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Le père Goriot, Balzac,analyse de l'oeuvre

Séquence roman, la comédie humaine, le père Goriot

La physiologie du mariage, Balzac

 

 

 

 

Séquence Roman

Honoré de Balzac : le père Goriot

 

Oral bac

 

Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde, série de questions

Travailler sur l'introduction de la séquence : les notions et concepts à connaître.

 

1. Donner une définition du roman.

 Le roman est, au XIIème siècle, un récit en vers français. A partir du XIVème siècle, le roman renvoie à des textes en prose. Selon son sens moderne, le roman est une « œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, nous fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures. »

2. Quelles sont les différentes formes du roman ?

 Le roman de chevalerie et les fabliaux (de petites histoires en vers simples et amusants) au Moyen-âge

 Le roman comique au XVIIème

 Le roman épistolaire et le roman picaresque (dont le héros est un aventurier ou un vaurien) au XVIIIème

 Le roman historique, le roman de mœurs, le roman d’aventures, et le roman fantastique au XIXème

 Le roman policier, le roman de science-fiction, le roman analyse et le « nouveau roman » au XXème.

3. Quelles sont les interrogations romanesques essentielles ?

 La passion amoureuse

 L’apprentissage du monde et la découverte du réel

 Le jeu de la mémoire et du temps

 L’interrogation devant la condition humaine.

4. Quelles sont les fonctions du roman ?

 La fonction ludique (se divertir, s’évader, s’identifier…)

 La fonction didactique :

o le roman comme connaissance du monde (roman historique, roman social, roman témoignage…)

o Le roman comme connaissance de l’homme

o Le roman comme leçon (le roman engagé, la morale)

o Le roman comme interrogation

5. Donner des exemples de romans à fonction didactique?.

Romans didactiques : Les lettres persanes de Montesquieu Les liaisons dangereuses de Laclos Le rouge et le noir de Stendhal

6. Qu’est-ce que le schéma actantiel ?

 Le schéma actantiel s’applique parfois parfaitement à l’intrigue, et pour certaines œuvre, il ne coïncide que partiellement avec l’action. Les personnages principaux, qui ont une place importante dans le déroulement du récit (parmi eux, le héros) sont classés en deux catégories qui s’opposent :

o Les personnages adjuvants, qui aident le héros dans sa quête (de même, peuvent être adjuvants des objets, des événements…)

o Les personnages opposants, qui sont en conflit avec le héros, et tentent de le mettre en échec.

 Le héros, entourés des personnages principaux, subit une épreuve principale avant d’atteindre son but.

7. Comment la caractérisation des personnages est-elle réalisée ?

 Elle est directe pour les descriptions, les renseignements explicites sur l’identité du personnage

 Elle est indirecte quand il s’agit de déduire les traits de la personnalité du héros, de son comportement, ou ses paroles.

 On appelle « effet personnage » l’illusion de réalité que donne le roman, le lecteur assemblant mentalement au fil du récit des éléments dispersés qui construisent peu à peu le personnage. Pourtant, celui-ci n’est rien au départ.

8. Quelles sont les fonctions des personnages dans un roman ? Représentation : le portrait des personnages donne au lecteur l’image d’une réalité.

 Symbole : Le personnage symbolise souvent toute une catégorie de personnes, il dépasse les perspectives individuelles.

 Interprétation : c’est à travers le personnage que se construit le sens du récit.

 Identification : les comportements d’un personnage peuvent influencer le lecteur qui a tendance à s’identifier à lui.

 Esthétique : il existe un art de la composition du personnage, et de le créer au fil du récit.

 Information : Le personnage transmet des indices, des valeurs au lecteur.

9. Qu’est-ce qu’un héros ?

 Le personnage principal d'un roman est la personne sur laquelle sont fondée toute l'action, et toute la cohérence de l'histoire contée. Dans notre langage quotidien, nous appelons toujours le personnage principal le héros de l'histoire ; or le véritable héros est l'individu qui parvient à vaincre les difficultés et à régler les problèmes par l'intermédiaire de sa force, son pouvoir ou son intelligence. Les vrais héros de romans vivent de multiples aventures racontées dans de nombreux ouvrages, ils ont déjà des capacités ou des facultés particulières qui autorisent ces aventures. Le mot « héros » désigne à l’origine, un demi-dieu, qui accomplie des exploits, et incarne le courage et des valeurs moral. Cependant, il existe des personnages principaux appelés des antihéros.

10. Qu’est-ce qu’un antihéros ?

 On peut distinguer quatre types principaux d’antihéros:

o le personnage « sans qualités », l’être ordinaire vivant une vie ordinaire dans un cadre ordinaire

o le héros « décalé », un personnage ordinaire, sans qualités, qui par les circonstances se trouve plongé dans une situation extraordinaire.

o le héros négatif, porteur de valeurs antihéroïques et en général antisociales, mais sans qualités « héroïques ».

o le héros déceptif, un personnage ayant potentiellement des qualités héroïques mais qui n’en fait pas usage ou les utilise mal ou à mauvais escient, ou qui tend à perdre ces qualités, ou enfin qui se trouve dans un cadre où ces qualités ne sont plus appréciées ou admises.

11. Quelles sont les différents types de héros, et leurs caractéristiques ?

 Au XVIIème siècle, prédominent les héros raffinés des romans précieux, les héros joyeux des romans comiques, et les héros parfaits du roman classique.

 Au XVIIIème siècle, on assiste à la naissance du héros de roman moderne, avec les personnages entreprenants du réalisme, les héros hédonistes du roman libertin, les héros philosophes du roman des lumières, les héros sensibles des romans du courant pré-romantique.

 Au XIXème, le personnage idéalisé du roman romantique apparaît, ainsi que le héros moderne des romans réalistes, et le héros expérimental du roman naturaliste.

 Au XXème siècle, on retourne à des personnages forts (vers les années 30), ce sont des héros engagés, aux prises avec les conflits de leur temps. Dans les années 50, les personnages dans le nouveau roman sont remis en question, par exemple en rendant le personnage principal anonyme, ou en ne se focalisant pas sur un personnage principal.

12. Qu’est –ce que la focalisation ?

 Pour raconter une histoire, on doit choisir un point de vue, la focalisation : le romancier décide qui perçoit les événements rapportés. (le mot « focalisation » est issu du vocabulaire photographique : c’est le foyer à partir duquel une photo est prise.

13. Quels sont les différents points de vue utilisés dans un roman ?

 Le point de vue externe = perception « du dehors », sans connaître les pensées des personnages.

 Le point de vue interne = perception d’un seul personnage, dont on suit les pensées, les sensations.

 Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro) = perception de l’ensemble des sentiments et des sensations de tous les personnages, ainsi que du passé et de l’avenir.

14. Qu’est-ce que les modalités du récit ? Quelles sont-elles dans un roman ?

 Le temps romanesque n’est pas linéaire comme le temps réel : le récit peut accélérer ou ralentir l’action, revenir en arrière, s’arrêter brusquement. Les personnages ont dans le roman une vie plus ou moins complète, certains ne font que des apparitions épisodiques, la façon dont ils s’inscrivent dans le temps peut donc être importante dans l’étude du roman. Ce sont ces « effets » que l’on appelle modalités.

 La scène : (Elle est calquée sur les événements.)

 La pause :  (Comme son nom l’indique, c’est un arrêt du déroulement des événements.)

 Le sommaire : . (Les événements sont énumérés ou résumés.)

 Analepse : c’est un retour en arrière (qui provoque une pause dans le récit. Le temps n’avance plus, mais des renseignements qui font avancer le récit sont dévoilés.)

 Prolepse : anticipation du futur

 Ellipse : passage sous silence d’une période plus ou moins longue.

 Modalité itérative : action répétée une seule fois.

15. Quelle est la structure du récit dans le roman ?

 Le récit romanesque est composé de :

o La situation initiale : définit le cadre de l'intrigue, met en place le lieu, l'époque, les personnages... le héros vit une situation d’équilibre.

o L’élément perturbateur : C'est l'élément qui fait basculer la situation du début, remet en cause l'état initial: rencontre, découverte, événement inattendu...

o Les péripéties : c’est une suite de transformations qui modifie la situation des personnages.

o L’élément de résolution : il annonce la résolution de l’intrigue. C’est le dénouement.

o La situation finale : Le personnage principal trouve une nouvelle situation d'équilibre, sur laquelle s’achève le roman/le récit.

 Ce modèle, à l'origine de toute invention narrative, peut être plus ou moins modifié; certaines étapes peuvent être difficiles à reconnaître, ou leur ordre changé. Mais retrouver et analyser ce schéma permet d'enrichir l'étude du roman.

 

Oral bac

 

La vie de Balzac

*** Questionnaire sur la biographie de l’écrivain

  • De quel siècle Balzac est-il?
  • Écrivain français né à Tours en 1799, décédé à Paris en 1850, Balzac (qui ajoutera une particule à son nom en 1831) est issu de la petite bourgeoisie provinciale.

 

  • A quelle carrière est-il destiné?
  • Il était destiné à une carrière juridique mais très passionné de lecture, il parvient à convaincre sa famille de le laisser s’adonner à l’écriture.

 

  • Qui lui déconseillera la carrière littéraire? 
  • Après avoir lu la première tragédie en vers de Balzac, Cromwell déconseillera la carrière littéraire au jeune homme.

 

  • Se décourage t’-il?
  • Non, il continue à écrire sous divers pseudonymes.

 

  • Qu’achète t ‘il en 1825?
  • En 1825, il achète une imprimerie mais fait rapidement faillite et, couvert de dettes, se tourne de nouveau vers le roman.

 

  • Quand sera t’-il introduit dans les salons littéraires aristocratiques?
  • Dès ses premiers succès en particulier dans le salon de Mme Récamier.

