Forum bac  Listes EAF, descriptifs bac - Blog des lycéens  

L oral de français

ForumFORUM PEDAGOGIQUE

FORUM PREPABACForum prepabac

 

Skype
Prepabac facebook
Google
Twitter

DOSSIER BAC

Spécial candidats libres

Cned

ORAL EAF

Blogger

 

 

Sartre

Bibliothèque scolaire

11000 documents en ligne

Le bac en ligne metropole etranger candidats libres et lyceens scolarises

Elèves scolarisés   

Candidats libres

Lycées métropole et à  l'étranger      

 

 

La Fontaine, Discours à Mme de la Sablière

La fontaine

 

 

La fontaine

 

 

Les fables, Jean de la Fontaine

« Discours à Mme de la Sablière »

 

 

Lecture de la fable :

 
  • Iris, je vous louerais: il n'est que trop aisé;
  • Mais vous avez cent fois notre encens refusé,
  • En cela peu semblable au reste des mortelles,
  • Qui veulent tous les jours des louanges nouvelles.
  • Pas une ne s'endort à ce bruit si flatteur.
  • Je ne les blame point; je souffre cette humeur:
  • Elle est commune aux dieux, aux monarques aux belles.
  • Ce breuvage vanté par le peuple rimeur,
  • Le nectar que l'on sert au maître du tonnerre,
  • Et dont nous enivrons tous les dieux de la terre,
  • C'est la louange, Iris. Vous ne la goûtez point;
  • D'autres propos chez vous récompensent ce point:
  • Propos, agréables commerces,
  • Où le hasard fournit cent matières diverses,
  • Jusque là qu'en votre entretien
  • La bagatelle a part: le monde n'en croit rien.
  • Laissons le monde et sa croyance.
  • La bagatelle, la science,
  • Les chimères, le rien, tout est bon; je soutiens
  • Qu'il faut de tout aux entretiens:
  • C'est un parterre où Flore épand ses biens;
  • Sur différentes fleurs l'abeille s'y repose,
  • Et fait du miel de toute chose.
  • Ce fondement posé, ne trouvez pas mauvais
  • Qu'en ces fables aussi j'entremêle des traits
  • De certaine philosophie, Subtile, engageante et hardie.
  • On l'appelle nouvelle: en avez-vous ou non
  • Ouï parler? Ils disent donc
  • Que la bête est une machine;
  • Qu'en elle tout se fait sans choix et par ressorts:
  • Nul sentiment, point d'âme; en elle tout est corps.
  • Telle est la montre qui chemine
  • A pas toujours égaux, aveugle et sans dessein.
  • Ouvez-la, lisez dans son sein:
  • Mainte roue y tient lieu de tout l'esprit du monde;
  • La première y meut la seconde;
  • Une troisième suit: elle sonne à la fin.
  • Au dire de ces gens, la bête est toute telle:
  • " L'objet la frappe en un endroit;
  • Ce lieu frappé s'en va tout droit,
  • Selon nous, au voisin en porter la nouvelle.
  • Le sens de proche en proche aussitôt la reçoit.
  • L'impression se fait." Mais comment se fait-elle?
  • Selon eux, par nécessité,
  • Sans passion, sans volonté:
  • L'animal se sent agité
  • De mouvements que le vulgaire appelle
  • Tristesse, joie, amour, plaisir, douleur cruelle,
  • Ou quelque autre de ces états.
  • Mais ce n'est point cela: ne vous y trompez pas.
  • Qu'est-ce donc? Une montre. Et nous? C'est autre chose.
  • Voici de la façon que Descartes l'expose;
  • Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu
  • Chez les païens, et qui tient le milieu
  • Entre l'homme et l'esprit; comme entre l'huître et l'homme
  • Le tient tel de nos gens, franche bête de somme;
  • Voici, dis-je, comment raisonne cet auteur:
  • Sur tous les animaux, enfants du Créateur,
  • J'ai le don de penser; et je sais que je pense.
  • Or, vous savez, Iris, de certaine science,
  • Que, quand la bête penserait,
  • La bête ne réfléchirait,
  • Sur l'objet ni sur sa pensée.
  • Descartes va plus loin, et soutient nettement
  • Qu'elle ne pense nullement.
  • Vous n'êtes point embarrassée
  • De le croire; ni moi.
  • Cependant, quand aux bois
  • Le bruit des cors, celui des voix,
  • N'a donné nul relâche à la fuyante proie,
  • Qu'en vain elle a mis ses efforts
  • A confondre et brouiller la voie,
  • L'animal chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors,
  • En suppose un plus jeune, et l'oblige, par force,
  • A présenter aux chiens une nouvelle amorce.
  • Que de raisonnements pour conserver ses jours!
  • Le retour sur ses pas, les malices, les tours,
  • Et le change, et cent stratagèmes
  • Dignes des plus grands chefs, dignes d'un meilleur sort.
