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Marivaux, oral EAF, l'île des esclaves, I, 3

 

 

Marivaux

 

 

 

 

Oral EAF : Marivaux, L'île des esclaves

 

Objet d'étude : « Le théâtre : texte et représentation »

Séquence Marivaux

 

Quelles représentations, les comédies du 18è donnent-elles des maîtres et des valets et de leurs relations?

 

Maîtres et valets des comédies du 18ème siècle

Marivaux

 

 

 

 

L’île des esclaves, Marivaux, 1725

Le courant littéraire de L'Ile des esclaves :

Les Lumières. La comédie en un acte (11 scènes) de Marivaux est marquée par un thème socio-politique : la critique de l'ordre social et de la hiérarchie religieuse. Elle s'inscrit à la fois dans le théâtre de Marivaux - avec le jeu du travestissement et le thème de l'amour - et dans la pensée du 18°s.

Les personnages principaux :

- Iphicrate, général athénien. En grec, son prénom renvoie à son ordre social et signifie celui qui gouverne par la force.

- Arlequin, esclave d'Iphicrate. C'est un personnage célèbre de la commedia dell'arte. Son ton est très familier. Dans la pièce, il change momentanément de statut pour devenir le maître d'Iphicrate. Peu rancunier, il pardonne ses excès à son maître. Pour lui, rien ne porte à conséquences.

- Euphrosine, dame athénienne. Comme Arlequin, elle est issue de la Commmedia dell'arte. C'est la maîtresse de Cléanthis. Coquette et de mauvaise foi, elle refuse de reconnaître ses défauts à Trivelin
- Cléanthis, esclave d'Euphrosine et maîtresse d'Arlequin. Rancunière, elle profite de son renversement de statut pour assouvir sa vengeance et refuse d'abord de rendre son statut de maître.
- Trivelin, gouverneur de l'île. Il s'agit d'un ancien esclave, qui a supprimé les maîtres à son arrivée sur l'île par désir de vengeance. Dans la pièce il est compatissant envers les maîtres durant la passation de pouvoirs.

Marivaux

Acte 1 scène 3

«  Trivelin – Venons maintenant à l’examen de son caractère  » […] «  En vérité, elle a raison.  »

 Lecture de la scène

TRIVELIN, à part, à Euphrosine - Il faut que ceci ait son cours; mais consolez-vous, cela

45 finira plus tôt que vous ne pensez. (A Cléanthis.) J'espère, Euphrosine, que vous perdrez

votre ressentiment, et je vous y exhorte en ami. Venons maintenant à l'examen de son

caractère : il est nécessaire que vous m'en donniez un portrait, qui se doit faire devant la

personne qu'on peint, qu'elle se connaisse, qu'elle rougisse de ses ridicules, si elle en a, et

qu'elle se corrige. Nous avons là de bonnes intentions, comme vous voyez. Allons,

50 commençons.

CLÉANTHIS - Oh! que cela est bien inventé! Allons, me voilà prête; interrogez-moi, je suis

dans mon fort.

EUPHROSINE, doucement - Je vous prie, Monsieur, que je me retire, et que je n'entende

point ce qu'elle va dire.

55 TRIVELIN - Hélas! ma chère dame, cela n'est fait que pour vous; il faut que vous soyez

présente.

CLÉANTHIS - Restez, restez; un peu de honte est bientôt passé.

TRIVELIN - Vaine, minaudière et coquette, voilà d'abord à peu près sur quoi je vais vous

interroger au hasard. Cela la regarde-t-il?

60 CLÉANTHIS - Vaine, minaudière et coquette, si cela la regarde? Eh! voilà ma chère

maîtresse; cela lui ressemble comme son visage.

EUPHROSINE - N'en voilà-t-il pas assez, Monsieur?

TRIVELIN - Ah! je vous félicite du petit embarras que cela vous donne; vous sentez, c'est

bon signe, et j'en augure bien pour l'avenir : mais ce ne sont encore là que les grands traits;

détaillons un peu cela. En quoi donc, par exemple, lui trouvez-vous les 65 défauts dont nous

parlons?

