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Rabelais, Gargantua, l'oeuvre intégrale

Gustave Doré - Gargantua.jpg 

« Gustave Doré - Gargantua » par Gustave Doré — Fine Arts Museums of San Francisco. Art Museum Image Gallery Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

 

Rabelais, Pantagruel et Gargantua
 
 
 
 
 
 
Un mouvement littéraire, l'humanisme
Gargantua de Rabelais
 

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Questionnaire sur François Rabelais

1 -

Quelles sont les dates de Rabelais?

Né à La Devinière à Seuilly (Touraine) en 1483 ou 1494 selon les sources et mort en 1553

2 -

Sous quels pseudonymes est-il connu?

Alcofribas Nasier = anagramme de François Rabelais

Autre pseudonyme : Seraphin Calobarsy

3 -

Qui était-il?

Un penseur, chrétien, médecin, bon vivant, anticlérical

4 -

De qui Rabelais était-il admirateur?

Erasme

5 -

Citez une autre œuvre que Gargantua

Pantagruel, 1532

6 -

Pantagruel et Gargantua sont-ils considérés comme une préfiguration du roman moderne?

Oui, ils préfigurent le roman réaliste et satirique mais on y trouve aussi un peu du conte avec le gigantisme, un peu de la parodie, de l’épopée et du roman de chevalerie;

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L’humanisme

Questionnaire pour l’oral EAF :
Définition:

1 -

Qu’est-ce que l’humanisme?

C’est un courant culturel qui est apparu à l’époque de la Renaissance.

L’humanisme est une doctrine théorique et pratique qui repose sur la dignité de l’homme et vise son accomplissement. L’homme d’un point de vue philosophique doit s’affranchir de toute croyance religieuse.

Ce mouvement est apparu en Italie dès le XIVème siècle puis en France aux Xvème et XVIème.

C’est une étape importante dans l’histoire de la culture Européenne.

Les trois points importants sont :

- Critique de l’éducation rhétorique

- Recherche d’une éducation équilibrée

- Retour aux textes anciens

Le mot humaniste apparaît en Europe occidentale au XVIe siècle, vers 1539. Il désigne les érudits qui ne se contentent plus de la connaissance du latin, la langue commune à toutes les personnes instruites de leur époque, mais étudient aussi les autres langues prestigieuses de l'Antiquité, le grec et l'hébreu.

2 -

Que manifestent les intellectuels de l’époque?

Un très grand appétit de savoir : étude de diverses disciplines.

3 -

Prônent-ils la vulgarisation des savoirs?

Oui de tous les savoirs. Ils estiment que la parole divine doit-être accessible à tout un chacun. Le savoir religieux est donc important.

4 -

Quel point de vue les humanistes ont-ils sur la liberté de l’homme?

L’homme est libre au sens où il est responsable de ses actes. L’homme a le libre arbitre donc le choix de ses actes dont il est pleinement responsable.

5 -

Citez quelques humanistes

Erasme, Rabelais, Montaigne, Pétrarque

6 -

L’idéal des lumières renoue t’-il avec l’idéal humaniste d’accéder à une sagesse pleinement humaine?

Oui par la confiance que les Lumières mettent en l’homme au détriment de l’obscurantisme politique et religieux.

7 -

Quelles sont les idées des Lumières?

L’autonomie de la raison, rejet des dogmes religieux, défense de la tolérance, de la liberté et de l’égalité, défense de la notion de progrès du savoir et au niveau moral

La philosophie de l’humanisme

1 -

Quelle connotation philosophique peut-on associer à l’humanisme?

La notion d’humanisme est associée aux droits fondamentaux de l’homme. On peut alors parler d’humanisme pratique ou moral relativement à la notion d’interdits éthiques ou de devoirs = ne pas tuer, ne pas voler, ne pas asservir….;

2 -

Quelle est la primauté du courant philosophique humaniste?

La primauté de l’homme, de l’humain et des lois naturelles sur les croyances religieuses et la croyance en un (ou plusieurs) être(s) divin(s) surnaturel(s).

3 -

Contre quoi l’humanisme lutte t’-il?

L’humanisme lutte contre le pouvoir de l’Eglise en tant qu’elle exerce une influence sur l’activité intellectuelle. C’est pourquoi l’humanisme privilégie l’action pratique, la recherche de l’efficacité, le pragmatisme.

l'humanisme moderne

1 -

En quel sens peut-on parler d’humanisme moderne?

On peut parler d’humanisme moderne dans le sens où les modernes associent l’humanisme à la Renaissance comme un courant ayant des racines dans l’Antiquité.

On peut citer par exemple la citation universellement connue du sophiste Protagoras « l’homme est mesure de toutes choses » =  exclusion du divin. En effet, la citation de Protagoras nous renvoie au scepticisme antique à l’égard des divinités. Nous pouvons également mentionner que le bouddhisme n’inclut pas la notion de divinités mais seulement d’âme. Ce qui est mis en avant est l’accomplissement de l’homme. Les divinités ne sont plus indispensables à l’homme pour fonder l’éthique

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Questionnaire sur Pantagruel et Gargantua

1 -

Quand Pantagruel a t’-il été publié?

En 1532

2 -

Que raconte Pantagruel?

Il s’agit de la vie du héros éponyme racontée de manière burlesque sur le mode des romans de chevalerie. Le géant est le fils de Gargantua et de Badebec. L’éducation a une place essentielle dans Pantagruel. La lettre de Gargantua en témoigne car elle rend hommage au savoir et incite son fils à s’élever à une connaissance encyclopédique.

3 -

Quel est le second roman de Rabelais?

Gargantua

4 -

Sous quel pseudonyme est-il publié?

Sous  le nom d’Alcofribas Nasier

5 -

Contre quoi le prologue met-il le lecteur en garde?

Le narrateur invite le lecteur à ne pas lire ce roman au sens littéral

6 -

Sur quoi le récit s’ouvre t’-il?

Sur la généalogie du héros

7 -

Quelle éducation est mise en avant dans ce roman?

Le géant reçoit une éducation très formaliste basée sur un simple apprentissage basé sur le par coeur : il s’agit d’une critique de l’enseignement de la Sorbonne

L’éducation est la question centrale de l’humanisme. On peut dire de ce roman qu’il est un traité d’éducation au sens d’un programme encyclopédique.

8 -

Qui est Ponocrates?

Le nouveau précepteur

9 -

Que représente t’-il?

Il incarne les idées humanistes, la nouvelle pédagogie

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  • Prologue de gargantua Rabelais 
  • Texte:
  • Buveurs très illustres, et vous vérolés très précieux, car c’est à vous, non aux autres, que je dédie mes écrits, Alcibiade, dans un dialogue de intitulé le Banquet, faisant l’éloge de son précepteur Socrate, sans conteste le prince des philosophes, déclare entre autres choses qu’il est semblable aux silènes. Les Silènes étaient jadis de petites boites, comme celles que nous voyons à présent dans les boutiques des apothicaires, sur lesquelles étaient peintes des figures drôles et frivoles : harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs attelés, et autres figures contrefaites à plaisir pour inciter les gens à rire (comme le fut Silène, maitre du Bacchus). Mais à l’intérieur on conservait les drogues fines, comme le baume, l’ambre gris, l’amome, la civette, les pierreries et autres choses de prix. Alcibiade disait que Socrate leur était semblable, parce qu’à le voir du dehors et à l’évaluer par l’aspect extérieur, vous n’en auriez pas donné une pelure l’oignon, tant il était laid de corps et d’un maintien ridicule, le nez pointu, le regard d’un taureau, le visage d’un fou, le comportement simple, les vêtements d’un paysan, de condition modeste, malheureux avec les femmes, inapte à toute fonction dans l’état ; et toujours riant, trinquant avec chacun, toujours se moquant, toujours cachant son divin savoir. Mais en ouvrant cette boite, vous y auriez trouvé une céleste et inappréciable drogue : une intelligence plus qu’humaine, une force d’âme merveilleuse, un courage invincible, une sobriété sans égale, une égalité d’âme sans faille, une assurance parfaite, un détachement incroyable à l’égard de tout ce pour quoi les humains veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent.

A quoi tend, à votre avis, ce prélude et coup d’essai ? C’est que vous, mes bons disciples, et quelques autres fous oisifs, en lisant les joyeux titres de quelques livres de votre invention, comme Gargantua, Pantagruel, Fesse pinte. La dignité des braguettes, des pois au lard avec commentaire, etc., vous pensez trop facilement qu’on n’y traite que de moqueries, folâtreries et joyeux mensonges, puisque l’enseigne extérieure est sans chercher plus loin, habituellement reçue comme moquerie et plaisanterie. Mais il ne faut pas considérer si légèrement les œuvres des hommes. Car vous-mêmes vous dites que l’habit ne fait pas le moine, et tel est vêtu d’un froc qui au-dedans n’est rien moins que moine, et tel est vêtu d’une cape espagnole qui, dans son courage, n’a rien à voir avec l’Espagne. C’est pourquoi il faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce qui y est traité. Alors vous reconnaitrez que la drogue qui y est contenue est d’une tout autre valeur que ne le promettait la boite : c'est-à-dire que les matières ici traitées ne sont pas si folâtre que le titre le prétendait.

Et en admettant que le sens littéral vous procure des matières assez joyeuses et correspondant bien au titre, il ne faut pourtant pas s’y arrêter, comme au chant des sirènes, mais interpréter à plus haut ses ce que hasard vous croyiez dit de gaieté de cœur.Avez-vous jamais crocheté une bouteille ? Canaille ! Souvenez-vous de la contenance que vous aviez. Mais n’avez-vous jamais vu un chien rencontrant quelque os à moelle ? C’est, comme dit Platon au livre II de la République, la bête la plus philosophe du monde. Si vous l’avez vu, vous avez pu noter avec quelle dévotion il guette son os, avec quel soin il le garde, avec quelle ferveur il le tient, avec quelle prudence il entame, avec quelle passion il le brise, avec quel zèle il le suce. Qui le pousse à faire cela ? Quel est l’espoir de sa recherche ? Quel bien en attend-il ? Rien de plus qu’un peu de moelle. Il est vrai que ce peu est plus délicieux que le beaucoup d’autres produits, parce que la moelle et un aliment élaboré selon ce que la nature a de plus parfait, comme le dit Galien au livre 3 Des Facultés naturelles et IIe de L’Usage des parties du corps.A son exemple, il vous faut être sages pour humer, sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers à la poursuite et hardis à l’attaque. Puis, par une lecture attentive et une méditation assidue, rompre l’os et sucer la substantifique moelle, c’est-à-dire _ ce que je signifie par ces symboles pythagoriciens _ avec l’espoir assuré de devenir avisés et vaillants à cette lecture. Car vous y trouverez une bien autre saveur et une doctrine plus profonde, qui vous révèlera de très hauts sacrements et mystères horrifiques, tant sur notre religion que sur l’état de la cité et la gestion des affaires.

