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Les lettres Persanes, Montesquieu

montesquieu

 

 

 

 

Lettres persanes, Montesquieu, la lettre XXIV : commentaire et oral : Document 1

*** Entretien préparé sur un roman épistolaire : les lettres persanes, lettre XXIV

montesquieu

Entretien sur Les lettres Persanes

 

les philosophes et la civilisation

 

Objet d'étude : La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation, du XVIe siècle à nos jours.

Perspectives : Le mouvement des Lumières/

Les genres de l'argumentation indirecte : contes philosophiques, dialogues philosophiques, romans épistolaires...

Problématique : En quoi la lettre 24 est-elle une dénoncitation idéologique et une critique satirique?

Montesquieu - Lettre 24 montesquieu

Lecture de la lettre :

Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre; et, par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées. D'ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et il le croient. S'il a une guerre difficile à soutenir, et qu'il n'ait point d'argent, il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier est de l'argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits. Ce que je dis de ce prince ne doit pas t'étonner: il y a un autre magicien plus fort que lui, qui n'est pas moins maître de son esprit qu'il l'est lui-même de celui des autres. Ce magicien s'appelle le pape: tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu'un; que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce. Et, pour le tenir toujours en haleine et ne point lui laisser perdre l'habitude de croire, il lui donne de temps en temps, pour l'exercer, de certains articles de croyance. IL y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution, et voulut obliger, sous de grandes peines, ce prince et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu. Il réussit à l'égard du prince, qui se soumit aussitôt, et donna l'exemple à ses sujets; mais quelques-uns d'entre eux se révoltèrent, et dirent qu'ils ne voulaient rien croire de tout ce qui était dans cet écrit. Ce sont les femmes qui ont été les motrices de toute cette révolte qui divise toute la cour, tout le royaume et toutes les familles. Cette constitution leur défend de lire un livre que tous les chrétiens disent avoir été apporté du ciel: c'est proprement leur Alcoran. Les femmes, indignées de l'outrage fait à leur sexe, soulèvent tout contre la constitution: elles ont mis les hommes de leur parti, qui, dans cette occasion, ne veulent point avoir de privilège. Il faut pourtant avouer que ce moufti ne raisonne pas mal; et, par le grand Ali, il faut qu'il ait été instruit des principes de notre sainte loi: car, puisque les femmes sont d'une création inférieure à la nôtre, et que nos prophètes nous disent qu'elles n'entreront point dans le paradis, pourquoi faut-il qu'elles se mêlent de lire un livre qui n'est fait que pour apprendre le chemin du paradis? J'ai ouï raconter du roi des choses qui tiennent du prodige, et je ne doute pas que tu ne balances à les croire. On dit que, pendant qu'il faisait la guerre à ses voisins, qui s'étaient tous ligués contre lui, il avait dans son royaume un nombre innombrable d'ennemis invisibles qui l'entouraient; on ajoute qu'il les a cherchés pendant plus de trente ans, et que, malgré les soins infatigables de certains dervis qui ont sa confiance, il n'en a pu trouver un seul. Ils vivent avec lui: ils sont à sa cour, dans sa capitale, dans ses troupes, dans ses tribunaux; et cependant on dit qu'il aura le chagrin de mourir sans les avoir trouvés. On dirait qu'ils existent en général, et qu'ils ne sont plus rien en particulier: c'est un corps; mais point de membres. Sans doute que le ciel veut punir ce prince de n'avoir pas été assez modéré envers les ennemis qu'il a vaincus, puisqu'il lui en donne d'invisibles, et dont le génie et le destin sont au-dessus du sien.

 

Lettre XXIV, Lettre persanes

montesquieu

Montesquieu, philosophe et écrivain du XVIIIème siècle, siècle des lumières est né en 1689 et mort en 1755. Il est de souche noble. Il est l’auteur des Lettres persanes et de L’Esprit des lois. Ses contemporains sont les encyclopédistes, Voltaire, Rousseau, D’Alembert et Diderot. Il s’agit d’une critique. Il renouvelle sa satire des embarras de Paris. Rica visite la France. Au-delà de l’exotisme oriental, les Lettres Persanes sont une critique des mœurs et des institutions françaises tant religieuses que politiques. Le passage se situe sous Louis XIV.

Montesquieu a beaucoup voyagé en Europe. Il est doté d'une ouverture d'esprit ce qui lui donne une vision de la société différente des autres. Philosophe des lumières, il prend position dans divers ouvrages tels que "De l'Esprit des lois" (essai) et "Lettres persanes" (roman épistolaire). Cette œuvre épistolaire est fictive et publiée anonymement à Amsterdam en 1721. Elle regroupe 150 lettres durant lesquelles l'auteur s'imagine la correspondance entre des grands seigneurs (Rica et Usbek), voyageant en France, et un ami Persan à l'epoque de Louis XVI

montesquieu

  • Commentaire de la lettre :

 

Notes introductives

Les lettres persanes = ouvrage principal de Montesquieu 1721

L'esprit des Lois 1748

Les Lettres Persane = une critique de la société dénaturée. Rica est à l'origine de la satire politique et religieuse dans la lettre XXIV.

I/ Un traité politique

1°) La prééminence du monarque français

La première phrase de la lettre est = « Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe » = nous sommes dans l'affirmation de la prééminence du roi français. C'est le plus puissant. Sa prééminence est encore accentuée par la présence du superlatif. On note une allitération en "p", "plus puissant prince". Le terme prince signifie souverain. Le penseur utilise à la fois le terme de "roi" et celui de "prince". On note ensuite une argumentation logique pour une analyse économique puis une démarche de la documentation par rapport au roi d'Espagne « Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne, son voisin ».

Le pluriel du mot "richesses" marque les ressources importantes dont il dispose. Rica fait preuve d'objectivité, "on lui a vu" quant à ses arguments historiques, militaires puis des raisons économiques et politiques sont ensuite évoquées.

2°) La structuration du texte

A°) La politique intérieure

Pour évoquer la question de la politique intérieure, Montesquieu se sert de la technique de la surenchère. Tout est basé sur une progression "d'ailleurs", un adverbe qui souligne l'aspect évolutif de la question. De la politique extérieure, il passe à la politique intérieure « Il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets ». L'empire est ici associé au pouvoir.

B°) Le pouvoir religieux

La phrase qui traduit la prépondérance du pape est : « Il y a un autre magicien, plus fort que lui ", « Le magicien s’appelle le Pape. ».

Les informations données suivent le raisonnement d'un point de vue logique. La justification est trouve dans la dernière phrase du texte.

II/ Le traitement satirique

1°) La technique du point de vue naïf

Dans le traitement satirique du texte, la technique adoptée est l'étonnement comme dans les lettres 29 ou encore 37. Cette technique permet de mettre en avant la satire de la politique, sa vision sarcastique. Le point de vue naif est mis en avant et déjà perceptible dans le terme de "magicien". Le sarcasme est exacerbé par la présence du chiasme qui vient dénoncer les richesses, la source des richesses, la vanité des sujets. Le chiasme est le suivant : « Il n’a point de mines d’or ; plus inépuisable que les mines ». Cette idée semble évidente par la répétition du verbe avoir et l'opposition entre "richesses" et "vanité" renvoyant à l'allitération en "V", "vanité", "vendre" = 1er constat mis en évidence par le point de vue naif qui crée un effet de surprise et par l'accumulation « ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées ». Le roi ne se soucie pas de ses sujets, la raison d'Etat n'est pas première, seuls comptent ses désirs, "il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets, il les fait penser comme il veut". Le verbe "vouloir" a son importance car il fait du monarque un être capricieux et bien loin des préoccupations qui devraient être les siennes. Le souverain manipulateur s'oppose à la crédulité des sujets ainsi que le suggère le champ lexical la naiveté "il croit", "et ils en sont aussitôt convaincus".

