’arrêter brusquement. Les personnages ont dans le roman une vie plus ou moins complète, certains ne font que des apparitions épisodiques, la façon dont ils s’inscrivent dans le temps peut donc être importante dans l’étude du roman. Ce sont ces « effets » que l’on appelle modalités.
  •  La scène : vie du personnage. (Elle est calquée sur les évènements.)
  •  La pause : Comme son nom l’indique, c’est un arrêt du déroulement des évènements.
  •  Le sommaire : Les évènements sont énumérés ou résumés.
  •  Analepse : c’est un retour en arrière (qui provoque une pause dans le récit. Le temps n’avance plus, mais des renseignements qui font avancer le récit sont dévoilés.)
  •  Prolepse : anticipation du futur
  •  Ellipse : passage sous silence d’une période plus ou moins longue.
  •  Modalité itérative : action répétée une seule fois.
  • 15. Quelle est la structure du récit dans le roman ?
  •  Le récit romanesque est composé de :
  • o La situation initiale : définit le cadre de l'intrigue, met en place le lieu, l'époque, les personnages... le héros vit une situation d’équilibre.
  • o L’élément perturbateur : C'est l'élément qui fait basculer la situation du début, remet en cause l'état initial: rencontre, découverte, événement inattendu...
  • o Les péripéties : c’est une suite de transformations qui modifie la situation des personnages.
  • o L’élément de résolution : il annonce la résolution de l’intrigue. C’est le dénouement.
  • o La situation finale : Le personnage principal trouve une nouvelle situation d'équilibre, sur laquelle s’achève le roman/le récit.
  •  Ce modèle, à l'origine de toute invention narrative, peut être plus ou moins modifié; certaines étapes peuvent être difficiles à reconnaître, ou leur ordre changé. Mais retrouver et analyser ce schéma permet d'enrichir l'étude du roman.

 

L absurde camusien  
   

 

DOCUMENT 1

LA PESTE :

(1ère Partie, 4ème section), de "C'était le temps sans doute..." à "Mais il semble bien que ce soit la Peste"

 

 

camus

Première partie de l'entretien : Camus, la peste

Albert Camus, La Peste

(1ère Partie, 4ème section), de "C'était le temps sans doute..." à "Mais il semble bien que ce soit la Peste"

Introduction :

- présentation succincte de Camus et de son œuvre, La Peste

- situer le passage dans l’œuvre (résumer de la situation au moment de l’extrait) :

Le début du roman est marqué par une invasion spectaculaire de rats dans la ville d’Oran.

Le nombre de rongeurs morts ne cesse d’augmenter et la ville commence à s’inquiéter. Au bout d’une quinzaine de jours, le docteur Rieux doit constater la mort de son concierge, bientôt suivie d’autres décès inexpliqués. Parallèlement, le temps se gâte et fait régner une « torpeur morne » sur la ville. L’heure est à l’identification du mal qui sévit…

LECTURE DU TEXTE

C'était le temps, sans doute. Tout poissait aux mains à mesure que la journée avançait et Rieux sentait son appréhension croître à chaque visite. Le soir de ce même jour, dans le faubourg, un voisin du vieux malade se pressait sur les aines et vomissait au milieu du délire. Les ganglions étaient bien plus gros que ceux du concierge. L'un d'eux commençait à suppurer et, bientôt, il s'ouvrit comme un mauvais fruit. Rentré chez lui, Rieux téléphona au dépôt de produits pharmaceutiques du département. Ses notes professionnelles mentionnent seulement à cette date : « Réponse négative ». Et, déjà, on l'appelait ailleurs pour des cas semblables. Il fallait ouvrir les abcès, c'était évident. Deux coups de bistouri en croix et les ganglions déversaient une purée mêlée de sang. Les malades saignaient, écartelés. Mais des taches apparaissaient au ventre et aux jambes, un ganglion cessait de suppurer, puis se regonflait. La plupart du temps, le malade mourait, dans une odeur épouvantable.

La presse, si bavarde dans l'affaire des rats, ne parlait plus de rien. C'est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre. Et les journaux ne s'occupent que de la rue. Mais la préfecture et la municipalité commençaient à s'interroger. Aussi longtemps que chaque médecin n'avait pas eu connaissance de plus de deux ou trois cas, personne n'avait pensé à bouger. Mais, en somme, il suffit que quelqu'un songeât à faire l'addition. L'addition était consternante. En quelques jours à peine, les cas mortels se multiplièrent et il devint évident pour ceux qui se préoccupaient de ce mal curieux qu'il s'agissait d'une véritable épidémie. C'est le moment que choisit Castel, un confrère de Rieux, beaucoup plus âgé que lui, pour venir le voir.

— Naturellement, lui dit-il, vous savez ce que c'est, Rieux?

— J'attends le résultat des analyses.

— Moi, je le sais. Et je n'ai pas besoin d'analyses. J'ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j'ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d'années. Seulement, on n'a pas osé leur donner un nom, sur le moment. L'opinion publique, c'est sacré : pas d'affolement, surtout pas d'affolement. Et puis comme disait un confrère : « C'est impossible, tout le monde sait qu'elle a disparu de l'Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c'est. Rieux réfléchissait. Par la fenêtre de son bureau, il regardait l'épaule de la falaise pierreuse qui se refermait au loin sur la baie. Le ciel, quoique bleu, avait un éclat terne qui s'adoucissait à mesure que l'après-midi s'avançait.

— Oui, Castel, dit-il, c'est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

camus

 

Problématique : quelle vision de l’homme et du monde Camus propose-t-il dans cet extrait ?

Plan proposé :

  • I. Une révélation réaliste et progressive
  • 1) Une chronique
  •  Une description précise et détaillée
  •  Un narrateur détaché, distant.
  • 2) L’aggravation du mal
  • 3) Une prise de conscience
  • II. Une situation tragique
  • 1) Le fatum
  • 2) La dimension philosophique
  •  Une réflexion sur la condition humaine
  •  Un auteur engagé

 

camus

 

 

ANNONCE DES AXES

I. Une révélation réaliste et progressive

1) Une chronique

 Une description précise et détaillée

- présence de nombreux indicateurs de temps : « le temps » l.1 (qui renvoie aussi à la météo), « la journée avançait » l.2, repris l.47 avec « l’après-midi avançait », « le soir de ce même jour » l.3, « en quelques jours » l.26 → chronique.

- Verbes de la ligne 1 à 29 au système du passé, principalement à l’imparfait de description = sommaire : résume la situation, récapitule pour le lecteur. « C’était » l.1 ; « avançait » l.2 ; « se pressait » l.4 ; « était » l.26…

- Description précise et détaillée des symptômes, avec « vomissait », « délire », « ganglions » l.5 ; « abcès » l .12 ; « saignait » l.14…

 Un narrateur détaché, distant.

- de la ligne 12 à la ligne 17, on peut voir un compte rendu clinique, un constat médical, donc froid, précis, et professionnel.

- Utilisation par le narrateur du champ lexical médical, on peut donc supposer que le narrateur appartient au corps médical (on ne connaît pas l’identité du narrateur à ce stade du récit) : « bistouris » l.13, « ganglions » l.13, « abcès » l.12, « malade » l.4, « visite » l.3…

- Idée de distance donnée par le compte rendu clinique reprise avec « le malade mourrait dans une odeur épouvantable » l.17, où le seul mot appréciatif désigne l’odeur → absence de compassion et d’humanité de la part du narrateur face à la mort et la maladie.

- Intervention du narrateur l.9 à 11, où il ne fait qu’exposer des faits recueillis, selon son rôle de chroniqueur.

- De +, il utilise par exemple le déterminant indéfini « un voisin » l.4, qui montre une généralisation, et le détachement du narrateur pour l’aspect humain. De même avec « on » l.11 et « des cas » l.12. C’est aussi l’idée que personne n’est à l’abri.

Questions sur le passage en fonction du plan proposé:

I -

1 -

  • - Relevez deux indicateurs de temps
  • - Quelle description des symptômes avons-nous?
  • - La description vous semble t'-elle précise et détaillée?
  • - Comment le narrateur apparaît-il?
  • - Relevez le champ lexical médical
  • - Connaît-on l'identité du narrateeur?
  • - Peut-on parler d'une chornique?
  • - Rellevz un déterminant une expression qui montre le détachement du narrateur.

 

2) L’aggravation du mal

- dès les premières lignes, on constate une pesanteur avec « poissait », repris à la ligne 47 par l’oxymore « éclat terne » et « quoique bleu », qui nuance même les points positifs.