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  • Analyse : Extrait du prologue de Gargantua « Buveurs très illustres…gestion des affaires »
  • Le texte que nous allons étudier est le début du prologue de Gargantua, roman écrit en 1534 par François Rabelais, humaniste de la Renaissance. Avant d'entamer les aventures du géant Gargantua et de son père Grandgousier, roi des Dipodes, l'auteur s'adresse à son lecteur de façon familière et lui fait comprendre qu'il ne faut pas se laisser tromper par les apparences: malgré son titre et le ton comique, l'œuvre qu'il s'apprête à lire contient une sagesse qu'il lui appartient de savoir repérer entre les lignes.
  • Nous verrons donc, dans un premier temps, les aspects burlesques de ce prologue, puis nous montrerons les intentions sérieuses de l'auteur, pour interpréter, en dernier ressort, ce statut paradoxal du texte.
  • I/ UN PROLOGUE BURLESQUE
  • 1 - au lecteur
  • 2- la description de Socrate
  • Transition
  • II/L'intention sérieuse de l'auteur
  • 1-Un texte structuré
  • 2-Les références à Platon et l'orientation philosophique de Rabelais
  • 3-La référence à la mythologie Transition
  • III/ Le statut paradoxal du texte
  • Conclusion avec ouverture

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Commentaire du prologue de Gargantua

               «Buveurs très illustres…gestion des affaires »

INTRODUCTION

Le texte que nous allons étudier est le début du prologue de Gargantua, roman écrit en 1534 par François Rabelais, humaniste de la Renaissance. Avant d'entamer les aventures du géant Gargantua et de son père Grandgousier, roi des Dipodes, l'auteur s'adresse à son lecteur de façon familière et lui fait comprendre qu'il ne faut pas se laisser tromper par les apparences: malgré son titre et le ton comique, l'œuvre qu'il s'apprête à lire contient une sagesse qu'il lui appartient de savoir repérer entre les lignes.

Nous verrons donc, dans un premier temps, les aspects burlesques de ce prologue, puis nous montrerons les intentions sérieuses de l'auteur, pour interpréter, en dernier ressort, ce statut paradoxal du texte.

I/  Un prologue burlesque

1- Rabelais commence son prologue par s'adresser directement au lecteur par des appellatifs relevant d'un lexique bas et péjoratif: "buveurs". C'est à dire ivrognes, et "vérolés",  soit contaminés par la syphilis, maladie sexuellement transmissible.  Ces appellatifs créent une complicité.

2- la description de Socrate

   a- Rabelais fait référence à Platon, en particulier au dialogue intitulé  le banquet.

   b- De plus, l'auteur commence à décrire "l'aspect extérieur" de Socrate; la description se résume avec la phrase "vous n'en auriez pas donné une pelure d'oignon" ; Il énumère ensuite les défauts de ce grand philosophe qu'il admire pourtant. Il souligne le paradoxe de la laideur socratique C’est en effet, une conception très grecque que de refuser d’admettre qu’un esprit si brillant puisse cacher un corps et un visage si laids.

3- Enfin, l'auteur explique qu'il souhaite qu'un lecteur se comporte avec son œuvre de la même façon qu'un chien suce son os à moelle. Il attribue à l'Homme le vocabulaire habituellement utilisé pour décrire les réactions d'un animal : "A son exemple, il vous faut être sages pour humer, sentir, et estimer ces beaux livres de haute graisse".

Transition:

On constate donc que Rabelais, à première vue, cherche à s'amuser et à divertir son lecteur. Il se moque presque, utilisant des adresses familières et des allusions grossières.

Mais il précise qu'il veut être écouté et que ce prologue, malgré ses apparences burlesques, cache une intention très sérieuse.

II/ L'intention sérieuse de l'auteur

1- Le texte est rigoureusement structuré:

    a- le chiasme du premier paragraphe permet à l’auteur de comparer Socrate aux Silènes, il revient ensuite à une description du philosophe qui est mise  en avant dans tout le prologue de façon implicite.

    b – Il établit un rapport d’analogie entre ses œuvres, Socrate et les Silènes. Il s’agit de souligner l’apparence trompeuse  de ces auteurs  et de ces personnages mythologiques, fils d’hermès, précepteur de Bacchus, Dieu du vin très repoussant physiquement;  Enfin nous constatons l’importance de la métaphore filée qui  compare le lecteur à un chien avec son os à moelle.

2- Les références à Platon trahissent l’orientation philosophique de Rabelais.

République, Le Banquet sont évoqués. Le personnage de Socrate à son importance car il est assimilé à une référence, un modèle ainsi que le suggère la description flateuse du penseur, « le prince des philosophes », puis à cette périphrase, s’ajoute l’adjectif « divin » représentatif de la perception que Rabelais avait du sage et du message qu’il veut faire passer. Deux expressions hyperboliques s’ajoutent « céleste et inappréciable ». On peut ainsi parler d’éloge.

3- La mythologie est une référence présente tout au long du prologue : les Silènes, les harpies, monstres  au corps d’oiseau et tête de femme, les satyres, demi dieu avec jambes de bouc, queue très longue…

Transition:

De façon générale, Rabelais cherche apparemment à faire passer un message: malgré les apparences comiques et burlesques du récit à suivre, la réflexion philosophique est présente.

III/ Le statut paradoxal du texte

Rabelais affirme donc que les apparences ne sont pas à prendre en compte. Pourtant, lui-même porte beaucoup d'attention à celles de son lecteur: "Buveurs........mes écrits". Il sélectionne ses lecteurs selon leurs façons d'apprécier la vie. Ce texte a un statut paradoxal car, au-delà du rire, Le penseur demande à son lecteur de prendre son ouvrage au sérieux. Les figures de rhétorique accentuent cette volonté farouche d’inviter à la réflexion : « Buveurs très illustres et vérolés très précieux », oxymore surprenante à laquelle s’ajoute « la bête la plus philosophique du monde ».

Les figures de style comme les comparaisons et les métaphores peuvent choquer le lecteur puisqu’en effet,  ce dernier est  assimilé à un chien, il doit agir comme le fait cet animal, Socrate se trouve de façon très réductrice assimilé aux Silènes. Enfin, une lecture trop rapide de ce texte pourrait porter à confusion, l’auteur semble confondre réflexion approfondie, grande sagesse philosophique, élévation d’esprit   avec l’ivresse intellectuelle de la raison en exercice avec l’ivresse due  à un additif, le vin. Il s’agit de dépasser cette première impression pour s’orienter vers une analyse plus intellectualisée de la question.

Conclusion

Nous avons donc vu que derrière le comique burlesque créé par les comparaisons terre-à-terre, le portrait grotesque de Socrate et les citations farfelues de titres d'œuvres de Rabelais, se cache une intention plus sérieuse de l'auteur.

Rabelais veut éveiller les consciences et tente de faire passer un message à connotation didactique en suscitant le rire. Il nous incite à dépasser les apparences qui si l’on se réfère à Socrate sont bien trompeuses. La périphrase, « le prince des philosophes » pour évoquer Socrate met en avant l’idée selon laquelle on peut-être le meilleur initiateur dialecticien philosophique auprès d’un enseigné qui va au-delà du paraitre. Il faut donc remonter jusqu’à l’essence du savoir.

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  • Gargantua, Rabelais, ch XXI
  • Gargantua se réveillait donc vers autre heures du matin. Pendant qu’on l’astiquait, on lui lisait une page de la divine Ecriture, à haute et intelligible voix et avec une diction claire ; mission confiée à un jeune page natif de Basché, nommé Anagnostes. En fonction du thème et du sujet de ce passage, il se consacrait à vénérer, adorer, prier et supplier le bon Dieu, dont la lecture montrait la majesté et le jugement merveilleux.
  • Puis il se retirait aux lieux d’aisances pour se purger de ses excréments naturels. Là son précepteur répétait ce qui avait été lu en lui en expliquant les points les plus obscurs et difficiles.
  • En revenant, ils considéraient l’état du ciel : s’il se présentait comme ils l’avaient noté le soir précédent, dans quelle partie du zodiaque entraient le soleil et la lune pour la journée.
  • Cela fait, il était habillé, peigné, coiffé, adorné et parfumé ; pendant ce temps, on lui répétait les leçons de la veille. Lui-même les récitait par cœur et en tirait quelques conclusions pratiques sur la condition humaine ; ils y passaient parfois jusqu’à deux ou trois heures, mais d’habitude ils s’arrêtaient lorsqu’il avait fini de s’habiller.
  • Puis pendant trois bonnes heures on lui faisait la lecture.
  • Cela fait, ils sortaient, en conversant toujours du sujet de la leçon, et allaient se récréer au Jeu de Paume du Grand Braque ou dans une prairie ; ils jouaient à la balle ou à la paume, s’exerçant le corps aussi lestement qu’ils l’avaient fait auparavant de leur esprit.
  • Ils jouaient librement, abandonnant la partie quand ils voulaient et s’arrêtant ordinairement quand ils étaient bien en sueur ou fatigués. Alors, bien essuyés et frottés, ils changeaient de chemise et, se promenant tranquillement, ils allaient voir si le déjeuner était prêt. En attendant, ils récitaient clairement, en y mettant le ton, quelques sentences retenues de la leçon.
  • Cependant, Monsieur l’Appétit venait, et ils s’asseyaient à table au moment opportun.
  • Au début du repas, on lisait quelque histoire plaisante tirée des anciennes légendes, jusqu’à ce qu’il eut bu son vin.
  • Alors, selon l’envie, on continuait la leçon ou bien ils commençaient à converser joyeusement ensemble : les premiers temps, ils parlaient des vertus, des propriétés efficaces et de la nature de tout ce qu’on leur servait à table : le pain, le vin, l’eau, le sel, les viandes, les poissons, les fruits, les herbes, les légumes, et la façon dont ils étaient apprêtés. De cette façon, il apprit en peu de temps tous les passages se rapportant à ces suets chez Pline, Athénée, Dioscoride, Galien, Porphyre, Opien, Polybe, Héliodore, Aristote, Elien et d’autres. En parlant, ils faisaient souvent, pour plus de sureté, apporter à table les livres en question. Et il retint si bien en mémoire ce qu’on y disait qu’il n’y avait pas alors de médecin qui en sut moitié autant que lui.Par la suite, ils parlaient des leçons lues le matin ; après avoir achevé le repas d’une confiture de coings, il se curait les dents avec un tronc de giroflier et se lavait les mains et le visage de belle eau fraiche, puis ils rendaient grâce à Dieu par quelque beau cantique à la gloire de la grandeur et de la bonté divines. Cela fit, on apportait des cartes, non pour jouer mais pour y apprendre mille petits tours et inventions nouvelles relevant de l’arithmétique.
  • Ainsi il se prit de passion pour la science des nombres, et tous les jours, après diner et souper, ils y passaient leur temps aussi agréablement qu’il le faisait avant avec les dés ou les cartes. A force, il devint si savant en cette discipline, aussi bien théorique que pratique, que l’Anglais Tunstall, qui en avait abondamment disserté, confessa qu’en vérité, par rapport à lui, il n’y entendait que les rudiments.
  • l'éducation idéale des humanistes
  • Introduction
  • Le texte que nous allons étudier est un extrait du chap. 21 de Gargantua, écrit en 1534 par François Rabelais, grand écrivain humaniste de la Renaissance.....
  • Développement
  • I/ UNE EDUCATION ADAPTEE À L'ELÈVE ET CENTREE SUR SES BESOINS
  • Transition
  • II/ UNE PHILOSOPHIE DE L'APPRENTISSAGE
  • Transition
  • III/ UNE PHILOSOPHIE APPLIQUEE DU CORPS ET DE L'ESPRIT
  • Conclusion avec ouverture

 

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Extrait du chapitre 21 de Gargantua

                 L’éducation idéale des humanistes

Introduction

Le texte que nous allons étudier est un extrait du chap. 21 de Gargantua, écrit en 1534 par François Rabelais, grand écrivain humaniste de la Renaissance.