2°) La technique de la décontextualisation

Cela consiste à faire allusion à des faits historiques dans le but de les transfigurer, de les dénaturer.

Utilisation des termes polysémiques, ex, magicien, double sens. De cette manière le souverain passe pour un être odieux, vil. La même technique est appliquée quant aux arguments religieux "tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu'un, que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin" = allusion à la trinité = mystère de la transsubstantiation : le corps du christ est présent dans l'Eucharistie donc le pain est différent du pain. Les conjonctions "ou", "et" soulignent le cynisme du personnage encore renforcé par l'hyperbole "mille autres choses" qui suggère que tout est permis et qu'il n'y a pas de limites dans le pouvoir religieux. Le personnage naif est celui qui accède à la lucidité et qui dénonce = paradoxe du texte.

III/ La dénonciation idéologique

1°) La structuration du texte

Chaque constat semble se doubler d'un éloge. Par exemple "le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe" , "grand", "magicien", "plus fort que lui" "qui n'est pas moins maître de son esprit qu'il l'est lui-même de celui des autres". Il semble procéder à une élogieuse description du portrait du souverain alors qu'il en fait en train de dénoncer le monarque et sa gestion du pays. Reprise de la surenchère avec le comparatif de supériorité "plus fort que lui";

Les déclarations sont accrédités car toutes en rapport avec des faits concrets.

Les propos restent cohérents.

2°) La critique généralisée

A°) La critique de la population

La critique se rapporte à un généralisation : orgueil et vanité se retrouve dans la critique psychologique : « et par un prodige de l’orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées. ». L'aspect universel de la critique est ainsi mis en avant. On note une allitération en "p" qui renforce la généralisation et se rattatche à "plus puissant prince".

B°) La critique du système politique

La critique du système politique passe par les fonctionnements qui sont schématisés. Le vocabulaire devient plus familier, par exemple "leur mettre dans la tête". Montesquieu insiste sur l'aspect un peu primaire du peuple "et ils en sont aussitôt convaincus".

L’allitération en /t/ : « toutes sortes ; en touchant ; tant » insiste sur

l’immoralité d’une telle pratique. On voit un chiasme : « Le roi de France est le plus puissant […] il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets […] tant est grande la force et la puissance qu’il a sur les esprits » = condamnation du régime politique.

C°) La critique du pouvoir religieux

Il y a de nouveau une critique du pouvoir religieux dans le dernier paragraphe. Il semble s'instaurer une complicité entre le religieux et le politique ainsi que le souligne la récurrence du terme "esprit" dans la phrase suivante = « qui n’est pas moins maître de son esprit qu’il l’est lui-même de celui des autres »

l’allitération en /m/ et en /p/ mettent en évidence la manipulation dans le jeu du pouvoir.

 

montesquieu

 

Le siècle des Lumières

I - L'esprit des lumières Définition des lumières :

Les penseurs du 18ème siècle éclairaient les hommes en les aidant à lutter contre l'ignorance ainsi qu'en témoigne le projet de l'Encyclopédie. Les philosophes veulent asseoir le règne de la raison.

Contexte historique : on voit la philosophie de John Locke s'imposer progressivement en France. Le peuple est selon lui le souverain véritable et l'homme a des droits naturels inaliénables. Nous sommes dans ce contexte historique, sous Louis XIV qui meurt en 1715. La régence s'ouvre mais au début du règne de Louis XV, la France est secouée par les guerres et les famines, guerre de sept ans. Louis XVI tente de réorganiser les finances du royame en s'appuyant sur Turgot et Necker. Mais les difficultés persistent, nous arrivons à la crise de 1789 et à la convocation des Etats généraux. Le philosophe éclairé : L'état d'esprit des lumières est très particulier, le philosophe doit s'engager et proposer des solutions pour réformer le système politique. La réflexion critique permet de libérer l'homme des croyances diverses. La tyrannie est ainsi pensée comme indissociable de l'ignorance. Voilà comment Kant définit les lumières : "Qu'est ce que les lumières? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui même responsable. Minorité, c'est à dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui, monorité dont il est lui même responsable, puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. "

II - Le projet de l'encyclopédie

"Monument des progrès de l'esprit humain" dit Voltaire pour décrire le projet de l'encyclopédie. Il s'agit d'une entreprise collective de longue haleine qui veut rassembler l'ensemble des connaissances pour proposer une connaissance universelle, un savoir encyclopédique. Diderot et D'Alembert deviennent ersponsables de sa publication et recrutent des collaborateurs, comme Rousseau, Montesquieu, Voltaire... Le 28 juin 1751, parait le premier volume de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences des arts etdes métiers. Le 23 janvier 1759, le parlement de Paris présente L'Encyclopédie comme subversive. Mais Diderot continue son travail et le dernier volume parait en 1722. Elle se présente comme une apologie des progrès; une dénonciation du fanatisme, de la superstition de la tyrannie et des entraves à la liberté et au bonheur.

III - Les principes des lumières

- La raison : il y a une mise en avant de la raison et des sciences dans le but de lutter et de combattre l'ignorance. On voit Voltaire se battre contre le fanatisme et l'intolérance, traité sur la tolérance, 1763, il met en avant le respect de toutes les religions et le droit à la dignité humaine.

- Le modèle naturel : Montesquieu considère que l'homme doit s'inspirer pour fonder la société civile, des lois naturelles qui nous viennent de Dieu. On voit Rousseau distinguer l'homme de l'animal par sa perfectibilité. L'homme est bon selon le penseur, c'est la société civile qui l'a corrompu, il lui faut donc retrouver les lois naturelles.

- La critique de la religion : La religion est remise en question, on le voit avec le déisme de Voltaire, la question du mécanisme classique, de la théorie qui assimile l'univers à une mécanique, est remise en cause. Rousseau pense que l'homme est doté d'une conscience morale innée, il propose une religion naturelle.

diderot

  • L'exposé sur le siècle des lumières vous permet de répondre aux questions suivantes :
  • Définir les lumières
  • Situez le contexte historique
  • Qu'est-ce qu'un philosophe éclairé?
  • Quel est le projet de l'encyclopédie
  • Quels sont les principes des lumières?
 

Questions sur le siècle des lumières : 22 questions

  • I - L'esprit des lumières
  • Donnez une définition des lumières
  • Quel est le contexte historique?
  • Quel est l'état d'esprit des lumières?
  • Comment la réflexion critique est-elle perçue?
  • Quelle en est la finalité?
  • A quoi l'ignorance est-elle associée?
  • Quelle définition Kant donnait-il des lumières?
  • II - Le projet de l'encyclopédie
  • Comment Voltaire décrit-il le projet de l'encyclopédie?
  • Quel est son but?
  • Donnez un synonyme de savoir encyclopédique
  • Qui sont les responsables de la publication de l'encyclopédie?
  • Citez trois collaborateurs
  • Quand le premier volume parait-il?
  • Comment l'encyclopédie a t'-elle été présentée par le parlement de Paris?
  • Quand le dernier volume parait-il?
  • III - Les principes des lumières
  • Quel concept est-il mis en avant?
  • A quoi la raison et les sciences sont-elles associées?
  • Vers quels idéaux Voltaire se tourne t'-il?
  • Quel est son combat?
  • Que met-il en avant?
  • Que pouvez-vous dire du concept de "modèle naturel"?
  • Comment Montesquieu le perçoit-il?

