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Le Socratisme et ses implications

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La philosophie, sa définition : Document 1

 

     I – Définition de la philosophie

          1 – Elle n'est pas une matière de connaissances

Nous allons nous pencher sur la question de la nécessité et du but de cette discipline qu'est la philosophie. Nous savons que dans toutes les autres disciplines, nous avons quelque chose à apprendre. Par exemple en mathématique, il s'agit d'étudier la suite logique de théorèmes. En histoire, nous avons un ensemble de faits. Au contraire, la philosophie n'est pas un ensemble de connaissances précises et sûres. Il existe un grand nombre de théories philosophiques mais aucun système n'a jamais obtenu l'accord unanime des esprits compétents. Comment comprendre cette affirmation? Nous dirons que la philosophie n'est pas une science, elle n'existe pas du fait de sa vérité ou de sa fausseté, ni parce qu'elle est prouvée ou démontrée ou réfutée, mais parce qu'elle est conforme à notre propre pensée. Les théories philosophiques ne sont pas précieuses par leur contenu mais par l'exemple qu'elles offrent d'une réflexion. Nous pouvons reprendre les mots de Kant pour illustrer cette idée, nous dirons «qu'il n'y a pas de philosophie que l'on puisse apprendre, on ne peut qu'apprendre à philosopher». Si l'on se réfère à l'expression de Jean François Revel, dans son livre, Pourquoi des philosophes, nous affirmerons avec le penseur que «la philosophie n'est ni une science , ni un art mais un hybride des deux». On ne peut donc pas réduire la philosophie à un art purement et simplement mais elle a malgré tout un peu de la subjectivité artistique. Elle n'est pas non plus une science car elle n'existe pas du fait de sa vérité ou de sa fausseté. Elle n'atteint pas l'universelle vérité objective de la science.

     2 – La philosophie n'est ni science ni sagesse, mais la recherche de la sagesse

Si l'on se réfère à l'étymologie du terme, la philosophie signifie, philo, donc amour et sophia, c'est-à-dire, sagesse. Littéralement elle est l'amour de la sagesse, les hommes n'étant que des philo-sophos, à savoir, des amants de la sagesse. Par conséquent, la philosophie n'est pas la sophia, la sagesse mais le désir, l'amour de cette sophia, sa recherche et sa quête.  Son essence en tant que ce qui constitue une chose, ce qu'est une chose par nature de façon intrinsèque, est donc la recherche du savoir et non sa possession. Faire de la philosophie, c'est être en chemin -hodos- en quête de vérité, cela s'oppose à la base à l'attitude dogmatique. Le dogmatisme est une doctrine établie et considérée comme indiscutable dans une école philosophique ou religieuse; Cette attitude s'oppose de façon absolue à l'attitude philosophique qui suppose le doute au sens cartésien, c'est-à-dire, le doute entendu au sens du fondement premier de toute réflexion philosophique; le regard du philosophe est un regard qui sait douter (Descartes) et s'étonner (Platon) avant de s'élever vers la connaissance claire et distincte (la clarté et la distinction étant les deux critères de vérité chez Descartes). Nous dirons par conséquent, que le dogmatisme est une mise en formule du savoir considéré comme définitif et complet. Faire de la philosophie suppose une authentique humilité, par opposition à l'attitude orgueilleuse du dogmatique; Les questions en philosophie sont plus importantes que les réponses. L'humilité philosophique consiste à dire que la vérité est devant nous. Elle doit être socratique. C'est pourquoi le philosophe grec affirmait : « Je sais que je ne sais pas».  La conscience philosophique est une conscience inquiète  à la recherche d'une vérité pour laquelle elle se sent faite, cela rentre en opposition avec la conscience dogmatique qui est une conscience satisfaite d'elle-même qui se dégrade dans l'illusion de la possession d'un savoir, d'une certitude.