  • On le déchire après sa mort:
  • Ce sont tous ses honneurs suprêmes.
  • Quand la perdrix
  • Voit ses petits
  • En danger, et n'ayant qu'une plume nouvelle
  • Qui ne peut fuir encor par les airs le trépas
  • Elle fait la blessée, et va traînant de l'aile,
  • Attirant le chasseur et le chien sur ses pas,
  • Détourne le danger, sauve ainsi sa famille;
  • Et puis, quand le chasseur croit que son chien la pille,
  • Elle lui dit adieu, prend sa volée, et rit
  • De l'homme qui, confus, des yeux en vain la suit.
  • Non loin du Nord, il est un monde
  • Où l'on sait que les habitants
  • Vivent, ainsi qu'aux premiers temps,
  • Dans une ignorance profonde:
  • Je parle des humains, car, quant aux animaux,
  • Ils y construisent des travaux
  • Qui des torrents grossis arretent le ravage,
  • Et font communiquer l'une et l'autre rivage.
  • L'édifice résiste, et dure en son entier:
  • Après un lit de bois est un lit de mortier.
  • Chaque castor agit: commune en est la tâche;
  • Le vieux y fait marcher le jeune sans relâche;
  • Maint maître d'oeuvre y court, et tient haut le bâton.
  • La république de Platon
  • Ne serait rien que l'apprentie
  • De cette famille amphibie.
  • Ils savent en hiver élever leurs maisons,
  • Passent les étangs sur des ponts,
  • Fruit de leur art, savant ouvrage;
  • Et nos pareils ont beaau le voir,
  • Jusqu'à présent tout leur savoir
  • Est de passer l'onde à la nage.
  • Que ces castors ne soient qu'un corps vide d'esprit,
  • Jamais on ne pourra m'obliger à le croire:
  • Mais voici beaucoup plus; écoutez ce récit,
  • Que je tiens d'un roi plein de gloire.
  • Le défenseur du Nord vous sera mon garant:
  • Je vais citer un prince aimé de la Victoire;
  • Son nom seul est un mur à l'empire otoman.
  • C'est le roi polonais. jamais un roi ne ment.
  • Il dit donc que, sur sa frontière,
  • Des animaux entre eux ont guerre de tout temps:
  • Le sang qui se transmet des pères aux enfants
  • En renouvelle la matière.
  • Ces animaux, dit-il, sont germains du renard.
  • Jamais la guerre avec tant d'art
  • Ne s'est faite parmi les hommes,
  • Non pas même au siècle où nous sommes.
  • Corps de garde avancé, vedettes, espions,
  • Embuscades, partis, et mille inventions
  • D'une pernicieuse et maudite science,
  • Fille du Styx, et mère des héros,
  • Exercent de ces animaux
  • Le bon sens et l'expérience.
  • Pour chanter leurs combats, l'Achéron nous devrait
  • Rendre Homère. Ah! s'il le rendait,
  • Et qu'il rendît aussi le rival d'Epicure,
  • Que dirait ce dernier sur ces exemples-ci?
  • Ce que j'ai déjà dit: qu'aux bêtes la nature
  • Peut par les seuls ressorts opérer tout ceci;
  • Que la mémoire est corporelle;
  • Et que, pour en venir aux exemples divers,
  • Que j'ai mis en jour dans ces vers,
  • L'animal n'a besoin que d'elle.
  • L'objet, lorsqu'il revient, va dans son magasin
  • Chercher, par le même chemin,
  • L'image auparavant tracée,
  • Qui sur les mêmes pas revient pareillement,
  • Sans le secours de la pensée,
  • Causer un même événement.
  • Nous agissons tout autrement:
  • La volonté nous détermine,
  • Non l'objet, ni l'instinct. Je parle, je chemine:
  • Je sens en moi certain agent,
  • Tout obéit dans ma machine
  • A ce principe intelligent.
  • Il est distinct du corps, se conçoit nettement,
  • Se conçoit mieux que le corps même.
  • De tous nos mouvements c'est l'arbitre suprême;
  • Mais comment le corps l'entend-il?
  • C'est là le point. Je vois l'outil
  • Obéir à la main: mais la main, qui la guide?
  • Eh! qui guide les cieux et leur course rapide!
  • Quelque ange est attaché peut-être à ces grands corps.
  • Un esprit vit en nous, et meut tous nos ressorts;
  • L'impression se fait: le moyen, je l'ignore;
  • On ne l'apprend qu'au sein de la Divinité;
  • Et, s'il faut en parler avec sincérité,
  • Descartes l'ignorait encore.
  • Nous et lui là-dessus nous sommes tous égaux:
  • Ce que je sais, Iris, c'est qu'en ces animaux
  • Dont je viens de citer l'exemple,
  • Cet esprit n'agit pas; l'homme seul est son temple.
  • Aussi faut-il donner à l'animal un point,
  • Que la plante, après tout, n'a point:
  • Cependant la plante respire.
  • Mais que répondra-t-on à ce que je vais dire?