- « son appréhension croitre » l.3 + « en somme » l.24 et « l’addition » (x2) l.25

- Du général au particulier avec « un voisin » l.4 (déterminant indéfini) puis « du vieux malade » l.4 ; « les malades » l.14 qui devient « le malade » l.17 ; « personne » l.21 => (« mais ») « quelqu’un » l.25 ; montre la progression du mal, qui devient plus ciblé, plus défini, et donc plus concret.

- Le présent d’énonciation « mentionnent » et « à ce jour » l.10 suggèrent une intervention dans la chronique. cette intervention du chroniqueur suppose l’arrivée d’un élément grave/important. Le suspens est entretenu avec « réponses négatives » l.11 : on ne sait pas à quoi.

- « les morts » sont évoqués clairement l.38, par opposition à « cas mortels » l.26. on passe de la théorie à la pratique, de l’abstrait au concret.

CETTE CONCRETISATION AMENE UNE PRISE DE CONSCIENCE PROGRESSIVE.

2 - Questionnaire

  • - Comment se manifeste l'aggrravation du mal?
  • - Citez pour justifier votre réponse
  • - Relevez un oxymore
  • - Que marque le présent d'énonciation?
  • - Y a t'-il une intervention du chroniqueur? Citez pour justifier votre réponse.
  • - La concrétisation amène t'-elle une prise de conscience progressive?

 

3) Une prise de conscience

- nature du mal tabou : « on a pas osé leur donner un nom » : secret de polichinelle, avec de nombreuses occurrences du verbes savoir « vous savez » l.32, « je le sais » l.35, « tout le monde sait » l.41, « tout le monde le savait » et « vous savez aussi bien que moi » l.42. + « naturellement » l.32 et « évident » (x2) l.27 et 12 => annonce le dévoilement.

- Suspens renforcé par « réponse négative » l.11

- Dévoilement du mal à la toute fin : dernier mot = « peste » (1seule occurrence). Avant, celle-ci est désignée par des périphrase telles que « ce mal curieux » l.28, « véritable épidémie l.28-29, « elle » l.41, « ce que c’est » l.43. ces périphrases anticipent le fin mot, et participent au dévoilement progressif.

- Castel est présenté comme le messie qui amène la révélation : « beaucoup plus âgé » l.30 (signe d’expérience et de sagesse du personnage), « j’ai fait une partie de ma carrière en Chine » l.35 (même idée d’expérience) et « j’ai vu […] à Paris il y a une vingtaine d’année ».

3 - Questionnaire

  • - Comment se manifeste cette prise de conscience?
  • - Comment le suspens est -il renforcé?
  • - Combien d'ocurrences du mot "peste" avons-nous?
  • - Relevez deux périphrases de la peste
  • - En quel sens pouvons-nous parler d'un récit dramatisé?

 

AVEC CETTE ATTENTE DE LA REVELATION DU MAL, ON PEUT PARLER D’UN RECIT DRAMATISE. NOUS VERRONS DONC DANS UNE SECONDE PARTIE LA SITUATION TRAGIQUE PRESENTEE PAR CE TEXTE.

II. Une situation tragique

1) Le fatum

- le secret de polichinelle et le mot « évident » (x2) repris par « naturellement » l.32, montrent une réalité inadmissible par les hommes, et pourtant bien présente.

- Les nombreuses périphrases pour désigner la peste la rendent omniprésente dans cette extrait, mais n’étant pas nommée, et donc pas connue, elle donne une impression de menace constante qui guette, de mal inconnu.

- Lors de la pause narrative l.44 à 47, « la falaise pierreuse qui se refermait au loin » l.45, on a la notion de piège que se referme, inévitable, qui anticipe la mise en quarantaine et l’isolement de la ville. La personnification de la falaise avec « l’épaule de la falaise » accentue l’idée de piège (sournois)

- La tournure impersonnelle « il fallait » montre une action qui ne découle pas d’une volonté, mais d’une obligation.

- La « réponse négative » du « dépôt pharmaceutique » → le sort s’acharne.

- La sentence pesante tombe en fin de texte, donné par le personnage messie → inévitable, comme une prophétie.

II - Questionnaire

- 1 -

  • - Que marquent les périphrases?
  • - La peste est-elle omniprésente?
  • - A quel moment avons-nous une pause narrative?
  • - Relevez une expression impersonnelle
  • - Le sort semble t'-il s'acharner?
  • - COmment le concept de fatalité se superpose t'-il à la peste?
  • - Comment définiriez-vous la fatalité?
  • - QUi donne cette vision de l'homme face au monde dominé par la fatalité?

 

LA PESTE EST DONC UNE FATALITE, UN DESTIN INEVITABLE. CEPENDANT, ON PEUT VOIR LA NATURE DE L’HOMME LORS D’UNE SITUATION TRAGIQUE, LORSQU’IL EST SOUMIS A LA FATALITE, GRÂCE A SES REACTIONS, COMME A LA VEILLE DE LA FIN DU MONDE. (LES HOMMES PRESENTS DANS CE PASSAGE SONT RIEUX ET CASTEL. CE SONT EUX QUI NOUS DONNENT CETTE VISION DE L’HOMME FACE A LA FATALITE). NOUS ALLONS MAINTENANT ETUDIER LA DIMENSION PHILOSOPHIQUE DE CE TEXTE.

2) La dimension philosophique

 Une réflexion sur la condition humaine

- l’homme ne se résigne jamais, même face à l’évidence : Rieux incarne l’homme selon Camus dans cet extrait ; et malgré la fatalité, il garde l’espoir, et agit au lieu de subir avec « j’attends » qui marque l’espoir (il ne veut pas se résigner), et le verbe au passé simple « Rieux téléphona » l.8, qui montre que l’homme agit comme il le peut face à l’épidémie. L’homme est montré comme voulant être maître de son destin, et faisant preuve de courage, de bravoure.

- On peut d’ailleurs voir une volonté de ne pas croire à la fatalité, avec « c’est impossible » l.40, et « c’est à peine croyable » l.48 + les périphrases pour la peste, pour nier/éviter l’évidence de la peste. Cette attitude est une attitude de fuite, et donc de lâcheté, mais elle montre une caractéristique de l’homme : il se voile la face, et ignore les maux tant qu’il ne l’atteint pas directement.

TRANSITION

 Un auteur engagé

- l’intervention du chroniqueur l.18 à 21, avec 2présents de vérité général « meurent » et « s’occupent » l.20-21, montre une prise de position, de l’auteur, qui s’exprime au travers de l’auteur de la chronique. « les journaux ne s’occupent que de la rue », avec la négation, on voit le cynisme du jugement.

- Ce même cynisme est visible l.24 avec « personne n’avait pensé à bouger » l.24, suivi d’une critique ironique de la presse : « la presse, si bavarde dans l’affaire des rats, ne parlait plus de rien » (critique avec « si »). L’allitération en « r » provoque un râle dans la gorge, qui peut s’interpréter comme du mépris.

- Cette critique est la critique implicite de la presse pendant la seconde guerre mondiale, avec son silence sur les camps de concentration, et sa fonction de propagande.

2 - Questionnaire

  • - Quelle est la dimension philosophique du texte?
  • - Comment la condition humaine transparaît-elle dans ce passage de la peste?
  • - Cela reflète t'-il la philosophie de Camus?
  • - L'homme selon Camus peut-il être maître de son destin?
  • - Camus vous semble t'-il être un auteur engagé?
  • - Ce texte est-il cynique?
  • - Définir l'absurde camusien

 

Conclusion :

- développer le parallèle avec la seconde guerre mondiale (parler de la lettre à Rolland Barthès)

- vision du monde : réaliste et tragique

- dimension philosophique car Camus : études philosophique => réflexion sur l’homme, et vision optimiste de sa nature → Camus humaniste.

L absurde camusien

DOCUMENT 2

LA PESTE :

"ainsi à longueur de semaine,..." à "... l'appel morne et sans passion de la peste".

 

camus

 

 

 

 

 

Première partie de l'entretien :

Camus, La Peste Début de la troisième partie, de "ainsi à longueur de semaine,..." à "... l'appel morne et sans passion de la peste".

 

Introduction : à la différence des deux premières, la troisième partie est constituée d’une seule longue séquence, qui marque le « sommet de la chaleur et de la maladie ».

A la fin de la partie précédente, après Tarrou, Grand et Paneloux, Rambert a décidé de rejoindre à son tour les formations sanitaires : tous les personnages principaux sont donc désormais engagés contre la peste.

