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Montaigne, les Essais, oeuvre intégrale

montaigne

 

 

 

 

Montaigne - Du jugement

 

Les Essais, I, 50

*** Entretien sur les Essais, I, 50 de Montaigne : "Du jugement" : Document 1

montaigne

Texte :

Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout. A cette cause, aux essais que j'en fais là, j'y emploie toute sorte d'occasion. Si c'est un sujet que je n'entende point, à cela même je l'essaie, sondant le gué de bien loin ; et puis, le trouvant trop profond pour ma taille, je me tiens à la rive ; et cette reconnaissance de ne pouvoir passer outre, c'est un trait de son effet, voire de ceux de quoi il se vante le plus. Tantôt, à un sujet vain et de néant, j'essaie voir s'il trouvera de quoi lui donner corps et de quoi l'appuyer et étançonner. Tantôt, je le promène à un sujet noble et tracassé a, auquel il n'a rien à trouver de soi, le chemin en étant si frayé qu'il ne peut marcher que sur la piste d'autrui. Là, il fait son jeu à élire la route qui lui semble la meilleure, et, de mille sentiers, il dit que celui-ci ou celui-là, a été le mieux, choisi. Je prends de la fortune le premier argument. Ils me sont également bons. Et ne designe jamais de les produire entiers. Car je ne vois le tout de rien. Ne font pas, ceux qui promettent de nous le faire voir. De cent membres et visages, qu'a chaque chose, j'en prends un tantôt à lécher seulement, tantôt à effleurer, et parfois à pincer jusqu'à l'os. J'y donne une pointe, non pas le plus largement, mais le plus profondément que je sais. Et aime plus souvent à les saisir par quelque lustre inusité. Je me hasarderais de traiter à fond quelque matière, si je me connaissais moins. Semant ici un mot, ici un autre, échantillons dépris de leur pièce, écartés sans dessein et sans promesse, je ne suis pas tenu d'en faire bon, ni de m'y tenir moi-même, sans varier quand il me plaît ; et me rendre au doute et incertitude, et à ma maîtresse forme, qu'est l'ignorance. Tout mouvement nous découvre. Cette même âme de César, qui se fait voir à ordonner et dresser la bataille de Pharsale, elle se fait aussi voir à dresser des parties oisives et amoureuses. On juge un cheval non seulement à le voir manier sur une carrière, mais encore à lui voir aller le pas, voire et à le voir en repos à l'étable. Entre les fonctions de l'âme il en est de basses ; qui ne la voit encore par là, n'achève pas de la connaître. Et à l'aventure la remarque-t-on mieux où elle va son pas simple. Les vents des passions la prennent plus en ces hautes assiettes.

montaigne

Problématique :

Comment Montaigne à travers l'expression d'une personnalité, Montaigne nous présente t'-il sa démarche d'essayiste?

 

Commentaire :

I. Un modèle d’écriture

a) Qu'est-ce qu'un essai?

Un essai est un ouvrage dans lequel l'auteur traite librement d'une question sans prétendre épuiser le sujet. L'essai inventé par Montaigne est devenu un genre à part entière, il fait les essais de son jugement; Sa démarche est libre puisqu'elle consiste à s'adapter aux sujets à traiter en fonction des occasions : "Il s'agit d'employer toutes sortes d'occasions pour faire ici des essais de son jugement". Montaigne ne suit donc pas d'ordre spécifique.

Sa réflexion s'exerce de manière originale et détachée parfois tentant de creuser le sujet et restant aussi superficiel. Sa démarche est donc désordonnée : nous pouvons à cet égard citer : « je ne me propose jamais de les présenter entiers, car je ne vois le tout de rien », « échantillons détachés de leur ensemble ». Sa réflexion s'ajuste ainsi dans le moment de la recherche intellectuelle « en sondant le gué de bien loin, et puis le trouvant trop profond pour ma taille, je reste sur la rive »

b) Un choix de sujet et d'écriture libres

Montaigne ne recherche pas dutout un modèle d'écriture particulier, singulier, unique au contraire. Il en va de même concernant le choix du sujet. Les termes très généraux et imprécis sont nombreux dans ce passage attestant ainsi de l'imprécision la plus grande : celui-ci ou celui-là », « quelque aspect », « quelque matière », « ici … là ».

Le modèle d'écriture recherché n'est pas à l'image d'un autre, il n'est pas non plus unique « Tantôt un sujet vain, un sujet de rien …. Tantôt … un sujet noble et rebattu », sa réflexion se nourrit de ses pensées propres et des réflexions ouvertes par autrui. Le sujet se continue et Montaigne persévère dans l'analyse quelle qu'elle soit, "personnelle" ou "sur la piste d'autrui". Le sujet sélectionné dans le moment choisi est celui qui est à défendre et à mûrir, la réflexion devient le chemin à prendre pour exercer son esprit : « Là il s’amuse à choisir la route qui lui semble la meilleure et entre mille sentiers, il dit que celui-ci ou celui-là a été le mieux choisi ».

Et bien plus, il semble que le raisonnement soit plus important que le sujet lui-même. Son principe de réflexion est philosophique, ce qui compte n'est pas le résultat mais le chemin emprunté pour y parvenir et parfois le hasard décide même du sujet. « Tous me sont bon »

c) Les justifications : L'image et l'exemple

Le sujet semble laissé au hasard au point que la métaphore du cours d'eau justifie cette idée dominante : « en sondant le gué de bien loin, et puis, le trouvant trop profond pour ma taille, je reste sur la rive ».

Démarche non explicative, non linéaire mais laissée au hasard : "Semant ici un mot, là un autre". Nous retombons dans l'imprécision et le flou ainsi que le suggère les termes utilisés : "ici", "là". "un mot", "un autre".

Les images permettent d'illustrer sa démarche mais malgré son érudition et son état d'esprit d'érudit, Montaigne n'admet aucune forme d'intellectualisme dans ses explications et analyses. Il n'intellectualise pas et refuse tout ce qui s'y apparente. Nous avons une autre métaphore, celle du cheval avec l'exemple de César qui montre que l'on juge un homme par ses actions.

Autre métaphore avec métonymies : vocabulaire relatif au toucher : « J’en prends une tantôt pour la lécher seulement, tantôt pour l’effleurer et parfois pour la pénétrer jusqu’à l’os : je lui donne un coup de scalpel » :

II. Une identité et une personnalité

a) La posture modeste d’un écrivain

Montaigne se pose en écrivain déterminé à ne pas s'intellectualiser, à ne pas se perdre dans les discours théoriques, dogmatiques, il cible l'expérimentation, il est tel Socrate qui en chemin cherche et accorde plus d'importance au cheminement de la pensée et à sa clarté qu'au sujet lui-même ou qu'aux résultats de ses réflexions. Il n'est pas le dogmatique qui sait, mais le philosophe qui ne sait pas et qui cherche. socratique : méthode non dogmatique. Le savoir est toujours en quête de lui-même . Son attitude est pleine d'humilité et en ce sens, nous pouvons le comparer à Socrate qui cherche car il ne sait pas, mais il sait qu'il ne sait pas. Sa conscience est concsiente de ses limites. Cependant, quelques divergences dans la façon de travailler. Il refuse d'aller au terme d'un sujet et de les traiter de manière exclusive : « je ne suis pas tenu de traiter sérieusement ma matière ni d’y adhérer moi-même sans varier quand cela me plaît », « Et je ne me propose jamais de les présenter entiers ».

Le savoir est confondu avec le champ lexical de la médecine, il diagnostique le problème "je lui donne un coup de scalpel". Refus du dogmatisme et du savoir universel qui selon Montaigne n'est que prétention "ceux qui nous promettent de nous faire voir ce tout ne le voient pas non plus". Sa réflexion et ses recherches sont à mesure de son caractère. Son écriture en est le reflet.

b) Un pacte particulier : refus de s'engager

La certitude et la seule établie est relative à ses propres choix. Elle n'est pas dogmatique et ne conduit à aucune contradiction. Son choix s'affirme dans sa manière de travailler, à son image. Il refuse les contraintes d'écriture et réclame une liberté de travailler pour penser, son pacte est celui du non-engagement vis-à-vis du lecteur. Il gère son sujet, sa réflexion et sa méthode improvisé en fonction du sujet choisi, il reste acteur d'où l'omniprésence du "je" : nous pouvons citer : « j’essaie », « je le mène », « je prends », « j’aime". Il ne propose aucune pacte de lecture contrairement à Rousseau par exemple dans les Confessions.

Mais en refusant un pacte avec lecteur il en propose finalement un autre : refuser de s'engager est encore une forme d' engagement : il a détaillé plus haut sa manière de procéder, les caractéristiques de son écriture, ses choix libres de sujets non exclusifs. On peut donc parler de nouveau pacte de lecture.

c) Un humaniste

Montaigne = un humaniste

Ce qui marque le lecteur à la lecture du passage est sa grande volonté de se référer à l'homme et à l'éducation : en ce sens on peut parler d'un humainiste. Il refuse la référence à l'universalité d'un savoir qui serait sophistique, un pseudo savoir et le retour à l'Antiquité. Pour reprendre les mots de Protagoras, nous dirons que "l'homme devient la mesure de toutes choses".

La nécessité de repères pour faire valoir ses jugements est essentielle du fait de la grande période de troubles et d'incertitudes (guerres de religion). Le savoir et l'éducation restent par conséquent les repères incontournables chez un humaniste érudit comme Montaigne. L'exemple de l'Antiquité latine est la référence à Démocrite.

Notes pour une conclusion et une ouverture :

« Moulant ce portrait de moi-même, il a fallu si souvent me façonner et mettre de l’ordre en moi pour extraire cette image que le modèle s’est affermi et, en quelque mesure, formé lui-même. En me peignant pour autrui, je me suis peint intérieurement de couleurs plus nettes que ne l’étaient celles que j’avais d’abord ». Cette phrase est importante dans le passage car Montaigne explique à son lecteur qu'en écrivant, il se crée lui-même, il se fait, se peint en se faisant connaître. Il se révèle dans ce qu'il a d'essentiel ainsi que le suggère l'exemple de César et l'allusion à l'âme qui a pour devoir de tourner l'oeil de l'âme vers ce qu'il y a à voir. Savoir devient voir ce qu'il y a à voir. La référence est très platonicienne : « Parmi les fonctions de l’âme, il en est de basses : celui qui ne la voit pas encore par là ne la connaît pas parfaitement. Et peut-être l’observe-t-on le mieux quand elle va de son pas simple ».

 

montaigne

 

Plan détaillé de l'étude :

 

I - Un modèle d’écriture

Structure du texte :

L1 à 20 : définition du jugement et de l’Essai, définition des occasions de juger

Organisation rigoureuse avec connecteurs logiques

L 21 à 27 : Vérification de la démarche avec l’illustration sur des sujets concret

II - Une personnalité et une identité

montaigne

 

 

L’humanisme

Questionnaire pour l’oral EAF : Définition:

1 -

Qu’est-ce que l’humanisme?

C’est un courant culturel qui est apparu à l’époque de la Renaissance.

L’humanisme est une doctrine théorique et pratique qui repose sur la dignité de l’homme et vise son accomplissement. L’homme d’un point de vue philosophique doit s’affranchir de toute croyance religieuse.

Ce mouvement est apparu en Italie dès le XIVème siècle puis en France aux Xvème et XVIème.

C’est une étape importante dans l’histoire de la culture Européenne.

Les trois points importants sont :

- Critique de l’éducation rhétorique

- Recherche d’une éducation équilibrée

- Retour aux textes anciens

Le mot humaniste apparaît en Europe occidentale au XVIe siècle, vers 1539. Il désigne les érudits qui ne se contentent plus de la connaissance du latin, la langue commune à toutes les personnes instruites de leur époque, mais étudient aussi les autres langues prestigieuses de l'Antiquité, le grec et l'hébreu.

2 -

Que manifestent les intellectuels de l’époque?

Un très grand appétit de savoir : étude de diverses disciplines.

3 -

Prônent-ils la vulgarisation des savoirs?