     3 – La philosophie se constitue par atavisme

Nous entendons par atavisme, l'hérédité. La vérité philosophique n'est pas une vérité du même ordre que la vérité mathématique ou physique. Au cours de l'histoire, les systèmes philosophiques succèdent aux systèmes. Chaque philosophe s'emploie à réfuter ceux qui le précèdent et sera réfuté à son tour. Nous pouvons dès lors réorienter notre définition, la philosophie est la réédition du passé, c'est un réemploi des vieux concepts dans des phraséologies nouvelles.

     II – Philosophie et réflexion

     1 – les modèles de la réflexion philosophique

Nous entendons par Ré -flexion, le retour de l'esprit sur lui-même. En premier lieu, nous pouvons citer comme modèle le doute cartésien qui est exposé dans les méditations. Nous savons que le doute est le point de départ de la réflexion philosophique qui nous amène au cogito ergo sum, il est à la base d'une longue réflexion et pour caractéristiques d'être tant méthodique hyperbolique.  Dans l'ensemble de ses dialogues, Platon, philosophe ayant écrit environ 32 dialogues tous aporétiques, c'est-à-dire, qu'ils se terminent par une  question, la conclusion reste ouverte, il fait ainsi de la philosophie un véritable questionnement, il considère que le point de départ de la réflexion philosophique est l'étonnement, il met en scène un certain nombre d'interlocuteurs en face de Socrate. Ainsi, une question apporte des éléments de réponse qui soulèvent à leur tour d'autres questions. Chaque affirmation d'un interlocuteur donne lieu grâce à l'interrogation socratique, à une autre interrogation. Socrate pose l'ironie comme point de départ philosophique; Il est l'incarnation de l'humilité philosophique au sens où il affirme, «je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien». L'attitude des interlocuteurs qui croient savoir s'oppose à celle d'un Socrate qui avoue qu'il sait qu'il ne sait pas. Nous retiendrons les maximes les plus représentatives de Socrate,, «je sais que je ne sais pas», et «connais toi toi même», qui illustre l'éveil de l'esprit à la conscience philosophique. Son ignorance est une ignorance qui se sait, qui se connait. Elle entre en contradiction avec l'ignorance qui s'ignore de ses interlocuteurs; Nous sommes ici en présence d'un pseudo-savoir, d'un faux-savoir. Ce cheminement socratique de la pensée est rendu possible grâce à la dialectique; nous entendons par dialectique, la confrontation de deux thèses opposées, une thèse et une antithèse. Il faut examiner les contradictions d'une théorie. Mettre en avant les contradictions de chacun jusqu'au moment ou il va être révélé à lui-même dans son ignorance dialectique. La matière de la réflexion n'est pas le savoir de Socrate mais le jeu des questions et réponses vers lequel il s'engage afin de susciter la réflexion chez ses élèves interlocuteurs. Nous sommes en pleine quête philosophique avec la méthode infaillible pour parvenir à la sagesse appelée la maïeutique. Il faut entendre par maïeutique «l'art d'accoucher les esprits du vide dont ils sont pleins» ainsi que nous l'affirme Platon dans son dialogue intitulé Le théétète. Socrate est comme sa mère qui était sage-femme, il accouche les esprits en les aidant à mettre au jour les contradictions qu'ils portent en eux-mêmes. Il fait accoucher les esprits de leur pseudo-savoir.

     2 – la méthode philosophique

La méthode philosophique de Socrate est l'ironie. Elle est l'aptitude de celui qui interroge en feignant l'ignorance. Il faut mettre en question l'interrogé.  Cette méthode socratique s'appelle la maïeutique mais il y a trois étapes :

              a -La maïeutique

L'art d'accoucher, monter le vide de celui qui croit savoir.

               b- l'elenctique

C'est l'étape de la réfutation. Montrer les contradictions, c'est l'art de la catharsis. La méthode cathartique ou purificatrice.

               C – l'anatreptique

C'est le renversement. Tout se  ramène en fait à la maïeutique. Socrate est toujours face à un interlocuteur. Nous pouvons citer Nietzsche qui affirmait, «la vérité commence à deux».