Au début de la troisième partie, le narrateur fait une pause dans sa chronique pour décrire la situation de l’épidémie dans la ville.

LECTURE TEXTE:

Ainsi, à longueur de semaine, les prisonniers de la peste se débattirent comme ils le purent. Et quelques-uns d'entre eux, comme Rambert, arrivaient même à imaginer, on le voit, qu'ils agissaient encore en hommes libres, qu'ils pouvaient encore choisir. Mais, en fait, on pouvait dire à ce moment, au milieu du mois d'août, que la peste avait tout recouvert. Il n'y avait plus alors de destins individuels, mais une histoire collective qui était la peste et des sentiments partagés par tous. Le plus grand était la séparation et l'exil, avec ce que cela comportait de peur et de révolte. Voilà pourquoi le narrateur croit qu'il convient, à ce sommet de la chaleur et de la maladie, de décrire la situation générale et, à titre d'exemple, les violences de nos concitoyens vivants, les enterrements des défunts et la souffrance des amants séparés. C'est au milieu de cette année-là que le vent se leva et souffla pendant plusieurs jours sur la cité empestée. Le vent est particulièrement redouté des habitants d'Oran parce qu'il ne rencontre aucun obstacle naturel sur le plateau où elle est construite et qu'il s'engouffre ainsi dans les rues avec toute sa violence. Après ces longs mois où pas une goutte d'eau n'avait rafraîchi la ville, elle s'était couverte d'un enduit gris qui s'écailla sous le souffle du vent. Ce dernier soulevait ainsi des vagues de poussière et de papiers qui battaient les jambes des promeneurs devenus plus rares. On les voyait se hâter par les rues, courbés en avant, un mouchoir ou la main sur la bouche. Le soir, au lieu des rassemblements où l'on tentait de prolonger le plus possible ces jours dont chacun pouvait être le dernier, on rencontrait de petits groupes de gens pressés de rentrer chez eux ou dans des cafés, si bien que pendant quelques jours, au crépuscule qui arrivait bien plus vite à cette époque, les rues étaient désertes et le vent seul y poussait des plaintes continues. De la mer soulevée et toujours invisible montait une odeur d'algues et de sel. Cette ville déserte, blanchie de poussière, saturée d'odeurs marines, toute sonore des cris du vent, gémissait alors comme une île malheureuse. Jusqu'ici la peste avait fait beaucoup plus de victimes dans les quartiers extérieurs, plus peuplés et moins confortables, que dans le centre de la ville. Mais elle sembla tout d'un coup se rapprocher et s'installer aussi dans les quartiers d'affaires. Les habitants accusaient le vent de transporter les germes d'infection. « Il brouille les cartes », disait le directeur de l'hôtel. Mais quoi qu'il en fût, les quartiers du centre savaient que leur tour était venu en entendant vibrer tout près d'eux, dans la nuit, et de plus en plus fréquemment, le timbre des ambulances qui faisait résonner sous leurs fenêtres l'appel morne et sans passion de la peste.

 

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  • Problématique : quelle vision de l’homme et du monde Camus propose-t-il dans cet extrait ?
  • Questions d'après le plan adopté :
  • Problématique 2 :Quelle est la visée du texte?
  • Plan du commentaire
  • I- Une chronique réaliste
  • A - Une forte présence d’éléments temporels
  • B - Un narrateur très présent
  • C - Des passages descriptifs et explicatifs
  • II - La peste
  • A - Vision apocalyptique
  • B - Effet de la peste
  • III - Une tragédie humaine
  • A - Accentuée par quatre sens
  • B - Généralisation de l’homme accentuant le tragique
  • C - La fatalité

 

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ANNONCE PLAN

I) Une chronique réaliste

A) Une forte présence d’éléments temporels

+ « A longueur de semaine » l. 1 dès les premiers l’auteur montre que le peste traine

+ « Au milieu du mois d’aout »l.6 il situe l’épisode dans le temps

+ « Au milieu de cette année là »l.16

  • Questions d’après le plan proposé
  • I -
  • A -
  • - Relevez les éléments temporels

 

B) Un narrateur très présent

+ « On le voit » l.30 le narrateur s’englobe avec les habitants d’Oran

+ »On pouvait dire »l.5 le narrateur prend part aux discussions

+ « Voilà pourquoi »l.10 introduit la fonction du narrateur

+ «le narrateur croit »l.11 le narrateur se nomme et présent d’énonciation : il s’adresse au lecteur

+ « On les voyait »l.25 présence de narrateur

B - Questionnaire

  • - Que peut-on dire du narrateur?
  • - Comment le narrateur introduit-il la fonction du narrateur?
  • - Quelles sont les marques du narrateur?
  • - Que marque le présent d’énonciation?

 

C) Des passages descriptifs et explicatifs

+ « Ainsi » l. premier mot, montre un lien logique que le passage semble être une pause-bilan

+ « A titre d’exemple »l.13 les exemples permettent au narrateur d’expliquer des faits plus clairement

+ « Oran et ses plateaux »l18 = description géographique des lieux

+les verbes sont au présent : discours explicatif

C - Questionnaire

  • - Relevez le lien logique qui marque une pause bilan
  • - Quelle est la description géographique des lieux?
  • - De quelle nature le discours est-il?

 

II) La Peste

A) Vision apocalyptique

+ « avait tout recouvert »l.6 « tout » montre l’omniprésence de la peste

+ La peste est sujet elle agit seule

+ « La cité empestée »l.17 sous l’emprise de la peste toute la ville semble prisonnière

+ « Mouchoir sur la bouche » l.26 faiblesse de la protection mais les habitants tentent tout de même d’éviter la contamination

+ « blanchie de poussière »l.35è renvoie à la saleté de la ville

II - Questionnaire

A -

  • - Comment la peste apparaît-elle?
  • - Quelle vision en avons-nous ?
  • - Comment la ville réagit-elle?
  • - Comment apparaît-elle?

 

B) Effet de la peste

+ « Séparation des amants »l.9 è selon le narrateur semble plus important que la mort : touche Rieux et Rambert

+ « promeneurs devenus rares »l.25 isolement chacun reste chez soi pour éviter la contamination

+ « se hâter par les rues »l.26 les habitants sont rarement dans les rues et quand ils y sont : rapidité

B - Questionnaire

  • - Quels sont les effets de la peste?
  • - Comment se traduit l’isolement des habitants?

 

III) Une tragédie humaine

A) Accentuée par 4 sens

*Le toucher : + « battaient les jambes » èForce du vent

*L’ouïe : + « Poussant des plaintes continues » le vent est personnifié : domination du vent

+ « sonore » Ce sens est cité directement

*L’odorat : + « odeur » renvoie à la mauvaise odeur de la peste

* La vue : « voit » l.4 très présent dans le texte : description

MAIS : absence du goût

III - Questionnaire

A -

  • - Comment le lecteur perçoit-il la tragédie?
  • - Quels sont les sens évoqués?
  • - Quel sens n’est pas évoqué
  • - Pourquoi?

 

B) Généralisation de l’homme accentuant le tragique

+oppositions « individuelle » et « collective » généralisation de l’homme

+ On ne voit plus chacun mais chacun appartient à un groupe une masse généralisation pas le « tous » C’est une histoire collective : omniprésence de la peste

+au début de la peste seulement « des victimes dans les quartiers extérieurs » puis « s’installer aussi dans les quartiers d’affaire »

B - Questionnaire

  • - Que marque l’opposition « individuelle », « collective » et la généralisation de l’homme?
  • - peut on parler d’une histoire collective? En quoi? Expliquez

 

C) La fatalité

+ La première phrase est au passé simple « comme ils le purent » : efforts vains : accepte la fatalité

+ « Le vent se leva et souffla » : vent personnifié et un autre problème se rajoute : « aucun obstacle naturel » entraine la fatalité

+ « Vagues de poussière et de papier » : l’homme ne prend plus rien en charge, il est découragé : Fatalité

+ « Courbés » : ils s’abaissent, se rendent : Fatalité

C - Questionnaire

  • - Comment la fatalité transparaî-elle?
  • - Relevez une personnification
  • - Relevez tous les signes de la fatalité
  • - Peut-on parler d’une réflexion sur la condition humaine?