 

montesquieu

 

 

  • Questions sur Montesquieu : sa vie, son oeuvre
  • Quelles sont les dates de Montesquieu?
  • 1689 - 1755
  • De quelle souche est-il?
  • famille de magistrats de la bonne noblesse
  • Citez deux contemporains
  • Diderot, Rousseau
  • Citez deux de ses oeuvres
  • L'esprit des Lois, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence
  • Peut-on dire de Montesquieu qu'il est l'un des penseurs de l'organisation politique et sociale?
  • Oui avec John Locke
  • Comment publie -t"-il les lettres persanes?
  • Anonymement
  • Quelle société dépeint-il avec un ton humoristique et satirique dans les lettres persanes?
  • la société française à travers le regard de visiteurs perses
  • Cette oeuvre a t'elle connu un grand succés?
  • Oui, un succès considérable
  • Quel est le genre littéraire des "lettres persanes?
  • Roman épistolaire
  • Définir le genre littéraire "épistolaire"
  • Il est l'expression privilégiée de la subjectivité ce qui nous renvoie au développement de la lettre et à la progression du roman au XVIIIème siècle. En effet depuis la fin du 17ème on accorde une place plus importante à la notion "d'individu", le concept de sujet est revalorisé depuis la mise en avant de la philosophie de Locke. De ce fait l'expérience sensible comme condition de possibilité d'appréhender le réel concret, la réalité qui nous entoure est reconnue comme fiable. L'empirisme en philosophie connait un vrai succès. Cela se retrouve en littérature et en particulier dans l'illustration du roman à la première personne. Le roman épistolaire repose sur la vraisemblance. Montesquieu a contribué à cet essort du roman épistolaire. Il présente les potentialités qu'offre ce genre de roman dans les réflexions sur les lettres persanes. "d'ailleurs, ces sortes de romans réussissent ordinairement, parce que l'on rend compte soi même de sa situation actuelle : ce qui fait plus sentir les passions que tous les récits qu'on en pourrait faire". Les lettres portugaises en 1669 sont le premier roman épistolaire qui disparaitra peu à peu avec le romantisme.
  • 1669 : lettres portugaises de Guilleragues Les lettres sont alors l'expression de la passion de Maraine 1721 : Montesquieu, les lettres Persanes Il donne une nouvelle dimension à ce genre littéraire car il multiplie les correspondants 1761 : Rousseau, La Nouvelle Héloise Les lettres permettent à la sensibilité de s'exprimer 1782 : Choderlos de Laclos, les liaisons dangereuses La notion de vice est mise en avant par opposition à l'éloge de la vertu.
  • A quelle date, les lettres persanes sont-elles publiées?
  • 1748
  • Est-il un encyclopédiste?
  • Oui c'est un encyclopédiste
  • Citez deux autres encyclopédistes du siècle des lumières
  • Voltaire, Rousseau, D'Alembert
  • Qui terminera son article "goût" dans l'Encyclopédie?
  • Voltaire

 

montesquieu

Questions en fonction du plan et de la problématique du commentaire joint

Questions sur l’introduction

Quel est le thème général des lettres persanes?

De quoi s’agit-il dans la lettre 24?

Quel personnage est-il mis en scène?

De quelle nature la satire de Montesquieu est-elle?

Questions sur le commentaire en fonction des axes de l’étude

montesquieu

Plan du commentaire

I - Un traité politique

II - Le pouvoir satirique

III - La dénonciation idéologique

Questions sur l’étude :

montesquieu

I -

1 -

Quel constat concernant la suprématie du souverain est-il fait?

Comment le constat est-il renforcé?

Dans quel sens le mot prince est-il pris?

Comment l’insistance sur le souverain transparaît-elle?

Etudiez l’argumentation logique et la documentation

Que marque la comparaison au roi d’Espagne?

Que souligne le pluriel du mot « richesses »?

Comment l’objectivité de Rica est-elle mise en évidence?

A quels arguments Rica a t’-il recours?

2 -

A -

Quelle technique l’auteur utilise t’-il?

Comment la progression est-elle soulignée?

Quel aspect de la politique est-il envisagé?

Que marque le terme « empire »?

B -

Relevez la phrase du texte qui met la prépondérance du pape en évidence

De quelle nature les information sont-elles?

montesquieu

II-

1 -

Peut-on parler d’une vision sarcastique de la politique?

Quelle est la technique adoptée?

Qu’est-ce que le point de vue naïf?

Que met-il en avant?

Que souligne la répétition du verbe avoir?

Relevez et analysez le chiasme

Relevez une allitération en « V »

Comment le constat premier est-il mis en valeur?

Citez pour justifiez votre réponse

A quoi tient l’effet de surprise?

Relevez une accumulation

Que suggère l’emploi du verbe « vouloir »?

Relevez le champ lexical de la crédulité?

Que dénonce t’-il?

2 -

A quoi tient la technique de décontextualisation?

De quelle nature les faits évoqués sont-ils?

Quelle image Montesquieu donne t’-il du souverain?

Comment les dogmes religieux sont-ils présentés?

Dans quel but? Expliquez et citez

Expliquez le mystère de la transsubstantiation

Relevez les conjonctions de coordination

Que soulignent-elles?

Que marque l’hyperbole « mille autres choses »?

Sur quel paradoxe Montesquieu joue t’-il et dans quel but?

montesquieu

III -

1 -

Sur quel constat la critique repose t’-elle?

Quel est le statut du roi? Comment apparaît-il?

Que marque le comparatif de supériorité « plus fort que lui »?

Comment les déclarations du locuteur sont-elles accréditées?

2 -

A -

En quoi consiste la critique psychologique? Expliquez et justifiez

A quel autre terme le terme « orgueil » est-il associé?

Que marque la généralisation?

Relevez l’allitération en « P » qui souligne par son effet d’insistance la cohérence du raisonnement

B -

Que schématise Montesquieu?

Que pouvez-vous dire du vocabulaire?

Quel registre avons-nous? Que souligne t’-il?

Sur quoi le locuteur met-il l’accent?

Relevez l’allitération en « T » qui insiste sur l’immoralité du monarque

Relevez un chiasme

C -

A quelle critique le dernier paragraphe fait-il référence?

Que marque la reprise du terme « esprit »?

