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Lettres Persanes, Montesquieu, lettre XXIV

Lettres persanes, Montesquieu, la lettre XXIV : commentaire

 un roman épistolaire : les lettres persanes, lettre XXIV

 

 

montesquieu

 

 Les lettres Persanes

 

les philosophes et la civilisation

 

Objet d'étude : La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation, du XVIe siècle à nos jours.

Perspectives : Le mouvement des Lumières/

Les genres de l'argumentation indirecte : contes philosophiques, dialogues philosophiques, romans épistolaires...

Problématique : En quoi la lettre 24 est-elle une dénoncitation idéologique et une critique satirique?

Montesquieu - Lettre 24

 

montesquieu

 

Lecture de la lettre :

Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre; et, par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées. D'ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et il le croient. S'il a une guerre difficile à soutenir, et qu'il n'ait point d'argent, il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier est de l'argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits. Ce que je dis de ce prince ne doit pas t'étonner: il y a un autre magicien plus fort que lui, qui n'est pas moins maître de son esprit qu'il l'est lui-même de celui des autres. Ce magicien s'appelle le pape: tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu'un; que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce. Et, pour le tenir toujours en haleine et ne point lui laisser perdre l'habitude de croire, il lui donne de temps en temps, pour l'exercer, de certains articles de croyance. IL y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution, et voulut obliger, sous de grandes peines, ce prince et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu. Il réussit à l'égard du prince, qui se soumit aussitôt, et donna l'exemple à ses sujets; mais quelques-uns d'entre eux se révoltèrent, et dirent qu'ils ne voulaient rien croire de tout ce qui était dans cet écrit. Ce sont les femmes qui ont été les motrices de toute cette révolte qui divise toute la cour, tout le royaume et toutes les familles. Cette constitution leur défend de lire un livre que tous les chrétiens disent avoir été apporté du ciel: c'est proprement leur Alcoran. Les femmes, indignées de l'outrage fait à leur sexe, soulèvent tout contre la constitution: elles ont mis les hommes de leur parti, qui, dans cette occasion, ne veulent point avoir de privilège. Il faut pourtant avouer que ce moufti ne raisonne pas mal; et, par le grand Ali, il faut qu'il ait été instruit des principes de notre sainte loi: car, puisque les femmes sont d'une création inférieure à la nôtre, et que nos prophètes nous disent qu'elles n'entreront point dans le paradis, pourquoi faut-il qu'elles se mêlent de lire un livre qui n'est fait que pour apprendre le chemin du paradis? J'ai ouï raconter du roi des choses qui tiennent du prodige, et je ne doute pas que tu ne balances à les croire. On dit que, pendant qu'il faisait la guerre à ses voisins, qui s'étaient tous ligués contre lui, il avait dans son royaume un nombre innombrable d'ennemis invisibles qui l'entouraient; on ajoute qu'il les a cherchés pendant plus de trente ans, et que, malgré les soins infatigables de certains dervis qui ont sa confiance, il n'en a pu trouver un seul. Ils vivent avec lui: ils sont à sa cour, dans sa capitale, dans ses troupes, dans ses tribunaux; et cependant on dit qu'il aura le chagrin de mourir sans les avoir trouvés. On dirait qu'ils existent en général, et qu'ils ne sont plus rien en particulier: c'est un corps; mais point de membres. Sans doute que le ciel veut punir ce prince de n'avoir pas été assez modéré envers les ennemis qu'il a vaincus, puisqu'il lui en donne d'invisibles, et dont le génie et le destin sont au-dessus du sien.

 

Lettre XXIV, Lettre persanes

 

montesquieu

 

Montesquieu, philosophe et écrivain du XVIIIème siècle, siècle des lumières est né en 1689 et mort en 1755. Il est de souche noble. Il est l’auteur des Lettres persanes et de L’Esprit des lois. Ses contemporains sont les encyclopédistes, Voltaire, Rousseau, D’Alembert et Diderot. Il s’agit d’une critique. Il renouvelle sa satire des embarras de Paris. Rica visite la France. Au-delà de l’exotisme oriental, les Lettres Persanes sont une critique des mœurs et des institutions françaises tant religieuses que politiques. Le passage se situe sous Louis XIV.

Montesquieu a beaucoup voyagé en Europe. Il est doté d'une ouverture d'esprit ce qui lui donne une vision de la société différente des autres. Philosophe des lumières, il prend position dans divers ouvrages tels que "De l'Esprit des lois" (essai) et "Lettres persanes" (roman épistolaire). Cette œuvre épistolaire est fictive et publiée anonymement à Amsterdam en 1721. Elle regroupe 150 lettres durant lesquelles l'auteur s'imagine la correspondance entre des grands seigneurs (Rica et Usbek), voyageant en France, et un ami Persan à l'epoque de Louis XVI

 

montesquieu

 

  • Commentaire de la lettre :

 

Notes introductives

Les lettres persanes = ouvrage principal de Montesquieu 1721

L'esprit des Lois 1748

Les Lettres Persane = une critique de la société dénaturée. Rica est à l'origine de la satire politique et religieuse dans la lettre XXIV.