 

Conclusion : Ce texte a donc pour but de nous proposer une réflexion sur la condition humaine, basée sur l’image des hommes à la fin du monde, une fin du monde incarnée ici par une vision apocalyptique de la ville empestée, et la notion de fatalité. Cette image des hommes nous renvoie à sa nature profonde, et nous montre que Camus, optimiste, se représente l’homme comme fondamentalement bon, et apte à faire le bien, puisque les personnages principaux s’engagent à lutter contre la peste et à aider les malades.

Cette notion d’engagement en réaction à l’adversité, à la fatalité d’une menace, on la retrouve pendant la seconde guerre mondiale, avec la résistance. De plus, Camus déclare ouvertement au critique Roland Barthes que « La Peste […] a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. ».

L absurde camusien

 

 


 

 

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DOCUMENT 3

LA PESTE :

" Le docteur serait... une pose de crucifié grotesque"

 

 

Première partie de l'entretien : Camus, la peste

La Peste Camus

Introduction : Le XXème siècle est marqué par de nombreux événements historiques comme la seconde guerre mondiale. Camus, journaliste rédacteur en chef de Combat un journal regroupant des résistants est également un écrivain. Il relate dans ses œuvres des situations lui permettant de faire part de ses réflexions. En 1947, deux ans après la fin de la seconde guerre mondiale, La Peste paraît. Camus y compte à travers la chronique d’un médecin l’évolution de la vie à Oran sujette à une épidémie : La peste.

A la fin du mois d’octobre, la peste poursuit inlassablement ses ravages. Le docteur Castel a mis au point un sérum qui va être essayé sur le fils du juge Othon dont le cas est jugé désespéré par Rieux. Entouré de tous les personnages importants – Castel, Tarrou, Paneloux, Grand, Rambert et Rieux – l’enfant se livre à une lutte pathétique contre le mal qui l’assaille. Cette scène poignante est l’occasion d’une réflexion morale sur le sens de la condition humaine.

LECTURE TEXTE :

Le docteur serrait avec force la barre du lit où gémissait l'enfant. Il ne quittait pas des yeux le petit malade qui se raidit brusquement et, les dents de nouveau serrées, se creusa un peu au niveau de la taille, écartant lentement les bras et les jambes. Du petit corps, nu sous la couverture militaire, montait une odeur de laine et d'aigre sueur. L'enfant se détendit peu à peu, ramena bras et jambes vers le centre du lit et, toujours aveugle et muet, parut respirer plus vite. Rieux rencontra le regard de Tarrou qui détourna les yeux. Ils avaient déjà vu mourir des enfants puisque la terreur, depuis des mois, ne choisissait pas, mais ils n'avaient jamais encore suivi leurs souffrances minute après minute, comme ils le faisaient depuis le matin. Et, bien entendu, la douleur infligée à ces innocents n'avait jamais cessé de leur paraître ce qu'elle était en vérité, c'est-à-dire un scandale. Mais jusque-là du moins, ils se scandalisaient abstraitement, en quelque sorte, parce qu'ils n'avaient jamais regardé en face, si longuement, l'agonie d'un innocent.

Justement l'enfant, comme mordu à l'estomac, se pliait à nouveau, avec un gémissement grêle. Il resta creusé ainsi pendant de longues secondes, secoué de frissons et de tremblements convulsifs, comme si sa frêle carcasse pliait sous le vent furieux de la peste et craquait sous les souffles répétés de la fièvre. La bourrasque passée, il se détendit un peu, la fièvre sembla se retirer et l'abandonner, haletant, sur une grève humide et empoisonnée où le repos ressemblait déjà à la mort. Quand le flot brûlant l'atteignit à nouveau pour la troisième fois et le souleva un peu, l'enfant se recroquevilla, recula au fond du lit dans l'épouvante de la flamme qui le brûlait et agita follement la tête, en rejetant sa couverture. De grosses larmes, jaillissant sous les paupières enflammées, se mirent à couler sur son visage plombé, et, au bout de la crise, épuisé, crispant ses jambes osseuses et ses bras dont la chair avait fondu en quarante huit heures, l'enfant prit dans le lit dévasté une pose de crucifié grotesque.

camus

 

Problématique : quelle vision de l’homme et du monde Camus propose-t-il dans cet extrait ?

Questions d'après le plan adopté :

  • I. L’agonie d’un innocent…
  • 1) Une victime condamnée
  • 2) Qui révèle l’impuissance face à la maladie
  • II. …Révélée précisément à travers l’observation des médecins
  • 1) Les médecins observent et relatent
  • 2) Ce qui leur fait réaliser l’échec face à l’avancée de la maladie
  • 3) Un généralisation

 

camus

 

 

 

I. L’agonie d’un innocent…

1) Une victime condamnée

+L’enfant est très affaiblit par la maladie :

-adjectifs appelants à la pitié : « le petit malade » (l.2) « petit corps » (l.5) « frêle carcasse » (l.22)

+C’est une victime tragique :

-champ lexical de la mort « mourir » (l10) « agonie » (l.18 ) « mort » (l.27) ou encore « empoisonnée » (l.26) qui révèle une idée de tragique puisque la mort causée par un poison est bien souvent inévitable

-d’autre part le malade éprouve de la souffrance, comme le montre le champ lexical de la souffrance « souffrances » (l.12) « la douleur »(l.13), « mordu à l’estomac » (.19) « pliait » (l.19) « creusé » (l.20) « grosses larmes »

-sa mort semble inévitable, puisque il n’est plus considéré comme un homme à part entière mais plutôt à un corps : « frêle carcasse » (l.22) « ses jambes osseuses et ses bras dont la chair avait fondu »

  • Questions sur l'extrait :
  • I -
  • 1 -
  • - Relevez les adjectifs qui connotent la pitié
  • - Relevez le champ lexical de la mort et de la souffrance
  • - Comment le tragique est-il mis en avant?
  • - Comment la mort de l'enfant est-elle considérée?
  • - Relevez les termes et expressions qui montrent qu'il est considéré et assimilé à un corps plutôt qu'à un être humain

 

2) Qui révèle l’impuissance face à la maladie

+Comme montré précédemment l’enfant est destiné à la mort, ceci est aussi montré par deux métaphores :

-la métaphore de la peste, représentée par le vent

- la métaphore de la fièvre, représentée par le feu

Les symptômes de la peste sont représentés par des éléments de la nature que l’homme ne peut pas contrôler et montre ainsi l’impuissance des hommes face au fléau de la peste.

+D’autre part, à ce stade de la maladie, l’enfant n’agit plus, il subit seulement et ceci montre son impuissance liée à son impossibilité de contrôler son corps => participes passés.

2 - Questionnaire

  • - La mort est-elle assimilée à la fatalité?
  • - Relevez deux métaphores
  • - Comment l'impuissance de l'homme est-elle évoquée?
  • - Que montrent les participes passés?

 

II. …Révélée précisément à travers l’observation des médecins

1) Les médecins observent et relatent

+Les médecins sont témoins de l’agonie de l’enfant :

-champ lexical de la vue : « ne quittait pas des yeux » (l.2) « déjà vu » (l.10) « suivi leurs souffrances minutes après minute » (.12) « regardé en face »(l.17)

-ils suivent l’enfant jusqu’à sa mort : « minute après minute » (l.12) « si longuement »(L18)

+Ils sont témoins donc des symptômes de l’enfant, qui sont relatés dans une chronique

-présence de nombreux adverbes « brusquement » (l.3), « de nouveau »(l.3) « à nouveau » (.20)

-indices temporel « en quarante-huit heures »

-insistance sur les ressentis « secoué de frissons et de tremblements convulsifs »(

II - Questionnaire

1 -

  • - Comment le corps médical est-il perçu?
  • - Que traduit l'agonie de l'enfant au niveau médical?
  • - Relevez le champ lexical de la vue
  • - Comment les affres de l'agonie sont-elles évoquées?
  • - Citez pour justifier votre réponse
  • - Que marquent les nombreux adverbes?
  • - Relevez les indices temporels

 

2) Ce qui leur fait réaliser l’échec face à l’avancée de la maladie

+ Premièrement les « accalmies de l’enfant » sont brèves et vite rattrapées par des moments de crise comme le montre l’opposition entre « brusquement » et « lentement » (l.3 et 4)

+ Ensuite, les souffrances de l’enfant sont dures à supporter et par ce biais paraissent longues comme le montre l’oxymore « longues secondes » (.21) mais cependant en seulement deux jours l’enfant est près de mourir

2 - Questionnaire

  • - Comment l'échec face à la maladie est-il perçu?
  • - Relevez deux adverbes de manière antithétiques traduisant l'évolution de la maladie
  • - Relevez un oxymore

 

3) Un généralisation

+ On décrit seulement la souffrance subie causée par la maladie et l’enfant est « inconnu », on peut donc appliquer ce qui lui arrive au reste de la population

+ Crucifixion

3 - Questionnaire

  • - En quel sens peut-on faire une généralisation?

