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Maupassant, Pierre et Jean, Ch.4

maupassant

 

 

 

 

 

 

 

Pierre et Jean, chapitre IV, Maupassant

 

Commentaire bac : séquence roman

 maupassant

Lecture du texte :

Certes, elle avait pu aimer, comme une autre! Car pourquoi serait-elle différente d’une autre, bien qu’elle fût sa mère?

Elle avait été jeune, avec toutes les défaillances poétiques qui troublent le cœur des jeunes être! Enfermée, emprisonnée dans la boutique à côté d’un mari vulgaire et parlant toujours commerce, elle avait rêvé de clairs de lune, de voyages, de baisers donnés dans l’ombre des soirs. Et puis un homme, un jour, était entré comme entrent les amoureux dans les livres, et il avait parlé comme eux.

Elle l’avait aimé. Pourquoi pas? C’était sa mère! Eh bien! Fallait-il être aveugle et stupide au point de rejeter l’évidence parce qu’il s’agissait de sa mère?

S’était-elle donnée?… Mais oui, puisque cet homme n’avait pas eu d’autre amie; -mais oui, puisqu’il était resté fidèle à la femme éloignée et vieillie, - mais oui, puisqu’il avait laissé toute sa fortune à son fils, à leur fils!…

Et Pierre se leva, frémissant d’une telle fureur qu’il eût voulu tuer quelque un Son bras tendu, sa main grande ouverte avaient envie de frapper, de meurtrir, de broyer d’étrangler! Qui? Tout le monde, son père, son frère, le mort, sa mère!

 

 maupassant

LECTURE ANALYTIQUE

 

 

Introduction

Nous allons étudier un extrait de Pierre et Jean de Guy de Maupassant. Notre texte est tiré du chapitre IV en date de 1888. L'histoire de Pierre et Jean relate l'histoire de deux frères dont l'un reçoit un héritage de Léon Maréchal en conséquence de quoi, Pierre va se convaincre que son frère Jean est son en réalité son fils. Les doutes sont tels qu'il va s'en prendre à sa mère à qui il va en vouloir et qu'il va soupçonner d'avoir été infidèle au point de mettre de la distance avec sa famille. Dans notre extrait, nous assistons à l'évolution des tourments de notre personnage toujours inquiété par cet héritage. Sa préoccupation essentielle est d'éclaircir les vrais rapports qui unissent sa mère et Léon Maréchal. Il est à présent seul face aux autres. L'enjeu est de mettre en avant ce véritable combat intérieur et la violence de Pierre s'enfoncer dans une jalousie excessive le mettant en proie à ses sentiments oedipiens dans une violence passionnelle. Il est victime de ses pulsions de mort contre ce couple qu'il jalouse.

 

Annonce du plan :

Dans le but de répondre à la question : en quoi cet extrait reflète t'-il la violence passionnelle, les contradictions et la complexité de Pierre, nous verrons dans un premier temps, le combat intérieur avec les questionnements de Piere et l'évolution et la progression du débat intérieur. En second lieu, dans le cadre de l'étude de la violence, de la jalousie et des pulsions de mort de Pierre, nous insisterons sur l'idée de violence pathologique et de comportement oedipien.

 

Problématique :

En quoi cet extrait reflète t'-il la violence passionnelle, les contradictions et la complexité de Pierre?

 

Analyse de l'extrait :

 

I - Un combat intérieur :

1 - Les questionnements de Pierre

Pierre se heurte à lui-même, son conflit est intérieur. Notre personnage est seul face à lui-même et pourtant ses questionnements s'apparentent à une sorte de dialogue dominé par le discours direct. L'angoisse et les préoccupations de notre personnage se traduisent par une suite de questions et d'interrogations directes. Pour illustrer nos propos, nous citerons les suivantes : « pourquoi serait-elle différente? », « pourquoi pas? », « fallait-il être aveugle? », « s’était-elle donnée? », « qui? »..... Les adjectifs très présents renforcent l'impression de dialogue et de combat intérieur conflictuel. Nous retrouvons le champ lexical de l'enfermement sous forme de série de termes doubles, "enfermée, emprisonnée" ou encore autre série, "aveugle et stupide". Le redoublement est propre au questionnement très animé et très vivant de Pierre, sans cesse en proie à ses tourments intérieurs et avide de vérité.

