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Camus, l'Etranger, analyse littéraire de la dernière page du livre

 L'Etranger de Camus

 

Camus

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lecture analytique

Excipit, L’Etranger, Albert Camus, 1942

 

Depuis « Alors, je ne sais pas pourquoi […] » jusqu’à la fin.

 

 

 

Lecture du texte :

 

TEXTE :

Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. Je me suis mis à crier à plein gosier et je l’ai insulté et je lui ai dit de ne pas prier. Je l’avais pris par le collet de sa soutane. Je déversais sur lui tout le fond de mon cœur avec des bondissements mêlés de joie et de colère. Il avait l’air si certain, n’est-ce pas ? Pourtant, aucune de ses certitudes ne valait un cheveu de femme. Il n’était même pas sûr d’être en vie puisqu’il vivait comme un mort. Moi, j’avais l’air ‘avoir les mains vides. Mais j’étais sûr de moi, sûr de tout, plus sûr que lui, sûr de ma vie et de cette mort qui allait venir. Oui, je n’avais que cela. Mais du moins, je tenais cette vérité autant qu’elle me tenait. J’avais eu raison, j’avais encore raison, j’avais toujours raison. J’avais vécu de telle façon et j’aurais pu vivre de telle autre. J’avais fait ceci et je n’avais pas fait cela. Je n’avais pas fait elle chose alors que j’avais fait cette autre. Et après ? C’était comme si j’avais attendu pendant tout le temps cette minute et cette petite aube où je serai justifié. Rien, rien n’avait d’importance et je savais bien pourquoi. Lui aussi savait pourquoi. Du fond de mon avenir, pendant toute cette vie absurde que j’avais menée, un souffle obscur remontait vers moi à travers des années qui n’étaient pas encore venues et ce souffle égalisait sur son passage tout ce qu’on me proposait alors dans les années pas plus réelles que je vivais. Que m’importaient la mort des autres, l’amour d’une mère, que m’importaient son Dieu, les vies qu’on choisit, les destins qu’on élit, puisqu’un seul destin devait m’élire moi-même et avec moi des milliards de privilégiés qui, comme lui, se disaient mes frères. Comprenait-il, comprenait-il donc ? Tout le monde était privilégié. Il n’y avait que des privilégiés. Les autres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait. Qu’importait si, accusé de meurtre, il était exécuté pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère ? Le chien de Salamano valait autant que sa femme. La petite femme automatique était aussi coupable que la Parisienne que Masson avait épousée ou que Marie qui avait envie que je l’épouse. Qu’importait que Raymond fût son copain autant que Céleste qui valait mieux que lui ? Qu’importait que Marie donnât aujourd’hui sa bouche à un nouveau Meursault ? Comprenait-il donc, ce condamné, et que di fond de mon avenir… J’étouffais en criant tout ceci. Mais, déjà, on m’arrachait l’aumônier des mains et les gardiens me menaçaient. Lui, cependant, les a calmés et m’a regardé un moment en silence. Il avait les yeux pleins de larmes. Il s’est détourné et il a disparu.

Lui parti, j’ai retrouvé le calme. J’étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j’ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu’à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. A ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé. Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m’était à jamais indifférent. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai pensé à maman. Il me semblait que je comprenais pourquoi à la fin d’une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s’éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n’avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m’avait purgé du mal, vidé d’espoir, devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine.

 

Problématique :

  • Comment Meursault parvient-il à s’accepter tout en découvrant l’absurdité de la condition humaine ?

 

Introduction :

Meursault a été condamné à mort pour avoir commis un meurtre sur un arabe, il attend son exécution. Il est à présent confronté à l'aumônier dans sa cellule : nous verrons dans ce passage qui correspond à la dernière page du livre comment Meursault confronté à la mort s'élève pour la toute première fois au sens profond de la vie et de sa vie

Dans le but de répondre à notre question :

Comment Meursault parvient-il à s'accepter tout en découvrant l'absurdité de la condition humaine, nous verrons dans un premier temps, la réflexion sur lui-même, puis la révolte et enfin la réconciliation avec le monde

 

Analyse de l'excipit

 

  1. Une réflexion sur lui-même

 

  1. Un narrateur au centre de la scène

Cet excipit permet au narrateur de faire un point sur lui-même. Il se place au centre de sa réflexion avec l’omniprésence du pronom « je », plus encore que dans le reste du récit.

 

  1. Acceptation de soi

Ici, Meursault, s’accepte et reconnaît les actes qu’il a commis. Il s’affirme et reconnaît ses opinions. « J’avais eu raison, j’avais encore raison, j’avais toujours raison » . Il fait référence à ses actes passés.

 

  1. Etirement de temps

Meursault réfléchit sur une période de temps bien plus longue que d’habitude, au lieu du présent, passé proche et futur proche on retrouve du plus que parfait « que j’avais menée » « j’avais vécu de telle façon ». Durant tout le récit, il était enfermé dans le présent, ici il a une vision bien plus large.

 

  1. Une révolte

  1. Une révolte très vivante et oralisée

L’utilisation de l’imparfait et du passé composé rendent la révolte de Meursault très vivante : elle est oralisée. « C’était comme si » « Que m’importaient » « je l’ai insulté ». Les phrases interrogatives aussi sont utilisées pour mettre en exergue cette révolte, la rendre réelle et vivante. « Comprenait-il, comprenait-il donc ? », « Et après ? »

 

  1. Pour Meursault, aucune vérité n’est acceptable et tout est remis en question

Meursault remet tout en cause dans cette scène. « Aucune de ces certitudes ne valaient un cheveu de femme », « Rien, rien n’avait d’importance ». Tous les repères se révèlent factices et les personnages sont interchangeables, ils ne sont aucunement uniques. « un nouveau Meursault », « Le chien de Salamano valait autant que sa femme. »

 

  1. Seule la mort a pu justifier son existence

Toute l’existence de Meursault était absurde durant le roman mais alors qu’il est à quelques heures de sa mort, elle prend toute son importance. « j’ai senti que j’avais été heureux » (l.37) « cette grande colère m’avait purgée » (l.35) « je me suis senti prêt à tout revivre » (l.34)

 

  1. Une réconciliation avec le monde

 

  1. Renaissance

Alors qu’il est condamné à mort, Meursault renaît. On relève en effet le champ lexical du renouveau : « petite aube », « mon avenir », « recommencer », « revivre », « première fois », « espoir », mélangé à celui de la mort et de la fin « mort », « condamnerait » ( « meurtre », « exécuté », « condamné », « la fin d’une vie », « des vies s’éteignaient », « mon exécution ».

 

  1. La découverte du bonheur

Meursault découvre enfin le bonheur, enfin des sentiments paraissent le toucher : « j’ai senti que j’avais été heureux et que je l’étais encore », « grande colère », « espoir ». Il accepte de ressentir et renonce à l’impossible. Il devient lucide et par conséquent humain et héroïque.

 

 

  1. Nouvel attachement au monde et à la vie

Tout à coup, Meursault devient attaché au monde et à ce qui le compose. « La merveilleuse paix de cet été endormi ». Meursault prend conscience de ce qui l’entoure.

 

Conclusion :

C'est un extrait essentiel qui fait du personnage tragique un héros lucide, passé du meurtre, de la plus grande tragédie à la prise de conscience de lui-même. La proximité avec la mort donne un sens à la vie de Meursault, il s'ouvre sur le monde et voit pour la première fois. Il affirme sa vérité et s'élève à l'absurdité du monde, il refuse la vérité du prêtre.

Meursault reflète t'-il les convictions philosophiques de Camus ?

 

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