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Rendez vous amoureux entre Bel ami et Madame de Marelle, Bel ami Maupassant, oral EAF

maupassant

 

 

 

 

 

Bel ami, Maupassant

 

 

*** le rendez-vous amoureux entre Bel ami et Madame de Marelle

 

préparation orale, oral EAF

 

 

 

 

 

 

Lecture du texte

Il la sentait contre lui, si près, enfermée avec lui dans cette boîte noire, qu'éclairaient brusquement, pendant un instant, les becs de gaz des trottoirs. Il sentait à travers sa manche, la chaleur de son épaule, et il ne trouvait rien à lui dire, absolument rien, ayant l'esprit paralysé par le désir impérieux de la saisir dans ses bras. « Si j'osais, que ferait-elle ? » pensait-il. Et le souvenir de toutes les polissonneries chuchotées pendant le dîner l'enhardissait, mais la peur du scandale le retenait en même temps. Elle ne disait rien non plus, immobile, enfoncée en son coin. Il eût pensé qu'elle dormait s'il n'avait vu briller ses yeux chaque fois qu'un rayon de lumière pénétrait dans la voiture. « Que pensait-elle ? » Il sentait fort bien qu'il ne fallait point parler, qu'un mot, un seul mot, rompant le silence, emporterait ses chances ; mais l'audace lui manquait, l'audace de l'action brusque et brutale. Tout à coup il sentit remuer son pied. Elle avait fait un mouvement, un mouvement sec, nerveux, d'impatience ou d'appel peut-être. Ce geste, presque insensible, lui fit courir, de la tête aux pieds, un grand frisson sur la peau, et se tournant vivement, il se jeta sur elle, cherchant la bouche avec ses lèvres et la chair nue avec ses mains. Elle jeta un cri, un petit cri, voulut se dresser, se débattre, le repousser ; puis elle céda, comme si la force lui eût manqué pour résister plus longtemps. Mais la voiture s'étant arrêtée bientôt devant la maison qu'elle habitait, Duroy, surpris, n'eut point à chercher des paroles passionnées pour la remercier, la bénir et lui exprimer son amour reconnaissant. Cependant elle ne se levait pas, elle ne remuait point, étourdie par ce qui venait de se passer. Alors il craignit que le cocher n'eût des doutes, et il descendit le premier pour tendre la main à la jeune femme. Elle sortit enfin du fiacre en trébuchant et sans prononcer une parole. Il sonna, et, comme la porte s'ouvrait, il demanda, en tremblant : — Quand vous reverrai-je ? Elle murmura si bas, qu'il entendit à peine : — Venez déjeuner avec moi demain. Et elle disparut dans l'ombre du vestibule en repoussant le lourd battant, qui fit un bruit de coup de canon. Il donna cent sous au cocher et se mit à marcher devant lui, d'un pas rapide et triomphant, le cœur débordant de joie. Il en tenait une, enfin, une femme mariée ! une femme du monde ! du vrai monde ! du monde parisien ! Comme ça avait été facile et inattendu ! Il s'était imaginé jusque-là que pour aborder et conquérir une de ces créatures tant désirées, il fallait des soins infinis, des attentes interminables, un siège habile fait de galanteries, de paroles d'amour, de soupirs et de cadeaux. Et voilà que tout d'un coup, à la moindre attaque, la première qu'il rencontrait s'abandonnait à lui, si vite qu'il en demeurait stupéfait. « Elle était grise, pensait-il ; demain ce sera une autre chanson. J'aurai les larmes. » Cette idée l'inquiéta, puis il se dit : « Ma foi, tant pis. Maintenant que je la tiens, je saurai bien la garder. » Et, dans le mirage confus où s'égaraient ses espérances de grandeur, de succès, de renommée, de fortune et d'amour, il aperçut tout à coup, pareilles à ces guirlandes de figurantes qui se déroulent dans le ciel des apothéoses, une procession de femmes élégantes, riches, puissantes, qui passaient en souriant pour disparaître l'une après l'autre au fond du nuage doré de ses rêves. Et son sommeil fut peuplé de visions. Il était un peu ému, le lendemain, en montant l'escalier de Mme de Marelle. Comment allait-elle le recevoir ? Et si elle ne le recevait pas ? Si elle avait défendu l'entrée de sa demeure ? Si elle racontait… ? Mais non, elle ne pouvait rien dire sans laisser deviner la vérité tout entière. Donc il était maître de la situation. La petite bonne ouvrit la porte. Elle avait son visage