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L'absurde, étude du concept dans l'Etranger de Camus

Meursault, incarnation de l'absurde camusien

 

Camus, la foi métaphysique : le messianisme terrestre

 

 

 

 

 

Camus, L’Etranger. Lecture en ligne de l'analyse sur prépabac

 

 

*** Bac en ligne, lecture du commentaire en ligne sur prépabac

 

Fiche de lecture

Descriptif :

L’analyse fait six pages word police 14. Cette étude sur la littérature de Camus fait référence aux ouvrages suivants : Noces, l’Etranger et Caligula

Plan de l’étude :

  • Le salut de l’homme au sein de la terre
  • L’élément soleil
  • L’élément terre
  • - Le soleil : la divinité terrestre de Noces
  • L’accord de l’homme et du monde
  • Un promesse de bonheur

 

 

Le document fait 6 pages word police 14, il comprend une introduction et un long développement sur la question camusienne des dieux terrestres avec de nombreuses références bibliographiques et une réflexion approfondie du messianisme terrestre ou du salut au sein de la terre et du devenir chez le penseur.

 

Lecture en ligne de la fiche de lecture de prépabac

 

L'Etranger de Camus

S’il n’y a pas de salut hors de ce monde, si l’homme doit détourner son regard de l’autel des dieux célestes, se détacher des mythes et ne pas se faire l’esclave de l’histoire, il est encore une autre promesse que ce monde peut tenir, celle d’un bonheur possible pour qui sait accueillir le soupir de la terre d’été en Algérie. Car, à Tipasa les Dieux sous le soleil, la mer et la lumière cachent un grand bonheur. Celui qui de ce monde sait faire sa divinité ne sera pas dupe de la tromperie des Dieux, offrant tous les signes de l’espoir et de la rédemption. La seule vérité possible est celle que « la main peut toucher » (38).

L’homme fidèle à sa patrie, la terre, peut trouver la terre promise. Celui qui s’approche assez du monde connaîtra l’orgueil, l’accord, le silence et l’amour, il portera en lui l’universelle, l’inébranlable vérité ainsi que l’unique certitude de l’âme clairvoyante, c’est-à-dire, sans consolation. « Sentir ses liens avec la terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu’il est toujours un lieu où le cœur trouvera son accord, voici déjà beaucoup de certitude pour une seule vie » (39).

Hors du soleil tout est inutile et dérisoire, sans la complicité de la terre et de la mer, aucun accomplissement dans la mesure et l’amour ne saurait s’élever à la condition de l’homme. Rien ne doit le distraire de cette tumultueuse et fugace passion pour les pierres chaude, le soleil d’été, la mer et la terre en fête. Ne pas se détourner des dieux de la terre, admettre la vérité du monde, ne pas pécher contre la vie, voir pour croire en l’éternité du monde la pierre et de la terre, c’est admettre que « l’unité s’exprime ici en termes de soleil et de mer » et reconnaître que nous retrouvons sur la terre, « cette union que souhaitait Plotin » (40). La seule réalité reste celle du présent sans avenir, sans mythes, sans consolation, sans défense contre la mort, sans bonheur surhumain, sans vérités idéales et sans le « bonheur des anges ». Vivre sans tricher, c’est vivre sous le soleil, Dieu de l’été, suspendu à l’éternité de l’instant, l’éternel présent détaché des religions salvatrices. Le seul salut de l’humanité consiste à jouir dans le moment de la beauté et des fêtes de la terre, seul bonheur humain qui naît de l’absence de l’espoir, « où l’esprit trouve sa raison dans le corps » (41).

