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R. Barthes,Les Romains au cinéma,Mythologies

 

signature de Roland G. Barthes

 

Roland Gérard Barthes

Naissance 12 novembre 1915 à Cherbourg

Décès 26 mars 1980 à Paris (à 64 ans)

Nationalité française

 

 

 

Mythologies de Roland Barthes

LES ROMAINS AU CINEMA

 

 

*** Oral EAF : questionnaires pour préparer l’entretien du bac de français

 

Lecture du texte : Les Romains au cinéma

Dans le Jules César de Mankiewicz, tous les personnages ont une frange de cheveux sur le front. Les uns l'ont frisée, d'autres filiforme, d'autres huppée, d'autres huilée, tous l'ont bien peignée, et les chauves ne sont pas admis, bien que l'Histoire romaine en ait fourni un bon nombre. Ceux qui ont peu de cheveux n'ont pas été quittes à si bon compte, et le coiffeur, artisan principal du film, a su toujours leur soutirer une dernière mèche, qui a rejoint elle aussi le bord du front, de ces fronts romains, dont l'exiguïté a de tous temps signalé un mélange spécifique de droit, de vertu et de conquête.
Qu'est-ce donc qui est attaché à ces franges obstinées ? Tout simplement l'affiche de la Romanité. On voit donc opérer ici à découvert le ressort capital du spectacle, qui est le signe. La mèche frontale inonde d'évidence, nul ne peut douter d'être à Rome, autrefois. Et cette certitude est continue : les acteurs parlent, agissent, se torturent, débattent des questions « universelles » sans rien perdre, grâce à ce petit drapeau étendu sur le front, de leur vraisemblance historique : leur généralité peut même s'enfler en toute sécurité, traverser l'Océan et les siècles, rejoindre la binette yankee des figurants d'Hollywood, peu importe, tout le monde est rassuré, installé dans la tranquille certitude d'un univers sans duplicité, où les Romains sont romains par le plus lisible des signes, le cheveu sur le front.
Un Français, aux yeux de qui les visages américains gardent encore quelque chose d'exotique, juge comique le mélange de ces morphologies de gangsters-shérifs, et de la petite frange romaine : c'est plutôt un excellent gag de music-hall. C'est que, pour nous, le signe fonctionne avec excès, il se discrédite en laissant apparaître sa finalité. Mais cette même frange amenée sur le seul front naturellement latin du film, celui de Marlon Brando, nous en impose sans nous faire rire, et il n'est pas exclu qu'une part du succès européen de cet acteur soit due à l'intégration parfaite de la capillarité romaine dans la morphologie générale du personnage. A l'opposé, Jules César est incroyable, avec sa bouille d'avocat anglo-saxon déjà rodée par mille seconds rôles policiers ou comiques, lui dont le crâne bonasse est péniblement ratissé par une mèche de coiffeur.
Dans l'ordre des significations capillaires, voici un sous-signe, celui des surprises nocturnes: Portia et Calpurnia, éveillées en pleine nuit, ont les cheveux ostensiblement négligés ; la première, plus jeune, a le désordre flottant, c'est-à-dire que l'absence d'apprêt y est en quelque sorte au premier degré ; la seconde, mûre, présente une faiblesse plus travaillée : une natte contourne le cou et revient par-devant l'épaule droite, de façon à imposer le signe traditionnel du désordre, qui est l'asymétrie. Mais ces signes sont à la fois excessifs et dérisoires : ils postulent un " naturel " qu'ils n'ont même pas le courage d'honorer jusqu'au bout : ils ne sont pas c francs ".
Autre signe de ce Jules César : tous les visages suent sans discontinuer: hommes du peuple, soldats, conspirateurs, tous baignent leurs traits austères et crispés dans un suintement abondant (de vaseline). Et les gros plans sont si fréquents, que, de toute évidence, la sueur est ici un attribut intentionnel. Comme la frange romaine ou la natte nocturne, la sueur est, elle aussi, un signe. De quoi ? de la moralité. Tout le monde sue parce que tout le monde débat quelque chose en lui-même ; nous sommes censés être ici dans le lieu d'une vertu qui se travaille horriblement, c'est-à-dire dans le lieu même
de la tragédie, et c'est la sueur qui a charge d'en rendre compte : le peuple, traumatisé par la mort de César, puis par les arguments de Marc-Antoine, le peuple sue, combinant économiquement, dans ce seul signe, l'intensité de son émotion et le caractère fruste de sa condition. Et les hommes vertueux, Brutus, Cassius, Casca, ne cessent eux aussi de transpirer, témoignant par là de l'énorme travail physiologique qu'opère en eux la vertu qui va accoucher d'un crime. Suer, c'est penser (ce qui repose évidemment sur le postulat, bien propre à un peuple d'hommes d'affaires, que : penser est une opération violente, cataclysmique, dont la sueur est le moindre signe). Dans tout le film, un seul homme ne sue pas, reste glabre, mou, étanche: César. Évidemment, César. objet du crime, reste sec, car lui, il ne sait pas, il ne pense pas, il doit garder le grain net, solitaire et poli d'une pièce à conviction.
Ici encore, le signe est ambigu : il reste à la surface mais ne renonce pas pour autant à se faire passer pour une profondeur ; il veut faire comprendre (ce qui est louable), mais se donne en même temps pour spontané (ce qui est triché), il se déclare à la fois intentionnel et irrépressible, artificiel et naturel, produit et trouvé. Ceci peut nous introduire à une morale du signe. Le signe ne devrait se donner que sous deux formes extrêmes : ou franchement intellectuel, réduit par sa distance à une algèbre, comme dans le théâtre chinois, où un drapeau signifie totalement un régiment ; ou profondément enraciné, inventé en quelque sorte à chaque fois, livrant une face interne et secrète, signal d'un moment et non plus d'un concept (c'est alors, par exemple, l'art de Stanislavski). Mais le signe intermédiaire (la frange de la romanité ou la transpiration de la pensée) dénonce un spectacle dégradé, qui craint autant la vérité naïve que l'artifice total. Car s'il est heureux qu'un spectacle soit fait pour rendre le monde plus clair, il y a une duplicité coupable à confondre le signe et le signifié. Et c'est une duplicité propre au spectacle bourgeois : entre le signe intellectuel et le signe viscéral, cet art dispose hypocritement un signe bâtard, à la fois elliptique et prétentieux, qu'il baptise du nom pompeux de " naturel ».