CLÉANTHIS - En quoi? partout, à toute heure, en tous lieux; je vous ai dit de m'interroger;

mais par où commencer? je n'en sais rien, et je m'y perds. Il y a tant de choses, j'en ai tant

vu, tant remarqué de toutes les espèces, que cela se brouille. Madame se tait, Madame

70 parle; elle regarde, elle est triste, elle est gaie : silence, discours, regards, tristesse et joie,

c'est tout un, il n'y a que la couleur de différente; c'est vanité muette, contente ou fâchée;

c'est coquetterie babillarde, jalouse ou curieuse; c'est Madame, toujours vaine ou coquette,

l'un après l'autre, ou tous les deux à la fois : voilà ce que c'est, voilà par où je débute; rien

que cela.

75 EUPHROSINE - Je n'y saurais tenir.

TRIVELIN - Attendez donc, ce n'est qu'un début.

CLÉANTHIS - Madame se lève; a-t-elle bien dormi, le sommeil l'a-t-il rendue belle, se sentelle

du vif, du sémillant dans les yeux? vite, sur les armes; la journée sera glorieuse. "Qu'on

m'habille!" Madame verra du monde aujourd'hui; elle ira aux spectacles, aux promenades,

80 aux assemblées; son visage peut se manifester, peut soutenir le grand jour, il fera plaisir à

voir, il n'y a qu'à le promener hardiment, il est en état, il n'y a rien à craindre.

TRIVELIN, à Euphrosine - Elle développe assez bien cela.

CLÉANTHIS - Madame, au contraire, a-t-elle mal reposé? "Ah! qu'on m'apporte un miroir;

comme me voilà faite! que je suis mal bâtie!" Cependant on se mire, on éprouve son visage

85 de toutes les façons, rien ne réussit; des yeux battus, un teint fatigué; voilà qui est fini, il faut

envelopper ce visage-là, nous n'aurons que du négligé, Madame ne verra personne

aujourd'hui, pas même le jour, si elle peut; du moins fera-t-il sombre dans la chambre.

Cependant, il vient compagnie, on entre : que va-t-on penser du visage de Madame? on

croira qu'elle enlaidit : donnera-t-elle ce plaisir-là à ses bonnes amies? Non, il y a remède à

90 tout : vous allez voir. "Comment vous portez-vous, Madame? - Très mal, Madame; j'ai perdu

le sommeil; il y a huit jours que je n'ai fermé l'oeil; je n'ose pas me montrer, je fais peur." Et

cela veut dire : Messieurs, figurez-vous que ce n'est point moi, au moins; ne me regardez

pas, remettez à me voir; ne me jugez pas aujourd'hui; attendez que j'aie dormi. J'entendais

tout cela, car nous autres esclaves, nous sommes doués contre nos maîtres d'une

95 pénétration!... Oh! ce sont de pauvres gens pour nous.

TRIVELIN, à Euphrosine - Courage, Madame; profitez de cette peinture-là, car elle me

paraît fidèle.

EUPHROSINE - Je ne sais où j'en suis.

100 - CLÉANTHIS - Vous en êtes aux deux tiers; et j'achèverai, pourvu que cela ne vous ennuie pas. 

TRIVELIN - Achevez, achevez; Madame soutiendra bien le reste.

CLÉANTHIS - Vous souvenez-vous d'un soir où vous étiez avec ce cavalier si bien fait?

J'étais dans la chambre; vous vous entreteniez bas; mais j'ai l'oreille fine : vous vouliez lui

plaire sans faire semblant de rien; vous parliez d'une femme qu'il voyait souvent. "Cette

105 - femme-là est aimable, disiez-vous; elle a les yeux petits, mais très doux"; et là-dessus vous

ouvriez les vôtres, vous vous donniez des tons, des gestes de tête, de petites contorsions,

des vivacités. Je riais. Vous réussîtes pourtant, le cavalier s'y prit; il vous offrit son coeur. "A

moi? lui dîtes-vous. - Oui, Madame, à vous-même, à tout ce qu'il y a de plus aimable au

monde. - Continuez, folâtre, continuez", dîtes-vous, en ôtant vos gants sous prétexte de

110  - m'en demander d'autres. Mais vous avez la main belle; il la vit, il la prit, il la baisa; cela

anima sa déclaration; et c'était là les gants que vous demandiez. Eh bien! y suis-je?