Dans l’évangile de Noces, le soleil représente une valeur positive (tout comme la mer, symbole du retour aux origines) ; complice, chaud, protecteur, véritable divinité terrestre. Il offre à l’homme dans sa splendeur solaire le secret du monde. Placé sous le symbole du soleil, cet essai nous ramène à l’expérience de notre propre destin. Sous le soleil se joue la vie lucide dans la jouissance de l’instant mais dépourvue d’illusions, de consolation. Il accueille Marie puis Meursault qui s’exaltent à nager sous le ciel plein de tendresse, il suscite l’euphorie : ce passage de l’Etranger est le seul où les deux personnages se sentent d’accord dans leurs gestes et dans leur contentement. Choisir la terre et la mort avec elle signifie rester fidèle à ses propres limites sous le soleil et voir ce monde qui n’a pas besoin de nous, qui nous a précédés et nous survivra ; c’est encore se confondre avec l’éternité de l’univers, seule concevable. Fusionner n’est plus synonyme dans Noces de dépossession de soi-même. Les Dieux servent de lit et bientôt nous ramènent au point d’origine suscitant en l’homme respect et terreur, mais amour et désespoir ne sont que l’envers et l’endroit d’une même réalité : celle d’un monde sans Dieu. L’engagement existentiel de l’homme consiste à entrer dans la terre habitée par les Dieux qui parlent sous le soleil, dans un « monde jaune et bleu » avant de s’assimiler au royaume de la pierre et des ruines. Il nous faut suivre pas à pas dans la profusion des odeurs et des couleurs « le grand libertinage de la nature » (42) qu’il nous suffit de contempler, car vivre n’est pas exprimer mais voir. Voir l’invisible promesse de bonheur en retenant contre soi »cette joie qui descend du ciel et de la mer » (43) tout en se sachant condamné à notre matérialité. Il nous faut aimer sans mesure, sans masques, dans le dénuement le plus total sans jamais rien abandonner de soi-même. « Il n’y a pas de honte à être heureux » (44) et si fidèle à notre condition d’homme nous sommes, il ne nous faut pas nier la joie de vivre ni l’appel de l’amour et du désir de vivre par tout le corps. Dans la solitude de l’homme sans Dieu, l’homme dans son devoir d’être heureux peut goûter à l’amour satisfait. Seul compte l’accord entre l’homme et le monde sous le ciel sans limites au sein de la terre et au cœur du soleil. Djémila et Tipasa sont les métaphores de cette leçon d’amour. L’auteur nous rapporte que si longuement frotté du vent de Djémila, son étreinte le fit pierre parmi les pierres, lui donna la solitude d’une colonne ou d’un olivier, au point que dit-il : « je suis ce vent et dans le vent, ces colonnes et cet arc, ces dalles qui sentent chaud et ces montagnes pâles autour de la ville déserte » (45) : lui faisant sentir à la fois et pour la première fois le détachement de lui-même et sa présence au monde.

Dans ce monde qui ne manque pas de Dieux, le refus de la consolation et de la foi en une autre vie doivent nous engager à profiter de la richesse présente et de la beauté du monde pour consentir en tant qu’être de matière à la mort sans retour et à la conscience clairvoyante que l’être fini demain mourra tout entier « devant ce cri de pierre lugubre et solenne… devant cette mort de l’espoir et des couleurs… sans aucun remède contre la mort » (46).

L’homme lucide, conscient de ses propres limites, satisfait de vivre dans la joie, sans honte de jouir de la fascinante beauté de la nature qui s’offre dans le libertinage, celui –là donne son consentement aux dieux de l’été sans consentir à sa propre mort. Aucune annihilation de la conscience du moi et du toi comme chez Meursault ne menace l’homme qui sait s’assimiler aux éléments et préparer son mariage avec la terre.

Le soleil de Noces n’est pas celui qui dans L’Etranger mortifère le héros lors de l’enterrement de sa mère, du meurtre de l’arabe et du procès. L’été à Alger s’offre au soleil sans équivoque, il donne à profusion des plaisirs, des joies sans espoir (car l’espoir est résignation), afin que l’homme clairvoyant sache voir pour croire. « Il demande qu’on fasse un acte de lucidité comme on fait un acte de foi » (47). Et l’unité retrouvée en ces dieux terrestres n’implique pas la mort « du moi », le consentement qui sort au cœur de la révolte est significatif d’un retour pour l’homme à l’état primordial, originel, à l’état fusionnel et symbiotique. Cette conscience lucide qui répond à l’appel du monde n’est pas la conscience agonisante, dévitalisée, isolée de Meursault mais plutôt la conscience vivante du tout qui tente de renouer avec le bonheur d’exister ; aucun sentiment de l’indignité ne la domine, aucun manque de l’âme ne la condamne à dire non à la vie. Cette reconquête du bonheur de vivre et d’aimer est un appel à l’autre et à la nature, plutôt qu’un appel de la nature sans l’autre. Vivre avec tout le corps dans le dénuement le plus complet, se dépouiller comme ces jeunes gens de la plage Padovani à Alger, être nu »dans cet accord de la main et des fleurs »… « C’est vivre l’entente amoureuse de la terre et de l’homme délivré de l’humain. Ah ! Je m’y convertirai bien si ce n’était déjà ma religion » (48).

Mais ce consentement à la beauté du monde reflétant la nostalgie de l’origine est un consentement douloureux car la beauté ne dure que l’éternité d’une minute.