Relevez une allitération en « M » qui insiste sur la notion de pouvoir et de manipulation

Relevez une allitération en « P » qui lie toutes les figures du pouvoir

 

Montesquieu - Lettre 29 : commentaire et oral EAF, Document 2

Lecture de la lettre :

montesquieu

 

Le pape est le chef des chrétiens. C'est une vielle idole qu'on encense par habitude. Il était autrefois redoutable aux princes mêmes, car il les déposait aussi facilement que nos magnifiques sultans déposent les rois d'Irimette et de Géorgie. Mais on ne le craint plus. Il se dit successeur d'un des premiers chrétiens, qu'on appelle saint Pierre: et c'est certainement une riche succession, car il a des trésors immenses et un grand pays sous sa domination. Les évêques sont des gens de loi qui lui sont subordonnés, et ont sous son autorité deux fonctions bien différentes. Quand ils sont assemblés, ils font, comme lui, des articles de foi; quand ils sont en particulier, ils n'ont guère d'autre fonction que de dispenser d'accomplir la loi. Car tu sauras que la religion chrétienne est chargée d'une infinité de pratiques très difficiles; et, comme on a jugé qu'il est moins aisé de remplir ses devoirs que d'avoir des évêques qui en dispensent, on a pris ce dernier parti pour l'utilité publique: ainsi, si on ne veut pas faire de rahmazan, si on ne veut pas s'assujettir aux formalités des mariages, si on veut rompre ses voeux, si on veut se marier contre les défenses de la loi, quelquefois même si on veut revenir contre son serment, on va à l'évêque ou au pape, qui donne aussitôt la dispense. Les évêques ne font pas des articles de foi de leur propre mouvement. Il y a un nombre infini de docteurs, la plupart dervis, qui soulèvent entre eux mille questions nouvelles sur la religion: on les laisse disputer longtemps, et la guerre dure jusqu'à ce qu'une décision vienne la terminer. Aussi puis-je t'assurer qu'il n'y a jamais eu de royaume où il y ait eu tant de guerres civiles que dans celui du Christ. Ceux qui mettent au jour quelque proposition nouvelle sont d'abord appelés hérétiques. Chaque hérésie a son nom, qui est, pour ceux qui y sont engagés, comme le mot de ralliement. Mais n'est hérétique qui ne veut: il n'y a qu'à partager le différend par la moitié, et donner une distinction à ceux qui accusent d'hérésie; et, quelle que soit la distinction, intelligible ou non, elle rend un homme blanc comme de la neige, et il peut se faire appeler orthodoxe. Ce que je te dis est bon pour la France et l'Allemagne: car j'ai ouï dire qu'en Espagne et en Portugal il y a de certains dervis qui n'entendent point raillerie, et qui font brûler un homme comme de la paille. Quand on tombe entre les mains de ces gens-là, heureux celui qui a toujours prié Dieu avec de petits grains de bois à la main, qui a porté sur lui deux morceaux de drap attachés à deux rubans, et qui a été quelquefois dans une province qu'on appelle la Galice! Sans cela un pauvre diable est bien embarrassé. Quand il jurerait comme un païen qu'il est orthodoxe, on pourrait bien ne pas demeurer d'accord des qualités, et le brûler comme hérétique: il aurait beau donner sa distinction; point de distinction; il serait en cendres avant que l'on eût seulement pensé à l'écouter. Les autres juges présument qu'un accusé est innocent: ceux-ci le présument toujours coupable. Dans le doute, ils tiennent pour règle de se déterminer du côté de la rigueur: apparemment parce qu'ils croient les hommes mauvais; mais, d'un autre côté, ils en ont si bonne opinion, qu'ils ne les jugent jamais capables de mentir; car ils reçoivent le témoignage des ennemis capitaux, des femmes de mauvaise vie, de ceux qui exercent une profession infâme. Ils font dans leur sentence un petit compliment à ceux qui sont revêtus d'une chemise de soufre, et leur disent qu'ils sont bien fâchés de les voir si mal habillés, qu'ils sont doux et qu'ils abhorrent le sang, et sont au désespoir de les avoir condamnés; mais, pour se consoler, ils confisquent tous les biens de ces malheureux à leur profit. Heureuse la terre qui est habitée par les enfants des prophètes! Ces tristes spectacles y sont inconnus. La sainte religion que les anges y ont apportée se défend par sa vérité même; elle n'a point besoin de ces moyens violents pour se maintenir.

montesquieu

 

Montesquieu, philosophe et écrivain du XVIIIème siècle, siècle des lumières est né en 1689 et mort en 1755. Il est de souche noble. Il est l’auteur des Lettres persanes et de L’Esprit des lois. Ses contemporains sont les encyclopédistes, Voltaire, Rousseau, D’Alembert et Diderot. Il s’agit d’une critique. Il renouvelle sa satire des embarras de Paris. Rica visite la France. Au-delà de l’exotisme oriental, les Lettres Persanes sont une critique des mœurs et des institutions françaises tant religieuses que politiques. Le passage se situe sous Louis XIV.

Montesquieu a beaucoup voyagé en Europe. Il est doté d'une ouverture d'esprit ce qui lui donne une vision de la société différente des autres. Philosophe des lumières, il prend position dans divers ouvrages tels que "De l'Esprit des lois" (essai) et "Lettres persanes" (roman épistolaire). Cette œuvre épistolaire est fictive et publiée anonymement à Amsterdam en 1721. Elle regroupe 150 lettres durant lesquelles l'auteur s'imagine la correspondance entre des grands seigneurs (Rica et Usbek), voyageant en France, et un ami Persan à l'epoque de Louis XVI

Deuxième partie de l'entretien

montesquieu

 

Le Roman épistolaire Historique :

- Cette forme littéraire émerge en 1669 avec Lettres portugaises de Guilleragues.

- Au XVIII° siècle, on note en Angleterre Richardson avec Clarisse Harlowe, en Allemagne Goethe et Les souffrances du jeune Werther, tandis qu’en France s’impose Montesquieu (Lettres Persanes) puis à la fin du siècle Rousseau (La nouvelle Héloïse) et Laclos (Les Liaisons dangereuses). C’est son apogée.

- Au XIX° siècle, Balzac poursuit perpétue l’utilisation de cette forme (Mémoires de deux jeunes mariées et Le lys dans la vallée)

- Au XX° siècle, le roman épistolaire passe de mode mais quelques auteurs semblent résister comme Marguerite Yourcenar (Alexis ou le Traité du vain combat) et Etienne Vilain (Un automne sans alcool, ou les lettres deviennent des mails).

montesquieu

 

Plan du commentaire :

I - Le regard persan

II - Les paradoxes de l'église

III - Un texte polémique

montesquieu

 

Commentaire :

Introduction

Le texte que nous allons étudier est la lettre 29 des Lettres persanes publiées en 1721 par Montesquieu. Montesquieu est un philosophe des lumières, il se consacre à l'écriture et effectue de nombreux voyages en Europe, particulièrement en Angleterre et en Italie qui viennent nourrir ses réflexions politiques, philosophiques et sociales. Pétri de philosophie classique, féru d'histoire, admirateur de la pensée scientifique, il se livre dans Lettres Persanes en 1721. Il publie également “de l'esprit des lois” en 1748, il envisage une réflexion sur les constitutions civiques à travers le prisme des lois naturelles adaptées aux gouvernements. Il est l'un des premiers à songer à la séparation des pouvoirs en trois domaines : l’exécutif, legisaltif, judiciaire. Critiqué par l'église, Montesquieu n'est pas pour autant hostile au système monarchique. Annonciateur du courant des lumières françaises, il participe a la fin de sa vie a l’encyclopédie et meurt aveugle. Comment Montesquieu par l’intermédiaire d'un persan fait -il la satire des grandes institutions ?

1. Le regard persan :

On retrouve dans la lettre 29 des Lettres Persanes les indices propres à l'épistolaire. En effet ce genre est cependant adapté à l'exotisme et c'est pourquoi la date qui est indiquée est peu compréhensible pour un occidental, nous avons le 4 de la lune de Chalval.

Le destinaire est désigné par la deuxième personne du singulier, c'est un tutoiement qui contraste avec le vouvoiement des "honnêtes gens" du XVIIIème siècle.

Le regard persan dévoile sa perception de l'Occident de différentes manières. On ressent l'étrangeté qu'inspire l'occident chez le Persan à travers les expressions suivantes : "Le pape est le chef des chrétiens", "Les évêques sont des gens de loi"

La réalité occidentale n'est pas transcrite de manière objective mais comparativement aux réalités persanes. De nombreuses comparaisons permettent cette description : "aussi facilement que nos magnifiques sultans déposent les rois d'Irimette et de Géorgie… jurerait comme un Païen". Nous sommes dans un point de vue ethnocentrique qui n'échappe pas à Montesquieu. L'analyse descriptive est comparative au point que le carême devienne le rahmazan dans la religion musulmane, les prêtres sont des dervis.