2 - Evolution et progression du "débat intérieur"

Le combat intérieur s'apparente à un véritable dialogue où les questionnements divers sur le même sujet s'enchaînent dévoilant l'état d'esprit tourmenté de notre héros. Ce conflit évolue et la forme de sa progression ressemble à un débat intérieur. Les différentes étapes de l'évolution sont exposées sous forme de paragraphes, cinq paragrahes qui marquent tour à tour la gradation ascendante des tourments et doutes de Pierre. Tout d'abord, la mère est assimilée à la femme puis généralisée aux femmes estimées semblables les unes aux autres par leur façon d'aimer : "Certes, elle avait pu aimer, comme une autre! Car pourquoi serait-elle différente d’une autre, bien qu’elle fût sa mère?" La comparaison est réductrice, le regard que le héros porte sur les femmes ne semble pas très flatteur. Madame Roland est donc banalisée à une femme est non pas respectée en tant que mère. L'interrogation met encore en avant cet aspect important pour la suite du débat intérieur.

Dans le second, il revient sur le jeune âge de sa mère lorsque l’évènement s’est produit, « elle avait été jeune », « le cœur de jeunes êtres ». Il semble à ce moment de la réflexion que Pierre reconnaisse à sa mère le droit de rêver, de s'évader du quotidien de la vie conjuguale ennuyeuse pour l'aventure avec un autre. L'expression, "défaillances poétiques" et le champ lexical de l'évasion et du rêve "rêvé de clairs de lune, de voyages, de baisers", "comme entrent les amoureux dans les livres, et il avait parlé comme eux" contrastent avec celui du quotidien et du mariage, "Enfermée, emprisonnée dans la boutique à côté d’un mari vulgaire et parlant toujours commerce". Nous avons ainsi l'impression qu'il donne raison à sa mère de s'être évadée de la maison pour une histoire pleine de risques et de nouvelles aventures. Les illusions de la mère sont encouragées par le fils à cet instant et qualifiées de défaillances poétiques : le droit au rêve.

Dès le troisième, la colère se substitue à l’indulgence, le mouvement du texte s’inverse et laisse place aux accusations; Une cassure se produit ainsi que le suggère la répétition des occurrences « sa mère ». "C’était sa mère! Eh bien! Fallait-il être aveugle et stupide au point de rejeter l’évidence parce qu’il s’agissait de sa mère?"

Le quatrième paragraphe nous montre que Pierre tente de se convaincre, "mais oui" dont nous avons trois occurrences. "S’était-elle donnée?… Mais oui", la mère à commis l'irréparable faute, elle a cédé à cet homme, a été infidèle à son mari, a trompé sa famille et pire encore elle avait donné naissance à un garçon, leur garçon : "son fils, à leur fils!…"La jalousie est à son comble, Pierre ne supporte pas cette famille qui n'aurait jamais dû être et dont il ne fait pas partie. On peut imaginer à quel point il doit se sentir étranger comme fils et comme frère. Jean est le fils de Madame Roland, il n'est donc pas non plus son frère, ni un fils légitime mais seulement le fils de Madame Roland, fruit de l'adultère qui a en plus hérité de toute la fortune. On ressent le sentiment d'injustice et de trahison ressenti à cet instant par le héros meurtri dans son âme.

La violence gagne en force dans le dernier paragraphe, « tuer », « qu’il eût voulu tuer quelqu' un". L'évolution de la jalousie et de la violence associée est à son comble et soulignée par la gradation : "frapper, meurtrir, broyer, étranger". Le champ lexical de la violence reflète l'état d'âme du personnage dominé par la haine traduite dans cette phrase : « qui? Tout le monde, son père, son frère, le mort, sa mère! »

Transition :

L'extrait va encore s'intensifier en terme de violence passionnelle. Nous allons voir que cette dernière se traduit de manière pathologique, le comportement devient oedipien.