TRIVELIN, à Euphrosine - En vérité, elle a raison.

OBJET D’ETUDE: LE TEXTE THEATRAL ET SA REPRESENTATION
 

Voici toutes les problématiques possibles sur la scène

 

  1. COMMENT L’ILLUSION THEATRALE ET LA COMEDIE PEUVENT REVELER DES VERITES ET AINSI DENONCER LES VICES DE LA SOCIETE ?

  2. POUVEZ-VOUS, A PARTIR DE CETTE SCENE, CONSIDERER L’ILE DES ESCLAVES DE MARIVAUX COMME UNE « PIECE DES LUMIERES » ?

  3. MONTREZ QUE, DANS CETTE SCENE DE L’ILE DES ESCLAVES, LE PROCEDE DU THEATRE DANS LE THEATRE IMPLIQUE L’AUTEUR LUI-MEME AINSI QUE LE PUBLIC DE L’EPOQUE.

  4. QUELLES SONT LES CIBLES ET LES MODALITES DE LA SATIRE DANS LE PORTRAIT BROSSE PAR CLEANTHIS DE SA MAITRESSE ?

  5. QUELLES SONT LES FORMES DE COMIQUE QUI APPARAISSENT DANS CET EXTRAIT ?

  6. MONTREZ LA DIMENSION SATIRIQUE DE CET EXTRAIT DE COMEDIE ?

  7. MONTREZ QUE LE MASQUE DEMASQUE.

 

 

 Marivaux

 Analyse de la scène

 Problématique

En quoi le portrait d’Euphrosine, et, à une plus grande échelle, la comédie corrigent-ils les mœurs  ?

Introduction

La comédie est un genre littéraire qui vise à corriger les vices des hommes par le rire. Marivaux, célèbre dramaturge du XVIIIème siècle, élu à l’Académie française en 1742, l’a utilisée pour exprimer ses idées et pour remettre en cause les préjugés sociaux de son époque. Dans sa pièce, L’île des esclaves, il critique la relation dominant/dominé en utilisant une utopie. Il crée en effet une île sur laquelle l’ordre établi est remis en question, les maîtres deviennent esclaves et les esclaves deviennent maîtres. La scène étudiée est la 3ème du 1er acte  ; elle met en scène Trivelin, maître de l’île, Euphrosine, une noble travestie en esclave, ainsi que Cléanthis, qui décrit son ancienne maîtresse Euphrosine. Nous déterminerons en quoi le portrait d’Euphrosine, et, à une plus grande échelle, la comédie corrigent les mœurs. Nous traiterons premièrement la vivacité et la théâtralité de ce portait puis nous verrons en quoi c'est  un miroir tendu à la société.

  • Questionnaire possible :
  • Définir la comédie. Quelle est sa fonction principale?
  • Qui était Marivaux?
  • Citez deux de ses oeuvres
  • Quelles sont ses ouvrages les plus célèbres?
  • De quoi s'agit-il dans cette scène?
  • En quoi peut-on parler d'utopie dans l'île des esclaves?

 

I- Un portait vivant et théâtral

A- Une mise en scène et un portrait en plusieurs actes

Cléanthis interprète le rôle d’Euphrosine comme une pièce de théâtre, de manière très organisée. En effet, elle paraît jouer plusieurs scènes par exemple selon si madame a «  bien dormi  » ou «  au contraire […] mal reposé  ». On retrouve des paroles rapportées «  qu’on m’habille  !  »  et un discours indirect libre. Cléanthis dévoile une autre indication donnant l’impression qu’elle joue du théâtre lorsqu’elle dit «  vous en êtes aux deux tiers  », tout paraît calculé. Elle donne également à travers ses paroles des indications scéniques, des didascalies internes.

  • Questionnaire possible :
  • Quel rôle Cléanthis interprète t'-elle?
  • Joue t'-elle de manière organisée?
  • Relevez le discours indirect libre
  • Quelles sont les indications scéniques données par le personnage?

