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Voyage, altérité et engagement, séquence bac

  •  

Bougainville

 

 

 

 

OBJET D’ETUDE

LA QUESTION DE L’HOMME DANS LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DU XVIIЀME SIЀCLE A NOS JOURS

 

Voyage, altérité et engagement

 

PROBLĖMATIQUE

Comment l’ouverture à l’autre favorise la découverte de soi-même et l’engagement pour l’égalité?

ŒUVRE INTĖGRALE

Denis DIDEROT, Supplément au voyage de Bougainville, 1772, Ed Belin - Gallimard, coll Classicolycée.

LECTURES ANALYTIQUES D’EXTRAITS

13• LA 1 : extrait du chapitre II, « Puis s’adressant à Bougainville » à « ni de tes vertus chimériques ».

14 LA 2 : extrait du chapitre IV, « L’AUMONIER : Vous ne connaissez guère » à « n’en veut-il pas bien un autre ? »

LECTURES ANALYTIQUES D’EXTRAITS

15• Montesquieu, De l’esprit des lois, « De l’esclavage des nègres », 1748.

16• Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des nègres, 1781.

 

 

ETUDES D’ENSEMBLE

Reconnaître les genres et les formes de l’argumentation.

Analyser les stratégies argumentatives

Étudier l’engagement des philosophes et des artistes dans les questions d’actualité et le mouvement des Lumières.

Analyser le mythe du bon sauvage et la représentation du sauvage dans les récits de voyage, les œuvres littéraires et picturales.

Étudier le récit de voyage.

 

 

 

 

 

LECTURE CURSIVE D’EXTRAITS

Les conceptions du voyage :

François RABELAIS, Pantagruel, XXXII, 1532.

Joachim DU BELLAY, Les Regrets, XXXI, 1558, « Heureux qui comme Ulysse ».

Michel de MONTAIGNE, Essais, III, 9, « De la vanité », 1580-1595.

Paul NIZAN, Aden Arabie, 1931.

La découverte de l’autre : barbare, bon sauvage ?

Michel de MONTAIGNE, Essais, III, 6, « Des Coches », 1580-1595.

Louis-Antoine de BOUGAINVILLE, Voyage autour du monde, 1771. Extrait p. 559.

VOLTAIRE, Essai sur les mœurs, « Des sauvages », 1756.

Claude LEVI-STRAUSS, Race et histoire, 1952, « De l’usage du mot barbare ».

LECTURE CURSIVE D’UNE ŒUVRE INTĖGRALE

 

La Controverse de Valladolid,

Jean-Claude CARRIERE, 1992

 

HISTOIRE DES ARTS

La Controverse de Valladolid, film de Jean-Daniel Verhaeghe, 1992, d’après l’œuvre de Jean-Claude Carrière.

D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, Paul Gauguin, 1897.

 

 

diderot

 

 

 

LA QUESTION DE L’HOMME DANS LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DU XVIIЀME SIЀCLE A NOS JOURS

Voyage, altérité et engagement

 

Comment l’ouverture à l’autre favorise la découverte de soi-même et l’engagement pour l’égalité?

Denis DIDEROT, Supplément au voyage de Bougainville, 1772, Ed Belin - Gallimard, coll Classicolycée.

 LA  : extrait du chapitre II, « Puis s’adressant à Bougainville » à « ni de tes vertus chimériques ».

 LA  : extrait du chapitre IV, « L’AUMONIER : Vous ne connaissez guère » à « n’en veut-il pas bien un autre ? »

 

diderot

 

Lecture analytique 1 Supplément au voyage de Bougainville, 1772

« Puis s’adressant à Bougainville […] ni de tes vertus chimériques. » (Chapitre II)

 

 

LA QUESTION DE L’HOMME DANS LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DU XVIIЀME SIЀCLE A NOS JOURS

Voyage, altérité et engagement

Denis DIDEROT, Supplément au voyage de Bougainville, 1772,

LA  : extrait du chapitre II

 

Puis s'adressant à Bougainville, il ajouta: "Et toi, chef des brigands qui t'obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive : nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d'effacer de nos âmes son caractère. Ici tout est à tous ; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. Nos filles et nos femmes nous sont communes ; tu as partagé ce privilège avec nous ; et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr ; vous vous êtes égorgés pour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes libres ; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage. Tu n'es ni un dieu ni un démon : qui es-tu donc pour faire des esclaves ? Orou, toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi-même, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous. Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Otaitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres : Ce pays est aux habitants d'Otaiti, qu'en penserais-tu ? Tu es le plus fort ! Et qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'on t'a enlevé une des méprisables bagatelles dont ton batiment est rempli, tu t'es récrié, tu t'es vengé ; et dans le même instant tu as projeté au fond de ton coeur le vol de toute une contrée ! Tu n'es pas esclave : tu souffrirais plutôt la mort que de l'être, et tu veux nous asservir ! Tu crois donc que le Otaitien ne sait pas défendre sa liberté et mourir ? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Otaitien est ton frère. Vous êtes deux enfants de la nature ; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t'avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ? Nous avons respecté notre image en toi. Laisse-nous nos mœurs ; elles sont plus sages et honnêtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons. Sommes-nous dignes de mépris, parce que nous n'avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quoi nous vêtir. Tu es entré dans nos cabanes, qu'y manque-t-il, à ton avis ? Poursuis jusqu'où tu voudras ce que tu appelles les commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s'arrêter, lorsqu'ils n'auraient à obtenir de la continuité de leurs pénibles efforts, que des biens imaginaires. Si tu nous persuades de franchir l'étroite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières la moindre qu'il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos. Va dans ta contrée t'agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête ni de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques."

Extrait du chapitre II

 

 

Bougainville

 

 

Introduction :

Diderot (1413-1484) est issu d'une famille d'artisans aisés. Écrivain français et philosophe des lumières, il est connu particulièrement pour sa co-fondation de l'encyclopédie. Il écrit beaucoup de dialogues tels que "Neveu de Rameau" et "le rêve d'Alembert" "Supplément au voyage de Bougainville". Publié en 1774, cette oeuvre est la suite de "Voyage autour du monde" de Bougainville. Diderot rédige la suite sous forme de dialogue entre A et B. Dans cet extrait situé au chapitre 2 , Diderot fait raconter par son personnage le discours d' adieu du vieux tahitien fait à Bougainville, abordant des questions d'ordre moral et religieux

Diderot

 

QUELLE IMAGE DIDEROT DONNE-T-IL DES OCCIDENTAUX ET DES TAHITIENS DANS CE TEXTE ?

Deux systèmes opposés

Ce texte nous présente deux images opposées de deux civilisations très différentes : celle des Européens et celle des Tahitiens

  1. Un réquisitoire autant qu’un plaidoyer

La harangue du vieillard à Bougainville est une accusation, un réquisitoire contre les Européens ainsi qu’un plaidoyer pour le mode de vie des tahitiens. Le vieillard accuse les Européens d’avoir contaminé les Tahitiens, avec un chiasme « elles sont devenues folles dans tes bras, tu es devenu féroce entre les leurs »  et il défend le mode de vie des indigènes.

  1. Le partage ou la propriété

 Les Européens ont une notion de propriété inconnue des tahitiens : « tu nous a prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. » (opposition tien/mien) « ici tout est à tous » Alors que les Tahitiens ne connaissaient que le partage ce qui garantissait une tranquillité relative, les européens ont tenté de les corrompre et ainsi ont brisé la tranquillité dont jouissaient les Tahitiens. Pire, ils ont profité de cette qualité des indigènes et ils en ont abusé.

  1. D’inutiles lumières et une forte cupidité contre une vie simple où seule la nécessité compte

Les deux systèmes ont des valeurs très contrastées et un mode de vie différent. On retrouve dans ce texte une attaque à l’encontre des Européens ayant reçu l’enseignement des Lumières mais ne le mettant pas en pratique. Pourquoi en partant de France, les colons oublient les valeurs de leur pays ? La philosophie des Lumières est mal représentée. Les colons sont de mauvais ambassadeurs. « inutiles lumières » = oxymore ; « vertus chimériques »

L’opposé, on retrouve dans la civilisation indigène les valeurs de liberté et tolérance : ils sont libres et ne veulent pas de l’esclavage « nous sommes libres » // « esclavage »

La vie est simple, ils ne se préoccupent pas de besoins non nécessaires, ils ont le minimum ce qui rend la vie facile contrairement aux Européens qui ont « des besoins superflus ».

« Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières la moindre qu’il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos »

Eloge de la vie naturelle : à travers ses paroles le veillard défend les valeurs de la vie naturelle, innocence, naiveté, bonheur, pur instinct de la nature, tout est à tous, absence de possession = pas de cupidité

« nous sommes innocents, nous sommes heureux »

« nous suivons le pur instinct de la nature »

« ici tout est à tous »

  1. Deux peuples frères mais contraires

Il y a dans ce texte des phrases structurées en deux parties, décrivant la vie paisible des Tahitiens puis l’impact néfaste des Européens sur leur civilisation « Nous suivons le pur instinct de la nature, et tu as tenté d’effacer de nos âmes son caractère » (l.4) « Nous sommes libres, et voilà que tu as enfoui dans nos terres le titre de notre futur esclavage » (l.10)

L’opposition entre tahitiens et européens est notamment marquée par les pronoms. « tu » représente le comportement des Européens et « nous » celui des Tahitiens.

De nombreuses analogies sont faites entre les 2 peuples souvent, le plus sage paraît être celui du vieillard « Laisse nous nos mœurs, elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes »

Les deux peuples sont caractérisés par des éléments antithétiques « tout est à tous » // « distinction du tien et du mien »

« notre ignorance » // « tes inutiles lumières »

« « nécessaire et bon » // « besoins superflus » « bien imaginaires »

Pour autant, ces deux peuples sont semblables. La nature humaine est universelle comme le prouve certaines phrases « nos filles et nos femmes nous sont communes » « l’Otaïtien est ton frère. » « Vous êtes deux enfants de la nature »

Tahiti

Europe

Partage

Possession tien-mien

Pureté morale

Corruption des mœurs

Nécessité

Cupidité

 

 

Un orateur talentueux pour défendre les tahitiens et porte-parole de Diderot

  1. Un homme sage

Le vieillard est représentant des Otaïtiens et leur fervent défenseur. On retrouve très peu de pronoms « je », mais plutôt des « nous » qui correspondent à tout son peuple.

Le vieillard est le porte-parole de Diderot : double énonciation. On retrouve dans le texte les idées, pensées et accusations de l’auteur. De plus, le personnage choisi est un vieillard par conséquent sage donc qui aime la philosophie. Diderot fait parler quelqu’un qui, de par son âge, est respectable.