 

L absurde camusien

DOCUMENT 4

LA PESTE :

" Je n'ai pourtant gardé de cette journée....le plus abject des assassinats"

 

 

 

camus

Introduction :

Le XXème siècle est marqué par de nombreux événements historiques comme la seconde guerre mondiale. Camus, journaliste rédacteur en chef de Combat un journal regroupant des résistant est également un écrivain. Il relate dans ses œuvres des situations lui permettant de faire part de ses réflexions. En 1947, deux ans après la fin de la seconde guerre mondiale, La Peste paraît. Camus y compte à travers la chronique d’un médecin l’évolution de la vie à Oran sujette à une épidémie : La peste. Dans la 4ème partie, 6ème sous-partie ;

camus

 

 

Plan de l'étude :

  • I. Une inversion logique des valeurs
  • 1) Le coupable victime
  • 2) Un juge diabolique
  • 3)…exposés dans un développement structuré
  • II. Une prise de conscience
  • 1) L’analepse, le retour vers l’adolescence/ évolution des sentiments
  • 2) l’évolution de ses sentiments
  • Problématique :
  • Quelles sont les intentions de Camus dans cet extrait? La visée du texte ?

 

camus

 

I. Une inversion logique des valeurs

1) Le coupable victime

+en mettant en relief les différentes fragilitées du coupable le lecteur est appelé à la pitié :

- termes péjoratifs : « ce petit homme au poil roux et pauvre » (l.3/4) ; comparaison « hibou effarouché » (l. « le nœud de sa cravate ne s’ajustait pas exactement à l’angle du col. Il se rongeait les ongles » => pas soigné, pas à sa place=> fragilité physique

-Exagérations qui appellent à la pitié :

*reprise anaphorique du si : « si décidé à tout reconnaître, si sincèrement effrayé » + parallélisme « par ce qu’il avait fait et ce qu’on allait lui faire » (l.5/6) =>ici le coupable accepte ses fautes et le fait qu’il se montre de bonne foi l’excuse auprès de Tarrou et ainsi du lecteur => fragilité morale

*comparaison : « il avait l’air d’un hibou effarouché par une lumière trop vive » (l.=> le coupable est montré comme un faible, il ne semble pas à sa place, en outre le « trop » insiste sur cette position inapropriée, de plus, assimilé à un hibou, il perd sa condition humaine. => fragilité de « l’état »

Ici le coupable est assimilé à une personne faible et fragile, qui contraste avec l’idée d’un coupable, personne auteur de crime qui a une forte personnalité qui se retranscrit dans ses actes. L’apparence fragile du coupable entraîne le lecteur à se faire de lui une image d’une victime plutot que celle d’un auteur de crime. D’ailleurs la phrase « Je crois qu’il était coupable en effet, il importe peu de quoi » annonce que le narrateur s’intéresse plutôt à la personne qu’à ses actes.

I - Questionnaire

1 -

  • - En quoi le lecteur peut-il ressentir de la pitié?
  • - Relevez les termes péjoratifs et montrez qu'ils mettent en avant le sentiment de pitié
  • - Relevez une anaphore, un parallélisme, une comparaison
  • - A quoi le coupable est-il assimilé?

 

2) Un juge diabolique

+ La métamorphose d’un père :

-« Transformé par sa robe rouge » (l.22)=> la couleur rouge, rappelant la couleur du sang est utilisée ici dans le but de montrer la cruauté du père transformé par sa tenue de magistrat.

- Il est peu sympathique : reprise anaphorique du ni+terme mélioratif, qui insiste sur la perte d’humanité du père lorsqu’il est juge « ni bonhomme ni affectueux » (l.22), ceci insiste sur l’aspect péjoratif du père en tant que juge.

+Un juge qui exerce une autorité incontestable, et qui profère des paroles mauvaises :

-Métaphore de la parole « sa bouche grouillait de phrases immenses » (l.23) + comparaison « qui, sans arrêt, en sortaient comme des serpents » (l24)=> aspect péjoratif de la parole

-Une autorité incontestable « au nom de la société »

-Reprise de « qu’il demandait » (l.24&26) _ appuyé par « même » + « il obtint cette tête » (l.29) ainsi on s’apperçoit que le juge obtient tout ce qu’il demande. De plus la métonymie de la tête pour désigner le coupable montre la mise à l’écart de l’homme par le père, qui montre ainsi une « inhumanité »

- Impératif « Cette tête doit tomber »(l.27) qui est rapporté au discours direct et insiste sur la parole du juge

+ Critique du père en tant que juge :

-il exige la mort de l’homme, mais il ne se salit pas les mains « simplement, ce n’est pas lui qui fit alors le travail » (l.29/30 »

Ainsi, il critique une forme d’autorité supérieur, capable de donner la mort et ayant un jugement non contestable. On peut assimiler cela à la peste, qui elle aussi donne la mort et est intransigeante.

2 - Questionnaire

  • - Expliquez l'image du juge diabolique
  • - Comment le père apparaît-il?
  • - Relevez une métaphore de la parole
  • - Relevez l'expression qui marque l'autorité incontestable
  • - Relevez une métonymie
  • - En quoi peut-on assimiler le père à la peste?
  • - Expliquez et justifiez votre réponse en citant le texte

 

3)…exposés dans un développement structuré

+Le texte est très bien construit, en effet, la fin de chaque paragraphe annonce le contenu du suivant.

+ On relève d’autre part des connecteurs logiques qui assurent la continuité du récit

+ De plus, le narrateur est très impliqué et s’adresse à son interlocuteur, et ainsi au lecteur « Vous avez compris » (l/11) ce qui permet de garder l’attention du lecteur et de lui permettre de bien rentrer dans le texte.

3 - Questionnaire

  • - Quels sont les connecteurs logiques qui assurent la continuité du récit
  • - A qui le narrateur s'adresse t'-il lorsqu'il affirme "vous avez compris..."

 

II. Une prise de conscience

1) L’analepse, le retour vers l’adolescence/ évolution des sentiments

+C’est un récit, on constate donc l’emploi du discours narratif :

-système temps passé : imparfait utilisé pour la description

-modalisateurs « je crois » « même » « si sincèrement »

-forte présence de la première personne

+Le récit est également marqué par une importante description :

- utilisations de nombreuses images comme vu au I, ainsi que prétérition :« Bref, je m’insiste pas, vous avez compris qu’il était vivant » (l.11)

-Toute l’attention du narrateur est accordée au coupable, comme le montre les expressions se rattachant au champ lexical de la vision : « image » « je n’eus plus d’yeux que pour lui »  « aveuglement entêté » ou encore l’expression « m’enlevait toute autre attention que celle que je portais au prévenu »

II - Questionnaire

1 -

  • - Etudiez les temps du récit et leurs valeurs
  • - Relevez deux modalisateurs au choix dans le texte
  • - Relevez le champ lexical de la vision

 

2) l’évolution de ses sentiments

provoque chez le lecteur le choc que ce dernier a éprouvé :

+ Le narrateur assimile l’inculpé plus à un homme qu’à un coupable :

- La caractérisation de l’inculpé évolue au cours du texte : le condamné est tout d’abord assimilé à un « coupable » (l.2) comme le montre la répétition, mais au cours du texte, le narrateur s’attarde beaucoup plus sur l’homme en lui-même plutôt qu’en tant que coupable. «cet homme » (l.25)

-Il remet en question son point de vue sur le coupable «

Le narrateur pend conscience que l’on va tuer un homme, et ceci est pour lui inacceptable :

+ Il prend conscience d’une façon soudaine : - adverbes : « brusquement » (l.12) « vraiment » (l.20)

+ Il est choqué par sa révélation :

-pléonasme : « je sentais qu’on voulait tuer un homme vivant » (l.17/1

-assimilation de la condamnation à un assassinat : « le plus abject des assassinats », le superlatif montre ainsi le rejet de cette condamnation

 Dénonciation de la peine de mort, mais aussi de la peste

2 - Questionnaire

  • - Que provoque chez le lecteur l'évolution des sentiments?
  • - Comment au fur et à mesure du texte, la caractérisation de l'inculpé évolue t'-elle?
  • - Citez pour justifier votre réponse
  • - Le narrateur voit-il en l'inculpé plutôt un homme ou plutôt un coupable?
  • - Que marquent les adverbes de manière "brusquement", "vraiment"?
  • - Relevez et expliquez le pléonasme du texte :
  • - Comment la condamnation de cet homme est-elle perçue?