 

B- Une libération de la parole de l’esclave

La parole est ici donnée à Cléanthis, pourtant esclave. C’est elle qui parle le plus dans cette scène, symbole de pouvoir. Marivaux donne ici la parole à l’opprimé. Elle a de longues répliques et a le courage de s’adresser directement à Euphrosine, sa maîtresse. Répétition du «  vous  »

  • Questionnaire possible :
  • Quelle fonction la parole remplit-elle?
  • La prise de parole est-elle apparentée à une prise de pouvoir?
  • Cela reflète t-il la volonté de Marivaux de se positionner en contestataire?

 

C- Un masque qui démasque

Par une « peinture fidèle » d’après Trivelin, Cléanthis démasque sa maîtresse. En jouant son portrait, elle l'a décrite et met en exergue ses défauts. On retrouve le champ lexical du miroir, de la vue «  grands traits  » «  visage  » «  plaisir à voir  » «  un miroir  » «  me montrer  » «  ne me regardez pas  » «  me voir  » «  peinture  »

  • Questionnaire possible :
  • Quelle est le rôle de la "peinture fidèle"?
  • Relevez le champ lexical du miroir
  • Dans ce cas précis, peut-on dire que le masque est une façon de se dévoiler?

 

II- Un miroir tendu à la société

A- Le portrait d’Euphrosine est le portrait de toute la noblesse

«  madame  » est un nom qui désigne toutes les nobles ainsi Cléanthis ne décrit pas uniquement Euphrosine. Cléanthis généralise son portrait «  nous autres esclaves, nous sommes doués contre nos maîtres  » = Les paroles de Cléanthis sont une double énonciations, s’adressant autant à Euphrosine qu’à toute la salle remplie de nobles.

  • Questionnaire possible :
  • Que symbolise le portrait d'Euphrosine?
  • Comment les nobles sont-ils désignés?
  • Relevez la phrase de Cléanthis qui généralise son portrait
  • Peut-on parler de double énonciation?

 

B- Un renversement des rôles et une mise en abyme

Nous avons à la fois un travestissement des rôles entre Cléanthis et Euphrosine qui deviennent chacune l’autre et une mise en abyme. Cléanthis joue un autre personnage, elle représente les comédiens, et Euphrosine assiste à son portrait et représente le public «  profitez de cette peinture-là  »,  elle «  profite  » donc à la scène. Trivelin lui peut être considéré metteur en scène.

  • Questionnaire possible
  • Quels sont les deux procédés utilisés par Marivaux pour mettre en avant sa critique de la noblesse et faire valoir son idéal d'égalité entre les hommes?
  • Que représente Cléanthis?
  • Que représente Euphrosine?
  • Citez le texte pour justifier votre réponse
  • Comment peut-on considérer Trivelin?

 

C- «  castigat midendo mores  », la comédie corrige les mœurs

Le but de la comédie étant de corriger les mœurs des hommes, on peut dire que Cléanthis et Trivelin en voulant corriger les mœurs d’Euphrosine, symbolisent et représentent Marivaux qui à travers la comédie cherche à corriger tous les hommes.

  • Questionnaire possible :
  • Après avoir rappelé le but de la comédie, répondez à cette question :
  • Peut-on dire que Cléanthis et Trivelin représentent Marivaux? Expliquez

 

Conclusion :

Le fait  que Cléanthis s’amuse à jouer sa maîtresse qui passe son temps à se montrer et à jouer la comédie du paraître permet de mieux démasquer ce que le personnage de coquette a de vain et superficiel. Elle semble en effet prisonnière de son image au point de perdre son identité.  Pas d'authenticité car nous sommes dans le simulacre et l'artifice. 


 

prolongement dans la scène 4 :

Euphrosine doit reconnaître la vérité du portrait = Il faut percer au travers du masque dont les êtres se couvrent. Il s'agit de découvrir le visage authentique. 

 

 Marivaux

 

Dépassement du texte :

Quels sont les autres thèmes dans l'oeuvre de Marivaux ?

 

L'utopie :

Le thème de l'utopie ne se retrouve pas vraiment dans le Jeu de l'amour et du hasard, on note une utopie sociale dans l'île des esclaves qui n'est pas sans rappeler Thomas More et son île paradisiaque. Rappelons qu'une utopie par définition est un endroit qui n'existe nulle part d'un point de vue étymologique; Donc l'île des esclaves est une utopie car au niveau social Marivaux donne l'image d'une île absolument paradisiage, un idéal de vie au sens d'un exemple de société dans laquelle règnerait un ordre inversé dans la domination des esclaves-maîtres.