 

  • A t’-il contribué à instaurer la protection du droit d’auteur?
  • Oui, il contribue à instaurer la protection du droit d’auteur, c’est un grand précurseur, membre de la Société des gens de lettres dès sa création en 1838, il met en place cette protection de la propriété intellectuelle.

 

  • A quoi donne t’-il naissance en 1837?
  • Au roman feuilleton avec La vieille fille, c’est le premier exemple paru dans les journaux. 

 

  • A quel âge meurt-il?
  • A 50 ans.

 

  • Qui avait-il épousé quelques mois auparavant?
  • Mme Hanska, une comtesse polonaise avec qui il entretint pendant seize ans une correspondance admirable (Lettres à Mme Hanska, 1832-1848, publiées en 1968).

 

physiologie-du-mariage-balzac

 

 

 

L’Œuvre de Balzac : la comédie humaine 

*** Questionnaire sur la comédie humaine

 

La comédie humaine

Un tableau complet de l’espèce humaine

  • En quoi la comédie humaine reflète t’-elle le projet et l’ambition de Balzac?  Quel Est-ce projet et quelle importance a t’-il dans l’histoire littéraire?
  • projet prodigieux dans l'histoire de la littérature. On peut considérer la comédie humaine comme une oeuvre documentaire. Il veut composer l'histoire naturelle de l'homme.
  • Etude de l’espèce humaine comme on le ferait pour le genre des espèces animales. Cela suppose l'analyse des catégories sociales, toutes professions et tous milieux. La description donnée des personnages est très réaliste jusqu'à leur lieu d'habitation et leurs moeurs témoins d'un contexte historique précis. L'étude se porte également sur les types, par exemple, Goriot, symbole de la paternité, Rastignac, image de l'arriviste sans scrupules.

 

Citation de Balzac :

«J'ai entrepris l'histoire de toute la Société. J'ai exprimé souvent mon plan dans cette seule phrase : une génération est un drame à quatre ou cinq mille personnages saillants. Ce drame, c'est mon livre. » (Lettre à Hippolyte de Castille, 11 octobre 1846).

  • Quelles sont ses œuvres les plus importantes?
  • Son œuvre essentielle est la comédie humaine.
  • C’est le titre que Balzac donne à son œuvre romanesque, 1842

 

  • Que pouvez-vous dire sur le titre «Comédie Humaine»?
  • C’est le titre que Balzac a donné à son œuvre romanesque en 1842 à 95 romans publiés don 48 ébauchés. C’est une fresque divisée en trois parties.  L’étude des mœurs, études philosophiques et études analytiques.
  • Le premier titre générique retenu par Balzac pour l'édition complète de ses œuvres est Études sociales, mais il se ravise et, par allusion à la Divine Comédie de Dante, songe un instant à nommer son ouvrage la Diabolique Comédie du sieur Balzac. Il retiendra finalement la Comédie humaine.

 

  • Combien de romans ont-ils été publiés?
  • 95 romans publiés et 48 ébauchés, de 1829 à 1855

 

Le Père Goriot marque l’étape la plus importante dans la construction de la Comédie humaine. Balzac maîtrise désormais sa technique des personnages  qui est une caractéristique majeure de la Comédie humaine, ainsi que celle du cycle romanesque « faisant concurrence à l’état civil ». Il expose son projet, en 1834, dans une lettre à Ewelina Hańska : « Je crois qu’en 1838, les trois parties de cette œuvre gigantesque seront, sinon parachevées, du moins superposées et qu’on pourra juger la masse ». Et il décrit les trois étages de l’édifice« les Études de mœurs, représenteront les effets sociaux,(…) la seconde assise est les Études philosophiques, car après les effets viendront les causes(…). Puis, après les effets et les causes viendront les Études analytiques, car après les effets et les causes, doivent se rechercher les principes(…).

  • De combien de parties la comédie humaine est-elle formée?
  • En trois partie :
  • Etudes de mœurs
  • Etudes philosophiques
  • Etudes analytiques

 

  • Dans quelle partie, le père Goriot se situe t’-il?
  • Le père Goriot se situe dans Scènes de la vie privée « Etudes des moeurs »
  • C’est aussi le cas de :
  • Un début dans la vie
  • La femme abandonnée
  • Honorine
  • Le colonel Chabert
  • Le contrat de mariage

 

  • Citez deux ou trois œuvres  tirées des « Etudes des moeurs » et des scènes de la vie de Province
  • Eugénie Grandet
  • Illusions perdues

 

  • Citez deux ou trois oeuvres tirées des « Etudes des moeurs » et des scènes de la vie parisienne
  • Un homme d’affaires
  • Les petits bourgeois

 

  • Citez des ouvrages de Balzac tirés des Etudes philosophiques
  • La Peau de chagrin
  • Le Chef d’œuvre inconnu

 

  • Citez deux œuvres tirées des Etudes analytiques
  • La physiologie du mariage
  • Petites misères de la vie conjugale
Questions sur le réalisme et le naturalisme : Entraînez-vous
  • Quand le réalisme prend t'-il son essor?
  • Avec quels écrivains?
  • Citez trois exemples de romans réalistes
  • Balzac est-il à l'origine des principes généraux du réalisme?
  • Avec quelle œuvre littéraire?
  • Citez un autre écrivain qui avec Balzac, recrée la réalité de manière fidèle
  • Définir le réalisme
  • Est-ce un courant littéraire?
  • En est-il de même avec le naturalisme?
  • Proposez une définition du naturalisme et citez un représentant
  • Quelles sont les points communs et différences entre le réalisme et le naturalisme
  • Quels sont les genres réalistes?
  • Quels sont les thèmes réalistes?
  • Contre quel courant littéraire le réalisme s'insurge t'-il?

 

Fiche bac sur le naturalisme et le réalisme pour trouver les éléments de réponses au questionnaire du bac


Naturalisme et Réalisme

Crée en même temps que le romantisme (De Balzac à Stendhal), le réalisme ne prend vraiment son essort que dans la période 1850-1900 (par Flaubert et Maupassant) et se retrouve dans le naturalisme crée par Zola.

  • 1) Réalisme et Naturalisme (à travers l'histoire) - Les romans emprunts de réalisme s'identifient à l'époque traversée: des révolutions de 1848 (qui se retrouve dans "L'Education sentimentale" de Flaubert, du coup d'état de L-N Bonaparte (conteste de "La Fortune des Rougon" de Zola) ou de la politique stable du 2ème Empire (1852 à 1870). -Les Années 1850-1900 virent la vraie naissance du capitalisme moderne: Zola le décrit à travers les grands magasins dans "Au bonheur des dames" paru en 1883, et à travers la bourse dans "l'Argent" paru en 1891. C'est une époque de fortes évolutuions tant sociales (naissance de la classe ouvrière) que urbaines (à travers le Paris du Préfet Haussmann). -C'est enfin le grand moment du positivisme, qui use de l'expérience scientifique comme fondement à tout savoir. Les romanciers écrivent aussi sur des avancéesen médecine et en psychologie, Maupassant disserte sur la folie ("Le Horla" en 1887), les frères Goncourt s'expriment sur l'hystérie féminine ("Germine Lacerteux" en 1865), ou encore Zola sur les valeurs de l'hérédité, servant de base à ses "Rougon-Macquart" (de 1871 à 1893), période romanesque sous titrée "Histoire Naturelle et social d'une famille sous le second Empire".

  • 2) Les clés du réalisme et du naturalisme: -Les principes généraux de la vision réaliste naissent chez Balzac qui crée, avec "La comédie Humaine" le roman total, vrai "concurrence à l'Etat-civil" (préambule de 1842) et chez Stendhal qui crée le roman assimilé à "une glace qui déambule sur une grande-route" ("Le Rouge et le Noir" en 1830). Les 2 écrivains affirment retranscrire la réalité de manière fidèle. -Le mot "réalisme survient, au début de manière péjorative pour enfin définir une nouvelle création de description, constituée autour de Gustave Courbet. Plus tard, Champfleury et Duranty se l'approprient en littérature en affirmant l'objectivité sur base romantique, et ses qualités de description. Le réalisme n'est cependant qu'au second plan comme courant en littérature: et même Flaubert, pourtant son affirmé (Chef de file, ne se disait-il pas comme non-réaliste. -Par contre, le naturalisme a bien représenté une école littéraire, avec les frères Goncourt et Zola ("Thérése Raquin", en 1867, puis les "Rougon Macquart" à partir de 1871). Les écrits de ce dernier écrivain, Le Roman d'expérience (en 1880) et les Romanciers (1881) apportent leur fondement au naturalisme; ils revendiquent un réalisme extrémiste par leur expérimentation du modèle scientifique. Ils s'attirent toutefois des avis mesurés, chez Maupassant (exemple: la préface de "Pierre et Jean", en 1887) ou chez Huysmans "exemple: la préface de "A retours", en 1903).

  • 3) Les genres réalistes et naturalistes: - Le roman est le genre le plus retenu: on estime qu'il décrit le mieux la réalité. Balzac avec "La Comédie Humaine", et Zola , avec les "Rougon-Macquart" racontent de grandes épopées familiales, empreintes de social et d'histoire. Contrairement aux romantiques avec le roman sur fond d'histoire, les réalistes et les naturalistes s'intéressent eux au présent et tirent leur inspiration de la vie réelle (Stendhal écrit aussi son roman "Le Rouge et le Noir" en se basant sur un fait divers relaté dans un journal). -Le descriptif a une grande importance, car il permet de décrire la réalité: il repète les "petits faits avérés" (Stendhal) et cela donne un effet de réalité. -Enfin, se focaliser dans ce genre de romans, autorise des effets complexes, entre narrateur présent en permanence, image du démuirge qui crée tout un monde (Balzac), et le "se focaliser" propre à Zola, qui permet au narrateur de se dissimuler derrière ses personnages.