Oui de tous les savoirs. Ils estiment que la parole divine doit-être accessible à tout un chacun. Le savoir religieux est donc important.

4 -

Quel point de vue les humanistes ont-ils sur la liberté de l’homme?

L’homme est libre au sens où il est responsable de ses actes. L’homme a le libre arbitre donc le choix de ses actes dont il est pleinement responsable.

5 -

Citez quelques humanistes

Erasme, Rabelais, Montaigne, Pétrarque

6 -

L’idéal des lumières renoue t’-il avec l’idéal humaniste d’accéder à une sagesse pleinement humaine?

Oui par la confiance que les Lumières mettent en l’homme au détriment de l’obscurantisme politique et religieux.

7 -

Quelles sont les idées des Lumières?

L’autonomie de la raison, rejet des dogmes religieux, défense de la tolérance, de la liberté et de l’égalité, défense de la notion de progrès du savoir et au niveau moral

La philosophie de l’humanisme

1 -

Quelle connotation philosophique peut-on associer à l’humanisme?

La notion d’humanisme est associée aux droits fondamentaux de l’homme. On peut alors parler d’humanisme pratique ou moral relativement à la notion d’interdits éthiques ou de devoirs = ne pas tuer, ne pas voler, ne pas asservir….;

2 -

Quelle est la primauté du courant philosophique humaniste?

La primauté de l’homme, de l’humain et des lois naturelles sur les croyances religieuses et la croyance en un (ou plusieurs) être(s) divin(s) surnaturel(s).

3 -

Contre quoi l’humanisme lutte t’-il?

L’humanisme lutte contre le pouvoir de l’Eglise en tant qu’elle exerce une influence sur l’activité intellectuelle. C’est pourquoi l’humanisme privilégie l’action pratique, la recherche de l’efficacité, le pragmatisme.

l'humanisme moderne

1 -

En quel sens peut-on parler d’humanisme moderne?

On peut parler d’humanisme moderne dans le sens où les modernes associent l’humanisme à la Renaissance comme un courant ayant des racines dans l’Antiquité.

On peut citer par exemple la citation universellement connue du sophiste Protagoras « l’homme est mesure de toutes choses » = exclusion du divin. En effet, la citation de Protagoras nous renvoie au scepticisme antique à l’égard des divinités. Nous pouvons également mentionner que le bouddhisme n’inclut pas la notion de divinités mais seulement d’âme. Ce qui est mis en avant est l’accomplissement de l’homme. Les divinités ne sont plus indispensables à l’homme pour fonder l’éthique

montaigne

 

Questions sur Montaigne :

  • Quelles sont les dates de Montaigne?
  • 1533 - 1592
  • Qui était Montaigne?
  • Un philosophie moraliste de la Renaissance
  • Citez un de ses contemporains
  • La Boétie
  • A quel courant littéraire appartient-il?
  • L'humanisme
  • Citez son oeuvre littéraire essentielle
  • Les Essais

 

Questions sur les Essais et recherches personnelles

montaigne

 

Questions sur les Essais

  • A quel genre littéraire les essais appartiennent-ils?
  • On trouve dans les Essais des éléments autobiographiques, par exemple des renseignements sur la vie de Montaigne, il affirme "je suis moi-même la matière de mon livre" mais les Essais ne peuvent pas être réduits à une autobiographie. Il s'agit de réflexions sur le monde et la condition humaine. On peut donc affirmer que les Essais ne sont pas classables dans un genre littéraire précis.
  • L'essai est-il un genre de l'argumentation directe ou indirecte?
  • Argumentation directe : l'essai est un ouvrage, de forme assez libre, dans lequel l'auteur expose ses opinions (cf. Montaigne, Les Essais)
  • Montaigne a t'-il écrit les Essais pour lui?
  • A qui s'adresse t'-il?
  • A l'humanité toute entière : sa réflexion porte sur l'homme en tant qu'il est porteur d'humanité.
  • Les Essais sont-ils devenus un livre universel?
  • Oui
  • Dans sa quête de la recherche de la réalité humaine, les Essais s'opposent -ils à tout système philosophique?
  • Oui

 

montaigne

Questions en fonction du plan du commentaire : toutes les réponses sont dans le commentaire

 

Questions sur l’introduction :

Que reflètent les Essais à l’époque où cette œuvre majeure a été écrite?

Les Essais sont l'exacte expression de l'état d'esprit du siècle avec les incertitudes que cela suppose. On peut citer les guerres de religion.

A quoi l’écriture des Essais permet-elle de réfléchir?

Questionnement sur le genre humain et son expérience à transmettre

Qui a créé le genre de l’Essai?

Montaigne

A quoi le mot «Essai» est-il associé?

A une liberté de penser

A quoi Montaigne se livre t’-il?

Expliquez l’expression «une démarche d’essayiste»

Montaigne fait les essais de son propre jugement et de celui d'autrui

 

Questions sur le commentaire : toutes les réponses sont dans le commentaire

montaigne

I - Un modèle d’écriture

A - Essayez un sujet

Quelle est la démarche de Montaigne?

L’Essai est-il devenu un genre littéraire à part entière?

Comment Montaigne s’exerce t’-il aux essais de son jugement?

Comment comprendre l’expression « toutes sortes d’occasions »?

Cette expression suggère t’-elle l’idée que la démarche de l’essayiste est désordonnée?

Relevez les phrases du passage qui montrent que la réflexion se situe « entre superficialité et profondeur »?

Quelle est la caractéristique de la réflexion proposée?

Citez le texte pour justifier votre réponse

B - La liberté

Relevez la multiplication de termes généralisant et imprécis : que soulignent-ils?

Montaigne recherche t’-il un modèle précis d’écriture? Un modèle unique?

Pouvons-nous parler d’écrit paradoxal? En quoi? Citez pour justifier votre réponse

Relevez une personnification : que marque t’-elle?

Comment les sujets sont-ils choisis par Montaigne?

Le sujet est-il plus important que le raisonnement?

Expliquez ce qui donne ce caractère si indéfinissable de l’Essai

C - Le recours à l’image  et à l’exemple

Relevez la métaphore qui assimile le sujet à un cours d’eau

Comment le sujet est-il finalement présenté?

Qu’apportent l’image explicative et l’exemple à la réflexion d’ensemble?

La démarche est-elle linéaire?

Relevez et analysez la métaphore du chirurgien

Relevez les métonymies : qu’illustrent -elles?

Que souligne l’exemple de César?

Le travail de Montaigne est-il érudit?

Pouvons-nous dire en ce sens qu’il intellectualise ou qu’il adhère à l’intellectualisme?

montaigne

II - Une personnalité et une identité

A - Montaigne l'écrivain

Quelle image d’écrivain Montaigne donne t’-il?

Sous quel signe cette image est-elle?

Cela s’apparente t’-il à la méthode socratique : méthode non dogmatique. Le savoir est toujours en quête de lui-même .

Son attitude est-elle pleine de l’humilité indispensable au philosophe, au penseur?

A qui se compare t’-il?

Relevez le champ lexical du savoir

« je puis me livrer au doute » : le doute semble être comme un point de départ d’une nouvelle réflexion : A quel philosophe cela nous renvoie t’-il? Descartes

Que refuse Montaigne?

Procède t’-il à une critique des auteures prétentieux et pédants?

D’une façon générale, peut-on dire que Montaigne façonne son écriture à son caractère?

B - Refus de l'engagement

Relevez les phrases du texte qui mettent en avant les marques de volonté et de certitudes de Montaigne

Que souligne l’omniprésence du « je »

Peut-on parler d’un auteur libre ne respectant pas et refusant les contraintes d’écriture

Accepte t’-il de s’engager?

Propose t’-il un pacte de lecture?

Finalement quel modèle d’écriture et quel pacte de lecture propose t’-il?

C - Montaigne un humaniste

Retrouvons-nous en Montaigne les caractéristiques humanistes?

L’homme devient-il « mesure de toutes choses » pour reprendre une citation de Protagoras?

Quelles sont les caractéristiques humanistes mises en évidence dans ce passage?

Pourquoi la nécessité d’avoir des repères pour éprouver son jugement est-elle importante pour Montaigne?

A qui fait-il référence en matière d’exemple tiré de l’antiquité latine?

Comment comprenez-vous l’image du moule et du modèle?

Les aspirations de Montaigne rejoignent-elles l’adage socratique du «connais-toi toi même» ?

 

Montaigne, Des coches, les Essais : Document 2

Essais, III, 6

*** Entretien préparé sur prépabac

montaigne

 

Le texte de DES COCHES

Notre monde vient d'en trouver un autre (et qui nous garantit que c'est le dernier de ses frères, puisque les Démons, les Sibylles et nous, avons ignoré celui-ci jusqu'à cette heure ?) non moins grand, plein et fourni de membres que lui, toutefois si nouveau et si enfant qu'on lui apprend encore son a, b, c ; il n'y a pas cinquante ans qu'il ne savait ni lettre, ni poids, ni mesure, ni vêtements, ni céréales, ni vignes. Il était encore tout nu dans le giron de sa mère nourricière et ne vivait que par les moyens qu'elle lui fournissait. Si nous concluons bien quand nous disons que nous sommes à la fin de notre monde, et si ce poète fait de même au sujet de la jeunesse de son siècle, cet autre monde ne fera qu'entrer dans la lumière quand le nôtre en sortira. L'univers tombera en paralysie ; l'un des deux membres sera perclus, l'autre en pleine vigueur. Nous aurons très fortement hâté, je le crains, son déclin et sa ruine par notre contagion et nous lui aurons fait payer bien cher nos idées et nos techniques. C'était un monde enfant ; pourtant nous ne l'avons pas fouetté et soumis à notre enseignement en nous servant de l'avantage de notre valeur et de nos forces naturelles ; nous ne l'avons pas non plus séduit par notre justice et notre bonté, ni subjugué par notre magnanimité. La plupart de leurs réponses et des négociations faites avec eux témoignent qu'ils ne nous devaient rien en clarté d'esprit naturelle et pertinence. La merveilleuse magnificence des villes de Cuzco et de Mexico, et, entre plusieurs choses pareilles, le jardin de ce roi, où tous les arbres, les fruits et toutes les herbes, selon l'ordre et grandeur qu'ils ont en un jardin, étaient excellemment façonnés en or, comme, dans son cabinet, tous les animaux qui naissaient dans son État et dans ses mers ; et la beauté de leurs ouvrages en pierreries, en plume, en coton, dans la peinture, montrent qu'ils ne nous étaient pas non plus inférieurs en habileté. Mais, quant à la dévolution, l'observance des lois, la bonté, la libéralité, la loyauté, la franchise, il nous a bien servi de n'en avoir pas autant qu'eux ; ils se sont perdus par cet avantage, et vendus et trahis eux-mêmes. […] Au rebours, nous nous sommes servis de leur ignorance et inexpérience à les plier plus facilement vers la trahison, luxure, cupidité et vers toute sorte d'inhumanité et de cruauté, à l'exemple et sur le modèle de nos mœurs. Qui mit jamais à tel prix le service du commerce et du trafic ? Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passés au fil de l'épée, et la plus riche et la plus belle partie du monde bouleversée pour la négociation des perles et du poivre ! Mécaniques victoires ! Jamais l'ambition, jamais les inimités publiques ne poussèrent les hommes les uns contre les autres à des hostilités aussi horribles et à d'aussi misérables calamités.

Michel Ey quem de Montaigne, Essais (III, 6), « Des Coches ».

 

Commentaire :

montaigne

 

Introduction :

Montaigne est un écrivain humaniste du 16ème siècle. Il a fait des études de droit et a été conseiller au parlement. Il a écrit les Essais sous le règne de Henri IV.

Dans son œuvre il aborde tous les types de sujets moraux, philosophiques, psychologiques. L’ homme est au centre des préoccupations des humanistes.

Problématique :

Nous verrons comment Montaigne en témoin de son temps, aborde les problèmes liés à ce phénomène nouveau, la colonisation

Ce texte nous permet de voir comment Montaigne, en témoin de son temps, aborde les problèmes liés à ce phénomène nouveau, la colonisation. Nous analyserons d’abord la nature des relations qu’entretiennent les deux civilisations, puis nous nous pencherons sur la manière dont Montaigne prend position à propos du comportement et des jugements des conquérants.

