Forum bac  Listes EAF, descriptifs bac - Blog des lycéens  

L oral de français

ForumFORUM PEDAGOGIQUE

FORUM PREPABACForum prepabac

 

Skype
Prepabac facebook
Google
Twitter

DOSSIER BAC

Spécial candidats libres

Cned

ORAL EAF

Blogger

 

 

Sartre

Bibliothèque scolaire

11000 documents en ligne

Le bac en ligne metropole etranger candidats libres et lyceens scolarises

Elèves scolarisés   

Candidats libres

Lycées métropole et à  l'étranger      

 

 

Laclos, les Liaisons dangereuses, commentaire littéraire de la lettre 127

Les Liaisons Dangereuses

Choderlos de Laclos 1789

Présentation

 


Laclos


 


Laclos, Les liaisons dangereuses (1782)

Etude de la lettre 127

 

Situation du texte

roman épistolaire mettant en scène deux libertins de la haute société, le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil. Ils étaient amants, tous deux manipulateurs et en quête de manœuvres perverses. Après avoir séduit Cécile de Volanges en respect du pacte passé avec Mme de Merteuil, Valmont doit à présent séduire Madame de Tourvel.

Le combat des femmes est incarnée par Madame de Merteuil qui se sert de la séduction pour exercer son pouvoir sur les hommes et avoir la place désirée dans la société, elle est soucieuse de sa place en société, rebelle, non soumise à l'homme, indépendante  : elle cherche à toujours tout maîtriser pour mieux abuser des hommes tout en s'affichant de manière respectable. Son instrument de domination est la séduction, autre arme, la dissimulation, la manipulation. Ses armes sont masculines.

Dans la lettre 127, elle va humilier les prétentions de Valmont, autre libertin. Leurs relations vont donc se tendre car Madame de Merteuil ne laisse aucun homme exercer un quelconque pouvoir sur elle. Elle va faire preuve d'une grande ironie.

 

Laclos

 

Lecture de la lettre

 


Lettre 127

La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont

Si je n’ai pas répondu, Vicomte, à votre Lettre du 19, ce n’est pas que je n’en aie eu

le temps ; c’est tout simplement qu’elle m’a donné de l’humeur, et que je ne lui ai

pas trouvé le sens commun1. J’avais donc cru n’avoir rien de mieux à faire que de

la laisser dans l’oubli ; mais puisque vous revenez sur elle, que vous paraissez tenir

aux idées qu’elle contient, et que vous prenez mon silence pour un consentement,

il faut vous dire clairement mon avis.

J’ai pu avoir quelquefois la prétention de remplacer à moi seule tout un sérail ; mais

il ne m’a jamais convenu d’en faire partie. Je croyais que vous saviez cela. Au moins,

à présent, que vous ne pouvez plus l’ignorer, vous jugerez facilement combien votre

proposition a dû me paraître ridicule. Qui, moi ! je sacrifierais un goût, et encore un

goût nouveau, pour m’occuper de vous ? Et pour m’en occuper comment ? en attendant

à mon tour, et en esclave soumise, les sublimes faveurs de votre Hautesse.

Quand, par exemple, vous voudrez vous distraire un moment de ce charme inconnu2

que l’adorable, la céleste Mme de Tourvel, vous a fait seule éprouver ou quand vous

craindrez de compromettre, auprès de l’attachante Cécile, l’idée supérieure que vous

êtes bien aise qu’elle conserve de vous : alors descendant jusqu’à moi, vous y viendrez

chercher des plaisirs, moins vifs à la vérité, mais sans conséquence ; et vos

précieuses bontés, quoique un peu rares, suffiront de reste3 à mon bonheur !

Certes, vous êtes riche en bonne opinion de vous-même : mais apparemment je

ne le suis pas en modestie ; car j’ai beau me regarder, je ne peux pas me trouver

déchue jusque-là. C’est peut-être un tort que j’ai ; mais je vous préviens que j’en ai

beaucoup d’autres encore.

J’ai surtout celui de croire que l’écolier, le doucereux Danceny, uniquement occupé

de moi, me sacrifiant, sans s’en faire un mérite, une première passion, avant même

qu’elle ait été satisfaite4, et m’aimant enfin comme on aime à son âge, pourrait,

malgré ses vingt ans, travailler plus efficacement que vous à mon bonheur et à mes

1. sens commun : raison, bon sens.

2. Tous les termes en italiques dans la suite de la lettre sont des citations des lettres précédentes de Valmont.

3. de reste : plus qu’il n’en faut.

  1. Danceny est aussi l’amoureux de Cécile...

 

plaisirs. Je me permettrai même d’ajouter que, s’il me venait en fantaisie de lui

donner un adjoint, ce ne serait pas vous, au moins pour le moment.