  • 4) Les Thèmes réalistes et naturalistes: -Le réalisme s'attaque d'abord au romantisme, qu'on accuse d'éloigner de la réalité. Flaubert dans "Madame Bovary", décrit les effets néfastes de l'illusion romantique sur l'héroisme de son roman). Par contre, réalistes et naturalistes revendiquent la réalité des villes, politique et sociale. Les héros de ces romans sont ordinaires, qu'ils soient de la classe bourgeoise de Flaubert ou de la classe ouvrière de Zola- Zola décrit aussi, dans les "Rougon-Macquart" le monde des prostituées, l'alcool et le crime. -C'est la réalité que les romans décrivent. C'est pourquoi le réalisme a souvent été qualifié d' inesthétique et parfois même manquant de moralité et apportant la subversion: en 1857; un procés a même été intenté contre Flaubert "Madame Bovary" sous l'accusation suivante: "Atteinte à la morale des gens et aux bonnes moeurs".

 
   

 

Balzac

 

Le Père Goriot

Questionnaire sur le père Goriot

  • Quelle est la période décrite dans cet ouvrage de Balzac?
  • Période décrite : 1819 - 1820

 

  • Quels sont les thèmes abordés?
  • La politique, la carrière, l’amour, les enfants
  • Dans quels ouvrages, le personnage, Goriot Jean-Joachim apparaît-il?
  • Dans splendeurs et misères des courtisans, dans le père Goriot et dans Gobseck

 

  • Que représente t’-il?
  • Il symbolise les parents

 

  • Qu’en est-il de Rastignac?
  • Il représente le politicien et il apparaît dans plusieurs romans de la comédie  humaine, le père Goriot, Splendeurs et misères, le député d’Arcis.

 

Faire un résumé du Père Goriot en mettant l’accent sur le type représenté par le Goriot : Les parents.

  • Résumé
  • Goriot est un ancien négociant, ouvrier d’avant la révolution qui pendant cette période  a fait fortune en vendant des farines dix fois leur prix pour lutter contre la disette du peuple.  Il est père, veuf de deux filles qui sont au centre de ses intérêts et de sa vie au point de leur céder à chacune  la moitié de sa fortune. Ses filles deviennent, l’une comtesse de Restaud et l’autre baronne de Nucingen. Goriot se retire à la pension Vauquer après la vente de son commerce. Il se montre en père toujours soucieux de ses deux filles qu’il sauve de la ruine à plusieurs reprises, se lie ensuite avec Rastignac. Il prendra conscience un peu plus tard de l’exploitation de ses filles mais reste jusqu’à la fin le père parfait, aimant sans condition et sans souci des convenances.

 

gravure

 

 

 

Analyse du père Goriot

Intérêt de l’action : l’intrigue

Celle d’un roman d’apprentissage = un roman initiatique

  • De quelle nature ce roman est-il?
  • C’est à la fois un roman social, psychologique et policier.

 

  • Quelle est l’intrigue et de quelle  nature est-elle? 
  • L’intrigue est complexe : Mise en œuvre un peu longue de l’histoire puis, la crise qui se situe à trois niveaux :
  • trois intrigues apparemment distinctes et parallèles :
  • - l’éducation de Rastignac qui reçoit trois leçons (celle de Mme de Beauséant, celle de Goriot, celle de Vautrin) ; c’est le parcours aventureux d’un arriviste à Paris
  • - le drame du père Goriot
  • - le roman policier de Vautrin, le forçat évadé qui est opposé à la société (sur le modèle de Vidocq) = les intrigues de Vautrin
  • Goriot lui montre la vérité derrière les apparences;
  • Vautrin lui montre les injustices de l'ordre social;
  • Delphine lui permet de découvrir un nouvel ordre des sentiments à savoir que l'amour vient après la possession

 

  • Quels sont les deux mouvement qui s’opposent? 
  • Rastignac connaît une ascension, le père Goriot subit une véritable déchéance.

 

  • Comment la chronologie est-elle? 
  • La chronologie est linéaire

 

  • Balzac est-il neutre dans sa narration?
  • Il n’est pas tout à fait neutre, son point de vue est objectif mais ses sentiments transparaissent dans le récit
  • Comment la focalisation se fait-elle?
  • La focalisation se fait  sur Rastignac, Goriot et Vautrin.

 

Intérêt psychologique

L’intrigue du père Goriot

  •  - Comment Balzac construit-il ses personnages?
  • Il s’appuie sur des théories scientifiques. A cet égard les personnages représentatifs sont Vautrin et Rastignac.

 

Qu’en est-il de Vautrin?

Le roman policier de Vautrin

  • Vautrin est un forçat évadé, profiteur, sans scrupules. ce qui compte pour lui : les femmes, le prestige, l'or
  • Il symbolise la volonté de puissance.

 

Qu’en est-il de Rastignac?

L’éducation de Rastignac

  • C’est le personnage qui nous fait dire que le père Goriot est un roman d’initiation, d’apprentissage car Rastignac est celui qui doit être initié à l’âge des responsabilités. On le voit évoluer tout d’abord comme un homme naif sortant de sa campagne et débarquant à Paris, société dans laquelle il va devoir se faire une place et apprendre à vivre. Il se retrouve alors en contradiction avec l’éducation reçue et la morale parisienne bien différente de celle inculquée dans sa famille. Le personnage se montre versatile parfois volontaire et audacieux mais parfois découragé, pessimiste.
  • Il incarne la contradiction, il est bien vite entre vice et vertu, dès son arrivée à la pension. Il va se réaliser tout au long du livre à travers une série d’expériences :

 

  • Education de Rastignac : première leçon
  • une visite à Mme de Restaud lui fait connaître l' adultère, ce sera la leçon parmi les trois reçues du personnage : l’éducation de Rastignac qui reçoit trois leçons (celle de Mme de Beauséant, celle de Goriot, celle de Vautrin) ;

 

  • L’enseignement de Vautrin : deuxième leçon
  • Vautrin par son  arrestation découvre que la révolte est très dangereuse.

 

  • L’enseignement de Goriot : troisième leçon
  • . À la fin, il suit le convoi funéraire du père Goriot.  Il a compris que pour y arriver dans la vie, il faut se servir des autres, c'est un arriviste.

Qu’en est-il du père Goriot?

Le drame du père Goriot

Le père Goriot incarne l’amour paternel, sa passion pour ses deux filles le dévore tout entier.  Son sacrifice pour elles est inconditionnel et le conduit irrémédiablement à sa perte, sa ruine. L’issue est fatale, il se perd pour ses deux filles qui ne lui rendent pas son amour bien plus, elles le méprisent. Il deviendra clairvoyant trop tard, lorsqu’il comprend enfin les véritables sentiments de ces deux filles. Sa souffrance le rend lucide mais trop tard. 

  • - Comment Balzac croise t’-il les fils de ses trois intrigues?
  • Grâce au  personnage de Rastignac et aux thèmes de la paternité ainsi que de celui de la filiation
  • Une intrigue articulée autour du thème de la paternité

 

 

Balzac

 

 Un roman de la paternité

Il y a dans ce roman quatre personnages de pères, Goriot, Vautrin, le père d'Eugène de Rastignac et Taillefer

Monsieur Taillefer

C’est un riche banquier relativement insensible à tout sauf à ses biens, il représente le père indigne et en ce sens entre en opposition avec le père Goriot qui se sacrifie de manière inconditionnelle à ses filles ingrates.

Le père d’Eugène

Cette  figure de la paternité n’est pas présente, le père biologique de Rastignac n'est que cité.

Le père Goriot

Patronyme péjoratif donné par Mme Vauquer par jalousie et par vengeance . Ce patronyme est méprisant

« Malheureusement, à la fin de la deuxième année, monsieur Goriot justifia les bavardages dont il était l’objet, en demandant à madame Vauquer de passer au second étage, et de réduire sa pension à neuf cents francs. Il eut besoin d’une si stricte économie qu’il ne fit plus de feu chez lui pendant l’hiver. La veuve Vauquer voulut être payée d’avance, à quoi consentit monsieur Goriot, que dès lors elle nomma le père Goriot. Ce fut à qui devinerait les causes de cette décadence. »

Seconde interprétation du « père » dans père Goriot : c'est le portrait du père. Goriot n'est qu'un père dans l'histoire. Il symbolise la paternité dans le sens fort du terme car son amour paternel le conduira à la folie. Goriot pour n'avoir pas sur aimer ses deux filles ne leur inspire aucun respect, elles font preuvent à son égard du plus grand mépris et de la plus grande indifférence.  

Passages représentatifs : une victime de ses sentiments

« Enfin, je vis trois fois. Voulez-vous que je vous dise une drôle de chose ? Eh bien ! quand j’ai été père, j’ai compris Dieu. Il est tout entier partout, puisque la création est sortie de lui. Monsieur, je suis ainsi avec mes filles. Seulement j’aime mieux mes filles que Dieu n’aime le monde, parce que le monde n’est pas si beau que Dieu, et que mes filles sont plus belles que moi. »

« Pour bien peindre la physionomie de ce Christ de la Paternité, il faudrait aller chercher des comparaisons dans les images que les princes de la palette ont inventées pour peindre la passion soufferte au bénéfice des mondes par le Sauveur des hommes. »

« J’ai bien expié le péché de les trop aimer. Elles se sont bien vengées de mon affection, elles m’ont tenaillé comme des bourreaux. Eh ! bien, les pères sont si bêtes ! je les aimais tant que j’y suis retourné comme un joueur au jeu. Mes filles, c’était mon vice à moi ; elles étaient mes maîtresses, enfin tout ! »

Vautrin

Vautrin et Goriot

 Vautrin est l’antithèse du père Goriot victime de son amour démesuré pour ses filles : en effet il donne l'image de l'homme libéré

 

physiologie-du-mariage-balzac

 

 

 

Intérêt documentaire

  • Sur quoi repose l’intérêt documentaire du roman?
  • Balzac affirme dans la préface : « Ce drame n’est ni une fiction, ni un roman : all is true. ». On retrouve dans cette affirmation la même volonté de réalisme que dans la pension de Mme Vauquer « Toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. »
  • Quels sont les éléments réalistes  d’un point de vue historique représentatifs de l’œuvre?
  • D’un point de vue historique, la révolution. Du point de vue romanesque, Balzac souligne le pouvoir de l 'argent grâce au statut de rentier de Goriot jusqu'à sa ruine. Le lecteur assiste à sa déchéance.