ordinaire. Il se rassura, comme s'il se fût attendu à ce que la domestique lui montrât une figure bouleversée. Il demanda : — Madame va bien ? Elle répondit : — Oui, monsieur, comme toujours. Et elle le fit entrer dans le salon. Il alla droit à la cheminée pour constater l'état de ses cheveux et de sa toilette ; et il rajustait sa cravate devant la glace, quand il aperçut dedans la jeune femme qui le regardait, debout sur le seuil de sa chambre. Il fit semblant de ne l'avoir point vue, et ils se considérèrent quelques secondes, au fond du miroir, s'observant, s'épiant avant de se trouver face à face. Il se retourna. Elle n'avait point bougé, et semblait attendre. Il s'élança balbutiant : — Comme je vous aime ! comme je vous aime ! Elle ouvrit les bras et tomba sur sa poitrine ; puis, ayant levé la tête vers lui, ils s'embrassèrent longtemps. Il pensait : « C'est plus facile que je n'aurais cru. Ça va très bien. » Et, leurs lèvres s'étant séparées, il souriait sans dire un mot, en tâchant de mettre dans son regard une infinité d'amour. Elle aussi souriait, de ce sourire qu'elles ont pour offrir leur désir, leur consentement, leur volonté de se donner. Elle murmura : — Nous sommes seuls. J'ai envoyé Laurine déjeuner chez une camarade. Il soupira, en lui baisant les poignets : — Merci, je vous adore. Alors elle lui prit le bras, comme s'il eût été son mari, pour aller jusqu'au canapé où ils s'assirent côte à côte. Il lui fallait un début de causerie habile et séduisant ; ne le découvrant point à son gré, il balbutia : — Alors, vous ne m'en voulez pas trop ? Elle lui mit une main sur la bouche : — Tais-toi ! Ils demeurèrent silencieux, les regards mêlés, les doigts enlacés et brûlants. — Comme je vous désirais ! dit-il. Elle répéta : — Tais-toi ! On entendait la bonne remuer les assiettes dans la salle derrière le mur. Il se leva : — Je ne veux pas rester si près de vous. Je perdrais la tête. La porte s'ouvrit : — Madame est servie. Et il offrit son bras avec gravité. Ils déjeunèrent face à face, se regardant et se souriant sans cesse, occupés uniquement d'eux, tout enveloppés par le charme si doux d'une tendresse qui commence. Ils mangeaient sans savoir quoi. Il sentit un pied, un petit pied, qui rôdait sous la table. Il le prit entre les siens et l'y garda, le serrant de toute sa force. La bonne allait, venait, apportait et enlevait les plats d'un air nonchalant, sans paraître rien remarquer. Quand ils eurent fini de manger, ils rentrèrent dans le salon et reprirent leur place sur le canapé, côte à côte. Peu à peu, il se serrait contre elle, essayant de l'étreindre. Mais elle le repoussait avec calme : — Prenez garde, on pourrait entrer. Il murmura : — Quand pourrai-je vous voir bien seule pour vous dire comme je vous aime ? Elle se pencha vers son oreille, et prononça tout bas : — J'irai vous faire une petite visite chez vous un de ces jours. Il se sentit rougir : — C'est que… chez moi… c'est… c'est bien modeste… Elle sourit : — Ça ne fait rien. C'est vous que j'irai voir et non pas l'appartement. Alors il la pressa pour savoir quand elle viendrait. Elle fixa un jour éloigné de la semaine suivante, et il la supplia d'avancer la date, avec des paroles balbutiées, des yeux luisants, en lui maniant et lui broyant les mains, le visage rouge, enfiévré, ravagé de désir, de ce désir impétueux qui suit les repas en tête à tête. Elle s'amusait de le voir l'implorer avec cette ardeur, et cédait un jour de temps en temps. Mais il répétait : — Demain… dites… demain. Elle y consentit à la fin : — Oui. Demain. Cinq heures. Il poussa un long soupir de joie ; et ils causèrent presque tranquillement, avec des allures d'intimité, comme s'ils se fussent connus depuis vingt ans. Un coup de timbre les fit tressaillir ; et, d'une secousse, ils s'éloignèrent l'un de l'autre. Elle murmura : — Ce doit être Laurine. L'enfant parut, puis s'arrêta interdite, puis courut vers Duroy en battant des mains, transportée de plaisir en l'apercevant, et elle cria : — Ah ! Bel-Ami ! Mme de Marelle se mit à rire : — Tiens ! Bel-Ami ! Laurine vous a baptisé ! C'est un bon petit nom d'amitié pour vous, ça ; moi aussi je vous appellerai Bel-Ami !

