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Autrui, théorie pratique

Cours de théorie pratique : Travailler les plans dialectiques en philosophie. Autrui.

sartre
 
 
 
 

Théorie et applications possibles autour d'un thème en philosophie :

 
 
 
Théorie : les arguments et les contre-arguments pour élaborer les plans dialectiques en philosophie
 
 *** Cours fiche bac
 
AUTRUI



Introduction :
Autrui m'apparait d'abord comme un prolongement et un complément de moi-même. La première relation d'un enfant à sa mère est d'abord fusionnelle. De deux, ils ne font qu'un, cette situation joue le rôle d'un idéal recherché comme un paradis perdu pour la suite. La recherche de cet idéal où autrui serait un alter ego, une âme sœur semble malheureusement vouée à l'échec que ce soit dans l'amour toujours potentiellement troublé par la jalousie, dans la passion ou l'idéalisation d'autrui débouche tôt ou tard sur une désillusion ou dans l'impossible possession d'autrui par la connaissance qui ne reste qu'une simple conjecture par analogie. Suis-je alors voué(e) à la déception dans toute relation à autrui ?
Et pourtant, n'est-ce pas parce qu'autrui me déçoit comme prolongement de moi-même qu'il occupe véritablement sa place d'autre que moi-même et n'est-ce pas en cela qu'il m'est indispensable ? "Sans autrui, je me désagrège" comme l'explique Tournier dans Vendredi ou les limbes du Pacifique où il décrit la lente déshumanisation qu'engendre un isolement prolongé. J'ai besoin d'autrui en tant qu'il apporte un autre champ perceptif que le mien sur le monde. Intellectuellement, autrui est constructif parce qu'il soutient une thèse différente de la mienne, il est l'adversaire fictif face à qui je m'explique, qui doit me comprendre bien qu'il ne parte pas de la même perspective que moi. Ontologiquement, nous ne sommes qu'en tant que nous nous différencions d'autrui et sommes reconnus dans notre différence (identité culturelle, complexe d'Oedipe, rapport homme-femme). Pour pouvoir nous reconnaître, autrui doit pouvoir s'affirmer comme liberté face à moi aussi angoissante que soit cette liberté. Son irréductible différence est la condition du point de vue qu'il peut avoir sur moi que je n'ai pas moi-même. Ma relation à autrui est-elle condamnée à un indépassable conflit angoissant pour la reconnaissance ?
Si autrui est un autre que moi, il est aussi mon semblable à savoir celui qui comme moi est enfermé dans la solitude foncière de son être tant qu'il ne s'est pas donné les moyens de créer un espace commun de rencontre avec cet autre qui lui est aussi indispensable qu'angoissant. Si je ne peux atteindre autrui sans médiation, je peux forger des intermédiaires qui me permettent à la fois de me dépasser, et de le rencontrer tant au travers du dialogue, de la morale, de la religion pour certains, de l'art, de la pensée ou de la politique par exemple.

I - Autrui comme prolongement de moi-même : un échec

1. Une recherche fusionnelle vouée à l'échec
Je suis d'abord chair d'une chair, prolongement d'une vie. Le premier rapport à l'autre est d'abord fusionnel au point de faire difficilement le départage entre l'autre et moi. Ce besoin de ne faire qu'un avec l'être qui me complète engendre un désir de possessivité exclusif. Cette volonté d'exclusivité se retrouve dans les rapports amoureux. Proust dans La Recherche du Temps Perdu fait le parallèle entre le narrateur qui confie son sentiment d'abandon lorsque sa mère ne peut venir lui dire bonsoir et l'embrasser avant qu'il ne s'endorme parce qu'elle reçoit des invités et le sentiment d'abandon qu'éprouve Swann jaloux lorsqu'Odette dont il est amoureux lui demande de la laisser seule parce qu'elle est fatiguée. L'angoisse du manque les saisit tout les deux parce qu'ils se sentent privés de leur complément d'être. On peut même imaginer que c'est le traumatisme exercé par le premier manque qui engendre une répétition du scénario dans les rapports amoureux comme si l'on cherchait à retrouver les conditions dans lesquelles on a vécu le premier amour de sa vie. Merleau-Ponty (cf La Phénoménologie de la Perception) nous explique de ce point de vue que la jalousie et la possessivité ne sont pas la conséquence de l'amour mais sa cause. Vouloir posséder l'autre quand on se sent exclu de son univers et être le seul à le faire peut devenir un mode de rapport à l'autre mais il débouche sur la constatation d'une déception, il est impossible qu'autrui puisse répondre constamment à cette demande de monopolisation de son existence au profit de notre attente. La relation engagée à l'autre sur ce mode ne peut le révéler que comme défaillant à mon attente.