 

Intérêt philosophique

  • Le concept de déterminisme :
  • Balzac met en avant le concept de déterminisme si présent dans le naturalisme. Les hommes sont soumis à une certaine fatalité tant sur le plan génétique que social. Ici Balzac met l’accent sur l’origine, sur le physique, sur le tempérament. Les  hommes sont soumis au déterminisme, il est impossible d’y échapper.  
  • La société
  • Dénonciation de la montée du pouvoir de l’argent à travers la bourgeoisie et acception d’une société même si Balzac dénonce les mauvaises mœurs.
  • La volonté de puissance
  • Balzac met en avant et fait l’éloge de la volonté de puissance qui suppose la maîtrise la plus absolue des passions. 
  • Quel est le schéma actantiel du livre? 

 

  • Le schéma narratif
  • Situation initiale
  •  Rastignac revient à Paris : il se fait inviter à un bal chez Mme de Beauséant.
  • Elément déclencheur
  •  rencontre mondaine – au bal de Mme de Beauséant, il s’éprend d’Anastasie de Restaud :
  • le mystère Goriot – enquête sur l’identité du vieillard
  • Péripétie no 1 : Les deux visites : chez Mme de Restaud puis Mme de Beauséant, Rastignac élucide le mystère du père Goriot
  • Péripétie n2 : Vautrin propose au jeune homme une autre manière pour arriver à ses fins, se servir de Victorine Taillefer
  • Premier dénouement
  •  Echec de la séduction de Victorine
  • Second dénouement
  • Delphine devient la maîtresse de Rastignac
  • Situation finale
  •  Vautrin arrêté, Beauséant exilé, Goriot mort et Rastignac commence une nouvelle vie. 

 

Schéma actantiel

  • Situation Initiale
  • • Equilibre: province, arrivée à Paris, pension Vauquer…
  • • Déséquilibre: rencontre de Goriot et Vautrin
  • • Manque: réussite sociale = argent. 
  • Situation de Transformation
  • • Objet: devenir lucide, adulte et responsable
  • • Epreuve qualifiante: Goriot et Vautrin le désignent
  • • Héros: Rastignac
  • • Etapes: Pension Vauquer; Taillefer; Langeais, Restaud, Bauséant, Nucingen; Arrestation de Vautrin; fils de goriot.
  • Situation Finale
  • • Equilibre: Vie adulte à Paris: société nouvelle

 

    • En quoi le schéma actantiel est-il significatif d'une quête du 19es?
    • Le schéma est révélateur du 19e siècle car Rastignac souhaite arriver à l'âge adulte et responsable. Il s'agit d'un roman d'apprentissage. On voit ce personnage évoluer dans la société parisienne. Il bénéficie des enseignements de Vautrin et de Mme Beauséant. Il représente le 19ème siècle avec ce que cela suppose : le pouvoir de l'argent, le progrès. Il est ambitieux et arriviste.
    • La dernière phrase, "A nous deux maintenant" montre que le personnage sans scrupules commence une nouvelle vie dans cette société parisienne.  Elle marque donc la fin de l'initiation.
 

le mystère Goriot,

les personnages s’observent

 

physiologie-du-mariage-balzac

 

Objectifs : pour comprendre l'évolution des personnages à partir des extraits du livre

 

La focalisation et l'exposition

Supports

Goriot épié par Rastignac : de « Sa pensée vagabonde » à « ne pas inconsidérément condamner son voisin »

Sa pensée vagabonde escomptait si drûment ses joies futures qu'il se croyait auprès de madame de Restaud quand un soupir semblable à un ban de saint joseph troubla le silence de la nuit, retentit au coeur du jeune homme de manière à le lui faire prendre pour le râle d'un moribond. Il ouvrit doucement la porte, et quand il fut dans le corridor, il aperçut une ligne de lumière tracée au bas de la porte du père Goriot. Eugène craignit que son voisin ne se trouvât indisposé, il approcha son oeil de la serrure, regarda dans la chambre, et vit le vieillard occupé de travaux qui lui parurent trop criminels pour qu'il ne crût pas rendre service à la société en examinant bien ce que machinait nuitamment le soi-disant vermicellier. Le père Goriot, qui sans doute avait attaché sur la barre d'une table renversée un plat et une espèce de soupière en vermeil, tournait une espèce de câble autour de ces objets richement sculptés, en les serrant avec une si grande force qu'il les tordait vraisemblablement pour les convertir en lingots.- Peste! quel homme! se dit Rastignac en voyant le bras nerveux du vieillard qui, à l'aide de cette corde, pétrissait sans bruit l'argent doré, comme une pâte. Mais serait-ce donc un voleur ou un receleur qui, pour se livrer plus sûrement à son commerce, affecterait la bêtise, l'impuissance, et vivrait en mendiant? se dit Eugène en se relevant un moment. L'étudiant appliqua de nouveau son oeil à la serrure. Le père Goriot, qui avait déroulé son câble, prit la masse d'argent, la mit sur la table après y avoir étendu sa couverture, et l'y roula pour l'arrondir en barre, opération dont il s'acquitta avec une facilité merveilleuse.- Il serait donc aussi fort que l'était Auguste, roi de Pologne? se dit Eugène quand la barre ronde fut à peu près façonnée. Le père Goriot regarda tristement son ouvrage, des larmes sortirent de ses yeux, il souffla le rat-de-cave à la lueur duquel il avait tordu ce vermeil, et Eugène l'entendit se coucher en poussant un soupir.- Il est fou, pensa l'étudiant.

- Pauvre enfant! dit à haute voix le père Goriot.

A cette parole, Rastignac jugea prudent de garder le silence sur cet événement, et de ne pas inconsidérément condamner son voisin.

  • Travail à faire :
  • Trouver un plan en deux axes, une ou deux problématiques d'étude sur ce passage et rédigez votre introduction en annonçant le plan et la question. Deuxième partie du travail : insérer dans vos axes les idées essentielles pour un commentaire
  • Correction : lecture analytique proposée pour approfondir votre étude avec un plan en deux axes, une problématique possible et une introduction
  • Goriot épié par Rastignac

    Cet extrait du Père Goriot qui débute par « sa pensée vagabonde » et finit par « ne pas inconsidérément condamner son voisin » nous décrit Eugène dans la pension dans laquelle se trouvait également le Père Goriot en train d’espionner ce dernier à travers le trou de la serrure de sa chambre après avoir entendu un bruit qui a attiré son attention.

    Le Père Goriot est surpris alors qu’il tord de l’argent sous forme de lingot. Le Père Goriot est surpris alors qu’il met de l’argent sous forme de lingot ; Balzac utilise le style indirect libre pour mettre en scène ses personnages. Eugène se pose des questions sur les actes du Père Goriot qu’il imagine riche alors que ce dernier se dit pauvre.

    Il interprète donc cette soi-disant richesse en lui prêtant des actes répréhensibles tels que le vol ou le recel. Enfin l’étudiant se rend compte qu’il a été démasqué lorsque le Père Goriot s’écrie « pauvre enfant ».

    Il y a une focalisation interne de Rastignac ;

    problématique  

     « comment découvre-t-on l’identité du Père Goriot ? »

    I  - On découvre l’identité du Père Goriot par la description d’une atmosphère inquiétante

    Eléments et procédés qui mettent en place une atmosphère  inquiétante : éventuellement conditionnel, passé simple. Le mystère est suggéré et plane sur l'identité du père Goriot.

    Gradation de son statut

    Scène de roman mise en avant dans un  cadre urbain, nocturne. On a l’impression d’être dans une scène de roman noir qui accentue l'impression d'étrangeté et de mystère, interdisant le lecteur d'accéder à la véritable identité du père Goriot. La pension Vauquer est très étrange. C'est un endroit qui reflète l'état d'esprit et l'ambiance.

    Pauvre pension miteuse : suspect de posséder un tel service d’argent : il trouve que c’est bizarre.., Rastignac fait l’espion et flaire le crime. Nous avons une atmosphère presque fantastique, tout y est mystère. Que fait Goriot? Il y a aussi quelques paradoxes, par exemple, un vieillard très musclé, bras d’athlète, un criminel larmoyant, un idiot receleur…

    Il trouve aussi que le vieillard a une force colossale : « han » : cri d’effort…fantastique nouveau, nous sommes donc dans une atmosphère extraordinaire renforcée par le champ lexical de la force évocatrice du vieillard, han de Saint Joseph, fort comme le roi de Pologne, facilité merveilleuse…

    Le personnage espionne et on en sait davantage sur les deux Goriot et Rastignac.

    II  - On apprend autant sur Goriot que sur Rastignac qui épie le personnage

    Nous apprenons grâce à cette scène autant sur Goriot que sur Rastignac.  C’est donc une scène révélatrice et informative à cet égard.

    c’est évidemment de focalisation interne qu’il s’agit ici.