Il s'agit à ce niveau d'étude de procéder à une critique des rites chrétiens au sens de démonstrations purement fondées sur le paraître et motivées par l'hypocrisie. Les procédés utilisés pour dénoncer sont les italiques et les périphrases = certains dervis pour les inquisiteurs, le chapelet est désigné par de petits grains de bois, une chemise de soufre pour la casaque jaune des condamnés. Le lecteur ne peut s'empêcher de mettre en avant la véritable méconnaissance de l'Occident

2. l’Eglise : un statut paradoxal

Tout comme dans la lettre 37, l'étonnement est le point de départ d'une feinte permettant la remise en question. Procédé déjà utilisé par Platon, l'étonnement est le commencement de la philosophie. Celui de Rica se manifeste dans cette lettre dans le but de critiquer le statut bien paradoxal de l'église chrétienne.

Procédés littéraires nombreux. On peut souligner les figures de style comme les antithèses "quand ils sont assemblés, ils font, comme lui, des articles de foi; quand ils sont en particulier, ils n'ont guère d'autre fonction que de dispenser d'accomplir la loi… Les autres juges présument qu'un accusé est innocent; ceux-ci le présument toujours coupable". Les anaphores et les accumulations s'ajoutent aux antithèses "si l'on ne veut pas faire le rahmazan; si on ne veut pas s'assujettir aux formalités des mariages; si on veut rompre ses vœux; si on veut se marier contre les défense de la loi; quelquefois même, si on veut revenir contre son serment"

Les contradictions et incohérences sont nombreuses autour du message du Christ "Mais on ne le craint plus … Mais n'est hérétique qui ne veut… Mais, d'un autre côté, ils en ont si bonne opinion, qu'ils ne les jugent jamais capables de mentir… Mais, pour se consoler, ils confisquent tous les biens de ces malheureux à leur profit".

La critique porte ensuite sur l'argent utilisé dans le but d'acheter des indulgences ( Afin d’achever la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, le pape Léon X accorde, en 1515, une indulgence plénière (rémission des peines d’un pécheur) à tout fidèle qui fera une aumône à l’église après s’être confessé. Cette campagne provoque l’indignation du moine augustin Martin Luther contre ce trafic monétaire honteux. Aussi, le 31 octobre 1517, Luther affiche-t-il, à la porte de l’église de la Toussaint de Wittenberg, 95 thèses dans lesquelles il démontre le danger des indulgences. C'est l'origine de la Réforme.)

Le pape est perçu mais à tord comme une idole qui se substitue à Dieu

"C'est une vieille idole qu'on encense par habitude". Les commandements ne sont plus respectés en particulier le premier "un seul Dieu tu adoreras". Le matériel prend une grande place et cela n'est pas justifié. Le Royaume du Christ devrait être un "royaume qui n'est pas de ce monde " et au lieu de cela il "n'y a jamais eu de royaume où il y ait eu tant de guerres civiles que dans celui de Christ". La volonté de Dieu n'est pas écoutée et les théologiens en sont responsables.

3. Un texte polémique :

Le texte est polémique et organisé autour d'une seule critique : celle de l'Eglise que ce soit par l'intermédiaire du Pape qui se prend pour Dieu, ou des évêques ou encore les théologiens, plus préoccupés à se faire la guerre entre eux que par Dieu. Les inquisiteurs sont aussi visés. La vision du mal est ainsi bien surprenante. Le mal viendrait des représentants de l'Eglise, du pape donc. Tous sont corrompus et soucieux de leurs propres intérêts. L'hypocrisie est de mise dans cette quête du pouvoir mais elle s'insinue sous les sermons bien cachée et pourtant toujours présente "reçoivent le témoignage des ennemis capitaux, des femmes de mauvaise vie, de ceux qui exercent une profession infâme".

On retrouve cette dénonciation chez Voltaire dans Candide. La critique de la religion chrétienne est présente chez le penseur. L'argumentation indirecte permet de mener à terme la dénonciation en évitant la censure par la présence de personnages fictifs. Montesquieu est à l'abri de la censure derrière le masque du Persan, il peut ainsi dénoncer les travers de son époque. Le ton satirique de Montesquieu fait écho à l'ironie de Voltaire.

On retrouve chez un musulman le témoignage d'un oublié de Dieu; Les termes utilisés par Rica sont péjoratifs "vieille idole, guère d'autre fonction, tgant de guerres civiles". Son indignation est manifeste "heureux celui qui a toujours, un pauvre diable".

Pour conclure

Cette lettre contient une critique de l'organisation et du fonctionnement du pouvoir religieux de l'Église. En effet ce ne sont pas les croyances qui sont mises en cause mais la perception que l'on peut avoir du pouvoir et de la richesse du pape. C'est aussi l'incohérence du travail des évêques qui passent leur temps à défaire ce qu'ils ont fait sous la direction des « docteurs » . C'est aussi les discussions sans fin de ces docteurs qui durent longtemps et provoquent des guerres. Enfin, c'est le manque d'une réflexion et de traitements communs pour les questions qui se posent que vise la critique contenue dans cette lettre. Ce qui rend cette critique acceptable c'est le fait que l'énonciateur soit un Persan. Montesquieu se protège derrière l'origine étrangère de son personnage.

montesquieu

 

Questions en fonction du plan et de la problématique du commentaire joint

Questions sur l’introduction :

Les voyages de Montesquieu sont-ils à l’origine de ses réflexions philosophiques, politiques et sociales?

Quels voyages a t’-il fait?

Montesquieu a t’-il été critiqué par l’Eglise?

Est-il annonciateur du courant des lumières?

Quel est l’intérêt de la lettre 29?

Quel contexte avons-nous?

Comment Montesquieu s’y prend t’-il pour faire la satire des grandes institutions?

Quel est le thème général des lettres persanes?

montesquieu

 

Questions sur le commentaire en fonction du plan : Toutes les réponses sont dans le commentaire

I -

Quels sont les indices de la lettre?

Relevez et analysez les

Comment Montesquieu met-il en évidence l’étrangeté de l’occident?

Relevez les procédés, analysez les et citez pour justifier votre réponse

Comment les réalités sont-elles décrites?

Comment les valeurs essentielles de la lettre sont-elles mises en évidence?

Le point de vue de l’observateur est-il ethnocentrique ou pas?

Comment les réalités chrétiennes sont-elles perçues?

A quoi sont-elles comparées?

Comment la méconnaissance de l’occident est-elle mise à jour?

Relevez les périphrases de la lettre. A quoi renvoient-elles?

Les apparences et le formalisme hypocrite des rites religieux sont-ils bien dénoncés?

II -

Comment les paradoxes de l’Eglise chrétienne sont-ils dénoncés?

Relevez les antithèses qui contribuent à la dénonciation de ces paradoxes

Quelles autres figures de rhétorique renforcent la critique de la religion?

Quelles sont les contradictions mises en évidence concernant le message du christ?

Les critiques s’étendent-elles du spirituel au matériel? Expliquez et justifiez votre réponse en citant

Comment le pape est-il représenté?

Quelle image Montesquieu parvient-il à donner des théologiens et de la religion?

III -

En quoi peut-on parler d’un texte polémique?

