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Fonctions théâtrales des scènes de Plaute, Ménandre et Sophocle : question de corpus


 Sophocle, Antigone, Les belles Lettres, 1962, trad. De Paul Mazon, coll. Le Livre de Poche, p. 102-104. (Dramaturge grec, 495 av. J. C. à 406 av. J. C.)

 
CRÉON. — Et toi, toi qui restes là, tête basse, avoues-tu ou nies-tu le fait ?
ANTIGONE. — Je l’avoue et n’ai garde, certes, de le nier.
CRÉON (au Garde). — Va donc où tu voudras, libéré d’une lourde charge. (Le Garde sort. A Antigone.) Et toi, maintenant, réponds-moi, sans phrases, d’un mot. Connaissais-tu la défense que j’avais fait proclamer ?
 
ANTIGONE. — Oui,  je la connaissais : pouvais-je l’ignorer ? Elle était des plus claires.
CRÉON. — Ainsi tu as osé passer outre à ma loi ?
ANTIGONE. — Oui, car ce n’est pas Zens qui l’avait proclamée ! ce n’est pas la Justice, assise aux côtés des dieux infernaux ; non, ce ne sont pas là les lois qu’ils ont jamais fixées aux hommes, et je ne pensais pas que tes défenses à toi fussent assez puissantes pour permettre à un mortel de passer outre à d’autres lois, aux lois non écrites, inébranlables, des dieux ! Elles ne datent, celles-là, ni d’aujourd’hui ni d’hier, et nul ne sait le jour où elles ont paru. Ces lois-là, pouvais-je donc, par crainte de qui que ce fût, m’exposer à leur vengeance chez les dieux ? Que je dusse mourir, ne le savais-je pas ? et cela, quand bien même tu n’aurais rien défendu. Mais mourir avant l’heure, je le dis bien haut, pour moi, c’est tout profit lorsqu’on vit comme moi, au milieu de malheurs sans nombre, comment ne pas trouver de profit à mourir ? Subir la mort, pour moi n’est pas une souffrance. C’en eût été une, au contraire, si j ‘avais toléré que le corps d’un fils de ma mère n’eût pas, après sa mort, obtenu un tombeau. De cela, oui, j ‘eusse souffert ; de ceci je ne souffre pas. Je te parais sans doute agir comme une folle. Mais le fou pourrait bien être celui même qui me traite de folle.
 
LE CORYPHÉE. — Ah ! qu’elle est bien sa fille ! la fille intraitable d’un père intraitable. Elle n’a jamais appris à céder aux coups du sort.
CRÉON — Oui, mais sache bien, toi, que ces volontés si dures sont celles justement qui sont aussi le plus vite brisées. Il en est pour elles comme pour le fer, qui, longuement passé au feu, cuit et recuit, se fend et éclate encore plus aisément. Ne voit-on pas un simple bout de frein se rendre maître d’un cheval emporté ? Non, on n’a pas le droit de faire le fier, lorsque l’on est aux mains des autres. Cette fille a déjà montré son insolence en passant outre à des lois établies ; et, le crime une fois commis, c’est une insolence nouvelle que de s’en vanter et de ricaner. Désormais, ce n’est plus moi, mais c’est elle qui est l’homme, si elle doit s’assurer impunément un tel triomphe. Eh bien ! non. Qu’elle soit née de ma sœur, qu’elle soit encore plus proche de moi que tous ceux qui peuvent ici se réclamer du Zeus de notre maison, il n’im­porte ni elle ni sa sœur n’échapperont à une mort infâme. Oui, celle-là aussi, je l’accuse d’avoir été sa complice pour ensevelir le mort. (A ses esclaves.) Appelez-la-moi. Je l’ai vue dans la maison tout à l’heure, effarée, ne se dominant plus. C’est la règle ils sont toujours les premiers à dénoncer leur fourberie, ceux qui manœuvrent sournoisement dans l’ombre. (Se retournant vers Antigone.) Ce qui ne veut pas dire que j’aie moins d’horreur pour le criminel saisi sur le fait qui prétend se parer encore de son crime.
ANTIGONE. — Tu me tiens dans tes mains : veux-tu plus que ma mort ?
CRÉON. — Nullement : avec elle, j’ai tout ce que je veux.
ANTIGONE. — Alors pourquoi tarder ? Pas un mot de toi qui me plaise, et j’espère qu’aucun ne me plaira jamais. Et, de même, ceux dont j’use sont-ils pas faits pour te déplaire ? Pouvais-je cependant gagner plus noble gloire que celle d’avoir mis mon frère au tombeau ? Et c’est bien ce à quoi tous ceux que tu vois là applaudiraient aussi, si la peur ne devait leur fermer la bouche. Mais c’est — entre beaucoup d’autres —l’avantage de la tyrannie qu’elle a le droit de dire et faire absolument ce qu’elle veut.
 