I La nature des relations qu’entretiennent les 2 civilisations

Montaigne met en évidence une évolution dans les relations qu’entretient le Nouveau Monde avec l’Ancien.

a) Un monde enfant -

Il commence à mettre en place l’image du Nouveau Monde à la fois ignorant et innocent comme l’enfant qui vient de naitre. - Dès le début du 1ère paragraphe, les adjectifs coordonnés « si nouveau et si enfant » soulignés par l’intensif « si » font ressortir l’idée de nouveauté et de jeunesse et introduisent la métaphore de l’enfance qui est développée dans la suite du texte et reprise en écho dans l’expression « monde enfant« . - De même la proposition consécutive « qu’on lui apprend encore son abc » fait référence à l’univers de la petite enfance - Celui-ci est également sensible dans la formulation « il ne savait ni lettre, ni poids, ni mesure …..ni vignes », dans laquelle la reprise de la négation « ni » insiste sur l’ignorance - Mais, il remarque que cette ignorance est celle des éléments de base des sociétés européennes. - D’autres expressions évoquent par la suite non plus le petit enfant mais le nourrisson dans une sorte de gradation « tout nu dans le giron, sa mère nourricière » .

b) Une relation fraternelle

Alors, s’établit tout naturellement une relation d’aîné à cadet entre le conquérant et les indiens. - C’est ce qu’exprime notamment l’expression « un nouveau monde [….] si nouveau et si enfant » relayer par le substantif « frère ». - Certaines symétries viennent confirmer cette idée d’une relation fraternelle - C’est le cas de la conjonctive de temps introduite par « quand », « cet autre monde ne fera qu’entrer dans lumière quand le nôtre en sortira »et du parallélisme « l’un des deux membres sera perdu, l’autre en pleine vigueur » qui insiste sur la décadence de l’Ancien Monde.

c) Des rapports d’autorité

Mais cette relation neutre dérive vers une relation appauvrissant pour ce dernier. Elle implique en effet des rapports d’influence, qui sont constamment connotés négativement comme l’indique le mot « contagion ». - De même les verbes « fouetté », « soumis » et « plier » suggèrent la violence, - Tandis que les négations associées à des termes positifs, « nous ne l’avons pas….soumis…. par l’avantage de notre valeur et de force …par notre magnanimité » soulignent l’absence d’influence positive. - Cette carence est encore exprimée par la comparaison entre le Nouveau Monde et l’Ancien Monde : les formulations « ils ne nous devaient rien « et « ils ne nous étaient pas non plus inférieurs » associées à des termes positifs, mettent en évidence la supériorité du Nouveau Monde dans différents domaines : - Intellectuel (clarté d’esprit », pertinence ») ; esthétique (« magnificence », « beauté », « habilité ») , moral (« dévotion » , « franchise »).

Transition

Montaigne nous présente donc une évolution négative des relations qui unissent les Européens aux Indiens puisque le lien fraternel s’est transformé en une domination par la violence exercée par les premiers sur les autres. Derrière cette présentation se profile une prise de position très nette de la part de Montaigne.

II La prise de position de Montaigne à propos du gouvernement et du jugement des conquérants.

Montaigne dénonce la façon dont les Européens ont colonisé l’Amérique.

a) Une implication très nette

Montaigne s’implique dans cet extrait à la fois directement et indirectement. - L’utilisation de la 1ère personne signale sa présence presque constante, cela montre qu’il s’inclue dans les actes qu’il dénonce. - Le seul verbe à la 1ère personne du singulier du texte « je crains » est connoté négativement et exprime le désaccord de l’auteur avec la conquête telle qu’elle a été faite. Montaigne dénonce en effet la dégradation liée à la présence européenne. La responsabilité des colonisateurs est mise en évidence par plusieurs procédés : - la coordination « et » et les adverbes intensifs « très fortement hâté » et « bien cher » mettent en relief les conséquences de leur domination avec les noms « déclins » et « ruine ». - Cette mise en cause est soulignée par les négations qui traduisent l’absence de légitimité sur tous les plans : o Militaires « valeur et forces » o Social et psychologique « justice et bonté » o Moral « magnanimité » - Elle s’exprime aussi dans l’ironie qui clôt le 3ème paragraphe : o La phrase « il nous a bien servi de n’en avoir pas autant qu’eux » met en évidence un décalage entre deux idées  Les qualités morales, qu’on souhaite en général n’existent pas et  Ce que manque est apparemment donné pour un bien.

b) Un tableau du Nouveau Monde

L’idée d’une responsabilité des colonisateurs est par ailleurs accentuée par l’évocation de la grandeur des civilisations précolombiennes. De nombreux termes insistent sur les qualités de ces civilisations précolombiennes, anéanties par les envahisseurs. - Dès le début du texte la métaphore de l’enfance connote une innocence morale. - La fin du texte rejoint le début avec l’énumération des qualités morales diverses : o « dévotion », « observance des lois », « bonté », « libéralité », « loyauté », « franchise » cet encadrement de l’extrait est insistant. - Dans le second paragraphe, d’autres qualités apparaissent. o L’association entre les termes « réponses » et ….. « négociations » d’une part , « clarté d’esprit …. et pertinence » d’autre part, font apparaitre des qualités intellectuelles. o Les termes évoquant des villes sont fortement positifs ainsi que le mot « magnificence », à connotation superlative est renforcé par l’adjectif « épouvante », l’adverbe « excellemment » est un superlatif, les noms « or » et beauté » sont également connotés positivement. o Ces éléments relevant la plupart de l’hyperbole mettent en évidence la valeur esthétique et parallèlement la richesse économique des civilisations du Nouveau monde. - A travers ce tableau en tous points positif Montaigne esquisse des civilisations précolombiennes, transparaît son admiration et a contrario son rejet des modalités de la colonisation qui a entraîné la corruption de ces civilisations.

c) Un réquisitoire virulent

A cet égard, c’est dans le dernier paragraphe du texte que la dénonciation se fait la plus forte. L’évocation souriante du monde enfant a laissé place à un réquisitoire véhément et indigné contre les exactions de la conquête. Montaigne conserve le « nous », impliquant son lecteur et le contraignant à son examen de conscience. Tout d’abord l’interrogation oratoire interpelle directement le lecteur « rasé » , « exterminé » , « passé au fil de l’épée »

 dénote la manière dont la colonisation s’est effectuée Et la répétition de « tant » suivi de pluriel insiste sur la barbarie des conquérants « Pour la négociation des perles et des poivres »

 démontre que la violence utilisée s’est mise en place pour des motifs non corrects Gradation des vices démontre une condamnation de l’auteur « luxure » , « avarice » De plus l’utilisation de « inhumain » , « cruauté » montre davantage qu’elle s’est effectuée dans la brutalité la plus totale Montaigne met par conséquent bien en valeur les qualités humaines des Indiens pour mieux dénoncer le comportement et les jugements des conquérants européens.

Conclusion :

Montaigne dénonce alors d’une part la brutalité de la conquête. Loin de permettre la rencontre fructueuse des deux civilisations, elle a en effet saccagé le Nouveau Monde, soumis par la force et perverti des esprits restés jusqu’alors proches de la nature. Il présente d’autre part la colonisation comme totalement injustifiée. En faisant l’éloge des civilisations précolombiennes, l’auteur met en effet en cause le principe même de domination culturelle qui motive les conquérants : Au nom de quelle supériorité veulent-ils s’imposer aux indiens ? Cette contestation de la colonisation ainsi que la reconnaissance de la diversité des civilisations trouveront un écho dans la réflexion engagée par les philosophes des lumières deux siècles plus tard.

montaigne

 

  • Questions en fonction du plan du commentaire :
  • Plan de l'étude :
  • I La nature des relations qu’entretiennent les 2 civilisations
  • a) Un monde enfant -
  • b) Une relation fraternelle
  • c) Des rapports d’autorité
  • II La prise de position de Montaigne à propos du gouvernement et du jugement des conquérants.
  • a) Une implication très nette
  • b) Un tableau du Nouveau Monde
  • c) Un réquisitoire virulent

 

Les questions sur le commentaire en fonction des axes du plan :

montaigne

 

 

 

  • Questions sur l’introduction
  • L’homme est-il au centre des préoccupations humanistes?
  • Dans des Coches, de quel phénomène nouveau Montaigne témoigne t’-il?
  • Montaigne prend t’-il position dans cet extrait concernant le comportement et les jugement s conquérants?

 

Questions sur le commentaire : toutes les réponses sont dans l'étude

I - Questionnaire

A -

Quelle est l’intention de Montaigne dans cet extrait?

Que met-il en place?

Quelle image avons-nous du Nouveau monde?

Que mettent en évidence les adjectifs du premier paragraphe?

L’intensif « si » fait-il ressortir l’idée voulue?

Analysez la métaphore, citez et expliquez

Etudiez le champ lexical mis en place

Quelles autres formulations avons-nous de l’univers de la petite enfance?

Comment percevez-vous l’ignorance soulignée par Montaigne des sociétés Européennes?

Relevez une gradation

B -

Quelle relation s’établit ensuite entre le conquérant et l’Indien?

Expliquez et citez le texte

Quelle image l’Ancien monde Montaigne donne t’-il comparativement au Nouveau monde?

C -

Comment la relation évolue t’-elle?

Que marquent les connotations et les expressions péjoratives?

Comment les rapports d’autorité transparaissent-ils?

Relevez une comparaison et analysez la

De quel ordre la supériorité du Nouveau monde est-elle? Citez et expliquez en vous appuyant bien sur les éléments du texte

montaigne

 

 

II - Questionnaire

A -

Montaigne se profile t’-il derrière cette présentation négative de la relation et de la domination des Européens sur les Indiens?

Que dénonce Montaigne?

Comment se manifeste l’implication très nette de Montaigne?

Comment sa présence est-elle signalée?

Comment son désaccord avec la conquête se traduit-elle? Citez

Analysez les procédés qui suggèrent et connotent la responsabilité engagée des Européens colonisateurs

Citez le texte

A quels plans, l’absence de légitimité se manifeste t’-elle?

Comment Montaigne fait-il valoir son ton ironique et dans quel but?

B -

Quel rôle la grandeur des civilisations précolombiennes joue t’-elle?

Comment les qualités de ces civilisations sont-elles mises en avant?

Comment l’innocence morale se dévoile t’-elle?

Relevez l’énumération qui boucle le texte

Etudiez les qualités intellectuelles ajoutées aux qualités morales

Analysez les hyperboles qui contribuent à souligner la valeur esthétique et la richesse économique des civilisation du Nouveau monde

Quel regard Montaigne a t’-il sur le tableau du Nouveau monde et sur les civilisations colonisées?

C -

Quel regard, quelle position et quelle place Montaigne laisse t’-il au lecteur? Citez pour justifier votre réponse

En quel sens peut-on parler d’un réquisitoire virulent?

Comment la violence exercée est-elle selon Montaigne Justifiée?

Etudiez la gradation des vices

Quel effet de contraste renforce la position de Montaigne?

montaigne

 

 

Conclusion :

Montaigne dénonce alors d’une part la brutalité de la conquête. Loin de permettre la rencontre fructueuse des deux civilisations, elle a en effet saccagé le Nouveau Monde, soumis par la force et perverti des esprits restés jusqu’alors proches de la nature. Il présente d’autre part la colonisation comme totalement injustifiée. En faisant l’éloge des civilisations précolombiennes, l’auteur met en effet en cause le principe même de domination culturelle qui motive les conquérants : Au nom de quelle supériorité veulent-ils s’imposer aux indiens ? Cette contestation de la colonisation ainsi que la reconnaissance de la diversité des civilisations trouveront un écho dans la réflexion engagée par les philosophes des lumières deux siècles plus tard.

montaigne

 

La découverte du nouveau monde : réflexion et déplacement de la visée ethnocentrique

A quel siècle cette réflexion sera t’-elle de nouveau dans l’esprit des penseurs?