Comment l’idée de « mal » est-elle introduite dans la lettre?

Quel autre penseur, philosophe s’est-il penché sur la critique de la religion chrétienne?

Dans quel ouvrage?

Comment la dénonciation est-elle structurée?

Pourquoi Montesquieu fait-il un rappel du message du christ que l’église a oublié?

Etudiez l’énonciation de Rica

Quel est le ton dominant du texte?

Peut-on dire que la critique est double au sens où elle toucherait tant à l’organisation qu’au fonctionnement du pouvoir religieux de l’Eglise?

Les croyances sont-elles remises en cause?

Expliquez le terme »censure »

Quel rôle devait-elle assurer? Dans quel but?

Montesquieu a t’-il su rester à l’abri de la censure?

L’argumentation indirecte favorise t’-elle l’intervention de personnage derrière lesquels le penseur peut s’exprimer librement?

Donnez un autre exemple en littérature que Montaigne avec le masque du Persan.

montesquieu

Lecture de la lettre XXX : Document 3

Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel: vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres; si j'étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille 5couleurs, qui m'entourait; si j'étais aux spectacles, je trouvais d'abord cent lorgnettes dressées contre ma figure: enfin jamais homme n'a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d'entendre des gens qui n'étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux: "Il faut avouer qu'il a l'air bien persan." Chose admirable! Je trouvais de mes portraits partout; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne m'avoir pas assez vu. 10Tant d'honneurs ne laissent pas d'être à charge: je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare; et, quoique j'aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une grande ville où je n'étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan et à en endosser un à l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement: libre de tous les 15ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique: car j'entrai tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche. Mais, si quelqu'un, par hasard, apprenait à la compagnie que j'étais Persan, j'entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement: "Ah! ah! 20Monsieur est Persan? c'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan?"

De Paris, le 6 de la lune de Chalval 1712.

montesquieu

 

Commentaire

Lettre XXX, Lettre persanes

Montesquieu, philosophe et écrivain du XVIIIème siècle, siècle des lumières est né en 1689 et mort en 1755. Il est de souche noble. Il est l’auteur des Lettres persanes et de L’Esprit des lois. Ses contemporains sont les encyclopédistes, Voltaire, Rousseau, D’Alembert et Diderot. Il s’agit d’une critique. Il renouvelle sa satire des embarras de Paris. Rica visite la France. Au-delà de l’exotisme oriental, les Lettres Persanes sont une critique des mœurs et des institutions françaises. Le passage se situe sous Louis XIV.

Montesquieu a beaucoup voyagé en Europe. Il est doté d'une ouverture d'esprit ce qui lui donne une vision de la société différente des autres. Philosophe des lumières, il prend position dans divers ouvrages tels que "De l'Esprit des lois" (essai) et "Lettres persanes" (roman épistolaire). Cette œuvre épistolaire est fictive et publiée anonymement à Amsterdam en 1721. Elle regroupe 150 lettres durant lesquelles l'auteur s'imagine la correspondance entre des grands seigneurs (Rica et Usbek), voyageant en France, et un ami Persan à l'epoque de Louis XVI. L'extrait que nous allons étudier est la 30 eme lettre

jugement et dénonciation de la société à travers les "lettres persanes" de Montesquieu montesquieu

 

I/ Les marques de l'epistolaire

A/ l'énonciation

Concernant l'énonciation, on retrouve les indices de l'épistolaire. Nous avons un locuteur et un destinataire : Rica à Ibben à Smyrne. Le lieu est Paris et la date, 6 de la lune de Chalval, l'année, 1712. Nous n'avons pas d'entête. La première personne du singulier domine ce qui rend le locuteur très présent et impliqué dans l'anecdote.

B/ Un récit plein d'humour

Le personnage est plein d'humour, il se sombre ni dans l'orgueil, ni dans le complexe de supériorité malgré la célébrité. L'humour du récit est manifeste. Nous pouvons mettre en avant l'énumération "vieillard, homme, femme, enfants, tous" ainsi que le parallélisme "si j'étais" et la comparaison "je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel".

C/ Un narrateur à distance

Le narrateur est à distance et se manifeste à travers l'humour et l'ironie. Le but de mette en avant les travers des parisiens donc leur caractère enfantin se fait davantage ressentir par la lucidité et le bon sens du narrateur qui a la sagesse de changer d'habit.

II/ Le thème du regard

A/ Le persan regardé

Le thème du regard est essentiel et domine la lettre XXX ainsi que le suggère le champ lexical du regard. On peut à cet égard relever, "voyait", "fut regardé", "vu", "voir". Le persan est regardé avec insistance comme le marque l'usage du passif "fut regardé", il subit. Dès lors, le personnage prend une autre importance et se transpose dans l'espace comme le connote l'expression "je me voyais.. toutes les cheminées". L'impression est pesante et cet état subsiste grâce à l'imparfait qui accentue l'effet de durée. Le temps s'allonge et souligne l'extrême curiosité quasi maladive et indiscrète des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, de tous âges. L'indiscrétion est grandissante au fur et à mesure du récit et se fait vicieuse et incontournable "lorgnettes" ce qui fait que Rica se sent "comme un homme étrange" et différent des autres.

B/ Le persan en quête de son identité

Le persan est en quête de son identité, il s'interroge et décide de quitter l'habit persan. "Qui suis-je sans vêtements"? Du persan regardé il devient anonyme, le champ lexical disparaît, il n'est plus l'objet de curiosité. Il est ignoré. Les parisiens sont des indiscrets peu ouverts d'esprit et peu aptes à accepter la différence qui se manifeste ici au niveau vestimentaire. L'état d'esprit des parisiens est mis en cause, ils sont intolérants, fermés à ce qui ne leur ressemble pas.

C/ la contre épreuve

La contre épreuve consiste à rappeler son origine, à redevenir objet des regards. Il souhaite un retour à la curiosité des parisiens, métonymie de l'intérêt "bourdonnement". la parallélisme consiste à mettre en évidence la nécessité d'avoir l'air persan? Mais comment? Par l'habit, car la différence se manifeste seulement au niveau vestimentaire.

III/ Les implications philosophiques du texte

A/ mise en cause des Parisiens

Les parisiens sont mis en cause à différents niveaux : pour leur côté superficiel, intolérant, incorrect, indiscret et curieux. Le persan est jugé sur son apparence et les parisiens se considèrent comme le modèle de référence à suivre. La question, comment peut-on être persan devient comment peut-on n'être pas parisien = question de rhétorique. La superficialité des parisiens domine la critique, les parisiens sont légers et inconséquents dans leur jugement exclusivement basé sur les apparences.

B/ Conséquences et implications philosophiques

Les conséquences et implications philosophiques sont nombreuses. La remise en cause des parisiens, leur superficialité, leur inconséquence, leur légèreté, leur mondanité touchent à la question de la nature humaine. Tous les parisiens jugent pareillement le persan, un seul jugement, le même, un regard collectif porté sur un homme qui se distingue de la masse. L'homme n'aurait pas la capacité de s'extraire de la norme, la faculté de penser par lui-même. La question de la différence est posée et au-delà une interrogation sur l'identité. La question de la tolérance est soulevée. Comment se faire accepter pour ce que l'on est au delà des apparences? Véritable questionnement philosophique orienté vers la dialectique de l'être et du paraître. Le rapport à l'autre est rendu difficile car l'intolérance empêche la relation à autrui pour ce qu'il est. Si l'autre n'est pas le reflet de soi-même, il devient étrange car il sort de la norme. L'autre est celui qui est différent et n'existe pas, n'a aucune personnalité.

conclusion :

Cette lettre a un réel intérêt pour ses implications philosophiques et le genre littéraire épistolaire dont Montesquieu se sert pour dénoncer les travers des Parisiens. Le thème du regard permet la mise en cause des valeurs philosophiques et humaines essentielles à travers une anecdote pleine d'ironie et d'humour.