Et par quelles raisons, m’allez-vous demander ? Mais d’abord il pourrait fort bien

n’y en avoir aucune : car le caprice qui vous ferait préférer, peut également vous

faire exclure. Je veux pourtant bien, par politesse, vous motiver mon avis. Il me

semble que vous auriez trop de sacrifices à me faire ; et moi, au lieu d’en avoir

la reconnaissance que vous ne manqueriez pas d’en attendre, je serais capable

de croire que vous m’en devriez encore ! Vous voyez bien, qu’aussi éloignés l’un

de l’autre par notre façon de penser, nous ne pouvons nous rapprocher d’aucune

manière ; et je crains qu’il ne me faille beaucoup de temps, mais beaucoup, avant

de changer de sentiment. Quand je serai corrigée, je vous promets de vous avertir.

Jusque-là, croyez-moi, faites d’autres arrangements, et gardez vos baisers ; vous

avez tant à les placer mieux !…

Adieu, comme autrefois, dites-vous ? Mais autrefois, ce me semble, vous faisiez un

peu plus de cas de moi ; vous ne m’aviez pas destinée tout à fait aux troisièmes

rôles ; et surtout vous vouliez bien attendre que j’eusse dit oui, avant d’être sûr de

mon consentement. Trouvez donc bon qu’au lieu de vous dire aussi, adieu comme

autrefois, je vous dise, adieu comme à présent.

Votre servante, Monsieur le Vicomte.

Du Château

de … le 31 octobre 17**

Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, Lettre 127.

Laclos

 

Analyse littéraire et questionnaire EAF

 

 

Proposition de plan de lecture analytique

 

Introduction

I - Les revendications de Mme de Merteuil

Une femme fière, libre, supérieure, indépendante

Refus de se soumettre et de rendre des comptes à un homme

Revendication de son égalité à l'homme

II – Une victoire méprisante et humiliante

L'idéal d'égalité : métaphore du sérail

Complexe de supériorité de l'homme

Humiliation et ironie sarcastique

Conclusion

 

 

Problématique

En quoi la lettre 127 de Madame de Merteuil permet-elle à la Marquise de revendiquer son égalité à l'homme, sa liberté et son indépendance tout en marquant une victoire écrasante et humiliante sur Valmont ?

Laclos

 

I – Les revendications de Madame de Merteuil

La Marquise est une femme singulière au caractère fort, elle n'hésite pas à s'affirmer dans le but de revendiquer ses différences et ses volontés de femme libre et supérieure. Elle refuse le modèle de la femme traditionnelle, soumise et dépendante de l'homme, inférieure ainsi que le suggère les phrases :

« la prétention de remplacer à moi seule tout un sérail », « je ne le suis pas en modestie ». D'un point de vue moral, la Marquise est dominatrice, très affirmée, autoritaire, n'hésitant pas à donner des ordres et à jouer de l'ironie pour être plus convaincante et acerbe. Son désir : toujours maîtriser les choses, décider pour elle-même, garder l'initiative, ne pas s'excuser de ses humeurs.

Ainsi sa réponse à Valmont lui permet de lui dire non : « il faut vous dire clairement mon avis ». Son refus est catégorique et sans appel, ne nécessitant aucune justification, elle décide pour elle-même de ses choix : « par quelles raisons, m’allez-vous demander ? Mais d’abord il pourrait fort bien n’y en avoir aucune ». L'homme n'a pas à lui signifier un quelconque désir, elle n'est pas une femme soumise au désir de l'homme ainsi que le suggère l'antiphrase « les torts » dont elle devrait « être corrigée », à savoir sa volonté incontournable de n'être pas à la portée de l'homme et de revendiquer sa liberté sexuelle et sa volonté de domination par la séduction : elle décide pour elle même. L'ironie lui permet de mettre en avant ses idées de femme singulière et rebelle au statut traditionnel des femmes.

 

Le pacte de la lettre 20 : Valmont estime que la Marquise devrait l'honorer dans le cadre d'une liaison amoureuse avec lui. Cependant ce point de vue n'est pas partager par la Marquise qui estime que Valmont n'a aucun droit sur elle et donc rien à exiger ou à lui imposer sous prétexte qu'ils ont eu une liaison.

« Trouvez donc bon qu’au lieu de vous dire aussi, adieu comme

autrefois, je vous dise, adieu comme à présent ». Elle reste l'auteur de ses décisions et refuse de se soumettre en objet à un homme qui collectionne les conquêtes. Ce serait pour elle une déchéance : « me

trouver déchue jusque-là ».Les femmes sont en outre selon la Marquise dépréciées par les jugements de Valmont, ce qu'elle n'autorise pas. Ici c'est la Femme qui est ciblée et non sa personne en particulier en tant que femme. En tant qu'amant, Valmont n'a pas à déprécier ou juger ses anciennes conquêtes. C'est un choix que l'homme s'accorde à tord et trop librement.