L'histoire débute par la naissance extraordinaire de Gargantua, le fils géant de Grandgousier, roi des Dipodes. L'éducation du prince commence ensuite selon le programme traditionnel du Moyen-âge, mais son entourage se rend rapidement compte que les méthodes des "sophistes" ne conviennent pas. Le roi trouve un autre professeur très renommé Pornocrates.

Le chap. 21 raconte une journée avec cet éducateur en matière d’études diverses.

Dans un premier temps, nous verrons que cette éducation est adaptée à l'élève, et centrée sur les besoins de celui-ci, ensuite nous observerons le côté vivant et direct de l'apprentissage, pour aborder enfin le double aspect de cette éducation, fondée sur un développement conjugué du corps et de l'esprit.

I/ Une éducation adaptée

1- L'éducation  est individualisée :.

    a- A chaque cas, une façon d’enseigner mais, le précepteur ne préconise pas un enseignement  trop rapide et sans transition avec le précédent, aussi ne va-t-il pas bousculer l’élève pour lui laisser une période d’adaptation, car la nature est fragile, elle ne supporte pas « des changements trop brusques.

    b- Lors des cours proprement dits, Pornocrates va prendre en compte le rythme et l'humeur de Gargantua. Il va respecter les pauses dont l'élève a besoin, par exemple pour se reposer ou pour manger: "lls jouaient librement, abandonnant la partie quand ils voulaient et s'arrêtant ordinairement quand ils étaient bien en sueur ou fatigués".

2 – Les élèves sont choyés, on voit par exemple que la voix passive domine : »cela fait, il était habillé, peigné, coiffé, adorné et parfumé ». Il semble que seul Gargantua soit actif dans cette scène : « lui-même les récitait par cœur ». L’élève est au centre de la méthode initiatique. L’aspect  humain de l’éducation est valorisé.

Transition: cette importance attribuée à l'élève est un des principaux traits de l'idéal humaniste en ce qui concerne l'éducation. En effet, Rabelais met en évidence les avantages liés à l'enseignement personnalisé: approfondissement facilité, apprentissage que l'on pourrait qualifier de vivant et direct

ll/  Un apprentissage vivant

1- un apprentissage par l'observation de la nature et du quotidien, par exemple pendant le repas: "les premiers temps, ils parlaient des vertus, des propriétés efficaces et de la nature de tout ce qu'on leur servait à table".

  Rabelais propose en fait une éducation fondée sur la nature: il faut prendre comme premier principe de suivre les rythmes de celle-ci, qui travaille progressivement et non par à-coups.

  Pornocrates, désirant changer les habitudes de son élève, va d'ailleurs se garder de tout modifier de but en blanc, comme on le voit au début du chapitre: "les premiers jours il le toléra, estimant que la nature ne supporte pas sans danger des changements trop brusques."

          2 – Le jeu a son importance à travers les cartes qui servent à « apprendre mille petits tours et inventions nouvelles relevant de l’arithmétique ».  Cette façon d’enseigner devient une manière détournée de solliciter l’intelligence, l’amusement comme la récréation par exemple est en fait un parcours initiatique.

          3 – La formation des esprits requiert cependant un enseignement religieux. Gargantua doit s’imprégner des textes sacrés de façon à éveiller sa foi et sa réflexion sur Dieu et la création. Il est suivi de près par Pornocrates qui s’assure du sérieux et de la profondeur de la lecture pieuse. Tous les textes doivent  faire l’objet d’une réelle compréhension, voire intellection.

          4 – Enfin, cet enseignement se complète par la lecture à vois haute, récitation et échanges divers : « haute et intelligible voix », « diction claire », et «  lui-même les récitait par cœur ».

On peut de ce fait affirmer que le souci humaniste est ici focalisé sur le développement du corps et de l’esprit. La vie est un objet d’étude. On aspire à un savoir encyclopédique et  Pornocrates est le garant de cet enseignement particulièrement initiatique de façon pluridisciplinaire.

Il va de soi que dans cette optique, le corps ne peut être négligé, donc le sport a une pace importante dans cet apprentissage. Il faut maitriser les différents exercices physiques : « ils jouaient à la balle ou à la paume, s’exerçant le corps aussi lestement qu’il l’avait fait auparavant de leur esprit ».  L’hygiène n’est pas non plus sacrifiée. Il va de soi qu’au corps s’ajoute l’esprit qui est éveillé toute la journée. Il n’y a pas un seul moment d’oisiveté, et le réveil est mis à 4 heures du matin.

Conclusion

      L’enseignement est complet car le but est d’accéder à un savoir encyclopédique : le quadrivium du Moyen-âge (arithmétique, géométrie, musique, astronomie). A cela s’ajoutent les nouvelles matières comme les sciences naturelles, la religion  et la philosophie. Le savoir devient une valeur de référence, cette prétention à s’élever à un savoir universel est humaniste. C’est une opinion selon laquelle l’homme pourrait tout savoir.

Cette conception de l’éducation s’oppose à celle qu’avait Gargantua avant, avec les sophistes. Elle valorise le corps qui était pourtant considéré comme honteux à l’époque. On retrouve les principes humanistes selon lesquels on ne peut avoir un esprit bien formé sans un corps sain.

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Lecture du texte à présenter à l'oral : chapitre XXIII

OBJET D’ÉTUDE : L’HUMANISME

Vers un espace culturel européen : Renaissance et humanisme

Rabelais, Gargantua, chap. XXIII

Comment Gargantua fut institué par Ponocrates en telle discipline qu'il ne perdait heure du jour.

Quand Ponocrates1 connut la vicieuse manière de vivre de Gargantua, délibéra autrement l'instituer en lettres, mais pour les premiers jours le toléra, considérant que Nature ne endure mutations soudaines sans grande violence. Pour donc mieux son œuvre commencer, supplia un savant médecin de son temps, nommé Maître Theodore, à ce qu'il considérât si possible était remettre Gargantua en meilleure voie, lequel le purgea canoniquement2 avec ellébore d’Anticyre et par ce médicament lui nettoya toute l'altération et perverse habitude du cerveau. Par ce moyen aussi Ponocrates lui fît oublier tout ce qu'il avait appris sous ses antiques précepteurs, comme faisait Timothé à ses disciples qui avaient été instruits sous autres musiciens. Pour mieux ce faire, l'introduisait dans la compagnie des gens savants que là étaient, à l'émulation desquels lui crurent l'esprit et le désir d’étudier autrement et se faire valoir. Après en tel train d'étude le mît qu'il ne perdait heure quelconques du jour, mais tout son temps consommait en lettres et honnête savoir.

S'éveillait donc Gargantua environ quatre heures du matin. Cependant qu'on le frottait, lui était lue quelque pagine3 de la divine Écriture hautement et clairement, avec prononciation compétente à la matière, et à ce était commis un jeune page, natif de Bâché, nommé Anagnostes4. Selon le propos et argument de cette leçon5 souventes fois se adonnait à révérer, adorer, prier et supplier le bon Dieu, duquel la lecture montrait la majesté et jugement merveilleux.

Puis allait aux lieux secrets faite excrétion des digestions naturelles. Là son précepteur répétait ce que avait été lu, lui exposant les points plus obscurs et difficiles.

Eux retournant, considéraient l'état du ciel : si tel était comme l'avaient noté au soir précédent, et quels signes entrait le soleil, aussi la lune, pour cette journée.

Cela fait, était habillé, peigné, testonné6, accoutré et parfumé, durant lequel temps on lui répétait les leçons du jour d'avant. Lui-même les disait par cœur, et y fondait quelque cas pratiques et concernant l'état humain, lesquels ils étendaient parfois jusque deux ou trois heures, mais ordinairement cessaient lors qu'il était du tout habillé. Puis par trois bonnes heures lui était faite lecture. Ce fait, issaient hors7, toujours conférant des propos de la lecture, et se déportaient en Bracque8 ou au pré, et jouaient à la balle, à la paume, à la pile trigone, galantement s’exerçant les corps comme ils avaient les âmes auparavant exercé. Tout leur jeu n'était qu'en liberté, car ils laissaient la partie quand leur plaisait et cessaient ordinairement lors que suaient parmi le corps, ou étaient autrement las. Alors étaient très bien essuyés et frottés, changeaient de chemise et, doucement se promenant, allaient voir si le dîner était prêt. Là attendent, récitaient clairement et éloquemment quelques sentences retenues de la leçon.

Ce pendent Monsieur l'Appétit venait, et par bonne opportunité s'asseyaient à table.

Au commencement du repas était lue quelque histoire plaisante des anciennes prouesses, jusqu'à ce qu'il eût pris son vin. Lors (si bon semblait) on continuait la lecture, ou commençaient à deviser joyeusement ensemble, parlant, pour les premiers mois, de la vertu, propriété efficace9 et nature de tout ce que leur était servi à table : du pain, du vin, de l'eau, du sel, des viandes, poissons, fruits, herbes, racines, et de l'apprêt de celles-ci. Ce que faisant, apprit en peu de temps tous les passages relatifs à ce sujet dans Pline10, Athénée, Dioscorides, Jullius Pollux, Galien, Porphyre, Oppien, Polybe, Héliodore, Aristote, Elien11 et autres. Ces propos tenus, faisaient souvent, pour plus être assurés, apporter les livres susdits à table. Et si bien et entièrement retint en sa mémoire les choses dites, que pour lors n'était médecin qui en sut à la moitié tant comme il faisait.