II - Violence, jalousie et pulsions de mort

1 - Une violence pathologique

La violence ensuite devient pathologique. Sa jalousie s'exprime avec fureur, il n'admet pas le constat de ses réflexions et les conséquences de la situation sont telles qu'il se sent rejeté, exclu, mal et le mal être évolue et s'intensifie au fur et à mesure du texte, la violence progresse. La jeunesse et les égarements qui lui sont propres au début du texte concernant Madame Roland ne sont plus d'actualité, il ne trouve plus d'excuses à sa mère malgré son jeune âge et sa situation difficile de femme mariée au moment des faits relatés. Au début de l'extrait, le rival de Pierre, Léon Maréchal ressemble à l'amoureux dans les livres, celui que les femmes rêvent d'approcher mais à présent, le héros ne relativise plus le contexte de l'époque. Les faits sont évalués à l'état brut et seule la colère à son paroxysme demeure et envahit Pierre. L'infidélité de sa mère ne peut plus être discutée, pardonnée, évaluée, comprise. La rage a remplacé toute compréhension, une rage si démentielle qu'elle s'accompagne d'un désir de meurtre. Le geste du héros trahit cette volonté de vengeance, "son bras tendu, sa main grande ouverte avaient envie de frapper". Le lecteur trouve dans cette affirmation de la colère, la traduction au niveau physique de sa haine intériorisée. L'intensité se trouve encore valorisée par les allitérations en "f" et en "r" : nous pouvons ainsi citer, "frapper", "meurtrir", "broyer", "étrangler", "fureur". La jalousie dont il fait preuve dans ce cas de figure précis, jalousie vis-à-vis de son frère, jalousie vis-à vis de Léon Maréchal et enfin vis-à-vis de sa mère rivalise avec celle d'un mari jaloux et pourtant il n'est que le fils et le frère trompé par sa famille, trahi par les siens.

2 - Un comportement oedipien

Si nous nous référons à la mythologie, nous dirons qu'Oedipe a tué son père et une fois devenu roi a épousé sa mère. Dans le cadre de ce mythe, le garçon rejette le père pour se rapprocher de sa mère. Nous retrouvons la terminologie et l'explication de la psychanalyse. Si nous nous concentrons sur la fin du texte : Et Pierre se leva, frémissant d’une telle fureur qu’il eût voulu tuer quelque un Son bras tendu, sa main grande ouverte avaient envie de frapper, de meurtrir, de broyer d’étrangler! Qui? Tout le monde, son père, son frère, le mort, sa mère! " , nous voyons que Pierre souffre des sentiments contradictoires qui l'animent, l'amour, la haine. Ces derniers trahissent son comportement oedipien. Cela explique sa pulsion de mort dirigée contre la mère sur qui sont concentrés tous les reproches. Certes, il ne passe pas à l'acte mais nous pouvons affirmer que symboliquement parlant, donc du point de vue de la psychanalyse, il accomplit ce meurtre. Ce symbole de la mort se traduit dans le texte de manière très manifeste. En effet, de jeune et rêveuse au début du texte, Pierre fait apparaître sa mère comme "éloignée et vieillie", "un peu comme si elle était prôche de la mort". Concernant Léon Maréchal, la métonyme "la mort" traduit la pusion destructrice du héros. Nous dirons donc que d'un point de vue symbolique, Pierre assassine le couple qu'il jalouse.

Conclusion :

Nous dirons que cet extrait traduit avec profondeur les contradictions d'un personnage fort complexe et la nature humaine dans ce qu'elle a de plus inaccessible. La complexité du héros se traduit dans la progression de son débat intérieur. Maupassant jette un regard lucide sur l'ambivalence et la duplicité de la nature humaine, il fait de son héros le porte parole de l'Homme en proie à ses démons intérieurs.

 

