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Maîtres et Valets, Le mariage de Figaro Beaumarchais

 

Beaumarchais

 

 

 

 

beaumarchais

 

 

La relation entre maîtres et valets dans le Mariage de Figaro, Beaumarchais

Quelles relations entre maîtres et valets sont mises en scène dans le mariage de Figaro ?

 

  • Lectures analytiques :
  • Beaumarchais, le Mariage de Figaro
  • I, 1 : Du début à « et c'est de ta fiancée qu'il veut le racheter en secret aujourd'hui »
  • I, 10 : Du début à « Faisons vite chercher Marceline »
  • II, 1 : La relation maîtresse/ Servante
  • III, 5 : Confrontation maître et valet
  • Lecture cursive :
  • V, 3 : le monologue
  • Questionnaire sur V, 3 pour l'oral EAF
  • Perspectives littéraires
  • Beaumarchais :
  • Biographie
  • La Trilogie de Beaumarchais : le Roman de la famille Almaviva
  • Le Barbier de Séville
  • Le Mariage de Figaro
  • La Mère coupable
  • Les Maîtres et les Valets
  • Le théâtre = un genre littéraire idéal pour une critique sociale
  • Figaro et Suzanne = des valets traditionnels ?
  •  Etudier l'évolution des formes dramatiques de l'Antiquité à nos jours
  • Analysez la symbolique des personnages, Maîtres et Valets
  • Groupement de textes : Maîtres et valets au théâtre du XVIIe siècle à nos jours : Moliere pourceaugnac
  • Molière, Dom Juan, III, 1
  • Beaumarchais, le Barbier de Séville, I, 1
  • Alfred de Musset, les Caprices de Marianne, I, 1
  • Jean Genet, les Bonnes


beaumarchais

Biographie de Beaumarchais

BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron
(24 janvier 1732-18 mai 1799), Ecrivain

 

Questionnaire sur Beaumarchais

1 -

Quelles sont les dates de naissance de Beaumarchais?

Il est né en 1732 et mort en 1799.

2 -

Quel est son nom complet?

Beaumarchais, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

3 -

Est-ce un représentant de son siècle?

Il est une figure emblématique du siècle des lumières.

4 -

De quel milieu familial est-il issu?

Il est issu d’une famille de bourgeois, des musiciens ouverts à la littérature.

5 -

Quel genre littéraire passionne le plus Beaumarchais? Pourquoi?

Il manifeste une vraie passion pour le drame bourgeois qui selon lui peint la véritable nature des mœurs des hommes.

6 -

Quelle est la trilogie de Beaumarchais?

La trilogie de Figaro

Le Barbier de Séville, 1775

Le mariage de Figaro, 1784

La mère coupable, 1792

7 -

De quel genre littéraire cette trilogie est-elle représentative?

Ces trois pièces sont caractéristiques du genre théâtral nouveau : le drame bourgeois.

8 -

Quelle société a t’-il fondé en 1777?
En 1777, il a fondé la Société des auteurs dramatiques.

9 -

Quelle société Beaumarchais idéalise t’-il?

Beaumarchais est un idéaliste qui refuse la société basée sur les privilèges il la voulait fondée sur le mérite et le travail. Il dénonce les injustices et l’iniquité de son époque dans ses pièces. 

10 -

Une société luttant contre l’iniquité de son époque : cette idée transparaît-elle dans V,3 du Mariage de Figaro?

Dans le Mariage de Figaro, cette idée transparait dans la scène 3 de l’acte V : « Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus » ou encore dans la préface du Mariage de Figaro : « sans la liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur » ou bien « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits ».

11 -

De quoi Beaumarchais meurt-il?
le serviteur de Beaumarchais le découvre mort dans son lit. A soixante-sept ans, dans la nuit du 17 au 18 mai 1799, il meurt d’apoplexie.

 

beaumarchais

 

 

Faire un résumé du Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro (1778)

Résumé

Figaro est le valet du comte Almaviva, qui reconnaît les mérites de son serviteur. Celui-ci parvient à lui tenir tête grâce à son intelligence et sa gaieté. Mais Figaro va épouser sa chère Suzanne. Et son maître aimerait bien la lui voler. Marcelline, elle, aimerait épouser Figaro. La Comtesse voudrait récupérer son époux qui la néglige. Chérubin, de son côté, aime un peu tout le monde : la Comtesse, Suzanne, Fanchette... Manigances, mensonges, tromperies vont s'entremêler à plaisir !

beaumarchais

La Trilogie de Beaumarchais : Questionnaire

Beaumarchais - Le Roman de la famille Almaviva

I. Le Barbier de Séville

1 -

Quelle est la date de parution du Barbier de Séville?

C’est la première œuvre de la trilogie. Elle parue en 1775.

2 -

Quelle est la structure de cette pièce? Quel en est le registre?

C’est une comédie de 4 actes écrite en prose dans un registre comique

3 -

Quelle en est l’intrigue?

En Espagne, le comte Almaviva tombe amoureux de Rosine. Mais son tuteur, le médecin Bartholo se méfie du comte. Ce dernier est obligé de se déguiser pour voir sa bien aimée. Il finit par apprendre qu’elle va épouser son tuteur. Il décide d’utiliser le déguisement pour éloigner le médecin.

Bartholo part de chez lui dans la soirée, ce qui permet au comte et à Figaro d’entrer chez Rosine. Le notaire prend le comte pour Bartholo et l’unit à Rosine. Quand Bartholo rentre, il est trop tard.

II. Le Mariage de Figaro

1 -

Quelle est la date du Mariage de Figaro?

Ecrite en 1778, la pièce ne sera jouée qu’en1784.

2 -

Quelle est la structure de la pièce?

Pièce de 5 actes qui continue la trilogie comique avec le Mariage de Figaro et la Mère coupable.

3 -

Quelle en est l’intrigue?

- Les personnages sont les mêmes que dans Le barbier de Séville

Le comte néglige la femme

Figaro va se marier avec Suzanne, la servante de la comtesse.

Le comte fait des avances à Suzanne qui refuse et pour cette raison la menace de refuser l’accord du mariage

Marceline affirme que Figaro lui avait promis de l’épouser. Suite à un procès, il est condamné à payer une dette ou épouser la gouvernante Marceline.

Suzanne et la comtesse vont mettre au point un plan pour démasquer les mauvaises intentions du comte, déguisement, échange de vêtements vont le trahir.

III. La Mère coupable

1 -

Quand cette pièce fut-elle écrite?

C’est la pièce qui termine  la trilogie, elle fut écrite en 1792.

2 -

Quelle est la structure de la pièce?

La pièce est en cinq actes. C’est un drame et non une comédie par opposition aux deux premières pièces de la trilogie. 

3 -

Quelle en est l’intrigue?

La scène se passe en France. Un nouveau personnage entre en scène, Bégears. Il souhaite épouser Florestine qui est aussi désirée par Léon. Bégears avoue que Florestine est la fille naturelle du comte et qu’elle ne peut pas épouser Léon. Après la découverte de sa trahison, Bégears, démasqué pour ses fausses affirmations rembourse la dot au comte, Léon et Florestine apprennent qu’ils ne sont pas frère et sœur et qu’un amour entre eux est donc possible.

beaumarchais

 

 

Les maîtres et les valets :

1 -

Citez un autre ouvrage dans lequel les valets ont de véritables revendications sociales

Exemple de l'Île des Esclaves de Marivaux, les valets ont de véritables revendications sociales, ils veulent être reconnus, sur un plan moraliste, pas politique, ils ne veulent pas devenir maîtres.

On voit donc qu’au XVIII ème siècle le valet change de position

2 -

Dans le Mariage de Figaro, est-ce la première fois qu’un valet est le personnage principal?


Dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, c'est la première fois qu'un valet devient le personnage principal d'une pièce. Le Comte souhaite séduire Suzanne (il pense pouvoir faire ce qu'il veut de ses servantes). L'intrigue principale est centrée sur Figaro et Suzanne.

3 -

Pourquoi Figaro se distingue t’-il des valets de comédie?

Dans les comédies du XVII on ne voit pas les valets évoquer leur passé, or dans le Mariage de Beaumarchais, Figaro possède un vécu et de l’expérience : il fut homme de lettres, barbier, chirurgien.  C’est inhabituel pour un valet de comédie. Le valet avec Beaumarchais connait bien la société et ses difficultés, il a en outre un certain bagage intellectuel. C’est le valet le plus cultivé du répertoire comique français.

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Analyse littéraire et oral EAF

Le mariage de Figaro, acte I scène 1

Lecture du texte

Acte I

Le théâtre représente une chambre à demi démeublée ; un grand fauteuil de malade est au milieu. Figaro, avec une toise, mesure le plancher. Suzanne attache à sa tête, devant une glace, le petit bouquet de fleurs d’orange, appelé chapeau de la mariée.

Scène I

FIGARO, SUZANNE.

FIGARO.
Dix-neuf pieds sur vingt-six.

SUZANNE.
Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau ; le trouves-tu mieux ainsi ?

FIGARO lui prend les mains.
Sans comparaison, ma charmante. Oh ? que ce joli bouquet virginal, élevé sur la tête d’une belle fille, est doux, le matin des noces, à l’œil amoureux d’un époux !…

SUZANNE se retire.
Que mesures-tu donc là, mon fils ?