Quels penseurs se pencheront sur cette réflexion? A travers quelles œuvres?

Quel message Montaigne tente t’-il de faire passer? Peut-on parler d’une tentative d’ouverture d’esprit du lecteur? En quoi?

Donner une définition de la tolérance

Donnez une définition de l’ethnocentrisme?

Quel est le point de vue de Diderot dans « Supplément au voyage de Bougainville »?

Quel est le point de vue de Montesquieu dans les lettres persanes, lettre 30?

 

Montaigne «  Des cannibales » : Document 3

I, 30, Les Esssais

*** Entretien préparé

montaigne

 

Lecture du texte : "Pour revenir à mon propos... fort peu abâtardies par les nôtres"

Introduction :

Montaigne est un grand penseur humaniste. Il a écrit les essais sous le règne d’Henri 4.

Dans cette œuvre il aborde toutes sortes de sujets moraux, philosophiques et psychologiques ainsi que la découverte du nouveau monde qui a suscité des réflexions en se livrant à une réflexion personnelle à travers des thèmes.

Problématique :

Nous verrons comment Montaigne défend les sauvages et leur mode de vie en remettant en question les fondements de la société dans laquelle il vit à travers une opinion personnelle et argumentaire

Eléments d’introduction

Montaigne est un grand penseur humaniste

Son œuvre essentielle est les Essais dont nous allons étudier un passage.

Il aborde toutes sortes de sujets moraux, philosophiques et psychologiques

Découverte du nouveau monde = a mis les européens face à des hommes différents ce qui suscite des réflexions

Il se livre à une argumentation directe qui prend la forme d’une réflexion personnelle à travers des thèmes et remet en cause des idées reçues

Annonce du plan :

Nous étudierons d’abord la façon dont Montaigne critique la civilisation européenne puis nous verrons comment cela donne une vision positive des sauvages .

I

Critique de la civilisation européenne

a) les reproches de Montaigne

b) une violente critique

c) un humour offensif

II -une vision positive des sauvages

a ) le renversement des termes barbares et sauvages

b) la valorisation de la nature

c)une réflexion sur l’homme

montaigne

 

 

 

I °

A)

Une certaine étroitesse d’esprit «  je trouve qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage dans ce peuple »

 «  Il est vrai que nous n’avons pas d’autre critique pour la vérité et la raison que les exemples que nous observons et les idées et les usages »

Au début il y a la négation restrictive «  ne que... n’avons » exprime l’idée que les européens sont bornés à leurs propres coutumes donc pour eux toutes les autres coutumes sont mauvaises

Le principal reproche est celui de l’artifice «  nous n’avons altéré par nos artifices»

La critique consiste a déplorer que les européens s’éloignent de la nature

Artifice antonyme de nature

La notion de bêtise domine ici  ; cette notion témoigne d’une condamnation violente de la part de Montaigne

b)

le lecteur est frappé par la violence des propos de Montaigne lorsqu’il s’attaque à la civilisation des européens

Vocabulaire injurieux «  abâtardie »

«  Détourné, altéré, étouffé » ce réseau de mots indique une action criminelle qui consiste à transformer la nature

«  Corrompu » péjoratif, condamnation morale - les européens sacrifient les valeurs naturelles et essentielles au profit des plaisirs

Il utilise le présent de vérité Générale pour donner une sorte de leçon morale «  ce sont encore les lois »

Allitération en « v » et en « r » Montaigne fait cela pour rappeler la violence et la barbarie

«  car il est vrai que nous n’avons pas d’autres critères…. » « vivante vigoureuse » « vertu vraie »

c)

ce qui est remarquable chez Montaigne : l’humour offensif au service de la critique

Montaigne utilise la 1ére personne du pluriel

Il s'assimile aux   européens qu’il critique = autodérision

Répétions des termes parfaits avec insistance

Ce vocabulaire mélioratif va s’opposer au vocabulaire péjoratif de la suite. Le vocabulaire péjoratif va mettre en évidence la vérité aveugle celle de l’ ethnocentrisme

Montaigne critique les européens à travers un vocabulaire ironique

Il reproche aux européens de ne prendre aucun recul pour juger et leur reproche de s’être éloignés de la nature

 

montaigne

 

 

 

II

a )

il rejette ces 2 termes qui sont attribués aux indiens . Il refuse la connotation péjorative employée par les européens

« retrouve qu’il n’y a rien …… »

Barbarie, sauvage antonyme de civilisé

La notion de barbarie est subjective et relative

«  sinon que chacun appelle barbarie ce qui ne fait pas partie de ces usages »

Dépend uniquement des habitudes

Chaque européen considère comme barbares ceux qui vivent différemment

« car il est vrai que nous………. »

La démarche de Montaigne consiste à reprendre le mot sauvages = de la nature et de la forêt - il ne l ’utilise pas de manière péjorative

« les gens de ce peuple sont sauvages……………. »

Les indiens se sont fait massacrer donc il est selon l’essayiste déplacé de dire que les indiens sont des sauvages

b)

Montaigne associe les indiens à la nature

Dans une certaine mesure il fait un éloge de la nature

« vrai, utile, naturel »

Autant la civilisation européenne est rabaissée, autant la nature est valorisée

Utilise du vocabulaire mélioratif, idée positive pour évoquer la nature

Termes : nature à vertu à vraie, vivante, vigoureuse

Allitération en v : elle renforce la  persuasion

Montaigne donne une image positive et souligne l’aspect naturel de leur mode de vie

Culture est associée à corruption

« Ces peuples…………..très proches de leur état d’origine… » «  ce sont encore…….. »

c)

les cannibales sont un prétexte pour Montaigne pour réfléchir sur l’homme et l’inviter à retourner aux valeurs primaires, naturelles

La réflexion se perçoit = il joue avec les pronoms personnels + présent de vérité générale à morale universelle

«  Gouverne, «  gouvernement » à Montaigne se soucie de la manière dont l’homme va évoluer - Montaigne désire que l’homme vive dans une société tolérante

Conclusion

Montaigne en relativisant les opinions et en renversant les repères de manière violente remet en question les notions de la civilisation et celle de la barbarie. Il dénigre sa propre culture, et la juge inadéquate. Au contraire, il valorise les indiens qui eux sont restés naturels . La thèse de Montaigne valorise l’homme à l’état de nature , ce qui n’est pas sans nous familiariser avec l’origine du mythe du bon sauvage , proche de la réflexion rousseauiste.

montaigne

 

 

Recherches personnelles sur le genre biographique

** Définition du pacte autobiographique selon Philippe Lejeune : "l'autobiographie est un récit rétrospectif en prose qu'une personne réelle fait de sa propre existence lorsqu'elle met l'accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l'histoire de sa personnalité"

  • Le pacte a t'-il des points communs avec le préambule des Confessions de Rousseau?
  • Proposez une définition de l'autobiographie
  • Quels sont les principaux critères de l'écriture autobiographique?
  • Les Essais sont un exemple d'autoportrait : citez un ature exemple d'autoportrait : Leiris, L'Äge d'homme
  • Citez un exemple de mémoires : Chateaubriand, les mémoires
  • Proposez une définition des essais

 

montaigne

 

Questions en fonction du plan du commentaire :

Questions sur l’introduction :

Les Essais : œuvre essentielle de Montaigne. Sous quel règne a t’-il écrit son œuvre autobiographique?

De quelles natures les sujets abordés sont-ils dans les Essais?

Qu’est-ce que le Nouveau Monde?

La réflexion de Montaigne est-elle personnelle? Argumentaire?

L’argumentation est-elle directe ou indirecte?

La visée de Montaigne est-elle de combattre les préjugés?

montaigne

 

Questions sur le commentaire en fonction du plan : toutes les réponses sont dans le commentaire

I - Critique de la civilisation Européenne

A - Les reproches de Montaigne

Quelle phrase du texte montre que Montaigne reproche aux Européens leur étroitesse d’esprit?

Sur quels fondements les jugements des européens reposent-ils?

« Chacun appelle barbarie ce qui ne fait pas partie de ses usages » : cette phrase reflète t’-elle à elle seule le point de vue de Montaigne, sa critique des Européens?

Comment les préjugés des Européens sont-ils mis en avant?

La négation restrictive « ne que… n’avons » révèle t’-elle l’attitude des Européens prisonniers de leurs jugements trop hâtifs?

Citez pour justifier votre réponse

Quel est le principal reproche?

Donnez un antonyme d’artifice

La notion de « bêtise » domine t’-elle le texte?

Montrez en quoi et justifiez en citant

B - Une violente critique

Analysez la violence des propos. Citez pour justifier votre réponse

Relevez le vocabulaire injurieux

Relevez les mots péjoratifs

Que marque le participe passé « corrompus » : Avons-nous une condamnation morale?

Les européens s’éloignent-ils des valeurs naturelles au profit des plaisirs?

Que marque le présent de vérité générale?

Relevez une allitération en « V » et en « R »

Que marque t’-elle?

C - Un humour offensif

Analysez l’état d’esprit du texte

Quel est le ton dominant?

Comment l’autodérision se manifeste t’-elle?

A quel service l’humour est-il mis?

De quelle vérité est-il question?

Que pouvez vous dire du vocabulaire?

montaigne

 

 

II - Une vision positive des sauvages

A - Le renversement des termes

Les termes « barbarie » « sauvages » sont-ils des antonymes de « civilisés »?

Quels sont les deux termes que Montaigne refuse?

Montaigne estime t’-il que la notion de « barbarie » est subjective et relative? Citez pour justifier votre réponse

Quelle définition les Européens donnent-ils de la notion de « barbarie »?

Quelle est la démarche de Montaigne?

Quelle est l’analogie mise en avant?

B - La valorisation de la nature

A quel concept les indiens sont-ils associés?

Montaigne fait-il l’éloge de la nature?

La civilisation Européenne est-elle rabaissée?

Relevez le vocabulaire mélioratif relatif à la nature

Relevez une allitération en « V »

A quel concept la culture est-elle associée?

C - Une réflexion sur l’homme

En quel sens pouvons-nous parler d’une réflexion sur l’homme?

Que vise Montaigne?

Quelles sont les valeurs vers lesquelles il faudrait faire retour?

Que marquent les pronoms personnels et le présent de vérité générale?

Ce passage nous incite t’-il à évoluer dans le sens d’une plus grande tolérance?

Retrouvons-nous dans cet extrait les concepts essentiels de l’humanisme?

Peut-on dire que la thèse de Montaigne valorise l’homme à l’état de nature?

Proposez une définition de l’état de nature

A quel philosophe du siècle des lumières peut-on rapprocher Montaigne et sa valorisation de l’état de nature?

 

Commentaire et oral préparé : Montaigne, Des cannibales. Les Essais, I, 31 : Document 4

montaigne

Des Cannibales

Montaigne 1580-1595

 

Lecture du texte : I, 31

MONTAIGNE Des Cannibales chapitre 31

Montaigne s’intéresse avec curiosité à la découverte de l’Amérique. Il se passionne pour les récits des colons ou des missionnaires et les témoignages directs : inaugurant un discours d’anthropologue, il décrit la vie des sauvages en s’efforçant de dépasser les préjugés. Non seulement leur civilisation soutient la comparaison avec la nôtre, mais elle remet en question la notion même de civilisation : les plus barbares ne sont pas ceux que l’on croit ! L’examen de la vie de l’autre, de les relativiser, et autorise ainsi une satire de la société du temps.

Montaigne raconte à la fin du chapitre, sa rencontre avec trois brésiliens présentés à Rouen au roi Charles IX, en 1562.