 maupassant

  • Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde, série de questions
  • 1. Donner une définition du roman.
  •  Le roman est, au XIIème siècle, un récit en vers français. A partir du XIVème siècle, le roman renvoie à des textes en prose. Selon son sens moderne, le roman est une « œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures. »
  • 2. Quelles sont les différentes formes du roman ?
  •  Le roman de chevalerie et les fabliaux (de petites histoires en vers simples et amusants) au Moyen-âge
  •  Le roman comique au XVIIème
  •  Le roman épistolaire et le roman picaresque (dont le héros est un aventurier ou un vaurien) au XVIIIème
  •  Le roman historique, le roman de mœurs, le roman d’aventures, et le roman fantastique au XIXème
  •  Le roman policier, le roman de science-fiction, le roman analyse et le « nouveau roman » au XXème.
  • 3. Quelles sont les interrogations romanesques essentielles ?
  •  La passion amoureuse
  •  L’apprentissage du monde et la découverte du réel
  •  Le jeu de la mémoire et du temps
  •  L’interrogation devant la condition humaine.
  • 4. Quelles sont les fonctions du roman ?
  •  La fonction ludique (se divertir, s’évader, s’identifier…)
  •  La fonction didactique :
  • o le roman comme connaissance du monde (roman historique, roman social, roman témoignage…)
  • o Le roman comme connaissance de l’homme
  • o Le roman comme leçon (le roman engagé, la morale)
  • o Le roman comme interrogation
  • 5. Donner des exemples de romans à fonction didactique?.
  • Romans didactiques : Les lettres persannes de Montesquieu Les liaisons dangereuses de Laclos Le rouge et el noir de Stendhal
  • 6. Qu’est-ce que le schéma actantiel ?
  •  Le schéma actantiel s’applique parfois parfaitement à l’intrigue, et pour certaines œuvre, il ne coïncide que partiellement avec l’action. Les personnages principaux, qui ont une place importante dans le déroulement du récit (parmi eux, le héros) sont classés en deux catégories qui s’opposent :
  • o Les personnages adjuvants, qui aident le héros dans sa quête (de même, peuvent être adjuvants des objets, des évènements…)
  • o Les personnages opposants, qui sont en conflit avec le héros, et tentent de le mettre en échec.
  •  Le héros, entourés des personnages principaux, subit une épreuve principale avant d’atteindre son but.
  • 7. Comment la caractérisation des personnages est-elle réalisée ?
  •  Elle est directe pour les descriptions, les renseignements explicites sur l’identité du personnage
  •  Elle est indirecte quand il s’agit de déduire les traits de la personnalité du héros, de son comportement, ou ses paroles.
  •  On appelle « effet personnage » l’illusion de réalité que donne le roman, le lecteur assemblant mentalement au fil du récit des éléments dispersés qui construisent peu à peu le personnage. Pourtant, celui-ci n’est rien au départ.
  • 8. Quelles sont les fonctions des personnages dans un roman ? Représentation : le portrait des personnages donne au lecteur l’image d’une réalité.
  •  Symbole : Le personnage symbolise souvent toute une catégorie de personnes, il dépasse les perspectives individuelles.
  •  Interprétation : c’est à travers le personnage que se construit le sens du récit.
  •  Identification : les comportements d’un personnage peuvent influencer le lecteur qui a tendance à s’identifier à lui.
  •  Esthétique : il existe un art de la composition du personnage, et de le créer au fil du récit.
  •  Information : Le personnage transmet des indices, des valeurs au lecteur.
  • 9. Qu’est-ce qu’un héros ?
  •  Le personnage principal d'un roman est la personne sur laquelle sont fondée toute l'action, et toute la cohérence de l'histoire contée. Dans notre langage quotidien, nous appelons toujours le personnage principal le héros de l'histoire ; or le véritable héros est l'individu qui parvient à vaincre les difficultés et à régler les problèmes par l'intermédiaire de sa force, son pouvoir ou son intelligence. Les vrais héros de romans vivent de multiples aventures racontées dans de nombreux ouvrages, ils ont déjà des capacités ou des facultés particulières qui autorisent ces aventures. Le mot « héros » désigne à l’origine, un demi-dieu, qui accomplie des exploits, et incarne le courage et des valeurs moral. Cependant, il existe des personnages principaux appelés des antihéros.
  • 10. Qu’est-ce qu’un antihéros ?
  •  On peut distinguer quatre types principaux d’antihéros:
  • o le personnage « sans qualités », l’être ordinaire vivant une vie ordinaire dans un cadre ordinaire
  • o le héros « décalé », un personnage ordinaire, sans qualités, qui par les circonstances se trouve plongé dans une situation extraordinaire.
  • o le héros négatif, porteur de valeurs antihéroïques et en général antisociales, mais sans qualités « héroïques ».
  • o le héros déceptif, un personnage ayant potentiellement des qualités héroïques mais qui n’en fait pas usage ou les utilise mal ou à mauvais escient, ou qui tend à perdre ces qualités, ou enfin qui se trouve dans un cadre où ces qualités ne sont plus appréciées ou admises.
  • 11. Quelles sont les différents types de héros, et leurs caractéristiques ?
  •  Au XVIIème siècle, prédominent les héros raffinés des romans précieux, les héros joyeux des romans comiques, et les héros parfaits du roman classique.
  •  Au XVIIIème siècle, on assiste à la naissance du héros de roman moderne, avec les personnages entreprenants du réalisme, les héros hédonistes du roman libertin, les héros philosophes du roman des lumières, les héros sensibles des romans du courant pré-romantique.
  •  Au XIXème, le personnage idéalisé du roman romantique apparaît, ainsi que le héro moderne des romans réalistes, et le héro expérimental du roman naturaliste.
  •  Au XXème siècle, on retourne à des personnages forts (vers les années 30), ce sont des héros engagés, aux prises avec les conflits de leur temps. Dans les années 50, les personnages dans le nouveau roman sont remis en question, par exemple en rendant le personnage principal anonyme, ou en ne se focalisant pas sur un personnage principal.
  • 12. Qu’est –ce que la focalisation ?
  •  Pour raconter une histoire, on doit choisir un point de vue, la focalisation : le romancier décide qui perçoit les événements rapportés. (le mot « focalisation » est issu du vocabulaire photographique : c’est le foyer à partir duquel une photo est prise.
  • 13. Quels sont les différents points de vue utilisés dans un roman ?
  •  Le point de vue externe = perception « du dehors », sans connaître les pensées des personnages.
  •  Le point de vue interne = perception d’un seul personnage, dont on suit les pensées, les sensations.
  •  Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro) = perception de l’ensemble des sentiments et des sensations de tous les personnages, ainsi que du passé et de l’avenir.
  • 14. Qu’est-ce que les modalités du récit ? Quelles sont-elles dans un roman ?
  •  Le temps romanesque n’est pas linéaire comme le temps réel : le récit peut accélérer ou ralentir l’action, revenir en arrière, s’arrêter brusquement. Les personnages ont dans le roman une vie plus ou moins complète, certains ne font que des apparitions épisodiques, la façon dont ils s’inscrivent dans le temps peut donc être importante dans l’étude du roman. Ce sont ces « effets » que l’on appelle modalités.
  •  La scène : durée du récit = vie du personnage. (Elle est calquée sur les évènements.)
  •  La pause : Comme son nom l’indique, c’est un arrêt du déroulement des évènements
  •  Le sommaire :  (Les évènements sont énumérés ou résumés.)
  •  Analepse : c’est un retour en arrière (qui provoque une pause dans le récit. Le temps n’avance plus, mais des renseignements qui font avancer le récit sont dévoilés.)
  •  Prolepse : anticipation du futur
  •  Ellipse : passage sous silence d’une période plus ou moins longue.
  •  Modalité itérative : action répétée une seule fois.
  • 15. Quelle est la structure du récit dans le roman ?
  •  Le récit romanesque est composé de :
  • o La situation initiale : définit le cadre de l'intrigue, met en place le lieu, l'époque, les personnages... le héros vit une situation d’équilibre.
  • o L’élément perturbateur : C'est l'élément qui fait basculer la situation du début, remet en cause l'état initial: rencontre, découverte, événement inattendu...
  • o Les péripéties : c’est une suite de transformations qui modifie la situation des personnages.
  • o L’élément de résolution : il annonce la résolution de l’intrigue. C’est le dénouement.
  • o La situation finale : Le personnage principal trouve une nouvelle situation d'équilibre, sur laquelle s’achève le roman/le récit.
  •  Ce modèle, à l'origine de toute invention narrative, peut être plus ou moins modifié; certaines étapes peuvent être difficiles à reconnaître, ou leur ordre changé. Mais retrouver et analyser ce schéma permet d'enrichir l'étude du roman.