 

 

Problématiques possibles :

En quoi le personnage de roman est-il porteur de l’image d’une société?

En quoi cette scène a t'-elle un caractère théâtral?

En quoi cette scène reflète t'-elle l'ironie de Maupassant?

 

Questions : notes introductives:

1 -

Chez quels autres auteurs retrouve t'-on la peinture de la société du 19ème siècle avec la même force réaliste que Maupassant?

On retrouve cette peinture de la société du 19ème siècle chez Flaubert et Zola.

2 -

Citez deux ouvrages de Flaubert et deux ouvrages de Zola

Flaubert : Madame Bovary et l'Education sentimentale

Zola : Germinal et La bête humaine.

3 -

Quel est le thème de Bel ami?

Il s'agit de l'histoire d'un jeune homme ambitieux, sans argent du nom de George Duroy dont le lecteur suit les aventures amoureuses et sociales.

4 -

Quels sont les traits caractéristiques de G. Duroy?

C'est un beau garçon entretenu par les femmes : il profite de son physique pour évoluer dans le monde social. Il a aussi de grands talents de journaliste. Il flatte pour arriver à ses fins.

5 -

Dans les grandes lignes, quel est son portrait psychologique?

Ambitieux, profiteur, arriviste.

6 -

Quels sont selon vous, les termes qui le représenteraient le mieux?

profiteur, arriviste.

7 -

Qu'est-ce qu'un héros éponyme?

C'est un héros qui a donné son nom au livre.

8 -

Citez un autre héros éponyme représentant de la littérature classique

Candide

9 -

Quels sont les deux personnages en présence dans l'extrait?

Dans l'extrait, les deux personnages en présence sont Madame de Marelle et George Duroy.

10 -

Quel est le point de vue du narrateur dans ce passage?

Le point de vue est omiscient

 

Plan possible pour un commentaire   :

I La rencontre amoureuse

A cadre et mouvements du récit

B portrait des personnages

II Le caractère théâtral de la scène

A les stichomythies

B le comique de geste et de situation

III L'ironie du narrateur

A la comédie de l'amour

B dénonciation de la société bourgeoise

Hypocrisie et faux semblants

Conclusion

Questionnaire sur le passage en fonction des axes proposés

I-

A -

Quel est le cadre mis en place?

Montrez en citant pour justifier votre réponse que le décor minimaliste traduit la pauvreté de la relation sentimentale des deux personnages

L'appartement est modeste, nous distinguons le salon, la salle à manger. Ils vont dans un premier temps dans le salon, puis dans la salle à manger et enfin retournent au salon "quand ils eurent fini de manger, ils rentrèrent dans le salon et reprirent leur place de sur le canapé"

Le décor semble refléter la banalité de leurs sentiments. Les personnages sont cantonnés dans un décor a priori minimaliste.

B -

1 -

Relevez les expressions et termes qui reflètent la sensibilité de George Duroy

"balbutiant"; "il balbutia"; il se "sentit rougir" " des paroles balbutiées " le visage rouge"

2 -

A quel signe le lecteur voit-il que les deux personnages ne se respectent pas de la même manière?

George vouvoie Madame de Marelle, il lui dit : "je vous adore" tandis qu'elle le tutoie "tais toi"

3 -

En quoi le tutoiement renseigne t'-il le lecteur sur le personnage de Mme de Marelle?

Le tutoiement nous montre que Madame de Marelle est dominatrice. George est tel un jouet qu'elle utilise à sa guise.

4 -

Quels sont les traits dominants de cette femme?

Elle le domine : "Elle s'amusait de le voir l'implorer avec cette ardeur": Elle manifeste son penchant à la femme adultère "nous sommes seuls, j'ai envoyé Laurine déjeuner chez une camarade".

II -

A -

1 -

Définir les stichomythies

Les stichomythies sont des répliques brèves qui se succèdent

2 -

Relevez et montrez leur importance dans cet extrait

On peut par exemple citer les deux occurences de "tais-toi" ou encore "comme je vous désirais".

3 -

De quoi cela est-il typique?