FIGARO.
Je regarde, ma petite Suzanne, si ce beau lit que Monseigneur nous donne aura bonne grâce ici.

SUZANNE.
Dans cette chambre ?

FIGARO.
Il nous la cède.

SUZANNE.
Et moi, je n’en veux point.

FIGARO.
Pourquoi ?

SUZANNE.
Je n’en veux point.

FIGARO.
Mais encore ?

SUZANNE.
Elle me déplaît.

FIGARO.
On dit une raison.

SUZANNE.
Si je n’en veux pas dire ?

FIGARO.
Oh ! quand elles Sont sûres de nous !

SUZANNE.
Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort. ES-tu mon serviteur, ou non ?

FIGARO.
Tu prends de l’humeur contre la chambre du château la plus commode, et qui tient le milieu des deux appartements. La nuit, si Madame est incommodée, elle sonnera de son côté ; zeste, en deux pas tu es chez elle. Monseigneur veut-il quelque chose ? il n’a qu’à tinter du sien ; crac, en trois sauts me voilà rendu.

SUZANNE.
Fort bien ! Mais quand il aura tinté le matin, pour te donner quelque bonne et longue commission, zeste, en deux pas, il est à ma porte, et crac, en trois sauts…

FIGARO.
Qu’entendez-vous par ces paroles ?

SUZANNE.
Il faudrait m’écouter tranquillement.

FIGARO.
Eh, qu’est-ce qu’il y a ? bon Dieu !

SUZANNE.
Il y a, mon ami, que, las de courtiser les beautés des environs, monsieur le comte Almaviva veut rentrer au château, mais non pas chez sa femme ; c’est sur la tienne, entends-tu, qu’il a jeté ses vues, auxquelles il espéra que ce logement ne nuira pas. Et c’est ce que le loyal Bazile, honnête agent de ses plaisirs, et mon noble maître à chanter, me répète chaque jour, en me donnant leçon.

FIGARO.
Bazile ! à mon mignon, si jamais volée de bois vert appliquée sur une échine, a dûment redressé la moelle épinière à quelqu’un…

SUZANNE.
Tu croyais, bon garçon, que cette dot qu’on me donne était pour les beaux yeux de ton mérite ?

FIGARO.
J’avais assez fait pour l’espérer.

SUZANNE.
Que les gens d’esprit sont bêtes !

FIGARO.
On le dit.

SUZANNE.
Mais c’est qu’on ne veut pas le croire.

FIGARO.
On a tort.

SUZANNE.
Apprends qu’il la destine à obtenir de moi secrètement certain quart d’heure, seul à seule, qu’un ancien droit du seigneur… Tu mis s’il était triste ?

FIGARO.
Je le sais tellement, que si monsieur le Comte, en se mariant, n’eût pas aboli. ce droit honteux, jamais je ne t’eusse épousée dans ses domaines.

SUZANNE.
Eh bien, s’il l’a détruit, il s’en repent ; et c’est de ta fiancée qu’il veut le racheter en secret aujourd’hui.


beaumarchais

 

 

Commentaire littéraire et oral EAF


 

Le Mariage de Figaro, acte 1 scène 1

Le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes écrite par Beaumarchais en 1778 et représentée pour la première fois en 1784, après avoir été censurée.

La pièce relate les aventures de Figaro et de sa fiancée Suzanne qui souhaitent se marier tout en évitant que le Comte Almaviva abuse de ses privilèges de noble en exerçant son droit de cuissage sur la jeune femme.

La scène 1 de l’acte I s’ouvre sur un dialogue entre Figaro et Suzanne le matin de leurs noces. La jeune femme avoue à son fiancé qu’elle est courtisée par le maître des lieux.


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Questions possible à l’oral sur la scène d’exposition du Mariage de Figaro :

En quoi I, 1 est-elle une scène d'exposition ?

Cette scène remplit-elle les fonctions d'une scène d'exposition ?

En quoi cette scène nous renseigne t'-elle sur les rapports maîtres et valets ?

Cette première scène est-elle annonciatrice d'une comédie ?

En quoi cette scène est-elle une critique sociale ?

  • Annonce du plan
  • I – Les éléments d'une scène d'exposition traditionnellement
  • II – Une scène annonciatrice d'une comédie
  • III – Une scène qui est une critique sociale


beaumarchais

 

Analyse littéraire et oral EAF

I – Les éléments d'une scène d'exposition traditionnellement

Lieux

La scène se passe dans la chambre d'un château, celui du Comte Almaviva en Espagne.

«la chambre du château la plus commode, et qui tient le milieu des deux appartements».

Les personnages

Les personnages principaux sont Figaro et Suzanne. On sait qu'ils vont se marier ainsi que le suggère la didascalie « chapeau de la mariée » ou encore la réplique de Figaro «le matin des noces, à l’œil amoureux d’un époux ».

Les valets ont une place essentielles, il s'agit dans cette pièce de leur mariage qui est évoqué dès l'ouverture de la pièce annonçant ainsi le ton de la comédie mais d'une comédie d'un nouveau genre car il s'agit d'un mariage entre valets alors que d'ordinaire le théâtre traite le mariage des maîtres.

Un personnage absent mais qui a son importance car on en parle dès la scène 1 et il représente un obstacle pour le couple : le Comte.

Le temps

Nous savons grâce à ces indications de la réplique de Figaro que l'action se situe « le matin des noces ».

L'intrigue

L'intrigue se dévoile dans cette scène d'exposition. Le lecteur sait que le Comte courtise Suzanne qui doit épouser Figaro. Il veut faire entendre son droit de cuissage qui est un droit féodal du seigneur d'avoir le droit d'avoir une relation avec la femme d'un de ses serfs lors de la nuit de noce. Mais c'est un paradoxe car il a aboli ce droit de cuissage « obtenir de moi secrètement certain quart d’heure, seul à seule, qu’un ancien droit du seigneur ».

«s’il l’a détruit, il s’en repent ; et c’est de ta fiancée qu’il veut le racheter en secret aujourd’hui».

Nous savons en outre pour ce qui est de l'intrigue que Suzanne refuse de céder au Comte, elle ne veut pas entrer dans la chambre offerte par la Comte. «Et moi, je n’en veux point».

Figaro devra faire face à ce maître ambitieux et sans scrupules, ce qui fait dire à Figaro «de le faire donner dans un bon piège, et d’empocher son or»

Le thème

Le thème de la pièce est l'amour, il unit Suzanne et Figaro, on peut donc parler de badinage amoureux. Une métonymie précieuse : « l'œil amoureux » désigne Figaro.

Nous pouvons relever le champ lexical de l'affection et de l'intimité :

« ma charmante», «belle fille», «mon fils», « ma petite Suzanne», «mon ami», «bon garçon», «mon petit fi, fi, Figaro».

Le champ lexical du mariage permet l'alliance dans l'amour des deux êtres :

«noces», «époux», «sa femme», «dot», «mariant», «épousée», «ta fiancée», «amant», «mon mari».

Parmi les figures de style, nous relèverons la métonymie : «l'oeil amoureux d'un époux » qui connote l'amour dans la promesse d'union des deux personnages.

Le mariage prévu est un mariage d'amour, Suzanne s'offre à l'aimé « le bouquet virginal » qui souligne la pureté de la jeune femme. Ils sont proches, intimes, se tutoient même si parfois le vouvoiement est utilisé dans le cadre d'un badinage courtois par exemple : «Quand cesserez-vous, importun, de m’en parler du matin au Soir ?». Nous sommes dans le jeu de l'amour courtois « Es-tu mon serviteur, ou non » ?

  • Questions possibles =

  • Où la scène se passe t'-elle ? Citez pour justifier votre réponse
  • Quels sont les personnages principaux
  • De quoi est-il question dès l'ouverture ?
  • Les valets ont-ils une place essentielle ?
  • Quel est le personnage absent ?
  • Quand l'action se situe t'-elle ? A quel moment cela correspond t'-il ?
  • Qu'apprenons-nous de l'intrigue ?
  • Relevez un paradoxe relativement au Comte
  • Que savons-nous du Comte dès la scène d'exposition ? Quel portrait pouvez-vous en faire ?
  • Quel est le thème de la scène ?
  • Relevez une métonymie
  • Relevez le champ lexical du mariage et de l'amour
  • Quelles sont les traces du badinage courtois ? Relevez une expression qui le traduit


beaumarchais

 

II – Une scène annonciatrice d'une comédie

Cette scène d'exposition est annonciatrice d'une comédie ainsi que le suggèrent le comique de geste et de mots.

Les actions sont suggérées et évoquées par l'intermédiaire des didascalies : «lui prend les mains», «se frottant la tête», «Figaro l’embrasse», «court après elle».

Les personnages sont en action, en mouvement tout au long de la scène. Il n'y a pas d'immobilité ou de retranchement de ces derniers. Nous notons la présence des verbes d'actions des didascalies (indications scéniques qui renseignent le lecteur).

Le comique de geste se double d'un comique de mots. Dans le cadre d'un échange entre les deux futurs époux, nous constatons la présence d'un comique verbal propre au langage un peu imagé voire un peu cru du couple. «mon mignon», «volée de bois vert appliquée sur une échine, a dûment redressé la moelle épinière à quelqu’un», «zeste», «crac», «friponne».

Il est très manifeste et s'exprime clairement chez Suzanne par le second degré, par l'ironie.

