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Toute croyance est-elle irrationnelle?

Pascal

 

 

 

 

Toute croyance est-elle irrationnelle?

 

Plan possible de la dissertation

I - L’exigence de raison n’est pas compatible avec les différentes formes de croyances

- La raison critique de la croyance -

1 - Les croyances diverses s’opposent au savoir car elles sont insuffisamment fondées.

2 - La croyance : un obstacle à une recherche commune : la vérité

3 - Hétéronomie de la croyance

 

II - Toutes les croyances ne sont pas irrationnelles

- Distinction des différentes croyances en rapport avec les exigences de notre raison

1 - Révision de l’affirmation : toutes les croyances sont irrationnelles

2 - La vérité de foi

3 - La foi : un nouvel ordre de connaissance plus sensible au cœur que la raison. Le pari Pascalien. 

 

III - Notre raison est-elle à l’origine de certaines croyances?

1 - La foi : conséquence de la raison selon Hume

2 - La religion naturelle

3 - La raison prépare le champ à la foi : Kant

 

 

Toute croyance est-elle irrationnelle? 

 

La croyance est selon le sens commun une attitude irrationnelle et donc contraire à la raison. Les croyances religieuses ou les superstitions sont des croyances au même titre que le miracle. Il semblerait donc que la croyance soit de nature opposée à la raison soit parce qu’elle est un pseudo-savoir soit parce qu’elle renvoie à un savoir non fondé et donc douteux, susceptible d’être remis en question. 

Dans tous les cas de figure la croyance, superstition ou opinion est toujours incapable de rendre compte d’elle-même. 

Mais toute croyance est-elle irrationnelle pour autant? Peut-on considérer que les croyances soient irrationnelles parce qu’elles s’opposent à la raison ou manquent de fondement, de raisons suffisantes pour y adhérer?  Toutes les croyances sont-elles irrationnelles, ne faut-il pas les distinguer en rapport avec les exigences de notre raison?

 

I - La croyance insuffisamment fondée s’oppose au savoir L’exigence de raison n’est pas compatible avec les différentes formes de croyances - La raison critique de la croyance -

Si l’on se réfère à la définition de la croyance nous pourrons justifier l’irrationalité de la croyance.  La croyance en tant qu’opinion, croire quelque chose n’est que plus ou moins vraie donc probable car non fondée au niveau objectif, on ne fait dans le cas d’une opinion qu’émettre son assentiment. Elle s’opposerait donc au savoir. Mais n’y a t’-il pas pour autant des degrés de croyance? 

Si notre opinion est douteuse, superstition, illusion, il n’y a aucune garantie objective, si nous formulons des conjectures, des prévisions, la croyance est susceptible d’être vraie à condition d’une vérification comme dans le cas des hypothèses scientifiques : si notre croyance s’apparente davantage à une conviction elle n’a pas plus de fondement objectif, pas plus que la foi qui n’est qu’une certitude non justifiée d’un point de vue objectif.  Les croyances diverses reposent donc sur un sentiment subjectif avec des degrés très variables au niveau de la certitude.  De ce fait n’étant jamais vraiment fondées du point de vue objectif, les croyances sont donc irrationnelles car assimilées à un pseudo-savoir ou au mieux, à un savoir non fondé.  Nous dirons donc avec Descartes que ce qui est probable est faux. En matière de croyance, chacun est juge de sa vérité, la croyance devient pour elle-même sa propre confirmation : « je crois que cela est vrai », pourquoi? « parce que je le crois ». La vérité serait une simple affaire de jugement, à chacun sa vérité, à chacun sa croyance, une vérité qui serait synonyme de relativité.

La croyance serait un obstacle à une recherche commune de vérité. Nous pouvons citer à cet égard la formule du sophiste Protagoras «  l’homme est la mesure de toutes choses », « telle une chose t’apparaît ; telle est pour toi. Telle elle m’apparaît, telle elle est pour moi » : l’homme serait donc enfermé dans ses croyances.  Le solipsisme est incompatible avec l’exercice de la raison et la quête d’une vérité universellement intelligible.  Au lieu d’adhérer spontanément aux croyances qui sont les nôtres le sujet devrait suspendre son jugement et ses certitudes afin de se remettre en question.  Le croyant semble aveuglé par sa croyance et indifférent à toute exigence sceptique de remise en cause de ses certitudes immédiates non fondées. 