 

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Questionnaire n°1 : l’argumentation

1) Définir l’argumentation.

Argumenter, c’est rechercher l'adhésion de la personne visée pour l'amener sur le même point de vue que lui, mais, il existe plusieurs manières d'y arriver: on peut expliquer la véracité de la position que l'on présente, lui montrer que la position que l'on présente, lui montre que c'est la meilleur position, ou emporter son adhésion.

2) Quelle est la différence entre convaincre et persuader ?

Convaincre, consiste à défendre une thèse contestable, de façon logique et rationnelle, dans le but d’amener la personne visée à adhérée à cette thèse ; tandis que persuader utilise, dans le même but, utilise les sentiments, fait appelle aux émotions de la personne visée.

3) Quels sont les éléments qui fondent un discours argumentatif ?

Tout d’abord le thème : c'est le sujet du texte argumentatif ou encore la question à laquelle le locuteur va répondre à travers sa thèse. La thèse, placée en introduction ou en conclusion le plus fréquemment, engage la position du locuteur, c'est l'idée du texte dont il s'agit de convaincre ou de persuader le destinataire. Une thèse peut être soutenue ou rejetée. Ensuite, l’argument permet de justifier sa thèse ou de la réfuter (dans ce cas on parle de contre argument). On peut définir l'argument comme une proposition donnée comme vraie. Ils s’enchainent grâce à des liens logiques. Ils sont illustrés par des exemples, qui viennent renforcer l'argument.