Conclusion

La pédagogie socratique est particulière. Il faut faire prendre conscience  à l'interlocuteur de son ignorance qui s'ignore. En opposition, l'ignorance socratique se sait, elle a conscience d'elle-même. Cette prise de conscience amène au mutisme, c'est-à-dire, au silence.

 

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LA PHILOSOPHIE, SA NECESSITE, SON BUT : Document 2

                              LA METHODE PHILOSOPHIQUE

 

Introduction

Nous avons vu que la méthode philosophique chez Socrate consistait à mettre en valeur l'ironie au sens d'une aptitude chez celui qui interroge en feignant l'ignorance. Nous l'avons qualifiée de méthode maïeutique qui consiste à accoucher les esprits du vide dont ils sont pleins. L'art d'accoucher est suivi de l'élenctique qui est la phase de réfutation, il faut à ce stade de la réflexion montrer les contradictions, nous retrouvons la méthode cathartique puis vient la dernière étape, l'anatreptique qui est le renversement, en fait tout revient à la maïeutique. L'interlocuteur a ainsi pris conscience de son ignorance qui s'ignore. Franchir le cap d'une ignorance qui se sait, voilà le but à atteindre dans la méthode socratique, l'ignorance doit prendre conscience d'elle-même. Nous allons à présent étudier les moyens de la méthode à deux niveaux, en premier lieu, le niveau subjectif, puis au niveau objectif, nous analyserons ensuite la valeur de cette méthode et son orientation philosophique ainsi que son but. Nous nous consacrerons en dernier point aux conséquences pédagogiques d'une telle méthode.

     I – La méthode socratique : Les moyens de la méthode

               1 – Le niveau subjectif : l'intentionnalité de Socrate

Il semble d'abord donner bon rôle à ses interlocuteurs, il se met en position de demandeur. C'est un faux naïf. C'est une machination philosophique qui consiste à mettre l'interrogé en confiance.

               2 – le niveau objectif : situation de l'interrogé

L'interrogé est victime de l'habileté philosophique de Socrate. Il amène l'interlocuteur à se démentir. C'est une préparation psychologique. L'interlocuteur apporte l'ignorance. Socrate apporte la connaissance par le jeu de questions et de réponses; L'ignorance est inconsciente. On peut par exemple voir le bien là où il n'est pas. La problématique de la connaissance engage la responsabilité qui n'est pas au niveau de l'acte mais du savoir. Faire le mal chez Platon signifie ne pas connaître le bien. Nous citerons le philosophe pour illustrer cette théorie, «nul n'est méchant volontairement». Mal agir veut dire ne pas savoir, ne pas avoir connaissance du bien. Ne pas savoir pour Platon, c'est avoir oublié. Cette théorie s'appelle la théorie de la réminiscence; Savoir, n'est autre que se ressouvenir. Dans le but d'illustrer cette théorie, nous pouvons nous référer «au mythe de la caverne» de la  République. L'oubli de l'âme renvoie à  l'emprisonnement du savoir dans l'opinion - doxa-

     II – La valeur de la méthode

La méthode  socratique a des vertus critiques. Il faut examiner de près la question pour séparer le vrai du faux. Cela a pour conséquences chez Platon de poser la nécessité de s'élever du sensible vers l'intelligible. Il faut saisir l'Idée en soi des choses, c'est-à-dire, l'essence. L'homme en quête de sagesse doit quitter le monde empirique. Nous entendons par empirisme, la doctrine qui pose que la connaissance est accessible par l'expérience et l'observation. Le savoir compétent est celui qui peut s'enseigner; L'idée est ce dont on peut rendre compte. L'opinion, -doxa-,  se transmet mais ne s'enseigne pas, on ne peut pas en rendre compte.

     III – L'orientation philosophique de la méthode

Elle renvoie à une double question préliminaire :

Qu'est-ce que l'homme?

                                                        -    Qu'est -ce que le savoir?