  1. Une adresse irrespectueuse et dépréciative rabaissant les Européens

Cependant, ce vieillard parle à Bougainville, un amiral, qui a un grade nettement supérieur. Mais dès sa première apostrophe avec une périphrase dépréciative « chef des brigands » le vieil homme manque de respect à Bougainville. Au travers de ses nombreuses apostrophes, il utilise le pronom "tu" qui est également une marque de manque de respect. Le Tahitien se considère l’égal de l’Européen et ce dernier n’est pas digne de son respect. Il lui rappelle que ce n’est qu’un homme « tu n’es ni un dieu ni un démon »

  1. Une violente accusation

Les français sont : des brigands, ils ont des vertus chimériques, ne respectent pas les principes des Lumières, ils sont vicieux, champ lexical de la violence « féroce » « égorgés » « sang » caractère nocif = controverse de Valladolid quand le dominicain décrit les méfaits des espagnols

  1. Un discours éloquent qui donne la parole à l’opprimé

Son discours est percutant de par son contenu, des termes négatifs forts, de nombreuses critiques et reproches. Les Occidents sont une menace pour l’île, le vieillard défend la liberté de son peuple, ne veut pas être mis en esclavage. Il refuse la colonisation car ils ont introduit vices et corruption à Tahiti. « tu ne peux que nuire à notre bonheur »

Il utilise un discours très éloquent et construit avec un argumentaire structuré et de nombreuses figures de rhétorique. Il y a des phrases exclamatives, des questions rhétoriques ; présent de vérité général, impératif et oppositions. « Tu es le plus fort ! » « Sommes nous dignes de mépris, parce que nous n’avons pas su nous faire des besoins superflus ? », « Tu n’es ni un homme ni un démon », « laisse-nous »

Il blâme les « brigands », les colonisateurs remarquablement bien.

L’indigène fait preuve d’une grande éloquence mise au service des idées du philosophe.

Conclusion

Ainsi, à travers l’éloquente harangue du vieillard, Diderot critique les colonisateurs, dresse un portrait dévalorisant de la civilisation occidentale, pleine de défauts et valorise celle des indigènes qui vivent en harmonie avec la nature.

Ouverture

Quelle autre œuvre littéraire dresse un portrait semblable des colons, c’est-à-dire violents et non respectueux des valeurs de leur contrée ?

 

 

Diderot

 

Lecture analytique 2

Supplément au Bougainville, Denis DIDEROT (1796)

Chapitre 4

 

« l’aumônier – Vous ne connaissez guère la jalousie […] à ton avis n’en vaut-il pas bien un autre »

LA QUESTION DE L’HOMME DANS LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DU XVIIЀME SIЀCLE A NOS JOURS

Voyage, altérité et engagement

Denis DIDEROT, Supplément au voyage de Bougainville, 1772

 Extrait du chapitre IV

L'AUMONIER. Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois ; mais la tendresse maritale, l'amour paternel, ces deux sentiments si puissants et si doux, s'ils ne sont pas étrangers ici, y doivent être assez faibles.

OROU. Nous y avons suppléé par un autre, qui est tout autrement général, énergique et durable, l'intérêt. Mets la main sur la conscience, laisse là cette fanfaronnade de vertu, qui est sans cesse sur les lèvres de tes camarades, et qui ne réside pas au fond de leur cœur; dis-moi si, dans quelque contrée que ce soit, il y a un père qui, sans la honte qui le retient, n'aimât mieux perdre son enfant, un mari qui n'aimât mieux perdre sa femme que sa fortune et l'aisance de toute sa vie. Sois sûr que partout où l'homme sera attaché à la conservation de son semblable comme à son lit, à sa santé, à son repos, à sa cabane, à ses fruits, à ses champs, il fera pour lui tout ce qu'il est possible de faire. C'est ici que les pleurs trempent la couche d'un enfant qui souffre ; c'est ici que les mères sont soignées dans la maladie ; c'est ici qu'on prise une femme féconde, une fille nubile, un garçon adolescent ; c'est ici qu'on s'occupe de leur institution, parce que leur conservation est toujours un accroissement, et leur perte toujours une diminution de fortune.
L'AUMONIER. Je crains bien que ce sauvage n'ait raison. Le paysan misérable de nos contrées, qui excède sa femme pour soulager son cheval, laisse périr son enfant sans secours et appelle le médecin pour son bœuf...

OROU. Je n'entends pas trop ce que tu viens de dire ; mais, à ton retour dans ta patrie si policée, tâche d'y introduire ce ressort ; et c'est alors qu'on y sentira le prix de l'enfant qui naît, et l'importance de la population. Veux-tu que je te révèle un secret? mais prends garde qu'il ne t'échappe. Vous arrivez, nous vous abandonnons nos femmes et nos filles, vous vous en étonnez, vous nous en témoignez une gratitude qui nous fait rire. Vous nous remerciez, lorsque nous asseyons sur toi et sur tes compagnons la plus forte de toutes les impositions. Nous ne t'avons point demandé d'argent, nous ne nous sommes point jetés sur tes marchandises, nous avons méprisé tes denrées ; mais nos femmes et nos filles sont venues exprimer le sang de tes veines. Quand tu t'éloigneras, tu nous auras laissé des enfants ; ce tribut levé sur ta personne, sur ta propre substance, à ton avis, n'en vaut-il pas bien un autre ?

Extrait du chapitre IV

Problématiques possibles :

  • MONTREZ QUE CE DIALOGUE PHILOSOPHIQUE TRAITE DE FACON DIRECTE ET ORIGINALE LE THEME DE LA COLONISATION.
  • COMMENT DIDEROT DEFEND-IL D’UNE MANIERE ORIGINALE LA PHILOSOPHIE DES LUMIERES ?
  • COMMENT LA CONNAISSANCE DE L’AUTRE FAVORISE-T-ELLE LA DECOUVERTE DE SOI ?

 

Problématique

Comment la connaissance de l’autre favorise-t-elle la découverte de soi ?

Dialogue entre un tahitien et un occidental

  1. Des révélations d’une lointaine contrée

Deux personnages différents l’un de l’autre porteur de deux thèses.

Cet extrait met en scène deux personnages foncièrement différents : Orou et l’aumônier. L’aumônier est le représentant d’une civilisation (l’occident) et d’une religion. Il incarne les valeurs de fidélité, d’amour et les sentiments altruistes. Il commence à s’adresser à Orou avec condescendance dans sa première réplique mais ce dernier ne se laisse pas faire et répond à l’aumônier de manière brillante. Orou représente les Tahitiens, l’inconstance et paraît volage. Alors que l’aumônier défend « la tendresse maritale, l’amour paternel », Orou et son peuple prône « l’intérêt »

  1. L’intérêt prime sur l’amour

L’aumônier découvre des vérités qu’il n’aurait jamais imaginées et l’argumentaire de l’indigène porte ses fruits « je crains bien que ce sauvage n’ait raison. ». L’intérêt, défendu par Orou, semble avoir le dessus sur l’amour. L’intérêt ressort moral plus efficace que le sentiment, il est qualifié « général, énergique et durable ». De plus, intérêt et altruisme ne sont pas contradictoires. Orou utilise une loi générale qui met sur le même plan biens matériels et relations humaines. Ses propos sont illustrés par une série d’exemples qui sont mis en exergue par une anaphore « c’est ici ». Enfin, il termine sa tirade par une conclusion qui réaffirme la valeur de l’intérêt, introduite par « parce que ».

  1. La procréation : une richesse

La procréation est une richesse pour les Tahitiens et le sang une richesse matérielle « le sang de tes veines ». Les enfants sont la source de toutes richesses « Leur conservation est toujours un accroissement et leur perte toujours une diminution de fortune. ». La « femme féconde » la « fille nubile » et le « garçon adolescent » sont prisés.

Le secret d’Orou « Veux-tu que je te révèle un secret » met l’accent sur le manque d’intérêt qu’éprouve les européens envers les autres -hommes- alors que les tahitiens eux valorisent chaque individu. Les enfants que leur laissent les européens sont des biens valorisés. Prêter leurs femmes aux occidentaux est une stratégie d’accroissement. Ils prennent aux occidentaux non pas des biens superficiels mais une descendance. « ce tribut […] n’en vaut-il pas bien un autre ? »

  1. Qui entraine un nouveau regard sur sa société

  1. Une remise en question

Orou décide que l’aumônier doit se remettre en question.

Il est en train de convaincre : raisonnement logique et raisonné du général au particulier, preuves tangibles (recours au fait, exemples qui illustrent…). Il utilise également des questions rhétoriques. « dis-moi si dans quelque contrée que ce soit il y a » « ce tribut […] n’en vaut-il pas bien un autre ? »

Il emploie le tutoiement, preuve de familiarité contraire au comportement des Européens.

Phrases de types injonctives : impératif « mets la main sur ta conscience »

  1. Une supériorité inattendue : celle des indigènes

Orou monopolise la parole, c’est lui qui a le pouvoir dans cet échange, ses tirades sont plus longues et il est plus éloquent.

En réalité, l’hospitalité spontanée des Tahitiens cache un intérêt, un piège =  Les préjugés sur les tahitiens sont détrompés, ils ne sont pas idiots.

« Quand tu t’éloigneras, tu nous auras laissé des enfants »

Lexique de la guerre : « imposition » « tribut »

Les occidentaux sont en réalité les plus naïfs car ils pensent être supérieurs

  1. Des défauts mis en exergue

Orou se moque des Européens, qui, à travers ce texte, se rendent compte de leurs défauts. Tournure ironique  « ta patrie si policée »

Périphrase péjorative : « fanfaronnade de vertu » discrédite la morale traditionnelle et critique l’hypocrisie des occidentaux

Conclusion

Ainsi, Diderot en déléguant sa parole à Orou nous donne une leçon philosophique originale sous forme de dialogue qui nous permet de mieux nous connaître. L’aumônier, ce personnage sage et respecté, dont la parole est valorisée, au contact d’Orou, découvre des vérités sur son peuple. Nous est ici présenté un Tahitien très éloquent qui arrive à réfuter la thèse de l’aumônier. De cette confrontation entre deux civilisations ressort une compréhension accrue de soi-même.

 Ouverture : Quel autre auteur donne la parole à un opprimé ? (Marivaux à l’esclave Cléanthis)

 

diderot

 

Le siècle des Lumières


I - L'esprit des lumières Définition des lumières :

Les penseurs du 18ème siècle éclairaient les hommes en les aidant à lutter contre l'ignorance ainsi qu'en témoigne le projet de l'Encyclopédie. Les philosophes veulent asseoir le règne de la raison.

Contexte historique : on voit la philosophie de John Locke s'imposer progressivement en France. Le peuple est selon lui le souverain véritable et l'homme a des droits naturels inaliénables. Nous sommes dans ce contexte historique, sous Louis XIV qui meurt en 1715. La régence s'ouvre mais au début du règne de Louis XV, la France est secouée par les guerres et les famines, guerre de sept ans. Louis XVI tente de réorganiser les finances du royame en s'appuyant sur Turgot et Necker. Mais les difficultés persistent, nous arrivons à la crise de 1789 et à la convocation des Etats généraux.
Le philosophe éclairé : L'état d'esprit des lumières est très particulier, le philosophe doit s'engager et proposer des solutions pour réformer le système politique. La réflexion critique permet de libérer l'homme des croyances diverses. La tyrannie est ainsi pensée comme indissociable de l'ignorance. Voilà comment Kant définit les lumières :
"Qu'est ce que les lumières? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui même responsable. Minorité, c'est à dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui, monorité dont il est lui même responsable, puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. "


II - Le projet de l'encyclopédie

"Monument des progrès de l'esprit humain" dit Voltaire pour décrire le projet de l'encyclopédie. Il s'agit d'une entreprise collective de longue haleine qui veut rassembler l'ensemble des connaissances pour proposer une connaissance universelle, un savoir encyclopédique. Diderot et D'Alembert deviennent ersponsables de sa publication et recrutent des collaborateurs, comme Rousseau, Montesquieu, Voltaire... Le 28 juin 1751, parait le premier volume de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences des arts etdes métiers. Le 23 janvier 1759, le parlement de Paris présente L'Encyclopédie comme subversive. Mais Diderot continue son travail et le dernier volume parait en 1722. Elle se présente comme une apologie des progrès; une dénonciation du fanatisme, de la superstition de la tyrannie et des entraves à la liberté et au bonheur.