4) Quels sont ces liens logiques ?

Les liens logiques sont de différentes natures grammaticales et permettent d'organiser un texte argumentatif.

Il y a :

- la disjonction, qui autorise l’alternative

- l’addition et l’analogie, qui permettent d’ajouter un élément

- la cause et l’hypothèse, qui posent l’origine d’une idée

- la conséquence et le but. La conséquence permet de préciser l'effet, la suite logique d'une idée ou d'un fait. Le but explicite la finalité d'une idée ou d'une action, sa visée et son objectif.

- L’opposition, qui réfute une idée et introduit sa contradiction. Elle permet de proposer un contre argument.

5) Qu’est-ce qu’un schéma argumentatif ?

C'est ce qui permet de reconstituer l'agencement de la thèse, des arguments et des exemples.

6) Quels sont les différents types de raisonnement ?

Il existe logiques de raisonnement dans un texte argumentatif :

- La déduction: commence par une loi générale pour terminer sur un fait particulier. (Exemple : le syllogisme)

- L'induction est le contraire de la déduction, on part d'une action particulière pour aboutir à une loi générale.

7) Quels sont les différents types d’arguments ?

- L'argument d'autorité : s'agit d'une idée émise d'un groupe que l'on ne peut généralement pas contester.

- L'argument ad hominem qui est utilisé pour une raison personnelle pour attaquer l'hypothèse de l'adversaire.

8)Quels sont les procédés du discours argumentatif ?

- La thèse rejetée: utilisée pour opposer deux thèses accentuée par cette opposition.

- La concession: utilisée pour faire semblant d'approuver sa thèse pour mieux soutenir la sienne. On peut la repérer facilement grâce à des connecteurs logiques.

- L'organisation logique: utilisée pour relier des arguments, grâce à des connecteurs logiques, pouvant exprimer de multiples rapports logiques. (voir question 4)

9) Quels sont les procédés de l’argumentation ?

Aussi appelées figure de style, ou de rhétoriques, voici les principales :

- Comparaison : figure dans laquelle nous avons un comparé, un comparant et un comparatif

- Métaphore : image et comparaison sans comparatif

- Métaphore filée : Suite de métaphores sur un même thème

- Allégorie : C’est le fait de représenter une idée par une image

- Prosopopée : discours direct d’un être disparu, d’une personnification, d’une allégorie

- La métonymie : C’est l’emploi d’un nom pour un autre : les planches pour dire la scène

Elle désigne le contenu par le contenant

C’est l’œuvre par son auteur

(Il y a donc trois sens possibles de cette figure de style qu’est la métonymie.)

- Synecdoque : C’est le fait de remplacer le nom d’une chose par l’une de ses caractéristiques

- Périphrase : C’est le fait de dire en plusieurs mots ce que l’on pourrait dire en un seul

- Inversion : inversion de l’ordre dans lequel apparaissent normalement les éléments syntaxiques

- Antithèse : confrontation de deux thèses opposées

- Prolepse : mise en relief d’un élément par sa mise hors proposition où il est remplacé par un pronom.

- Antiphrase : C’est le fait de dire le contraire de ce que l’on pense.

(On utilise l’antiphrase pour faire valoir l’ironie)

- Oxymore : C’est le fait de relier deux mots que l’on a pas l’habitude de voir ensemble.

- Personnification : Donner des traits humains à un objet/animal.

- Hyperbole : Exagération.

- Enumération : Succession de mots sans ordre croissant ou décroissant d’intensité : j’aime les films, la musique et les peinture

- Gradation : C’est une succession de mots avec un ordre croissant ou décroissant d’intensité

- Litote : atténuation d’une idée

- Euphémisme : atténuation d’une vérité pénible

- Anaphore : répétition d’un même élément en tête de phrases, de propositions de vers se succédant

- Chiasme : C’est un croisement.