L'homme est un esprit, c'est-à-dire ce qui lui permet d'être connaissant. Comment appliquer son esprit aux choses? C'est une question d'anthropologie philosophique. Comment l'homme doit-il vivre conformément à ce qu'il est ? Un esprit. Nous sommes en présence d'une philosophie du salut. Cela nous ramène à l'adage socratique, «connais-toi-toi même».

     IV – Le but de la philosophie

Platon nous donne une philosophie négative de l'homme. Il n'est pas défini par ses biens. Il y a une distinction entre le corps et ce qu'il possède; L'être physique ne se confond pas avec ce qu'il possède. Pour reprendre les mots du phédon, dialogue de Platon, nous dirons que «si l'on se préoccupe de ses biens, on ne se préoccupe plus de soi-même».  C'est  le thème de la purification ou la catharsis.

               La catharsis

La philosophie se libère du superflu. Platon considère que la philosophie s'adresse aux hommes dont la finalité est de développer leur partie de l'âme qui est l'intelligence. Il faut par conséquent se détourner du travail, de la production. Ceux qui travaillent n'ont rien à faire avec la philosophie. Ce n'est pas leur finalité. On ne peut pas philosopher si on est asservi à la production. Nous retrouvons la conception grecque en la matière. Aristote affirme à ce propos, «l'esclave est un outil animé». Ainsi chaque homme est naturellement fait pour quelque chose; On a des dispositions innées mais il faut savoir les actualiser. L'homme n'est pas non plus défini par ce par quoi il se sert. L'organe doit être distingué de l'outil. Le cordonnier et le cithariste ne se définissent pas par leur instrument, mais parce qu'ils l'utilisent; L'homme est plus que le langage dont il se sert car il exprime son idée par la parole. L'homme n'est pas son corps mais il  est un tout du corps et de l'âme. Le corps ne commande pas. L'homme est ce qui commande au corps. C'est l'âme qui prémédite les mouvements du corps. Le corps est chez Platon assimilé à la déraison, lieu de désirs, de besoins, source des passions. Les morales du plaisir évaluent le bien à ce qui fait plaisir à l'homme. Par opposition, pour Platon, ce qui est propre à l'homme est l'âme. Mais l'âme n'est pas donnée dans l'expérience sensible. L'homme ne se fonde pas dans la réalité sensible, empirique, doctrine qui pose que la connaissance relève de l'expérience, des faits.

     V – Conséquences pédagogiques

C'est une pédagogie de l'âme. Toute connaissance du corps est une pseudo-connaissance. Pour définir l'âme et la fonction qu'elle doit remplir nous nous réfèrerons à la définition donnée par Platon dans la République : «Sera juste chaque chose en laquelle chaque élément sera à sa place».

               Une tripartition fonctionnelle au niveau individuel et collectif

La justice est le respect d'un ordre fondé en nature. Il y a un ordre dans la cité juste. C'est une cité -polis- ordonnée ou chaque groupe social exerce la fonction pour laquelle il est destiné par nature. L'ordre de l'âme juste est celui ou dans une âme, chaque partie est à sa place. Nous avons trois parties, l'épithunia ou le désir, partie qui domine chez les producteurs, le thumos, ou le courage qui est la partie dominante chez les guerriers et le nous ou la raison qui concerne les philosophes. Une âme juste est une harmonie de nature entre ces trois parties de l'âme et chaque partie doit être subordonnée à ce qu'elle a de supérieur. L'âme est tel un attelage dont la raison tient les rennes des deux chevaux. La vertu consiste donc à cultiver l'intellect, nous retrouvons cette idée chez Aristote, «l'homme est un animal raisonnable». La vertu est pour ce philosophe l'effet d'une habitude, une seconde nature. La philosophe est donc pour Platon un homme enclin à la critique, de vertu, anti-dogmatique. Cela n'est pas en contradiction avec l'eudémonisme, la recherche du bonheur.