La croyance et la raison semble s’exclure du fait de l’irrationalité des croyances qui ne s’accordent pas avec l’exigence de faire table rase de tout ce que nous croyons.  L’étonnement doit être à la base de la quête de vérité ainsi que l’exige Socrate et son adage : il cherche à savoir plutôt qu’il ne croit savoir.  Le questionnement devient un passage obligatoire pour fonder nos idées ainsi que le prouve l’ironie socratique or, la croyance n’est qu’une adhésion spontanée de notre jugement à une idée. Il faut au contraire repousser toute évidence si celle-ci n’a pas fait l’objet d’un questionnement critique.  La croyance plonge l’homme dans un confort au point qu’il confond la vérité et ce qu’il croit bien connaître. L’esprit doit se faire violence pour entrevoir la vérité, il faut donc s’exercer en premier lieu sur nos croyances, nos certitudes immédiates : de ce fait, les croyances sont bien irrationnelles puisqu’elles sont le signe d’une simple certitude admise sans retour sur elle-même, sans esprit critique. La raison est autonome, elle fait retour sur elle et cherche un fondement à ses propres idées tandis que les croyances n’ont aucune autonomie, on peut au contraire parler d’hétéronomie de la croyance car elle méconnait son origine.  La recherche du premier fondement pour la connaissance selon Descartes suppose que l’on se libère de toutes nos croyances préalables et communément admises.  La contingence et la relativité des croyances qui ont une origine accidentelle entrent à ce stade en opposition avec la nécessité et l’universalité de la vérité fondée en raison. 

Les croyances seraient donc irrationnelles par leur irréversible relativité, contingence et donc en ce sens rejetées par la raison qui cherche une vérité nécessaire, universelle, non dogmatique et toujours mise à l’épreuve de la contradiction.

Cependant toutes les croyances sont-elles irrationnelles?  Sont-elles toutes à l’image de la contingence, de la relativité des opinions sur le moule d’un fondement accidentel et donc en totale opposition et contradiction avec la raison ou devons-nous admettre que certaines de nos croyances peuvent nous conduire à une vérité objective au même titre que la raison? 

II - Toutes les croyances ne sont pas irrationnelles

- Distinction des différentes formes de croyances en rapport avec les exigences de notre raison -

Il nous faudrait donc relativiser notre affirmation préalable selon laquelle toute croyance serait irrationnelle. En effet, toutes les croyances n’ont pas le même sens. En disant, « je crois que je vais réussir mon examen »,  « je crois qu’il va neiger demain »  et « je crois en la fraternité «, j’avance une probabilité dans le premier cas qui domine par son aspect hypothétique et un jugement qui vaut un postulat dans le second cas.  Le jugement se prête parfois à la critique, à l’examen mais la croyance reste première cependant elle ne s’oppose pas toujours à un examen à venir et approfondi de la raison pour y trouver une certitude plus fondée parfois au contraire la croyance refuse la contradiction et la critique pour rester sans fondement assuré.   Le préjugé est un « acte de tenir pour vrai » ainsi que le dit Kant dont l’incertitude est autant subjective qu’objective tandis que la foi est « un acte de tenir pour vrai » dont la certitude est subjective.  Le préjugé refuse l’examen de la raison mais concernant la foi, nous avons une vérité d’un autre ordre  : Les religions dites révélées sont dépendantes d'une révélation de la Vérité par des prophètes ou des hommes saints comme Confucius, Bouddha, Moise, le Christ, Mahomet. A la base de la religion, il y a des vérités acceptées dans une confiance absolue. Tertullien va même jusqu'à dire dans la Chair du Christ (V,4) : "credo quia absurdum". Les croyants doivent s'en remettre à ceux à qui la Vérité a été révélée. Ils doivent croire ce que les autres voient. Le croyant a besoin d'un intermédiaire dans sa relation à Dieu. Cette caution est celle du témoin. Les apôtres sont les premiers témoins qui portent la parole dans la religion chrétienne. Le sentiment religieux repose sur une médiation qui nous place dans une dépendance vis à vis d'autrui. La foi ainsi comprise repose sur un assentiment inexplicable et non sur un examen rationnel (cf. Hobbes). La croyance qui s'en remet à un témoin devient confiance car il ne s'agit pas tant d'une relation du croyant à Dieu que d'une relation du croyant au prêtre, au rabbin, à l'imam rendant plus floue la limite entre religion et secte. Rousseau critique dans L'Emile en ces termes la religion révélée : "Et comment savez-vous que votre secte est là bonne ? Parce que Dieu l'a dit. Et qui vous a dit que Dieu l'a dit ? Mon pasteur qui le sait bien. Mon pasteur me dit d'ainsi croire, et ainsi je crois". Tel est ce qui fonde le paradoxe de la foi, le croyant ne refuse par l’usage de la raison mais interprète les objections de la raison comme les signes qui manifestent la transcendance de la vérité. 