 

La femme doit se suffire à elle-même et revendiquer son égalité par rapport à l'homme dans une indépendance totale. D'où son instance à faire savoir à Valmont qu'elle ne se pliera jamais à sa demande et n'estime en rien lui être redevable : « moi, au lieu d’en avoir la reconnaissance que vous ne manqueriez pas d’en attendre, je serais capable de croire que vous m’en devriez encore ! »

Le ton devient ironique « vos précieuses bontés, quoique un peu rares, suffiront de reste à mon bonheur ! ». Ce sarcasme traduit la liberté totale, sa volonté de ne pas se soumettre, il y va du statut de la femme qui doit se libérer des aliénations inhérentes aux liaisons amoureuses dans lesquelles elle est le plus souvent encore soumise « esclave soumise » et réduite à l'état d'objet.

Sans état d'âme une liberté totale de décision et de choix est affirmée contre la volonté de Valmont à qui elle n'offre pas ce luxe d'obéir et de se plier

 

II – Une victoire méprisante et humiliante

La métaphore du sérail illustre l'idéal d'égalité entre hommes et femmes. Par cette figure, la Marquise canalise les fantasmes de Valmont et au delà, les fantasmes des hommes. Cela permet à Madame de Merteuil de se projeter dans l'imaginaire libertin de Valmont. Ainsi elle évoque plusieurs femmes soumises au maître « tout un sérail », « vous distraire », « chercher des plaisirs », toutes ces femmes sont assimilés à des objets sexuels. Le complexe de supériorité de l'homme est ciblé et la femme est perçue comme victime par sa dépendance de ce vice masculin = « esclave soumise / sublimes faveurs de votre Hautesse / vos précieuses bontés ».

En fait la Marquise tente de se substituer à Valmont et reprend ainsi la métaphore pour elle, il n'est plus le maître, elle devient celle qui dirige, décide et entreprend à partir de la séduction. Elle agit selon ses fantaisies = « lui donner un adjoint », « le caprice

qui vous ferait préférer, peut également vous faire exclure ». La métaphore du sérail et son inversion permettent à la Marquise de revendiquer son égalité dans le libertinage. Ainsi elle se refuse à Valmont et l'humilie en se mettant en avant en tant que femme qui choisit ses amants et n'obéit qu'à ses caprices. Elle se refuse donc à Valmont et se substitue à lui en lui montrant qu'elle aussi peut diriger le jeu et faire subir ses caprices. La femme fait de l'homme dans ce cas de figure l'objet que l'homme faisait de la femme avec Valmont. L'humiliation se poursuit puisqu'elle l'invite à chercher ailleurs : «faites d’autres arrangements, et gardez vos baisers

; vous avez tant à les placer mieux ! »

La lettre permet à la Marquise de mieux cibler Valmont dans son dialogue entre elle et son correspondant = « vous jugerez facilement combien... », « vous voyez bien... », « croyez-moi » = son mépris est total ainsi qu'en témoigne la fin de la lettre = « au moins pour le moment, « beaucoup de temps, mais beaucoup », « adieu comme à présent ».

Le ton dominant du texte est ironique et s'illustre avec les antiphrases

« sublimes faveurs de votre Hautesse », « vos précieuses bontés »

« esclave soumise », « votre servante ». On notera en outre l'ironie dans les formules de politesse = « je me permettrai même d’ajouter », « je veux pourtant bien, par politesse », « je vous promets de

vous avertir »

Elle revendique son égalité et s'estime être l'égale du Vicomte. Elle lui répond dans cette lettre avec les mêmes armes.

 

Conclusion

Dans cette lettre Madame de Merteuil manie l'écriture avec brio pour revendiquer avec ironie ses droits en tant que femme libertine sur l'homme. Elle représente en ce sens l'émancipation féminine. C'est un combat pour sortir du schéma traditionnel de la femme soumise pour devenir indépendante, libre, égale à l'homme.

Ouverture

la liberté du libertin est – elle en question dans ce roman épistolaire ?

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 Prépabac le bac en ligne

Logo prepabac

Boutique en ligne français  philosophie

Coaching scolaire mondial
Elèves scolarisés (lycées français à l'Etranger) et candidats libres

 

Professeur indépendant

  • Identifiant SIRET : 819 269 226 00018
  • APE  :  8559B
Logo prepabac

Français : niveau seconde

Français : Bac pro

Littérature : Dossier bac

Profs en direct le jour du bac

PROF EN DIRECT : BAC 2016

Bac 2016

 

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie


 
Logo prepabac
Préparation à l'examen du baccalauréat : français séries générales, technologiques et bac pro, philosophie   littérature  Bac pro et Brevet : Bac  en ligne sur prepabac.org. Profs en direct le jour du bac : les annales bac . Préparer le bac en ligne : Demande de cours sur skype  - Coaching scolaire mondial = Elèves scolarisés et candidats libres (lycées français à l'étranger )

 

Licence Creative Commons
Bibliothèque scolaire de prépabac est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.prepabac.org/.

Copyright

Droits d'auteur enregistrés, Copyright

Depot.com sous le numéro  00056187

Tous droits réservés

Le site prepabac.org respecte "la loi informatique et liberté "

N° enregistrement CNIL :  1943841