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Recueillement, Baudelaire

baudelaire
 
 
 
 
 
 
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
 
 
 
« Recueillement »
 
 
 
 
A consulter :
 
Baudelaire
 
 
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Lecture du poème :
 

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
 
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile, 
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
 
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
 
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
 
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal CLIX
 
 
 
 
 
 
 
 
Analyse du poème :
 
Introduction :
 
 
Nous allons étudier un poème de Baudelaire paru en 1861, Ce sonnet parut pour la première fois en novembre 1861, dans ‘’La revue européenne’’, quelques mois après la deuxième édition de l'oeuvre baudelairienne, les Fleurs du mal. Ce poème est extrait de "Spleen et Idéal", ensemble de poésies exprimant le mal être du poète, son spleen. 
Ce sonnet écrit en alexandrins décrit son malaise existentiel à travers son obsession du temps qui passe, son impuissance face à la fuite du temps, le tragique de la vie, la vieillesse et la mort comme fatalité, ce contre quoi l'homme ne peut rien.  Le registre dominant est lyrique mais, ainsi que le suggère le titre "Recueillement", nous avons un certain nombre de connotations religieuses et mystiques.  Le titre contraste avec l'état d'esprit de Baudelaire qui, à cette période de sa vie souffre de solitude extrême, il ne vit plus avec Jeanne Duval, Mme Sabatier ou Marie Daubrun.  Le poète est désespéré, seul, en détresse et malade. Il tente à travers ces vers de restituer l'intensité de sa souffrance et de son désespoir. 
 
 
 
 
Annonce du plan :
 
 
Dans un premier temps, nous étudierons la personnification de la souffrance avec la personnification de la douleur et son impression d'apaisement. Nous nous pencherons sur la notion de plaisir importante dans ce sonnet pour les oppositions et les effets de contraste entre le poète et la foule. En second lieu, nous analyserons le concept de mort au sens de souvenirs pour le poète puis par rapport à l'idée d'apaisement de la souffrance. 
 
 
 
Problématique :
 
En quoi cette poésie reflète t'elle l'angoisse existentielle du poète? 
 
 
 
 
Définitions :

*Spleen :  Malaise existentiel : Un état d'âme synonyme d'ennui, d'enlisement = Le mal  baudelairien

*L'idéal : L'anti-monde du Spleen :
Le spleen se  rapporte au temps.
L'idéal se rapporte à l'instant.
 
 
 
 
 
I – Expression de la souffrance
 
 
 
 
1 – Personnification de la douleur
 
Le premier quatrain s'ouvre sur une personnification de la douleur à qui le poète s'adresse avec familiarité et complicité, il est désormais indissociable de la souffrance qui hante tout son être, ce qui justifie le possessif "Ma" pour évoquer sa douleur : "Ma Douleur". Le couple Douleur/Poète est encore accentué par l'apostrophe "O" ainsi que par la majuscule du nom "Douleur". Les impératifs sont essentiels à la mise en avant de la personnification "sois sage", "tiens toi". La douleur devient un personnage allégorique à qui Baudelaire s'adresse par crainte qu'il ne s'agite et éveille encore de torides souffrances, La souffrance semble impatiente, s'agite, torture, l'invitation à rester tranquille du poète l'apparente à un enfant à qui on demande de se calmer "tiens toi plus tranquille".  Le poète s’adresse à sa souffrance comme à une personne en mettant ainsi en valeur la complicité et l’intimité qui les lient.
 
 
2 – Apaisement de la souffrance
 
De la souffrance exacerbée on passe dès le second vers à une douleur plus atténuée :
"Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici"
 
La personnification ou allégorie du "soir" donne l'impression d'un apaisement de la souffrance, elle est moindre en intensité. Le soir vient comme un sauveur, le rythme est lent, les sonorités étouffées, les temps du présent valorisent ce changement "il descend" par opposition à l'imparfait " réclamais" et au présentatif "voici".  L'obscurité est là, le soleil a disparu, la douleur est de ce fait tempérée à présent et cette tempérance est encore soulignée par l'allitération en "s" : 
« sois sage…tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici ».
La tombée de la nuit est  perçue comme protectrice et valorisée par « obscure » et « enveloppe » qui connote la sécurité. 
 