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  La notion socratique de conscience   :  Document 3

                            « connais toi toi même »

 

Introduction

Nous allons étudier la notion socratique de conscience, nous partirons de l’adage socratique, « connais toi toi même ». La conscience signifie le retour de la pensée sur elle-même, c’est la réflexivité, la conscience réflexive suppose un degré supplémentaire à la conscience spontanée. Le débat sur ce sujet est très vaste et d’un point de vue de l’histoire de la philosophie, cette question s’oriente très différemment selon les siècles. Nous n’avons pas par exemple la même terminologie chez Socrate que chez Descartes. Nous retrouvons chez le penseur socratique, une notion dominant de savoir associé à la conscience, « le connais toi toi même », nous invite à prendre conscience de nos limites en tant qu’homme, à savoir qu’il ne faut vouloir que le possible et laisser le reste aux Dieux. Descartes au contraire, recherche la vérité indubitable du cogito à partir d’un raisonnement hypothético-déductif de façon à poser dans la philosophie une certitude égale à la certitude mathématique. Il parvient ainsi par la médiation du doute méthodique et hyperbolique, du Dieu trompeur doublé de la fiction du malin génie à trouver son cogito ergo sum, vérité qui est claire et distincte. La clarté et la distinction étant le critère de vérité. Je pense donc je suis, il nous faut cependant préciser que l’existence précède la pensée, car pour penser il faut être. La vérité ontologique est ainsi posée. Le cheminement socratique s’éloigne de celui du penseur cartésien tout autant que de celui d’Husserl qui nous propose une conscience transcendantale, il pose que la conscience est toujours conscience de quelque chose qui n’est pas elle, c’est la visée phénoménologique d’intentionnalité. Dans le cadre de notre analyse, nous verrons comment le concept de conscience s’articule dans l’antiquité par opposition à Descartes et à Husserl. Nous tenterons de partir de la maxime socratique bien connue et développerons les conséquences philosophiques jusqu’à montrer que nous avons d’une certaine façon, une philosophie de vie et une philosophie de salut.

                            le concept socratique de conscience

Elle se reflète dans l’adage socratique du « connais-toi toi même » du temple de Delphes. La visée philosophique est la connaissance, car la conscience s’exerce dans l’acte du moi, celui qui pense et dont la conscience fait retour sur elle-même. Il s’agit dans ce cas de figure d’une conscience réflexive, la pensée se pense elle-même. Pour reprendre la terminologie socratique, nous dirons que l’âme est assimilée à l’être pensant. La réflexivité nous situe sur le plan de la subjectivité comme relation à soi et comme ce qui constitue l’essence de l’homme. Se connaitre soi même dans l’antiquité et plus particulièrement au sens socratique du terme nous éclaire sur la notion de sagesse, c’est une invitation à la connaissance de soi, notion très grecque qui se traduit également dans les pièces de théâtre de l’antiquité comme Antigone. Les anciens nous familiarisent avec cette notion qu’il ne faut vouloir que le possible, rien que le possible et laisser le reste aux Dieux. Par conséquent, l’adage socratique  du « connais-toi toi même » est une invitation à connaitre ses limites pour ne pas les dépasser. La philosophie devient par analogie à la mère de Socrate qui était sage femme, une médecine de l’âme, une véritable nourriture spirituelle. Mais l’ambiguïté du choix humain demeure car l’âme peut se nourrir du bien comme du mal, ainsi la liberté de l’homme se dessine à travers ses choix et ses ambitions qui ne servent pas toujours la bonne cause. L’immédiateté de l’homme dans la connaissance de lui-même lui ouvre les portes de l’éthique. Le « bien agir » suppose une réelle connaissance des choses car ainsi que l’affirmait Platon, « nul n’est méchant volontairement », le mal est toujours l’expression d’une ignorance. La faute n’est pas dans l’acte mais dans l’ignorance. La philosophie socratique est donc une véritable philosophie du salut. Mais l’homme doit commencer par lui-même, car celui qui ne se connait pas est un fou. Celui qui se connait peut se juger au niveau des actes, au niveau éthique. Nous pouvons mettre en avant la supériorité de l’âme sur le corps, la sensibilité peut en effet altérer le jugement et fausser l’intérêt personnel. Le « je » est pensé comme un pur sujet réfléchissant et comme pur intellect, le « je » juge son « moi ». Mais si le moi se juge il est en outre jugé, car il y a chez les anciens une connotation très lourde et toujours présente du divin qui fait que l’âme se reflète en Dieu inspirateur de nos actions, la conscience devient ou peut devenir culpabilité car l’image divine est à suivre en tant que modèle symbole du bien duquel il ne faut pas s’écarter. L’homme devient ainsi témoin de sa conscience. Le moi juge est jugé.