Trois d’entre eux, ignorant combien coûtera un jour à leur repos et à leur bonheur la connaissance des corruptions de deçà, et que de ce commerce naîtra leur ruine, comme je présuppose qu’elle soit déjà avancée, bien misérables de s’être laissé piper au désir de la nouvelleté et avoir quitté la douceur de leur ciel pour venir voir le nôtre, furent à Rouen, du temps que le feu roi Charles neuvième y était. Le Roi parla à eux longtemps ; on leur fit voir notre façon, notre pompe, la forme d’unie belle ville. Après cela, quelqu’un en demanda leur avis, et voulut savoir d’eux ce qu’ils y avaient trouvé de plus admirable ; ils répondirent trois choses, d’où j’ai perdu la troisième, et en suis bien marri ; mais j’en ai encore deux en mémoire. Ils dirent qu’ils trouvaient en premier lieu fort étrange que tant de grands hommes, portant barbe, forts et armés, qui étaient autour du Roi (il est vraisemblable qu’ils parlaient des Suisses de sa garde), se soumissent à obéir à un enfant, et qu’on ne choisisse plutôt quelqu’un d’entre eux pour commander ; secondement (ils ont une façon de leur langage telle, qu’ils nomment les hommes moitié les uns des autres) qu’ils avaient aperçu qu’il y avait parmi nous des hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté ; et trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu’ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons.

Je parlai à l’un d’eux fort longtemps ; mais j’avais un truchement qui me suivait si mal et qui était si empêché à recevoir mes imaginations par sa bêtise, que je n’en pus tirer guère de plaisir.

Sur ce que je lui demandai quel fruit il recevait de la supériorité qu’il avait parmi les siens (car c’était un capitaine, et nos matelots le nommaient roi), il me dit que c’était marcher le premier à la guerre ; de combien d’hommes il était suivi, il me montra une espace de lieu, pour signifier que c’était autant qu’il en pourrait en une telle espace, ce pouvait, être quatre ou cinq mille hommes ; si, hors la guerre, toute son autorité était expirée, il dit qu’il lui en restait cela que, quand il visitait les villages qui dépendaient de lui, on lui dressait des sentiers au travers des haies de leurs bois, par où il pût passer bien à l’aise.

Tout cela ne va pas trop mal : mais quoi, ils ne portent point de hauts-de-chausses !

montaigne

 

Commentaire :

Introduction :

Nous allons étudier un extrait des Essais, I.31 de Montaigne, Michel de Montaigne est né en 1533-1592, intitulé des cannibales. Les Essais forment un ensemble de 107 chapitres répartis en 3 livres. Montaigne écrit cet ouvrage afin de mieux se connaître, en mettant son jugement à l’épreuve sur toutes sortes de sujets.

A la lecture du chapitre 31 du livre I, nous comprenons que les hommes rejettent facilement ce qui ne correspond pas à leurs mœurs. On a ainsi appelé « Barbares Cannibales » les habitants du Brésil, qui ne connaissent ni lettres, ni sciences mais qui ignorent aussi les vices. La fin du chapitre inverse cette perspective en présentant 3 brésiliens venus visiter la France et qui ont été choqués par l’inégalité des conditions entre les hommes. D’où la question à laquelle nous répondrons :

Problématique :

Comment Montaigne parvient-il grâce à la vision pure et innocente du barbare à expliquer et à critiquer sa propre société?

montaigne

 

I - Une argumentation presque scientifique

A - L’objet de l’introduction

Montaigne s’interroge sur les mœurs des indiens et des Européens

Particulièrement sur le culture : civilisation européenne

Dès les premières phrases, il affirme que la France n’est pas si glorieuse;

Deux civilisations s’opposent la modernité représentée par la France.

- Une modernité représentée par le vice et la corruption

- La civilisation barbare : simple, naturelle

Montaigne présente le vrai visage de la France.

Il critique sa propre culture

La France est peu tolérante envers les autres cultures.

B - Un texte démonstratif ou une démonstration

Il observe, il est témoin de la venue des indigènes.

Cet essai ressemble à une expérience.

Le raisonnement est vigoureux : on le voit à travers la typographie, la disposition des paragraphes.

Présence de connecteurs logiques, ce qui témoigne d’une progression dans la réflexion, cette dernière se fait par étapes successives.

La présence du dialogue (paroles rapportées) sonne comme une preuve scientifique car il s’appuie sur des faits réels

On peut presque l’associer à un scientifique.

montaigne

 

II - La valorisation des chefs cannibales.

A - Un système de vie positif

- Les indiens sont courageux. Ils marchent les premiers à la guerre.

Ils sont simples, respectueux.

Leur organisation politique fonctionne, elle n’est pas centrée sur elle-même ou sur un individu.

Ils sont justes, n’aiment pas l’inégalité.

B - C’est un peuple de raison qui a un jugement raisonné

Ils font preuve de raison car ils sont capables de porter un jugement sur la politique européenne.

Enfant : cela n’est pas normal qu’un enfant soit au pouvoir

Ils ont la capacité de nuancer leurs propos.

Le langage semble soutenu, élaboré, recherché.

montaigne

 

III - Montaigne critique sa propre culture

A - L’opposition entre deux civilisations

Il oppose l’orgueil des chefs européens à la simplicité des chefs cannibales.

Il oppose l’intelligence des indiens à la bêtise des européens qui sont trop superficiels et cherchent trop l’apparence et les richesses.

Il oppose un monde paradisiaque à un monde de vices.

B - Une critique des exagérations de la culture des Européens

Montaigne en réalité critique le principe de la monarchie qui se fonde sur l’hérédité à travers ses Essais. Le fait que le fils du roi soit obligatoirement le futur roi.

Il critique la société fondée sur le paraître.

Conclusion et ouverture :

Montaigne a réussi à nous convaincre et à nous persuader. Il semble sceptique sur sa propre culture et prend le parti des Indiens. Sa réflexion se retrouvera plus tard au 18ème siècle. Ce n’est pas tant pour valoriser la culture indienne mais pour véhiculer un message à dimension philosophique de tolérance.

Il dénonce l’ethnocentrisme, c'est-à-dire, la croyance que le peuple dont nous faisons partie possède la vérité, la justice et les bonnes mœurs

On peut rapprocher ce texte de « supplément au voyage de Bougainville » de Diderot. Il s’agit de déplacer la vision ethnocentriste.

montaigne

 

Plan de l'étude :

I - Une argumentation presque scientifique

A - Un texte démonstratif ou une démonstration

B - l'objet de l’introduction

II - La valorisation des chefs cannibales.

A - Un système de vie positif

B - C’est un peuple de raison qui a un jugement raisonné

III - Montaigne critique sa propre culture

A - L’opposition entre deux civilisations

B - Une critique des exagérations de la culture des Européens

montaigne

 

Questions en fonction du plan du commentaire : toutes les réponses sont dans le commentaire

Considérations générales :

  • De quoi est-il question dans "Des cannibales", I,31?
  • De quelle nature la comparaison est-elle?
  • Qu'appelle t'-on le Nouveau monde?
  • Quel est le contexte de l'histoire?
  • De quel extrait ce texte est-il tiré?
  • Quand a t'-il été écrit?
  • Dans quel contexte?
  • Que montre t'-il?
  • A quelle critique se rapporte t'-il?
  • Quelle est la visée de Montaigne?
  • Peut-on dire que Montaigne a un discours d'anthropologue
  • De quelles natures les réflexions des Essais sont-elles?

 

montaigne

 

Questions sur le passage en fonction du plan :

Questions sur l’introduction :

Que signifie l’expression « Barbares cannibales »?

Comment cette perspective est-elle inversée?

montaigne

 

I -

A -

Sur quels mœurs Montaigne s’interroge t’-il?

Quelle image Montaigne donne t’-il de la France?

Quelle sont les deux civilisations en opposition?

Peut-on affirmer que Montaigne présente le vrai visage de la France?

Comment le concept de tolérance est-il abordé concernant la France et les autres cultures?

B -

A quoi cet essai s’apparente t’-il?

De quelle nature le raisonnement est-il?

Que pouvez-vous dire de la typographie?

Que marquent les connecteurs logiques?

Comment la réflexion s’opère t’-elle?

Quelle valeur donner à l’idée de « preuve scientifique »?

montaigne

 

II -

A -

En quoi peut-on parler d’un système de vie positif?

Quel portrait moral Montaigne fait-il des Indiens?

Comment leur organisation fonctionne t’-elle?

Comment le concept d’égalité est-il compris et respecté par les Indiens?

B -

Quel argument nous permet d’affirmer que les Indiens appartiennent à un peuple de raison?

Que pensent-ils de la politique Européenne? Citez pour justifier votre réponse

Les Indiens semblent-ils capables de nuancer leurs propos? Justifiez votre réponse en citant le texte.

Que pouvez-vous dire de leur langage?

montaigne

 

III -

A -

Montaigne critique t’’-il sa propre culture?

Comment la critique s’oriente t’-elle?

Quelle image donne t’-il des chefs Européens et des chefs cannibales?

Sur quel aspect l’opposition repose t’-elle?

Quelles sont toutes les oppositions mises en avant entre ces civilisations?

Ces deux civilisations sont-elles alors perçues comme irrémédiablement antithétiques?

A quoi les vices des Européens sont-ils associés?

Quelle image avons-nous du monde paradisiaque des Indiens?

B -

En quoi et comment Montaigne critique t’-il le principe de la monarchie?

Quel argument essentiel est-il dénoncé?

Selon Montaigne quelles sont les exagérations de la culture Européenne?

Comment pourriez-vous résumer les faiblesses des Européens? Pourquoi en fait sont-ils jugés vicieux? Superficiels?

De quelle nature l’argumentation du texte est-elle?

 

Commentaire et oral préparé : Montaigne, Des cannibales. Les Essais, I, 31 : Document 5

montaigne

 

 

Texte :

Ils ont leurs guerres contre les nations qui sont au-delà de leurs montagnes, plus avant en la terre ferme, auxquelles ils vont tout nus, n'ayant autres armes que des arcs ou des épées de bois, apointées par un bout, à la mode des langues de nos épieux. C'est chose émerveillable que de la fermeté de leurs combats, qui ne finissent jamais que par meurtre et effusion de sang ; car, de déroutes et d'effroi, ils ne savent que c'est. Chacun rapporte pour son trophée la tête de l'ennemi qu'il a tué, et l'attache à l'entrée de son logis. Aprés avoir longtemps bien traité leurs prisonniers, et de toutes les commodités dont ils se peuvent aviser, celui qui en est le maître, fait une grande assemblée de ses connaissants ; il attache une corde à l'un des bras du prisonnier, par le bout de laquelle il le tient éloigné de quelques pas, de peur d'en être offensé, et donne au plus cher de ses amis l'autre bras à tenir de même ; et eux deux, en présence de toute l'assemblée, l'assomment à coups d'épée. Cela fait, ils le rôtissent et en mangent en commun et en envoient des lopins à ceux de leurs amis qui sont absents. Ce n'est pas, comme on pense, pour s'en nourrir, ainsi que faisaient anciennement les Scythes ; c'est pour représenter une extrême vengeance. Et qu'il soit ainsi, ayant aperçu que les Portugais, qui s'étaient ralliés à leurs adversaires, usaient d'une autre sorte de mort contre eux, quand ils les prenaient, qui était de les enterrer jusques à la ceinture, et tirer au demeurant du corps force coups de trait, et les pendre après, ils pensèrent que ces gens ici de l'autre monde, comme ceux qui avaient sexué la connaissance de beaucoup de vices parmi leur voisinage, et qui étaient beaucoup plus grands maîtres qu'eux en toute sorte de malice, ne prenaient pas sans occasion cette sorte de vengeance, et qu'elle devait être plu.s aigre que la leur, commencèrent de quitter leur façon ancienne pour suivre celle-ci. Je ne suis pas marri que nous remarquons l'horreur barbaresque qu'il y a en une telle action, mais oui bien de quoi, jugeant bien de leurs fautes, nous soyons si aveugles aux nôtres. Je pense qu'il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu'à le manger mort, à déchirer par tourments et par gênes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l'avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entré des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu'il est trépassé. Chrysippe et Zénon, chefs de la secte stoïque ; ont bien pensé qu'il n'y avait aucun mal de se servir de notre charogne à quoi que ce fut pour notre besoin, et d'en tirer de la nourriture ; comme nos ancêtres, étant assiégés par César en la ville de Alésia, se résolurent de soutenir la faim de ce siège par les corps des vieillards, des femmes et d'autres personnes inutiles au combat. “ Les Gascons, dit-on, s'étant servis de tels aliments, prolongèrent leur vie. ” . Et les médecins ne craignent pas de s'en servir à toute sorte d'usage pour notre santé ; soit pour l'appliquer au-dedans ou au-dehors ; mais il ne se trouva jamais aucune opinion si déréglée qui excusât la trahison, la déloyauté, la tyrannie, la cruauté, qui sont nos fautes ordinaires. Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie.