2. Une idéalisation de l'autre conduisant à la désillusion
La nostalgie de la totalité perdue va nous pousser à la désirer avant même que l'objet d'amour ne soit rencontré, si bien que nous aimons l'amour avant d'aimer ainsi que nous l'explique Saint Augustin dans Les Confessions. Nous cherchons selon lui à combler notre désir d'infini (véritablement satisfait selon lui par Dieu, cf aussi Sainte Thérèse d'Avila) par la passion amoureuse. Cette dernière peut nous donner un temps l'impression de plénitude mais tôt ou tard, il faut affronter la souffrance de l'illusion déçue. Dans la passion autrui n'est pas appréhendé dans sa réalité, il est idéalisé pour mieux combler mon attente. Stendhal nous explique dans De l'Amour que l'amant opère dans la passion amoureuse une cristallisation qui s'effectue en deux temps. Le mot de cristallisation vient d'un phénomène observé dans les mines de sel de Salzburg, si l'on y dépose un rameau d'arbre effeuillé quelconque, quelques mois après, il ressort couvert de cristaux étincelants. Dans la tête d'un être qui veut être amoureux, il se passe la même chose. Un être qui a envie d'aimer quelqu'un qui l'aime (donc qui a envie d'être aimé et d'aimer) va se convaincre que la personne qu'il aime a toutes les qualités aimables (les cristaux étincelants), ensuite il va douter du fait que cette personne l'aime pour renforcer le caractère précieux de cet amour. Dans un deuxième temps, il va se persuader que le support est irremplaçable et que cette personne est la seule à pouvoir posséder les qualités projetées sur elle. L'amour fusionnel méconnaît l'autre dans sa différence et c'est pour ça qu'il est rassurant mais aussi limité. Je manque l'autre dans sa réalité si j'en fais le complément de mon attente, et cette réalité ne peut que ressurgir avec le temps d'où la désillusion annoncée par ce type de rapport à l'autre.


3. La possession intellectuelle d'autrui par la connaissance : une simple conjecture par analogie
La seule connaissance que je puisse avoir d'autrui est une conjecture par analogie ainsi que nous l'explique Malebranche. Je projette sur autrui ce que je suis ou ce que je pense. Cette supposition est fort sujette à l'erreur concernant tout ce qui fait intervenir le corps car la perception sensitive est très individuelle. En revanche, concernant des propositions qui peuvent avoir une dimension universelle, cette conjecture peut-être légitime. Toutefois ce qu'autrui est dans sa singularité m'échappe car je ne peux accéder à son intériorité par conscience, ni par analogie. Merleau-Ponty d'une autre façon nous montrera que le comportement d'autrui ne me permet pas d'accéder à autrui car c'est d'un point de vue unique qu'il vit ce qu'il vit (cf Phénoménologie de la Perception), le deuil et la colère d'autrui n'ont jamais exactement le même sens pour lui et pour moi. Même si nous formons un projet commun, ce n'est pas de la même façon que nous nous y rapportons ; nous n'y tenons pas autant ou en tout cas pas de la même façon. L'être d'autrui n'est pas ailleurs que dans son comportement mais c'est du fond de sa subjectivité qu'il projette un monde unique et j'appréhende son comportement qui, certes, me livre son être, du point de vue de ma subjectivité qi l'interprète à partir du monde qu'elle projette. Paul est triste parce qu'il a perdu sa femme, en colère parce qu'on lui a volé sa montre, s'il est mon ami je peux participer à son deuil et à sa colère mais cela reste le deuil et la colère de mon ami Paul. Prétendre posséder autrui par la connaissance est à la fois une illusion et un abus de pouvoir.