Ouverture :

Cet extrait nous enseigne l'importance du regard, le problème du jugement souvent à l'origine de graves problèmes d'intolérance entre les hommes. Intertextualité avec les textes de la même séquence.

Questions en fonction du plan et de la problématique du commentaire joint

montesquieu

 

Plan du commentaire

  • I/ Les marques de l'epistolaire
  • II/ Le thème du regard
  • III/ réflexions inspirées par le texte

montesquieu

 

Questions dans le respect des axes de l'étude : Les réponses sont dans le commentaire

I -

A -

Relevez les indices relatifs au locuteur et au destinataire

Quelles sont les mentions de lieu?

Que peut-on dire concernant le locuteur?

Pourquoi à votre avis est-il aussi impliqué?

Y a t'-il une entête?

B -

Que pouvez-vous dire des qualités du conteur?

L'humour est-il présent?

Peut-on dire qu'il se moque de lui-même?

La célébrité le rend t'-il orgueilleux?

Relevez une énumération : que marque t'-elle?

Etudiez le parallélisme "si j'étais"

Quel impact la comparaison "je fus... envoyé du ciel" a t'-elle?

C -

Que peut-on dire du narrateur?

Quel regard porte t'-il?

Quel effet voulu a , selon vous, cette distanciation?

montesquieu

 

II -

A -

Quel est le thème dominant de la lettre?

Analysez le champ lexical du regard

Comment est-il employé?

Que souligne le passif?

Comment percevez-vous le "persan regardé"

Pourquoi peut-on dire que le personnage est multiplié dans l'espace?

Quels sont les temps utilisés?

Que marque l'imparfait?

B -

Quelle est l'attitude du "persan ignoré" ?

Analysez là dans son opposition à cette du "persan regardé"

Quelle question montre qu'il est en quête d'identité?

Citez le texte pour justifier votre réponse

Quelle décision prend t'-il?

Que peut-on dire du champ lexical?

Que constate t'-on?

Comment les parisiens sont-ils alors perçus?

Quel regard Montesquieu porte t'-il?

C -

En quoi consiste la contre-épreuve?

Que rappelle le persan?

Relevez une métonymie

Donnez la définition de la métonymie

Comment se manifeste le retour à la curiosité

Relevez un parallélisme

montesquieu

 

III -

A -

Comment les parisiens apparaissent-ils?

Citez trois adjectifs qui les représentent le mieux selon vous

Comment leur jugement se manifeste t'-il? Citez pour justifier votre réponse

Quelle est la question rhétorique à se poser?

Comment se consièrent -ils?

Que remet en cause Montesquieu?

B -

Quelles sont les questions plus profondes et plus philosophiques que le penseur Montesquieu met selon vous en avant dans cette lettre

Comment la condition humaine est-elle valorisée ou dévalorisée?

Quelle image Montesquieu donne t'-il?

A quels problèmes cela touche t'-il?

Qu'en est-il de la tolérance?

Quelle est la position de Montesquieu?

Quelles sont les conséquences de l'intolérance?

montesquieu

 

Réflexions personnelles pour votre ouverture :

A quel autre extrait de la liste citée plus haut, peut-on rapporter la question de la tolérance comparativement à la lettre XXX

 

 

Montesquieu - Lettre 37 : Document 4

montesquieu

 

Lecture de la lettre :

Le roi de France est vieux. Nous n'avons point d'exemple dans nos histoires d'un monarque qui ait si longtemps régné. On dit qu'il possède à un très haut degré le talent de se faire obéir: il gouverne avec le même génie sa famille, sa cour, son état. On lui a souvent entendu dire que, de tous les gouvernements du monde, celui des Turcs, ou celui de notre auguste sultan, lui plairait le mieux: tant il fait cas de la politique orientale. J'ai étudié son caractère, et j'y ai trouvé des contradictions qu'il m'est impossible de résoudre: par exemple, il a un ministre qui n'a que dix-huit ans, et une maîtresse qui en a quatre-vingts; il aime sa religion, et il ne peut souffrir ceux qui disent qu'il la faut observer à la rigueur; quoiqu'il fuie le tumulte des villes, et qu'il se communique peu, il n'est occupé depuis le matin jusqu'au soir qu'à faire parler de lui; il aime les trophées et les victoires, mais il craint autant de voir un bon général à la tête de ses troupes qu'il aurait sujet de le craindre à la tête d'une armée ennemie. Il n'est, je crois, jamais arrivé qu'à lui d'être en même temps comblé de plus de richesses qu'un prince n'en saurait espérer, et accablé d'une pauvreté qu'un particulier ne pourrait soutenir. Il aime à gratifier ceux qui le servent; mais il paie aussi libéralement les assiduités, ou plutôt l'oisiveté de ses courtisans, que les campagnes laborieuses de ses capitaines: souvent il préfère un homme qui le déshabille, ou qui lui donne la serviette lorsqu'il se met à table, à un autre qui lui prend des villes ou lui gagne des batailles: il ne croit pas que la grandeur souveraine doive être gênée dans la distribution des grâces; et, sans examiner si celui qu'il comble de biens est homme de mérite, il croit que son choix va le rendre tel; aussi lui a-t-on vu donner une petite pension à un homme qui avait fui des lieues, et un beau gouvernement à un autre qui en avait fui quatre. Il est magnifique, surtout dans ses bâtiments: il y a plus de statues dans les jardins de son palais que de citoyens dans une grande ville. Sa garde est aussi forte que celle du prince devant qui tous les trônes se renversent; ses armées sont aussi nombreuses, ses ressources aussi grandes, et ses finances aussi inépuisables.

montesquieu

 

Plan du commentaire

I) Le regard étranger

a) le regard neuf et critique

b) Les signes de l'étonnement

C} Point de vue objectif

II) Une satire de la monarchie

a) Contradictions et incohérences

b) un pouvoir arbitraire

c) l’intolérance religieuse et aristocratique

D) Un état ruiné par un mauvais gouvernement

montesquieu

Introduction

Montesquieu est un écrivain du XVIIIème siècle, contemporain des encyclopédistes, Rousseau, Voltaire, D'Alembert. Il appartient au mouvement des lumières. Il écrit les lettres Persanes en 1721 à Amsterdam, c'est clandestinement que l'ouvrage de Montesquieu est apparu en France et seulement après la mort de Louis XIV. C'est un roman épistolaire qui retrace une correspondance entre deux persan Usbek et Ibben. Leur échange est concentré sur des questions de la société français de l'époque. Les lettres Persanes ont un grand succès en France.

Nous allons étudier la lettre 37 : les deux personnages, Usbek et Ibben échangent leur point de vue sur le gouvernement de Louis XIV.

Nous étudierons le regard étranger et la satire de la monarchie.

Problématique :

En quoi est-il possible de parler de portrait critique?

Commentaire :

I) Le regard étranger

a) le regard neuf et critique

Nous mettrons en avant le regard étranger = une publication anonyme, une mise à distance qui permettent d'éviter la censure.

Les noms sont persans ainsi que les lieux et les dates = <<Usbek>>, << Smyme », <<lune>> . Les allusions à la Perse sont nombreuses. Propre au 18ème siècle de valoriser l'exotisme dans un but bien défini, critiques, remises en cause, dénonciations.