Après, devisaient des leçons lues au matin, et, parachevant leur repas par quelque confection de cotoniat12, se curaient les dents avec un tronc de lentisque13, se lavaient les mains et les yeux de belle eau fraîche, et rendaient grâces à Dieu par quelques beaux cantiques faits à la louange de la magnificence et bonté divine. Ce fait, on apportait des cartes, non pour jouer, mais pour y apprendre mille petites gentillesses et inventions nouvelles, lesquelles toutes usaient d'arithmétique.

1. En grec, « endurant », « travailleur ». 2. Dans les règles.  3. Page.  4. En grec, « lecteur ».  5. Lecture.  6. Coiffé. 7. Sortaient dehors. 8. Allaient au jeu de paume du Grand Bracque à Paris. 9. Effet. 10. Écrivain et naturaliste romain. 11. Grammairiens, médecins, philosophes et poètes grecs. 12. Confiture de coing. 13. Petit arbuste.

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  • Problématique :
  • En quoi ce chapitre fait-il l'éloge de l'éducation humaniste?

 

Etude littéraire et questionnaire sur le chapitre XXIII

I - Une éducation qui contrevient à la scolastique médiévale

A - Ponocrates prend en main l'éducation de Gargantua

1 - par la douceur

- Il ne veut pas brutaliser son élève, l 2 et 3 : "toléra", l. 2. "Considérant... sans grande violence" L.2

- Galantement, l. 25/ Doucement, L. 27

  • Questionnaire :
  • Comment Ponocrates prend t'-il en main l'éducation de Gargantua?
  • Relevez les termes et expressions qui justifient votre réponse

 

2 - En faisant table rase des acquis précédents

- Intervention médicale/ divine :maître "Théodore" : "Dieu t'adore"

- Purgation intellectuelle de son éducation antérieure : "antiques précepteurs" l. 6

* "Vicieuses manières" l. 1 + "altération et perverses habitudes", L. 5, "nettoya", L. 5, "purgea", l.4

- Principe philosophique : Thimothé : remettre en cause tout ce que l'on sait pour réfléchir par soi-même = un ex. d'autorité.

  • Questionnaire :
  • S'agit-il en matière d'éducation de faire table rase des acquis précédents?
  • Relevez les expressions ou termes révélateurs de la purgation intellectuelle de l'éducation antérieure
  • Montrez qu'en matière de principe philosophique, nous avons un exemple d'autorité
  • De quoi s'agit-il ? Expliquez

 

B - Il commence par changer ses mauvaises habitudes

1 - L'hygiène du corps est prépondérante

- lever matinal : L 11

- Hygiène vigoureuse, "frottait" L. 11

- Habillé, peigné, accoutré et parfumé L. 20 + Essuyés et frottés, changeaient de chemise, L. 27

- Se lavant les mains et les yeux de belle eau fraîche, L. 40

- Repas équilibré : pas de déjeuner + un dîner équilibré l. 34 + vie modérée, L. 32 : "Monsieur l'appétit", L. 30

- Bestialité = sociabilité : "il allait aux lieux secrets... " L. 16 par opposition à "fientait", "pisser"

  • Questionnaire :
  • Qu'en est-il de l'hygiène du corps?
  • Justifiez votre réponse en citant le texte
  • La toilette en matière d'hygiène est-elle associée à l'alimentation? 
  • La modération à ce niveau est-elle un principe régulateur de référence?
  • Remarquez-vous une évolution très nette dans l'expression "il allait aux lieux secrets"? Expliquez
  • Le vocabulaire est-il en la matière très significatif et évocateur de l'évolution? 

 

2 - Le divertissement est exercice de corps

Jeu comme équilibre intellectuel et corporel L. 24, accumulation

Aucun enjeu : liberté L. 26 + "las" L. 27

"Galantement... exercé" L. 25

  • Questionnaire :
  • A quoi le divertissement est-il associé?
  • Relevez une accumulation représentative du jeu comme équilibre intellectuel et corporel
  • Expliquez la ligne 25 : "Galantement... exercé"

 

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II - Le programme de l'éducation humaniste

A - Institution de Gargantua en lettres et sciences

1 - La fréquentation des Lettrés de l'époque

- Ponocrates conduit son élève à la socialisation : "compagnie des gens savants", L 8

- Il suscite en lui l'envie d'étudier par l'exemple : "éducation " L. 8, "désir d'étudier autrement", L.9

Il veut que Gargantua se rende compte de l'intérêt à devenir érudit : converstions intéressantes, échanges d'idées, ainsi il pourra se faire valoir en société, L. 9

  • Questionnaire :
  • Qui est Ponocrates?
  • Qu'est-ce qu'un précepteur?
  • Que vise Ponocrates avec son élève?
  • Relevez l'expression de la ligne 8 qui justifie l'intention de Ponocrates vis-à-vis de son élève
  • Relevez les expressions qui prouvent que Ponocrates tente d'éveiller l'envie d'étudier et de savoir
  • Quelle place l'érudition à t'-elle?
  • Montrez qu'à la ligne 9, l'érudition selon Ponocrates est mise en valeur pour la reconnaissance qu'elle apporte en société

 

2 - La lecture de textes Saints

- Doit se faire en langue latine ou Grecque (l'Eglise seule avait le droit de traduire les textes Saints et occultait certains passages dérangeants

- Les textes Saints doivent être lus par un page compétent : L 12, "hautement", "clairement", "prononciation compétente".

  • Questionnaire :
  • Comment les textes Saints doivent-ils se lire?
  • Par qui? Citez pour justifier votre réponse

 

3 - La lecture de textes littéraires

- Ils lui sont lus au moment du dîner + récits édifiants de chevalerie "quelque histoire plaisante des anviennes prouesses" l. 31

- Objectifs : préparer Gargantua aux responsabilités de son royaume en l'amusant

- Lecture des anciens, l. 35 et 36

  • Questionnaire :
  • A quel moment les textes littéraires sont-ils lus?
  • De quels textes s'agit-il? Citez le texte
  • Quels sont les objectifs visés?
  • Les anciens sont-ils lus?

 

4 - Arithmétique, géométrie, astronomie, musique

Gargantua apprend l'arithmétique grâce aux jeux de cartes, l. 42. Apprentissage par le divertissement : "Mille petites gentillesses et inventions nouvelles", L 42. 43

Astronomie : observation régulière du ciel (illustration de Gustave Doré) / "considérait l'é'tat du ciel", l. 18  + Observation des signes puis conclusion, l. 18 et 19

( Les autres sciences se trouvent dans la suite du chapitre 23 )

  • Questionnaire :
  • Quelles sont les disciplines étudiées?
  • Comment l'arithmétique est-elle enseignée? Citez pour justifier
  • Quelle expression associe l'apprentissage au divertissement?
  • En quoi consiste l'astronomie? Justifiez votre réponse en citant le texte

 

B - La pédagogie humaniste

1 - Un apprentissage fondé sur la répétition

Aucun moment n'est perdu pour instruire Gargantua

- Lieux d'aisance " Ponocrates lui répétait ce qui avait été lu", L 17 et 18 au moment de sa toilette

- L'enseignement n'est plus basé sur la passivité = par opposition "on lui lut". En effet, Ponocrates lui explique "les points obscurs", "difficiles", l. 17 . Il y a donc des commentaires éclairants par opposition à l'éducation scolastique.

- "lorsqu'il est habillé" : L 20 : Son habillement prend 3 heures, l. 23 et 22 = "on lui répétait les leçons du jour d'avant", L. 20, 22

- En attendant le dîner "il récitait clairement et éloquemment  quelques sentences retenues de la leçon " L. 29

Ces répétitions conduisent Gargantua à être actif dans son apprentissage et à ne pas subir des lectures sans commentaires.

  • Questionnaire :
  • L'apprentisssage est-il fondé sur la répétition?
  • Le temps et la gestion sont-ils importants dans l'éducation en vigueur?
  • L'enseignement est-il basé sur la passivité?
  • Justifiez votre réponse et montrez qu'il y a une opposition avec l'éducation scolastique
  • Quelles sont les effets des répétitions sur Gargantua?

 

2 - Un apprentissage qui débouche sur la réflexion

Tous les textes lus ou répétés débouchent sur un débat ou une réflexion : Gargantua s'approprie un savoir.

- La mémoire est sollicitée mais jamais dissociée de la compréhension. "Toujours conférant des propos de la lecture", l 23, 24  =  analogie aux dialogues socratiques

" Retint en sa mémoire les choses dites ..... Tout comme il faisait", l. 36, 37

- Gargantua en lire lui-même ses propres conclusions :

Sur la religion : L 14 et 15

Sur l'application de la religion : "fondait quelques cas pratiques " L. 21 par opposition "rendaient grâce à Dieu", L 41

Sur la médecine, il en sait plus que les médecins et peut donc soigner les hommes, l. 38

= L'esprit est tout aussi important que le corps par opposition aux sophistes

  • Questionnaire :
  • Sur quoi l'apprentissage débouche t'-il? 
  • La mémoire et la compréhension sont-elles associées?
  • Cette technique d'apprentissage est-elle Socratique?  La recherche et l'humilité, l'interrogation, les questions sont-elles finalement plus importantes que les réponses tout comme dans l'enseignement philosophique de Socrate?
  • Dans quels domaines Gargantua tire t'-il ses propres conclusions? 
  • Le corps est-il tout aussi important que l'esprit?
  • Cela entre t'-il en contradiction avec les sophistes?

 

3 - Un apprentissage fondé sur l'observation

Observation du ciel

Observation du repas devenu lieu d'apprentissage : le repas est évoqué plus rapidement : preuve que l'on est passé d'une éducation "du bas", le ventre "au haut", l'esprit.

Menu équilibré, énumération d'aliments naturels, l. 34 . Ces aliments sont l'occasion d'évoquer ce qu'en disaient les anciens (propriétés médicinales)

Observation + apprentissage : L 35 "Apprit en peu de temps.... "

Gargantua applique ce qu'il sait des propriétés médicinales L. 40

  • Questionnaire :
  • L'apprentissage est-il fondé sur l'observation? 
  • A quels niveaux cela se traduit-il? 
  • Citez le texte pour justifier votre réponse en donnant des exemples précis
  • De quoi l'énumération des aliments naturels est-elle l'occasion? 