Le culte de l’unité dévoile les limites, la finitude, la matérialité, l’impuissance et la fragilité de l’homme qui s’expose à la merveilleuse grâce de ce monde. Eclatante et désespérante, « la beauté est insupportable. Elle nous désespère, éternité d’un instant que nous voudrions pourtant étirer tout le long du temps » (49). La beauté est ce monde, l’intolérable qui fait s’écrier Caligula : « j’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut être mais qui ne soit pas de ce monde »(50). Caligula aspire à la démesure, au règne de l’impossible mais il ne faut vouloir que le possible, rien que le possible car, l’éternité convoitée n’est qu’un « ailleurs imaginaire » (51). Le culte de l’unité doit guider l’homme vers la quête de la vérité sur la vie elle-même en vue de la reconquête du sens. Et si l’aventure de la vie engendre la révolte, l’homme partagé entre l’envers et l’endroit, l’exil et la patrie terre, soumis à la temporalité du temps jamais ne deviendra un étant Dieu.

La seule éternité est ce ciel qui perdurera après la mort de l’homme-individu et de l’homme-espèce. L’homme soumis au dessein de la réalité phénoménale s’ouvre à la conscience douloureuse, déchirée par les contradictions que suscite la beauté que nous voudrions éternelle. Prisonnier de l’éphémère, du périssable, du fugitif, du corruptible, du temporel, il connaît l’instant de trêve dans l’éternité de l’instant du paradis terrestre. « Ce qui me nie dans la vie, c’est d’abord ce qui me tue » (52). Nostalgie d’unité, désir d’éterniser, « de mettre le temps en échec » (53) et la lucidité bientôt progresse au cœur du drame philosophique car la nostalgie de l’origine assouvie dans la beauté, retour à l’état fusionnel se joue dans l’éternité mais dans l’éternité d’un instant. Consentir à la nature n’implique pas l’annihilation de son propre moi mais engendre la douleur dans le cœur des hommes qui, face à sa beauté éclatante demeure prisonnier de l’éphémère malgré son désir de fuir « le visible pour l’invisible » (54). Cette terre qui nous invite à la vie est aussi celle qui ne peut nous offrir que des biens terrestres sans aucun autre espoir d’un « plus tard » ou « d’un ailleurs », aucun autre espoir de repos sinon dans la transcendance de ce qui est toujours déjà là : notre patrie, la terre. Mais quel accord plus légitime peut unir l’homme à la vie sinon la double conscience de son désir de durée et de son destin de mort ? « (55)

L’homme qui voit cette beauté implacable est porteur de toute la race née du soleil, croit puisqu’il fait de son acte lucide, un réel acte de foi. Et voici qu’au cœur de cette religion de « l’homme moderne », l’homme camusien s’élève à la révélation, celle de l’éternité de l’instant dans le culte de l’unité qui consacre « les noces de l’homme et de la terre, et fait lever en nous le seul amour vraiment viril en ce monde : périssable et généreux » (56) – car dans ces évangiles de pierre « rien ne ressuscite » (57).

C’est pourquoi la démesure doit s’accorder à la réalité de ce monde. L’homme camusien n’est pas héraclitéen, il importe peu que le soleil outrepasse ou n’outrepasse pas ses bornes car « nous qui avons désorbité l’univers et l’esprit… nous allumons dans un ciel ivre les soleils que nous voulons » (58).

 

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38 – Camus, Noces, l’Eté à Alger, à Jacques Heurgon

39 - Camus, Noces, l’Eté à Alger, à Jacques Heurgon

40 - Camus, Noces, l’Eté à Alger, à Jacques Heurgon

41 - Camus, Noces, Le désert, à Jacques Grenier

42 – Camus, Noces, noces à Tipasa

43 - Camus, Noces, noces à Tipasa

44 - Camus, Noces, noces à Tipasa

45 – Camus, Noces, le vent à Djémila

46 - Camus, Noces, le vent à Djémila

47 - Camus, Noces, l’Eté à Alger, à Jacques Heurgon

48 - Camus, Noces, Le désert, à Jacques Grenier

49 – Camus, Carnets, mai 1935

50 – Camus, Caligula

51 – Camus, préface des Iles, Jean Grenier

52 - Camus, Noces, l’Eté à Alger, à Jacques Heurgon

53 – Ruth Reichelberg, Albert Camus, une approche du sacré

54 - Camus, préface des Iles, Jean Grenier

55 - Camus, Noces, Le désert, à Jacques Grenier

56 - Camus, Noces, l’Eté à Alger, à Jacques Heurgon

57 - Camus, Noces, Le désert, à Jacques Grenier

58 – Camus, l’Eté, l’exil d’Hélène, 1948

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