 

 

La fontaine

 

 

Mme de la Sablière était l’amie et la protectrice de la Fontaine. Elle tenait un salon littéraire très fréquenté par le fabuliste. Cette fable est située à la fin du neuvième Livre. Elle relate un combat philosophique à travers lequel La Fontaine remet en question la thèse cartésienne des animaux machine. On y retrouve le thème récurrent de la diversité propre à la poétique de La Fontaine. Il y a trois interlocuteurs, les cartésiens, Iris (dans la mythologie grecque, c’était la messagère ailée des Dieux, l’arc-en-ciel était son écharpe) et La Fontaine. Iris est la porte parole des cartésiens. Nous étudierons dans un premier temps, la théorie de Descartes puis, en second lieu, la philosophie de La Fontaine.

 

I – L’exposé de la théorie de Descartes

1 – Théorie de l’animal machine

Cette fable soulève le débat sur l’intelligence et l’âme des bêtes. Ce n’était pas un débat nouveau au XVIIème siècle. En fait, ce débat est ouvert depuis l’antiquité. La Fontaine l’aborde. Dans le Discours à Mme de la Sablière, La Fontaine commence par donner la parole à ses adversaires, les cartésiens, adeptes de la philosophie nouvelle aux vers 26 et 28. Il engage une spéculation philosophique et métaphysique à laquelle il oppose les chimères et les bagatelles, vers 18 et 19. Descartes est favorable à la thèse des animaux machine, thèse développée dans le Discours de la méthode. Les animaux sont de simples automates, vers 31 et 32. Les bêtes n’auraient pas le libre arbitre, elles sont soumises à la mécanique du déterminisme, aux ressorts, elles ne sont que matière. Les vers 36 à 40 illustrent le fait que les bêtes sont dépourvues de raison et exclusivement soumises au déterminisme et à la fatalité du mécanisme du déterminisme. Jusqu’au vers 40, les cartésiens exposent la théorie des animaux machine.

2 – le mécanisme de la sensation

A partir du vers 40, les cartésiens reprennent la parole pour donner une explication du mécanisme de la sensation chez l’animal. Le dialogue se poursuit entre Iris et La Fontaine. Des vers 29 à 66, on comprend que les animaux n’ont pas d’âme, qu’ils n’éprouvent aucune sensation et qu’ils ne possèdent aucune intelligence. Ce sont des machines animées par des ressorts comme peuvent l’être les aiguilles d’une montre, vers 33. On comprend que tout se fait chez les bêtes par nécessité, vers 45 à 50, sans passion, sans volonté uniquement par causes nécessaires, sans aucune agitation de l’âme. Les hommes agissent librement, les animaux par nécessité, vers 31, selon un mécanisme. L’animal est simplement agité de mouvements purement matériels dans lesquels l’âme n’intervient pas, vers 63 à 66. La métaphore de la montre prouve que l’animal est juste frappé par l’objet sensoriel comme une montre, une machine, vers 40 à 44. Il n’y a donc que des mouvements, c’est-à-dire des actions, des ressorts. Ainsi, la bête ne réfléchirait pas au sens philosophique du terme, cela supposerait une pensée capable de réflexivité, vers 60. Or si la bête pensait, vers 62, elle ne penserait pas recevoir des sensations.

 

La Fontaine quitte le plan des constructions dogmatiques pour se transporter sur celui des faits et de l’observation. Quatre exemples et une fable lui permettent de réfuter la doctrine de Descartes.