Transition :
Si la connaissance d'autrui par analogie était possible, elle ferait d'autrui un autre moi-même, cela éviterait tout sentiment de rupture avec l'autre mais cet autre serait-il vraiment un autre, n'est-ce pas pourtant en tant que tel qu'il m'est indispensable ?

II - Autrui comme autre que moi-même indispensable à la constitution de mon être et comme source d'angoisse

1. L'intersubjectivité est première
Comme le fait remarquer Gilles Deleuze dans la postface de Vendredi ou les limbes du Pacifique de Tournier "Revenons donc aux effets de la présence d'autrui tels qu'ils découlent de la définition <<autrui-expression d'un monde possible>>. L'effet fondamental, c'est la distinction de ma conscience et de son objet. Cette distinction découle de la structure Autrui. Peuplant le monde de possibilités, de fonds, de franges, de transitions, inscrivant la possibilité d'un monde effrayant quand je ne suis pas encore effrayé, ou bien encore la possibilité d'un monde rassurant quand, moi, je suis réellement effrayé par le monde, enveloppant sous d'autres aspects le même monde qui se tient tout autrement développé devant moi, constituant dans le monde autant de cloques qui contiennent des mondes possibles : voilà ce qu'est autrui". L'effacement progressif de la structure autrui nous est présenté comme étant du aux circonstances de l'île déserte dans l'hypothèse Robinson. L'effacement de la structure autrui, c'est ce qu'atteint le pervers dans son île intérieure. En l'absence d'autrui, la conscience et son objet ne font plus qu'un. La structure autrui organise la profondeur, la pacifie et la rend vivable. Autrui a priori (la structure autrui) est constitué par la catégorie du possible. Pour le pervers, les autres sont perçus soit comme des victimes soit comme des complices cf chez Sade. Le monde du pervers est un monde sans autrui reconnu comme tel avec un univers de sens qui lui est propre.

2. La nécessité de la reconnaissance de l'autre pour être soi en se dépassant
Pour passer de la certitude subjective que j'ai de la valeur que je crois avoir à la reconnaissance objective de cet état de fait, il va falloir que je sois reconnu(e) par une autre conscience que la mienne qui soit elle-même reconnue par moi. Les prétendants pour conquérir leur belle devaient se montrer valeureux. Même si la façon que nous avons de témoigner notre valeur a changé, nous éprouvons le besoin de reconnaître les êtres que nous aimons ou que nous estimons, d'êtres reconnus par eux. Le mouvement de reconnaissance doit être réciproque. C'est le rapport à l'autre qui va nous faire sortir de la certitude de nous-mêmes. Le rapport à l'autre engendre un conflit à un double niveau :1/en moi-même 2/face à l'autre. Chaque extrême est à l'autre le moyen terme à l'aide duquel il entre en rapport avec soi et se rassemble avec soi. Il y a en tout être humain deux penchants :

- Un moi-esclave qui ne cherche qu'à se conserver en vie et qui est prêt à abandonner sa dignité pour la vie sensible, pour le bien être.
- Un moi-maître qui est prêt à risquer sa vie pour affirmer le sens de sa vie, qui fait fi de la vie sensible au profit de l'impératif moral : "tu dois".
Il y a reconnaissance quand chacune des consciences présente à l'autre son aptitude à la lutte. Je m'affirme en me montrant apte à dépasser un conflit et c'est dans le conflit que mon identité se constitue (cf Hegel). Le besoin que j'ai que l'autre me reconnaisse est à l'origine du respect que je peux lui porter. Si je ne laisse pas substituer sa liberté je me punis moi-même car c'est un jugement libre de sa part que je recherche et non une approbation forcée (le tyran est un éternel enfant qui se punit lui-même en ne permettant à personne d'être à la hauteur), dans la relation amoureuse ce qui met un frein à ma volonté naturelle de domination, c'est que mon désir se porte non pas sur un objet mais sur un désir. Or seul un être autonome peut désirer. C'est mon égoïsme qui me pousse à dépasser mon égoïsme. Comme l'explique Rousseau, mon premier respect pour l'autre est très égoïste : je lui épargne la souffrance parce que le voir souffrir me fait souffrir. En ce sens c'est l'amour qui grandit l'Homme parce qu'il l'oblige à se dépasser (se contenir), à rencontrer et à repousser ses limites, l'autre me renvoi à moi-même, à mes conflits. Il est le médiateur entre moi et moi-même. Il me met sur la voie d'un travail sur moi-même qui prolongera et dépassera le conflit pour la reconnaissance. D'ailleurs Hegel nous explique que la réelle liberté n'est pas le triomphe du moi-maître sur le moi-esclave mais celle du moi-esclave qui est parvenu à se rendre maître de ce qui l'asservissait. En d'autres termes, ce n'est pas en rejetant la domination du sensible tel que le faisaient les stoïciens que l'on s'affranchit du sensible, c'est au contraire en le travaillant de l'intérieur (cf psychanalyse, principe de sublimation).