Des allusions : «en deux pas, il est à ma porte, et crac, en trois sauts…» .

Elle réutilise la phrase de Figaro ce qui redouble l'effet comique. Figaro ne saisit pas vraiment l'allusion, elle tente alors avec la litote « il espéra que ce logement ne nuira pas » d'avouer les intentions du Comte à Figaro de manière ironique. En outre, elle fait preuve d'esprit sarcastique lorsqu'elle décrit Bazile : «Et c’est ce que le loyal BAZILE, honnête agent de ses plaisirs, et mon noble maître à chanter, me répète chaque jour, en me donnant leçon».

Questions possibles =

  • Montrez que cette scène est annonciatrice de la comédie
  • Analysez le comique de geste en relevant les expressions qui le suggèrent
  • Relevez les verbes d'action et les didascalies évocatrices du comique gestuel
  • En quoi consiste le comique de mots
  • Relevez les expressions propres au comique verbal
  • Relevez les expressions du comique de mots propre au langage imagé
  • Relevez les marques d'ironie de Suzanne : montrez qu'elles reflètent le comique verbal essentiel de la scène
  • Quelle phrase de la scène traduit le double effet comique : citez et expliquez
  • Suzanne fait-elle preuve d'esprit sarcastique concernant Bazile ?


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III – Une scène qui est une critique sociale

Cette scène d'exposition est aussi une critique sociale. Le contexte le suggère dès le début car en effet nous avons concernant les décors des didascalies évocatrices d'un milieu social assez pauvre : «Le théâtre représente une chambre à demi démeublée ; un grand fauteuil de malade est au milieu». De plus la chambre du Comte Almaviva est pour des raisons pratiques très proches de celles des valets de manière à pouvoir se faire servir lorsqu'il le désire. La chambre prend donc une valeur symbolique, elle connote le rapport maître/valet. Précisons que le don du Comte est en réalité un cadeau intéressé, car il lui confère un droit sur Suzanne : il met donc ses serviteurs où bon lui semble pour mieux s'en servir. Une tentative d'émancipation de Suzanne transparaît dans son refus du cadeau du Comte lorsqu'elle dit : « je n'en veux point ». Beaumarchais fait preuve d'humour ainsi que l'ironie évoquée plus haut le suggère. Les serviteurs sont sur le point de se marier et ils se suffisent dans leur amour partagé, ils deviennent très vite attachants et le lecteur/spectateur se range de leur côté. Ils sont sincères et s'opposent en ce sens à l'état d'esprit manipulateur et intéressé du maître. Il sait se servir de Figaro, de Suzanne et utilise également Bazile pour exercer une certaine pression sur Suzanne.

  • Questions possibles =

  • En quoi cette scène d'exposition est-elle aussi une critique sociale ?
  • Cela est-il suggéré dès le début ? Comment ? Expliquez et citez le texte
  • De quoi les didascalies sont-elles évocatrices ?
  • Expliquez l'importance de la chambre dans la scène et montrez qu'elle renseigne le lecteur sur les rapports maîtres et valets
  • Quelle image le lecteur a t'-il du couple Figaro/Suzanne dans son opposition au Comte ?

Conclusion

Cette scène d'exposition est une traditionnelle, elle renseigne le lecteur spectateur sur les lieux, le temps, les personnages et l'intrigue de l'histoire. En outre, l'exposition annonce à la fois la comédie à venir et la critique sociale. Beaumarchais remplit donc toutes les fonctions dans sa scène qui instruit et incite le lecteur à poursuivre sa lecture. C'est une scène informative et incitative.


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Dépassement

Le théâtre = un genre littéraire idéal pour une critique sociale

Le valet dès le début de cette pièce a une certaine supériorité sur le maître ce qui met en avant les injustices sociales et appelle à une société plus égalitaire = écho à l'idéal des lumières.

Le théâtre = un genre littéraire idéal pour débattre des questions sociales en plaisant au lecteur spectateur = plaire et instruire.

Toucher un large public sur une question importante en faisant rire. Mais c'est un rire sérieux car la question des injustices sociales est grave.

Figaro et Suzanne = des valets traditionnels ?

Beaumarchais nous présente un valet, Figaro, valet de comédie du XVIIe, il est naif et ne mène pas la scène. On le découvre dévoué à son maître, il est le valet traditionnel. Suzanne au contraire est plus lucide et plus subtile. C'est une jeune femme honnête, pleine d'esprit et capable d'ironie en toutes choses. Elle sait mener ses affaires, elle a certes des traits de caractère de la servante traditionnelle mais elle est émancipée, elle sait tenir tête et parfois avec obstination. C'est elle qui mène la scène « il faudrait m'écouter », ou encore « apprends qu'il... ». Face à ses deux valets, nous avons un maître qui s'est juste « donné la peine de naître, et rien de plus». Ils font donc dès l'ouverture figure de valets contestataires.


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BEAUMARCHAIS : LE MARIAGE DE FIGARO : ACTE I SCENE 10

Commentaire littéraire et oral EAF

Introduction :

Situation de la scène :

Nous allons étudier la scène 10 de l'acte I du Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Nous savons que dans la scène 8, le Comte a avoué son penchant pour Suzanne, il renouvelle sa demande de rendez-vous galant. Il décide de se cacher lorsque Basile entre dans la pièce et se retrouve avec le jeune Chérubin banni pour avoir eu une liaison avec Fanchette, la fille du jardinier. Puis, c'est l'heure des explications. Le comte furieux en vient à s'opposer au mariage de Figaro et de Suzanne, il se dévoile enfin comme il est vraiment, calculateur, libertin, fourbe et abusant de son pouvoir.

Dans la scène 10, Figaro provoque le comte et le pousse à renoncer à Suzanne. Les acteurs de scène sont nombreux, il y a le compte, Figaro, la comtesse, Fanchette, une foule de servants.

C'est Figaro qui investit la scène, il prend le Comte au piège et se montre très habile. Les sous-entendus et apartés sont nombreux, les personnages portent un masque = théâtre dans le théâtre. Le Comte lui-même doit assumer son masque.


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Lecture de la scène :

Scène 10

CHÉRUBIN, SUZANNE, FIGARO, LA COMTESSE, LE COMTE, FANCHETTE, BAZILE ; beaucoup de valets, paysannes, paysans vêtus de blanc.

FIGARO, tenant une toque de femme, garnie de plumes blanches et de rubans blancs, parle à la Comtesse : Il n'y a que vous, Madame, qui puissiez nous obtenir cette faveur.
LA COMTESSE : Vous les voyez, Monsieur le Comte, ils me supposent un crédit que je n'ai point : mais comme leur demande n'est pas déraisonnable...
LE COMTE, embarrassé : Il faudrait qu'elle le fût beaucoup...
FIGARO, bas à Suzanne : Soutiens bien mes efforts.
SUZANNE, bas à Figaro : Qui ne mèneront à rien.
FIGARO, bas : Va toujours.
LE COMTE, à Figaro : Que voulez-vous ?
FIGARO : Monseigneur, vos vassaux, touchés de l'abolition d'un certain droit fâcheux, que votre amour pour Madame...
LE COMTE : Eh bien, ce droit n'existe plus, que veux-tu dire ?
FIGARO, malignement : Qu'il est bien temps que la vertu d'un si bon maître éclate ; elle m'est d'un tel avantage, aujourd'hui, que je désire être le premier à la célébrer à mes noces.
LE COMTE, plus embarrassé : Tu te moques, ami l'abolition d'un droit honteux n'est que l'acquit d'une dette envers l'honnêteté. Un Espagnol peut vouloir conquérir la beauté par des soins ; mais en exiger le premier, le plus doux emploi, comme une servile redevance, ah ! c'est la tyrannie d'un Vandale, et non le droit avoué d'un noble Castillan.
FIGARO, tenant Suzanne par la main : Permettez donc que cette jeune créature, de qui votre sagesse a préservé l'honneur, reçoive de votre main publiquement la toque virginale, ornée de plumes et de rubans blancs, symbole de la pureté de vos intentions ; adoptez-en la cérémonie pour tous les mariages, et qu'un quatrain chanté en choeur rappelle à jamais le souvenir...
LE COMTE, embarrassé : Si je ne savais pas qu'amoureux, poète et musicien sont trois titres d'indulgence pour toutes les folies...
FIGARO : Joignez-vous à moi, mes amis.
TOUS ENSEMBLE : Monseigneur ! Monseigneur !
SUZANNE, au Comte : Pourquoi fuir un éloge que vous méritez si bien ?
LE COMTE, à part: La perfide !
FIGARO: Regardez-la donc, Monseigneur ; jamais plus jolie fiancée ne montrera mieux la grandeur de votre sacrifice.
SUZANNE : Laisse là ma figure, et ne vantons que sa vertu.
LE COMTE, à part : C'est un jeu que tout ceci.
LA COMTESSE : Je me joins à eux, Monsieur le Comte et cette cérémonie me sera toujours chère, puisqu'elle doit son motif à l'amour charmant que vous aviez pour moi.
LE COMTE : Que j'ai toujours, Madame ; et c'est à ce titre que je me rends.
TOUS ENSEMBLE: Vivat
LE COMTE, à part : Je suis pris. (Haut.) Pour que la cérémonie eût un peu plus d'éclat, je voudrais seulement qu'on la remit à tantôt. (A part.) Faisons vite chercher Marceline.