III - Les principes des lumières

- La raison : il y a une mise en avant de la raison et des sciences dans le but de lutter et de combattre l'ignorance. On voit Voltaire se battre contre le fanatisme et l'intolérance, traité sur la tolérance, 1763, il met en avant le respect de toutes les religions et le droit à la dignité humaine.

- Le modèle naturel : Montesquieu considère que l'homme doit s'inspirer pour fonder la société civile, des lois naturelles qui nous viennent de Dieu. On voit Rousseau distinguer l'homme de l'animal par sa perfectibilité. L'homme est bon selon le penseur, c'est la société civile qui l'a corrompu, il lui faut donc retrouver les lois naturelles.

- La critique de la religion : La religion est remise en question, on le voit avec le déisme de Voltaire, la question du mécanisme classique, de la théorie qui assimile l'univers à une mécanique, est remise en cause. Rousseau pense que l'homme est doté d'une conscience morale innée, il propose une religion naturelle.

diderot

 

  • L'exposé sur le siècle des lumières vous permet de répondre aux questions suivantes :
  • Définir les lumières
  • Situez le contexte historique
  • Qu'est-ce qu'un philosophe éclairé?
  • Quel est le projet de l'encyclopédie
  • Quels sont les principes des lumières?
 

Questions sur le siècle des lumières : 22 questions

  • I - L'esprit des lumières
  • Donnez une définition des lumières
  • Quel est le contexte historique?
  • Quel est l'état d'esprit des lumières?
  • Comment la réflexion critique est-elle perçue?
  • Quelle en est la finalité?
  • A quoi l'ignorance est-elle associée?
  • Quelle définition Kant donnait-il des lumières?
  • II - Le projet de l'encyclopédie
  • Comment Voltaire décrit-il le projet de l'encyclopédie?
  • Quel est son but?
  • Donnez un synonyme de savoir encyclopédique
  • Qui sont les responsables de la publication de l'encyclopédie?
  • Citez trois collaborateurs
  • Quand le premier volume parait-il?
  • Comment l'encyclopédie a t'-elle été présentée par le parlement de Paris?
  • Quand le dernier volume parait-il?
  • III - Les principes des lumières
  • Quel concept est-il mis en avant?
  • A quoi la raison et les sciences sont-elles associées?
  • Vers quels idéaux Voltaire se tourne t'-il?
  • Quel est son combat?
  • Que met-il en avant?
  • Que pouvez-vous dire du concept de "modèle naturel"?
  • Comment Montesquieu le perçoit-il?

 

diderot

 

Introduction à l'Encyclopédie :

 

Diderot et d’Alembert sont à l’origine du projet encyclopédique qui est le symbole du siècle des Lumières. La fin du 17ème siècle est marquée par une remise en cause des valeurs intangibles du siècle de Louis XIV, cependant cette remise en cause disparaît derrière la querelle des anciens et des modernes. Celle-ci met en avant l’idée de relativité et privilégie au dépend des études théologique esthétiques et philosophiques, une réflexion sur la société qui se développera durant tout le siècle suivant, le siècle des Lumières. A la disparition de Louis XIV en 1715, ce courant se développe de façon importante en France mais également dans le reste de l’Europe. Le personnage principal du siècle des lumières est le philosophe non pas créateur d’un système philosophique mais davantage essayiste réfléchissant sur l’homme et particulièrement l’homme vivant en société. Parmi ces philosophes un certain nombre de noms se détachent comme Montesquieu, Diderot qui avec l’aide du mathématicien D’Alembert organisent une œuvre comme la philosophie des lumières : l’encyclopédie. Cette œuvre a pour but de rassembler l’ensemble de la connaissance humaine afin de la mettre à la disposition du plus grand nombre possible. Profitant de cette réalisation, les philosophes ne se contentent pas d’exposer des éléments objectifs ( science, technique, art). Ils y insèrent leur philosophie, leur vision de la société, leurs critiques ce qui provoquera de nombreuses interdictions de l’œuvre elle-même. Maître d’œuvre de l’encyclopédie, Diderot a rédigé un certains nombres d’articles.

  • Questions sur Diderot et son oeuvre : Quelles sont les dates de Diderot?
  • A quelle classe sociale appartenait-il ?
  • De quel siècle est-il?
  • Quel est le combat des siècles des lumières pour les penseurs philosophes?
  • Quel est le projet essentiel a vu le jour au 18ème?
  • Diderot est-il un encyclopédiste?
  • Citez trois encyclopédistes
  • Citez trois contemporains de Diderot
  • Quel projet a contribué à faire connaître Diderot?
  • Citez deux de ses écrits
  • Quand "Supplément au voyage de Bougainville" a t'-il été publié?
  • A quelle autre oeuvre, fait-il suite?
  • Comment rédige t'-il le dialogue,
  • De quoi parle de chapitre 2 ?
  • Quel est personnage essentiel du passage à présenter à l'oral?
  • De quel ordre les questions abordées sont-elles?
  • Quelles sont les trois questions essentielles abordées par Diderot dans supplément au voyage de Bougainville?

 

 

Condorcet, réflexion sur l'esclavage des nègres, oral EAF

 

 

 

Lecture analytique et questionnaire EAF

Réflexions sur l’esclavage des nègres

Condorcet, 1781

 

 

 

 

Questionnaire sur Condorcet

  • Quelles sont les dates de Condorcet?
  • 1743/1794
  • Quel est son nom?
  • Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet
  • Qui était-il?
  • Un philosophe, économiste, mathématicien et homme politique français. C'était un représentant des Lumières. Elève de D'Alembert, il se fait remarquer par ses capacités d'analyse.
  • A t'-il proposé des réformes?
  • Oui il a proposé des réformes du système éducatif, du droit pénal
  • Sera t'-il arrêté?
  • Oui il sera arrêté en 1793, emprisonné en 1794, on le retrouvera mort dans sa cellule deux jours après son incarcération.

 

 

Condorcet et l’esclavage des nègres

  • Quand publie t'-il Réflexions sur l'Esclavage des Nègres?
  • En 1781 sous le pseudonyne de Dr Schwartz
  • A qui cette Epître dédicatoire est-elle adressée?
  • Aux nègres esclaves. Il commence son épître par : « mes amis, quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les blancs des colonies, je ne vous fais pas l’injure de les comparer avec vous, je sais votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les îles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait »
  • Les réflexions de Condorcet ont-elles suscité de vives réactions?
  • Oui les réflexions de Condorcet ont suscité de vives réaction dans L'Europe
  • Pourquoi?
  • Car il détruit les arguments esclavagistes au niveau économique.
  • Sa position est-elle clairement exprimée dans cette épître?
  • Oui, il manifeste clairement sa position. Son engagement est provocateur.
  • Peut-on parler de fondements raciaux et économiques?
  • Oui. Condorcet a pris un pseudonyme pour publier cette critique de l'esclavage et de ses fondements raciaux et économiques.
  • Condorcet a t'-il été secrétaire de l'Académie des Sciences?
  • Oui
  • A t'-il été membre de l'Académie française?
  • Oui en 1775
  • Quand Condorcet fonde t'-il la Société des Amis des noirs, première organisation anti-esclavagiste française?
  • Condorcet fonde en 1788 avec Brissot, Clavière et Mirabeau cette Société des Amis des Noirs.

 

 

Lecture du texte

Épître dédicatoire aux nègres esclaves

Condorcet, 1781 (- 1)

Mes amis,

Quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les Blancs des colonies, je ne vous fais pas l’injure de les comparer à vous ; je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les îles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait.

Votre suffrage ne procure point de place dans les colonies ; votre protection ne fait point obtenir de pensions ; vous n’avez pas de quoi soudoyer des avocats : il n’est donc pas étonnant que vos maîtres trouvent plus de gens qui se déshonorent en défendant leur cause, que vous n’en avez trouvés qui se soient honorés en défendant la vôtre. Il y a même des pays où ceux qui voudraient écrire en votre faveur n’en auraient point la liberté.

Tous ceux qui se sont enrichis dans les îles aux dépens de vos travaux et de vos souffrances, ont, à leur retour, le droit de vous insulter dans des libelles calomnieux ; mais il n’est point permis de leur répondre. Telle est l’idée que vos maîtres ont de la bonté de leur droit ; telle est la conscience qu’ils ont de leur humanité à votre égard. Mais cette injustice n’a été pour moi qu’une raison de plus pour prendre, dans un pays libre, la défense de la liberté des hommes. Je sais que vous ne connaîtrez jamais cet ouvrage, et que la douceur d’être béni par vous me sera toujours refusée. Mais j’aurai satisfait mon cœur déchiré par le spectacle de vos maux, soulevé par l’insolence absurde des sophismes de vos tyrans. Je n’emploierai point l’éloquence, mais la raison ; je parlerai, non des intérêts du commerce, mais des lois de la justice.

Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes et de n’avoir que des idées chimériques : en effet, rien n’est plus commun que les maximes de l’humanité et la justice ; rien n’est plus chimérique que de proposer aux hommes d’y conformer leur conduite.

 

(1 -)Texte publié en tête de la brochure intitulée Réflexions sur l’esclavage des Nègres, par M. Schwartz, pasteur du Saint Evangile à Bienne, membre de la société économique de B *** [Berne], A Neufchatel, 1781, IV-XVIII-86 pages. Seconde édition en 1788.

 

 

 

Analyse littéraire et questionnaire EAF

Introduction

L'esprit et l'aspiration à la tolérance du 18ème siècle sont les caractéristiques essentielles du siècle des Lumières. Le marquis de Condorcet est l'un des acteurs les plus importants de la révolution française. Il avait un grand sens de la justice et s'est battu pour défendre la cause des femmes, le droit de vote et la question de l'esclavage.

Il considère l'esclavage comme un véritable crime et plaide pour sa suppression définitive.

Cette épître est un débat et une réflexion sur l'Homme. Selon le marquis, les blancs et les noirs doivent être égaux.

  • Questionnaire possible
  • En quoi consiste l'idéal des lumières?
  • Chez quel autre philosophe retrouve t'-on cette même aspiration à la tolérance? A la liberté? A l'égalité? 
  • Chez Voltaire
  • Condorcet est-il un des acteurs les plus importants de la révolution française?
  • Quelles sont les causes défendues par Condorcet?

 

PROBLEMATIQUE : En quoi réside l’originalité et l’efficacité de l’engagement de Condorcet contre l’esclavagisme ?

1 LES RAISONNEMENTS DE L’HUMANISTE

  1. Une organisation claire

L’épitre de Condorcet est organisée de manière très claire. En effet, il commence par une formule d’appel « Mes amis » (L.1) destinée aux esclaves qui explicite son rapport d’amitié avec eux, il utilise une familiarité élégante pour s’adresser à eux. Puis il démontre le principe d’égalité et finit par une péroraison qui se conclut par une sentence « Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes, et de n’avoir que des idées chimériques : en effet, rien n’est plus commun que les maximes de l’humanité et la justice, rien n’est plus chimérique que de proposer aux hommes d’y conformer leur conduite. »

On distingue des paragraphes distincts défendant chacun un argument.