La fontaine

II – La théorie de La Fontaine

1 - la réfutation de Descartes par l’exemple

Dans un premier temps, des vers 68 à 81, nous voyons l’exemple du cerf pressé par une meute de chiens lors d’une chasse à courre. On remarque que le cerf déjoue ses poursuivants en brouillant les pistes.

Des vers 82 à 91, l’exemple de la perdrix est mis en avant, elle détourne sur elle l’attention du chasseur pour sauver ses petits.

Ensuite, des vers 92 à 115, l’exemple illustrateur est celui des castors, ils se protègent des rigueurs de l’hiver en construisant des maisons très solides. Nous avons au vers 105, une allusion à Platon, La République, la communauté idéale pourrait avoir des leçons à recevoir de la communauté des castors.

Enfin, les animaux voisins des renards témoignent d’une ruse et d’une finesse supérieure à celles du renard, aux vers 116 à 135.

Ces quatre exemples, renversent la théorie de Descartes pour lui substituer celle de Gassendi. Les animaux pour agir de la sorte ont une certaine intelligence, ils ont du bon sens, le sens de l’expérience et une mémoire corporelle, ils se souviennent de l’expérience passée. Ils ne sont donc pas simplement comme le pensait Descartes, dotés d’un instinct mécanique. S’ils sont doués de mémoire corporelle, l’existence de cette mémoire n’implique pas l’existence de la pensée. Pour parachever sa démonstration, La Fontaine insère une fable dans le discours, vers 179 à 237. Des rats trouvent un œuf pour leur festin. Un renard survient. Comment transporter l’œuf pour le mettre en sûreté ? Il est impossible de le rouler. Un des deux rats se met alors sur le dos, prend l’œuf entre ses pattes tandis que l’autre tire l’attelage par la queue. Cela est, pour La Fontaine, la preuve que les animaux sont doués d’une faculté d’intervention.

2 – Les convictions de La Fontaine

A défaut d’une raison raisonnante, les animaux ont l’esprit semblable à celui des jeunes enfants, vers 199 à 202. Il n’est pas développé mais il existe ; Cet esprit les rend capables de sentir et de juger. De l’intelligence, il passe ensuite à la question de l’âme ; Il considère deux sortes d’âmes, l’une matérielle et mortelle qui insuffle la vie, l’autre immatérielle et immortelle qui rapproche de Dieu. L’être humain a les deux, l’animal n’est doté que de la première, « imparfaite et grossière », vers 237. Tout dépend de l’action de l’âme universelle, vers 168. Quand cette action est faible, elle produit les règnes minéraux et végétaux. Lorsqu’elle est plus forte, elle crée le règne animal. Quand elle est encore plus nette, elle aboutit à la formation de l’homme. Un même principe vital anime la nature et l’âme végétative est dans les plantes, l’âme sensitive, dans les bêtes et l’âme raisonnable dans l’homme.

 

Conclusion

Le Discours à Mme de la Sablière est un plaidoyer vigoureux en faveur de l’existence de l’âme des bêtes ; Sa foi en l’existence d’une âme et d’une intelligence chez les animaux a des conséquences philosophiques. Dans cette hypothèse, l’homme, s’il conserve sa supériorité, n’est plus l’unique créature douée de raison.

 

 

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 Prépabac le bac en ligne

Logo prepabac

Boutique en ligne français  philosophie

Coaching scolaire mondial
Elèves scolarisés (lycées français à l'Etranger) et candidats libres

 

Professeur indépendant

  • Identifiant SIRET : 819 269 226 00018
  • APE  :  8559B
Logo prepabac

Français : niveau seconde

Français : Bac pro

Littérature : Dossier bac

Profs en direct le jour du bac

PROF EN DIRECT : BAC 2016

Bac 2016

 

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie


 
Logo prepabac
Préparation à l'examen du baccalauréat : français séries générales, technologiques et bac pro, philosophie   littérature  Bac pro et Brevet : Bac  en ligne sur prepabac.org. Profs en direct le jour du bac : les annales bac . Préparer le bac en ligne : Demande de cours sur skype  - Coaching scolaire mondial = Elèves scolarisés et candidats libres (lycées français à l'étranger )

 

Licence Creative Commons
Bibliothèque scolaire de prépabac est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.prepabac.org/.

Copyright

Droits d'auteur enregistrés, Copyright

Depot.com sous le numéro  00056187

Tous droits réservés

Le site prepabac.org respecte "la loi informatique et liberté "

N° enregistrement CNIL :  1943841