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Verlaine, Mon rêve familier

verlaine

 

 

 

 

 

Mon Rêve Familier – Paul Verlaine

 

Lecture du poème :

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

 

 Car elle me comprend, et mon cœur transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème

 Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.

Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Etude de la poésie de Verlaine  

 

Introduction 

Nous allons étudier « Mon rêve familier » de Verlaine tiré des Poèmes Saturniens, en date de 1866.

Problématique : En quoi l’écriture de la poésie « Mon rêve familier » est elle mise au service de la souffrance du poète?

Dans le but de répondre à notre problématique, nous verrons dans un premier temps la figure féminine équivoque avec l’image d’une femme insaisissable, énigmatique et recréée dans l’imaginaire du poète, en second lieu nous analyserons l’effet poétique de suggestion avec le pouvoir du « je «  et enfin, dans un troisième temps, nous mettrons l’accent sur la voix du poète, la recréation du monde imaginé et l’idée d’un poème intime dominé par les jeux sonores.

 

I. Une figure féminine équivoque

1. Une femme insaisissable et enigmatique :

La figure féminine nous apparait de façon relativement inquiétante, elle n’est « chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ». Son identité reste enigmatique, on s’en approche et elle devient une « autre ». L’idéal reste inaccessible, d’ailleurs, nous n’avons plus les vers amples comme dans les premiers quatrains mais des césures et arrêts dans les tercets. La difficulté de saisir cette femme qui apparaît est encore accentuée par le vers 9, la question soulève en effet quelques doutes sur son identité et son apparence :

" est-elle brune blonde ou rousse?"

Quel est son nom interroge le poète de manière lapidaire au vers 10. La femme est donc inconnue et manifeste quelques contradictions apparentes.

 

Elle est à la fois proche " me comprend" et lointaine " comme ceux que la vie exila " -> Cela donne une impression d'irréalité. Insaisissable, énigmatique, miraculeuse, le poète ne parvient pas à la saisir. Le flou se voit encore renforcé par le pronom personnel « elle », la confusion est totale et plonge le lecteur dans un rêve incontournable

2. Une femme recréée dans l’imaginaire du poète

La figure est en fait créée de toutes pièces mais nous n’avons aucune autre précision permettant de solliciter notre imagination. Nous ne savons rien sur la couleur de ses cheveux, « est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore ». La seule précision dont le lecteur dispose est l’état d’esprit du poète qui depuis son rêve nous transpose sa réalité, sa vision, sa vérité. La femme reste sans existence et consistance physique, nous pouvons seulement l’imaginer et la créer en imagination. Elle est l’objet d’une recréation par les rêves du poète obsédé par cette figure féminine : un idéal recréée dans l’imaginaire du poète. Nous savons de le figure féminine qu’elle est attentive à la souffrance du « je », elle se dévoile comme présence affective et morale, « car elle me comprend ». Mais en même temps, elle s’apparente du fait de son regard à une statue « pareil au regard des statues » . Nous avons ainsi une impression étrange comme si la créature appartenait au monde des morts. Peut-être avons-nous une description en souvenir d’une morte ainsi que le suggère la périphrase du vers 11 « Que la vie exila », cela peut vouloir dire « défunts » et l’euphémisme : « exila » qui connote le départ. L’idée de mort domine à ce niveau du poème.

Transition :

Cette créature féminine ne serait-elle que le fruit de l’imagination du poète? Le lecteur est-il sous le charme d’un effet poétique de suggestion?

II. Un effet poétique de suggestion

La présence du « Je »

La figure de rêve n’a en fait d’existence que par et pour le « je ». La forme est lyrique, l’expression du poète est le premier du poème : « je ». La femme a pour rôle d’aimer, de comprendre et de consoler, « m’aime et me comprend ». Car elle » me comprend ». Le rêve semble devenir un message du divin, une consolation pour le poète en souffrance. Mais les sentiments sont-ils vraiment présents? Il semble On peut le penser grâce au vers 2, l’amour se traduit en effet « et qui m’aime ». Il y aurait donc une certaine réciprocité des sentiments, une réelle situation affective et non une passivité absolue. Avons-nous un amour au-delà des mots? Ineffable? Indicible? Nous serions dans une relation idéale qui ferait de la femme une création essentiellement consolatrice du spleen verlainien :

« elle seule les sait rafraîchir, en pleurant ».

Pourtant, certains vers inquiètent et forcent le lecteur à s’interroger. Nous pourrions citer le vers 7 « moiteurs », « blême » reflet d’une certaine angoisse ou encore le vers 6 avec « hélas » en coupure à l’hémistiche et enfin les assonances en « eur » au vers 5;

Transition :

La fonction de la poésie n’aurait-elle pour but qu’un effet cathartique, les mots seraient libérateurs des maux? Le spleen verlainien serait à l’origine de la recréation d’un monde et ferait de cette poésie une poésie intime.

 

III. La voix du poète, la recréation d’un monde

1. Un poème intime :

Le « je » semble se parler à lui-même, nous avons parfois, en tant que lecteur, l’impression de ne faire qu’écouter la voix la plus intime du poète. En effet, le poète se Questionne, « Est-elle brune, Blonde ou Rousse ?  Son nom ? » Le poète se parle t’-il à lui-même? Le rêve semble se poursuivre de la manière la plus étrange possible. Cet effet se voit mis en valeur par le jeu des répétitions des conjonctions de coordination : « et », « et qui m’aime et qui me comprend ». Cependant au fur et à mesure de la lecture, nous pénétrons en intensité mystérieuse cette parole de Verlaine qui recréé la réalité d’une femme en rêve, en souvenir, nous ne le savons pas, jusqu’à la frontière d’une autre réalité : nous ne sommes plus dans le monde terrestre mais dans un monde d’immobilité et de silence, « les voix se sont tues ». Le poème semble sous influence, la voix devient mélancolique ainsi que le connote l’énumération «  lointaine, calme et grave ». Avons-nous l’évocation d’une présence fantomatique? Est-ce la suggestion d’un autre monde?

 

2. Le jeu sonore

Les sonorités aussi sont inquiétantes, les alexandrins en apparence ordinaires n’ont pas de coupes classiques, mécaniques, on peut à cet égard citer les vers 13 et 14 :

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

On retrouve en outre des sonorités similaires qui peuvent faire penser à une incantation avec les sons [en], « je le fait souvent ce rêve étrange et pénétrant »,[A] « Calme », « grave » et [é], « étrange », « pénétrant », « et  » .

Conclusion

Mon rêve familier de Verlaine nous fait voyager depuis le portrait d’une femme équivoque, mystérieuse jusque dans les profondeurs de l’âme en proie au spleen du poète. La femme est en effet recréée dans l’imaginaire de Verlaine et au-delà de ce pouvoir d’évasion par les mots la fonction de l’écriture poétique est en cause : il s’agit de combattre le spleen. Les mots seraient au service des maux.

Ouverture :

L’écriture poétique serait-elle cathartique ainsi que nous le voyons dans les poèmes de Baudelaire dont la tendance est de s’inscrire entre l’Idéal et le Spleen au moyen d’une écriture purificatrice, libératrice.

 

 

 

A consulter :

 

Verlaine au bac :

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Soleils couchants, paysages tristes

 

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