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro


beaumarchais

Analyse littéraire et questions possibles à l'oral sur la scène :

Plan possible pour un commentaire

I – La bataille contre le Comte

II – Le Comte prisonnier de ses masques

Problématique :

Montrez en quoi cette scène est un contre-portrait du Comte et une comédie sociale.

Analyse de la scène

I – La bataille contre le Comte

Il est question d'affronter et de faire tomber le pouvoir trop arbitraire du Comte. Figaro se met en scène de manière très convaincante et habile afin d'exercer à l'aide d'un certain nombres d'armes une pression sur le Comte pour que ce dernier cesse d'exercer ainsi sa domination et renonce à Suzanne.

La flatterie est une des armes utilisée par Figaro : un stratagème efficace

Un contre-portrait du Comte

Il le complimente de manière exagérée afin d'impliquer le Comte dans le jeu. Sa moquerie est manifeste, le spectateur n'est pas dupe. Il est ici question de dénoncer le pouvoir et le fonctionnement faux et manipulateur de la cour à travers le Comte. C'est une bataille qui s'engage pour prendre au piège le Comte avec les compliments qui sont à double tranchant. Ils sont de vraies armes pour Figaro qui s'en sert pour attaquer le maître qui se retrouve coincé dans son masque de fourbe libertin et qui ne peut révéler la vérité sous peine de faire tomber le masque de façon publique et d'avouer ses vices et ses travers. Le Comte décide alors de céder à la demande de Figaro, le trompeur est révélé, il doit céder et se déclarer vaincu. Le valet dépasse le maître dans l'art de manipuler. Nous pouvons citer : « la vertu d'un si bon maître », il utilise ici une antiphrase pour dire le contraire de ce qu'il pense et faire valoir l'ironie afin de mettre en avant la véritable image du Comte. Il se sert aussi d'hyperboles. Suzanne et la Comtesse vont dans le sens de Figaro «l'amour charmant ». Figaro fait de Suzanne sa complice et par la didascalie l'invite à le suivre «bas à Suzanne », « soutiens bien mes efforts ». Ainsi les personnages vont renchérir l'image que le Comte aime donner de lui-même pour le forcer à se déclarer vaincu ainsi que le suggère le champ lexical de l'honnête homme = l'homme idéal.

  • Questions possibles à l'oral :

  • Montrez qu'il s'agit d'un contre-portrait
  • Quelles sont les armes de Figaro pour combattre le Comte ?
  • Que veut Figaro ?
  • Comment le spectateur prend t'-il position dans cette bataille verbale ?
  • Est-il dupe ?
  • Montrez que les compliments sont à double tranchant
  • Analysez l'importance du masque dans la pièce
  • Quelle est l'image du Comte ? Relevez les citations du texte pour justifier votre réponse et faîtes un portrait du maître avec plusieurs adjectifs qualificatifs.
  • Comment Figaro se révèle t'-il dans l'art de la manipulation ?
  • Relevez une antiphrase : analysez l'ironie
  • Relevez les hyperboles ?
  • Comment Suzanne réagit-elle ?
  • Les didascalies sont-elles importantes ?
  • Quel est le rôle de la foule ?

 

Les témoins de la scène

Le stratagème de Figaro a son effet et d'autant plus qu'il a un certain nombre de témoins. C'est un argument de poids car cette foule anonyme empêche le Comte de résister. Il ne peut ainsi pas démentir les compliments et flatteries de Figaro sans se perdre, sans perdre la face devant ses sujets qui le regardent et l'écoutent. La présence des témoins lui confère de la crédibilité et cette foule est interpellée « joignez-vous à moi mes amis » par Figaro lui-même. Si la foule reste anonyme, elle se démarque néanmoins grâce à la didascalie « tous ensemble ». Ici domine la solidarité contre l'arbitraire du Comte. La foule s'exerce pour faire valoir ses droits contre un seul individu, le Comte. On peut parler de comédie sociale car il s'agit de défendre la liberté des individus et de critiquer la domination d'un seul sur le peuple. La foule est le symbole de l'expression sociale.

  • Les questions possibles :

  • Le stratagème de Figaro est-il efficace ?
  • La rhétorique est-elle habile ?
  • Le Comte peut-il résister ?
  • Peut-il démentir les compliments et les flatteries de Figaro ?
  • Comment cette foule contribue t'-elle et se solidarise t'-elle avec Figaro ?
  • Analysez la didascalie « Tous ensemble »
  • Peut-on parler de comédie sociale ?
  • La foule est-elle le symbole de l'expression sociale ?


beaumarchais

II – Le Comte prisonnier de ses masques

Une victoire, celle de Figaro. Une défaite, celle du Comte

Face à Figaro et à cette foule solidaire, le Comte est en position d'infériorité. Il perd la bataille, il se sent impuissant, il enrage «la perfide », «c'est un jeu que tout ceci ». Figaro le prend en otage dans ce jeu où tout le monde avance masqué = théâtre dans le théâtre. Une mise en abîme qui fait fuir le Comte « je suis parti » en aparté. Il est vaincu et Figaro gagne la bataille. Les didascalies sont essentielles dans cette scène car elles dévoilent les véritables pensées des personnages. La défaite du Comte est certaine mais pour ne pas s'avouer complètement vaincu, il joue les faux modestes face à cette masse qui le regarde et l'écoute : il se valorise par l'antithèse «Vandale..., noble Castillan », il prétend regretter ses abus de pouvoir et ne dévoile pas ses penchants pour le libertinage et la séduction.

  • Questions possibles :

  • Relevez les expressions du texte qui montrent que le Comte se trouve en position d'infériorité et impuissant face à Figaro
  • Relevez les expressions qui traduisent sa colère
  • Analysez la mise en abîme
  • Le Comte joue t'-il la comédie jusqu'au bout ?
  • Comment se valorise t'-il malgré tout ?

L'art de la simulation

Le Comte est faux, il simule, il s'invente un personnage qu'il n'est pas, il cache, il prétend, il se valorise, il feint mais il est piégé par un valet qui a outrepassé ses droits. Cependant, s'il cède, il n'en n'est pas moins dupe, il sait que Figaro l'a piégé et joue avec lui le jeu de la bienveillance et du repentir mais il n'en n'est rien. Sa mauvaise foi ne trompe plus personne. A ce stade, les répliques du Comte sont essentiellement en apartés soulignant ainsi les non-dits très pesants dans ce passage mais que le lecteur spectateur sait interpréter. Le Comte est en fait prisonnier de son image de despote éclairé. Il semble accepter sa défaite ce que connote le verbe "se rendre" = c'est une comédie dans une comédie.

  • Questions possibles :

  • Le Comte est-il maître dans la dissimulation et la simulation ? Justifiez votre réponse en citant
  • Sa mauvaise foi trompe t'-elle encore ?
  • Quel rôle les apartés jouent-ils ?
  • Le lecteur est-il en mesure d'interpréter les non-dits ? Est-il complice de Figaro ?

Conclusion :

Cette scène est essentielle car elle met en avant le rôle maître/Valet dans la pièce en inversant les rôles. Le valet domine et fait face à son maître qui se voit vaincu par le stratagème de son serviteur. Le Comte est ridiculisé en public. La rhétorique de Figaro est si habile que la pression sur le Comte est renforcée par la présence de la foule anonyme qui devient le témoin de la bataille.

Ainsi cette scène est un procès de la noblesse. La tyrannie du Comte est dénoncée, le peuple veut faire céder le pouvoir féodal

 

beaumarchais

Analyse littéraire et oral EAF, III, 5

Texte

 

LE COMTE, radouci. Ce n'est pas ce que je voulais dire ; laissons cela. J'avais... oui, j'avais envie de t'emmener à Londres, courrier de dépêches... Mais, toutes réflexions faites...

FIGARO. Monseigneur a changé d'avis ?

LE COMTE. Premièrement, tu ne sais pas l'anglais.

FIGARO. Je sais God-dam.

LE COMTE. Je n'entends pas.

FIGARO. Je dis que je sais God-dam.

LE COMTE. Eh bien ?

FIGARO. Diable ! C'est une belle langue que l'anglais ! Il en faut peu pour aller loin. Avec God-dam, en Angleterre, on ne manque de rien nulle part. - Voulez-vous tâter d'un bon poulet gras ? Entrez dans une taverne, et faites seulement ce geste au garçon. (Il tourne une broche.) God-dam ! On vous apporte un pied de boeuf salé, sans pain. C'est admirable. Aimez-vous à boire un coup d'excellent bourgogne ou de clairet ? Rien que celui-ci. (Il débouche une bouteille.) God-dam ! On vous sert un pot de bière, en bel étain, la mousse aux bords. Quelle satisfaction ! Rencontrez-vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en arrière, et tortillant un peu des hanches : mettez mignardement tous les doigts unis sur la bouche. Ah ! God-dam ! Elle vous sangle un soufflet de crocheteur : preuve qu'elle entend. Les Anglais, à la vérité, ajoutent par-ci, par-là, quelques autres mots en conversant ; mais il est bien aisé de voir que God-dam est le fond de la langue ; et si Monseigneur n'a pas d'autre motif de me laisser en Espagne...

LE COMTE, à part. Il veut venir à Londres ; elle n'a pas parlé.