 

montaigne

 

Plan de l'étude :

  • Considérations générales
  • Introduction
  • I - Description au service de l'argumentation
  • II - Le paradoxe du jugement humain
  • L'intervention de Montaigne
  • Conclusion

 

  • Problématique :
  • En quoi Montaigne déplace t'-il le problème de l'ethnocentrisme?

 

Questions en fonction du plan proposé :

 

  • Considérations générales :
  • De quoi est-il question dans "Des cannibales", I,31?
  • Dans «Des cannibales», I, 31, Montaigne nous fait une peinture du monde Européen et du Nouveau Monde, les Indiens par rapport aux Portugais. Il s'agit en fait d'une comparaison.
  • De quelle nature la comparaison est-elle?
  • Dans cette comparaison entre le monde Européen et le Nouveau Monde, Montaigne met essentiellement en rapport les mœurs.  Ceci dans le but de montrer la relativité des jugements et critiquer l'ethnocentrisme Européen. 
  • Qu'est-ce que le Nouveau monde?
  • Le Nouveau Monde désigne l'Amérique et l'Océanie, l'Australie. Puis ce qu'on appelait les Indes Occidentales était en fait un nouveau continent qui sera nommé Amérique. Le nouveau Monde s'oppose à l'ancien monde qui désignait alors l'Europe, l'Afrique et l'Asie. 
  • Quel est le contexte de l'histoire?
  • Le contexte historique est celui des guerres de religion et de l'expansion de l'Europe vers le Nouveau monde
  • Pourquoi Montaigne  rapporte t'-il cette comparaison ce contexte? Dans quel but?
  • Dans le but de critiquer l'ethnocentrisme Européen. Il faut se libérer des préjugés
  • En quoi consiste la première étape?
  • La première étape est une pratique sociale des Indiens
  • Expliquez et justifiez en citant le texte la pratique sociale des Indiens
  • Cela consiste à se venger. Capturer et tuer le prisonnier en le mangeant
  • En quoi consiste la deuxième étape?
  • La deuxième étape est une constatation de la part des Indiens de la supériorité des portugais en matière de torture.
  • Quel est le point de vue Montaigne adopte t'-il?
  • Il a le point de vue des Indiens. 
  • Comment les Indiens perçoivent-ils les Portugais?
  • Comme «les plus grands maîtres en malices et autres vices... «
  • Que font les Européens?
  • Ils se montrent très cruels, ils pendent, tirent, enterrent leurs victimes.
  • Quel est le point de vue des Indiens concernant la valeur et l'échelle des tortures?
  • Ils estiment que les Portugais sont les maîtres en matière de tortures diverses et que «cette sorte de vengeance devrait être plus aigre que la leur».
  • Quelle est la véritable question à se poser?
  • La véritable question à se poser = qui sont les vrais barbares? Les Indiens ou les Portugais? 
  • Que doit se demander le lecteur?
  • Ne jugeons-nous pas sur les préjugés? Ne faut-il pas se remettre en question et revoir le vrai sens du concept de barbare? Qu'est-ce que la vraie barbarie et qui des Indiens ou des Portugais est le plus barbare?
  • Concernant la troisième partie : Qui est le "je"? Qui est le "nous?
  • Le «je» est Montaigne tandis que le «nous» renvoie au lecteur et aux Européens. 
  • De quoi est-il question?
  • D'établir la véritable barbarie. Tuer et manger sa victime ou torturer et tuer? Celle des Indiens ou celle des Portugais?
  • A quoi Montaigne fait-il référence et pourquoi?
  • Montaigne fait référence aux guerres des religions.

 

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Questions sur l'introduction du commentaire

 

De quel extrait ce texte est-il tiré?

  • Des cannibales, les Essais. 
  • Quand a t'-il été écrit?
  • Il a été écrit au XVIè
  • Dans quel contexte?
  • Au milieu des guerres de religions
  • Que montre t'-il?
  • Il montre que les Européens sont trop ethnocentriques
  • A quelle critique se rapporte t'-il?
  • Aux préjugés et à l'ethnocentrisme. 
  • Quelle est la visée de Montaigne?
  • Comment estimer qu'un peuple est plus barbare qu'un autre ?
  • De quel côté le débat est -il placé?
  • Du côté des barbares.
  • Montaigne déplace t'-il le problème de l'ethnocentrisme?
  • Oui, Montaigne déplace le problème de l'ethnocentrisme.
  • Relevez la citation qui reflète la thèse de Montaigne
  • «Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare ou de sauvage dans cette nation... sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage».

 

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Questions sur le passage en fonction du plan :

I -

A -

 

  • En quoi consiste la pratique des cannibales?
  • La pratique des cannibales est guerrière, elle a pour but la vengeance.
  • De quelle nature la description est-elle?
  • Elle consiste en une comparaison des deux pratiques guerrières. 
  • Vers quoi la première partie s'oriente t'-elle?
  • La première partie vers la thèse de Montaigne
  • Montaigne émet-il un jugement? Justifiez en citant
  • Montaigne n'émet aucun jugement. 
  • Quel est le ton du discours?
  • Le ton du discours est généralisateur.
  • Qu'analyse t'-il en premier lieu?
  • Dans un premier temps, Montaigne analyse les armes. Il les compare à celles des Européens.
  • Quelle est l'attitude des Indiens?
  • Les Indiens font preuve de courage et de détermination pendant les combats. Ils ne connaissent pas la peur = « fermeté de leurs combats »
  • Que marque l'expression "chose émerveillable"?
  • Cette expression se rapporte à la «fermeté de leurs combats » = elle marque la rareté de la force et la détermination du combat des Indiens.
  • Quel point de vue adopte t'-il pour expliquer le cannibalisme?
  • Il adopte le point de vue des Indiens.
  • Analysez l'intérêt social et l'intérêt symbolique : expliquez et justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte
  • D'un point de vue social, le cannibalisme permet le regroupement du groupe « Une grande assemblée au plus chers de ses amis, en commun». D'un point de vue symbolique, il satisfait l'instinct de vengeance «Pour représenter une extrême vengeance».
  • Comment Montaigne considère t'-il les sauvages?
  • Le cannibalisme est perçu comme un rituel qui permet au groupe de satisfaire sa vengeance dans le respect des règles et de la coutume. Par conséquent, Montaigne considère les Indiens cannibales comme des êtres raisonnables et soucieux du respect et de la survie du groupe. 
  • Que marque l'incise : "ce n'est pas comme on pense"?
  • Cette incise souligne et met en avant l'impact bien pensé et réfléchi du cannibalisme. Elle insiste ainsi sur l'aspect raisonnable de la communauté des Indiens et de leurs pratiques jugées barbares.
  • L'Indien est-il considéré par Montaigne du point de vue d'un groupe respectant le code et les normes de la société?
  • Oui c'est pourquoi à deux niveaux, social et symbolique, Montaigne insiste sur ces deux justifications de la pratique. 

 

B -

  • Comment qualifieriez-vous la description faite ici?
  • C'est une description des mœurs.
  • A travers quel regard?
  • La description se fait à travers le regard des sauvages.
  • Peut-on dire que l'expression "autre Monde" prenne toute sa valeur dans ce contexte?
  • Oui
  • Que vise Montaigne?
  • Montaigne ne porte aucun jugement, il tente de comprendre le fonctionnement de la société des Indiens. 
  • Comment les Portugais sont-ils décrits?
  • Les Portugais ne font pas l'objet d'une description sans jugement. Ils sont décrits de manière plus critique
  • Pourquoi?
  • Ils sont considérés comme les ennemis des sauvages.
  • Comment le jugement des Indiens est-il perçu? Expliquez et justifiez votre réponse
  • Ils portent un jugement de valeur concernant les pratiques des Portugais, ils les considèrent plus grands qu'eux en matière de torture = « plus grands maîtres qu'eux»
  • Relevez un jugement moral
  • Les Portugais sont capables de plus de «malice» que les Indiens. 

 

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II -

 

  • Comment l'horreur s'exprime t'-elle?
  • Nous n'avons pas toujours conscience de notre propre barbarie.
  • Quel est le contre-argument? Citez pour justifier votre réponse
  • Le contre-argument remet l'homme en cause car il n'a pas conscience de «son propre aveuglement» concernant ses méthodes barbares.
  • Que marque l'intensif "si"?
  • Le «si» intensif met en avant l'erreur de jugement
  • Analysez l'expression "qui pis est"
  • Il s'agit d'évoquer les guerres de religions et d'inviter le lecteur à la réflexion.
  • Montaigne émet-il un jugement?
  • Il y a une prise de position de Montaigne qui invite le lecteur à une prise de conscience = le vrai barbare n'est pas l'Indien
  • Le lecteur est-il invité à partager son jugement?
  • Le lecteur est invité à réfléchir, à remettre en question les préjugés et à partager son jugement.
  • Que peut-on dire de cette société qui se dit civilisée?
  • La société qui se dit civilisée est plus barbare que la communauté des Indiens.
  • Quelle image Montaigne donne t'-il de la nature humaine?
  • La nature humaine se montre parfois plus juste et moins barbare dans des sociétés moins civilisées ou pas civilisées. Par conséquent, ce n'est pas la nature de l'homme qui est en cause ici mais le degré de civilisation qui conduit l'être humain vers de nouvelles règles de vie, mœurs. Il s'adapte à la société mais le paradoxe est que plus la civilisation évolue plus l'homme perd de son humanité. 
  • A quoi la notion de barbarie des indiens est-elle associée?
  • La barbarie des Indiens est associée à nos propres contradictions. L'ethnocentrisme Européen est en cause ainsi que les préjugés sur coutumes de l'autre monde.
  • Qu'est-ce que la vraie barbarie?
  • Les guerres de religions

 

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Les Essais de Montaigne, Au lecteur : Document 6

Entretien préparé

 

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Lecture du texte :

C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dés l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent, plus altiére et plus vive, la connaissance qu'ils ont eue de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc

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Introduction

Montaigne tutoie ses lecteurs -> il n'a pas écrit pour lui .Montaigne précise que ce livre sera sincère, il dédie son œuvre à ses proches et ses amis  "mes parents et amis". Il ne veut pas qu'on ait une fausse image de lui, à travers ces textes il pourra mieux se faire connaitre et montrer ce qu'il est vraiment. Il ne veut rien cacher "tout entier et tout nu" Montaigne renvoi le lecteur " a dieu donc" Le temps employé est le présent, c'est un temps de l'information qui peut insérer une confiance avec le lecteur. Pacte de sincérité avec le lecteur. Tutoiement -> proximité avec le lecteur Fausse modestie "simple" "naturelle" "ordinaire"

Problématique : Comment Montaigne motive son lecteur à avoir envie de lire son livre ?

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I -

1- Un texte argumentatif.