 
3 –  Les effets de contraste
 
Les contrastes s'illustrent à travers les effets du soir sur la ville et gagent en densité avec l'allitération en "l", "enveloppe", "la ville", l'influence du soir se place dans le paysage urbain.  Le vers 3 contribue à renforcer l'impression de brouillard, de flou :
"Une atmosphère obscure enveloppe la ville,"
L'hémistiche du vers 4 met en opposition deux catégories de personnes :
"Aux uns portant la paix, aux autres le souci."
Nous pouvons souligner la symétrie des hémistiches : "paix", "souci".
Baudelaire met en parfaite opposition la foule agitée à la tombée de la nuit prête à faire la ville et de jouir de tous les instants associés à la débauche de la fête nocturne et le poète qui au contraire, la jour tombé retrouve la sérénité et la paix.  Les rapports opposés poète/ foule sont nettement marqués par les antithèses : "aux uns", "aux autres", "paix", "souci". 
Dans le second quatrain, l'opposition se poursuit et la foule est cette fois dénigrée par Baudelaire.  La foule anonyme est perçue comme insignifiante et insouciante, superficielle, légère ainsi que le mettent en évidence les termes péjoratifs "mortels", "multitude", "vile". C'est dans la plus grande solitude que le poète se plait à contempler cette déchéance de la foule en mal d'évasion le soir venu, tandis que le poète ressemble à l'homme égaré, perdu parmi ses semblables, le même et pourtant un autre.
 La réflexion sur la condition humaine dans ses oppositions n'est pas sans rappeler l'évocation pascalienne du divertissement. Le poète retrouve la sérénité le soir lorsque la foule se perd dans la nuit et les plaisirs qu'elle lui offre cherchant à tout prix à fuir l'angoisse de l'existence, du moment, du temps qui passe.  Le besoin de divertissement traduit sur le plan philosophique l'angoisse existentielle de l'homme cherchant un moyen d'y échapper, mais en vain, l'homme cherche en fait à travers le divertissement des plaisirs de la nuit à s'oublier lui-même dans sa mortelle condition. La fuite le tourne ainsi l'espace d'un instant par le jeu et l'alcool vers des illusions provisoires, des croyances fictives, un monde virtuel.  Le poète trop conscient de sa condition ne cherche pas à lui échapper si ce n'est par l'écriture poétique comme moyen cathartique : soigner les maux par les mots. Lucide, il affronte l'impuissance face au temps et s'oppose radicalement en ce sens à la foule trop insouciante pour faire face à cette prise de conscience du tragique de la vie.  Elle se tourne vers les plaisirs les plus divers. C'est dans la différence que le poète, Baudelaire, dandy aristocratique s'affirme, il se distingue du sens commun qui inconscient de la réalité devient victime de son  plaisir ici personnifié en la personne du bourreau :
 Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
 l’homme devient esclave de son plaisir, »bourreau », « fête servile », « cueillir des remords ». Il y a rejet de la multitude vile mise pour la foule. Il y a dépravation, débauche, prolifération du mal avec la nuit complice. Le crépuscule du soir avait déjà condamné cette idée. La foule est perçue comme une multitude de mortels à fuir que le poète méprise de manière très hautaine au point de s'isoler de cette humanité sans consistance, insignifiante et malsaine. Plutôt que le divertissement, Baudelaire choisit "le Recueillement" car il refuse de céder à la loi du plaisir et du désir aliénants indignes de l'homme libre.  Le ton devient de plus en plus sarcastique. On assiste à une réelle confrontation entre le bien et le mal, le pur et l'impur, la chair et l'esprit.
 
 
 
 
 
II – L’expression de la mort
 
 
1 – Les souvenirs du poète
 
Une nouvelle personnification apparaît dans le premier tercet, celle du passé. Son évocation semble apaiser le poète toujours en quête de sérénité.  Il est en effet l'objet des requêtes dans les deux tercets. L'idée du passé évoquée "défuntes Années", est surprenante, elle est assimilée à des femmes vêtues de "robes surannées". Les regrets s'introduisent et donnent au concept une connotation négative.  Le passé semble être un mélange de rêve et de réalité transposée. Sa résurgence dans la poésie ajoute à l'originalité de Recueillement. Le temps reste cependant très abstrait, le souvenir synonyme du passé est  évoqué de manière métaphorique "Sur les balcons du ciel" et féminisée "en robes surannées". L'idée forte est celle d'apaisement malgré tout même si le Regret sourit, le lecteur garde en lui une impression de paix et d'harmonie renforcée par les allitérations en "i"  du second tercet "s'endormit", "nuit" et les assonances en "on", "in" et "an" : "moribond", "long", "linceul", " traînant",  " l'Orient", "entends".  L'accalmie est ainsi rendue possible lorsque la nuit tombe et que le soleil se couche :
 
"Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,"
"Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche."
La paix intérieure revenue, le poète transcrit son état d'esprit en paix et pourtant, si la tranquillité de son âme renaît avec la nuit, les connotations mortuaires ne sont pas absentes. Nous avons dans le dernier tercet un amalgame de termes très étranges, l'Orient, pour ses connotations exotiques, La nuit pour la paix retrouvée et le "long linceul" pour la mort.  Le coucher du soleil semble davantage s'apparenter à une métaphore de la mort. 
 
 
 
 
2 – La mort : une délivrance
 
L'arche nous renvoie à l'idée d'une alliance avec Dieu. La mort et la tranquilité approchent lentement, "le long linceul", l'apaisement est quasi total ainsi que nous le suggère l'approche de la mort. Nous avons un oxymore "soleil moribond".  La nuit avance à l'infini emmenant avec elle le poète et ses angoisses. Le repos recherché fait écho au spleen de Baudelaire. Le repos total serait la mort et la disparition du mal de vivre, totale sérénité. Il ressemble à une mort mystifiée qui marche lentement vers l'apaisement tant attendu. On peut ainsi affirmer que la mort devient synonyme de délivrance.  L'Orient peut peut-être nous faire penser à un ailleurs, plein de promesses, une résurrection, une renaissance. 
 
 
 
 
 
Conclusion
 
 
 Le Spleen dans son opposition à l'Idéal sont les deux concepts forts des Fleurs du Mal. Baudelaire à mis l'écriture poétique au service de son besoin de libération. Nous dirons en ce sens que l'écriture est cathartique. Ce constat se vérifie dans tous les poèmes de Baudelaire dominés par l'angoisse, Satan, le Mal et l'aspiration vers Dieu et le Bien.  D'une manière générale, nous dirons que le propre d'une poésie baudelairienne est d'être dominée par les contrastes, les opposés comme le Bien, le Mal, Dieu, Satan, le Spleen, L'idéal. 
 
 
 
 
 
 
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