 

Conclusion :

Ponocrates fait évoluer Gargantua qu'il prépare aux responsabilités du Royaume. On est passé d'un registre bas et vulgaire à un registre soutenu. Les énumérations et hyperboles sont numératives, L 20, 40.  "Monsieur l'appétit", L. 30 : Gargantua ne se goinfre plus

L'éducation doit mener à une amélioration morale ( L 14 et 41, remerciements faits à Dieu)

Gargantua ne fera plus de sieste.  Il ne perdra plus de temps.

L'idéal humaniste est placé sous l'angle de la démesure. Gargantua n'a aucun répit

  • Questionnaire :
  • Ponocrates fait-il ainsi évoluer Gargantua?
  • Dans quel but?
  • Après analyse du registre, que pouvez-vous en dire? Quel sens cela a t'-il?
  • L'éducation est-elle liée à la morale?
  • Retrouvez-vous l'idéal humaniste?

 

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Ouverture : Dossier bac

L'Abbaye de Thélème : éducation idéale, c'est une utopie

Lettre de Gargantua à Pantagruel, chapitre VIII.

Pour travailler votre ouverture avec L'Abbaye de Thélème

LA LOGIQUE DU RENVERSEMENT DE RABELAIS

LE COUVENT DE LABBAYE DE THELEME EST LE CONTRAIRE DUN COUVENT NORMAL AU 16ème  SIECLE.

                                   Rabelais Gargantua

Dans labbaye de Thélème de Gargantua de Rabelais, intitulée « comment étaient réglés les thélémites à leur manière de vivre », lauteur nous donne limage dun monde à lenvers. Nous allons voir en quoi la logique du renversement de Rabelais sapplique au couvent de labbaye de Thélème, en quoi elle représente le contraire dun couvent normal.

Dans ce texte, il semble que lidéal thélémite néchappe pas à la logique du renversement. Ce passage nous montre à quel point ce couvent est le contraire dun couvent modèle. Cette inversion des règles qui régissent habituellement un couvent classique, traditionnel intervient dans la présentation de lanti-abbaye.

                            lanti-abbaye de Rabelais

Les vœux existent toujours mais ce sont des vœux de liberté qui se sont substitués aux vœux de piété, de fidélité et de sacrifice de soi. Nous remarquons lexacerbation de ce désir de liberté manifesté au sens dune absence totale de contrainte; Rien ni personne ne doit forcer, contraindre, obliger, ordonner. La liberté portée à son paroxysme domine plus que la vie quotidienne des thélémites; elle est devenue une quête indispensable, elle est lessence de la vie des thélémites. Ce qui  la caractérise et la fait être au point quelle fait de lindividu libre un individu vertueux.

                     Lindividu libre est un individu vertueux

Les qualités humaines et philosophiques découlent de cet état desprit, de cette exigence demblée posée de la liberté. Lidéal concrétisé de la  liberté engendre honnêteté vertu, honneur; les lois, les statuts et les règles qui gèrent le couvent normal au 16ème siècle sont bannies car elles sont synonymes dinterdits qui eux même sont la cause de frustrations diverses qui incitent à la débauche, à la violation de linterdit. Il y a une fatalité de la liberté comme il y a une fatalité de la privation de liberté.

                    La liberté comme obligation morale

La liberté est une obligation morale, « fais ce que voudras » pour être un thélémite; cette règle ne sapplique pas quau niveau individuel. Il faut supprimer tout ce qui pourrait rappeler les couvents ordinaires pour édifier lantithèse de labbaye. La liberté, ses exigences sont premières, elles sont lédifice de la communauté toute entière et porte l individu dans un premier temps puis la collectivité. Les vœux de sacrifice de soi, dhumilité, de modération, de renoncement aux biens terrestres, de spiritualité caractéristiques dun couvent normal ont disparu et laissé place à ceux de la luxure, du plaisir et du confort. Les hommes boivent, mangent exagérément et les plaisirs de la vie se multiplient, les hommes chassent les dames. Les plaisirs sont très aristocratiques mais la vraie noblesse nest plus de savoir « lire, écrire, chanter, jouer dinstruments harmonieux, parler cinq ou six langages, mais dêtre imprégnée de cet idéal de liberté car seul celui qui respecte la règle de liberté « fais ce que voudras » est un chevalier preux, galant, dextre, vigoureux et capable de manier les armes.

                                     Conclusion

Labbaye laisse progressivement la place à une sorte de château habité par des nobles  chevaliers et des dames. Linsouciance est une force car elle est le signe dun haut degré de liberté. La logique du renversement se manifeste également dans une certaine mesure par les vœux de mariage. On peut ainsi affirmer que lidéal thélémite orienté tout entier vers une totale liberté est perçu par Rabelais comme un idéal de bonheur.

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  • Commentaire du chapitre XXV
  • Lecture du texte :
Sur ces paroles, il  ôta sa grande robe et se saisit du bâton de la croix, qui était en cœur de  sorbier, long comme une lance, tenant bien en main et parsemé de fleurs d lys,  presque toutes effacés. Et il sortit ainsi, vêtu de sa casaque, le froc  accroché à sa ceinture. Et du bâton de la croix, il donna si brusquement sur les  ennemis, qui, sans ordre, ni enseigne, ni tambour, ni trompette, grappillaient  dans l’enclos _ car les porte-drapeau et les porte-enseigne avaient posé leurs  drapeaux et leurs enseignes le long des murs, les tambourineurs avaient défoncé  leurs tambours pour les emplir de raisin, les trompettes étaient chargés de  ceps, chacun de son coté _, il les chargea donc si rudement, sans crier gare,  qu’il les renversait comme des porcs, frappant à tort et à travers, selon  l’ancienne escrime. Aux uns il écrabouillait la cervelle, aux autres il  rompait bras et jambes, à d’autres il démettait les vertèbres du cou, à d’autres  il disloquait les reins, ravalait le nez, pochait les yeux, fendait les  mâchoires, renfonçait les dents dans la gueule, défonçait les omoplates, brisait  les jambes, déboitait les hanches, émiettait les tibias. Si quelqu’un  voulait se cacher au plus épais des ceps, il lui froissait toute l’épine dorsale  et l’éreintait comme un chien. Si un autre voulait se sauver en fuyant, il  lui réduisait la tête en miettes à travers la suture lambdoïde. Si quelque  autre grimpait dans un arbre, pensant y être en sureté, de son bâton il  l’empalait par le fondement. Si quelqu’un de ses connaissances lui criait : « ha, Frère Jean, mon ami, Frère Jean, je me rends ! _ Tu y es, disait-il,  bien forcé. Mais tu vas aussi rendre ton âme à tous les diables ! » Et d’un coup  il l’étendait. Et s’il y en avait d’assez téméraires pour lui résister en  face, il démontrait là la force de ses muscles. Il leur transperçait la poitrine  par le thorax et le cœur. A d’autres, en frappant au bas des cotes, il  retournait l’estomac, ce dont ils mouraient aussitôt. D’autres, il les frappait  si férocement au nombril qu’il leur faisait sortir les tripes. A d’autres, à  travers les couilles il perçait le boyau culier. Croyez bien que c’était le plus  horrible spectacle qu’on ait jamais vu.
  • Analyse Extrait du chapitre 25 de  Gargantua
  • Le texte que nous allons étudier est un extrait du chapitre 25 de  Gargantua, écrit en 1534 par François Rabelais, écrivain humaniste de la  renaissance et auteur de Pantagruel, œuvre condamnée la même année par la  Sorbonne. Rabelais a étudié chez les Franciscains et chez les Bénédictins. Dans ce passage du chapitre 25 de Gargantua, Picrochole, roi voisin de  Grandgousier voit ses hommes s'attaquer à l'Abbaye de Seuillé car il a déclaré  la guerre sous de faux prétextes et de mauvaises raisons. Grandgousier trouve  aide et réconfort auprès du frère Jean des Entommeures qui prend le parti de le  défendre. Dans le but de répondre à la question de savoir en quoi cet extrait  est une parodie des romans de chevalerie et une satire de la guerre, nous  verrons dans un premier temps l'aspect parodique de notre passage et enfin, en  deuxième partie, la condamnation de la guerre et ses fausses valeurs.
  • Problématique :
  • En quoi  ce passage est-il une parodie des romans de chevalerie et une satire de la  guerre?
  • Plan de l'étude ;
  • I/ La parodie du roman de chevalerie
  • 1- Une parodie des romans de chevalerie.
  • 2. La lâcheté  des combats
  • 3. Un vocabulaire familier, voire grossier
  • Transition
  • II/La satire de la religion et de la guerre
  • 1- Critique de la religion
  • 2. Un comique satirique:
  • Conclusion avec ouverture

 

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  • Extrait du chapitre 25 de Gargantua

Introduction

Le texte que nous allons étudier est un extrait du chapitre 25 de Gargantua, écrit en 1534 par François Rabelais, écrivain humaniste de la renaissance et auteur de Pantagruel, œuvre condamnée la même année par la Sorbonne. Rabelais a étudié chez les Franciscains et chez les Bénédictins.

Dans cet extrait, Picrochole, le roi voisin de Grandgousier, a déclaré la guerre pour une fausse raison et ses hommes s'attaquent à l'abbaye de Seuillé. Frère Jean, la défend en se battant avec contre les pillards.

Nous allons montrer comment cette scène de combat est comique et critique: dans un premier temps, nous verrons la parodie que fait Rabelais du roman de chevalerie, puis nous étudierons la satire de la religion qui s'en dégage.

I/ La parodie du roman de chevalerie

1- Nous pouvons parler d’une parodie de roman de chevalerie car, ici, l’objectif du combat n’est pas la gloire.

D'une part, les soldats ennemis attaquent et pillent comme s'ils n'étaient que des bandits, pour s'emparer de rien de plus que des raisins: "les tambourineurs avaient défoncé leurs tambours pour les emplir de raisin, les trompettes étaient chargées de ceps". C’est bien à ce niveau que l’on constate la parodie car, Frère Jean a pour seul but de sauver son vin.

On constate que les motivations des deux camps ne ressemblent en rien à la cause extrêmement noble pour laquelle se battent les héros chevaliers: le moine ne se bat que pour son vin, et les soldats pour les vignes. Aucun d'entre eux ne semble avoir d'honneur.

2- La  bataille est surprenante et peu glorieuse. Les hommes ne montrent aucun courage.  En effet,  il n'y a aucun combat face-à-face: lorsque frère Jean attaque, tous les ennemis se mettent à s'enfuir. Ils ont un comportement lâche, certains se cachent  "au plus épais des ceps", d'autres tentent de "se sauver en fuyant" et quelques uns vont même jusqu'à s'humilier en grimpant aux arbres.