  • Questionnaire possible
  • Sur quelle formule, l'épître s'ouvre t'-elle? 
  • Pourquoi? 
  • A qui est-elle destinée? 
  • Comment Condorcet démontre t'-il le principe d'égalité?
  • Relevez la sentence sur laquelle se termine l'épître? 

 

  1. Les déductions à partir du droit naturel

Dans sa réflexion, Condorcet s’efforce de n’avoir aucun préjugé sur la couleur de peau. Ses déductions sont faites à partir du comportement des êtres humains qu’il voit, peu lui importe leur origine, pour lui tous sont pareils. On le voit lorsqu’il dit « La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. ». Les esclaves et les blancs d’Europe sont égaux. Il énumère les qualités des esclaves « votre fidélité, votre probité, votre courage » pour démontrer leur supériorité sur les colons et en déduit avec un conditionnel que « Si on allait chercher un homme dans les îles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait. ».

  • Questionnaire possible
  • Condorcet a t'-il des préjugés sur la couleur de la peau? 
  • Comment procède t'-il  à ses déductions? Sur quoi se base t'-il pour déduire? 
  • Relevez les phrases qui montrent que  Condorcet considèrent les blancs et les noirs comme égaux
  • Quelles sont les qualités énumérées des esclaves? 
  • Que traduit le conditionnel "ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu'on le trouverait"? 

 

  1. Les oppositions et les concessions

Jean Antoine Nicolas Caritat de Condorcet, va dans ce texte opposer les esclavagistes aux esclaves. Les reprises nominales pour les esclaves correspondent à des termes mélioratifs « Mes amis » ou encore « mes frères » alors que pour parler des esclavagistes, l’auteur emploie des termes péjoratifs tels que « les Blancs des colonies » « vos maîtres » « Tous ceux qui se sont enrichis dans les îles » « vos tyrans ». Condorcet refuse d’être assimilé aux colons et utilise des formules impersonnelles contrairement à son attitude à l’encontre des esclaves.

On retrouve une autre opposition entre les termes « de gens qui se déshonorent en défendant leur cause » « qui se soient honorés en défendant la vôtre. »

Il utilise également des concessions car ses arguments sont plus forts et ont plus de poids. On le voit tout au long du texte avec « Quoique » et l’utilisation fréquente de « mais ».

  • Questionnaire possible
  • Relevez les termes mélioratifs du texte se rapportant aux esclaves
  • Analysez les reprises nominales
  • Relevez les termes péjoratifs du texte se rapportants aux blancs
  • Analysez les oppositions et les concessions

 

  1. Les constatations d’un moraliste : du « chimérique » au « commun »

L’auteur ici devance ses adversaires car en décrédibilisant un de leurs arguments « Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes, et de n’avoir que des idées chimériques : en effet, rien n’est plus commun que les maximes de l’humanité et la justice, rien n’est plus chimérique que de proposer aux hommes d’y conformer leur conduite. » Il joue ici sur le double sens de chimérique, son premier emploi signifie pour lui idéal tandis que le second irréalisable. Il oppose le terme « chimérique » au terme « commun » pour mettre en exergue la tyrannie des colons.

En outre le raisonnement du philosophe est implacable mais son épitre émeut particulièrement son locuteur, pour la rendre original et efficace.

  • Questionnaire possible
  • Analysez le concept de "chimérique"?
  • Quels sont ses sens possibles? 
  • Sur quel emploi du terme chimérique, Condorcet se base t'-il?
  • A quel autre terme s'oppose t'-il?  Pourquoi?

 

2 UNE EPITRE VIBRANTE

  1. Les effets de la double énonciation

Dans cette épitre, Condorcet s’adresse directement aux esclaves « Mes amis » « vous », tout en sachant pertinemment qu’ils ne liront la jamais « Je sais que vous ne connaîtrez jamais cet ouvrage » ; on peut donc en déduire qu’il s’adresse indirectement aux blancs. Il les invite implicitement à se remettre en question en décrivant leur comportement. Les « blancs » auront ainsi encore plus honte.

  • Questionnaire possible
  • A qui Condorcet s'adresse t'-il?
  • Sait-il que les esclaves ne le liront jamais?
  • Relevez la phrase que le montre
  • Que peut-on en déduire?
  • Quelle est l'intention de Condorcet? 

 

  1. L’adresse et les expressions d’affection

Tout au long de cette épitre dédicatoire « Mes amis », Condorcet fait preuve d’affection envers les esclaves. Il insiste fortement sur leurs nombreuses vertus « votre fidélité, votre probité, votre courage » et les respecte énormément « je ne vous fais pas l’injure de les comparer à vous [les blancs des colonies] » « bonté » « « béni par vous » « honorés en défendant la vôtre [de cause] ».

En mettant en avant le caractère angélique des esclaves et le traitement inhumain qu’ils subissent ; l’auteur persuade son lecteur remarquablement bien. Les sentiments sont clairement présents dans ce texte « j’aurais satisfait mon cœur déchiré par le spectacle de vos maux »

  • Questionnaire possibe
  • Relevez les marques d'affection envers les esclaves
  • Relevez la phrase du texte qui montre le respect de Condorcet vis-à-vis des esclaves
  • Condorcet réussit-il à persuader le lecteur? 
  • Faire un rappel de la différence entre persuader et convaincre
  • Relevez une phrase qui traduit la présence des sentiments dans ce passage

 

  1. Le blâme

Contrairement au profond respect que Condorcet éprouve pour les esclaves, il dénigre les colons. Pour cela, outre les groupes nominaux péjoratifs dont nous avons parlé auparavant, il utilise l’ironie « Telle est l’idée que vos maîtres ont de la bonté de leurs droits » (antiphrase)

Il décrit comment les « maîtres » traitent les esclaves et comme ils devraient avoir honte.

  • Questionnaire possible
  • Montrez qu'il s'agit d'un blâme
  • Relevez une antiphrase et analysez l'ironie

 

  1. L’expression de l’indignation du défenseur des esclaves : rythmes des phrases

L’indignation de l’auteur est exprimée avec un rythme ternaire qui mène à l’adhésion « le même esprit, la même raison, les mêmes vertus » « votre fidélité, votre probité, votre courage ». Il utilise également des phrases négatives pour montrer la pénurie à laquelle font face les esclaves. « n’avez pas » « n’en avez trouvé » « n’est point permis ».

  • Questionnaire possible
  • Relevez un rythme ternaire
  • Que traduit-il? 
  • Quel est l'effet produit par les phrases négatives? 

 

Conclusion

Cette épître est une dénonciation de l'esclavage dans laquelle il souligne l'injustice du peuple esclave des colonies par rapport aux blancs. Il invite le lecteur à réfléchir et à se révolter contre la condition des esclaves et l'esprit des esclavagistes.

Ouvertures possibles :

Retrouvons-nous dans le Discours sur la négritude d'Aimé Césaire la même remise en question de la condition humaine vis-à-vis de l'esclavage?

 Quel autre philosophe accuse les colons d’avoir un comportement inacceptable ? (Diderot)

 

Montesquieu : De l'esclavage des nègres

Lecture du texte

Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une manière plus marquée. On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, était d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains. Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui chez des nations policées, est d'une si grande conséquence. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. Des petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains : car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié.

 

Problématique :

Nous verrons comment Montesquieu à travers une dénonciation par l’absurde parvient a dénoncer les esclavagistes ?

 

De l'Esclavage des nègres est extrait de l'Esprit des lois, publié en 1748. L'extrait qui nous intéresse est un traité de sciences politiques écrit par Montesquieu, philosophe et encyclopédiste du siècle des lumières, auteur des Lettres Persanes. Ce penseur était un aristocrate juriste qui a marqué son siècle par ses recherches scientifiques.

Le chapitre 15 de l'Esclavage des nègres est une dénonciation de l'esclavage. Montesquieu procède par démonstration organisée en neuf points dans lesquels le philosophe s'applique à montrer les arguments des esclavagistes, arguments indéfendables. L'ironie est évidente et manifeste dans notre extrait.

Dans le but de répondre à notre question : Comment Montesquieu amène t'-il le lecteur à dénoncer et à condamner l'esclavage? Nous verrons en premier lieu les étapes de l'argumentation puis ses implications philosophiques.

 

I – Les étapes de l'argumentation

1 – L’énonciation

Dès la première phrase, nous sommes dans les temps hypothétiques. En effet, dans la première phrase nous retrouvons l'imparfait puis le conditionnel présent au sens d'un irréel. Les arguments esclavagistes sont valorisés car en position de défense. Le "je", pronom personnel en présence se rapporte à Montesquieu qui parle en son nom "si j'avais à soutenir le droit". Puis au niveau de l'énonciation, vient ensuite la première personne du pluriel "nous", Montesquieu parle au nom des Européens "nous supposions", "nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens". On peut parler d'entrée en matière du texte, elle va orienter la suite de l'argumentation introduite pas le présentatif "voici". L'exposé est alors annoncé dès le premier paragraphe. Il y a un argument par paragraphe. Le texte est structuré de manière logique car nous sommes en présence de connecteurs logiques à l'origine de toute l'articulation de l'argumentation, d'hypothèses en conséquences ou causes. Il y a des arguments conséquences, par exemple "Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, et il y a des arguments qui marquent la cause, "parce que, si nous les supposions....", "car, si elle était telle qu'ils le disent...".

2 – Les arguments

Les arguments s'organisent en neuf paragraphes.

Dans le premier, l'argument est politique et économique : «Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres». Le commerce triangulaire est visé dans ce passage et envisagé en temps de guerre.

La rentabilité est évoquée à travers les expressions "trop cher", "qui le produit" dans le deuxième paragraphe.

Nous avons un troisième argument esthétique et ethnologique qui traduit la différence physique pour justifier l’absence de pitié.

Le quatrième est théologique, il renvoie à la négation du statut humain du nègre. On voit que les noirs ne sont pas des hommes sinon nous ne serions pas chrétiens, or nous le sommes;

L’argument cinquième est ethnologique car relatif à des coutumes différentes selon les peuples.

Le sixième argument est à la fois ethnologique et génétiques si l'on se réfère aux expressions « couleur de la peau», « « Egyptiens», « hommes roux». Ici il y a un rapprochement des nègres avec les roux qui permettrait de justifier l'esclavage des nègres.

«Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez les nations policées, est d’une si grande conséquence» = c'est le septième argument relatif à une culture, on l'appelera l'argument ethnosociologique.

Le dernier argument serait davantage politique. Il met en avant le peu d'intérêt pour le problème.

II. Un réquisitoire contre l’esclavage

1)  la polémique.

Nous comprenons dès les 9ème paragraphe que Montesquieu ne se range pas du côté des esclavagistes, nous le comprenons grâce à l'hypothèse formulée et la phrase logique "parce que, si...".

Les esclavagistes sont dénoncés au sens où ils ne sont pas de bons chrétiens, ils ne respectent pas l'être humain mais au contraire les maltraitent en sous estimant les noirs qu'ils ne considèrent pas comme des hommes.

Dans le dixième paragraphe, nous voyons que les princes d'Europe font peu de cas de l'esclavage, le statut des nègres est résumé en trois mots "injustice, miséricorde, pitié". Le lecteur comprend que les princes ne s'intéressent pas au statut des nègres car ils ne se comportent pas en bons chrétiens. Ils ne font pas cas de cette cause.