3. Autrui comme condition de l'objectivation de mon être par son angoissante liberté
Pour Sartre, cette lutte pour la reconnaissance est indépassable, le conflit est constitutif de la relation à l'autre mais autrui m'est cependant indispensable. Car pour Sartre, j'ai une double existence : - Sur le mode de la facticité (tel que je suis pour autrui)
- Sur le mode de la transcendance (je suis projet existence)
Autrui détient de moi quelque chose qui m'échappe, je me sens en danger sous son jugement libre qui peut me juger négativement. Cet échappement à soi est une source d'angoisse. Comme le dit Sartre dans L'Être et le Néant : "A titre de conscience, autrui est à la fois ce qui m'a volé mon être et ce qu'il fait qu'<<il y a un être qui est mon être>>". C'est autrui qui constitue mon être sur le plan de l'objectivité et ce qu'il constitue de moi m'échappe. J'ai besoin de lui en tant que transcendance et sa transcendance m'angoisse.
Face à cette situation, je peux adopter deux attitudes :
- Soit je nie cet être qui m'est conféré du dehors en niant autrui comme transcendance, en le considérant comme un objet à dominer, à manipuler, à séduire. La défense serait l'attaque.
- Soit je cherche à récupérer la liberté d'autrui sans la détruire comme c'est le cas dans le désir ou dans l'amour. L'amoureux voudrait de la personne qu'il aime qu'elle soit une liberté captive par elle-même : "cette captivité doit être démission libre et enchaînée à la fois entre nos mains". Je voudrais que chaque fois autrui me choisisse comme limite de sa transcendance, c'est à dire comme condition qui lui permet d'être libre. Je ne veux pas être un objet parmi tant d'autres mais ce à partir de quoi le monde prend sens. Mon existence contingente deviendrait alors justifiée, ce serait même une générosité de ma part que d'exister puisque mon existence serait appelée par l'autre. C'est ce sentiment qui explique la joie apportée par l'amour. L'idéal de l'amour est inatteignable car si autrui fait de moi la condition de sa liberté, il n'est plus libre. Il n'est plus alors une transcendance qui peut me constituer. Je dois donc affronter l'angoisse qu'il constitue par sa liberté car "elle pétrit mon être et me fait être".

Transition:
Autrui n'est-il pas cependant celui avec qui je partage cette condition humaine et que je peux rencontrer autour d'un troisième terme qui fait de lui mon semblable, ni le même ni radicalement un autre ? Plusieurs expériences atteste de la présence de ces espaces communs autour desquels nous pouvons nous retrouver et qui nous permettent de nous accomplir en nous dépassant.

III - Autrui comme mon semblable autour de la création d'un espace commun

1. Le dialogue
Dans le dialogue par exemple, comme l'explique Merleau-Ponty dans la Phénoménologie de la Perception, : "il se constitue entre autrui et moi un terrain commun, ma pensée et la sienne ne constituent qu'un seul tissu, mes propos et ceux de l'interlocuteur sont appelés par l'état de la discussion, ils s'insèrent dans une opération commune dont aucun de nous n'est le créateur. Il y a là un être à deux, et autrui n'est plus pour moi un simple comportement dans mon champ transcendantal, ni moi dans le sien, nous sommes l'un l'autre collaborateurs dans une réciprocité parfaite, nos perspectives glissent l'une dans l'autre, nous coexistons à travers un même monde". Nous redeviendrons des subjectivités privées limitées à notre point de vue sur le monde une fois le dialogue terminé mais le temps où nous acceptons de penser en commun, nous devenons amis autour d'une activité commune qui nous permet de créer une situation transcendante à nos oppositions. C'est sans doute aussi pour pouvoir nous retrouver que nous créons ces situations communes qui nous permettent de dépasser notre individualité.