La foi ne doit-elle pas prioritairement être sensible au cœur et non à la raison ? Notre rapport à Dieu n'est religieux que dans la mesure même de l'absence de Dieu, de sa non manifestation. L'écriture dit Pascal, dit que "Dieu est un Dieu caché" Pensées 242, un Dieu que l'aveuglement des hommes ne mérite pas. Il ne se manifeste que parcimonieusement. C'est parce que sa présence est incertaine que la question est tragique. Le pari pascalien n'est pas un choix : "il faut parier. Ce n'est pas volontaire : vous êtes embarqué" Pensées 233. Puisque la raison n'est pas en position de décider de l'existence de Dieu, ce n'est pas à elle que Dieu s'adresse mais au cœur : "C'est le cœur qui sent et non la raison. Voilà ce qu'est la foi : Dieu sensible au cœur et non à la raison" Pensées 278. Le cœur est chez Pascal cette intériorité que seul Dieu peut sonder et qui est en amont de toute raison. Le manque de preuves ne nuit pas à la foi des chrétiens, bien au contraire : "vous vous plaigniez de ce qu'il ne la prouve pas ! S'ils la prouvaient, ils ne tiendraient pas parole, c'est en manquant de preuves qu'il ne manquent pas de sens.". On peut dire de Pascal qu'il est fidéiste c'est à dire qu'il pense que la foi se suffit à elle-même, il rejette toute justification rationnelle des dogmes et s'oppose au rationalisme religieux ou philosophique.

Ainsi la vérité de foi tout en s’opposant à la vérité rationnellement fondée nécessite l’expérience du sujet comme sa condition sans pour autant s’élever à l’universalité. La raison elle-même n’est-elle pas à l’origine de certaines croyances?

III - Notre raison est-elle à l’origine de certaines croyances?

Si l’on se réfère au philosophe Hume, nous pouvons affirmer que la croyance en Dieu vient d’une illusion naturelle qui est liée à notre raison.  Cette dernière serait attachée à un principe de causalité qui conduirait l’homme à penser que tout évènement est l’effet d’une cause extérieure et cela ne serait  que l’expression de l’habitude. De deux évènements, nous pensons que l’un à le principe actif de réalisation de l’autre ainsi l’univers est pensé comme l’effet d’une cause antécédente : Dieu.  Dans ce cas de figure la foi n’est plus irrationnelle mais la conséquence de l’usage de la raison elle-même.

La religion naturelle postule que la représentation que l'on se fera de Dieu sera d'autant plus véridique qu'on ressentira comme de façon innée, sa présence immanente dans la nature humaine indépendamment de toute révélation, de toute église et de tout dogme. Dieu est perçu comme un Être suprême, unique, commun à tous les hommes, créateur et conservateur de l'ordre du monde. Rousseau définit ainsi sa religion naturelle : "Je crois que le monde est gouverné par une volonté puissante et sage; je le vois ou plutôt je le sens, et cela m'importe à savoir. Mais ce monde est-il éternel ou créé ? Y a-t-il un principe unique des choses ? Y en a-t-il deux ou plusieurs ? Et quelle est leur nature ? Je n'en sais rien et que m'importe".

La raison se développe dans deux domaines différents pour Kant, d'un point de vue théorique et d'un point de vue pratique. La raison théorique recherche la connaissance des phénomènes et obéit au principe de raison suffisante. Remonter jusqu'à une cause première elle-même non causée est un désir rationnel légitime que la raison théorique exprime. L'existence d'un premier principe non démontrable mais rationnellement possible et souhaitable est donnée à la raison théorique par la foi, il s'agit de Dieu comme premier moteur de toute création. La raison pratique vise la moralité des actions, et obéit à l'impératif catégorique qui nous enjoint de ne jamais traiter autrui seulement comme un moyen de mon plaisir ou de mon intérêt mais comme une fin en soi à savoir une personne qui a une valeur en elle, une dignité parce qu'elle-même est aussi capable d'exiger d'elle cet impératif (loi morale). Il est moralement nécessaire d'admettre l'existence de Dieu afin de pouvoir penser la réconciliation de la morale et du bonheur. Leur dissociation crée un sentiment d'injustice que la religion apaise par une réparation dans l'au-delà. La religion chrétienne est une religion naturelle en accord avec ce que la raison pratique prescrit. Elle illustre de façon figurée des exigences rationnelles d'un point de vue pratique. La morale conduit à la religion. L'idée de l'existence de Dieu est une exigence de la Raison pratique, un postulat rendu nécessaire subjectivement, sur le plan de l'action. texte de Kant dans la Religion dans les limites de la Raison.

La raison ne peut pas se passer de l’idée de Dieu mais elle reste incapable de déduire l’existence objective de cette perfection.  Donc elle ne doit pas tomber dans l’illusion, c’est-à-dire, croire qu’elle peut affirmer l’existence objective de ce qui résulte de son désir de sens.  La croyance n’est ainsi irrationnelle que lorsqu’elle se prend pour une connaissance objective et qu’elle s’oublie en tant croyance. 

 

Ainsi si la croyance est toujours relative, contingente, subjective et en ce sens incompatible avec notre raison, elle s’oppose au savoir du fait de son manque de fondement, elle est un obstacle à la recherche commune, la vérité.  Mais toutes les croyances ne sont pas irrationnelles, il faut les distinguer en rapport avec les exigences de la raison et revoir en particulier la vérité de foi et la foi comme nouvel ordre de connaissance plus sensible au cœur qu’à la raison.  Il n’en demeure pas moins que notre raison est elle-même à l’origine de certaines croyances, la foi peut devenir la conséquence de la raison : la raison prépare ainsi le champ à la foi.

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