3- Le vocabulaire utilisé pour décrire la bataille est plutôt familier et grotesque: par exemple, "comme des porcs", "écrabouillait", "la gueule". Le ton manque de sérieux et le récit est presque burlesque. Frère Jean fait preuve d'une violence et d'un manque de délicatesse anti-chevaleresques: "il les renversait comme des porcs, frappant à tort et à travers, selon l'ancienne escrime" . Plus tard, il empale un soldat "par le fondement" .

Transition: Il s’agit d’une critique de la guerre et de l’image qu’on lui donne, c’est-à-dire que le courage ne s’évalue pas à la détermination au combat. Rabelais critique aussi la religion.

II/ La satire de la religion

1- Le comportement de frère Jean est une insulte à l'Eglise: non seulement l'intérêt du moine est purement matériel, mais en plus il se sert de la croix de procession comme arme contre les ennemis et comme marque d'opposition. ll y a désacralisation et déshonneur: "et du bâton de croix il donna si brusquement sur les ennemis". Frère Jean attaque ses adversaires "par le fondement", ne fait preuve d'aucune pitié ou de compassion et incarne dans cette scène plutôt le mal que le bien, utilisant le symbole de l'amour chrétien pour massacrer d'autres personnes.

2- La satire se poursuit à travers la critique des autres moines qui tout à fait indifférents « s’amusaient à confesser ». La souffrance les indiffère totalement et la confession est perçue comme un divertissement et non tel un rituel religieux. Cette idée est renforcée par « les petits moinillons » qui égorgent les mourants avec des canifs sur ordre de frère Jean.

         Nous avons un comique satirique car Rabelais ridiculise les personnages. La satire se reflète dans le manque de conscience des personnages. Les scènes les plus atroces et cruelles sont illustrées sur un mode comique. La guerre Rabelaisienne devient donc grotesque, ce qui suscite le rire sans rien enlever à la profondeur du message.

Nous avons un exemple avec la défense de l’abbaye de Seuillé par frère Jean. En tant que moine, il se livre à un massacre. Les hommes sont éliminés sans scrupule. Il n’est pas sans nous rappeler les chansons de geste médiévale avec son bâton en forme de croix qui évoque les chevaliers chrétiens des croisades. Frère Jean ressemble à un héros d’épopée faisant l’objet dune parodie. Nous sommes bien sur  très éloignés de l’épopée au sens propre du terme

Conclusion

     Dans cet extrait, Rabelais associe la parodie du roman de chevalerie à la satire de la religion. Il ridiculise les personnages qu’il critique et de ce fait dédramatise la guerre. Mais, derrière l’aspect burlesque des descriptions, l’auteur nous enseigne les vraies valeurs. On verra au chapitre 44, que Rabelais rejette les pratiques passés au nom du pacifisme, il condamne les guerres et les conquérants. Il nous montre que l’homme peut être meilleur reflétant ainsi l’idéal humaniste.

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  • Chapitre 44 Rabelais, Gargantua
  • Texte :
  • Toucquedillon fut présenté à Grandgousier qui l’interrogea sur les agissements et desseins de Picrochole, et le but qu’il poursuivait par cette agitation désordonnée. Il répondit que son but et son dessein étaient de conquérir tout le pays, s’il pouvait, en raison de l’injustice faite à ses
  • « C’st trop d’ambition, dit Grandgousier : qui trop embrasse mal étreint. Ce n’est plus le temps de conquérir ainsi les royaumes au rand dam de son frère en chrétienté. Cette imitation des anciens héros, les Hercule, Alexandre, Hannibal, Scipion, César et autres, s’oppose aux préceptes de l’Evangile, qui nous ordonne de garder, protéger, régir et administrer chacun ses domaines, et non pas d’envahir par la force les autres ; et ce que les sarrasins et les Barbares appelaient jadis prouesses, nous l’appelons maintenant brigandages et méchancetés. Il aurait mieux fait de se maintenir dans son domaine, en le gouvernant comme un bon roi, que d’attaquer le mien, en le pillant comme un ennemi ; car en le gouvernant bien il l’aurait grandi, en me pillant il sera détruit.
  • « Allez-vous en, au nom de Dieu, entreprenez un bon travail ; remontrez à votre roi les erreurs que vous reconnaissez, et ne le conseillez jamais en fonction de votre intérêt personnel, car le bien de chacun se perd dans le désastre commun. Quant à votre rançon, je vous en fais remise totalement, et je veux qu’on vous rende vous armes et votre cheval.
  • « C’est ainsi qu’il faut agir entre voisins et anciens amis, car le différend qui est entre nous n’est pas vraiment une guerre ; ainsi Platon refusait qu’on parle de guerre, mais de sédition, quand les Grecs prenaient les armes les uns contre les autres ; et si par malheur cela arrivait, il recommande qu’on use de la plus grande modération. Si vous l’appelez guerre, elle n’est que superficielle, elle n’est point ancrée au tréfonds de nos cœurs ; car nul d’entre nous n’est outragé dans son honneur, et il n’est question, finalement , que de réparer une faute commise par nos gens, je veux dire les vôtres et les nôtres ; bien que vous la sachiez, au demeurant, vous auriez du la laisser passer, car les personnages en cause étaient plus à mépriser qu’à garder en mémoire, surtout qu’on les dédommageait au juste prix, comme je m’y suis offert. Dieu estimera à sa juste valeur notre différend, et je supplie qu’il m’enlève la vie et me dépouille de mes biens plutôt que de l’offenser, moi ou les miens ».
  • Ces paroles dites, il appela le Moine et en présence de tout le monde lui demanda :
  • « Frère Jean, mon bon ami, est-ce vous qui avez capturé le capitaine Toucquedillon ici présent ?
  • _ Sire, dit le Moine, il est présent ; il est adulte et sensé ; j’aime mieux que vous l’appreniez de sa bouche que de la mienne. »
  • Alors Toucquedillon dit :
  • « Seigneur, c’est lui en vérité qui m’a pris, et je me déclare sans détour son prisonnier.
  • _ L’avez-vous mis à rançon ? dit Grandgousier au Moine.
  • _ Non, dit le Moine, je ne m’en soucie pas.
  • _ Rien, rien, dit le Moine ; ce n’es pas cela qui me conduit. »
  • Analyse Gargantua Chapitre 44
  • En quoi la clémence de Grandgousier appartient-elle à une conception humaniste de la guerre?
  • INTRODUCTION
  • Le texte que nous allons étudier est un extrait du chapitre 44 de Gargantua, œuvre écrite en 1534 par François Rabelais, grand écrivain de la Renaissance et auteur de Pantagruel, condamné la même année par la Sorbonne.
  • Frère Jean des Entommeures, qui a été engagé dans l'armée de Gargantua, a fait prisonnier Toucquedillon, le capitaine et le conseiller de Picrocholin. Grandgousier lui répond par un discours plein de sagesse dans lequel il affirme que le rôle d'un roi, aujourd'hui, n'est plus d'envahir les pays voisins, mais de bien gouverner le sien, puis il le renvoie chez lui avec quelques présents. Nous verrons que la clémence de Grandgousier appartient à une conception humaniste de la guerre.
  • Nous observerons, dans un premier temps, le rejet des pratiques passées, dans un deuxième temps, nous verrons les principes d'un bon chrétien, pour interpréter enfin le modèle politique d'un bon prince.
  • Plan de l'étude :
  • I/ LE REJET DES PRATIQUES PASSEES
  • Transition
  • II / UN MODELE DE BON CHRETIEN
  • Transition
  • III/ LE MODELE POLITIQUE D'UN BON PRINCE
  • Conclusion avec ouverture

 

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  •    Gargantua  Chapitre 44 : commentaire

En quoi la clémence de Grandgousier appartient-elle à une conception humaniste de la guerre? 

Introduction

Le texte que nous allons étudier est un extrait du chapitre 44 de Gargantua, œuvre écrite en 1534 par François Rabelais, grand écrivain de la Renaissance et auteur de Pantagruel, condamné la même année par la Sorbonne.

Frère Jean des Entommeures, qui a été engagé dans l'armée de Gargantua, a fait prisonnier Toucquedillon, le capitaine et le conseiller de Picrocholin. Grandgousier lui répond par un discours plein de sagesse dans lequel il affirme que le rôle d'un roi, aujourd'hui, n'est plus d'envahir les pays voisins, mais de bien gouverner le sien, puis il le renvoie chez lui avec quelques présents. Nous verrons que la clémence de Grandgousier appartient à une conception humaniste de la guerre.

Nous observerons, dans un premier temps, le rejet des pratiques passées, dans un deuxième temps, nous verrons les principes d'un bon chrétien, pour interpréter enfin le modèle politique d'un bon prince.

I/ Le rejet des pratiques passées

Rabelais, dans un premier temps, dénonce la guerre, il est contre les guerres en général qu’il sous-estime et rabaisse au rang de « brigandages et méchancetés ». Il rejette en outre les guerres de conquête  de l’antiquité qu’il qualifie « d’imitation des anciens héros » qui « s’oppose aux préceptes de l’évangile ». Contrairement aux humanistes en général qui se  réfèrent aux anciens et à l’antiquité, Rabelais condamne les conquérants ainsi que les guerres du Moyen-âge. La « guerre juste est paradoxal selon le penseur.

Rabelais affirme « le différent qui est entre nous n’est pas vraiment une guerre », nous comprenons qu’il défend le pacifisme. Cela fait référence à Grandgousier et Picrochole qui, ayant les mêmes racines peuvent au-delà de tous les problèmes trouver une solution. Ainsi, la guerre entre les deux rois de son roman est l’image de la guerre qui a sévi entre François 1er et Charles Quint, Grandgousier représentant François 1er, le bon roi et PIcrochole, Charles Quint, le tyran. Rabelais conseille la tempérance et la juste mesure qui sont des valeurs grecques. Il faut rejeter la démesure. En fait, les guerres remettent en question l’aptitude à trouver cet équilibre. L’homme se doit de trouver  la juste mesure entre le trop et le trop peu, seul critère de la réussite car ily a de nombreuses façons d’échouer tandis qu’il n’y en a qu’une pour réussir. Il faut préférer l’amitié, la fidélité, l’honneur et le pardon.

Transition: Grandgousier incarne François 1er,  pacifiste et humaniste, et nous montre que l'Homme peut être meilleur. ll s'agit en fait d'un discours plein de sagesse et de générosité, reflétant l'idéal humaniste en ce qui concerne le comportement que devrait avoir tout bon souverain. Le roi des Dipodes initie ainsi à son fils les principes d'un bon prince.

II/ Le modèle d'un bon chrétien

1- Selon Rabelais, un bon chrétien doit avant tout s'appuyer avec conviction sur les valeurs de l'Evangile: tout d'abord, Grandgousier explique en quoi la guerre de conquête "s'oppose aux préceptes de l'Evangile". Il fait valoir avant tout l'amour de son prochain, le pacifisme, et le pardon des fautes.