FIGARO, à part. Il croit que je ne sais rien ; travaillons-le un peu dans son genre.

LE COMTE. Quel motif avait la Comtesse pour me jouer un pareil tour ?

FIGARO. Ma foi, Monseigneur, vous le savez mieux que moi.

LE COMTE. Je la préviens sur tout, et la comble de présents.

FIGARO. Vous lui donnez, mais vous êtes infidèle. Sait-on gré du superflu à qui nous prive du nécessaire ?

LE COMTE. ... Autrefois tu me disais tout.

FIGARO. Et maintenant je ne vous cache rien.

LE COMTE. Combien la Comtesse t'a-t-elle donné pour cette belle association ?

FIGARO. Combien me donnâtes-vous pour la tirer des mains du docteur ? Tenez, Monseigneur, n'humilions pas l'homme qui nous sert bien, crainte d'en faire un mauvais valet.

LE COMTE. Pourquoi faut-il toujours du louche en ce que tu fais ?

FIGARO. C'est qu'on en voit partout quand on cherche des torts.

LE COMTE. Une réputation détestable !

FIGARO. Et si je vaux mieux qu'elle ? Y a-t-il beaucoup de seigneurs qui puissent en dire autant ?

LE COMTE. Cent fois je t'ai vu marcher à la fortune, et jamais aller droit.

FIGARO. Comment voulez-vous ? La foule est là : chacun veut courir : on se presse, on pousse, on coudoie, on renverse, arrive qui peut ; le reste est écrasé. Aussi c'est fait ; pour moi, j'y renonce.

LE COMTE. A la fortune ? (A part.) Voici du neuf.

FIGARO, à part. A mon tour maintenant. (Haut.) Votre Excellence m'a gratifié de la conciergerie du château ; c'est un fort joli sort : à la vérité, je ne serai pas le courrier étrenné des nouvelles intéressantes ; mais, en revanche, heureux avec ma femme au fond de l'Andalousie...

LE COMTE. Qui t'empêcherait de l'emmener à Londres ?

FIGARO. Il faudrait la quitter si souvent que j'aurais bientôt du mariage par-dessus la tête.

LE COMTE. Avec du caractère et de l'esprit, tu pourrais un jour t'avancer dans les bureaux.

FIGARO. De l'esprit pour s'avancer ? Monseigneur se rit du mien. Médiocre et rampant, et l'on arrive à tout.

LE COMTE. ... Il ne faudrait qu'étudier un peu sous moi la politique.

FIGARO. Je la sais.

LE COMTE. Comme l'anglais, le fond de la langue !

FIGARO. Oui, s'il y avait ici de quoi se vanter. Mais feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore ; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n'est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage, répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets, intercepter des lettres, et tâcher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meurs !

LE COMTE. Eh ! C'est l'intrigue que tu définis !

FIGARO. La politique, l'intrigue, volontiers ; mais comme je les crois un peu germaines, en fasse qui voudra ! J'aime mieux ma mie, ô gué ! comme dit la chanson du bon Roi.

LE COMTE, à part. Il veut rester. J'entends... Suzanne m'a trahi.

FIGARO, à part. Je l'enfile, et le paie en sa monnaie.

LE COMTE. Ainsi tu espères gagner ton procès contre Marceline ?

FIGARO. Me feriez-vous un crime de refuser une vieille fille, quand Votre Excellence se permet de nous souffler toutes les jeunes !

LE COMTE, raillant. Au tribunal le magistrat s'oublie, et ne voit plus que l'ordonnance.

FIGARO. Indulgente aux grands, dure aux petits...

LE COMTE. Crois-tu donc que je plaisante ?

FIGARO. Eh ! Qui le sait, Monseigneur ? Tempo è galant' uomo, dit l'italien ; il dit toujours la vérité : c'est lui qui m'apprendra qui me veut du mal ou du bien.

LE COMTE, à part. Je vois qu'on lui a tout dit ; il épousera la duègne.

FIGARO, à part. Il a joué au fin avec moi, qu'a-t-il appris ?

beaumarchais

 

 

 

Le mariage de Figaro, acte III, scène 5, 1775

BEAUMARCHAIS

 

Comment la confrontation du maitre et du valet permet-elle à celui-ci de critiquer la politique de l’époque ?

 

 

 

Code couleurs: argument procédé citation

 

  1. Un jeu de manipulation réciproque

Cette scène est une joute verbale entre les 2 protagonistes qui essaient de manipuler l’autre.

 

  1. Les stratagèmes du comte

Le comte veut manipuler et faire parler son valet. Il essaie  de l’amadouer pour qu’il aille à Londres en chantant ses louanges et misant sur son ambition et sa carrière « Avec du caractère et de l’esprit, tu pourrais un jour t’avancer dans les bureaux. » (l. 24-25) (ce qui sous-entend que Figaro a du caractère et de l’esprit), utilisation du conditionnel

Figaro ne se laisse néanmoins pas berner et réplique à son maitre.

 

  1. La ruse de Figaro

Quand le comte attaque son valet en l’accusant de le trahir pour de l’argent « Combien la comtesse t’a-t-elle donné pour […] » (l.3) Figaro réplique en rappelant à son maitre qu’il l’aidait auparavant gratuitement et qu’il devrait se méfier de son comportement s’il ne veut pas que cela se retourne contre lui (menace implicite)

Le comte met en avant l’infériorité de son valet vis-à-vis de lui à la ligne 28 « …Il ne faudrait qu’étudier un peu sous moi la politique. » mais Figaro refuse cette relation maitre > élève et va pour cela dévaloriser la politique, ainsi le comte perd sa crédibilité puisque la politique devient un art de l’imagination et du paraitre et les politiciens sont des charlatans.

 

 

Questionnaire possible :

  • - Comment le comte s'y prend t'-il pour manipuler son valet? Dans quel but? Citez le texte pour justifier votre réponse
  • - Que traduit le conditionnel
  • - Figaro se laisse t'-il berner? Montrez en quoi
  • - Montrez la menace implicite de Figaro ; quel est l'argument? La citation? Le procédé?
  • - Comment le valet perçoit-il sa condition de valet? Accepte t'-il l'infériorité de sa condition vis-à-vis de son maître?
  • - Peut-on dire de Figaro qu'il soit habile d'un point de vue rhétorique?
  • - Que traduisent l'antithèse et le parallélisme? les signes extérieurs de la relation conjugale (cadeaux) et l'authenticité des sentiments.
  • - Sur quoi Figaro met-il l'accent? Sur la différence entre la générosité, le luxe "superflu" et le délaissement de la femme par l'époux qui est une réalité, "le nécessaire"
  • - Cette remarque se fait de manière très habile par l'intermédiaire de la généralisation : relevez les pronoms qui souligne cette dénonciation : les pronoms "on " et "qui".
  • - Le comte est-il de ce fait invité à se remettre en question? Oui, c'est pour lui un véritable examen de conscience.
  • - Relevez l'antiphrase méprisante du comte qui montre qu'il y a une véritable violence verbale : "cette belle association"
  • - De quoi se plaint Figaro? De l'ingratitude de son maître qu'il a toujours servi avec dévouement. Il inverse les attaques de son maître qui reproche à son valet sa trahison "autrefois tu me disais tout".

 

 

  1. La satire de la politique

Mais derrière cet affrontement se cache une satire de la politique de l’époque que l’on retrouve dans les paroles du valet.

 

  1. Un monde de tromperie et de mensonges

A travers le discours de Figaro se dévoile la critique d’un monde mensonger, avec par exemple une accumulation d’actions peu louables qui s’inscrivent dans le champ lexical de la tromperie et du théâtre « Mais, feindre d’ignorer ce qu’on sait de savoir tout ce qu’on ignore » « paraitre » « jouer un personnage »

La politique n’est donc qu’une question de paraitre, de tromperie et de mise en scène.

 

  1. Un univers de vanité et d’incompétence

La politique est certes comparée à du théâtre mais elle est encore pire car derrière le masque, il n’y a rien. La politique est caractérisée par une absence d’esprit on relève un lexique péjoratif synonyme de légèreté d’esprit « vide et creux » (l.35) « médiocre et rampant » (l.27). Les politiciens n’ont aucune personnalité.

 

  1. Une satire dirigée au public

Cette critique s’adresse à un public au-delà de la scène. En effet, la pièce est écrite en réelle critique de la politique, le public assistant à la scène est donc directement visé : c’est la double énonciation, notamment visible aux apartés des lignes 16 et 17 « A part »

Figaro utilise également un présent de vérité générale ce qui élargit l’action a un grand nombre de personnes « chacun veut courir » (l.13)

Utilisation du pronom indéfini « on » pour élargir le public concerné « et l’on arrive à tout » (l.27)

 

Questionnaire possible :

  • - Montrez qu'à travers le discours de Figaro se cache une satire de la politique
  • - Relevez le champ lexical de la tromperie et du théâtre
  • - Que fait Figaro de la question politique? A quoi la résume t'-il?
  • - Analysez le lexique péjoratif relatif à la politique
  • - Que traduit la double énonciation?
  • - Relevez le présent de vérité générale et montrez son impact sur la satire
  • - La noblesse est-elle visée à travers le comte? Montrez comment Figaro exprime sa supériorité morale sur les nobles. Opposition entre le pronom personnel "je" et les "seigneurs". Il remet en question la considération due aux bien nés, aux nobles de naissance.
  • - La prise de position de Figaro est-elle évidente? Oui
  • - A quoi le voit-on ? On le voit grâce à l'accumulation des verbes d'action relatifs à la rivalité et aux violences diverses exercées sur la foule, "on " pour dire les humbles, les roturiers et "le reste" pour l'exprimer de manière encore plus péjorative.
  • - Comment le valet valorise t'-il l'homme au détriment du "valet"? La condition sociale peut dégrader l'individu donc Figaro utilise des termes génériques pour bien marquer la différence entre l'homme et le valet. Il valorise ainsi la nature humaine et non l'appartenance sociale.
  • - Que veut dénoncer Beaumarchais? L'injustice et l'inégalité pour celui qui est privé des privilèges liés à la naissance.