I/ Un traité politique

1°) La prééminence du monarque français

La première phrase de la lettre est = « Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe » = nous sommes dans l'affirmation de la prééminence du roi français. C'est le plus puissant. Sa prééminence est encore accentuée par la présence du superlatif. On note une allitération en "p", "plus puissant prince". Le terme prince signifie souverain. Le penseur utilise à la fois le terme de "roi" et celui de "prince". On note ensuite une argumentation logique pour une analyse économique puis une démarche de la documentation par rapport au roi d'Espagne « Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne, son voisin ».

Le pluriel du mot "richesses" marque les ressources importantes dont il dispose. Rica fait preuve d'objectivité, "on lui a vu" quant à ses arguments historiques, militaires puis des raisons économiques et politiques sont ensuite évoquées.

2°) La structuration du texte

A°) La politique intérieure

Pour évoquer la question de la politique intérieure, Montesquieu se sert de la technique de la surenchère. Tout est basé sur une progression "d'ailleurs", un adverbe qui souligne l'aspect évolutif de la question. De la politique extérieure, il passe à la politique intérieure « Il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets ». L'empire est ici associé au pouvoir.

B°) Le pouvoir religieux

La phrase qui traduit la prépondérance du pape est : « Il y a un autre magicien, plus fort que lui ", « Le magicien s’appelle le Pape. ».

Les informations données suivent le raisonnement d'un point de vue logique. La justification est trouve dans la dernière phrase du texte.

II/ Le traitement satirique

1°) La technique du point de vue naïf

Dans le traitement satirique du texte, la technique adoptée est l'étonnement comme dans les lettres 29 ou encore 37. Cette technique permet de mettre en avant la satire de la politique, sa vision sarcastique. Le point de vue naif est mis en avant et déjà perceptible dans le terme de "magicien". Le sarcasme est exacerbé par la présence du chiasme qui vient dénoncer les richesses, la source des richesses, la vanité des sujets. Le chiasme est le suivant : « Il n’a point de mines d’or ; plus inépuisable que les mines ». Cette idée semble évidente par la répétition du verbe avoir et l'opposition entre "richesses" et "vanité" renvoyant à l'allitération en "V", "vanité", "vendre" = 1er constat mis en évidence par le point de vue naif qui crée un effet de surprise et par l'accumulation « ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées ». Le roi ne se soucie pas de ses sujets, la raison d'Etat n'est pas première, seuls comptent ses désirs, "il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets, il les fait penser comme il veut". Le verbe "vouloir" a son importance car il fait du monarque un être capricieux et bien loin des préoccupations qui devraient être les siennes. Le souverain manipulateur s'oppose à la crédulité des sujets ainsi que le suggère le champ lexical la naiveté "il croit", "et ils en sont aussitôt convaincus".

2°) La technique de la décontextualisation

Cela consiste à faire allusion à des faits historiques dans le but de les transfigurer, de les dénaturer.

Utilisation des termes polysémiques, ex, magicien, double sens. De cette manière le souverain passe pour un être odieux, vil. La même technique est appliquée quant aux arguments religieux "tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu'un, que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin" = allusion à la trinité = mystère de la transsubstantiation : le corps du christ est présent dans l'Eucharistie donc le pain est différent du pain. Les conjonctions "ou", "et" soulignent le cynisme du personnage encore renforcé par l'hyperbole "mille autres choses" qui suggère que tout est permis et qu'il n'y a pas de limites dans le pouvoir religieux. Le personnage naif est celui qui accède à la lucidité et qui dénonce = paradoxe du texte.

III/ La dénonciation idéologique

1°) La structuration du texte

Chaque constat semble se doubler d'un éloge. Par exemple "le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe" , "grand", "magicien", "plus fort que lui" "qui n'est pas moins maître de son esprit qu'il l'est lui-même de celui des autres". Il semble procéder à une élogieuse description du portrait du souverain alors qu'il en fait en train de dénoncer le monarque et sa gestion du pays. Reprise de la surenchère avec le comparatif de supériorité "plus fort que lui";

Les déclarations sont accrédités car toutes en rapport avec des faits concrets.

Les propos restent cohérents.

2°) La critique généralisée

A°) La critique de la population

La critique se rapporte à un généralisation : orgueil et vanité se retrouve dans la critique psychologique : « et par un prodige de l’orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées. ». L'aspect universel de la critique est ainsi mis en avant. On note une allitération en "p" qui renforce la généralisation et se rattatche à "plus puissant prince".

B°) La critique du système politique

La critique du système politique passe par les fonctionnements qui sont schématisés. Le vocabulaire devient plus familier, par exemple "leur mettre dans la tête". Montesquieu insiste sur l'aspect un peu primaire du peuple "et ils en sont aussitôt convaincus".

L’allitération en /t/ : « toutes sortes ; en touchant ; tant » insiste sur

l’immoralité d’une telle pratique. On voit un chiasme : « Le roi de France est le plus puissant […] il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets […] tant est grande la force et la puissance qu’il a sur les esprits » = condamnation du régime politique.

C°) La critique du pouvoir religieux

Il y a de nouveau une critique du pouvoir religieux dans le dernier paragraphe. Il semble s'instaurer une complicité entre le religieux et le politique ainsi que le souligne la récurrence du terme "esprit" dans la phrase suivante = « qui n’est pas moins maître de son esprit qu’il l’est lui-même de celui des autres »

l’allitération en /m/ et en /p/ mettent en évidence la manipulation dans le jeu du pouvoir.

 


 
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