    Non seulement le lecteur n’apprend que ce que voit Rastignac

    – par le trou de la serrure : le lecteur est lui-même voyeur

    Nous savons qu’il s’agit d’un jeune homme d’une grande curiosité au point d’espionner pour des motifs qui amusent le lecteur : il « vit le vieillard occupé de travaux qui lui parurent trop criminels pour qu’il ne crût pas

    Nous voyons l’observateur en quête d’interprétation de ce qu’il voit, il qualifie ainsi de criminel, l’homme qui s’occupe de métal précieux, la nuit. Il convertirait du vermeil en lingot. Il projette ses fantasmes, cet homme serait à son sens un receleur ou un voleur, voire un fou puisqu’il pleure.  Il juge selon les apparences ce qu’il voit et transpose de la sorte ses fantasmes. Nous sommes dans la calomnie, ce qui nous révèle déjà la psychologie de l'homme.

    Il fait preuve ensuite de souplesse d’esprit puisqu'il s'interdit de juger trop vite  cet homme qui est son voisin  « Rastignac jugea prudent [...] de ne pas inconsidérément condamner son voisin. »

Conclusion - Bilan

Cet extrait du Père Goriot fait partie de la Comédie humaine, c'est un texte essentiel car il nous révèle l'état d'esprit d'Eugène de Rastignac, on le devine curieux, malsain parfois.

Cette manière d’exposer est-elle caractéristique de Balzac?

Le mystère est mis en avant, la lecture est incitative. Le lecteur est directement dans l'action et voit la scène par les yeux de Rastignac : cela est rendu possible par la focalisation interne. Le lecteur se fait voyeur au même titre que Rastignac.

 

Balzac

 


Le portrait de Mme Vauquer.

Après avoir décrit une « pension bourgeoise » des plus sordides, le narrateur nous présente sa propriétaire, madame Vauquer : « (…) Cette pièce est dans tout son lustre au moment où, vers sept heures du matin, le chat de madame Vauquer précède sa maîtresse, saute sur les buffets, y flaire le lait que contiennent plusieurs jattes couvertes d’assiettes, et fait entendre son ronron matinal. Bientôt la veuve se montre, attifée de son bonnet de tulle sous lequel pend un tour de faux cheveux mal mis ; elle marche en traînassant ses pantoufles grimacées. Sa face vieillotte, grassouillette, du milieu de laquelle sort un nez à bec de perroquet ; ses petites mains potelées, sa personne dodue comme un rat d’église, son corsage trop plein et qui flotte, sont en harmonie avec cette salle où suinte le malheur, où s’est blottie la spéculation et dont madame Vauquer respire l’air chaudement fétide sans en être écoeurée. Sa figure fraîche comme une première gelée d’automne, ses yeux ridés, dont l’expression passe du sourire prescrit aux danseuses à l’amer renfrognement de l’escompteur , enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. Le bagne ne va pas sans l’argousin, vous n’imagineriez pas l’un sans l’autre. L’embonpoint blafard de cette petite femme est le produit de cette vie, comme le typhus est la conséquence des exhalaisons d’un hôpital. Son jupon de laine tricoté, qui dépasse sa première jupe faite avec une vieille robe, et dont la ouate s’échappe par les fentes de l’étoffe lézardée, résume le salon, la salle à manger, le jardinet, annonce la cuisine et fait pressentir les pensionnaires. Quand elle est là, ce spectacle est complet ».

 

Eugène Balzac – Le Père Goriot - Le portrait de Mme Vauquer

  • Travail à faire :
  • Trouver un plan en deux axes, une ou deux problématiques d'étude sur ce passage et rédigez votre introduction en annonçant le plan et la question. Deuxième partie du travail : insérer dans vos axes les idées essentielles pour un commentaire
  • Correction : lecture analytique proposée pour approfondir votre étude avec un plan en deux axes, une problématique possible et une introduction

Eugène Balzac – Le Père Goriot - Le portrait de Mme Vauquer

Dans cet extrait, Balzac nous fait le portrait de Madame Vauquer, un portrait bien singulier et ironique puisqu'il suit en première partie la description de la pension.

Nous verrons que ces descriptions se font écho, puisque le décor de la pension reflète le portrait de sa propriétaire. Il y a une osmose entre le personnage et son décor, on peut parler d'interaction, de rapport entre le physique et le caractère. 

La pension est le lieu d'habitation de la tenancière, nous sommes à Paris en 1819. L'intérêt de s'y attarder tient au fait que ce lieu devient mythique puisqu'il retrace le drame du père Goriot. 

On peut noter une description statique des lieux qui se substitue à une description plus dynamique des personnages. 

Nous avons ici Mme Vauquer au saut du lit . Nous allons en étudier la laideur, le réalisme et l'ironie de Balzac. 

I – La laideur d'un portrait réaliste et ironique: médiocrité et mesquinerie

La laideur transparaît dans sa réalité la plus manifeste. Le quotidien se charge de nous livrer dans les détails les apparences d'une Mme Vauquer prise au saut du lit et faisant l'objet d'une peinture peu gracieuse.  Balzac se charge de nous montrer le personnage sans se soucier des détails disgracieux. Nous voyons la veuve attifée, sortie de son lit et prendre vie sous la plume d'un Balzac au vocabulaire familier pour accentuer la laideur du portrait de la femme.  La peinture est réaliste et laisse transparaître un blâme: On la devine coquette grâce à la référence de bonnet de tulle qui est un vêtement de femme mais d'un tissu bon marché, donc coquette mais radine. Le laisser aller de Madame Vauquer se traduit par les pantoufles. Elle laisse transparaître une certaine pauvreté, une misère vis-à-vis de ses pensionnaires dans un but bien précis. Calculatrice, elle souhaite se faire ainsi plaindre dans le but d'arriver à ses fins.  Ainsi, ils la plaignent car la croient sans fortune et «bonne femme» que le lecteur assimile davantage à une bonne comédienne. Non soupçonnée d'abuser ses locataires, elle est ainsi à l'abri des soupçons d'abus.  Le champ lexical de l'argent confirme cet aspect du personnage = « spéculation », « escompteur », « payer plus cher », « fortune ». Son portrait moral de femme radine, calculatrice, manipulatrice se double d'un portrait physique bien peu flatteur ainsi que le suggèrent les termes péjoratifs. On la devine grassouillette (mains potelées, embonpoint ) .... rat d'église, œil vitreux, air innocent de l'entremetteuse (qui connote la tromperie). L'odeur animale renforce la laideur d'un tableau déjà repoussant. Il y a une multitude de comparaisons aux animaux. On peut à cet égard, mettre en avant les champs lexicaux de l'animalité = « nez à bec de perroquet », « rat d’église » ;

La maladie est en outre suggérée avec les expressions suivantes = « embonpoint blafard », typhus », « exhalaisons d’un hôpital », « œil vitreux », « « geindre », « tousser » ;

Parmi les champs lexicaux présents, on peut aussi mettre en avant celui de la pauvreté =  « tour de faux cheveux mal mis », « pantoufles grimacées »,

« malheur » (exprimé trois fois), « vieille robe », étoffe lézardée »,

« entremetteuse », « les yeux pour pleurer », ne compatir à aucune infortune »,« souffert ».

Au portrait succède la caricature, le portrait ironique. Balzac commence par les seins, «corsage trop plein et qui flotte», vient ensuite sa physionomie, «air chaudement fétide», «yeux ridés». La caricature est globale car l'insistance est mise sur l'ensemble du personnage, son âge, le poids des malheurs en italique, son œil vitreux, de «bonne femme au fond». Les défauts physiques sont exagérés de manière à mettre en avant son avarice, son égoïsme.

II Le personnage et son décor : l’osmose

Ainsi Mme Vauquer est présentée comme une « veuve »,

« attifée », avec de « faux cheveux », « vieillotte », « ridée », « sourire

prescrit », débordant de graisse (« corsage trop plein », mains potelées »), elle répond à l'image de la salle  qui « suinte le malheur… la spéculation ». On remarque que Balzac va de l'extérieur à l'intérieur. « sa personne dodue [.] sont en harmonie avec cette salle ». Le personnage et le décor sont étroitement lié. On remarque l'utilisation de termes abstraits et concrets avec par exemple« cette salle où suinte le malheur »  ou encore, « où s'est blotti la spéculation »

La pension est ainsi l'expression d'un décor, vieux, laid, désagréable, rebutant. Elle s'apparente à une ruine tout comme sa propriétaire « l'étoffe lézardée ».  L'harmonie entre le personnage et le lieu se traduit également avec son jupon qui annonce le salon, la salle à manger et laisse deviner les pensionnaires. 

Vieux, laid, délabré, vidé, autant d’adjectifs qui correspondent autant à Mme Wauquer qu’à la pension. Le personnage modèle le milieu dans lequel il vit, et vice versa : l’osmose. On comprend le message de Balzac = le milieu reflète le personnage

Le naturalisme, application de la théorie de Darwin dans un roman.