- Ellipse : C’est la Suppression d’un mot.

10) Qu’est-ce qu’un argument de mauvaise foi ?

Les arguments de mauvaise foi n'ont pas de valeur logique mais donnent une apparence rationnelle au discours. Ce sont donc de faux arguments qui permettent de dissimuler la faiblesse de l'argumentation.

11) Quels sont-ils ?

- Le prétexte : il invoque une raison inventée pour justifier une décision ou un comportement, par exemple ce que fait le loup dans la fable de La Fontaine "le loup et l'agneau" : il prend prétexte du fait que l'agneau le gêne en buvant dans la même rivière que lui pour justifier sa décision de le dévorer.

- La tautologie : On peut traduire la tautologie par le discours du même, c'est le fait de dire deux fois la même chose, c'est un raisonnement sans fondement qui se contente de répéter la même idée et relève donc de l'évidence, exemple, je monte en haut.

- L'argument ad hominem : il consiste à discréditer la personne de l'adversaire plutôt que ses propos et ses arguments.

12) De quelle façon peut-on prendre en compte la thèse adverse, pour en tirer partie ?

On peut aussi tenir compte des arguments de l'adversaire et les intégrer dans le raisonnement, on peut le faire de trois façons.

- Le raisonnement concessif : il permet de donner raison à l'adversaire sur quelques points avant de réfuter l'essentiel de son argumentation.

- Le raisonnement par l'absurde : Il fait mine d'adopter la thèse adverse pour en tirer par déduction des conséquences ridicules : cela permet au locuteur de montrer que l'idée de départ, autrement dit la thèse adverse est illogique.

- L'ironie : La thèse adverse est prise en compte, elle feint d'adopter les arguments de l'adversaire pour mieux les tourner en dérision.

 

roland-barthes

 

 

 

Questionnaire n°2 : La vie de Roland Barthes

1 -

Quelles sont les dates de Roland Barthes?

12 novembre 1915 Cherbourg

26 mars 1980 Paris

Décédé à 64 ans

2 -

Quelle était sa nationalité?

Française

3 -

Qui était-il ?

Un critique littéraire

Un sémiologue. La sémiologie est la science des signes ( terme inventé par Emile Littré et repris par Saussure).

4 -

Qu’a t’-il fait comme études?

Des études de lettres classiques à Paris. Il obtient sa licence de lettres.

5 -

A t’-il fait partie du groupe de théâtre Antique de la Sorbonne?

Oui.

6 -

De quelle nature son mémoire obtenu en 1941 est-il?

Un mémoire sur la Tragédie Grecque

7 -

Quels auteurs découvre t’-il?

Sartre et Karl Marx

8 -

Qu’obtient-il en 1943?

Obtention d’un certificat de grammaire et de philologie

Définition de la philologie : étude de la linguistique historique à partir de documents écrits.

9 -

Quel est le premier livre de Roland Barthes?

Le degré zéro

10 -

Avec qui fait-il partie du conseil de rédaction de la revue critique en 1962?

Michel Foucault

Michel Deguy

11 -

Quand reprend t’-il la direction de cette revue?

Après le décès de Georges Bataille

12 -

Quelle chaire occupe t’-il au collège de France de 1977 à 1980?

La chaire de sémiologie

13 -

Qu’est-ce que la querelle de la vieille critique?

Roland Barthes s’en prend à la vieille critique qui consiste à analyser l’œuvre à partie de la biographie de l’auteur en publiant Racine en 1965; C’est Raymond Picard qui est le représentant de cette vieille critique

14 -

Citez deux de ses œuvres

- L’empire des signes 1970

- Nouveaux Essais critiques 1972

- Roland Barthes par Roland Barthes 1975

15 -

De quoi Roland Barthes décède t’-il?

Des suites d’un accident. Il se fait faucher par une camionnette le 26 mars 1980, il décède à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

16 -

Où est-il enterré?