La relation maîtres/ Valets :

Inversion des pouvoirs dans le but de remettre en cause l'ordre établi.

Marivaux est-il réformateur?

On pourrait croire que oui, mais en fait, Marivaux reste prudent car il ne propose pas vraiment de nouveaux schémas de société. L'inversion des rôles est plus moraliste que réformatrice car à la fin de la pièce dans l'île des esclaves tout revient à la normale. Ce jeu théâtral basé sur l'inversion des rôles a essentiellement pour fonction de remettre en cause les rapports de domination dans un certain esprit moraliste mais aucune réforme de fond n'est abordée par Marivaux.

Les procédés qui visent à la contestation chez Marivaux.

La comédie = son but est de corriger le jeu social par le rire et le comique.

Le jeu de l'amour et du hasard et l'île des esclaves

Comique (quiproquos) : des quiproquos révélateurs de l'aliénation sociale dénoncée + esprit critique de Marivaux dans l'île des esclaves et Le Jeu de l'amour et du hasard = miroir critique, relation maîtres et valets.

Quels sont les moyens de Marivaux?

Travestissement et masque, l'espace scénique est toujours inscrit dans le jeu chez Marivaux. Les rôles sont échangés entre maîtres et valets dans le Jeu de l'amour et du hasard. On retrouve l'idée de travestissement dans l'île des esclaves mais il est mis en place de manière obligatoire et forcée chez Euphrosine, Cléanthis, Iphicrate et Arlequin.

Le valet devient maître = une transgression qui permet de contester l'aliénation sociale et les codes de l'amour.

Arlequin : « J’espère que son amour me fera passer à table en dépit du sort qu’il ne m’a mis qu’au buffet ». C'est une réflexion sur le paraître par une esthétique du double qui invite le lecteur à réfléchir sur les vrais codes de "l'être" = dialectique de l'être et du paraître, du vrai et du faux.

Lutte contre le préjugé concernant le thème du mariage, on le voit avec Dorante et Silvia qui en sont les victimes. Un bourgeois ne doit pas se marier avec un domestique sans risquer de bouleverser les codes établis de la mondanité. Des connotations philosophiques conduisent le lecteur/spectateur à remettre en question les vraies valeurs du coeur et de la raison mais on retrouve dans l'île des esclaves la thématique de la réforme des esclaves. Il consteste le sort de la condition servile et sa maltraitance par les maîtres et prône l'égalité entre les hommes. La constestation est très affirmée dans cet ouvrage. Il est aussi question de la part de Marivaux de ses contemporains à qui il reproche l'acceptation de cette condition sociale par une majorité écrasante et irrespectueuse de la condition humaine. Cepedant, on pourrait reprocher à Marivaux de ne pas rester fidèle à ses conviction de contestataire car finalement, dans les deux livres, à la fin les personnages retrouvent leur place initiale peut-être dans le but d'échapper à la censure. L'objectif est donc plus moral qu'engagé d'un point de vue social ou politique.

COMPAREZ LE PERSONNAGE DU VALET DANS LES TEXTES DE MARIVAUX ET DE BEAUMARCHAIS.

MARIVAUX NE REMET PAS FONCIEREMENT EN CAUSE LA HIERARCHIE SOCIALE.

FIGARO A GAGNÉ EN PROFONDEUR ET EN CONSCIENCE POLITIQUE.

 

Etudes d'ensemble :

 

*** Pour aller plus loin

- Etudier l'évolution des formes dramatiques de l'Antiquité à nos jours

- Analysez la symbolique des personnages maîtres et valets

- Etudiez l'intérêt dramaturgique du travestissement et de la mise en abyme

- Etudiez le contexte sociopolitique du 18è

L’évolution des formes dramatiques de l’Antiquité à nos jours

Le terme « théâtre » vient du grec theatron et signifie « le lieu où l'on regarde ». Le théâtre est ainsi avant tout un espace de spectacle. Né dans l'Antiquité grecque, il est devenu un genre littéraire qui s'est épanoui de manière diversifiée en fonction des époques.