 

 

maupassant

 

 

Questions sur Maupassant :

  • De quel siècle Maupassant est-il?
  • Guy de Maupassant, né Henry-René-Albert-Guy de Maupassant le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques et mort le 6 juillet 1893 à Paris, est un écrivain français.
  • Citez trois de ses oeuvres
  • Une Vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888
  • Citez deux de ses contemporains
  • José Maria de Heredia et Flaubert
  • A quel mouvement littéraire appartient-il?
  • Au mouvement réaliste
  • A t'-il marqué la littérature français?
  • Oui, il a marqué la littérature, ces oeuvres retiennent l'attention par leur force réaliste.
  • A quel âge Maupassant est-il décédé?
  • Il meurt à 43 ans. Il sombre peu à peu dans la folie;

 

 

maupassant
 
 
 

Questions sur le naturalisme et le réalisme

 Naturalisme
Crée en même temps que le romantisme (De Balzac à Stendhal), le réalisme ne prend vraiment son essort que dans la période 1850-1900 (par Flaubert et Maupassant) et se retrouve dans le naturalisme crée par Zola. 1) Réalisme et Naturalisme (à travers l'histoire) - Les romans emprunts de réalisme s'identifient à l'époque traversée: des révolutions de 1848 (qui se retrouve dans "L'Education sentimentale" de Flaubert, du coup d'état de L-N Bonaparte (conteste de "La Fortune des Rougon" de Zola) ou de la politique stable du 2ème Empire (1852 à 1870). -Les Années 1850-1900 virent la vraie naissance du capitalisme moderne: Zola le décrit à travers les grands magasins dans "Au bonheur des dames" paru en 1883, et à travers la bourse dans "l'Argent" paru en 1891. C'est une époque de fortes évolutuions tant sociales (naissance de la classe ouvrière) que urbaines (à travers le Paris du Préfet Haussmann). -C'est enfin le grand moment du positivisme, qui use de l'expérience scientifique comme fondement à tout savoir. Les romanciers écrivent aussi sur les avancées en médecine et en psychologie, Maupassant disserte sur la folie ("Le Horla" en 1887), les frères Goncourt s'expriment sur l'hystérie féminine ("Germine Lacerteux" en 1865), ou encore Zola sur les valeurs de l'hérédité, servant de base à ses "Rougon-Macquart" (de 1871 à 1893), période romanesque sous titrée "Histoire Naturelle et social d'une famille sous le second Empire".

Réalisme et naturalisme :

  • A quel moment le naturalisme prend t'-il son essor?
  • Citez deux romans réalistes
  • Quelles sont les caractéristiques du réalisme?
  • Quelles en sont les sources?
  • Quel est le cadre historique?

2) Les clés du réalisme et du naturalisme: -Les principes généraux de la vision réaliste naissent chez Balzac qui crée, avec "La comédie Humaine" le roman total, vrai "concurrence à l'Etat-civil" (préambule de 1842) et chez Stendhal qui crée le roman assimilé à "une glace qui déambule sur une grande-route" ("Le Rouge et le Noir" en 1830). Les 2 écrivains affirment retranscrire la réalité de manière fidèle. -Le mot "réalisme survient, au début de manière péjorative pour enfin définir une nouvelle création de description, constituée autour de Gustave Courbet. Plus tard, Champfleury et Duranty se l'approprient en littérature en affirmant l'objectivité sur base romantique, et ses qualités de description. Le réalisme n'est cependant qu'au second plan comme courant en littérature: et même Flaubert, pourtant son affirmé (Chef de file, ne se disait-il pas comme non-réaliste. -Par contre, le naturalisme a bien représenté une école littéraire, avec les frères Goncourt et Zola ("Thérése Raquin", en 1867, puis les "Rougon Macquart" à partir de 1871). Les écrits de ce dernier écrivain, Le Roman d'expérience (en 1880) et les Romanciers (1881) apportent leur fondement au naturalisme; ils revendiquent un réalisme extrémiste par leur expérimentation du modèle scientifique. Ils s'attirent toutefois des avis mesurés, chez Maupassant (exemple: la préface de "Pierre et Jean", en 1887) ou chez Huysmans "exemple: la préface de "A retours", en 1903).

Les clés du réalisme et du naturalisme :

  • Quels sont les deux écrivains qui posent les clés du réalisme?
  • Définissez "réalisme"
  • Le naturalisme a t'-il représenté une école littéraire?
  • Quels écrits sont à l'origine du fondement du naturalisme?
  • Quel réalisme les écrivains fondateurs revendiquent-ils?
  • De quel modèle s'inspirent-ils?

3) Les genres réalistes et naturalistes: - Le roman est le genre le plus retenu: on estime qu'il décrit le mieux la réalité. Balzac avec "La Comédie Humaine", et Zola , avec les "Rougon-Macquart" racontent de grandes épopées familiales, empreintes de social et d'histoire. Contrairement aux romantiques avec le roman sur fond d'histoire, les réalistes et les naturalistes s'intéressent eux au présent et tirent leur inspiration de la vie réelle (Stendhal écrit aussi son roman "Le Rouge et le Noir" en se basant sur un fait divers relaté dans un journal). -Le descriptif a une grande importance, car il permet de décrire la réalité: il repète les "petits faits avérés" (Stendhal) et cela donne un effet de réalité. -Enfin, se focaliser dans ce genre de romans, autorise des effets complexes, entre narrateur présent en permanence, image du démiurge qui crée tout un monde (Balzac), et le "se focaliser" propre à Zola, qui permet au narrateur de se dissimuler derrière ses personnages.