2) L’ironie

L'ironie est essentielle dans ce texte : l'antiphrase (dire le contraire de ce que l'on pense ) de la première ligne du passage le montre. Cette première phrase est le pilier du texte sur laquelle il repose. Montesquieu insite sur les pseudo arguments des esclavagistes : cela met en évidence le point de vue de Montesquieu sur le sujet étudié. L'aspect absurde et non logique de la question transparaît dans cette association "nez, impossible plainte", "philo", "mise à mort des hommes roux". Il y a aussi des affirmations gratuites concernant la couleur de la peau et la couleur des cheveux. On pourrait ainsi juger de la "couleur de la peau par celle des cheveux". L'absurde est à son paroxysme avec le dogmatisme absolu de la phrase "il est impossible que nous supposions que ces gens là soient des hommes". Le discours est vide de sens et le refus de la remise en question est évidente. L'ironie se traduit par les hyperboles = « très sage, surtout bonne » ; « une si grande conséquence ». Les arguments se détruisent par eux-mêmes grâce à des formules comme "ils ont dû", "ils ont presque...impossible de les plaindre" = incohérences, affirmations gratuites, refus de remise en question...

Le penseur met en avant l'absurdité du raisonnement des esclavigistes qui se contredisent eux-mêmes. La dénonciation est évidente. L'esclavage est contraire à la religion et au respect de l'humanité. Montesquieu considère que l'esclavage est une pratique non-humaine condamnable d'un point de vue moral, religieux et humain.

Conclusion

Ce passage est représentatif de la pensée de Montesquieu sur le sujet de l'esclavage et des esclavagistes. C'est un texte dans lequel deux opinions s'affrontent, celle des esclavagistes et celle de Montesquieu qui se cache tout d'abord derrière les esclavagistes. L'auteur tente d'argumenter, l'ensemble du texte repose sur l'antiphrase de la première ligne. Nous retrouvons l'esprit des lumières dans cette critique très ironique.

 

 

  • Questions sur Montesquieu : sa vie, son oeuvre
  • Quelles sont les dates de Montesquieu?
  • 1689 - 1755
  • De quelle souche est-il?
  • famille de magistrats de la bonne noblesse
  • Citez deux contemporains
  • Diderot, Rousseau
  • Citez deux de ses oeuvres
  • L'esprit des Lois, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence
  • Peut-on dire de Montesquieu qu'il est l'un des penseurs de l'organisation politique et sociale?
  • Oui avec John Locke
  • Comment publie -t"-il les lettres persanes?
  • Anonymement
  • Quelle société dépeint-il avec un ton humoristique et satirique dans les lettres persanes?
  • la société française à travers le regard de visiteurs perses
  • Cette oeuvre a t'elle connu un grand succés?
  • Oui, un succès considérable
  • Quel est le genre littéraire des "lettres persanes?
  • Roman épistolaire
  • Définir le genre littéraire "épistolaire"
  • Il est l'expression privilégiée de la subjectivité ce qui nous renvoie au développement de la lettre et à la progression du roman au XVIIIème siècle. En effet depuis la fin du 17ème on accorde une place plus importante à la notion "d'individu", le concept de sujet est revalorisé depuis la mise en avant de la philosophie de Locke. De ce fait l'expérience sensible comme condition de possibilité d'appréhender le réel concret, la réalité qui nous entoure est reconnue comme fiable. L'empirisme en philosophie connait un vrai succès. Cela se retrouve en littérature et en particulier dans l'illustration du roman à la première personne. Le roman épistolaire repose sur la vraisemblance. Montesquieu a contribué à cet essort du roman épistolaire. Il présente les potentialités qu'offre ce genre de roman dans les réflexions sur les lettres persanes. "d'ailleurs, ces sortes de romans réussissent ordinairement, parce que l'on rend compte soi même de sa situation actuelle : ce qui fait plus sentir les passions que tous les récits qu'on en pourrait faire". Les lettres portugaises en 1669 sont le premier roman épistolaire qui disparaitra peu à peu avec le romantisme.
  • 1669 : lettres portugaises de Guilleragues
    Les lettres sont alors l'expression de la passion de Maraine

    1721 : Montesquieu, les lettres Persanes
    Il donne une nouvelle dimension à ce genre littéraire car il multiplie les correspondants

    1761 : Rousseau, La Nouvelle Héloise
    Les lettres permettent à la sensibilité de s'exprimer

    1782 : Choderlos de Laclos, les liaisons dangereuses
    La notion de vice est mise en avant par opposition à l'éloge de la vertu.
  • A quelle date, les lettres persanes sont-elles publiées?
  • 1748
  • Est-il un encyclopédiste?
  • Oui c'est un encyclopédiste
  • Citez deux autres encyclopédistes du siècle des lumières
  • Voltaire, Rousseau, D'Alembert
  • Qui terminera son article "goût" dans l'Encyclopédie?
  • Voltaire

 

 

Questions en fonction du plan et de la problématique du commentaire joint

Question sur l'introduction

De quel ouvrage « De l'esclavage des nègres » est-il tiré?

A quel genre l'ouvrage « L'esprit des Lois » appartient-il?

Quand fut-il publié?

Quel est le thème du chapitre 15?

L'ironie est-elle évidente dans ce chapitre?

Peut-on affirmer que les visées et les connotations philosophiques du chapitre 15 soient manifestes?

 

Questions sur le commentaire en fonction du plan : toutes les réponses sont dans le commentaire

I -

1 -

Analysez les temps de la première phrase

Sommes nous dans les temps du système hypothétique?

En marquant l'irréel qu'affirme le conditionnel présent?

Dans quelle situation, les thèses esclavagistes sont-elles placées?

Cette entrée en matière va t'-elle servir selon vous toute la suite du texte?

Cette entrée en matière a t'-elle une valeur ironique?

Qui parle? Quel est le pronom personnel en présence?

Citez pour montrer que Montesquieu parle en son nom

Dans quel but la première personne du pluriel est-elle utilisée?

Au nom de qui l'auteur s'exprime t'-il? Citez pour justifier votre réponse

Comment la démarche argumentative est-elle introduite?

Qu'annonce le présentatif « Voici »?

Comment le discours est-il structuré?

Quelles sont les fonctions des liens logiques?

Relevez un argument qui marque la conséquence

Relevez deux arguments qui marquent la cause

2 -

De quelle nature les 9 arguments sont-ils?

Mentionnez les expliquez les en justifiant votre réponse par les éléments du texte

II

1 -

Quelle est la position de Montesquieu?

A quel argument le comprenons-nous?

Que dénonce Montesquieu?

Quelles sont les raisons invoquées?

Quel est la pseudo-justification mise en avant par les esclavagistes pour rendre compte de leurs actes?

Comment Montesquieu met-il en avant le peu d'intérêt porté à la cause des nègres réduits à l'état d'esclave?

Quels sont les trois mots qui résument le statut des nègres?

Quelle vision le lecteur a t'-il des princes d'Europe?

2 -

Analysez l'ironie

Que souligne l'antiphrase de la première phrase

Cette figure de rhétorique met-elle à votre avis en évidence le point de vue de Montesquieu sur la question?

Relevez l'association d'éléments qui n'ont rien à voir ensemble du point de vue logique

Analysez l'affirmation gratuite relative à l'argumentation de la couleur de la « peau par la couleur des cheveux »

Relevez les hyperboles caractéristiques de l'ironie

La thèse de Montesquieu est-elle explicitée ou seulement suggérée?

Conclusion :

Montesquieu nous enseigne t »-il à ne pas confondre convaincre et persuader?

Sur quels éléments du point de vue synthétique la dénonciation de l'ensemble du texte s'appuie t'-elle?

Citez une référence littéraire dans laquelle un penseur des lumières dénonce l'esclavage sur un ton ironique

Cette dénonciation est-elle caractéristique du siècle des lumières?

 

 

La relation de voyage

 

- Donnez la définition d'une relation de voyage

Il s'agit d'un récit écrit par un voyageur qui fait au lecteur le témoignage de son aventure à travers des descriptions et anecdotes ainsi que des impressions personnelles.

- Donnez un exemple

On peut citer Marco Polo avec son livre des Merveilles.

Son livre est intitulé Le devisement du monde ou le livre des merveilles.

(devisement étant du vieux français qui signifie les choses vues et entendues.).

- La relation de voyage est-elle toujours un livre destiné au public?

On peut avancer que non car Christophe Colomb n'écrit pas de livre mais seulement des lettres à ses protecteurs dans lesquelles il partage ses découvertes.

- Quel est le but d'un récit de voyage? Les relations de voyage doivent favoriser l'évasion du lecteur. Ex, le livre des merveilles de Marco Polo. Cela suppose un mélange de faits authentiques et de références mythologiques.

- Par quelle intention la relation de voyage est-elle motivée?

Si l'on se réfère à Jean de Léry, son intention était de prendre la défense des Amérindiens contre les préjugés des occidentaux. Si au contraire, cherche l'intention chez Christophe Colomb, on dira que ce dernier recherche davantage la conquête Européenne du Nouveau Monde.

 

Autres récits de voyage

 

Robinson Crusoé de Daniel Defoe et Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift relèvent aussi des récits de voyages

 

 

 

Du Robinson de Daniel Defoe au Robinson de Michel Tournier

Michel Tournier

Vendredi ou les limbes du Pacifique

 

Questionnaire bac

1 -

L’Œuvre de Robinson Crusoé de Daniel Defoe publiée en 1719 devient-elle l’objet d’une réactualisation critique avec l’ouvrage de Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique?

Oui, car cela remet en cause un système de valeurs et une certaine conception de l’homme qui apparaissent en Europe, en Amérique en particulier au 18ème et 19ème siècles.

La réactualisation critique prend forme grâce au jeune indigène. Il permet à l’auteur de proposer une autre conception de la vie.

2 -

Quel élément est annonciateur de cette nouvelle perspective par rapport à l’œuvre de Defoe?

Le titre = Vendredi ou les limbes du Pacifique. Le jeune indigène est mis en avant dès le titre, même si Robinson reste le personnage principal, Vendredi joue un rôle essentiel tout au long de l’évolution du  héros. 

3 -

Quelle est la rupture radical entre l’histoire de Robinson de Dufoe et celle de Tournier?

Dans l’histoire de Defoe, Robinson fait le choix de quitter son île après 28 ans de solitude, il retourne en Europe dans la société civilisée.

Tournier fait rester son personnage dans son île à Spéranza jusqu’à la fin de ses jours. Robinson ne souhaite pas vivre dans la société civilisée, il ne désire pas non plus que son île soit connue, c’est pourquoi les membres navigateurs du Whitebird ont ordre de ne pas dévoiler son existence.

4 -

Faire une petite comparaison entre les deux Robinson

Le premier Robinson a domestiqué  la nature, c’est un colonisateur qui s’apparente à un souverain maître de son royaume dans lequel il a recueilli Vendredi, le père et un Espagnol. Son royaume devient ainsi l’image miniaturisé de l’Angleterre. Mais il retournera dans la société civilisée et renoncera très facilement au Royaume de son île. Il n’a en fait pas beaucoup changé et retourne naturellement à sa vie et son mercantilisme.

"Je n’oubliai pas non plus de prendre cet argent dont j’ai parlé, qui avait été si longtemps négligé qu’il était noirci et pouvait à peine passer pour tel avant d’avoir été frotté".