"Nous", "nos", "notre" = usage des pronoms et adjectifs possessifs.

L'intérêt du regard étranger autorise la critique de manière implicite car la mise à distance favorise la relativisation et la mise en avant de ce qui échappe à la force de l'habitude, ce que nous ne voyons plus. C'est un regard neuf, nouveau sur les choses du quotidien. La France est remise en question et son gouvernement, la monarchie française subit des critiques par le biais de comparaisons.

b) Les signes de l'étonnement

L'étonnement domine dans la lettre : il est utilisé comme une arme permettant la remise en question. Il se rapporte au gouvernement en place, aux caractéristiques du roi ainsi que le suggère la phrase suivante "nous n'avons point d'exemple... d'un monarque".

Plus que le pouvoir monarchique, la critique se met en place par rapport à celui qui l'applique. La mise en place de ce gouvernement et ses applications sont en cause. Le Roi est donc critiqué quant à son aptitude à faire valoir la monarchie d'une manière efficace. La question est morale : "le roi de France est vieux". Outre la dénonciation, le regard étonné, étranger renforce cet aspect. Le rythme ternaire le confirme "sa famille, sa cour, son état". Mise en place d'une argumentation visant à convaincre par la rhétorique. Le locuteur est ainsi convaincu.

Nous remarquons le registre humoristique "18 - 80 ans" et la critique se poursuit de manière plus personnalisée "j'ai étudié son caractère" au niveau religieux. Le roi se sert de la religion qui n'est pas toujours bien respectée.

c} Point de vue objectif

Le point de vue de la critique est objectif et tente de s'appuyer sur une démarche empirique. Le lexique est scientifique « j’ai étudié», «j’y ai trouvé ». Mais Usbek ne mentionne pas l'émetteur de la critique ainsi que le suggèrent le pronom indéfini "on". Nous avons également une mise en évidence de l'anecdotique avec les signes d'incertitude et de doute" par exemple", "je crois".

II) Une satire de la monarchie

a) Contradictions et incohérences

Les contradictions et incohérences se multiplient en particulier dans le second paragraphe. Nous soulignerons les antithèses suivantes =

<<ministre>>/ <<ma>> - « il aime >> / <<il>> - << il fuie le tumulte des villes » / << <<occupe>> - << il aime les trophées » / <<mais>> / <<accable>>

La satire de la monarchie se poursuit à l'aide du rythme binaire et des parallélismes de construction.

b) Un pouvoir arbitraire

Le pouvoir du roi est arbitraire, il gère selon son bon plaisir en fonction de ce qu'il préfère, de ce qui lui plait et de ce qu'il redoute au lieu de faire valoir la raison d'Etat : ses goûts et opinions le conduisent pour prendre ses décisions et exercer son pouvoir de monarque : "plairait", "aimer", "craindre", "souffrir".

Les caractéristiques du roi ne sont en rien héroiques, il manque cruellement de courage et de valeurs morales qu'il remplace par des marques extérieures de richesse et d'abondance, le paraître et le luxe sont essentiels "trophées". Nous sommes en présence d'un roi superficiel et dénué de scrupules faisant passer ses intérêts personnels au détriment du bien être et de la sécurité de son pays.

c) l’intolérance religieuse et aristocratique

Son manque de raison et de cohérence pour gouverner se double d'une intolérance religieuse et aristocratique. La périphrase "il..." fait référence aux persécutions jansénistes et la noblesse est domptée pour éviter toute rebellion, elle est domestiquée à la cour et subit le bon vouloir du Roi. L'intolérance est donc double. Le portrait du roi est peu flatteur et l'incompétence domine sa gestion de l'Etat.

D) Un état ruiné par un mauvais gouvernement

Le mauvais gouvernement est tel qu'on peut parler en terme de ruine (guerres injustifiées, goût pour le luxe... ) = "comblé de richesse", "prince", "accablé d'une pauvreté".

Conclusion :

Dans cette lettre Montesquieu évite la censure pour procéder à une bien cruelle dénonciation de la monarchie par l'intermédiaire du Persan, un regard étranger et neuf pour dénoncer une réalité intolérable dont il veut faire prendre conscience. On peut parler d'une fiction de correspondance. Cela n'est pas sans rappeler Voltaire qui par l'intermédiaire de personnages fictifs et d'une argumentation indirecte évite la censure pour conduire ses dénonciations les plus virulentes (Candide).

 

montesquieu

 

Questions en fonction du plan et de la problématique du commentaire joint

Questions sur l’introduction :

Montesquieu a t’-il été critiqué par l’Eglise?

Est-il annonciateur du courant des lumières?

Quel est le genre littéraire des lettres Persanes?

Quand cette forme littéraire émerge t’-elle?

Citez deux autres œuvres, romans épistolaires

Quel est l’enjeu des Lettres Persanes?

Quel en est le thème dominant?

Quels sont les noms des deux persans?

A quelle époque se situe la scène?

La censure était-elle alors à éviter?

Comment Montesquieu l’a t’-il contournée?

Les lettres Persanes ont-elles connu un grand succès?

De quoi la lettre 37 traite t’-elle?

Quels en sont les personnages?

montesquieu

 

Questions sur le commentaire en fonction des axes et du plan de l’étude : les réponses sont dans le commentaire

I-

A -

Comment le regard étranger se traduit-il et se manifeste t’-il?

Relevez les noms, les lieux et les dates ainsi que toutes les allusions à la Perse

Quel est l’intérêt du regard étranger?

Comment jugez-vous son efficacité?

Expliquez le double effet de distanciation et de relativisation

Quel regard nouveau avons-nous de la monarchie Française?

B-

Comment l’étonnement transparaît-il?

Dans quel but?

De quelle critique s’agit-il?

Analysez la question morale d’Usbek

Relevez une gradation sur un rythme ternaire

Que souligne t’-elle?

Le locuteur est-il convaincu? Pourquoi?

En quel sens le pouvoir monarchique est-il critiqué?

Relevez et analysez le registre humoristique

Comment la religion est-elle intégrée à la monarchie?

C -

Cette lettre est-elle objective? Quelle en est la démarche?

Analysez le lexique (citez et expliquez)

Relevez les marques de l’anecdotique

Usbek précise t’-il le véritable émetteur de la critique?

montesquieu

 

II -

A -

Sous quel signe le deuxième paragraphe est-il placé?

Relevez et analysez les antithèses

Relevez le rythme binaire et les parallélismes de construction : que marquent-ils?

Les contradictions propres à la monarchie vous paraissent-elles bien mises en avant dans cette lettre?

B-

La raison d’état domine t’-elle dans la gestion du pouvoir monarchique?

Quelle image avons-nous du pouvoir?

Que met en avant l’omniprésence du pronom « il »?

Qu’en est-il des vraies valeurs?

Relevez le champ lexical du paraître

Peut-on parler en ce sens d’une dénonciation implicite?

C-

Relevez une périphrase qui est une allusion aux persécutions jansénistes

Montrez en quoi nous avons une dénonciation de l’intolérance aristocratique

D -

Quelles sont selon Montesquieu les causes de la ruine de l’Etat?

Expliquez et citez le texte pour justifier votre réponse

montesquieu

 

Questions sur la conclusion

Estimez-vous que la fiction de correspondance de Montesquieu à travers le personnage du Persan efficace?

Quel autre penseur de la même époque procède ainsi, en investissant le masque d’un personnage afin d’éviter la censure?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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