Les genres réralistes et naturalistes :

  • Parmi les genres réralistes et naturalistes, quel est le genre le plus reconnu? Pourquoi?
  • Que racontent Balzac et Zola dans la Comédie humaine et les Rougon Macquart?
  • Quelle est la base de l'inspiration de ces genres littéraires?
  • Quelle est la place du descriptif?

4) Les Thèmes réalistes et naturalistes: -Le réalisme s'attaque d'abord au romantisme, qu'on accuse d'éloigner de la réalité. Flaubert dans "Madame Bovary", décrit les effets néfastes de l'illusion romantique sur l'héroisme de son roman). Par contre, réalistes et naturalistes revendiquent la réalité des villes, politique et sociale. Les héros de ces romans sont ordinaires, qu'ils soient de la classe bourgeoise de Flaubert ou de la classe ouvrière de Zola- Zola décrit aussi, dans les "Rougon-Macquart" le monde des prostituées, l'alcool et le crime. -C'est la réalité que les romans décrivent. C'est pourquoi le réalisme a souvent été qualifié d' inesthétique et parfois même manquant de moralité et apportant la subversion: en 1857; un procés a même été intenté contre Flaubert "Madame Bovary" sous l'accusation suivante: "Atteinte à la morale des gens et aux bonnes moeurs".

Les thèmes réalistes et naturalistes :

  • A quoi le réalisme s'attaque t'-il?
  • Donnez un exemple
  • Que revendiquent les réalistes et les naturalistes?
  • Citez trois thèmes reccurrents chez Zola
  • Le réalisme est -il associé à la moralité ou au manque de moralité?
  • Que pouvons-nous dire à ce propos sur Madame Bovary?

 

maupassant

 

 

Questions sur le chapitre IV en fonction des axes du commentaire et de la problématique d'étude :

*** Toutes les réponses sont dans le commentaire joint

 

  • I -1
  • En quel sens peut-on parler d'un combat intérieur?
  • A quoi ses questionnements s'apparentent-ils?
  • Par quoi ce dialogue avec lui-même est-il dominé?
  • Relevez deux exemples de discours direct
  • Que marque l'enchaînement de questions?
  • Les adjectifs contribuent-ils à mettre en avant l'aspect conflictuel du combat intérieur?
  • Relevez le champ lexical de l'enfermement
  • I - 2
  • Quel est l'état d'esprit du héros?
  • Comment les différentes étapes de l'évolution sont-elles exposées?
  • Comment la mère de Pierre est-elle présentée dans le premier paragraphe?
  • Que pensez-vous de la comparaison?
  • Quel regard le héros a t'-il sur les femmes?
  • Que souligne l'interrogation?
  • Comment l'évasion porpre au jeune âge de sa mère est-elle perçue par Pierre?
  • Analysez le champ lexical du second paragraphe
  • Relevez et analysez l'effet de contraste
  • Comment comprenez-vous l'expression "défaillances poétiques"?
  • Vers quel autre sentiment l'indulgence évolue t'-elle dès le troisième paragraphe?
  • Peut-on parler d'une inversion du mouvement du texte?
  • Que marquent les occurrences de "ma mère"?
  • Comment la jalousie transparaît-elle au quatrième paragraphe?
  • Relevez les expressions qui traduisent la violence à son paroxysme dans le dernier paragraphe
  • Quelle phrase du texte reflète le mieux l'état d'esprit très violent et tourmenté du héros
  • II - 1
  • Pourquoi peut-on dire que la violence devient pathologique?
  • Comment sa jalousie s'exprime t'-elle?
  • Trouve t'-il encore des excuses à sa mère? Lesquelles?
  • Justifiez votre réponse en citant
  • Le héros relativise t'-il le contexte de l'époque?
  • Comment les faits sont-ils évalués?
  • Comment sa rage se traduit-elle?
  • Que note le geste du héros?
  • Relevez une allitération
  • Que marque t'-elle?
  • II - 2
  • Relevez les expressions qui trahissent son comportement oedipien
  • Comment sa pulsion de mort s'exprime t'-elle?
  • Passe t'-il à l'acte?
  • Pouvons-nous dire qu'il accomplit symboliquement ce meurtre?

 

 

 

 
   

 

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