Antiquité  : Le théâtre grec, marquant les débuts du genre théâtral, a une origine religieuse et est en l’honneur du dieu Dionysos. Les représentations théâtrales sont faites durant les fêtes. A cette époque, seuls les hommes pouvaient jouer  ; leur jeu était peu développé et la parole était privilégiée. Les costumes étaient essentiels pour comprendre le rôle des acteurs. Le théâtre romain s’inspire énormément du théâtre grec, ayant une dimension à la fois religieuse et politique. En effet, le théâtre était ouvert à tous et organisé par l’Etat lors des jeux.

Le Moyen Age  : Au 13ème siècle, le théâtre se joue sur la place du village ou de la ville. Les spectateurs sont des « bourgeois » (habitants du bourg). Se distinguent deux genres  : les mystères (théâtre religieux) et les farces. Mais au 16ème siècle le théâtre décline, les mystères sont interdits par l’Eglise et elle condamne cet art.

Le XVIIème  : Le XVIIème siècle marque l’apogée du théâtre. Bien que toujours très mal vu par le clergé qui veut excommunier les comédiens, c’est un art très apprécié, reconnu par Richelieu comme étant un art officiel en 1630. Il est alors divisé en deux genres  : la comédie et la tragédie. C’est un théâtre majoritairement classique qui respecte des règles. Les plus célèbres dramaturges font partie de ce siècle  : Molière, Racine, Corneille.

Le XVIIIème  : Siècle des lumières, le théâtre devient un moyen pédagogique de faire passer ses idées. C’est un théâtre qui tend à se défaire des règles du classicisme. C’est un théâtre pré-révolutionnaire. Marivaux et Beaumarchais en sont les principaux représentants.

Le XIXème  : théâtre romantique, ne suit plus de règles.

Le XXème  : Le théâtre se diversifie et devient très varié. (Jean Anouilh, Marguerite Duras, Yasmina Resa)

La symbolique des personnages maîtres et valets

Le thème maître/valet est récurrent dans le théâtre et surtout dans la comédie. Le théâtre est le reflet d’une réalité sociale et cette thématique permet différentes exploitations. Cette relation est l’image de la société, il y a des nobles, riches et instruits qui dominent et les autres qui subissent. Elle peut aussi donner naissance à beaucoup de comiques variés. C’est une relation oscillant entre rivalité et complicité, pleine d’oppositions. Souvent très stéréotypés, ce sont des personnages appréciés du public.

Intérêt dramaturgique du travestissement et de la mise en abyme

Le travestissement est un procédé utilisé notamment par Marivaux et qui lui permet de mettre en avant le caractère ou un trait de caractère ou de remettre en question l’ordre établi. Les personnages changent d’identité et donnent un aspect plus singulier à la pièce et permettent d’accentuer certains détails.

La mise en abyme singularise la pièce et la vitalise.

Contexte sociopolitique du XVIIIème siècle

Au début et milieu du XVIIIème siècle le régime politique français est une monarchie absolue  : le roi a tous les pouvoirs. Mais petit à petit de nombreuses revendications voient le jour, il faut plus d’égalité et il faut innover. Ces revendications viennent d’Angleterre. C’est le siècle des lumières et de la révolution française.

Lecture cursive d'un extrait :

 

Le badin qui se loue, scène 9, Farces du Moyen Age

De « Le badin- J’y vais, j’y cours » […] jusqu’à « adieu, madame, jusqu’au retour »

 

« Un valet encombrant »

Nous retrouvons dans cet extrait un rapport maître – valet habituel c’est-à-dire dominant – dominé. Mais ici le valet fait tout pour déranger la femme de son maître, donc sa maîtresse, et son amant, il veut rester fidèle à son maître, il a une morale et une éthique et utilise sa ruse pour empêcher sa maîtresse de tromper son mari.

Dans cette scène le valet domine sa maîtresse par sa ruse et son habilité.

C’est une comédie du Moyen Age, une farce, qui s’adresse au peuple (en effet les personnages ne sont pas nobles).

A cette époque le théâtre religieux est majoritaire, c’est un théâtre long et sérieux entrecoupé de farces comme celle-ci. Cela détend le public avec notamment des comiques de situation et de répétition.

 

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