 

Conclusion :

A travers ce texte, Camus nous fait part de ses réflexions. En effet, il incite le lecteur à prendre conscience tout en relatant la prise de conscience d’un jeune homme. Il dénonce à travers l’histoire de Tarrou la supériorité du père/ juge qui condamne des personnes sans prendre en compte leur humanité. Ainsi, il dénonce la justice, une valeur incontestable mais il dénonce surtout la peine de mort en l’assimilant à un assassinat. Cette dénonciation de la peine de mort faite par Camus se retrouve aussi dans L’étranger roman relatant la déchéance d’un homme condamné.

camus

 

 

LE TEXTE:

« Je n'ai pourtant gardé de cette journée qu'une seule

image, celle du coupable. Je crois qu'il était coupable en

effet, il importe peu de quoi. Mais ce petit homme au poil

roux et pauvre, d'une trentaine d'années, paraissait si

décidé à tout reconnaître, si sincèrement effrayé par ce

qu'il avait fait et ce qu'on allait lui faire, qu'au bout de

quelques minutes je n'eus plus d'yeux que pour lui. Il avait

l'air d'un hibou effarouché par une lumière trop vive. Le

noeud de sa cravate ne s'ajustait pas exactement à l'angle du

col. Il se rongeait les ongles d'une seule main, la droite...

Bref, je n'insiste pas, vous avez compris qu'il était vivant.

« Mais moi, je m'en apercevais brusquement, alors que,

jusqu'ici, je n'avais pensé à lui qu'à travers la catégorie

commode d' " inculpé ". Je ne puis dire que j'oubliais

alors mon père, mais quelque chose me serrait le ventre qui

m'enlevait toute autre attention que celle que je portais au

prévenu. Je n'écoutais presque rien, je sentais qu'on

voulait tuer cet homme vivant et un instinct formidable

comme une vague me portait à ses côtés avec une sorte

d'aveuglement entêté. Je ne me réveillai vraiment qu'avec

le réquisitoire de mon père.

« Transformé par sa robe rouge, ni bonhomme ni

affectueux, sa bouche grouillait de phrases immenses, qui,

sans arrêt, en sortaient comme des serpents. Et je compris

qu'il demandait la mort de cet homme au nom de la société

et qu'il demandait même qu'on lui coupât le cou. Il disait

seulement, il est vrai : " Cette tête doit tomber. " Mais, à

la fin, la différence n'était pas grande. Et cela revint au

même, en effet, puisqu'il obtint cette tête. Simplement, ce

n'est pas lui qui fit alors le travail. Et moi qui suivis l'affaire

ensuite jusqu'à sa conclusion, exclusivement, j'eus avec ce

malheureux une intimité bien plus vertigineuse que ne l'eut

jamais mon père. Celui-ci devait pourtant, selon la coutume,

assister à ce qu'on appelait poliment les derniers

moments et qu'il faut bien nommer le plus abject des assassinats.

 

L absurde camusien

DOCUMENT 5

LA PESTE :

"ainsi à longueur de semaine,..." à "... l'appel morne et sans passion de la peste".

 

 

*** Oral préparé sur une oeuvre intégrale : la peste de Camus

" Du port obscur... une cité heureuse"

camus

Introduction

Le XXème siècle est marqué par de nombreux événements historiques comme la seconde guerre mondiale. Camus, journaliste rédacteur en chef de Combat un journal regroupant des résistants est également un écrivain. Il relate dans ses œuvres des situations lui permettant de faire part de ses réflexions. En 1947, deux ans après la fin de la seconde guerre mondiale, La Peste paraît. Camus y compte à travers la chronique d’un médecin l’évolution de la vie à Oran sujette à une épidémie : La peste.

A la fin du mois d’octobre, la peste poursuit inlassablement ses ravages. Le docteur Castel a mis au point un sérum qui va être essayé sur le fils du juge Othon dont le cas est jugé désespéré par Rieux. Entouré de tous les personnages importants – Castel, Tarrou, Paneloux, Grand, Rambert et Rieux – l’enfant se livre à une lutte pathétique contre le mal qui l’assaille. Cette scène poignante est l’occasion d’une réflexion morale sur le sens de la condition humaine.

camus

 

 

 

le texte:

Du port obscur montèrent les premières fusées des

réjouissances officielles. La ville les salua par une longue et

sourde exclamation. Cottard, Tarrou, ceux et celle que

Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables,

étaient oubliés. Le vieux avait raison, les hommes étaient

toujours les mêmes. Mais c'était leur force et leur innocence

et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux

sentait qu'il les rejoignait. Au milieu des cris qui redoublaient

de force et de durée, qui se répercutaient longuement

jusqu'au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes

multicolores s'élevaient plus nombreuses dans le ciel, le

docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève

ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner

en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un

souvenir de l'injustice et de la violence qui leur avaient été

faites, et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu

des fléaux, qu'il y a dans les hommes plus de choses, à

admirer que de choses à mépriser.

Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait

pas être celle de la victoire définitive. Elle ne pouvait être

que le témoignage de ce qu'il avait fallu accomplir et que,

sans doute, devraient accomplir encore, contre la terreur

et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels,

tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et

refusant d'admettre les fléaux, s'efforcent cependant d'être

des médecins.

Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de

la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était

toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie

ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de

la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester

pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et

le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les

caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que,

peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement

des hommes, la peste réveillerait ses rats et les

enverrait mourir dans une cité heureuse

 

camus

 

 

  • Plan de l'étude :
  • I. la vision d’un chroniqueur qui malgré tout reste un homme
  • 1) Le propre de la chronique :
  • 2)Le narrateur reste un homme
  • II. Dans laquelle il fait part d’une joie contrastée
  • 1) L’allégresse du peuple
  • 2)mais contrastée par une menace latente
  • III. Visées d’un texte humaniste
  • 1) L’explication du but de la chronique
  • 2) On peut aussi voir une dénonciation du nazisme dans ce texte écrit
  • Problématique :
  • Quelle est la visée de ce texte?

 

camus

 

 

 

I. la vision d’un chroniqueur qui malgré tout reste un homme

1) Le propre de la chronique :

+indices spatio-temporels

+connecteurs logiques

+faits précis (médecine)

+prise de recul et généralisation

I - Questionnaire

1 -

  • - En quoi pouvons-nous parler d'une chronique?
  • - Quels sont les indicces spatio-temporels de la chronique?
  • - Relevez les connecteurs logiques?
  • - Quelle est la vision du chronique?

 

2)Le narrateur reste un homme

+ il se dévoile

+et exprime ses sentiments

2 - Questionnaire

  • - Qui est le narrateur?
  • - Que pouvez vous en dire?

 

II. Dans laquelle il fait part d’une joie contrastée

1) L’allégresse du peuple

+Champ lexical

+Reprise de l’allégresse

+généralisation qui montre que la joie est quasi-totale et englobe toute la ville

II - Questionnaire

1 -

  • - Etudiez les champs lexicaux
  • - Comment l'allégresse se manifeste t'-elle?
  • - Comment percevez-vous l'allégresse de tout ce peuple?

 

2)mais contrastée par une menace latente

+ La peste peut revenir à tout moment :

-métaphore du sommeil qui montre que le virus peut se réveiller à tout moment

-énumération des lieux qui montre que le virus peut se réveiller partout

-négations « ne pouvait pas être celle de la victoire définitive » (l.20) et « le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais » (l.31) qui montrent que le virus de la peste est récurrent, et non éradiqué

-personnification de la peste qui étant associé à une personne donne l’impression qu’il s’agit d’une force capable de manigancer son retour et ainsi nuire

2 - Questionnaire

  • - Comment la conscience du danger (peste) est-elle vécue?
  • - Quels sont les risques évocateurs de cette menace?
  • - Que montre la métaphore du sommeil?
  • - Relevez une énumération
  • - Quel rôle les négations jouent-elles dans la suggestion du retour éventuel de la peste?
  • - Quel effet la personnification de la peste produit-elle?