Le deuxième Robinson, celui de Tournier est plus évolutif, il devient tout d’abord soucieux de l’autarcie et du travail bien organisé de son nouveau domaine sur l’île. Il évoluera encore avec Vendredi dans le sens opposé du premier Robinson. Il ne quittera jamais son île.

5 -

Pourquoi le Robinson de Tournier refuse t’-il de retourner à la société civilisée?

Robinson ayant gouté à la nouvelle vie dans l’île refuse de régresser dans un choix de vie civilisée qui supposerait l’adhésion aux normes et au calendrier. Il préfère sa vie au jour le jour, libre et autonome sans les contraintes officielles de la vie du monde civilisé, il dit non à cette réinsertion dans le monde des hommes pour un temps qui est celui de l’éternel présent et l’insouciance du lendemain

6 -

Quel est son rapport aux valeurs occidentales?

Il est devenu étranger au monde occidental, il a refoulé toutes les valeurs de la société civilisée. Il est aujourd’hui dénué des valeurs premières de la civilisation comme l’instinct de propriété, son détachement est total, son indifférence absolue aux conquêtes, aux gains du commerce triangulaire, aux avancées techniques de la navigation, tous ces traits sont caractéristiques du nouveau Robinson.

7 -

Quel est son nouveau rapport à autrui?

Il ne souffre plus du manque de communication avec les hommes alors qu’il avait failli se suicider auparavant du fait de son insoutenable solitude. Il est à présent en de ça des règles de la sociabilité. Il ne conçoit plus le rapport à l’autre dans les normes de la civilisation avec ce que cela suppose d’adhésion au langage et à la reconnaissance sociale.

8 -

Quel est son nouveau rapport avec le monde extérieur? Quel est son rapport au monde?

Robinson vit aujourd’hui en harmonie avec la terre et la mer, l‘air et le soleil, il y a une symbiose entre l’homme et les éléments. Tout se passe comme si le héros assistait à sa propre renaissance dans un monde nouveau dans lequel il se sent enfin en harmonie avec ce qui l’entoure. Retourner au monde civilisé serait redevenir étranger au monde.

Dans la dernière page du roman, le lecteur peut lire : "le rayonnement qui l’enveloppait le lavait des souillures mortelles de la journée précédente et de la nuit … la lumière fauve le revêtait d’une armure de jeunesse inaltérable". Cette citation de la dernière page du livre confirme la renaissance de notre héros en accord avec les éléments de son monde. 

 

Cyrano de bergerac

CORPUS DE TEXTES SUR LE VOYAGE : Quelles conceptions du voyage les textes de ce corpus proposent-ils ?

Texte A : François Rabelais, Pantagruel, XXXII, 1532

Texte B : Joachim du Bellay, “Heureux qui comme Ulysse”, Les Regrets, XXXI, 1558

Texte C : Montaigne, Essais, III, 9, “De la vanité”, 1580-1595

Texte D : Paul Nizan, Aden Arabie, 1931

CONCEPTIONS

RAPPROCHEMENTS

PROCEDES ET CITATIONS

EXPERIENCE HEUREUSE

 

ELOGE DU VOYAGE COMME INITIATION

Curiosité / Plaisir de la découverte : paysages, mœurs, cuisine, architecture, …

Source d’enseignement

Enrichissement / gloire / succès

Source d’inspiration

Texte A : Termes mélioratifs, superlatifs, hyperbole “tout plein de belles affaires”, “ les plus beaux lieux du monde”, “pleins de délices”, répétition de l’adjectif : beau (5)

Texte B : “heureux”, “ beau voyage”

Texte C : champ lexical de la “diversité” l.6-20-21“plaisir de la variété”, énumération “vies, opinions et usages"

Texte C : Superlatifs “meilleure école”, “former la vie”, “exercice profitable”

Textes B et D : références mythologiques

Texte A : référence au genre du récit de voyage : “j’ai composé là-dessus un grand livre intitulé L’Histoire des Rengorgés”

EXPERIENCE MALHEUREUSE

 

RUPTURE AVEC LE FAMILIER / PEUR DE L’INCONNU

Risques et dangers

REFUS DE L’EXIL ET DU DEPAYSEMENT

Souffrance due à la nostalgie

L’épreuve du mal du pays, regret de la patrie

Texte A : “on m’avait détroussé”, “malfaisants et brigands”

Texte B : interjection / questions rhétoriques / parallélisme / comparatifs et hyperbole / oppositions / déterminants possessifs

Texte D : « Récifs pour récifs, j’aime mieux la terre » l. 7 « il se termine naturellement par le retour. Tout le prix du voyage est dans son dernier jour. » l. 16-17

VOYAGE INTERIEUR

DECOUVERTE DE SOI

 

VOYAGEUR RETICENT A LA DIFFERENCE

Le voyageur demeure hermétique à la nouveauté : comparaison des lieux visités et du pays d’origine et préférence de la contrée natale. Le plus important est le retour.

VOYAGEUR OUVERT AUX AUTRES CULTURES

Le voyageur est ouvert à l’autre et au nouveau monde, il évolue et s’adapte à la nouveauté.

Il devient un “homme mêlé”.

 

Texte B : comparatifs / anaphore / parallélismes et le v. 4

Texte C : l. 25-32

 

Texte A : “je demeurai bien quatre mois”, “je gagnai un peu d’argent”

Texte B : “plein (…) de raison”

Texte C : référence à l’humanisme

Texte D : « il n’y a qu’une espèce valide de voyages, qui est la marche vers les hommes » l. 15, « l’homme attend l’homme, c’est même sa seule occupation intelligente. » l. 42-43

 

 

 

Commentaire Des coches, Montaigne

 

Introduction :

Montaigne est un écrivain humaniste du 16ème siècle. Il a fait des études de droit et a été conseiller au parlement. Il a écrit les Essais sous le règne de Henri IV.

Dans son œuvre il aborde tous les types de sujets moraux, philosophiques, psychologiques. L’ homme est au centre des préoccupations des humanistes.

Problématique : Nous verrons comment Montaigne en témoin de son temps, aborde les problèmes liés à ce phénomène nouveau, la colonisation

Ce texte nous permet de voir comment Montaigne, en témoin de son temps, aborde les problèmes liés à ce phénomène nouveau, la colonisation. Nous analyserons d’abord la nature des relations qu’entretiennent les deux civilisations, puis nous nous pencherons sur la manière dont Montaigne prend position à propos du comportement et des jugements des conquérants.

I La nature des relations qu’entretiennent les 2 civilisations

Montaigne met en évidence une évolution dans les relations qu’entretient le Nouveau Monde avec l’Ancien.

a) Un monde enfant -

Il commence à mettre en place l’image du Nouveau Monde à la fois ignorant et innocent comme l’enfant qui vient de naitre. - Dès le début du 1ère paragraphe, les adjectifs coordonnés « si nouveau et si enfant » soulignés par l’intensif « si » font ressortir l’idée de nouveauté et de jeunesse et introduisent la métaphore de l’enfance qui est développée dans la suite du texte et reprise en écho dans l’expression « monde enfant« . - De même la proposition consécutive « qu’on lui apprend encore son abc » fait référence à l’univers de la petite enfance - Celui-ci est également sensible dans la formulation « il ne savait ni lettre, ni poids, ni mesure …..ni vignes », dans laquelle la reprise de la négation « ni » insiste sur l’ignorance - Mais, il remarque que cette ignorance est celle des éléments de base des sociétés européennes. - D’autres expressions évoquent par la suite non plus le petit enfant mais le nourrisson dans une sorte de gradation « tout nu dans le giron, sa mère nourricière » .

b) Une relation fraternelle Alors, s’établit tout naturellement une relation d’aîné à cadet entre le conquérant et les indiens. - C’est ce qu’exprime notamment l’expression « un nouveau monde [….] si nouveau et si enfant » relayer par le substantif « frère ». - Certaines symétries viennent confirmer cette idée d’une relation fraternelle - C’est le cas de la conjonctive de temps introduite par « quand », « cet autre monde ne fera qu’entrer dans lumière quand le nôtre en sortira »et du parallélisme « l’un des deux membres sera perdu, l’autre en pleine vigueur » qui insiste sur la décadence de l’Ancien Monde.

c) Des rapports d’autorité Mais cette relation neutre dérive vers une relation appauvrissant pour ce dernier. Elle implique en effet des rapports d’influence, qui sont constamment connotés négativement comme l’indique le mot « contagion ». - De même les verbes « fouetté », « soumis » et « plier » suggèrent la violence, - Tandis que les négations associées à des termes positifs, « nous ne l’avons pas….soumis…. par l’avantage de notre valeur et de force …par notre magnanimité » soulignent l’absence d’influence positive. - Cette carence est encore exprimée par la comparaison entre le Nouveau Monde et l’Ancien Monde : les formulations « ils ne nous devaient rien « et « ils ne nous étaient pas non plus inférieurs » associées à des termes positifs, mettent en évidence la supériorité du Nouveau Monde dans différents domaines : - Intellectuel (clarté d’esprit », pertinence ») ; esthétique (« magnificence », « beauté », « habilité ») , moral (« dévotion » , « franchise »).

Transition Montaigne nous présente donc une évolution négative des relations qui unissent les Européens aux Indiens puisque le lien fraternel s’est transformé en une domination par la violence exercée par les premiers sur les autres. Derrière cette présentation se profile une prise de position très nette de la part de Montaigne.

II La prise de position de Montaigne à propos du gouvernement et du jugement des conquérants.

Montaigne dénonce la façon dont les Européens ont colonisé l’Amérique.

a) Une implication très nette Montaigne s’implique dans cet extrait à la fois directement et indirectement. - L’utilisation de la 1ère personne signale sa présence presque constante, cela montre qu’il s’inclue dans les actes qu’il dénonce. - Le seul verbe à la 1ère personne du singulier du texte « je crains » est connoté négativement et exprime le désaccord de l’auteur avec la conquête telle qu’elle a été faite. Montaigne dénonce en effet la dégradation liée à la présence européenne. La responsabilité des colonisateurs est mise en évidence par plusieurs procédés : - la coordination « et » et les adverbes intensifs « très fortement hâté » et « bien cher » mettent en relief les conséquences de leur domination avec les noms « déclins » et « ruine ». - Cette mise en cause est soulignée par les négations qui traduisent l’absence de légitimité sur tous les plans : o Militaires « valeur et forces » o Social et psychologique « justice et bonté » o Moral « magnanimité » - Elle s’exprime aussi dans l’ironie qui clôt le 3ème paragraphe : o La phrase « il nous a bien servi de n’en avoir pas autant qu’eux » met en évidence un décalage entre deux idées  Les qualités morales, qu’on souhaite en général n’existent pas et  Ce que manque est apparemment donné pour un bien.