C'est typique des dialogues théâtraux de comédie.

4 -

Analysez la mise en abyme d'une pièce de théâtre dans le texte romanesque

A quelle pièce cette mise en abyme fait-elle référence?

On peut parler d'une mise en abyme d'une pièce de théâtre dans le texte romanesque : la référence de l'époque, Madame est servie, pièce dans laquelle on retrouve le triangle mari, femme, amant.

5 -

Comment l'effet comique se traduit-il? Citez pour justifier votre réponse

Quel rôle les répétitions jouent-elles?

L'effet comique est traduit par des répétitions "comme je vous aime!" ou encore par le contraste entre les deux personnages, l'audace de Madame de Marelle et Duroy, timide et hésitant ainsi que le suggèrent les formules suivantes : "balbutia", "balbutiant", "balbutié". Le personnage est effacé en proie à une femme dominatrice jouant la comédie du faux amour : il est ridicule.

6 -

Quelle image G. Duroy donne t'-il de lui?

Duroy donne l'image d'un héros timide, peu assuré, hésitant à la limite du ridicule, soumis à une femme qui s'octroie le monopole de la parole et des décisions.

7 -

Est-ce celle d'un héros traditionnel?

Ce n'est pas l'image d'un héros traditionnel

B -

1 -

Quel est le rôle de la bonne? Que symbolise t'-elle?

La bonne semble perturber la tranquilité des amants. On peut à égard citer : "On entendait la bonne rumer les assiettes, dans la salle, derrière le mur". Son rôle est d'être témoin de la scène. Personnage secondaire essentiel qui sait tout mais ne dit rien.

2 -

Relevez les expressions qui traduisent le comique de geste. Analysez les

Effet de contraste entre le comique de geste et de situation : "il offrit son bras avec gravité" : Duroy passe de sérieux et grave à fougueux et passionné. Les gestes sont à cet égard démesurés, "il s'élançait", "elle ouvrit ses bras...".

3 -

Relevez les expressions qui traduisent le comique de situation. Analysez les

La bonne s'introduit dans l'intimité des amants en faisant du bruit dans la salle, puis fait les cent pas dans l'appartement comme si tout était normal "la bonne allait, venait, sans paraître rien remarquer". Le comique de situation est basé sur la bonne, véritable témoin oculaire dans la comédie mais qui reste toujours un simple témoin muet.

II I -

A -

1 -

Montrez que le narrateur manifeste de l'ironie vis-à-vis de G. Duroy à plusieurs niveaux:

son attitude féminine = la référence aux cheveux et à la toilette de Duroy

son narcissisme = Duroy est très vaniteux

son anti-héroisme = Duroy est un anti-héros, on le voit féminisé, narcissique et soumis à une femme dominante

2 -

Par quel point de vue le narrateur parvient-il à se moquer de G. Duroy?

Le narrateur parvient à se moquer de Duroy par le point de vue omniscient

3 -

Quelle image donne t'-il de Mme de Marelle?

Le narrateur donne de Madame de Marelle l'image d'une femme facile

4 -

Quelle image le narrateur donne t'-il de cette scène d'amour?

Le narrateur donne l'image d'une scène d'amour ridicule où chacun jouerait à merveille son rôle d'amant. Il est ironique.

B -

1 -

Quels sont les sous-entendus de Maupassant?

Maupassant affirme à travers les "yeux luisants... ravagé de désir, de ce désir qui suit les repas", que Duroy a trop bu de vin. C'est l'alcool en fait qui fait briller ses yeux et non son désir de Madame de Marelle.

2 -

En quoi Maupassant critique t'-il le jeu social?

Justifier votre réponse en citant le texte

Maupassant dénonce la décadence d'un milieu ou l'hypocrisie et l'argent dominent. Nous sommes dans le Paris de la fin du XXIème siècle.

3 -

Montez en relevant quelques citations du texte que la description est réaliste, objective et lucide

"rajustait sa cravate devant la glace"

"ils causèrent avec des allures d"'intimité, comme s'ils se fussent connus depuis 20 ans"

4 -

De quel ordre la décadence soulignée par Maupassant est-elle? Quelle est sa visée?

La décadence évoquée est sociale. Il s'agit de dénoncer la société et ses moeurs en mettant l'accent sur le milieu social dépravé et hypocrite.

5 -

Chez quels autres auteurs retrouve t'-on ces mêmes thèmes?