 

III. Visées d’un texte humaniste

1) L’explication du but de la chronique

+Appeler au souvenir :

-champ lexical du souvenir

-reprise de propositions infinitives

Rieux appelle les hommes à se souvenir pour leur montrer qu’on peut apprendre des fléau

+ Tirer un enseignement et réfléchir :

-énoncé dans la dernière proposition infinitive : mise en valeur

-champ lexical de l’enseignement

+Et à travers cette réflexion il montre une vision humaniste de l’homme mise en évidence lors de fléaux :

- présent de vérité générale placé en fin de la phrase la plus longue du passage (notion de mise en valeur) « Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser »

- PDG « tous les hommes qui, ne pouvant être des médecins s’efforcent cependant d’être des médecins »

Ainsi Rieux montre une entraide entre les hommes et expose une vision plutôt positive, qui révèle de l’espoir même dans les situations négatives. => Résistants pendant la seconde guerre mondiale

III - Questionnaire

1 -

  • - Quel est le but de la chronique?
  • - En quoi peut-on parler d'une visée humaniste?
  • - Peut-on parler d'un devoir de mémoire?
  • - Relevez le champ lexical de la mémoire
  • - Relevez le champ lexical de l'enseignement
  • - Quel enseignement peut-on tirer de cet extrait?
  • - Quelle est la vision humaniste et comment est-elle évoquée?

 

2) On peut aussi voir une dénonciation du nazisme dans ce texte écrit

+En effet le champ lexical de la guerre est très présent

+D’autre part, la peste est assimilé à un fléau, tout comme la seconde guerre mondiale et entraine comme vu au III.1) des actions de solidarité entre les hommes tout comme les actions des résistants pendant la seconde guerre mondiale.

2 - Questionnaire

  • - A quel fléau la peste est-elle assimilée?
  • - Quelle est la dénonciation de cet extrait?
  • - Cet excipit remplit-il toutes les fonctions d'un excipit?
  • - Peut- on parler d'un excipit traditionnel ou atypique?

 

Conclusion :

Cet excipit de la peste, est un bilan, la conclusion de la chronique. La vision de Rieux est une vision détachée, il prend beaucoup de hauteur, et décrit l’allégresse, qu’il nuance avec le récit qui vient d’être relaté. Cet épisode est comme celui de la libération de la France occupée par l’Allemagne nazie. La population se laisse aller à l’euphorie, mais le bilan qu’on fera de la seconde guerre mondiale est désastreux, et les familles des victimes, ainsi que les survivants du peuple juif portent un deuil comparable à celui de Rieux.

L absurde camusien

DOCUMENT 6

LA PESTE :

"Le prêche de Paneloux".

 

 

 

 

 

 

Lecture du texte

camus

Au bout de sa longue période, le père Paneloux s'arrêta, les cheveux sur le front, le corps agité d'un tremblement que ses mains communiquaient à la chaire et reprit, plus sourdement, mais sur un ton accusateur : « Oui, l'heure est venue de réfléchir. Vous avez cru qu'il vous suffirait de visiter Dieu le dimanche pour être libres de vos journées. Vous avez pensé que quelques génuflexions le paieraient bien assez de votre insouciance criminelle. Mais Dieu n'est pas tiède. Ces rapports espacés ne suffisaient pas à sa dévorante tendresse. Il voulait vous voir plus longtemps, c'est sa manière de vous aimer et, à vrai dire, c'est la seule manière d'aimer. Voilà pourquoi, fatigué d'attendre votre venue, il a laissé le fléau vous visiter comme il a visité toutes les villes du péché depuis que les hommes ont une histoire. Vous savez maintenant ce qu'est le péché, comme l'ont su Caïn et ses fils, ceux d'avant le déluge, ceux de Sodome et de Gomorrhe, Pharaon et Job et aussi tous les maudits. Et comme tous ceux-là l'ont fait, c'est un regard neuf que vous portez sur les êtres et sur les choses, depuis le jour où cette ville a refermé ses murs autour de vous et du fléau. Vous savez maintenant, et enfin, qu'il faut venir à l'essentiel. » Un vent humide s'engouffrait à présent sous la nef et les flammes des cierges se courbèrent en grésillant. Une odeur épaisse de cire, des toux, un éternuement montèrent vers le père Paneloux qui, revenant sur son exposé avec une subtilité qui fut très appréciée, reprit d'une voix calme : « Beaucoup d'entre vous, je le sais, se demandent justement où je veux en venir. Je veux vous faire venir à la vérité et vous apprendre à vous réjouir, malgré tout ce que j'ai dit. Le temps n'est plus où des conseils, une main fraternelle étaient les moyens de vous pousser vers le bien. Aujourd'hui, la vérité est un ordre. Et le chemin du salut, c'est un épieu rouge qui vous le montre et vous y pousse. C'est ici, mes frères, que se manifeste enfin la miséricorde divine qui a mis en toute chose le bien et le mal, la colère et la pitié, la peste et le salut. Ce fléau même qui vous meurtrit, il vous élève et vous montre la voie. « Il y a bien longtemps, les chrétiens d'Abyssinie voyaient dans la peste un moyen efficace, d'origine divine, de gagner l'éternité. Ceux qui n'étaient pas atteints s'enroulaient dans les draps des pestiférés afin de mourir certainement. Sans doute cette fureur de salut n'est-elle pas recommandable. Elle marque une précipitation regrettable, bien proche de l'orgueil. Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l'ordre immuable, qu'il a établi une fois pour toutes, conduit à l'hérésie. Mais, du moins, cet exemple comporte sa leçon. A nos esprits plus clairvoyants, il fait valoir seulement cette lueur exquise d'éternité qui gît au fond de toute souffrance. Elle éclaire, cette lueur, les chemins crépusculaires qui mènent vers la délivrance. Elle manifeste la volonté divine qui, sans défaillance, transforme le mal en bien. Aujourd'hui encore, à travers ce cheminement de mort, d'angoisses et de clameurs, elle nous guide vers le silence essentiel et vers le principe de toute vie. Voilà, mes frères, l'immense consolation que je voulais vous apporter pour que ce ne soient pas seulement des paroles qui châtient que vous emportiez d'ici, mais aussi un verbe qui apaise. » On sentait que Paneloux avait fini. Au-dehors, la pluie avait cessé. Un ciel mêlé d'eau et de soleil déversait sur la place une lumière plus jeune. De la rue montaient des bruits de voix, des glissements de véhicules, tout le langage d'une ville qui s'éveille. Les auditeurs réunissaient discrètement leurs affaires dans un remue-ménage assourdi. Le père reprit cependant la parole et dit qu'après avoir montré l'origine divine de la peste et le caractère punitif de ce fléau, il en avait terminé et qu'il ne ferait pas appel pour sa conclusion à une éloquence qui serait déplacée, touchant une matière si tragique. Il lui semblait que tout devait être clair à tous. Il rappela seulement qu'à l'occasion de la grande peste de Marseille, le chroniqueur Mathieu Marais s'était plaint d'être plongé dans l'enfer, à vivre ainsi sans secours et sans espérance. Eh bien ! Mathieu Marais était aveugle ! Jamais plus qu'aujourd'hui, au contraire, le père Paneloux n'avait senti le secours divin et l'espérance chrétienne qui étaient offerts à tous. Il espérait contre tout espoir que, malgré l'horreur de ces journées et les cris des agonisants, nos concitoyens adresseraient au ciel la seule parole qui fût chrétienne et qui était d'amour. Dieu ferait le reste.

camus

 

 

 

 

 

Camus - La Peste - "le prêche de Paneloux" -

Problématique : quelle est l'interprétation de la peste dans le  prêche de Paneloux ?

  • Plan possible pour un commentaire :
  • I - Le discours persuasif du prêtre
  • A - L'organisation du texte
  • B - Procédés rhétoriques du discours et force de persuasion
  • C - Le père Paneloux est un véritable acteur
  • II - L'interprétation de Paneloux
  • A - La peste est un châtiment divin
  • B - Camus et le prêtre

 

  • Questions sur l’introduction :
  • En quoi la peste est-elle un révélateur?
  • La peste est un révélateur pour Camus car elle reflète l'absurdité de la vie humaine. Elle est aussi un révélateur pour Paneloux puisqu'elle renvoie à un manque de foi ou à la faute originelle.
  • Proposez une définition de l’absurdité humaine
  • Le mythe de Sisyphe symbolise l'absurdité humaine
  • Quelle est la position de Camus à cet égard?
  • Camus ne croit pas en Dieu. L'homme n'est pas responsable de l'absurde du fait d'une faute originellement commise, il ne paye pas pas le prix de cette faute sa vie durant.
  • Quelle est la Position de Paneloux?
  • Les fautes commises par les hommes sont la réédition de la faute originelle, par conséquent, la peste est un fléau pour punir l'homme.