b) Un tableau du Nouveau Monde

L’idée d’une responsabilité des colonisateurs est par ailleurs accentuée par l’évocation de la grandeur des civilisations précolombiennes. De nombreux termes insistent sur les qualités de ces civilisations précolombiennes, anéanties par les envahisseurs. - Dès le début du texte la métaphore de l’enfance connote une innocence morale. - La fin du texte rejoint le début avec l’énumération des qualités morales diverses : o « dévotion », « observance des lois », « bonté », « libéralité », « loyauté », « franchise » cet encadrement de l’extrait est insistant. - Dans le second paragraphe, d’autres qualités apparaissent. o L’association entre les termes « réponses » et ….. « négociations » d’une part , « clarté d’esprit …. et pertinence » d’autre part, font apparaitre des qualités intellectuelles. o Les termes évoquant des villes sont fortement positifs ainsi que le mot « magnificence », à connotation superlative est renforcé par l’adjectif « épouvante », l’adverbe « excellemment » est un superlatif, les noms « or » et beauté » sont également connotés positivement. o Ces éléments relevant la plupart de l’hyperbole mettent en évidence la valeur esthétique et parallèlement la richesse économique des civilisations du Nouveau monde. - A travers ce tableau en tous points positif Montaigne esquisse des civilisations précolombiennes, transparaît son admiration et a contrario son rejet des modalités de la colonisation qui a entraîné la corruption de ces civilisations.

c) Un réquisitoire virulent A cet égard, c’est dans le dernier paragraphe du texte que la dénonciation se fait la plus forte. L’évocation souriante du monde enfant a laissé place à un réquisitoire véhément et indigné contre les exactions de la conquête. Montaigne conserve le « nous », impliquant son lecteur et le contraignant à son examen de conscience. Tout d’abord l’interrogation oratoire interpelle directement le lecteur « rasé » , « exterminé » , « passé au fil de l’épée »

 dénote la manière dont la colonisation s’est effectuée Et la répétition de « tant » suivi de pluriel insiste sur la barbarie des conquérants « Pour la négociation des perles et des poivres »

 démontre que la violence utilisée s’est mise en place pour des motifs non corrects Gradation des vices démontre une condamnation de l’auteur « luxure » , « avarice » De plus l’utilisation de « inhumain » , « cruauté » montre davantage qu’elle s’est effectuée dans la brutalité la plus totale Montaigne met par conséquent bien en valeur les qualités humaines des Indiens pour mieux dénoncer le comportement et les jugements des conquérants européens.

Conclusion : Montaigne dénonce alors d’une part la brutalité de la conquête. Loin de permettre la rencontre fructueuse des deux civilisations, elle a en effet saccagé le Nouveau Monde, soumis par la force et perverti des esprits restés jusqu’alors proches de la nature. Il présente d’autre part la colonisation comme totalement injustifiée. En faisant l’éloge des civilisations précolombiennes, l’auteur met en effet en cause le principe même de domination culturelle qui motive les conquérants : Au nom de quelle supériorité veulent-ils s’imposer aux indiens ? Cette contestation de la colonisation ainsi que la reconnaissance de la diversité des civilisations trouveront un écho dans la réflexion engagée par les philosophes des lumières deux siècles plus tard.

  • Questions en fonction du plan du commentaire :
  • Plan de l'étude :
  • I La nature des relations qu’entretiennent les 2 civilisations
  • a) Un monde enfant -
  • b) Une relation fraternelle
  • c) Des rapports d’autorité
  • II La prise de position de Montaigne à propos du gouvernement et du jugement des conquérants.
  • a) Une implication très nette
  • b) Un tableau du Nouveau Monde
  • c) Un réquisitoire virulent

 

 

  • Questions sur l’introduction
  • L’homme est-il au centre des préoccupations humanistes?
  • Dans des Coches, de quel phénomène nouveau Montaigne témoigne t’-il?
  • Montaigne prend t’-il position dans cet extrait concernant le comportement et les jugement s conquérants?

 

Questions sur le commentaire : toutes les réponses sont dans l'étude

I - Questionnaire

A -

 

Quelle est l’intention de Montaigne dans cet extrait?

Que met-il en place?

Quelle image avons-nous du Nouveau monde?

Que mettent en évidence les adjectifs du premier paragraphe?

L’intensif « si » fait-il ressortir l’idée voulue?

Analysez la métaphore, citez et expliquez

Etudiez le champ lexical mis en place

Quelles autres formulations avons-nous de l’univers de la petite enfance?

Comment percevez-vous l’ignorance soulignée par Montaigne des sociétés Européennes?

Relevez une gradation

B -

Quelle relation s’établit ensuite entre le conquérant et l’Indien?

Expliquez et citez le texte

Quelle image l’Ancien monde Montaigne donne t’-il comparativement au Nouveau monde?

C -

Comment la relation évolue t’-elle?

Que marquent les connotations et les expressions péjoratives?

Comment les rapports d’autorité transparaissent-ils?

Relevez une comparaison et analysez la

De quel ordre la supériorité du Nouveau monde est-elle? Citez et expliquez en vous appuyant bien sur les éléments du texte

II - Questionnaire

A -

Montaigne se profile t’-il derrière cette présentation négative de la relation et de la domination des Européens sur les Indiens?

Que dénonce Montaigne?

Comment se manifeste l’implication très nette de Montaigne?

Comment sa présence est-elle signalée?

Comment son désaccord avec la conquête se traduit-elle? Citez

Analysez les procédés qui suggèrent et connotent la responsabilité engagée des Européens colonisateurs

Citez le texte

A quels plans, l’absence de légitimité se manifeste t’-elle?

Comment Montaigne fait-il valoir son ton ironique et dans quel but?

B -

Quel rôle la grandeur des civilisations précolombiennes joue t’-elle?

Comment les qualités de ces civilisations sont-elles mises en avant?

Comment l’innocence morale se dévoile t’-elle?

Relevez l’énumération qui boucle le texte

Etudiez les qualités intellectuelles ajoutées aux qualités morales

Analysez les hyperboles qui contribuent à souligner la valeur esthétique et la richesse économique des civilisation du Nouveau monde

Quel regard Montaigne a t’-il sur le tableau du Nouveau monde et sur les civilisations colonisées?

C -

Quel regard, quelle position et quelle place Montaigne laisse t’-il au lecteur? Citez pour justifier votre réponse

En quel sens peut-on parler d’un réquisitoire virulent?

Comment la violence exercée est-elle selon Montaigne Justifiée?

Etudiez la gradation des vices

Quel effet de contraste renforce la position de Montaigne?

Conclusion :

Montaigne dénonce alors d’une part la brutalité de la conquête. Loin de permettre la rencontre fructueuse des deux civilisations, elle a en effet saccagé le Nouveau Monde, soumis par la force et perverti des esprits restés jusqu’alors proches de la nature. Il présente d’autre part la colonisation comme totalement injustifiée. En faisant l’éloge des civilisations précolombiennes, l’auteur met en effet en cause le principe même de domination culturelle qui motive les conquérants : Au nom de quelle supériorité veulent-ils s’imposer aux indiens ? Cette contestation de la colonisation ainsi que la reconnaissance de la diversité des civilisations trouveront un écho dans la réflexion engagée par les philosophes des lumières deux siècles plus tard.

 

 

Bougainville, Voyage autour du monde

 

 

Bougainville rêve de fonder de nouvelles colonies et pense aux îles australes. Après maintes péripéties, le secrétaire d’État à la Marine accepte de le laisser explorer ce qu’on appelle alors “ le Grand Océan ” (le Pacifique).Bougainville embarque avec des navigateurs confirmés, mais aussi des membres de l’Académie des sciences, en particulier le naturaliste Commerson qui écrivit lui aussi une relation de son séjour à Tahiti, qu’il idéalise bien davantage que ne le fera Bougainville. Parti de Brest le 15 novembre 1766, ce dernier gagne les Malouines, puis Montevideo, passe le détroit de Magellan et, de là, se dirige franchement vers l’Ouest. Tahiti est jointe au début d’avril 1768. Bougainville et ses hommes vont y rester neuf jours. De son journal de bord, Bougainville compose le Voyage autour du monde, plus synthétique et moins idéaliste. Les trois premiers chapitres de la seconde partie content le séjour à Tahiti.

J’ai plusieurs fois été moi second ou troisième me promener dans l’intérieur. Je me croyais transporté dans le jardin d’Éden : nous parcourions une plaine de gazon, couverte de beaux arbres fruitiers et coupée de petites rivières qui entretiennent une fraîcheur délicieuse, sans aucun des inconvénients qu’entraîne l’humidité. Un

peuple nombreux y jouit des trésors que la nature verse à pleines mains sur lui. Nous trouvions des troupes d’hommes et de femmes assises à l’ombre des vergers ; tous nous saluaient avec amitié ; ceux que nous rencontrions dans les chemins se rangeaient à côté pour nous laisser passer ; partout nous voyions régner l’hospitalité, le repos, une joie douce et toutes les apparences du bonheur. Je fis présent au chef du canton où nous étions d’un couple de dindes et de canards mâles et femelles ; c’était le dernier de la veuve. Je lui proposai aussi de faire un jardin à notre manière et d’y semer différentes graines, proposition qui fut reçue avec joie. En peu de temps Eretifit préparer et entourer de palissades le terrain  qu’avaient choisi nos jardiniers. Je le fis bêcher ; ils admiraient nos outils de jardinage.

Ils ont bien aussi autour de leurs maisons des espèces de potagers garnis de giraumons, de patates, d’ignames et d’autres racines. Nous leur avons semé du blé, de l’orge, de l’avoine, du riz, du maïs, des oignons et des graines potagères de toute espèce. Nous avons lieu de croire que ces plantations seront bien soignées, car ce peuple nous a paru aimer l’agriculture, et je crois qu’on l’accoutumerait facilement à tirer parti du sol le plus fertile de l’univers.

Les premiers jours de notre arrivée, j’eus la visite du chef d’un canton voisin, qui vint à bord avec un présent de fruits, de cochons, de poules et d’étoffes. Ce seigneur, nommé Toutaa, est d’une belle figure et d’une taille extraordinaire. Il était accompagné de quelques-uns de ses parents, presque tous hommes de six pieds. Je leur fis présent de clous, d’outils, de perles fausses et d’étoffes de soie. Il fallut lui rendre sa visite chez lui ; nous fûmes bien accueillis, et l’honnête Toutaa m’offrit une de ses femmes fort jeune et assez jolie. L’assemblée était nombreuse, et les musiciens avaient déjà entonné les chants de l’hyménée. Telle est la manière de recevoir les visites de cérémonie.

Bougainville, Voyage autour du monde (1772)

 

 

Bougainville

 

  • Quelles sont les dates de Bougainville ?
  • 1729 ? 1811
  • Quand entreprend t'-il le voyage autour du monde ?
  • En 1766.
  • Quand a t'-il publié son récit ?
  • Son récit est publié en deux volumes, 1771 et 1772, il s'intitule, Voyage autour du monde
  • Qu'en est-il du récit de la découverte de Tahiti ?
  • Il marque les esprits et alimente le mythe du bon sauvage.
  • - Pourquoi le nom de Bougainville est-il associé au siècle des lumières ?
  • Son œuvre appartient au 18e car par son expédition qu'il relate, il rejoint l'état d'esprit des lumières, il tente de faire partager une vision universelle de l'homme. C'est pourquoi Diderot voit en Bougainville un philosophe éclairé, un penseur des lumières. « le désir de voir, de s’éclairer et d’instruire... ».

 

 

 

Analyse et questions possibles sur le texte de Bougainville

 

  • Plan possible pour l'étude littéraire  :
  • Découverte de Tahiti par le regard  : une véritable rencontre pour le lecteur
  • Mise en scène de la rencontre
  • Un texte humaniste en écho à l'idéal des Lumières

 

  • Problématique  :
  • Comment l'Autre est-il perçu dans le texte de Bougainville  ?