 

Les idées essentielles de la conclusion

- Cette scène dévoile un jeu de manipulation réciproque avec les stratagèmes du comte et les ruses de Figaro mais aussi une satire de la politique, monde de tromperies et de mensonges, univers de vanité, une satire qui s'adresse au public; Ainsi la confrontation du maître et du valet permet la critique de la politique de l'époque. Ce passage est une véritable joute verbale qui marque la rivalité entre le tiers état et la noblesse. Beaumarchais permet d'affirmer les droits du tiers états en faisant de Figaro un véritable porte parle des roturiers. En ce sens, la condition humaine étant valorisée sur sa condition sociale, l'homme et sa condition étant bien distinctement perçus, nous pénétrons dans l'esprit des Lumières.

 Ouverture possible :

Figaro en tant que porte parole de Beaumarchais incarne t'-il les idéaux des Lumières? 

beaumarchais

 

 

Etudes d'ensemble :

 

*** Pour aller plus loin

 

  • - Etudier l'évolution des formes dramatiques de l'Antiquité à nos jours
  • - Analysez la symbolique des personnages maîtres et valets

 

L’évolution des formes dramatiques de l’Antiquité à nos jours

Le terme « théâtre » vient du grec theatron et signifie « le lieu où l'on regarde ». Le théâtre est ainsi avant tout un espace de spectacle. Né dans l'Antiquité grecque, il est devenu un genre littéraire qui s'est épanoui de manière diversifiée en fonction des époques.

Antiquité  : Le théâtre grec, marquant les débuts du genre théâtral, a une origine religieuse et est en l’honneur du dieu Dionysos. Les représentations théâtrales sont faites durant les fêtes. A cette époque, seuls les hommes pouvaient jouer  ; leur jeu était peu développé et la parole était privilégiée. Les costumes étaient essentiels pour comprendre le rôle des acteurs. Le théâtre romain s’inspire énormément du théâtre grec, ayant une dimension à la fois religieuse et politique. En effet, le théâtre était ouvert à tous et organisé par l’Etat lors des jeux.

Le Moyen Age  : Au 13ème siècle, le théâtre se joue sur la place du village ou de la ville. Les spectateurs sont des « bourgeois » (habitants du bourg). Se distinguent deux genres  : les mystères (théâtre religieux) et les farces. Mais au 16ème siècle le théâtre décline, les mystères sont interdits par l’Eglise et elle condamne cet art.

Le XVIIème  : Le XVIIème siècle marque l’apogée du théâtre. Bien que toujours très mal vu par le clergé qui veut excommunier les comédiens, c’est un art très apprécié, reconnu par Richelieu comme étant un art officiel en 1630. Il est alors divisé en deux genres  : la comédie et la tragédie. C’est un théâtre majoritairement classique qui respecte des règles. Les plus célèbres dramaturges font partie de ce siècle  : Molière, Racine, Corneille.

Le XVIIIème  : Siècle des lumières, le théâtre devient un moyen pédagogique de faire passer ses idées. C’est un théâtre qui tend à se défaire des règles du classicisme. C’est un théâtre pré-révolutionnaire. Marivaux et Beaumarchais en sont les principaux représentants.

Le XIXème  : théâtre romantique, ne suit plus de règles.

Le XXème  : Le théâtre se diversifie et devient très varié. (Jean Anouilh, Marguerite Duras, Yasmina Resa)

La symbolique des personnages maîtres et valets

Le thème maître/valet est récurrent dans le théâtre et surtout dans la comédie. Le théâtre est le reflet d’une réalité sociale et cette thématique permet différentes exploitations. Cette relation est l’image de la société, il y a des nobles, riches et instruits qui dominent et les autres qui subissent. Elle peut aussi donner naissance à beaucoup de comiques variés. C’est une relation oscillant entre rivalité et complicité, pleine d’oppositions. Souvent très stéréotypés, ce sont des personnages appréciés du public.

Groupement de textes : Maîtres et valets au théâtre du XVIIe siècle à nos jours : Moliere pourceaugnac

  • Molière, Dom Juan, III, 1
  • Beaumarchais, le Barbier de Séville, I, 1
  • Alfred de Musset, les Caprices de Marianne, I, 1
  • Jean Genet, les Bonnes

 

Quel est le discours tenu sur les maîtres ? La place du déguisement et la reconnaissance du valet.

Ces extraits nous montrent la difficulté pour les valets de se faire une place dans l'existence : c'est une lutte au quotidien, ils doivent faire appel à leur intelligence et leur sens de la ruse pour y parvenir. Les maîtres ont besoin de leur valet qui sont souvent leur propre miroir. Les thèmes du déguisement et de l'échange des rôles sont annexes à celui des valets et des maîtres. On le voit dans les passages, en particulier dans Dom Juan, il y a échange des costumes pour protéger son maître et dans les Bonnes, on peut parler d'un double échange de personnalités.

Dans Dom Juan = le dialogue est sérieux, le registre comique. Le libertinage s'articule autour du vouvoiement et du tutoiement. Sganarelle tente de communiquer avec Don Juan mais ce dernier refuse, il n'y a pas vraiment de dialogue.

Dans le Barbier de Séville = Figaro a évolué, grâce au comte, il y a une alternance du vouvoiement et du tutoiement. Le registre est comique et ironique. C'est Figaro qui s'octroie le monopole de la parole.

Dans les Caprices de Marianne = le Maître est aveuglé par son orgueil et ses craintes, le registre est comique. Concernant la prise de parole, il y a égalité.

Dans les Bonnes de Genet = Il y a un double échange des personnalités. C'est Madame qui a le monopole de la parole. Nous sommes dans un rapport de domination et de soumission. Nous avons une critique d'une bourgeoise.

beaumarchais

 

 

Le Mariage de Figaro - Beaumarchais

ACTE II
Scène 1

 

SUZANNE, LA COMTESSE entrent par la porte à droite
LA COMTESSE se jette dans une bergère. Ferme la porte, Suzanne, et conte-moi tout dans le plus grand détail.
SUZANNE. Je n'ai rien Caché à Madame.
LA COMTESSE. Quoi ! Suzon, il voulait te séduire ?
SUZANNE. Oh ! que non ! Monseigneur n'y met pas tant de façon avec sa servante:il voulait m'acheter.
LA COMTESSE. Et le petit page était présent ?
SUZANNE. C'est-à-dire caché derrière le grand fauteuil. Il venait me prier de vous demander sa grâce.
LA COMTESSE. Eh, pourquoi ne pas s'adresser à moi-même ? est-Ce que je l'aurais refusé, Suzon ?
SUZANNE. C'est ce que j'ai dit : mais ses regrets de partir, et surtout de quitter Madame ! Ah ! Suzon, qu'elle est noble et belle ! mais qu'elle est imposante !
LA COMTESSE. Est-ce que j'ai cet air-là, Suzon ? Moi qui l'ai toujours protégé.
SUZANNE. Puis il. a vu votre ruban de nuit que je tenais : il s'est jeté dessus...
LA COMTESSE, souriant. Mon ruban ?... Quelle enfance !
SUZANNE. J'ai voulu le lui ôter ; madame, C'était un lion ; ses yeux brillaient... Tu ne l'auras qu'avec ma vie, disait-il en formant sa petite voix douce et grêle.
LA COMTESSE, rêvant. Eh bien, Suzon ?
SUZANNE. Eh bien, madame, est-ce qu'on peut titre finir ce petit démon-là ? Ma marraine par-ci ; je voudrais bien par l'autre ; et parce qu'il n'oserait seulement baiser la robe de Madame, il voudrait toujours m'embrasser, moi.
LA COMTESSE, rêvant. Laissons... laissons ces folies... Enfin, ma pauvre Suzanne, mon époux a fini par te dire ?...
SUZANNE. Que si je ne voulais pas l'entendre, il allait protéger Marceline.
LA COMTESSE se lève et se promène en se servant fortement de l'éventail. Il ne m'aime plus du tout.
SUZANNE. Pourquoi tant de jalousie ?
LA COMTESSE. Comme tous les maris, ma Chère ! uniquement par orgueil. Ah ? je l'ai trop aimé l'je l'ai lassé de mes tendresses et fatigué de mon amour ; voilà mon seul tort avec lui : mais je n'entends pas que cet honnête aveu te nuise, et tu épouseras Figaro. Lui seul peut nous y aider : viendra-t-il ?
SUZANNE. Dés qu'il verra partir la Chasse.
LA COMTESSE, se servant de l'éventail. Ouvre un peu la croisée sur le jardin. Il fait une Chaleur ici ! ...
SUZANNE. C'est que Madame parle et marche avec action. Elle va ouvrir la croisée du fond.
LA COMTESSE, rêvant longtemps. sans cette Constance à me fuir... Les hommes sont bien Coupables !
SUZANNE crie de la fenêtre. Ah ! voilà Monseigneur qui traverse à cheval le grand potager, suivi de PÉDRILLE, avec deux, trois, quatre lévriers.
LA COMTESSE. Nous avons du temps devant nous. (Elle s'assied.) On frappe, Suzon ?
SUZANNE court ouvrir en chantant. Ah ! C'est mon Figaro ! ah ! C'est mon Figaro !


beaumarchais

 


 

Analyse littéraire et oral EAF : II, 1

Cette scène 1 de l'acte II, fait suite aux précédentes qui nous ont familiarisés avec la relation Maître et Valet au masculin, à présent, ce passage nous instruit sur la relation Maître et Valet au féminin.