Auprès de sa mère dans le cimetière d’Urt au Pays Basque

17 -

Où les dessins de Roland Barthes sont-ils exposés?

1995 - Musée Bayonne

18 -

A qui son frère Michel Salzedo confie t’-il l’ensemble des archives?

A l’institut Mémoires de l’édition contemporaine dans le but de les rendre disponibles aux chercheurs.

19 -

Quand le centre Pompidou lui consacre t’-il une exposition?

En 2002

 

mythologies

 

 

 

Questionnaire n°3 : l’œuvre de Roland Barthes

La mort de l’auteur

1 -

Quel article bien connu de Roland Barthes l’inscrit en réaction au structuralisme contre le formalisme intellectuel et dogmatique?

La mort de l’auteur : article reconnu comme le signe du poststructuralisme français (idem pour la conférence de Foucault : « qu’est-ce que l’auteur? « 

Le post structuralisme s’inscrit en réaction au structuralisme, il décentre la pensée, le sujet. C’est au lecteur de réécrire le texte, d’avoir sa propre lecture.

Il est garant du sens de l’œuvre par opposition à Lanson, Sainte Beuve : ils attachaient une grande importance à la connaissance de l’auteur dans le jugement d’une œuvre. 

 

 

Mythologies

2 -

Quand Roland Barthes a t’-il rédigé ce recueil?

Entre 1954 et 1956

3 -

De combien de textes ce recueil est-il composé?

De 53 textes écrits au gré de l’actualité

4 -

Comment Roland Barthes définit-il le mythe?

En accord avec l’étymologie :

«  Le mythe est une parole »

«  Le mythe est un système de communication, c’est un message »

5 -

De quelle nature les mythes décrits dans cet ouvrage est-elle?

Les mythes décrits dans cet ouvrage sont divers. Il peut évoquer le catch, le vin, le steak frites, le discours colonial français…

Le mythe est un signe, son signifiant peut-être n’importe quoi, n’importe quel objet

Son signifié est un idéologème.

6 -

Le mythe est-il un outil de l’idéologie?

Oui.

7 -

Comment Roland Barthes définit-il la doxa propagée par le mythe?

La doxa est l’image que la bourgeoisie se fait du monde et qu’elle souhaite imposer. 

8 -

Les mythologies : comment les définiriez-vous?

Le mythe est une histoire : un système de communication. Les mythologies sont avant tout une sémiologie.

Analyse qui considère les objets comme des signes. Ils renvoient à quelque chose d’autre qu’eux-mêmes. 

9 -

Peut-on parler de caractère construit de ces histoires?

Oui. Le caractère social s’ajoute à la matière pure. On peut donc parler de caractère construit.

10 -

Quel est le but du sémiologue et mythologue?

Déchiffrer ces histoires qui nous racontent le quotidien à travers les objets devenus anodins. 

11 -

Le mythe est-il  une parole cachée?

Une mythologie Est-ce que la culture dit des choses. Le mythe est une parole cachée, un dévoilement.

Roland Barthes se concentre sur un ensemble de signes pour établir un mythe dont la fonction est d’interpréter le réel en dévoilant le caractère codé. 

12 -

Montrez en quoi il y a une idéologie sous-jacente

Le mythe est une parole bourgeoise : image du monde que la bourgeoisie tente d’imposer selon ses codes à travers les objets.

Il faut donc déchiffrer les discours contenus dans les objets. Il y a une démarche politique, anti-bourgeoise.

Il faut dénoncer le point de vue bourgeois sur les objets. Il y a donc une idéologie sous-jacente.

 

 roland-barthes

 

 

 

Questionnaire n° 4 sur le texte, les Romains au cinéma

*** Questions en fonction des axes proposés

Plan possible pour une lecture analytique. 