 

Introduction

Dans le texte de Bougainville, on retrouve toutes les caractéristiques du récit de voyage. Par son expédition dans son navire, sa frégate, Bougainville découvre Tahiti et ses habitants. Dans le but de répondre à notre question « Comment l'Autre est-il perçu dans le texte de Bougainville ? », nous verrons dans un premier temps comment la découverte de Tahiti se fait pas le regard et peut-être qualifiée de véritable rencontre pour le lecteur. En second lieu, nous analyserons la mise en scène de la rencontre et enfin, nous verrons en quoi ce texte humaniste fait écho à l'idéal des lumières.

  • Questionnaire possible :
  • Quel est le genre littéraire de ce texte de Bougainville ?
  • Quelle en est la situation ?

 

I – Découverte de Tahiti par le regard  : une véritable rencontre pour le lecteur.

Etude de la narration

Présence du pronom personnel «  je  » qui permet l'expression du voyageur «je fis présent  », «j'ai plusieurs fois été  » tout en servant d'intermédiaire entre le lecteur et le monde visité.

Le contact avec ce nouveau monde est pris et le lecteur le découvre par le regard ainsi que le suggèrent les phrases, «nous voyions  », «les apparences  ». Tahiti est décrit de manière très visuelle comme si le regard porté sur l'île était extérieur.

Il s'agit d'une véritable rencontre «  recevoir des visites  », «  lui rendre visite  ».

  • Questionnaire possible :
  • Que peut-on dire de la narration? Justifiez votre réponse
  • Favorise t'elle le contact entre le lecteur et le monde visité ?
  • Comment le lecteur découvre t'-il ce nouveau monde ?
  • Relevez les phrases qui traduisent le thème du regard
  • Relevez les expressions qui assimilent cette découverte à une véritable rencontre

 

Respect de l'altérité

Le discours de Bougainville est très respectueux vis-à-vis de l'Autre, les modalisateurs en témoignent «Je me croyais  »  ; le voyageur n'est pas victime de ses jugements, il regarde, admet les différences, faire preuve de curiosité à l'égard des nouveautés, nous sommes dans l'authenticité du récit témoignage et dans le respect de l'altérité.

La description de Tahiti est complète, tant au niveau des paysages que des mœurs, « troupes d’hommes et de femmes assises à

l’ombre des vergers » ou de l'économie agricole. Les mœurs font l'objet d'une analyse en deux temps, son aspect esthétique de la relation de voyage, cérémonie de Toutaa qui l'accueille sur l'île puis, en second point l'intérêt éthique du récit représenté par l'Autre.

  • Questionnaire possible :
  • Le discours de Bougainville est-il respectueux vis-à-vis de l'Autre ?
  • Que marquent les modalisateurs ?
  • Le voyageur admet -il les différences ?
  • Peut-on parler d'authenticité du récit de témoignage ?
  • De respect de l'égalité ?
  • La description de Tahiti est-elle exclusive ?
  • A quels niveaux ? Citez le texte
  • Quels sont les deux temps de l'analyse des mœurs ?

 

II – Mise en scène de la rencontre

La découverte de l'île est associée aux rencontres qui font l'objet d'un récit particulier associé aux moments vécus à Tahiti. Ces derniers sont décrits en prenant en compte l'échange entre les indigènes et les Européens. Il y a une véritable mise en scène. L'échange est le thème majeur de notre texte. L'échange est une ouverture sur l'Autre sur le signe de l'amitié et la réciprocité.

L'échange suit un code éthique, il est tout d'abord lié au salut «tous nous saluaient », règles de convenance et d'accueil, vient ensuite le présent de Bougainville offert au chef de canton puis celui offert par Toutaa lors de sa visite sur le navire ou frégate de Bougainville appelé la Boudeuse. Ce peuple est accueillant et a un grand sens des convenances, l'échange se traduit dans la parfaite réciprocité, chacun offre ce qu'il peut avec le même sens du partage, volailles et graines pour l'Européen et étoffes et femmes pour les Tahitiens.

Confiance, joie, hospitalité scandent le rythme de l'accueil et de la rencontre de ces deux peuples.

  • Questionnaire possible :
  • En quoi peut-on parler d'une mise en scène de la rencontre ?
  • Quel est le thème majeur du texte ?
  • Donnez un synonyme d'ouverture sur l'Autre
  • L'échange suit-il un code éthique ? Lequel ? Citez pour justifier votre réponse
  • Comment le peuple de Tahiti est-il qualifié ? Donnez plusieurs qualificatifs

 

Une rencontre annonciatrice de l'avenir

La vision de l'Autre est teintée d'optimisme ainsi que le suggèrent les verbes au futur, l'espoir est présent dans cette phrase « seront bien soignées ». L'avenir s'annonce plein d'espoir et la mise de l'échange s'articule autour d'une complète pacification des rapports. L'Autre est un alter ego, l'homme est dans le respect de l'autre. Nous sommes loin de Christophe Colomb pour qui l'indigène est l'homme facile à conquérir et à dominer. Chez Bougainville, la bienveillance permet un rapport à l'autre dans l'égalité et l'authenticité et remplace la curiosité des Sélénites dans Cyrano de Bergerac.

  • Questionnaire possible :
  • Pourquoi peut-on dire que la rencontre est annonciatrice de l'avenir ?
  • Relevez les idées et les verbes qui le prouvent
  • L'autre est-il un alter ego ?
  • Quelles sont les différences dans la perception de l'Autre entre Bougainville et Christophe Colomb ? Cyrano de Bergerac ?

 

III - Un texte humaniste en écho à l'idéal des Lumières

Cette bienveillance est synonyme d'une confiance en l'homme compatible avec l'idéal humaniste. Capable d'ouverture sur l'autre et d'ouverture d'esprit, l'homme est ici grandit et d'un point de vue philosophique apte à accepter la différence.

« Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger » : Ménandre. Cette citation de Ménandre (poète, 3e siècle avant JC ) résume l'état d'esprit du texte de Bougainville et annonce l'idéal humaniste.

Autre idée annonciatrice de l'humanisme : l'égalité dans la rencontre = égalité de condition entre les Européens et les Tahitiens et égalité entre les hommes et les femmes = Retour à la nature car ils cultivent ensemble la terre ;

  • Questionnaire possible ?
  • Montrez que l'on peut parler d'idéal humaniste
  • Quelle citation de Ménandre fait écho au texte de Bougainville ?
  • Y a t'-il un retour à la nature chez le peuple de Tahiti ? Cette idée est-elle annonciatrice de l'humanisme ? Expliquez

Qu'en est-il de l'idéal des lumières ?

On le perçoit à travers l'éloge de Tahiti. Il est centré autour de termes mélioratifs sur le plan esthétique et éthique :

« beaux arbres », « une fraîcheur délicieuse », « d’une belle figure

et d’une taille extraordinaire », « ce peuple nous a paru aimer l’agriculture »

  • Questionnaire possible
  • A travers quelle idée voyons-nous que ce passage reflète l'idéal des Lumières ?
  • Relevez les termes mélioratifs sur le plan esthétique et éthique

 

Une utopie

Bougainville nous propose une utopie : il nous donne l'image d'un monde parfait, quasi paradisiaque à la limite du jardin d'Eden. En ce sens, il est fidèle à l'esprit des récits de voyage. L'éloge de Tahiti prend la forme d'un débat nature culture. Tahiti est assimilée à la Nature, « sol le plus fertile de l'univers », ou encore « les trésors que la nature verse... « . En cela Bougainville se rapproche de Montaigne. La culture n'en n'est pas moins présente car il n'y a pas incompatibilité entre Nature et Culture : si la Nature est heureuse, la culture renvoie l'image de l'échange des richesses, de la fertilisation du sol par l'agriculture, du partage des savoirs faire. Tahiti se situe donc entre Nature et Culture. On retrouve ainsi l'idéal des Lumières selon lequel le travail de l'homme permet son développement et favorise son harmonie. Ce qui n'est pas sans rappeler la philosophie du jardin, ch. 30 de Candide de Voltaire = l'homme doit cultiver son jardin = l'idéal est à la fois pratique et théorique. Il est question ici de progrès possible chez ce peuple accompli et ouvert.

  • Questionnaire possible
  • Bougainville propose t'-il une utopie ? Pourquoi ? Expliquez
  • Rappelez la définition de l'utopie
  • Quelle forme l'éloge de Tahiti prend t'-elle ?
  • A quoi l'île est-elle assimilée ?
  • Bougainville se rapproche t'-il de Montaigne ?
  • Comment la notion de progrès est-elle suggérée ?

 

Conclusion :

Ce texte de Bougainville est un récit de voyage qui en présente toutes les caractéristiques. Il est annonciateur de l'humanisme et de l'idéal des lumières.

L'auteur nous présente une terre utopique qui ressemble au jardin de Candide, on y retrouve la philosophie du travail et l'élévation de l'homme hors des simples investigations théoriques. L'homme est présenté comme un être complet et équilibré capable de vivre en harmonie et en toute égalité. Bienveillant et chaleureux le peuple de Tahiti dans sa rencontre avec l'Autre cultive et renforce cet idéal d'homme accompli. Il est alors à la fois un être de nature et de culture capable de tolérance dans l'acceptation des différences dans sa rencontre avec l'Autre.

 

Dépassement du texte :

 

La philosophie de Candide, il faut cultiver son jardin

La maturité de Candide :

L'autonomie intellectuelle de Candide se traduit par "de profondes réflexions". Il revient sur les paroles du vieillard, conseiller en matière de travail au sens d'une philosophie, d'un retour sur soi, d'un mode simple de vie favorisant l'autonomie et l'autarcie. La terre devient symbole de liberté par le travail, de libération, fruit d'une réflexion bien conduite. Savoir penser, vivre dans la plus grande autonomie, voici la philosophie nouvelle d'un Candide devenu adulte intellectuellement. La métairie symbolise le retour sur soi. Il contredit de manière définitive son précepteur Pangloss et s'oppose en outre à Martin qui prétend : "il faut travailler sans raisonner". Le héros trouve son équilibre dans le travail réfléchi entre l'action et la réflexion.


Un lieu emblématique

Le jardin devient un autre lieu emblématique après le château des Thunder-ten-tronchk, puis l'Eldorado et son utopie. Le monde idéal est à présent le jardin, symbole de la liberté et de la libération : le bonheur de pouvoir vivre et penser par soi-même. Une fin de conte digne d'un roman d'apprentissage avec une évolution exemplaire du héros à la hauteur de l'idéal des lumières. Candide n'a plus besoin de précepteur, il a quitté le château, renoncé à l'Eldorado et compris que l'enseignement de son maître n'était qu'une illusion de philosophie. Il sait à présent. Sa sagesse est pratique « chacun se mit à exercer ses talents». Le jardin succède aux autres lieux emblématiques et illusoires, il est la valeur sûre lorsqu'on aspire à un peu de bonheur et de paix. La simplicité de cette métamorphose du héros est surprenante et exemplaire. Une autre transformation intervient au niveau dees personnages. Par exemple Cunégonde, autrefois laide, « devint une excellente pâtissière», Frère Giroflée « fut un très bon menuisier, et devint même honnête homme». La connotation du dernier chapitre est philosophique, l'homme est perfectible et le jardin devient le nouveau paradis. 

Paul gauguin fatata te miti

Gauguin

D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?

de Paul Gauguin, peint en 1897

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