 

l. Le discours persuasif du prêtre

a) L'organisation du texte

 

  • Questions sur le commentaire en fonction des axes de l’étude :
  • I -
  • A -
  • Comment le discours du prêtre est-il organisé?
  • Le discours du prêtre est organisé de manière particulière. on note un discours et un récit
  • Relevez le récit et les trois formes de discours
  • Nous avons trois formes de discours ainsi qu'un récit. En effet, il y a un récit au discours direct, puis du discours indirect et indirect libre
  • A quoi tient la force de persuasion?
  • La force de persuasion rend plus persuasif le discours du prêtre Paneloux
  • Quelle est la fonction des fragments de récit?
  • Les récits fragmentés marquent des temps de pause
  • Quelles sont les deux voix présentes?
  • A la fin du passage, nous avons deux voix présentes, celle de Rieux et celle de Paneloux.  Il y a un véritable jeu autour de la parole.
  • Que peut-on dire sur la voix du narrateur?
  • La voix du narrateur est celle de Rieux, elle se traduit dans le discours indirect, celle de Paneloux dans le discours direct. 

 

b) Procédés rhétoriques du discours et force de persuasion

  • B - Questionnaire
  • Quels sont les procédés rhétoriques utilisés pour persuader?.
  • Les procédés rhétoriques pour persuader sont nombreux dans le texte. Pour votre oral vous devez malgré tout en citer au moins trois. Il y a des apostrophes directes par exemple, "mes frères". Paneloux les interpelle et s'assimile à eux en passant du "vous" au "nous", il les implique tous au nom de la foi. Nous relèverons également quelques figures de style comme l'anaphore, "vous avez cru", "vous avez pensé", "vous savez maintenant", "vous savez maintenant". Les oxymores, association de termes que l'on n'a pas l'habitude de voir ensemble permettent un renforcement des idées dans la persuasion, "insouciance criminelle", "dévorante tendresse". 
  • Analysez les adresses directes aux fidèles, l’apostrophe et le passage du « vous » au « nous »
  • "Nos esprits clairvoyants", "Elle nous guide"... le "nous" traduit l'adhésion à une même communauté de foi, il s'agit pour Paneloux d'amener ses fidèles à sa compréhension du mal qu'est la peste = une punition divine contre laquelle l'homme ne peut rien.
  • Quelle fonction les anaphores remplissent-elles?
  • Les anaphores sont des répétitions situées au début, milieu ou fin de phrase. Dans notre texte, les anaphores ont pour fonction de mettre en avant les idées de Paneloux. Elles ont donc un effet d'insistance et accentuent le rythme des phrases.
  • Relevez les oxymores : quel rôle ont-ils?
  • "insouciance criminelle", "dévorante tendresse" : les termes deviennent de plus en plus forts. Les oxymores soulignent cet aspect violent du discours et les termes associés dans cette figure de style répétée à deux fois pénètrent les esprits déjà en proie à l'angoisse avec encore plus force.
  • Etudiez après les avoir relevées, les métaphores et les allégories
  • "Dieu n'est pas tiède, "épieu rouge" : les images sont rendues plus saisissantes, plus percutantes, elles sont métaphoriques ou allégoriques.
  • Analysez le manichéisme autour des antithèses
  • Elles ont une connotation religieuse. "pitié", "colère, "salut", "peste"... les antithèses sont très fortes. Elles contribuent pour beaucoup à la force persuasive du discours de Paneloux. Elles sont utilisées dans le but de mettre en avant l'idée de la peste comme punition et chatiment divins. Elles choquent les esprits 

 

c) Le père Paneloux est un véritable acteur

  • C - Questionnaire
  • En quoi peut-on parler d’une mise en scène théâtralisée?
  • Paneloux dans sa volonté de persuader ses fidèles se fait acteur et progressivement est si performant qu'il s'apparente à un acteur jouant son rôle. C'est pourquoi nous pouvons parler d'une mise en scène théâtralisée. Des indications nous sont données sur le jeu de scène et la réaction des fidèles, cela n'est pas sans faire penser aux didascalies, procédé théâtral ayant pour but de donner des indications scéniques. En ce sens, il y a une théâtralisation. 
  • Quelle image avons-nous du père Paneloux?
  • L'image d'un excellent orateur et d'un bon acteur
  • Sur quels éléments repose la mise en scène théâtrale?
  • Les éléments sur lesquels repose la mise en scène sont les didascalies relatives aux indications du jeu de scène et des réactions des fidèles : l'effet voulu est de rendre cette scène visuelle au point que le lecteur puisse se la représenter comme s'il s'agissait d'une scène de théâtre. 
  • Relevez les passages qui pourraient être interprétés comme de véritables didascalies
  • Quelles sont les indications concernant la manière dont doit jouer le personnage?
  • "corps agité d'un tremblement", "cheveux sur le front", "ton accusateur", "reprit sourdement", "voix calme".
  • Quelles sont les indications relatives aux réactions des fidèles?
  • "toux", "bruits de voix", "éternuements", "véhicules, "les flammes des cierges", "lumière plus jeune". 

 

Il. L'interprétation de Paneloux

a) La peste est un  châtiment divin

  • II - Questionnaire
  • A -
  • Quelle est la source de la vision de l’homme?
  • Il s'agit de la religion judéo-chrétienne, en particulier, l'Ancien testament
  • Le discours de Paneloux tente t’-il de donner une interprétation cohérente de la peste?
  • Dans le sens ou le discours de Paneloux est argumentatif, on peut dire que son discours à une interprétation cohérente.
  • Le discours en ce sens est-il argumentatif et didactique?
  • Oui le sens de ce discours est argumentatif et didactique. Il recherche les causes, le sens et les remèdes de la peste.
  • Que marque la phrase de clôture : « Dieu ferait le reste »?
  • C'est une phrase au discours indirect libre, phrase de clôture. Argument d'autorité qui met en avant l'impuissance de l'homme à gérer l'ingérable. "Dieu ferait le reste" au sens de laissons à Dieu, la toute puissance le soin de juger. L'homme ne doit vouloir que le possible et laisser le reste à Dieu.
  • Qui en est à l’origine?
  • On ne sait pas qui est à l'origine de cette phrase, le narrateur Rieux ou Paneloux. 
  • Quelles sont les deux interprétations possibles de cette même phrase si on considère que c’est Paneloux qui en est à l’origine ou encore Rieux?
  • Si cette phrase vient de Paneloux, alors il faut comprendre c'est à Dieu de sauver les Oranais tandis que la même phrase devient ironique chez Rieux, le reste ici signifie "rien".

 

b) Camus et le prêtre

  • B - Questionnaire
  • La peste au sens d’un châtiment divin : Camus partage t’-il ce point de vue?
  • Non Camus ne croit pas en Dieu.
  • Quel est le point de vue camusien à cet égard?
  • Que pense Camus de la religion?
  • La mort n'est pas une renaissance et l'homme ne porte pas le poids de la faute originelle sa vie durant
  • En quoi peut-on dire que la peste joue un rôle de révélateur?
  • Si la peste à un rôle révélateur chez Camus c'est au sens ou elle éveille l'homme à la lucidité de l'absurde.
  • De quoi nous fait-elle prendre conscience?
  • Elle nous fait prendre conscience de notre fragile condition humaine et de notre grande solitude dans notre rapport au monde.
  • Dans quel ouvrage Camus développe t’-il la notion « d’absurde »?
  • Dans le mythe de Sisyphe
  • Quelle est selon Camus la place de l’homme?
  • L'homme doit s'éveiller à la lucidité, à la vraie prise de conscience de l'accord possible avec le  monde sans Dieu transcendant.

 

camus

 

 

 

Complément d’étude : préparer l'ouverture et anticiper les questions

Recherches personnelles : Travail supplémentaire pour l'oral EAF

  • Questions sur le Nouveau roman : Questionnaire pour orienter vos recherches
  • Quand le Nouveau roman est-il apparu?
  • Quels écrivains composent ce mouvement littéraire?
  • Comment le terme fut-il créé?
  • Par qui? Dans quel but?
  • Qui exploitera ce terme de « Nouveau roman »?
  • Donnez une définition du Nouveau roman
  • Quelles sont les caractéristiques du Nouveau roman?
  • Quels auteurs représentent le roman traditionnel?
  • Comment Pérec est Sarraute s’inscrivent-ils dans ce mouvement?
  • Peut-on parler du Nouveau roman en terme de Renouveau?

 

 

 

 

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