Dans un second temps, l'intérêt de cette scène tient au portrait fait de la comtesse, un portrait tourmenté.

Plan possible pour une analyse littéraire

I – la relation Maître et Valet au féminin : un duo complice

II – Portrait tourmenté de la Comtesse : un personnage complexe

Problématiques possibles :

En quoi cette scène nous instruit-elle sur la relation Maître et Valet au féminin ?

Cette scène donne t'-elle l'image d'une relation traditionnelle Maître et Valet ?

En quoi le portrait du personnage complexe de la Comtesse contribue t'-il à inciter le lecteur à poursuivre la lecture de la pièce ?


beaumarchais

 

 

 

Etude littéraire et questions possibles à l'oral sur la scène :

I – la relation Maître et Valet au féminin : un duo complice

La relation Maître et Valet : une inégalité sociale mais une égalité dans l'intrigue

On peut noter que la relation Maître et Valet au féminin est a priori dans le respect des conventions ainsi que le suggère le jeu du tutoiement et du vouvoiement. Cela met en évidence la supériorité sociale de la Comtesse sur Suzanne qui s'applique à appeler la Comtesse « Madame » ou «Monseigneur » et «sa servante » pour se désigner.

La Comtesse s'octroie le monopole de la conversation : on le voit car c'est elle qui pose les questions alors que Suzanne y répond, elle corrige, elle rectifie et intervient sur la question de la séduction du Comte sur Suzanne : « il n'y met pas tant de façons », « l'acheter ». Ces détails révèlent le statut social de l'une et de l'autre. La servante se voit parler sur le ton de l'impératif «conte-moi », elle subit l'autorité verbale de sa maîtresse qui conduit la conversation et l'oriente à sa guise.

Une soubrette traditionnelle, c'est ainsi que Suzanne apparaît au lecteur spectateur. Elle semble fidèle à la Comtesse «c'est ce que j'ai dit », « j'ai voulu lui ôter ». Mais tout en étant fidèle elle garde sa force de caractère et son intelligence dans la plus grande spontanéité. Nous retrouvons souvent ce trait de caractère chez les valets traditionnels au théâtre. Cela est confirmé par le récit malicieux de l'histoire avec Chérubin. Elle sait comment rapporter les faits à la Comtesse et dramatise la situation pour plaire. Elle fait preuve d'une grande finesse et d'une excellente faculté d'adaptation, son intelligence est pratique car elle est avisée et à propos. Elle sait toucher la comtesse par ses exagérations, « c'était un lion, ses yeux brillaient », « tu ne l'auras qu'avec ma vie ». Elle fait preuve d'ironie « en forçant sa petite voix douce et grêle ».

Questions possibles à l'oral :

La relation maître et valet au féminin est-elle conventionnelle ? Relevez les signes de cette relation basée sur les conventions

La Comtesse s'octroie t'-elle le monopole de la conversation ?

Que traduit l'impératif : «conte-moi » ?

Suzanne est-elle une soubrette traditionnelle ?

Quels sont les traits de caractère de Suzanne ? Quelle image donne t'-elle d'elle ?

Pourquoi exagère t'-elle autant ?

Que traduisent ses exagérations ?

Relevez les marques d'ironie

Montrez que Suzanne est d'une grande finesse et capable d'espièglerie

Un duo complice :

Les deux femmes sont complices malgré la relation Maîtresse et Servante. Nous pouvons relever le champ lexical de l'affection « Suzon », « ma pauvre Suzanne », «ma chère ». De son côté, Suzanne se montre fidèle, respectueuse et attentive. Elle sait ignorer le trouble de sa maîtresse et affirme pour ne pas le souligner « c'est que Madame parle et marche avec action ». Il semble même qu'une relation de confiance se soit instaurée «je n'ai rien caché à Madame », « conte-moi tout dans le plus grand détail ». Elles ont un adversaire commun, le Comte. Elles sont donc alliées. Figaro est de ce fait leur seule aide commune comme on le voit à la fin de la scène = complicité et solidarité car elles ont des intérêts communs.

Questions possibles :

Montrez que ce duo est complice

Relevez le champ lexical de l'affection

Relevez les marques de respect

Relevez les expressions du texte qui montrent que Suzanne se veut rassurante envers la Comtesse

Comment expliquez-vous leur complicité et leur solidarité ?

Une servante consolatrice

On voit Suzanne très consolatrice vis-à-vis de la Comtesse blessée. Elle remplace le verbe séduire par acheter car elle insiste ainsi sur le fait qu'il n'y a pas d'amour. Elle lui avoue ses regrets de partir « regret de partir et se dévoile à sa maîtresse dans la plus grande fidélité pour se montrer envers elle, plus rassurante « je n'ai à cacher Madame ». Elle peut sembler la flatter mais c'est pour mieux la rassurée, elle utilise pour parler d'elle un vocabulaire très valorisant « noble », « belle », « imposante ».

Questions possibles :

Relevez les signes, expressions et phrases de Suzanne qui soulignent ses efforts pour consoler la Comtesse blessée

Quel est le but de la flatterie ?


beaumarchais

 

II – Portrait tourmenté de la Comtesse : un personnage complexe

Une femme blessée

Cette scène offre un portrait très précis de la psychologie de la Comtesse. Nous avons l'image d'une femme tourmentée et délaissée. Ses doutes la rongent et trahissent ses sentiments à l'égard de son mari, le Comte. Elle est troublée et toujours amoureuse.

Nous relèverons pour justifier ce point, le lexique de l'amour : "Ah ! je l'ai trop aimé ! je l'ai lassé de mes tendresses et fatigué de mon amour ; voilà mon seul tort avec lui"

Sa douleur vient du fait qu'elle est lucide et qu'elle ne se fait plus beaucoup d'illusions : elle utilise les temps passé pour parler du Comte et ses rapports avec lui sont en mauvais termes, elle est lasse et sait qu'il n'a plus d'amour pour elle : «il ne m'aime plus du tout ».

Derrière le Comte, il y a les hommes comme si tous étaient tel le Comte incapables de fidélité et d'honnêteté dans le couple. « comme tous les maris », « les hommes sont bien coupables ». Elle banalise une situation qui en fait est générale et touche tous les couples, cela apparente ce drame conjugal à une fatalité = comme si l'amour était impossible. Mais sa douleur est bien réelle car ses sentiments authentiques pour le Comte la font se sentir trahie et délaissée. Ses gestes trahissent sa douleur et sa colère. On le voit par la didascalie «se lève et se promène en se servant fortement de l'éventail ». On la sent destabilisée, agitée : La raison semble cependant l'emporter sur la raison, lucide mais aussi raisonnable, elle se dévoile capable de surmonter cette défaite amoureuse.

Le rêve est laissé de côté : Utilisation de l'impératif : "Laissons…".

Questions possibles :

Avons-nous dans cette scène un portrait très précis de la Comtesse ?

Relevez le champ lexical de l'amour

Pourquoi la Comtesse souffre t'-elle de la situation ?

Pourquoi utilise t'-elle les temps passés ?

Expliquez la généralisation faite par la Comtesse autour de Figaro/ Hommes

Qu'implique la notion de fatalité ?

Quels gestes trahissent sa douleur et sa colère ?

Refuse t'-elle le rêve ?

S'en remet-elle à la raison pour surmonter sa trahison et sa défaite amoureuse ?

Une femme troublée par Chérubin

La Comtesse témoigne un intérêt manifeste pour Chérubin. Elle prête une très grande attention à ce que dit Suzanne lorsqu'elle parle de Chérubin. Elle oriente en outre la discussion sur lui dès le début de la scène «Et le petit page était présent » ? Ses questions sont révélatrices. L'histoire du ruban la trahit, « Mon ruban ?... Quelle enfance ! ». Nous soulignerons la ponctuation qui a son importance par ses effets d'insistance ainsi que les didascalies « rêvant » répété deux fois. Donc malgré sa douleur la Comtesse témoigne d'un attachement affectif ou tout du moins d'une certaine affection pour Chérubin. Elle manifeste de la jalousie envers Suzanne lorsque cette dernière avoue la tentative de Chérubin pour l'embrasser. L'ambiguité sur ce point fait place à l'imagination et à l'interprétation du lecteur ainsi que le suggèrent les guillemets.

Questions possibles :

Comment le lecteur se rend t'-il compte que la Comtesse manifeste un intérêt particulier pour Chérubin ?