Chez Flaubert par exemple

Huysmans et Barbey d'Aurevilly

6 -

Montrez que Bel ami est le type même du dandy

C'est un personnage artificiel, littérature décadente. "rajustait sa cravate devant la glace"

7 -

Proposez une définition de dandy : recherche personnelle

8 -

Expliquez le titre «Bel-ami»

Bel ami est ici le type du dandy.

9 -

Quel est le discours moraliste de Maupassant?

Comment procède t'-il pour le mettre en avant?

Nous sommes dans une comédie de la passion, Duroy n'éprouve pas un amour sincère mais une simple passion vénale. Madame de Marelle est présentée quant à elle comme une femme facile et sans scrupules dans sa relation aux hommes, "elle souriait, de ce sourire qu'elles on pour offrir leur désir.... se donner" = Maupassant tient un véritable discours moraliste que le présent de vérité générale met en avant. Il critique le comportement décadent des femmes faciles de l'époque.
"J'ai envoyé Laurine déjeuner chez une camarade; "Merci je vous adore"

10 -

Relevez les procédés qui mettent en valeur la comédie, le jeu

Nous avons plusieurs procédés : la séduction, les apparences, le jeu, l'illusion et le mélange des genres, comiques et ironique ; Nous sommes dans une comédie qui s'apparente à un vaudeville.

Questions sur la conclusion:

Peut-on dire qu'au-delà du regard ironique du narrateur, la littérature romantique soit également en cause et en particulier le sentimentalisme?

Oui, le romantisme est devenu un véritable cliché. Le sentimentalisme est tourné en ridicule : c'est propre à la littérature des auteurs décadents de l'époque.

Le mélange des tons comiques et ironie, fait de cet extrait un texte de référence en matière de littérature réaliste

 

 

 
maupassant

 

 


 

Questions sur le naturalisme et le réalisme

 

Naturalisme

Crée en même temps que le romantisme (De Balzac à Stendhal), le réalisme ne prend vraiment son essort que dans la période 1850-1900 (par Flaubert et Maupassant) et se retrouve dans le naturalisme crée par Zola.
1) Réalisme et Naturalisme (à travers l'histoire)
- Les romans emprunts de réalisme s'identifient à l'époque traversée: des révolutions de 1848 (qui se retrouve dans "L'Education sentimentale" de Flaubert, du coup d'état de L-N Bonaparte (conteste de "La Fortune des Rougon" de Zola) ou de la politique stable du 2ème Empire (1852 à 1870). -Les Années 1850-1900 virent la vraie naissance du capitalisme moderne: Zola le décrit à travers les grands magasins dans "Au bonheur des dames" paru en 1883, et à travers la bourse dans "l'Argent" paru en 1891. C'est une époque de fortes évolutuions tant sociales (naissance de la classe ouvrière) que urbaines (à travers le Paris du Préfet Haussmann).
-C'est enfin le grand moment du positivisme, qui use de l'expérience scientifique comme fondement à tout savoir. Les romanciers écrivent aussi sur les avancées en médecine et en psychologie, Maupassant disserte sur la folie ("Le Horla" en 1887), les frères Goncourt s'expriment sur l'hystérie féminine ("Germine Lacerteux" en 1865), ou encore Zola sur les valeurs de l'hérédité, servant de base à ses "Rougon-Macquart" (de 1871 à 1893), période romanesque sous titrée "Histoire Naturelle et social d'une famille sous le second Empire".

Réalisme et naturalisme :

  • A quel moment le naturalisme prend t'-il son essor?
  • Citez deux romans réalistes
  • Quelles sont les caractéristiques du réalisme?
  • Quelles en sont les sources?
  • Quel est le cadre historique?