Ménandre, Le Bourru, Acte III, scènes 1 à 3 (Auteur grec, 316 av. J-C.)
 
 
 
Plaute, Aulularia (La marmite), Acte IV, Scène XI (Poète comique latin, de 254 à 184 av. J-C.)
 
EUCLION.

 

Je suis perdu ! je suis mort ! je suis assassiné ! Où courir ? où ne pas courir ? Arrête, arrête ! Qui ? je ne sais, je ne vois rien, je vais en aveugle ; je ne puis reconnaître où je suis, qui je suis. Par pitié, je vous en prie, je vous en Conjure, venez-moi en aide, montrez-moi celui qui me l'a prise.... Vous autres qui êtes assis là, cachés dans vos robes blanchies, comme si vous étiez d’honnêtes gens.... Que dis-tu, toi ? je veux t’en croire, tu m’as tout l’air d’un brave homme.... Qu’est-ce ? vous riez ? Ah ! je vous connais tous, je sais qu’il y a ici plus d’un voleur.... Hein ! personne ne l'a ? Tu me fais mourir.... Allons, parle, qui est-ce qui l’a ?... Tu l’ignores ! Ah ! malheureux, malheureux ! on m’a coupé la gorge, on m’a perdu sans ressource. Fatale journée qui m’apporte les larmes, le noir chagrin, la faim, la pauvreté ! Est-il sur la terre un être aussi misérable que moi ? Qu’ai-je à faire au monde après avoir perdu tant d’or que je gardais si soigneusement ? Je me privais du nécessaire, je me refusais le moindre plaisir ; et d’autres maintenant se réjouissent de ma ruine et de ma perte. Ah ! je n’y résisterai pas.
 
 
 
QUESTION DE CORPUS: Quelles sont les fonctions théâtrales de ces trois scènes?
 
Tout d’abord, 1ère fonction = faire des dialogues où la parole est action
Sophocle : « Et toi, toi qui restes là, tête basse, avoues-tu ou nies-tu le fait ? » : Interrogation qui amène une réponse (action, jeu de questions/réponses) +Verbes performatifs ( qui sont une action en eux-mêmes, comme jurer et promettre).
Fonction : Dialogue argumentatif, mise en scène d’une confrontation de deux points de vue.
Ménandre : « Pangon, allez ! Plus vite » : Impératif qui doit en principe produire une action = actes de langage (Lorsque le langage produit des actes). Ces injonctions théâtrales conduisent à des jeux de scène : fonction des didascalies = le théâtre est fait de mots, de gestes, de ton...
Plaute : « Où courir ? où ne pas courir ? Arrête, arrête ! Qui ? » : Même procédés = interrogation + injonctions (impératifs)
Rôle du jeu de l’acteur qui donne vie au texte, le monologue est fait pour être joué, représenté = 1ère fonction du théâtre = art du spectacle.
 
 
 
En outre, 2ème fonction = Faire ressentir des émotions
Sophocle : « ANTIGONE. — Tu me tiens dans tes mains : veux-tu plus que ma    mort ? » : Métaphore (tu me tiens dans tes mains) + prolepse (qui annonce la suite) = la mort du personnage.
Fonction = registre tragique = la fatalité et la mort mises en scène à travers le personnage d’Antigone.
 
Ménandre : Tout le monologue de Cnémon. Vocabulaire dépréciatif et axiologique (qui livre un jugement) : « Misérables, brigands, fléau (métaphore) »
Fonction = Personnage typique du misanthrope asocial et vindicatif = créer des types de personnages, des caricatures.
 
Plaute : « Hein ! personne ne l'a ? Tu me fais mourir.... Allons, parle, qui est-ce qui l’a ?... Tu l’ignores » : Dialogue avec lui-même (jeu des pronoms personnels)
Fonction = Comique = faire rire le spectateur, mais aussi personnage type de l’avare dont l’avarice rend fou.
 
 
 
Enfin, 3ème fonction = Faire réfléchir
Sophocle : « Pouvais-je cependant gagner plus noble gloire que celle d’avoir mis mon frère au tombeau ? » : Vocabulaire hyperbolique + système superlatif.
Fonction = mise en débat de la valeur de l’engagement et du sacrifice au service des idées, ici, la justice divine est supérieure à la justice humaine = dimension politique.
 
Ménandre :  « Mais voyez la façon de sacrifier, à ces brigands ! » : Impératif (qui s’adresse au spectateur) + vocabulaire dépréciatif.
Fonction = satire sociale + dimension religieuse.
 
Plaute : « Fatale journée qui m’apporte les larmes, le noir chagrin, la faim, la pauvreté ! » : Groupe quaternaire de termes dysphoriques
Fonction = satire sociale = faire réfléchir le spectateur sur les défauts humains en les amenant à réfléchir par le rire : « Castigat ridendo mores » (citation de J. Santeuil qui s’inspire lui-même d’Horace).
 
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