2. La morale et la religion
La morale m'enjoint à respecter autrui comme ayant une valeur en lui-même dans la mesure où il est une personne elle-même soumise à une exigence morale vis-à-vis de moi. D'un point de vue moral, nous sommes semblables, nous devons réaliser ensemble cet impératif catégorique, selon Kant, de ne jamais traiter autrui seulement comme un moyen pour parvenir à nos fins mais comme une fin en soi respectable en elle-même. Cette dimension morale qui nous pousse à dépasser nos intérêts individuels fait de nous des semblables, ni de simples animaux limités à un univers pulsionnel, ni de purs esprits qui seraient respectueux les uns des autres sans en faire une exigence qui nous appelle à un dépassement de nous-mêmes. La religion fait des hommes qui partagent une croyance des semblables dans le rapport qu'ils entretiennent à un troisième terme qui les rend semblables (ex: de simples pécheurs face à Dieu).


3. La politique
L'homme est un animal politique si l'on en croit Aristote, c'est à dire qu'il est voué à vivre parmi ses semblables et s'il est doté d'un langage, c'est principalement pour débattre du juste et de l'injuste et pour établir des notions communes qui transcendent son espace privé. Celui qui est hors de toute cité est selon Aristote : "soit un être dégradé soit un surhumain" ou encore : "Il n'y a en effet qu'une seule chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux ; le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste et de l'injuste et des autres notions de ce genre. Or avoir de telles notions en commun, c'est ce qui fait une famille et une cité". L'homme ne peut s'accomplir que dans la cité qui lui permet de dépasser sa perception privée pour s'engager dans la définition de ce qui doit baliser un espace commun où d'individu, il apprend à devenir citoyen et concitoyen, autrui n'étant plus un étranger concurrent mais quelqu'un qui partage avec moi l'espace politique. Peut-être faudra-t-il apprendre à devenir citoyen du monde (mais tel n'était pas le propos d'Aristote) car notre capacité à respecter autrui dépend de la capacité à le reconnaître comme notre semblable.

Conclusion :
C'est paradoxalement ce qui nous sépare qui nous pousse à trouver les ponts pour dépasser nos différences et par là nous accomplir pleinement. Kant voyait dans "l'insociable sociabilité" une occasion de pouvoir développer le meilleur. Le conflit a un rôle constructif quand il est l'occasion de devenir inventif pour aménager un espace où il devient vivable. Autrui m'aide à dépasser un égoïsme premier et l'enfermement douloureux de ma subjectivité mais pour cela il est nécessaire que je le reconnaisse dans son altérité angoissante. Transformer autrui en prolongement de moi-même ne lui permet pas de me pousser au dépassement de moi-même et de pouvoir effectivement le retrouver. Nier autrui dans sa transcendance en exerçant un pouvoir sur lui comme s'il était une chose me condamne à la solitude, je n'ai alors plus de semblable avec lequel je puisse échanger dans la réciprocité. L'angoisse qu'autrui provoque chez moi mérite d'être affrontée car c'est elle qui nous conduit à nous donner les moyens de dépasser une solitude foncière de l'être qui nous incombe en commun. Soyons le plus créatif possible, la possibilité de sortir de la solitude en dépend.
 
 
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*** Le cours de théorie pratique vous donne les arguments pour traiter des sujets sur le même thème : Autrui  en philosophie
 
Applications et intérêts du document bac  :
 
Les applications possibles autour d'un thème de  philosophie : Autrui
Le cours très complet sur le thème d'autrui  en philosophie , du fait des arguments et des contre-arguments exposés dans la fiche  bac, vous permet de vous entraîner à l'élaboration de plans dialectiques sur  différents sujets faisant appel aux concepts suivants :  Autrui, relation, sociale, justice, morale, politique, bonheur, l'autre, alter ego, perception, conscience etc
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