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  LE SENS DU SOCRATISME : Document 4

 

 

Introduction

Nous allons étudier le sens du socratisme. Dans un premier temps, nous verrons la valeur positive de la mort présentée par Socrate, puis en second lieu la signification implicite et explicite de sa philosophie. Nous analyserons enfin l'héritage antique au niveau de la valeur épistémologique et au niveau du style philosophique universel.

     I – Le sens du socratisme

                                           Un homme de dignité

Dans L'apologie de Socrate, l'homme est présenté comme un être de pensée, c'est devenu un lieu commun dans la philosophie. Il attaque ceux qui abandonnent la vertu pour la vie et préfère mourir que de cesser de philosopher ou que de renoncer à la vertu. Comment la vertu peut-elle s'appliquer à la vie? Socrate est l'homme de dignité par excellence. Il ne s'abaisse pas devant la peur de la mort. Craindre la mort est un signe d'orgueil car c'est avoir peur de quelque chose que l'on ne connait pas. Socrate refuse de fuir lorsqu'il est condamné à mort. Il fait parler les lois. La sagesse dit-il n'est rien si elle ne respecte pas les lois de la cité. La loi n'est pas injuste, le contenu de la loi n'importe pas s'il n'y a pas de respect. Une loi n'est plus une loi si on peut ne pas lui obéir. Il faut vivre selon l'ordre rationnel des choses et non des choses. Socrate met en avant la valeur positive de la mort à deux niveaux :

      Au niveau d'un argument de fait : Il part d'un constat, où la mort est un néant,une nuit unique, dans ce cas il n'y a pas de raison de la craindre où c'est une nouvelle vie, il faut alors se réjouir de la vie, les âmes étant dépouillées de leur corps.

      Au niveau d'un argument de droit : Il relève du raisonnement, Il n'y a pas de mal possible pour l'homme de Bien mais l'âme souffre quand elle est soumise au corps. La vie est souffrance pour l'âme.  La mort est donc un bien du fait de la disparition du corps.

D'une façon générale l'enseignement socratique nous enseigne que philosopher, c'est se préparer à mourir.

     II - Significations implicites et explicites de la philosophie socratique

               1 – Les signification explicites

La signification explicite répond à la question, comment Socrate justifie t'-il sa propre philosophie? -Socrate par lui-même- Il se demande d'où lui vient son art, son sens de la philosophie et le sens de sa mission? Le contexte est athénien et culturel. Il ne comprend pas lui-même les motivations et les origines de son art. Il dénonce ce contexte. Alcibiade demande à Socrate qui est son tuteur. Socrate répond de manière assez mystique car, dit-il, «c'est un Dieu , celui là même qui jusqu'à aujourd'hui ne me permettait pas de discuter avec toi, tu ne seras révélé à toi-même que par moi». l'origine est donc transcendante, il met en évidence l'aspect mystique de sa vocation philosophique. Nous avons une proximité de la philosophie et de la divination. Il se met au service de la vérité et du divin. Il parle de son Dieu au singulier comme si Dieu était en lui. Nous pouvons rappeler que son accusation pour impiété n'est pas justifiée. Le lien qui per met de faire une parenté avec le divin est l'âme car elle est d'essence divine. Il y a une analogie entre Dieu et la pensée. Chez Platon, nous avons une identification de la pensée à son origine divine par l'innéisme. L'âme aspire à remonter au divin d'où elle vient, elle n'appartient pas au monde terrestre mais au monde céleste. C'est dans ce contexte que la rationalité a émergé.