2) Les clés du réalisme et du naturalisme:
-Les principes généraux de la vision réaliste naissent chez Balzac qui crée, avec "La comédie Humaine" le roman total, vrai "concurrence à l'Etat-civil" (préambule de 1842) et chez Stendhal qui crée le roman assimilé à "une glace qui déambule sur une grande-route" ("Le Rouge et le Noir" en 1830). Les 2 écrivains affirment retranscrire la réalité de manière fidèle. -Le mot "réalisme survient, au début de manière péjorative pour enfin définir une nouvelle création de description, constituée autour de Gustave Courbet. Plus tard, Champfleury et Duranty se l'approprient en littérature en affirmant l'objectivité sur base romantique, et ses qualités de description. Le réalisme n'est cependant qu'au second plan comme courant en littérature: et même Flaubert, pourtant son affirmé (Chef de file, ne se disait-il pas comme non-réaliste. -Par contre, le naturalisme a bien représenté une école littéraire, avec les frères Goncourt et Zola ("Thérése Raquin", en 1867, puis les "Rougon Macquart" à partir de 1871). Les écrits de ce dernier écrivain, Le Roman d'expérience (en 1880) et les Romanciers (1881) apportent leur fondement au naturalisme; ils revendiquent un réalisme extrémiste par leur expérimentation du modèle scientifique. Ils s'attirent toutefois des avis mesurés, chez Maupassant (exemple: la préface de "Pierre et Jean", en 1887) ou chez Huysmans "exemple: la préface de "A retours", en 1903).

Les clés du réalisme et du naturalisme :

  • Quels sont les deux écrivains qui posent les clés du réalisme?
  • Définissez "réalisme"
  • Le naturalisme a t'-il représenté une école littéraire?
  • Quels écrits sont à l'origine du fondement du naturalisme?
  • Quel réalisme les écrivains fondateurs revendiquent-ils?
  • De quel modèle s'inspirent-ils?


3) Les genres réalistes et naturalistes:
- Le roman est le genre le plus retenu: on estime qu'il décrit le mieux la réalité. Balzac avec "La Comédie Humaine", et Zola , avec les "Rougon-Macquart" racontent de grandes épopées familiales, empreintes de social et d'histoire. Contrairement aux romantiques avec le roman sur fond d'histoire, les réalistes et les naturalistes s'intéressent eux au présent et tirent leur inspiration de la vie réelle (Stendhal écrit aussi son roman "Le Rouge et le Noir" en se basant sur un fait divers relaté dans un journal). -Le descriptif a une grande importance, car il permet de décrire la réalité: il repète les "petits faits avérés" (Stendhal) et cela donne un effet de réalité. -Enfin, se focaliser dans ce genre de romans, autorise des effets complexes, entre narrateur présent en permanence, image du démiurge qui crée tout un monde (Balzac), et le "se focaliser" propre à Zola, qui permet au narrateur de se dissimuler derrière ses personnages.

Les genres réralistes et naturalistes :

  • Parmi les genres réralistes et naturalistes, quel est le genre le plus reconnu? Pourquoi?
  • Que racontent Balzac et Zola dans la Comédie humaine et les Rougon Macquart?
  • Quelle est la base de l'inspiration de ces genres littéraires?
  • Quelle est la place du descriptif?


4) Les Thèmes réalistes et naturalistes:
-Le réalisme s'attaque d'abord au romantisme, qu'on accuse d'éloigner de la réalité. Flaubert dans "Madame Bovary", décrit les effets néfastes de l'illusion romantique sur l'héroisme de son roman). Par contre, réalistes et naturalistes revendiquent la réalité des villes, politique et sociale. Les héros de ces romans sont ordinaires, qu'ils soient de la classe bourgeoise de Flaubert ou de la classe ouvrière de Zola- Zola décrit aussi, dans les "Rougon-Macquart" le monde des prostituées, l'alcool et le crime. -C'est la réalité que les romans décrivent. C'est pourquoi le réalisme a souvent été qualifié d' inesthétique et parfois même manquant de moralité et apportant la subversion: en 1857; un procés a même été intenté contre Flaubert "Madame Bovary" sous l'accusation suivante: "Atteinte à la morale des gens et aux bonnes moeurs".

Les thèmes réalistes et naturalistes :

  • A quoi le réalisme s'attaque t'-il?
  • Donnez un exemple
  • Que revendiquent les réalistes et les naturalistes?
  • Citez trois thèmes reccurrents chez Zola
  • Le réalisme est -il associé à la moralité ou au manque de moralité?
  • Que pouvons-nous dire à ce propos sur Madame Bovary?

 

maupassant

 

 

 

Questions sur Maupassant :

De quel siècle Maupassant est-il?