Quels sont les signes de son trouble à son égard ?

Expliquez en citant le texte pour justifier votre réponse

L'ambiguité est-elle levée ?

Que traduisent les guillemets ?

Quel effet cela a t'-il sur le lecteur ?

Conclusion :

Cette scène nous offre un beau duo, d'une maîtresse et de sa servante tout d'abord, puis de deux femmes complices et solidaires autour du même homme, le Comte. Il s'agit d'entraver les projets de ce dernier. Beaumarchais laisse une grande place aux non-dits ce qui renforce l'effet et l'intensité dramaturgiques de la pièce en invitant le lecteur à poursuivre car il sait éveiller sa curiosité.

Nous avons donc une confrontation de deux femmes qui s'opposent d'un point de vue social mais qui au niveau de l'intrigue sont mises au même niveau : c'est à ce point de la situation particulière que l'intérêt de cette scène se situe.

Document complémentaire sur le Mariage de Figaro : Beaumarchais, V, 3


beaumarchais

 

 

 Questionnaire sur V, 3

I -

Une introspection : le mouvement du monologue

1 -

Sur quoi le monologue s’ouvre t’-il?

Le monologue s’ouvre sur l’image d’un valet désabusé, accablé. Il en veut à Suzanne et à travers elle à toutes les femmes.

2 -

Quel est le mouvement d’ensemble du monologue?

Un défi est  ensuite lancé au comte qui devient un rival. Il s’en prend ensuite à la noblesse, finit par s’asseoir sur un banc et songe. C’est une véritable introspection qui se tourne tout d’abord vers son passé et ses origines, ses nombreuses expériences.

A la fin du monologue, il revient à son point de départ, renouvelle son imprécation mais en employant cette fois, le diminutif affectueux « Suzon » par trois fois qui montre que le personnage a changé d

état desprit. Un bruit de pas le ramène à linstant de crise. Il redevient le valet de comédie, se redresse et se prépare au combat il a retrouvé les forces nécessaires pour affronter son destin. Les didascalies soulignent les phrases successives du monologue. Nous sommes donc passés du conflit à lintrospection, du désespoir dascension sociale à la chute et du rappel du passé à linterrogation sur lidentité. Enfin, malgré sa longueur, le monologue sinscrit parfaitement dans la situation Il trouve naturellement son point de départ dans la jalousie de Figaro.

3 -

A quoi se rapportent les énumérations successives de la tirade de Figaro?

Il énumère environ 12 expériences successives sans lien

évasion de chez les brigands, ses études qui  le conduisent à être vétérinaire, ses déboires d’auteurs, sa comédie censurée pour avoir parlé de la religion musulmane, la rédaction de son mémoire jusqu’à la prison…. Il renonce aux lettres, postule pour un emploi public, se fait barbier.

4 -

Relevez une accumulation

«  La chimie, la pharmacie, la chirurgie »

Que traduit-elle?

Elle marque l’insistance avec laquelle le valet tente de restituer la somme importante d’expériences et l’intensité de ses efforts. Les expériences et connaissances de Figaro sont nombreuses et approchent des domaines très éclectiques . Nous avons l’image d’un valet très polyvalent, complet, cultivé et expérimenté.

5 -

Relevez la phrase du texte révélatrice et caractéristique de son expérience conjugale et de sa déception

« O femme ! Femme! Femme! Créature faible et décevante! … nul animal créé ne peut manquer à son instinct : le tien est-il donc de tromper? … « 

6  -

Relevez la phrase qui traduit la relation conflictuelle entre le comte et son valet, Figaro

« Non, monsieur le Comte, vous ne l’aurez pas… Vous ne l’aurez pas,. Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie! … « 

Précisez l’épanalepse : « vous ne l’aurez pas, vous ne l’aurez pas »

Définir l’épanalepse :

L’épanalepse est une figure de style : L'épanalepse est une répétition simple qui désigne un ensemble de figures secondaires caractérisées par des répétitions de termes

7 -

Ses longues études évoquées dans « j’apprends la chimie… «  sont-elles elles aussi des échecs pour Figaro? Justifiez votre réponse

« J’apprends la chimie, la pharmacie, la chirurgie, et tout le crédit d’un grand seigneur peut à peine me mettre à la main une lancette vétérinaire! »

8 -

Qu’en est-il de son expérience dans le théâtre et l’écriture?

La pièce est  censurée

« et voilà ma comédie flambée »

9 -

Sa création d’un traité de finance est-elle aussi objet de désillusions et d’échecs pour Figaro?

On le fait emprisonner pour « avoir écrit sur la valeur de l’argent et son produit net »  ainsi que le suggère l’euphémisme métaphorique  :

« sitôt je vois du fond d’un fiacre baisser pour moi le pont d’un château fort, à l’entrée je laissai l’espérance et la liberté. »

10 -

Quels sont les trois domaines essentiels d’expérimentation de Figaro?

Il s’agit de la médecine, de la littérature et de l’économie.

11 -

Comment la rapidité du passage de la réussite à l’échec se traduit-elle dans le texte?

Le passage de la réussite à l’échec est systématique et s’exprime par l’emploi de conjonctions à valeur adverbiale : « et », « et voilà ». On note aussi des phrases nominales « auteur espagnol » et la ponctuation : rythme marqué pour la succession.

12 -

Comment ressentez-vous la lassitude et le désespoir de Figaro?

Le lecteur ressent la lassitude et le désespoir de Figaro comme des tremplins pour des nouvelles expériences : « joues creusées », « pour mieux lui offrir la force de se diriger vers un  autre domaine »

beaumarchais

 

 

II -

Un tableau critique de la société du XVIIIème siècle

Les cibles

1 -

Quels sont les  cibles du monologue? Citez les

- La monarchie du siècle des lumières

- censure des ouvrages religieux

- censure du pouvoir politique

2 -

Concernant la société du 18ème siècle : comment l’honnêteté est-elle perçue? A quoi conduit-elle?

L’honnêteté mène à l’échec

3 -

Comment la situation privilégiée des nobles transparait-elle dans ce monologue?

Nous avons une énumération des privilèges dans les premières lignes du monologue, il y a en outre un parallèle avec la situation de roturier qui doit se battre pour subsister. Le comte en revanche a juste besoin de naître = privilège de la naissance.

4 -

Que peut-on dire de la monarchie du siècle des lumières?

Le monologue nous éclaire sur le thème fondamental de la pièce. La naissance et ses privilèges étouffent l

expression du mérite personnel. La critique porte essentiellement sur le fait que la monarchie du siècle des lumières laissait se former nombre de roturiers, mais leur refusait très généralement les places importantes, réservant les emplois aux seuls fils de la noblesse.

5 -

Montrez qu’il y a censure des ouvrages religieux

Il y a censure par le pouvoir religieux incarné par les princes Mahométans.  Beaumarchais critique l’ignorance et l’injustice des censeurs.

La critique porte encore sur la censure des œuvres desprit religieux. La comédie écrite par Figaro est interdite. Nous avons une allusion transparente à la religion chrétienne en matière de pouvoir. Cest la seule satire contre la religion que contient la pièce.

6 -

Faire une brève présentation de la censure du pouvoir politique. En quoi consiste t’-il?

Il y a censure des politique. Elle est dénoncée dans l’absence de liberté d’expression qui se traduisait par des emprisonnements arbitraires.

Nous avons une critique de larbitraire du pouvoir politique concernant la justice pénale qui est mise en valeur par laccumulation verbale. Laccumulation produit un effet comique. Le langage a une fonction dynamique comme Rabelais qui est de susciter le mouvement et le mouvement lui-même éveille le rire. La critique du manque de liberté de la presse repose sur lénumération ironique. La censure est désignée par lantiphrase, « douce liberté ». Cest la satire des différentes formes de censures qui lemporte au détriment de la critique politique Beaumarchais cherche à plaire, non à être original, il se contente de se faire lécho des critiques les plus répandues dans lopinion.

beaumarchais

 

 

Une dénonciation virulente

1 -

Relevez une opposition représentative de la dénonciation des privilèges de la noblesse : Opposition entre les titres » Comte… Seigneur » et « Homme assez ordinaire ».

2 -

Peut-on affirmer que Figaro ironise sur l’absence de mérite qu’ont les nobles dans l’obtention des privilèges? Justifiez votre réponse

Oui, on peut affirmer que Figaro ironise sur l’absence de mérité qu’ont les nobles, on le voit en particulier par le parallélisme « grand Seigneur… grand génie ».

3 -

Par quelle figure de style, Figaro creuse t’-il l’écart de mérite entre lui et le comte?

Grâce à l’hyperbole « Plus de Science et de calculs ».

« Du reste, homme assez ordinaire; tandis que moi, morbleu! Perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on n’en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagne « 

4 -

Quelle figure de style souligne l’immobilisme du système de l’ascension sociale?

L’euphémisme

5 -

Que condamne t’-il avec virulence concernant le pouvoir religieux?

L’ignorance et l’incohérence, car les religieux font aux autres ce qu’ils ne veulent pas qu’on leur fasse.

Conclusion

1 -

Dans quel but Beaumarchais exploite t’-il l’une des fictions du monologue théâtral?

Dans le but de donner au public une connaissance de la vie intérieure du personnage. C’est un procédé dramaturgique pour donner doter le personnage d’une intériorité.


 
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