  • I - Une critique de film
  • A - les images des films
  • B - Les genres des films
  • C - Intrigue du texte et intrigue du film
  • II - Critique des signes
  • A - Une sémiotique originale
  • B - Au kitsch
  • C - Une sémiotique incongrue
  • III -  Moralisme et appréciation morale
  • A - Moralisme et dénonciation de l’hypocrisie
  • B - Appréciation morale des signes
  • C - La bourgeoisie comme naturalisation

 

Problématique proposée pour un oral

  • En quoi ce texte de Roland Barthes, Les Romains au cinéma, est-il une triple critique, de film, des signes et morale? 

 

Conseils pour l’introduction :

  • Présenter Roland Barthes en quelques lignes ainsi que son œuvre
  • Annoncer la problématique
  • Annoncer le plan

 

Questions et notes introductives :

1 -

Comment la réflexion s’organise t’-elle dans les Romains au cinéma?

Réflexion autour de la moralité des signes. A travers une apparente critique de film, il y a une critique des signes qui a une connotation morale.

Les signes ne sont ni naturels,  ni intellectuels mais un entre deux du nom de « spectacle ». 

2 -

Que peut-on dire sur le titre?

Ironie - paradoxe et clin d’œil

 

roland-barthes

 

 

 

Questions sur le texte en fonction des axes proposés

I -

Une critique de film

A

Les images des films

1 -

Premier signe : la frange.

Quelle figure de style avons-nous?

Synecdoque.

Quel est l’effet voulu?

Focalisation sur le détail, la frange, symbole de la romanité.

Synecdoque : représentation d’une chose par sa caractéristique. 

2 -

Cette façon d’évoquer les Romains est-elle respectueuse?

Non car elle ne respecte pas les intentions du réalisateur

3 -

Peut-on parler d’isotopie de la coiffure? Pourquoi?

Oui, nous pouvons parler d’isotopie (redondance d’éléments dans un texte permettant de le comprendre - Définition en sémantique - sémiologie).

Repérez l’accumulation d’attributs des franges dans le texte.

4 -

Quels sont en dehors de la frange les deux autres signes du texte?

- Nattes de Portia, épouse de Brutus et Calpurnia, épouse de César

- La sueur.

5 -

Y a t’-il un déplacement transgressif par rapport au personnage habituel?

Oui, César _ Portia _ Calluna _ Marc Antoine _ Brutus

6 -

Y a t’-il une transgression des frontières narratives?

Marc Antoine _ Marlon Brando

7 -

A quel cinéaste Roland Barthes fait-il allusion?

Le limier de Mankiewicz

(film britannique réalisé par Mankiewicz en 1972)

8 -

A quelle icône fait-il référence? A quel mythe vivant?

Marlon Brando

9 -

Fait-il plus allusion au travail du coiffeur ou du cinéaste?

Il parle plus du travail du coiffeur. On a un paradoxe. Le ton est ironique. 

10-

La frange est-elle devenue le signe de reconnaissance universelle?

Oui, la frange donne la vraisemblance historique, permet de traverser les siècles et « rejoindre la binette yankee des figurants d’Hollywood ».

 

Rappels : les personnages

  • Jules César : général, homme politique et écrivain romain. 100 avant JC
  • Portia : femme de Brutus
  • Calpurnia : épouse de César
  • Brutus : sénateur romain. Assassin de Jules César. César était alors nommé dictateur à vie.
  • Cassius : Co-meurtrier de Jules César
  • Casca : Co-meurtrier de Jules César.
  • Marc Antoine : homme politique romain qui participa avec Jules César à la guerre des Gaules. Après l’assassinat de César, il se retrouve seul à la tête de la République. 

 

I -

B

Les genres des films

  • Rappels : Définitions
  • Signifié : représentation mentale du concept associé au signe (selon Saussure - linguistique). Le signifié désigne le concept : la représentation mentale d’une chose.
  • Signifiant : la représentation mentale de la forme et de l’aspect matériel du signe. Image acoustique d’un mot.
  • Il y a donc le signifié d’un signe ( qui se trouve dans un dictionnaire ) : dénotation du signe et significations connotatives liées au contexte. 