1°» La structure du texte.:

Un argument : Le livre proposé au lecteur ne comporte pas de mensonge délibéré.  : Explication de l'argument : Ce livre est une trace que Montaigne souhaite laisser de lui, pour les siens, ce qui est souligné par le connecteur logique d’addition << Et»  et par les champs lexicaux suivants : - Champ lexical de intimité’ : <<Domestique>>. - Champ lexical du caractère : <<Conditions>>

- Champ lexical de la gloire : <<Considération>> - Champ lexical de la maladie et de la mort : <<Mes>>.  : Exemple : n’a pas cherché a embellir la réalité pour complaire à un lecteur étranger à son cercle familial, ce qui valorisé par les connecteurs logiques d’hypothèse << Si » ( addition <<Et>>. et le champ lexical du paraître : << Faveur   » : Explication de l'exemple : Il va se peindre exactement tel qu’il est. avec ses qualités et ses défauts, sans rien ajouter ou omettre, ce qui est mis en exergue par les connecteurs logiques d'addition <<Et>> de cause « Car >>  de comparaison <<Autant>>  hypothese<<Si>>  et par les champs lexicaux suivants : - Champ lexical de 1’être : << Simple. naturelle. ordinaire»  - Champ lexical du paraître : <<Contention>> - Champ lexical de la peinture : << Peins  peint  n. - Champ lexical des défauts  << Défauts, naïve » : Reprise de l'argument, afin de montrer qu’il y a eu démonstration, à savoir qu’il va parler de lui de conséquence <<Donc>>  et par les champs lexicaux suivants : - Champ lexical de Fin conséquence : <<Pas>> - Champ lexical du contenu : <<Matière>>.  Artiste de la rhétorique, Montaigne respecte les étapes de l'argumentation. afin de mieux préparer le lecteur à ce qu’il va trouver en son ouvrage : Registre didactique. .

2°» Un pacte autobiographique quasi épistolaire

1 La promesse de ne pas mentir. est illustrée par plusieurs arguments relevant de la conviction : - Le champ lexical du refus du mensonge : <<Bonne>>. organisé, sauf pour la première occurrence en gradation ascendante dans la vérité. - Le rôle de la fonction référentielle de la lettre. des la première phrase. puisqu'il propose sa thèse. » l'hyperbole, combinée à la restrictive : <<Que>> et la gradation ascendante dans l'affection : <<Parents>> lesquels sont présents : Par le champ lexical de intimité : << Domestique, privés parents amis . Par le pronom personnel sujet de la troisième personne du pluriel : <Ils>> Par le pronom indéfini : <<On>> Parleur interpellation. avec : L'apostrophe : << Lecteur» qui lui permet d'exploiter la fonction phatique. qui ouvre et clôt pratiquement le discours, La présence du pronom personnel de 1a deuxième personne du singulier, qui renforce la fonction métalinguistique de la lettre, aux fonctions de : Sujet  <<Tu>>  _ Complément : <<Te>>

_ Déterminant possessif: <<Ton>>  - Cet ouvrage n’a pour but ni de 1e faire briller auprès des siens, ni de le faire briller en société, avec : L'hyperbole : <<le>> ( dans laquelle le subjonctif passé, irréel du passé, prouve bien qu’il n’a jamais songe à travestir la vérité, combine’ a 1a gradation ascendante dans 1e travestissement : <<Je>>- Il a pour but de laisser une trace de lui, avec : Les hyperboles : "Il " souligne le pronom personnel tonique sujet cle la première personne du singulier : <<Moi>> lequel est combiné au pronom personnel sujet de la première personne du singulier‘ : <<Je>>

Le champ lexical de la description. de la peinture : << Peins  peint ». L'énumération : << En ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice » (1.10), organisée en gradation ascendante dans la vérité. La métaphore : << Je suis moi-même la matière de mon livre  mise en valeur par 1e pronom personnel de la première personne du singulier. décline sous différentes formes : v Pronom sujet : <<Moi>> Pronom tonique accentué : <<Moi>>  Déterminant possessif: <<Mon>> - Pour renforcer son désir de véracité, il date son propos : <<Ce>>, et il donne le lieu de sa rédaction : <<De>>

Ainsi. il transforme ce préambule en une sorte de lettre destinée a son lecteur. => La fonction expressive de la lettre est largement exploitée,  La promesse de ne pas mentir, est illustrée par plusieurs arguments relevant de la persuasion : - L'évocation de sa disparition future comme alibi pour dire la vérité, et qui fait appel a la pitié du lecteur, donc au pathétique il  va mourir, donc à quoi bon mentir, avec : La personnification : << Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein >>

La participiale : <<M>>  l'hyperbole. mis en valeur parla parenthèse : << Ce qu'ils ont à faire bientôt » Sa haine du mensonge, qui le pose en héros. qui force l'admiration, et qui transparaît implicitement grâce à L'hyperbole : <<Un>> - L'allitération en [m] qui martèle son désir de ne parler que de lui : <<Je>> et qui ancre cette idée dans l'esprit du lecteur. - Le fait qu’il semble ne vouloir souligner que ses défauts. comme s’il négligeait ses qualités, ce qui le rend modeste. et en cela. lui attire la sympathie du lectorat. avec : Le champ lexical des défauts : «Défauts. naïve  frivole, vain  >>. La métaphore combinée a l'hyperbole : <<Mes>>

La métaphore combinée à la comparaison, et la personnification : << Ma forme naïve. autant que la révérence publique me l‘a permis» Le présentatif: « Ce n'est »  qui met en valeur la perte de temps que le lecteur ferait . s'adonnant à son ouvrage : <<Pas>> Les hyperboles organisées en gradation ascendante dans le défaut, et le paraître : <<Si>> Son portrait est cependant bride’ par la bienséance. ce qui met un bémol à la promesse de vérité et de sincérité. avec : - La comparaison : <<Autant>> Les hyperboles : La gradation ascendante hyperbolique dans la vérité : <<Tout> Registres réaliste et didactique.

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II- Le portrait de l'auteur.

1 °- Sa présence.

Nomination : - Désigné par son patronyme : <<Michel>>  - Désigné par les périphrases hyperboliques : <<Un>> - Nomme’ par le pronom personnel de la première personne du singulier, aux fonctions de : Sujet: <<Je>>  Complément : << Me, m’, moi » Déterminant possessif: <<Mon>>  => L’auteur est bien le narrateur et le personnage principal. De plus, il est un peu plus souvent sujet que complément. ce qui tendrait à prouver qu’il est plus actif que passif, idée qui est renforcée par le fait que lorsqu’il est complément, il s’agit en fait, souvent, d’un pronom pronominal : Il agit donc sur lui-même, il va donc bien parler de lui.  Statut: - Un noble, comme l’atteste la particule nobiliaire de on patronyme : << De »  - Un homme entouré de ceux qu’il aime, avec : Le champ lexical de l'intimite : <<Domestique>>. ’ Le pronom personnel sujet de la troisième personne du pluriel :  Le pronom indéfini : <<On>> Leur interpellation. avec : L'apostrophe : <<Lecteur>> . L'hyperbole, mis en valeur par la parenthèse : << Ce qu'ils ont a faire bientôt >>  => Registre réaliste, tonalité pathétique.

2°- Caractère du narrateur.

Un homme sincère. avec la promesse de dire sa vérité, voire, la vérité. ce qui atteste de son humanisme. mouvement littéraire qui remet L'homme au centre du monde : - Le champ lexical du refus du mensonge : << Bonne foi , naturelle. ordinaire. sans contention et artifice », organisé. sauf pour al première occurrence en gradation ascendante dans la vérité. - Le rôle de 1a fonction référentielle de la lettre, des la première phrase. puisqu'il propose sa thèse. - L'hyperbole, combinée a la restrictive : << Que je ne m'y suis proposé aucune fin que domestique et privée >> montre qu’il ne va mentir pour embellir la vérité sur sa vie. - il ne compte pas que son ouvrage tombe dans le domaine public, donc inutile de mentir. En effet, il ne le destine qu’à des amis. lesquels sont les récepteurs de cette sorte de lettre. comme le soulignent la personnification <<Je>>  et la gradation ascendante dans l'affection : << Parents. amis  » Son désir est de se montrer tel qu‘il est. avec : La présence du verbe de volonté : <<Veux>> et celle de la promesse du vrai ; << t'assure >> La présence du connecteur logique de cause <<Car>> qui valorise la causale. dans laquelle le présentatif: <<C'est>>  souligne 1e pronom personnel tonique sujet de la première personne du singulier : <<Moi>>lequel est combiné au pronom personnel sujet de la première personne du singulier : <<Je>> Le champ lexical de la description. de la peinture : <<Peins>>. L'énumération : <<En>> organisée en gradation ascendante dans la vérité. La métaphore : <<Je>> mise en valeur par le pronom personnel de la première personne du singulier, décline sous différentes formes :  Pronom sujet: <<Moi>>  Pronom tonique accentué : <<Moi>> '  Déterminant possessif: «Mon >> - Pour renforcer son désir de véracité, il date son propos : <<Ce>>, et il donne le lieu de sa rédaction : << De Montaigne » Ainsi, il transforme ce préambule en une sorte de lettre destinée à son lecteur.  Un homme prudent qui prépare sa disparition, et qui ne veut pas mourir complètement, ce pourquoi il laisse une trace de lui. avec : - Les hyperboles :  Un misanthrope, qui se défie du monde, avec : - Sa haine du mensonge, qui le pose en héros, qui force l'admiration, et qui transparaît implicitement grâce a L'hyperbole : <<Un>> » Le fait qu’il semble ne vouloir souligner que ses défauts, comme s‘il négligeant ses qualités. ce qui le rend modeste, et en cela, lui attire la sympathie du lectorat. avec : Le champ lexical des défauts : << Défauts, naïve frivole, vain  ». ’ La métaphore combinée a L'hyperbole : << Mes défauts s’y liront au vif» La métaphore combinée a la comparaison, et la personnification : << Ma tonne naïve, autant que la révérence publique me l'a permis» Le présentatif: <<Ce>>  qui met en valeur la perte de temps que le lecteur ferait en sa donnant à son ouvrage : << Pas raison » - Les hyperboles organisées en gradation ascendante dans le défaut, et le paraître ; <<Si>> - Son admiration des civilisations plus proches de la nature, comme celles de l'amerique du Sud, car plus sincères. avec la périphrase : <<Ces>> dans laquelle la douceur de vivre est symbolisée par l'antithese : <<Douce>> I Un homme modeste. avec : - Cet ouvrage ria pour but ni de le faire briller auprès des siens, ni de le faire briller en société, avec I l'hyperbole : <<le>> -  La gradation ascendante dans l'honneur qui forme aussi une antithèse : <<Service>> La personnification : <<Si>>  dans laquelle le subjonctif passé’. irréel du passe’. prouve bien qu’il il n'a jamais songe à travestir la vérité, combiné à la gradation ascendante dans le travestissement : <<le>>  Un homme pudique, avec : - La comparaison  - Le regret de ne pas appartenir à une civilisation où la nudité est dans les mœurs, ce qui est représenté par L'antithése : <<Douces>> avec : l'hypothétique combinée à l'hyperbole : << Que si fausse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature >>  Les hyperboles : << Je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier. et tout nu » La gradation ascendante hyperbolique dans la vérité : <<Tout>>. => Registres réaliste, épidictique.

CONCLUSION.

Dans cet extrait, Montaigne propose donc au lecteur un pacte autobiographique, lui promettant explicitement la vérité et la sincérité, et implicitement l'avertissant qu'il sera sans doute obligé. pour les convenances. de ne pas tout dire. ’ Ce préambule trouve un écho dans celui des Confessions de Jean-Jacques Rousseau

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  • Questions en fonction du plan du commentaire :
  • Plan de l'étude :
  • I -
  • 1 - Un texte argumentatif
  • 2°» Un pacte autobiographique quasi épistolaire
  • II -
  • Le portrait de l'auteur.
  • 1 - Sa présence
  • 2 - Son caractère

 

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I -

1 -

  • Quelle est la structure du texte?
  • Comment l'argument de la ligne 1 est-il expliqué?
  • Comment l'idée dominante est-elle mise en valeur?
  • Etudiez les différents champs lexicaux
  • Que mettent en avant les connecteurs logiques d'hypothèse?
  • Montaigne promet-il au lecteur une fidèle retranscription de lui-même?
  • Cela relève t'-il des critères de l'écriture autobiographique?
  • Analysez en citant le champ lexical de l'être et du paraître
  • Qu'ajoute le champ lexical de la peinture aux arguments de Montaigne?
  • Estimez-vous que Montaigne prépare bien le lecteur à la lecture des Essais?
  • Respecte t'-il les étapes de l'argumentation?
  • De quelle nature le registre est-il?