 

Balzac

 


L’enterrement du Père Goriot,

Séquence roman

Lecture du texte :

Les deux prêtres, l'enfant de choeur et le bedeau vinrent et donnèrent tout ce qu'on peut avoir pour soixante-dix francs dans une époque où la religion n'est pas assez riche pour prier gratis. Les gens du clergé chantèrent un psaume, le Libera, le De profundis. Le service dura vingt minutes. Il n'y avait qu'une seule voiture de deuil pour un prêtre et un enfant de choeur, qui consentirent à recevoir avec eux Eugène et Christophe.
- Il n'y a point de suite, dit le prêtre, nous pourrons aller vite, afin de ne pas nous attarder, il est cinq heures et demie.
Cependant, au moment où le corps fut placé dans le corbillard, deux voitures armoriées, mais vides, celle du comte de Restaud et celle du baron de Nucingen, se présentèrent et suivirent le convoi jusqu'au Père-Lachaise. A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l'argent de l'étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent, et l'un d'eux, s'adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien, il fut forcé d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d'un coeur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta.
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses: "A nous deux maintenant!"
Et pour premier acte du défi qu'il portait à la Société,
Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen.
Le Père Goriot - Honoré de Balzac

  • Travail à faire :
  • Trouver un plan en deux axes, une ou deux problématiques d'étude sur ce passage et rédigez votre introduction en annonçant le plan et la question. Deuxième partie du travail : insérer dans vos axes les idées essentielles pour un commentaire
  • Correction : lecture analytique proposée pour approfondir votre étude avec un plan en deux axes, une problématique possible et une introduction
  • Commentaire du convoi funèbre du père Goriot

    Ce passage final retrace l’agonie du personnage de Goriot. Nous le voyons évoluer dans son agonie jusqu’à la fin la plus tragique car au-delà de la mort, le lecteur partage le désespoir d’un homme mourant et désespéré de n’avoir par revu ses deux filles pour lesquelles sa vie durant il a tout sacrifié. Goriot est retrouvé par Eugène mourant, ses deux filles Anastasie est Delphine sont absentes et indifférentes à cette situation.  A cet égard, Eugène tente en vain de convaincre les deux filles d’intervenir au plus vite. Le père sombre dans l’inconscience et meurt finalement dans la plus grande solitude. Nous sommes dans la dernière page du roman, le convoi funèbre de Goriot, le père abandonné, l’intérêt de ce passage est aussi d’attirer l’attention du lecteur sur Rastignac et son ambition démesurée.

  • Problématique : En quoi l'enterrement marque t'-il la fin d'une initiation?

I Un enterrement bâclé, d’un homme pauvre et abandonné

Le mourant, Goriot à l’agonie souffre plus  de l’abandon de ses filles que de l’approche de la mort elle-même ainsi que le suggèrent les expressions suivantes, « Il n’y avait qu’une seule voiture de deuil.. Il n’y a point de suite… «. Il porte sa souffrance à son paroxysme car son sacrifice d’une vie pour ses deux enfants suscite de la pitié de  la part du lecteur qui compatit et partage la déchirure de ce vieil homme abondonné par les deux êtres auxquels il tient le plus au monde.  Les voiture sont donc vides, l’absence est ainsi connotée et tranche avec l’aspect valorisé du point de vue social des voitures « armoriées », vides certes mais armoriées.  La noblesse du titre nous montre que les apparences sont sauves, les filles sont absentes mais elles sont représentées par leurs domestiques, « les gens de ses filles ».  Le sens du prestige social contraste et met en relief l’absence de sentiments.

Précipitation de l’enterrement  du pauvre homme. Nous voyons le clergé intervenir de manière très calculée « Le service dura vingt minutes… Nous pouvons aller vite… il est cinq heures et demie… A six heures, le Père Goriot… ».  Il semble donc que tous souhaitent voir la fin de l’enterrement ainsi que le suggère la phrase « aussitôt que fut dite la courte prière… ». Les verbes au passé simple amplifient l’impression expéditive de la cérémonie « Les deux prêtres… vinrent et donnèrent,… les gens du clergé chantèrent,… deux voitures armoriées mais vides se présentèrent et suivirent… le corps du Père Goriot fut descendu… », ou encore « A six heures, le corps du Père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l’argent de l’étudiant ».

Nous voyons tout au long de cet enterrement que l’argent dirige tout, on lit tout d’abord que Goriot obtient »tout ce qu’on peut avoir pour soixante dix francs », la religion est ensuite mise en cause de ce point de vue car même pour elle et jusque dans la mort, « la religion n’est pas assez riche pour payer gratis », le clergé sait facturer ses services surtout face à la gestion d‘un convoi funéraire, plus loin dans le texte, « l’un des fossoyeurs lui demanda un pourboire ». La place de l’argent est donc très importante dans cette page finale du roman.

II  - La fin d’une initiation

Eugène a une réelle prise de conscience par rapport au passé.  Il se révolte contre le spectacle de la pauvreté. En effet, il lui manque Vingt sous et « Ce fait si léger en lui-même détermina chez Rastignac un accès d’horrible tristesse ».

La tristesse domine,  il est démuni et n’est plus celui qu’il était. Il réalise l’importance de son dénuement qui l’apparente trop selon lui à celui de Goriot. Etat qu’il refuse mais c’est la fin des illusions. La tonalité dominante à ce moment du passage est la tristesse.

Pourtant, l’espoir d’un renouveau transparaît dans la phrase suivante : « Il se croisa les bras, contempla les nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta ».

Elle connote une sorte de retour à la vie, l’espoir d’une renaissance, d’un recommencement, le regard vers le ciel et  les nuages pourrait traduire de manière imagée son désir d’ascension. Sa foi en la vie renaît comme les promesses d’un nouvel avenir.

Nous voyons Rastignac reprendre goût à la vie fastueuse, il rêve secrètement de Paris , la richesse l’attire et le fascine, tout ce qui appartient au monde Parisien est séduction. C’est une ville de fête, « commençaient à briller les lumières »,  d’argent, de beaux quartiers « là où vivait ce beau monde ». Paris devient l’objet en rêve de tous ses désirs, de toutes ses aspirations, il le vit déjà en pensée ainsi que le suggère l’expression : « un regard qui semblait par avance en pomper le miel » .

Son appétit sans limites, sa soif de conquête, de luxe et de fêtes parisiennes se traduit dans l’apostrophe « A nous deux maintenant! ». Le lecteur ressent l’ambition démesurée de cet homme que rien ne peut arrêter, il se présente sous les traits d’un conquérant, d’un homme jeune, déterminé et plein d’assurance.

C’est pourquoi, il décide de se servir du sentiment amoureux pour arriver à ses fins mercantiles. Il s’offre un dîner d’ambitieux : « Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen ». Il est désormais  Rastignac et tout même l’amour devient l’instrument de son ambition sans bornes.

Conclusion

Cette dernière page du roman est importante, on y retrouve le thème de la vie envisagée par Balzac dans sa fin et son commencement, une vie s’achève et une commence.

On retrouve dans cette dernière page le thème de l’égoisme dominant dans l’œuvre de Balzac. On peut dire qu’il s’agit de la fin d’une initiation car Eugène se retrouve face à lui-même, Vautrin est arrêté, Goriot est mort mais il aura contribué à son apprentissage de vie.

 

Rastignac : le maître du jeu

Eugène = le héros

Début de la deuxième partie (« L’entrée dans le monde », de « Monsieur,

dit le Père Goriot en entrant » à « Eugène et le père Goriot étaient devenus de bons amis »).

Rastignac n’est plus un espion mais un confident, il est à présent ami avec Goriot. Ils ont un intérêt commun. Goriot se sert de Rastignac pour savoir si ses filles se sont bien amusées et Eugène de Goriot pour atteindre Delphine de Nucingen. Cependant, Rastignac est devenu le maître du jeu et indispensable pour le père Goriot très délaissé.

Goriot est le héros éponyme de l’œuvre,  Rastignac devient le héros du livre, il est le symbole de la réussite mondaine, le personnage qui se construit par opposition à Goriot qui incarne la déchéance.

 
   

 

Balzac

 Travail à faire : séquence Balzac, le père Goriot

 

Étude d'ensemble: les initiateurs de Rastignac – lectures comparées

 

  • Le discours de Vautrin à Rastignac, extrait
  • Le discours de Mme de Beauséant, extrait
  • La vie de Marianne, Marivaux, extrait
  • Lucien Lewen, Stendhal, extrait
  • Le hussard sur le toit, Jean Giono, extrait
  • Illustration de Rastignac de A. Laisné

 

 

Question:

 

Quelle vision de l'homme et de la société proposent ces 5 discours initiatiques?

 

Texte A: le discours de Mme de Beauséant

 

« Le monde est infâme et méchant, dit enfin la vicomtesse. Aussitôt qu'un malheur nous arrive, il se rencontre toujours un ami prêt à venir nous le dire, et à nous fouiller le cœur avec un poignard en nous en faisant admirer le manche. Déjà le sarcasme, déjà les railleries ! Ah ! je me défendrai. » Elle releva la tête comme une grande dame qu'elle était, et des éclairs sortirent de ses yeux fiers. « Ah ! fit-elle en voyant Eugène, vous êtes là ! 5 — Encore, dit-il piteusement. — Eh bien, monsieur de Rastignac, traitez ce monde comme il mérite de l'être. Vous voulez parvenir, je vous aiderai. Vous sonderez combien est profonde la corruption féminine, vous toiserez la largeur de la misérable vanité des hommes. Quoique j'aie bien lu dans ce livre du monde, il y avait des pages qui cependant m'étaient inconnues. Maintenant je sais tout. Plus froidement vous calculerez, plus avant vous irez. Frappez sans pitié, vous serez craint. 10 N'acceptez les hommes et les femmes que comme des chevaux de poste que vous laisserez crever à chaque relais, vous arriverez ainsi au faîte de vos désirs. Voyez-vous, vous ne serez rien ici si vous n'avez pas une femme qui s'intéresse à vous. Il vous la faut jeune, riche, élégante. Mais si vous avez un sentiment vrai, cachez-le comme un trésor ; ne le laissez jamais soupçonner, vous seriez perdu. Vous ne seriez plus le bourreau, vous deviendriez la victime. Si jamais vous aimiez, gardez bien votre secret ! ne le livrez pas avant d'avoir bien su à qui vous ouvrirez 15 votre cœur. Pour préserver par avance cet amour qui n'existe pas encore, apprenez à vous méfier de ce monde-ci... »

 

Texte B: le discours de Vautrin

 