 

1 -

Quels sont les différents genres auxquels Roland Barthes fait allusion?

Le peplum : film des années 60 sur l’antiquité

Films de gangsters et de shérifs

Films d’Hollywood

2 -

Quelles sont les différences entre ces genres de films?

Différences dans les signifiés mais les signifiants sont les mêmes. 

3-

Quelle perception Barthes donne t’-il au lecteur d’Hollywood et du peplum?

Dérision : il rit au dépend d’Hollywood et trouve le peplum comique.

Citez le texte pour justifier votre réponse. 

- « rejoindre la binette yankee des figurants d’Hollywood… tout le monde est rassuré, tranquille certitude d’un univers sans duplicité où les Romains sont romains par le plus lisible des signes, le cheveu sur le front ». 

« Mélange de ces morphologies de gangsters shérifs et de la petite frange romaine : un excellent gag de music hall ».

Les trois premières phrases donnent un ton comique au peplum. On en trouve aussi des manifestions dans les paragraphes suivants 

I -

C

Intrigue du texte et intrigue du film

1 -

Est-ce une réelle critique de film? Justifiez votre réponse

Non ; un critique de film a une fonction incitative. Il s’agit de donner envie au spectateur en donnant des éléments d’intrigue.

Ici Roland Barthes n’en donne pas.

Il y a juste une mise en intrigue sous forme d’un questionnement qui ressemble à une enquête.

Le titre est déjà évocateur car il s’apparente à une énigme.

Il faut trouver ce qui se rattache à ces franges.

2 -

De quelle intrigue s’agit-il? Quelle en est la nature?

C’est une critique sémiotique : portée morale du texte.

Signifiants :

- Franges

- Sueur

Signifiés :

- Romanité

- Moralité

3 -

Cette intrigue sémiotique met-elle en évidence un certain contraste entre le comique et le parodique?

Oui, contraste encore renforcé par son aspect surprenant et inattendu.

4 -

La marche énonciatrice du texte relève t’-elle de la dialectique?

Oui, il s’agit de trouver une synthèse entre deux positions.

Le moralisme du texte repose sur les connecteurs logiques (mais, car, et), un travail sur le signe, un vocabulaire lié à la linguistique, une marche énonciative qui relève de la dialectique. 

 

mythologies

 

 

 

II -

Critique de films

A -

Une sémiotique originale

1 -

A quoi la sémiotique est-elle rattachée?

A la linguistique : science du lange inventée par Saussure : langue des signes.

Distinctions entre la parole, les signes entrent en contact et la langue, un système de signes.

Qu’est-ce qui est donc attaché à ces franges?

Franges = signifiant

La romanité = signifié

Il pose une question et y répond

2 -

Etudiez l’isotopie du signe.

- sémiotique de la frange : frange/romanité : signe bâtard

- sémiotique de la sueur : sueur/moralité : signe bâtard

- sémiotique du signe : signes bâtards/ petite bourgeoisie

II -

B

Au kitsch

1 -

Montrez que la critique des signes est rattachée au kitsch

Il y a une sémiotique du kitsch qui révèle les goûts d’une classe sociale (Adorno)

2 -

Quel est le symbole du kitsch?

Le péplum : il y a une reconstitution de mauvais goût qui est sur esthétisée.

Le kitsch :  le mauvais goût petit bourgeois.

3 -

Relevez la phrase du texte qui caractérise le kitsch comme pompeux

« Et c’est une duplicité propre au spectacle de bourgeois : entre le signe intellectuel et le signe viscéral, cet art dispose hypocritement un signe bâtard, à la fois elliptique et prétentieux, qu’il baptise du nom pompeux de « naturel » ».

Le kitsch pompeux : ce qui n’est pas naturel mais prétend l’être. 

II -

C

Une sémiotique incongrue

1 -

Montrez l’aspect incongru de l’isotopie de la frange

L’ironie du texte domine dès la première phrase avec la focalisation sur les franges et la chute comique sur les chauves.