 

2 -
  • Comment la promesse de ne pas mentir est-elle illustrée?

 

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Etudiez les arguments relevant de la conviction :

  • Comment le refus du mensonge se traduit-il? Expliquez et relevez la gradation ascendante dans la vérité
  • En quel sens pouvons-nous parler d'une fonction référentielle de la lettre?
  • Quel est son rôle?
  • Relevez une hyperbole et la gradation ascendante dans l'affection
  • L'apostrophe "Au lecteur" : que marque t'-elle?
  • Quel est le but de cet ouvrage? Expliquez, citz, relevez les figures de style et les champs lexicaux
  • L'énumération "En ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice" contribue t'-elle à refléter la vérité?
  • Quelle autre figure de style renforce encore cette exigence de véracité? Expliquez, justifiez en citant
  • La fonction expressive de la lettre est-elle exploitée? Qu'apporte à Montaigne le fait de dater et de préciser le lieu de sa rédaction?

 

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Etudiez les arguments relevant de la persuasion :

  • Relevez un argument alibi qui suscite la pitié du lecteur
  • Relevez une personnification qui va dans ce sens
  • Montaigne se pose t'-il en héros?
  • Comment attire t'-il la sympathie du lecteur?
  • Comment les défauts et le paraître sont-ils présentés?
  • Quelles figures de rhétorique le soulignent?
  • Comment ressentez-vous cette promesse de vérité et de sincérité?
  • Quelles sont les deux registres dominants?

 

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II -

1 -

  • Comment Montaigne est-il nommé?
  • Relvez les périphrases hyperboliques
  • L'auteur est-il le narrateur et le personnage principal?
  • Est-il le plus souvent sujet ou complément?
  • Quel est son statut? Citez pour justifier votre réponse
  • Quel est le registre?
  • Quelle est la tonalité?

 

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2 -

  • Quels sont les traits de caractère dominants du narrateur ?
  • Analysez le champ lexical et montrez qu'il justifie la double aspiration du narrateur à la vérité et à la sincérité
  • Le portrait reflète t'-il l'humanisme de Montaigne?
  • Relevez l'expression qui est selon vous la plus représentative de sa bonne foi
  • Quel rôle la fonction référentielle de la lettre remplit-elle?
  • Que montre la gradation ascendante "parents, amis"?
  • Qui cet ouvrage visait-il?
  • Relevez les verbes de volonté : que mettent-ils en avant?
  • Montaigne vous semble t-il être un homme prudent?
  • Pourquoi?
  • Quelle est son intention? Citez pour justifier votre réponse
  • Apparaît-il comme un misanthrope?
  • Que souligne son admiration des civilisations plus prôches de la nature?
  • Comment se manifeste sa modestie?
  • Etudiez la figure de rhétorique et les temps verbaux qui nous renseignent à ce sujet
  • Montrez qu'il se dévoile comme un homme pudique

 

L'institution des enfants, I, 26 : Document 7

 

*** Entretien préparé sur Montaigne. L'oral en ligne
 
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Montaigne :
Michel Eyquem de Montaigne, ou plus simplement Michel de Montaigne, né le 28 février 1533, au château de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne, mort le 13 septembre 1592 au cours d'une messe, dans la ville de Bordeaux en Gironde, est un philosophe sceptique, moraliste et homme politique français de la Renaissance connu pour ses Essais, tout premier ouvrage de ce genre de l'époque moderne.

 

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LE TEXTE :
Dans ce chapitre, dédié à Mme Diane de Foix, comtesse de Gurson, qui attend un enfant, Montaigne propose des directives pour l’éducation d’un jeune noble.
A un enfant de maison qui recherche les lettres, non pour le gain (car une fin si abjecte est indigne de la grâce et faveur des Muses, et puis elle regarde et dépend d’autrui), ni tant pour les commodités externes que pour les siennes propres, et pour s’en enrichir et parer au-dedans, ayant plutôt envie d’en tirer un habile homme qu’un homme savant, je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, et qu’on y requît tous les deux, mais plus les mœurs et l’entendement que la science ; et qu’il se conduisît en sa charge d’une nouvelle manière.
On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir, et notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât cette partie, et que, de belle arrivée, selon la portée de l’âme qu’il a en main, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant goûter les choses, les choisir et discerner d’elle-même ; quelquefois lui ouvrant chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle seul, je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour. Socrate et depuis Arcesilas faisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux. « Obest plerumque iis qui discere volunt auctoritas eorum qui docent. »
Il est bon qu’il le fasse trotter devant lui pour juger de son train, et juger jusques à quel point il se doit ravaler pour s’accommoder à sa force. A faute de cette proportion, nous gâtons tout ; et de la savoir choisir, et s’y conduire bien mesurément, c’est l’une des plus ardues besognes que je sache ; et est l’effet d’une haute âme et bien forte, savoir condescendre à ses allures puériles et les guider. Je marche plus sûr et plus ferme à mont qu’à val.
Ceux qui, comme porte notre usage, entreprennent d’une même leçon et pareille mesure de conduite régenter plusieurs esprits de si diverses mesures et formes, ce n’est pas merveille si, en tout un peuple d’enfants, ils en rencontrent à peine deux ou trois qui rapportent quelque juste fruit de leur discipline.
Qu’il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance, et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie. Que ce qu’il viendra d’apprendre, il le lui fasse mettre en cent visages et accommoder à autant de divers sujets, pour voir s’il l’a encore bien pris et bien fait sien.

Michel de Montaigne, Essais, livre I, chapitre 26
Version modernisée.
 
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Introduction :
Le XVIème siècle fut marqué pas un bouleversement de la pensée appelé mouvement humaniste. Ce mouvement se basait sur le retour à l’Antiquité et sur une revalorisation par rapport à Dieu. Montaigne rédige alors ses Essais, une grande réflexion sur la société, étendue sur quinze années, où il défend les idées humanistes. Nous tenterons de voir la vision de Montaigne sur l’éducation et comment il l’impose à son lecteur. Nous verrons tout d’abord la démarche argumentative qui lui permet d’imposer sa vision de l’éducation.
 

Problématique : en quoi la démarche argumentative permet-elle d'imposer sa vision de l'éducation au lecteur?

I. Une démarche argumentative

A. Par la présence de l’auteur

- « je », pronom personnel de la 1ere personne, L 6, 11, 16 et 25

- Pronoms possessifs 1ere personne du pluriel : « notre » L 11, 22, 27, 42, 45 et « nos » L 10

 L’auteur est présent

- Verbes de volonté : « je veux » L 16, « je voudrais » L 6, 11, « je ne veux pas » L 15

 L’auteur est présent et donne des conseils et son avis : essai

B. Par des tournures impératives

- Présence de l’auteur + verbes de volonté

- Tournures impératives : verbes au subjonctif

« qu’on fût » L 6, « qui eût » L 7, « qu’on exigeât » L 7, « qu’il se conduisit » L 9, « corrigeât » L 12, « commençât » L 13, « qu’il invente » L 15, « qu’il écoute » L 16, « qu’il le fasse » L 20 etc…

 Permet d’inciter, de donner des conseils et d’exposer son opinion sur l’éducation.

C. Une argumentation illustrée

- Images : métaphores filées

o Métaphore culinaire : « Regorger la nourriture comme on l’a avalée (…) donné à digérer » L 38-41

 Image de l’estomac : permet de mieux comprendre

o Métaphore équestre : « Il est bon qu’il fasse trotter devant lui (…) montant qu’en descendant » L 20-26

 Image permet de donner un exemple : argumentation illustrée

montaigne

 

II. Pour exposer sa vision nouvelle de l’éducation

A. Qualités d’un bon précepteur

- Privilégie la formation de l’intelligence par rapport à l’accumulation de connaissances : « la tête bien faite que bien plein » L 6

- Ne contraint pas l’élève à répéter : « Qu’il ne lui demande pas seulement de lui répéter les mots de la leçon » L 32 et « ce n’est que de redire ce qu’on nous a dit » L 11

- S’adapte à son élève : « qu’il écoute » L16, « en réglant l’allure de sa progression » L 37

 Méthode nouvelle qui s’adapte à l’élève

B. Démarche pédagogique nouvelle

- « Qu’on fût soucieux de lui choisir un guide » L 6, « selon la portée de l’âme qu’il a en main » L 12 -13, « qu’il écoute » L 16

 Ecoute de l’élève qui est au premier plan

- On favorise la compréhension et la maîtrise du sujet : « pas seulement de répéter les mots (…) sens et leur substance » L 32 – 33, « qu’il lui fasse mettre en cent visages et accommoder (…) pour voir s’il l’a encore bien compris et fait sien » L 35 – 36

+ Image de l’estomac -> métaphore culinaire

C. Une vision humaniste

- « étude des lettres » L 1 : sciences sont passées sous silence -> études humanistes

- Elève au cœur de tout « qu’il écoute son disciple » L 16, « selon la portée de son âme » L 17, « s’adapter à sa force » L 21

 Dans les principes humanistes : homme au cœur de tout

- Education humaniste : concilie formation de l’intelligence et formation de l’esprit en privilégiant la formation morale. « d’en faire un habile homme qu’un homme savant » L 5-6 « plutôt la tête bien faite que bien pleine » L 7 et « mais plus la valeur morale (…) que la science » L 8-9

 La démarche proposée par Montaigne est humaniste

Conclusion :

La vision de Montaigne sur l’éducation est une vision humaniste et nouvelle. Elle se base sur les qualités d’un bon précepteur que sont l’écoute et l’adaptation à l’élève, ainsi que sur les démarches pédagogiques nouvelles qui favorisent la compréhension par l’élève en enfin, cette éducation est fondée sur les principes humanistes qui placent l’homme au cœur de tout et qui privilégie donc son éducation, qui sera le fruit de l’homme qu’il deviendra. On peut donc rattacher cette vision de Montaigne à celle de l’humaniste Rabelais dans la lettre de Garguantua à Pantagruel, extraite de Pantagruel, où la vision rabelaisienne de l’éducation rejoint celle de Montaigne, exposée grâce à une argumentation solide, dans ses Essais.

 
montaigne
 
 
Questions sur l'extrait :
 
 
Problématique : en quoi la démarche argumentative permet-elle d'imposer sa vision de l'éducation au lecteur?
 
  • Plan de l'étude :
  • I. Une démarche argumentative
  • A. Par la présence de l’auteur
  • B. Par des tournures impératives
  • C. Une argumentation illustrée
  • II. Pour exposer sa vision nouvelle de l’éducation
  • A. Qualités d’un bon précepteur
  • B. Démarche pédagogique nouvelle
  • C. Une vision humaniste
 
 
montaigne
 
 
 
Questions sur l'extrait à présenter : toutes les réponses sont dans le commentaire et suivent les axes d'étude
 
I - Questionnaire
A -
  • - En quoi consiste la démarche argumentative?
  • - Que peut-on dire de la présence de l'auteur?
  • - Combien avons nous d'occurrences du pronom personnel "je"?
  • - Relevez les marques de la première personne du pluriel
  • - L'auteur est-il présent?
  • - Quels sont les verbes de volonté?
B -
  • - Que marquent les tournures impératives?
  • - Citez pour justifier votre réponse
C -
  • - Relevez une métaphore filée
  • - Une métaphore culinaire
  • - Une métaphore équestre
  • - Ces métaphores sont-elles importantes?
  • - Que mettent-elles en avant?

 

montaigne

 

 

II - Questionnaire
A -
  • - COmment le précepteur doit-il être?
  • - Quelles sont, selon vous, les qualités d'un bon précepteur?
  • - Est-ce au précepteur de s'adapter à l'élève ou à l'élève de s'adapter au précepteur?
B -
  • - La démarche pédagogique est-elle nouvelle?
  • - L'écoute de l'élève est-elle au premier plan?
  • - Citez pour justifier votre réponse
C -
  • - Montrez que nous avons une vision humaniste
  • - En quoi l'homme est-il au coeur de tout?
  • - Qu'en est-il de la morale?
  • - Cette vision humaniste de Montaigne est-elle nouvelle?
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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