2- Un bon chrétien doit aussi s'en remettre au jugement de Dieu: "Dieu estimera à sa juste valeur notre différend". Cela témoigne du fait que la morale humaniste, rattachée à l'évangélisme de son époque, est fondée sur la parole de Dieu et le recours direct aux textes sacrés. Rabelais est croyant, mais il critique la pratique catholique qui est, selon lui, trop attachée aux rituels et aux apparences. Ces apparences qui ont d'ailleurs bouleversées par le personnage de frère Jean, un moine qui dans ce chapitre, semble être l'exemple à suivre: ayant capturé Toucquedillon, il ne se vante pas de son exploit: "j'aime mieux que vous l'appreniez de sa bouche que de la mienne". De plus, il refuse d'être payé: "ce n'est pas cela qui me conduit", répond-il lorsque Grandgousier lui demande quelle somme il souhaite pour avoir capturé le conseiller ennemi.

transition: Rabelais est croyant, mais il critique la pratique: considère qu'un bon chrétien est celui qui croit fermement en Dieu, qui respecte et suit toutes les valeurs des textes sacrés, sans faire attention à l'Eglise.. L'auteur se sert donc de ce passage pour montrer l'idéal humaniste d'un bon chrétien. Mais ce discours de la part du roi Grandgousier est avant tout une partie de l'éducation de Gargantua, qui apprend ainsi comment doit agir un bon prince pour gouverner son royaume efficacement plus tard.

III/ Le modèle politique d'un bon prince

1- Rabelais, en dernier lieu propose d’étudier le modèle politique d’un bon prince. Il faut tout d’abord faire la différence ente « guerre » et « sédition », il ne s’agit finalement que de « réparer une faute commise par nos gens ». Par conséquent, il ne faut pas entrer en conflit pour des raisons vénielles.

2- Un  bon prince doit toujours avoir comme priorité de bien gouverner son royaume et de protéger ses sujets. Ainsi, nous pouvons lire ces paroles adressées à Toucquedillon  : « en le gouvernant bien il l’aurait grandi, en me pillant il sera détruit ».

3- L’humanisme domine avec les valeurs qui lui sont inhérentes : sagesse, communication. Grandgousier se base sur l’évangile, il souhaite revenir aux textes sacrés. La violence est rejetée et Gargantua apprend qu’il faut toujours défendre la paix. C’est pour cette raison qu’il faut sans cesse se montrer clément même envers ses prisonniers. Nous voyons Grandgousier offrir une collation,  une « belle épée de Vienne »  et un « collier d’or » . La solution pour prévenir la guerre est de défendre la paix qui ne peut entrainer que la paix.

Conclusion

Ce chapitre relate un passage décisif dans la guerre picrocholine, où l'on espère que Toucquedillon pourra convaincre son roi de reconnaître son tort et d'arrêter la guerre. À travers les discours et les actions de Grandgousier, Rabelais rappelle les principes humanistes: selon lui, il faut rejeter les pratiques passées de la guerre de conquête et de la guerre juste (paradoxale, d'après les humanistes); l'auteur montre aussi comment il pense qu'un bon chrétien et un bon prince devrait se comporter, en tant que fidèle à Dieu et confiant en son jugement, ainsi que diplomate pacifiste et soucieux pour son peuple plutôt que pour son territoire.

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  • Gargantua, chapitre 55 Rabelais
  • Toute leur vie était ordonnée son selon des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur bon vouloir et leur libre arbitre. Ils se levaient quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, et dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les réveillait, nul ne les contraignait à boire, à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Pour toute règle, il n’y avait que cette clause, Fais ce que voudras ; parce que les gens libres, bien nés et bien éduqué, vivant en bonne compagnie, ont par nature un instinct, un aiguillon qui les pousse toujours à la vertu et les éloigne du vice, qu’ils appelaient honneur. Ces gens-là, quand ils sont opprimés et asservis par une honteuse sujétion et par la contraint, détournent cette noble inclination par laquelle ils tendaient librement à la vertu, vers le rejet et la violation du joug de servitude ; car nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons ce qui nous est refusé.

C’est cette liberté même qui les poussa à une louable émulation : faire tous ce qu’ils voyaient faire plaisir à un seul. Si l’un ou l’une d’entre eux disait : « Buvons », ils buvaient tous ; s’il disait : »Jouons », tous jouaient ; s’il disait : « Allons nous ébattre aux champs » tous y allaient. S’il s’agissait de chasser à courre ou au vol, les dames, montées sur de belles haquenées suivies du palefroi de guerre, portaient sur leur poing joliment gantelé un épervier, un laneret ou un émerillon. Les hommes portaient les autres oiseaux.Ils étaient si bien éduqués qu’il n’y avait parmi eux homme ni femme qui ne sut lire, écrire, chanter, jouer d’instruments de musique, parler cinq ou six langues et y composer, tant en vers qu’en prose. Jamais on vit de chevaliers si vaillants, si hardis, si adroits au combat à pied ou à cheval, plus vigoureux, plus agiles, maniant mieux les armes que ceux-là ; jamais on vit de dames si fraiches, si jolies, moins acariâtres, plus doctes aux travaux d’aiguille et à toute activité de femme honnête et bien née que celles-là.

  • Analyse extrait du chapitre 55 de Gargantua
  • RABELAIS
  • INTRODUCTION
  • Le texte que nous allons étudier est un extrait du chapitre 25 de Gargantua, écrit en 1534 par François Rabelais, écrivain humaniste de la renaissance et auteur de Pantagruel, oeuvre condamnée la même année par la Sorbonne.......
  • I/ la visée utopique
  •   Transition
  • II/La visée religieuse
  •   Transition
  •   III/Une utopie
  •    Conclusion avec ouverture

 

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Extrait du chapitre 55 de Gargantua

                 L’utopie selon un humaniste.

Introduction

Le texte que nous allons étudier est un extrait du chapitre 55 de Gargantua, écrit en 1534 par François Rabelais, écrivain humaniste de la renaissance et auteur de Pantagruel, œuvre condamnée la même année par la Sorbonne.

Frère Jean, ayant remporté des victoires et fait preuve de grand courage, a obtenu comme récompense de la part de Grandgousier le droit de fonder une Abbaye. Le chapitre 55 nous présente la vie à l'Abbaye de Thélème qua Gargantua a fait construire selon le goût de frère Jean. Dans ce texte argumentatif, Rabelais nous donne un modèle de la société idéale. Dans un espace religieux complètement dénaturé.

Nous allons donc nous demander en quoi l'Abbaye de Thélème est une société utopique: Dans un premier temps, nous verrons quelles sont les qualités requises pour l'élaboration d'une société idéale, pis nous étudierons les caractéristiques de ce nouvel espace religieux pour analyser les limites de cette utopie.

I/ Une société idéale

   1 - La vie collective à l’abbaye de Thélème suppose quelques exigences morales.

Il faut en effet que tous ses membres aient une certaine volonté comme le suggère l’origine grecque du mot Thélème « bon vouloir ».

La devise est « fais ce que voudra » qui n’implique pas de faire exclusivement ce que l’on veut mais au contraire de ne jamais rien faire sans s’occuper d’autrui : « tous ce qu’ils voyaient faire plaisir à un seul » et cette idée est renforcée par les anaphores suivantes : « buvons », « ils buvaient tous ». La notion de bonheur individuel n’existe plus, il n’a de sens que par rapport à la collectivité.

    2 -    Aux qualités morales s’ajoutent des qualités sociales. Il faut en effet que les gens soient « libres, bien nés, bien éduqués ». Les nobles de Thélème sont des « chevaliers si vaillants, si hardis, si adroits ». L’adverbe d’intensité montre bien qu’ils sont tels les humanistes et qu’ils savent tout faire. On retrouve l’idéal d’éducation humaniste qui est tourné vers un savoir encyclopédique, développement des facultés intellectuelles et physiques.

          Transition : L’éducation permet à chaque membre de l’abbaye d’être un membre à part entière répondant qu’ exigences et à l’idéal d’une éducation parfaite. A cela s’ajoute une autre garantie d’un bonheur collectif car la religion n’est pas absente mais Rabelais en propose une certaine vision.

II/ Le contexte religieux

    1 – La religion a une nouvelle connotation et de nouvelles caractéristiques : chasteté, pauvreté, obéissance, trois vœux qui normalement  sont à l’origine d’une vocation religieuse. A présent aucun de ces vœux n’est respecté dans l’abbaye de Thélème. Les hommes et les femmes sont regroupés, doc du fait de la mixité, il n’y a pas de chasteté respectée. Nous n’avons à faire qu’à des aristocrates, par conséquent, le vœu de pauvreté n’est plus de mise, ainsi que celui d’obéissance car il s’agit de faire ce que l’on veut.

    2 – Nous voyons donc apparaitre un nouvel espace religieux toujours ouvert sur l’extérieur, contrairement aux autres abbayes. L’antithèse « vertu », « vice » prend un nouveau sens. La vertu est liée à la liberté et le vice à son absence. Il n’y a pas d’obstacles, « nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons ce qui nous est refusé ». C’est une nouvelle philosophie. La liberté domine et nous nous éloignons du sens premier des termes à connotation religieuse.

          Transition : Quelles pourraient être les limites d’une telle utopie ?

III – L’utopie

    1 – L’injonction « fais ce que voudras » est-elle applicable ? Avoir l’obligation d’obéir n’est –il pas ambivalent ? Si la vertu nous vient de la liberté grâce à une société bien éduquée, cette dernière n’a donc pas besoin de plus de liberté pour acquérir plus de vertu.

    2 – En fait, il semblerait que Rabelais ait cherché à construire une telle société utopique pour dénoncer l’’hypocrisie religieuse qui n’était pas toujours à l’époque solidaire de ses préceptes. En effet, elle proclamait l’amour fraternel à l’époque des guerres de religion

Conclusion

Ce texte incarne l’idéal humaniste, on voit cependant que cette utopie a des limites. Contrairement à L’Utopie de Thomas More, Rabelais a créé une société qu’il trouve idéale parce qu’agréable. Il souhaiterait juste, que les hommes d’une communauté puissent agir ainsi, alors que Thomas More, lui, a organisé tout un gouvernement, avec de nombreuses lois,, bien que toutes aient l’intention de préserver la liberté de chacun.