  • Guy de Maupassant, né Henry-René-Albert-Guy de Maupassant le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques et mort le 6 juillet 1893 à Paris, est un écrivain français.
  • Citez trois de ses oeuvres
  • Une Vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888
  • Citez deux de ses contemporains
  • José Maria de Heredia et Flaubert
  • A quel mouvement littéraire appartient-il?
  • Au mouvement réaliste
  • A t'-il marqué la littérature français?
  • Oui, il a marqué la littérature, ces oeuvres retiennent l'attention par leur force réaliste.
  • A quel âge Maupassant est-il décédé?
  • Il meurt à 43 ans. Il sombre peu à peu dans la folie;

 

 

maupassant

 

 

Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde, série de questions

1. Donner une définition du roman.

 Le roman est, au XIIème siècle, un récit en vers français. A partir du XIVème siècle, le roman renvoie à des textes en prose. Selon son sens moderne, le roman est une « œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures. »

2. Quelles sont les différentes formes du roman ?

 Le roman de chevalerie et les fabliaux (de petites histoires en vers simples et amusants) au Moyen-âge

 Le roman comique au XVIIème

 Le roman épistolaire et le roman picaresque (dont le héros est un aventurier ou un vaurien) au XVIIIème

 Le roman historique, le roman de mœurs, le roman d’aventures, et le roman fantastique au XIXème

 Le roman policier, le roman de science-fiction, le roman analyse et le « nouveau roman » au XXème.

3. Quelles sont les interrogations romanesques essentielles ?

 La passion amoureuse

 L’apprentissage du monde et la découverte du réel

 Le jeu de la mémoire et du temps

 L’interrogation devant la condition humaine.

4. Quelles sont les fonctions du roman ?

 La fonction ludique (se divertir, s’évader, s’identifier…)

 La fonction didactique :

o le roman comme connaissance du monde (roman historique, roman social, roman témoignage…)

o Le roman comme connaissance de l’homme

o Le roman comme leçon (le roman engagé, la morale)

o Le roman comme interrogation

5. Donner des exemples de romans à fonction didactique?.

Romans didactiques : Les lettres persannes de Montesquieu Les liaisons dangereuses de Laclos Le rouge et el noir de Stendhal

6. Qu’est-ce que le schéma actantiel ?

 Le schéma actantiel s’applique parfois parfaitement à l’intrigue, et pour certaines œuvre, il ne coïncide que partiellement avec l’action. Les personnages principaux, qui ont une place importante dans le déroulement du récit (parmi eux, le héros) sont classés en deux catégories qui s’opposent :

o Les personnages adjuvants, qui aident le héros dans sa quête (de même, peuvent être adjuvants des objets, des évènements…)

o Les personnages opposants, qui sont en conflit avec le héros, et tentent de le mettre en échec.

 Le héros, entourés des personnages principaux, subit une épreuve principale avant d’atteindre son but.

7. Comment la caractérisation des personnages est-elle réalisée ?

 Elle est directe pour les descriptions, les renseignements explicites sur l’identité du personnage

 Elle est indirecte quand il s’agit de déduire les traits de la personnalité du héros, de son comportement, ou ses paroles.

 On appelle « effet personnage » l’illusion de réalité que donne le roman, le lecteur assemblant mentalement au fil du récit des éléments dispersés qui construisent peu à peu le personnage. Pourtant, celui-ci n’est rien au départ.

8. Quelles sont les fonctions des personnages dans un roman ? Représentation : le portrait des personnages donne au lecteur l’image d’une réalité.

 Symbole : Le personnage symbolise souvent toute une catégorie de personnes, il dépasse les perspectives individuelles.

 Interprétation : c’est à travers le personnage que se construit le sens du récit.

 Identification : les comportements d’un personnage peuvent influencer le lecteur qui a tendance à s’identifier à lui.

 Esthétique : il existe un art de la composition du personnage, et de le créer au fil du récit.

 Information : Le personnage transmet des indices, des valeurs au lecteur.

9. Qu’est-ce qu’un héros ?

 Le personnage principal d'un roman est la personne sur laquelle sont fondée toute l'action, et toute la cohérence de l'histoire contée. Dans notre langage quotidien, nous appelons toujours le personnage principal le héros de l'histoire ; or le véritable héros est l'individu qui parvient à vaincre les difficultés et à régler les problèmes par l'intermédiaire de sa force, son pouvoir ou son intelligence. Les vrais héros de romans vivent de multiples aventures racontées dans de nombreux ouvrages, ils ont déjà des capacités ou des facultés particulières qui autorisent ces aventures. Le mot « héros » désigne à l’origine, un demi-dieu, qui accomplie des exploits, et incarne le courage et des valeurs moral. Cependant, il existe des personnages principaux appelés des antihéros.