Le baron de Rastignac veut-il être avocat ? Oh ! joli. Il faut pâtir pendant dix ans, dépenser mille francs par mois, avoir une bibliothèque, un cabinet, aller dans le monde, baiser la robe d'un avoué pour avoir des causes, balayer le palais avec sa langue. Si ce métier vous menait à bien, je ne dirais pas non : mais trouvez-moi dans Paris cinq avocats qui, à cinquante ans, gagnent plus de cinquante miIle francs par an ? Bah ! plutôt que de m'amoindrir ainsi l'âme, j'aimerais mieux me faire corsaire. D'ailleurs, où prendre des écus ? Tout ça n'est pas gai. Nous avons une ressource dans la dot d'une femme. Voulez-vous vous marier ? ce sera vous mettre une pierre au cou; puis, si vous vous mariez pour de l'argent, que deviennent nos sentiments d'honneur, notre noblesse ! Autant commencer aujourd'hui votre révolte contre les conventions humaines. Ce ne serait rien que se coucher comme un serpent devant une femme, Iécher les pieds de la mère, faire des bassesses à dégoûter une truie, pouah ! si vous trouviez au moins le bonheur. Mais vous serez malheureux comme les pierres d'égout avec une femme que vous aurez épousée ainsi. Vaut encore mieux guerroyer avec les hommes que de lutter avec sa femme. Voilà le carrefour de la vie, jeune homme, choisissez. Vous avez déjà choisi : vous êtes allé chez notre cousine de Beauséant, et vous y avez flairé le luxe. Vous êtes allé chez madame de Restaud, la fille du père Goriot, et vous y avez flairé la Parisienne. Ce jour-là vous êtes revenu avec un mot écrit sur votre front, et que j'ai bien su lire : Parvenir! parvenir à tout prix. Bravo ! ai-je dit, voilà un gaillard qui me va. Il vous a fallu de l'argent. Où en prendre? Vous avez saigné vos soeurs. Tous les frères flouent plus ou moins leurs soeurs. Vos quinze cents francs arrachés, Dieu sait comme ! dans un pays où l'on trouve plus de châtaignes que de pièces de cent sous, vont filer comme des soldats à Ia maraude. Après, que ferez-vous? vous travaillerez? Le travail, compris comme vous le comprenez en ce moment, donne, dans les vieux jours, un appartement chez maman Vauquer, à des gars de la force de Poiret. Une rapide fortune est le problème que se proposent de résoudre en ce moment cinquante mille jeunes gens qui se trouvent tous dans votre position. Vous êtes une unité de ce nombre-là. Jugez des efforts que vous avez à faire et de l'acharnement du combat. Il faut vous manger les uns les autres comme des araignées dans un pot, attendu qu'il n'y a pas cinquante mille bonnes places. Savez-vous comment on fait son chemin ici ? par l'éclat du génie ou par l'adresse de la corruption. Il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon, ou s'y glisser comme une peste. L'honnêteté ne sert à rien. L'on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu'il prend sans partager; mais on plie s'il persiste; en un mot, on l'adore à genoux quand on n'a pas pu l'enterrer sous la boue. La corruption est en force, Ie talent est rare.

 

Texte C: La vie de Marianne, Marivaux, le discours de Mme Dutour à Marianne

 

« Tenez, Marianne, me disait-elle à votre place........  arrêtez-vous»

Tenez, Marianne, me disait-elle, à votre place, je sais bien comment je ferais ; car,  puisque vous ne possédez rien, et que vous êtes une pauvre fille qui n’avez pas seulement la  consolation d’avoir des parents, je prendrais d’abord tout ce que M. de Climal me donnerait,  j’en tirerais tout ce que je pourrais : je ne l’aimerais pas, moi, je m’en garderais bien ;  l’honneur doit marcher le premier, et je ne suis pas femme à dire autrement, vous l’avez bien  vu ; en un mot comme en mille, tournez tant qu’il vous plaira, il n’y a rien de tel que d’être  sage, et je mourrai dans cet avis. Mais ce n’est pas à dire qu’il faille jeter ce qui nous vient trouver ; il y a moyen d’accommoder tout dans la vie. Par exemple, voilà vous et M. de Climal ;  eh bien faut-il lui dire : Allez-vous en ? Non, assurément : il vous aime, ce n’est pas votre  faute, tous ces bigots n’en font point d’autres. Laissez-le aimer, et que chacun réponde pour  soi. Il vous achète des nippes prenez toujours, puis qu’elles sont payées ; s’il vous donne  de l’argent, ne faites pas la sotte, et tendez la main bien honnêtement, ce n’est pas à vous  à faire la glorieuse. S’il vous demande de l’amour, allons doucement ici, jouez d’adresse et  dites-lui que cela viendra ; promettre et tenir mène les gens bien loin. Premièrement, il  faut du temps pour que vous l’aimiez ; et puis, quand vous ferez semblant de commencer à  l’aimer, il faudra du temps pour que cela augmente ; et puis quand il croira que votre  cœur est à point, n’avez-vous pas l’excuse de votre sagesse. Est-ce qu’une fille ne doit  pas se défendre ? N’a-t-elle pas mille bonnes raisons à dire aux gens ? Ne les prêche-t-elle  pas sur le mal qu’il y aurait ?

Pendant quoi le temps se passe, et les présents viennent sans qu’on les aille chercher,  et si un homme à la fin fait le mutin, qu’il s’accommode, on sait se fâcher, aussi bien que  lui, et puis on le laisse là ; et ce qu’il a donné est donné pardi ! Il n’y a rien de si  beau que le don ; et si les gens ne donnaient rien, ils garderaient donc tout ! oh ! s’il  me venait un dévot qui m’en contât, il me ferait des présents jusqu’à la fin du monde avant  que je lui dise : Arrêtez-vous !

 

Texte D: Lucien Leuwen, Stendhal, la leçon du père de Lucien

 

«C'est de vous qu'il s'agit, et c'est à quoi nous cherchons une réponse. ….. parce que cela était trop sale»

 

« C'est de vous qu'il s'agit et c'est à quoi nous cher-
chons une réponse. Le comptoir vous ennuie et vous

aimez mieux le bureau particulier du conilc de Vaize?

« — Oui, uion père.

« — Maintenant, paraît une grande difficulté : serez-
vous assez coquin pour cet emploi? »

Lucien tressaillit; son père le regarda avec le même
air gai et sérieux tout à la fois.

Après un silence, M, Leuwen reprit :

« — Oui, monsieur le sous-lieutenant, serez-vous
assez coquin?

« Vous serez à même de voir une foule de petites
manœuvres; voulez-vous, vous subalterne, aider le
ministre dansées choses ou le contrecarrer? Thnt is
Ihe question? et c'est là-dessus que vous répondrez
ce soir, après l'Opéra, car ceci est un secret : pour-
quoi n'y aurait-il pas crise ministérielle en ce moment?
La finance et la guerre ne se sont-elles pas dit des
gros mots pour la vingtième fois? Je suis fourré là
dedans : je puis ce soir, je puis demain, je ne pourrai
plus après-demain vous nicher d'une fa(,'on brillante.

« Je ne vous dissimule pas que les mères jetteront
les yeux sur vous, pour vous faire épouser leurs filles;
en un mot, la position In plus honornhie, comme
disent les sots; mais serez-vous assez coquin pour la
remplir? Réiléchissez donc à ceci : jusqu'à quel point
vous sentez-vous la force d'être un coquin, c'est-à-dire
d'aider à faire une petite coquinerie? Car depuis
quatre ans il n'est plus question de verser du sang...

« — Tout au plus de voler l'argent, interrompit
Lucien.

« — Du pauvre peuple, interrompit à son tour
M. Leuwen d'un air piteux. Mais il est un peu bête et
ses députés un peu sots et pas mal intéressés...

« — El que désirez-vous que je sois? demanda
Lucien d'un air simple.

« — Un coquin! reprit le père, je veux dire un
homme politique, un Martignac, je n'irai pas jusqu'à
dire un Talleyrand. A votre âge et dans vos journaux,
on appelle ça être un coquin. Dans dix ans, vous sau-
rez que Golbert, que Sully, que le cardinal de Riche-
lieu, en un mot que tout ce qui a été homme politique,
c'esl-à-dire dirif/cunt les hommes, s'est élevé au
moins à ce premier degré de coquinerie que je désire
vous voir. N'allez pas faire comme j\... qui, nommé
secrétaire général de la police, au bout de quinze
jours donna sa démission parce que cela était trop
sale.

 

Texte E:  Le hussard sur le toit, Jean Giono, lettre d'une père à son fils

 

[Angelo, le héros du livre, est exilé en France où il erre au milieu d'une épidémie de choléra. Au cours d'une des étapes de son périple, il reçoit une lettre de sa mère restée en Italie.]