              2 – les significations implicites

Pourquoi le premier philosophe apparait-il au Vème siècle? Quelles sont les raisons de cette naissance?  Nous pouvons en effet parler d'une naissance d'une rationalité abstraite avec Socrate (la géométrie). L'empirique est considéré comme irrationnel. C'est la conquête des concepts,l'aspiration aux idées. Il faut être dans une existence ou l'expérience réalisée est universelle. On découvre dans les nombres un universel immédiat. L'Un relève du général non du particulier. Nous avons une universalité de l'unité. Il est désormais possible de passer  de l'unité concrète avec les mathématiques à une unité abstraite. Les pythagoriciens répondent à la question parménidienne de l'être et développent une théorie du nombre, toute chose est fondée sur une vérité mathématique,  une mystique car ils veulent donner la vérité de toutes choses. Nous assistons à l'évènement de l'abstraction dans les mathématiques et son utilisation dans la philosophie. Désormais il est possible de transposer la mathématique abstraite dans le champ humain. Le modèle mathématique devient l'unité rationnelle pour la philosophie.

                                        Une présence concrète de l'universalité

Une donnée économique

: la monnaie est un phénomène concret qui amène les gens à penser abstraitement; C'est l'apprentissage de l'universalité par opposition à l'économie du troc. L'échange repose sur la monnaie. Une commune mesure aux choses est rendue possible par la monnaie. Une chose concrète peut se produire par une chose abstraite, le nombre.

                                                        Héraclite

Toutes choses sont un échange pour le feu, le feu pour les choses. Les marchandises pour l'or et l'or pour les marchandises; Nous avons un modèle qui pense le rapport de l'un au multiple,le modèle d'une universalité. Le feu devient avec Héraclite le modèle d'une nature universelle.

La présence concrète de l'universalité se manifeste également dans la parole. C'est un moyen d'échange entre des signes, un code commun, ce qui nous donne une autre dimension d'universalité. Le même mot prononcé par différentes personnes doit avoir le même sens. On est sensé penser la même chose quand on parle d'une même chose.

Une donnée politique :

la politique reflète l'universalité close car elle exclut les femmes, les ilotes et les métèques. Les hommes sont interchangeables dans les magistratures. Il n'y a pas de conditions héréditaires, familiales du pouvoir. Les hommes vivent selon une loi commune.  La politique traduit réciproquement le tout en chaque partie et chaque partie dans le tout.

Conclusion

Nous assistons à une intériorisation de la rationalité naissante dans la cité avec Socrate ainsi qu'un mode de philosophie dans lequel on trouve un mode de réflexion universel, un idéalisme puisque tout repose sur l'esprit. Nous pouvons faire un rapprochement avec Descartes pour qui l'homme a en lui l'idée de l'infini mise en lui par Dieu. Un homme fini qui ne s'est pas créé lui-même. Au niveau épistémologique, nous voyons la connaissance phénoménologique de la conscience connaissante apparaître. Dans un premier temps, la conscience qui sait et qui succède à la conscience qui ignore, de cette dernière l'homme passe par la dialectique à une conscience qui sait qu'elle ignore, une connaissance d'un non savoir et qui se ramène à la première conscience, l'assentiment suivi d'un trouble. Les sophistes incarnent la conscience qui croit savoir ce qu'elle ne sait pas, c'est la pire des ignorances et la plus dangereuse car elle impose son ignorance, les sophistes sont encore plus malfaisants que les gens de l'opinion. Ainsi,la conscience du non savoir a plusieurs visages. Socrate a transformé un savoir vide en une pédagogie non didactique mais réflexive. Il donne à autrui la possibilité de prendre conscience de son ignorance ignorante. Cela est posé comme condition de possibilité de tout savoir. Nous comprenons de ce fait que la philosophie n'est pas dans les livres mais dans le questionnement.

 
 

 

 

 

 
 
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