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Quelle relation les poètes entretiennent-ils avec leur muse ? Question de corpus du Bellay, Apollinaire, Baudelaire, Malherbe, Corbière

litterature

 

 



 Joachim du Bellay, Les Regrets (1558) sonnet VI

François de Malherbe, Les délices de la poésie française (1620) « Sonnet à Caliste » (ne fait pas parti du descriptif)

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1861) «La muse malade »

Guillaume Apollinaire, Il y a (1925) « Per te praesentit arupex » (par toi l’aruspice comprend)

Tristan Corbière, Les Amours jaunes (1873) « Sonnet avec la manière de s’en servir »




Ce corpus nous présente plusieurs sonnets de différents poètes, chacun s’exprimant à propos de leur œuvre et leur inspiration. On retrouve dans les sonnets de Du Bellay, De Malherbe, Baudelaire, Apollinaire et Corbière leur profond attachement à leur muse et à leur œuvre allant jusqu’à l’amour.

Quelle relation les poètes entretiennent-ils avec leur muse ?



A travers les sonnets, poèmes d’une forme très travaillée et complète, les poètes expriment leur amour, autant à leur muse, qu’aux œuvres que ces dernières ont permis de créer. Le champ lexical de l’amour est omniprésent dans ces textes ; ses muses donnent à Joachim du Bellay de « doux plaisirs », François de Malherbe dit de Caliste, sa muse, qu’ « Amour est en ses yeux » et emploie le verbe « adorer » et Guillaume Apollinaire, lui, déclare son amour dès le premiers vers « mon très cher amour, toi mon œuvre et que j’aime ». Leur muse leur permet de réaliser leur œuvre, leur poésie et elles sont donc indispensables, Charles Baudelaire avec une métaphore dans « la muse malade » au vers 10 « Ton sein de pensers », sous-entend que la muse est source d’inspiration et que c’est de là qu’il tire ses « pensers », son génie. L’absence d’inspiration se traduit par une « muse malade » « pauvre muse » dans le sonnet extrait des Fleurs du mal, Joachim du Bellay lui écrit : « les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient » ; ce manque, cette absence est insoutenable pour le poète, il souffre de cette situation : par exemple Joachim du Bellay dans son sonnet VI est victime de « mépris de fortune ». En outre la relation entre la muse et le poète est très forte, il lui voue un attachement très fort grâce aux miracles dont elle est capable.



La muse, inspiration du poète, permet la poésie. La poésie permet l’élévation du poète au-dessus du commun des mortels ; son art est considéré divin. Cela explique l’attachement que porte le poète à sa muse. On le voit dans Les Regrets lorsque le poète marque une opposition entre l’époque où il était « maître de soi », quand les muses étaient à ses côtés alors que « maintenant la Fortune est maîtresse de » lui. Il a perdu son attribut divin « Cette divine ardeur, je ne l’ai plus aussi », son inspiration qui lui attribuait une certaine supériorité, maintenant, il se pose des questions marquées par des phrases interrogatives. Dans « Sonnet à Caliste » on retrouve la même référence à la sphère céleste « n’élève à sa gloire une marque éternelle » « miracle ». « La muse malade » de Baudelaire a elle aussi un aspect mythologique avec le « succube », « un fabuleux Miturnes » , « Phoebus, et le grand Pan ». « Per te praesentit aruspex » explicite clairement ce que Guillaume Apollinaire pense de son art et de son œuvre au vers 14 « Ô toi, ma créature et ma divinité ! ». Corbière dans « Sonnet avec la manière de s’en servir » renforce la connotation divine de la poésie et particulièrement du sonnet en utilisant la périphrase « télégramme sacré ».



Ainsi, Joachim du Bellay, François de Malherbe, Charles Baudelaire, Guillaume Apollinaire et Tristan Corbière ont choisi d’exprimer leur affection allant jusqu’à l’adoration de leur muse en faisant ressortir l’aspect mythique et le côté divin de leur art. Pour cela, le sonnet était un genre idéal, étant le poème considéré « parfait ».

 

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