10. Qu’est-ce qu’un antihéros ?

 On peut distinguer quatre types principaux d’antihéros:

o le personnage « sans qualités », l’être ordinaire vivant une vie ordinaire dans un cadre ordinaire

o le héros « décalé », un personnage ordinaire, sans qualités, qui par les circonstances se trouve plongé dans une situation extraordinaire.

o le héros négatif, porteur de valeurs antihéroïques et en général antisociales, mais sans qualités « héroïques ».

o le héros déceptif, un personnage ayant potentiellement des qualités héroïques mais qui n’en fait pas usage ou les utilise mal ou à mauvais escient, ou qui tend à perdre ces qualités, ou enfin qui se trouve dans un cadre où ces qualités ne sont plus appréciées ou admises.

11. Quelles sont les différents types de héros, et leurs caractéristiques ?

 Au XVIIème siècle, prédominent les héros raffinés des romans précieux, les héros joyeux des romans comiques, et les héros parfaits du roman classique.

 Au XVIIIème siècle, on assiste à la naissance du héros de roman moderne, avec les personnages entreprenants du réalisme, les héros hédonistes du roman libertin, les héros philosophes du roman des lumières, les héros sensibles des romans du courant pré-romantique.

 Au XIXème, le personnage idéalisé du roman romantique apparaît, ainsi que le héro moderne des romans réalistes, et le héro expérimental du roman naturaliste.

 Au XXème siècle, on retourne à des personnages forts (vers les années 30), ce sont des héros engagés, aux prises avec les conflits de leur temps. Dans les années 50, les personnages dans le nouveau roman sont remis en question, par exemple en rendant le personnage principal anonyme, ou en ne se focalisant pas sur un personnage principal.

12. Qu’est –ce que la focalisation ?

 Pour raconter une histoire, on doit choisir un point de vue, la focalisation : le romancier décide qui perçoit les événements rapportés. (le mot « focalisation » est issu du vocabulaire photographique : c’est le foyer à partir duquel une photo est prise.

13. Quels sont les différents points de vue utilisés dans un roman ?

 Le point de vue externe = perception « du dehors », sans connaître les pensées des personnages.

 Le point de vue interne = perception d’un seul personnage, dont on suit les pensées, les sensations.

 Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro) = perception de l’ensemble des sentiments et des sensations de tous les personnages, ainsi que du passé et de l’avenir.

14. Qu’est-ce que les modalités du récit ? Quelles sont-elles dans un roman ?

 Le temps romanesque n’est pas linéaire comme le temps réel : le récit peut accélérer ou ralentir l’action, revenir en arrière, s’arrêter brusquement. Les personnages ont dans le roman une vie plus ou moins complète, certains ne font que des apparitions épisodiques, la façon dont ils s’inscrivent dans le temps peut donc être importante dans l’étude du roman. Ce sont ces « effets » que l’on appelle modalités.

 La scène :  = vie du personnage. (Elle est calquée sur les évènements.)

 La pause : Comme son nom l’indique, c’est un arrêt du déroulement des évènements.

 Le sommaire : durée du récit < vie du personnage. (Les évènements sont énumérés ou résumés.)

 Analepse : c’est un retour en arrière (qui provoque une pause dans le récit. Le temps n’avance plus, mais des renseignements qui font avancer le récit sont dévoilés.)

 Prolepse : anticipation du futur

 Ellipse : passage sous silence d’une période plus ou moins longue.

 Modalité itérative : action répétée une seule fois.

15. Quelle est la structure du récit dans le roman ?

 Le récit romanesque est composé de :

o La situation initiale : définit le cadre de l'intrigue, met en place le lieu, l'époque, les personnages... le héros vit une situation d’équilibre.

o L’élément perturbateur : C'est l'élément qui fait basculer la situation du début, remet en cause l'état initial: rencontre, découverte, événement inattendu...

o Les péripéties : c’est une suite de transformations qui modifie la situation des personnages.

o L’élément de résolution : il annonce la résolution de l’intrigue. C’est le dénouement.

o La situation finale : Le personnage principal trouve une nouvelle situation d'équilibre, sur laquelle s’achève le roman/le récit.

 Ce modèle, à l'origine de toute invention narrative, peut être plus ou moins modifié; certaines étapes peuvent être difficiles à reconnaître, ou leur ordre changé. Mais retrouver et analyser ce schéma permet d'enrichir l'étude

 

 

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