 

La lettre était datée de juin et disait : « Mon bel enfant, as-tu trouvé des chimères ? Le marin que tu m'as envoyé m'a dit que tu étais imprudent. Cela m'a rassurée. Sois toujours très imprudent, mon petit, c'est la seule façon d'avoir un peu de plaisir à vivre dans notre époque de manufactures. J'ai longuement discuté d'imprudence avec ton marin. Il me plaît beaucoup. Il a guetté la Thérèsa à la petite porte ainsi que tu le lui avais recommandé, mais, comme il se méfiait d'un grand garçon de quinze ans qui joue à la marelle tous les jours sur la place de sept heures du matin à huit heures du soir depuis que tu es en France, il a barbouillé la gueule d'un pauvre chien avec de la mousse de savon et le joueur de marelle a pris ses jambes à son cou en criant à la rage. Le soir même, le général Bonetto qui n'a pas inventé la poudre m'a parlé d'une chasse au chien à propos de mon griffon. Je sais donc exactement d'où vient le joueur de marelle maintenant et j'ai fait les yeux qu'il faut pour que le général sache que je sais. Rien n'est plus agréable que de voir l'ennemi changer ses batteries de place. Il y a beaucoup de rage à Turin. Tous les jeunes gens qui ont un visage ingrat et une taille au-dessous de quatre pieds et demi sont enragés. La même épidémie ravage les envieux et ceux qui n'ont jamais su être généreux avec leur tailleur. Le reste se porte bien et fait des projets. Il y en a même qui ont la folie de vouloir adopter cette mode anglaise si préjudiciable à l'organdi et aux pantalons collants d'aller manger à la campagne. Ils disent même : jusque près des tombeaux romains. Ce que je trouve exagéré, comme espoir en tout cas. Mais les routes sont les routes. Laissons faire. Les bons marcheurs s'en vont toujours de détour en détour pour voir le paysage qui est après le tournant et c'est ainsi que, d'une simple promenade, ils font parfois une marche militaire. Tout cela serait bien s'il n'y avait pas de moins en moins de gens capables de compter sur leur cœur. C'est un muscle qu'on ne fait plus travailler, sauf ton marin qui me paraît de ce côté être un assez curieux gymnasiarque. Il s'est enthousiasmé d'une bonté de rien du tout que j'ai eue pour sa mère et il est allé faire tourner ses bras un peu trop près des oreilles des deux hommes chamarrés qui ont organisé ton voyage précipité. Ils en sont tombés très malencontreusement malades le jour même. C'est dommage. J'ai pensé que ton marin avait la détente un peu brusque. Je lui ai donné de fort obscures raisons pour qu'il fasse encore un voyage en mer. J'ai été si mystérieuse qu'il s'en est pâmé de bonheur. J'aime viser longtemps.

Et maintenant, parlons de choses sérieuses. J'ai peur que ne fasses pas de folies. Cela n'empêche ni la gravité, ni la mélancolie, ni la solitude : ces trois gourmandises de ton caractère. Tu peux être grave et fou, qui empêche ? Tu peux être tout ce que tu veux et fou en surplus, mais il faut être fou, mon enfant. Regarde autour de toi le monde sans cesse grandissant de gens qui se prennent au sérieux.»

 

Texte F: Gravure de Laisné pour le Père Goriot, Rastignac au père La chaise

 

gravure

 

Peintre ou Dessinateur : Laisné, graveur sur bois et illustrateur à Paris au XIXe siècle (Œuvre signée)

Cette notice fait partie d’une série : Œuvres illustrées de Balzac, Le P. Goriot, Paris, imp. Simon Rançon &Cie, 1852

Datation : 1852

Source textuelle : Balzac, Le Père Goriot (1834)

Sujet de l’image ou genre : Fiction, 19e siècle

Nature de l’image :Gravure

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Imprimés, in-8°, 64p ; page 57 ; Cote Bnf Y2 914

 

 

 

Réponse à la question du corpus, paroles d'initiateurs

 

Ces textes présentent une vision pessimiste de l'homme et de la société dans laquelle on peut trouver de nombreux points communs.

 

Dans la société, il n'y a pas de place pour les sentiments, Mme de Beauséant montre que le sentiment vrai constitue un danger pour celui qui le ressent, que les liens familiaux et amoureux n'existent plus. Les filles Goriot on renié leur père et se renient entre elles, la relation entre femme et amant est dictée par l'intérêt et l'ambition, les amitiés sont minées par la rivalité. Il ne s'agit que de calculer et de frapper sans pitié, comme la vicomtesse, Vautrin dénonce un monde conduit par l'envie, la calomnie qui est un champ de bataille. Chez Marivaux, les relations amoureuses sont basées sur le mensonge et le profit. Giono montre aussi que les valeurs dans la folie et qui représentent la noblesse de cœur, sont menacées par cette époque dominée par le matérialisme et l'intérêt.

Il n'y a pas de place non plus pour la morale. Si Mme de Beauséant tente de garder son nom, «blanc» et demande à Rastignac de ne pas se situer parmi les fripons, elle sait combien est profitable la corruption féminine. Vautrin et M. Leuwen montrent avec cynisme l'absence de principes moraux dans cette société. Pour Vautrin, le travail ne peut mener à rien et il faut forcément se salir les mains. Pour Leuwen, toujt homme politique est par définition un coquin. Seule compte l'apparence, «sachez seulement vous bien débarbouiller. Là est toute la morale de notre époque.  Les grands idéaux de justice ne résistent pas non plus à son ironie. La corruption apparaît donc générale et la société «une réunion de dupes et de fripons, texte A, où la corruption est en force, texte B et les coquins au pouvoir, texte D.

Le seul principe qui guide les hommes est l'intérêt, l'argent est le moteur des êtes depuis la petite Mme Dutour jusqu'à la belle et riche Mme de Nucingen, depuis le riche bourgeois Leuwen jusqu'à l'aristocrate Rastignac, on retrouve cette idée chez Giono et dans la métaphore de la société, un champ de bataille, chez Vautrin, chez Mme de Beauséant, «nos batailles à livrer». La société se partage entre bourreaux et victimes.

Ces textes montrent les clivages de la société, riches, pauvres, textes A et C . Mme de Beauséant pose aussi la question de la société de la restauration. Le père Goriot renié par ses filles mariées dans l'aristocratie, les bourgeoises, singent les nobles, la noblesse d'argent de la chaussée d'Antin et l'aristocratie d'ancien régime.

Vautrin et la duchesse évoque un autre clivage incluant les hommes supérieurs, texte B et les esprits originaux, texte E au milieu d'une masse de haut bétail, texte B.

Le forçat et la duchesse dénoncent la médiocrité ambiante, des faibles ou des sots pour Vautrin, des mesquins sans idéal ni panache pour la duchesse et exaltent le génie qui est au dessus de la masse.

Les quatre premiers initiateurs montrent donc la société de manière cynique comme un terrain de lutte où le héros doit habilement trouver son intérêt en se servant des autres.

 

Mais la duchesse Pardi, texte E tient un discours différent, pour elle, son fils Angelo doit se démarquer de cette société gouvernée par le profit et des valeurs médiocres pour se laisser guider par ses chimères et sa folie.

 

 

Daumier, Balzac, la caricature

 

 

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Daumier, Balzac et la caricature

Introduction

En premier lieu, nous rechercherons les liens qui unissent Daumier et Balzac ainsi que les circonstances de leur rencontre et de leur collaboration, puis nous mettrons en évidence ce qu'est la caricature, son origine et ses objectifs. En fin, nous verrons ce qu'il est advenu au Xxème siècle et de nos jours.

Des points communs

Daumier et Balzac sont nés à 10 ans d'intervalle, Daumier en 1808 et Balzac en 1799. Ils s'appellent tous deux Honoré.

La rencontre de Balzac et de Daumier

Une collaboration

Daumier, à partir de 1842, réalise les illustrations de la Comédie humaine de Balzac. De plus, ce dernier publie au journa Charivari et Daumier en est l'illustrateur. Leur collaboration débute ainsi. Daumier réalise 5 lithographies du père Goriot auquel il attribue la physionomie d'un rentier telle que Balzac le décrit dans son roman, personnage éteint à la face pâle, au physique peu avantageux. De même, Daumier cherche à travers ses illustrations à étudier puis à rendre compte de la morphopsychologie humaine, recherche de traits de caractère des personnages à travers leur morphologie, et ceci en mettant en évidence le physique et la personnalité du père Goriot. Il souhaite exprimer à travers les types de personnages qu'il crée ce que Balzac met en relief dans ses romans, le déterminisme socioculturel des personnages.

Daumier rend hommage à Balzac et illustre la Comédie humaine à travers 7 planches publiées en 1843 et 1853 qui mettent en évidence l'aspect grotesque de la société. 

Des divergences

Il est tentant d'établir une relation forte entre  Daumier et Balzac du fait de leurs similitudes d'expression vis-à-vis de la société du XIXème siècle.

Cependant, il existe des différences importantes dans la mesure où Balzac a pour objectif de dresser un inventaire des caractères composant la nature humaine, des évènements de la socété afin d'en décrire les mœurs.

Daumier au contraire ne cherche pas à établir une organisation cohérente de son œuvre, ne serait-ce que parce qu'il dépend de Philippon, créateur de journal, la caricature et du charivari pour lequel il travaille.

La naissance de la caricature

Le terme caricature vient du latin caricare qui signifie charger, exagérer, ce terme a été employé pour la première fois en 1646 dans une préface d'un album d'Annibal Carrache. Il  donnera les mots français «charge» et «caricature». Ce dernier mot apparaissant pour la première fois dans les Mémoires d'Argenson en 1740.

La caricature dont l'objectif est de déformer la physionomie est de même nature que la satire. On retrouve ce procédé dès l'Egypte antique sur des vases grecs ou sur les murs des maisons pompéiennes.

La caricature et ses objectifs

Une caricature a pour objectif de représenter des faits ou des sujets de l'époque dans laquelle elle s'inscrit de manière déplaisante ou risible en exagérant les traits de caractère d'un sujet donné.

La caricature utilise différents procédés en fonction de l'époque à laquelle elle s'exprime:

  • le burlesque, qui fait apparaître un comique extravagant

  • le grotesque qui consiste à se moquer de quelqu'un ou de quelque chose

  • la parodie qui est l'imitation satirique et burlesque d'une œuvre sérieuse

  • le dessin d'humour, illustration drôle qui vise à l'amusement

  • le pamphlet qui vise à la contestation contre la société et le pouvoir ainsi que le rejet des idées reçues.

Cette dernière forme a pour objectif d'engager un débat avec l'opinion publique via les supports de presse, ce qui est le cas des caricatures de Daumier au XIXème siècle.

 

Conclusion

Daumier et Balzac, chacun à sa façon a contribué à élaborer une Comédie humaine dans une lithographie pour le premier dans la littérature pour le second, qui exprime la diversité de la nature humaine, ses contradictions et ses travers, l'homme sous toutes ses facettes.

On attribue à Balzac la phrase suivante à propos de Daumier, «il a du Michel- Ange sous la peau»

 

 

 

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