Aspect renforcé par l’antiphrase et l’antonomase :

« le coiffeur, artisan principal du film »

« Et les chauves ne sont pas admis… »

2 -

L’isotopie de la sueur est-elle incongrue?

Oui, à cause de l’objet. Incongru dans le cadre d’une sémiotique.

3 -

Relevez la phrase caractéristique du polyptote de la sueur et se son traitement poétique

« Tous les visages suent sans discontinuer : hommes du peuple, soldats, conspirateurs, tous baignent leurs traits austères et crispés dans un suintement abondant (de vaseline). »

= allitération en « S »

= hyperbole du caractère liquide de la sueur : effet ridicule

= polyptote : répétition de plusieurs termes : figure de style

4 -

Relevez la phrase caractéristique de la parodie du cogito ergo sum cartésien

« Suer c’est penser » : c’est une parodie bourgeoise du cogito

 

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III - 

Moralisme et appréciation morale

A -

Moralisme et dénonciation de l’hypocrisie

1 -

Qu’est-ce que le moralisme?

Mouvement du 18ème siècle caractérisé par La Bruyère par exemple. Critique de la vanité et de l’amour propre, étude des vertus et des vices….

Il est lié au jansénisme qui a pour but de dénoncer les vices de la société.

2 -

Montrez qu’il y a une dénonciation de l’hypocrisie

Il y a une isotopie de la critique morale.

Dans le premier paragraphe il y a l’idée de vertu

« De vertu et de conquête »

« La sueur est le signe de la moralité »

Dans le dernier paragraphe, on a l’idée d’un signe bâtard : un hybride.

On a donc une parallélisme entre « le louable et le « triché » ». 

III -

B -

Appréciation morale des signes

1 -

Etudiez l’appréciation morale des signes

Roland Barthes retrouve la structure de l’hypocrisie

Il y a des signes moraux et immoraux.

Morale du signe : oxymorique car le sémiologue ne porte pas de jugement de valeur.

Il y a deux formes extrêmes du signe :

« Comme dans le théâtre chinois où un drapeau signifie totalement un régiment »

- Ou le signe est intellectuel

- Ou le signe est artificiel

Dans ce cas, il ne renvoie plus à un concept mais il exemplifie : exemple avec Stanislavski.

(Metteur en scène de théâtre Russe : il demandait à ses comédiens de tellement se mettre dans la peau du personnage qu’ils devenaient le personnage.

Le signe n’est presque plus un signe.

2 -

Qu’est-ce que le signe intermédiaire?

Le signe intermédiaire : la frange de la romanité ou la transpiration de la pensée, dénonce un spectacle dégradé. 

Le spectacle dégradé est un signe bâtard : conventionnel mais il veut faire naturel.

III -

C -

La bourgeoisie comme naturalisation

1 -

Que signifie la bourgeoisie : naturaliser les conventions

Nous savons que le spectacle dégradé est un signe bâtard qui veut faire naturel mais est conventionnel.

Théâtre chinois : artifice total

Stanislavski : vérité naïve

Nous avons un chiasme cassé par le signe bâtard.

« Duplicité propre au spectacle bourgeois ».

« Cet art dispose hypocritement un signe bâtard, à la fois elliptique et prétentieux qu’il baptise du nom pompeux de naturel »

Le réalisme est une convention qui veut faire naturel

Bourgeoisie : naturaliser les conventions 

Conseils pour la conclusion :

- Synthèse du commentaire dans le respect des axes du plan

- Ouverture

Notes pour la conclusion

L’analyse mythologique est donc un dévoilement, une démystification.

L’a priori de Barthes est que l’usage social qui s’ajoute à la matière est orienté par les valeurs de la société bourgeoise. L’objectif est scientifique car il s’agit de  proposer une réflexion sur l’opposition et sur l’articulation entre nature et culture.

Il faut réfléchir au recouvrement de la nature par la culture.

 

 

 

 

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