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  • Lettre de Gargantua à Pantagruel , François Rabelais :  Commentaire littéraire

  • 1532, Livre II, chapitre VIII

 

Les idéaux humanistes

Lecture du texte :

Pour cette raison, mon fils, je te conjure d'employer ta jeunesse à bien profiter en étude et en vertu. Tu es à Paris, tu as ton précepteur Epistémon : l'un, par de vivantes leçons, l'autre par de louables exemples, peuvent bien t'éduquer. J'entends et veux que tu apprennes parfaitement les langues, d'abord le grec, comme le veut Quintilien, puis le latin et l'hébreu pour l'Écriture sainte, le chaldéen et l'arabe pour la même raison; pour le grec, forme ton style en imitant Platon, et Cicéron pour le latin. Qu'il n'y ait aucun fait historique que tu n'aies en mémoire, ce à quoi t'aidera la cosmographie établie par ceux qui ont traité le sujet. Des arts libéraux, la géométrie, l'arithmétique et la musique, je t'ai donné le goût quand tu étais encore petit, à cinq ou six ans : continue et deviens savant dans tous les domaines de l'astronomie, mais laisse-moi de côté l'astrologie divinatrice et l'art de Lulle qui ne sont que tromperies et futilités. Du droit civil, je veux que tu saches par cœur tous les beaux textes, et me les commentes avec sagesse. Quant à la connaissance de la nature, je veux que tu t'y appliques avec soin : qu'il n'y ait mer, rivière ou source dont tu ne connaisses les poissons; tous les oiseaux de l'air, tous les arbres, arbustes et buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tout l'Orient et du Midi. Que rien ne te soit inconnu.

Puis relis soigneusement les livres des médecins grecs, arabes et latins, sans mépriser les talmudistes et cabalistes, et, par de fréquentes dissections, acquiers une parfaite connaissance de cet autre monde qu'est l'homme. Et quelques heures par jour, commence à lire l'Écriture sainte, d'abord en grec le Nouveau Testament et les Épîtres des Apôtres, puis en hébreu l'Ancien Testament. En somme, que je voie en toi un abîme de science : car maintenant que tu es un homme et te fais grand, il te faudra sortir de la tranquillité et du repos de l'étude et apprendre la chevalerie et les armes pour défendre ma maison et secourir nos amis dans toutes leurs affaires contre les assauts des malfaisants. Et je veux que rapidement tu mettes tes progrès en application, ce que tu ne pourras mieux faire qu'en soutenant des discussions publiques sur tous les sujets, envers et contre tous, et en fréquentant les gens lettrés, tant à Paris qu'ailleurs.

Mais parce que, selon le sage Salomon, la sagesse n'entre jamais dans une âme méchante, et que science sans conscience n'est que ruine de l'âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu, et en Lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et, par une foi faite de charité, t'unir à Lui de manière à n'en être jamais séparé par le péché. Prends garde aux tromperies du monde, ne t'adonne pas à des choses vaines, car cette vie est passagère, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable envers ton prochain, et aime-le comme toi-même. Respecte tes précepteurs, fuis la compagnie des gens à qui tu ne veux pas ressembler, et ne gaspille pas les grâces que Dieu t'a données. Et quand tu t'apercevras que tu disposes de tout le savoir que tu peux acquérir là-bas, reviens vers moi, afin que je te voie et te donne ma bénédiction avant de mourir. Mon fils, que la paix et la grâce de notre Seigneur soient avec toi. Amen.

D'Utopie, le dix-sept mars,

ton père, Gargantua.

Problématique :

  • Dans quelle mesure peut-on dire qu'il s'agit d'un projet d'éducation humaniste?

 

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Nous allons étudier la lettre VIII de Gargantua à Pantagruel, tirée de Pantagruel de François Rabelais (vers 1483-1553). Rabelais était un grand humaniste de la renaissance. Dans le but d’étudier l’idéal de l’éducation humaniste, nous étudierons dans un premier temps, l ‘éducation attentive de Gargantua pour son fils Pantagruel puis, en second lieu nous analyserons le parcours initiatique de cet enseignement pluridisciplinaire et religieux au sens d’une philosophie des vraies valeurs = une leçon de vie et un sens des valeurs.

I- L ‘éducation attentive de Gargantua pour son fils Pantagruel

1) A chaque cas, une façon d’enseigner mais le précepteur ne préconise pas un enseignement trop rapide et sans transition avec le précédent = « c’est pourquoi, mon fils, je t’admoneste d’employer ta jeunesse à bien profiter dans tes études . Tu es à Paris, tu as ton précepteur Epistémon ». La référence à la théorie et à la pratique est transcrite à travers les concepts de « doctrines » et « d’exemples » . La notion d’éducation renvoie à l’idée d ‘exclusivité, il s’agit de former les esprits sans oublier aucun aspect de l’étude ni théorique ou pratique.

2) L’importance attribuée  à l’élève est un des principaux traits de l’idéal humaniste en ce qui concerne l’éducation. Rabelais met en évidence les avantages liés à l’enseignement personnalisé. Comme dans les romans d’apprentissage, l’accès au savoir est inséparable d’un départ du héros. Pantagruel n’étudie pas dans les écoles d’Utopie, mais entreprend, pour satisfaire à l’ordre de son père, un tour de France des universités qui le mène finalement à Paris. Gargantua pour sa part ne se rend à Paris qu’après l’échec de l’éducation dispensée par les précepteurs sophistes, comme s’il ne pouvait réussir ses études que dans un nouvel espace. Le héros se libère ainsi de l’autorité paternelle immédiate. L’éducation semble extrêmement complète, elle comprend dans un premier temps, l’étude des langues, la grecque qui devra être maîtrisée et à partir de laquelle Pantagruel devra former son style en prenant Platon pour modèle, le latin comme seconde langue devra trouver son imitation en Cicéron, autre philosophie pris pour modèle de perfection parmi les penseurs de l’antiquité. L’hébraïque est présentée par Gargantua comme indispensable puisqu’elle n’est pas un outil linguistique mais le moyen d’approfondir et de perfectionner au niveau de la compréhension , l’écriture sainte. Les langues sont ensuite complétées par l’étude de la cosmographie, « qu’il n’y ait d’histoire que tu n’aies présente à la mémo vie, a quoi t’aidera la cosmographie ». Viennent ensuite « les arts libéraux, géométrique, arithmétique, musique … » nous avons une référence à l’ensemble des disciplines intellectuelles fondamentales divisées en deux cycles, grammaire, rhétorique,, arithmétique, musique, astronomie. Du droit civil, « les beaux textes » doivent être lus afin de pouvoir être rapportés à la philosophie. Ainsi, l’idéal humaniste de l’éducation est encyclopédique.

3) L’approfondissement est facilité car l’éducation n’est pas théorique mais vivante et directe. En effet, l’apprentissage est orienté par l’apprentissage de l’observation, l’étude empirique (basée sur l’expérience et l’observation) de la nature et du quotidien et complétée par les cours théoriques des sciences naturelles. Rabelais propose une éducation fondée sur la nature: « Quant à la connaissance des sciences naturelles… qu’il n’y ait mer, rivière, ni fontaine dont tu ne connaisses les poissons; tous les oiseaux de l’air; …que rien ne te soit inconnu » . L’étude de l’homme suppose l’étude et la relecture des livres de médecine = « Puis avec soin, relis les livres des médecins … et par de fréquentes dissections acquiers la parfaite connaissance de ce second monde qu’est homme »

4) La formation des esprits requiert cependant un enseignement religieux. Celui-ci doit être fait de façon autodidacte = « commence à apprendre les saintes. Écritures, d’abord du nouveau testament en grec et les Épîtres des apôtres, puis en hébreu l’ancien testament ». Gargantua doit un peu chaque jour s’imprégner des textes sacrés de façon à éveiller sa foi et sa réflexion sur dieu et la création. Il faut veiller à la profondeur d’une lecture pieuse. Tous les textes doivent faire l’objet d’une réelle compréhension, voire intellection.

5) Un entraînement à la guerre

Gargantua donne lui-même la formule du récit dans un passage de la lettre qu’il écrit à son fils pour l’exhorter à l’étude: « car maintenant que tu te fais grand, et que tu deviens un homme, il te faudra sortir de cette tranquillité et de ce repos consacré aux études, et apprendre la chevalerie et les armes, pour défendre ma maison, et secourir nos amis dans leurs débats contre les assauts des malfaisants ». Cet « assaut des malfaisants » prend la forme dans le Pantagruel, de l’attaque lancée par les Dipodes contre le royaume de Gargantua, l’Utopie. La guerre suppose le triomphe du droit sur la force, et le rétablissement de l’ordre.

On peut de ce fait affirmer que le souci humaniste est ici focalisé sur le développement du corps et de l’ esprit. La vie est un objet d’étude. On aspire a un savoir encyclopédique et le précepteur est le garant de cet enseignement particulièrement initiatique de façon pluridisciplinaire. Cependant l’éducation doit être une véritable leçon de vie et enseigner une philosophie des vraies valeurs.

II- La quête des vraies valeurs, la référence à Dieu

  S’élever à la sagesse de la religion, de la philosophie ou de la science suppose l’amour de Dieu et un certain esprit charitable. En effet, une âme mauvaise ne saurait s’ouvrir à la sagesse et « la science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Gargantua souhaite donc que son fils s’applique à « servir, aimer et craindre Dieu et mettre en lui » toutes les pensées et tous les espoirs par une « foi orientée par la charité ». L’éducation n’a donc de sens que pour autant qu’elle est orientée vers une certaine morale, une quête du bien. Bien dans l’enseignement ne peut servir l’esprit si ce dernier est tourné vers le mal. Un esprit éduqué doit par définition être un esprit croyant, charitable et par conséquent tourné vers le Dieu. Un homme éduqué est un homme de valeurs. Ces derniers sont imprégnés par le sens et la conscience d’une religion très éveillée avec l’amour, la charité que cela suppose, «sois serviable à ton prochain, quel qu’il soit, et aime le comme toi-même ». La morale  religieuse doit trouver ses applications dans la philosophie de la vie au quotidien.

Conclusion

Nous avons vu l’importance attribuée à l’élève, c’est un des principaux faits de l’idéal humaniste en ce qui concerne l’éducation. Nous avons une exigence de développement du corps et de l’esprit. Le savoir devient une valeur de référence. Cette prestation à s’élever à un savoir universel est humaniste. C’est une opinion selon laquelle l’homme pourrait tout savoir. Cette conception de l’éducation s’oppose à celle qu’avait Gargantua avant, avec les sophistes. Elle valorise le corps qui était pourtant considéré comme honteux à l’époque. On retrouve les principes humanistes selon lesquels on ne peut avoir un esprit bien formé sans un corps sain. La journée placée sous le regard de Dieu auquel Gargantua s’adresse dans la prière du matin et dans celle du soir, illustre l’idéal humaniste d’une relation harmonieuse entre la foi et la connaissance.     

 

 

 

 

 

 

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