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Le parti pris des choses, Ponge

Ponge

 

 

 

 

 

Notes pour un coquillage , FRANCIS PONGE : Commentaire, Document 1

Le parti pris des choses

Ponge

 

Lecture du texte :
  • Un coquillage est une petite chose, mais je peux la démesurer en la replaçant où je la trouve, posée sur l'étendue du sable. Car alors je prendrai une poignée de sable et j'observerai le peu qui me reste dans la main après que par les interstices de mes doigts presque toute la poignée aura filé, j'observerai quelques grains, puis chaque grain, et aucun de ces grains de sable à ce moment ne m'apparaîtra plus une petite chose, et bientôt le coquillage formel, cette coquille d'huître ou cette tiare bâtarde, ou ce "couteau", m'impressionnera comme un énorme monument, en même temps colossal et précieux , quelque chose comme le temple d'Angkor, Saint-Maclou ou les Pyramides , avec une signification beaucoup plus étrange que ces trop incontestables produits d'hommes.
  • Si alors il me vient à l'esprit que ce coquillage, qu'une lame de la mer peut sans doute recouvrir, est habité par une bête, si j'ajoute une bête à ce coquillage en l'imaginant replacé sous quelques centimètres d'eau, je vous laisse à penser de combien s'accroîtra, s'intensifiera de nouveau mon impression, et deviendra différente de celle que peut produire le plus remarquable des monuments que j'évocais tout à l'heure !
  • Les monuments de l'homme ressemblent aux morceaux de son squelette ou de n'importe quel squelette, à de grands os décharnés : ils n'évoquent aucune habitation à leur taille. Les cathédrales les plus énormes ne laissent sortir qu'une foule informe de fourmis, et même la villa, le château le plus somptueux faits pour un seul homme sont encore plutôt comparables à une ruche ou à une fourmilière à compartiments nombreux, qu'à un coquillage. Quand le seigneur sort de sa demeure il fait certes moins d'impression que lorsque le bernard-l'hermite laisse apercevoir sa monstrueuse pince à l'embouchure du superbe cornet qui l'héberge.
  • Je puis me plaire à considérer Rome, ou Nîmes, comme le squelette épars, ici le tibia, là le crâne d'une ancienne ville vivante, d'un ancien vivant, mais alors il me faut imaginer un énorme colosse en chair et en os, qui ne correspond à rien de ce qu'on peut raisonnablement inférer de ce qu'on nous a appris, même à la faveur d'expressions au singulier, comme le Peuple Romain ou la Foule Provençale.
  • Que j'aimerais qu'un jour l'on me fasse entrevoir qu'un tel colosse a réellement existé, qu'on nourrisse en quelque sorte la vision très fantomatique et uniquement abstraite sans aucune conviction que je m'en forme ! Qu'on me fasse toucher ses joues, la forme de son bras et comment il le posait le long de son corps.
  • Nous avons tout cela avec le coquillage : nous sommes avec lui en pleine chair, nous ne quittons pas la nature : le mollusque ou le crustacé sont là présents. D'où une sorte d'inquiétude qui décuple notre plaisir.

 

Ponge

 

  • Problématique :
  • Comment PONGE montre t-il la démesure de l'homme qui l'oppose a la mesure de la chose?
  • Plan du commentaire :
  • I) LE COQUILLAGE
  • a) La démesure
  • b) La mesure
  • Transition
  • II) LA DEMESURE HUMAINE
  • a) Architecture démesurée par rapport à l'homme
  • b) Orgueil manifesté par cette démesure
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Ponge

 

Commentaire

Introduction

Poète du 20ème siècle, Francis Ponge est marqué par les courants réalistes, surréalistes et absurdes. Son oeuvre est profondément marquée par toutes formes d'opposition à l'anthropomorphisme et à une dizaine d'années d'écriture qui débouche en 1942 sur la publication, Le parti prix des choses. Dans ce recueil le poème "notes pour le coquillage" présente un certain nombre de réflexions sur la mesure et la démesure. Comment  PONGE montre t-il la démesure de l'homme qui l'oppose a la mesure de la chose?

Si le coquillage parait démesuré face au grain de sable, l'auteur souligne que la bête qui l’ occupe est à la mesure même de la chose. Cela lui permet de souligner ce qu'il considère comme un défaut chez l'homme, la démesure illustrée ici par l'architecture afin de conserver l'image de la bête habitant son coquillage. Cependant l'homme est capable de mesurer lorsqu'il produit toute forme de son intériorité comme la musique mais surtout la parole. Celle-ci habite l'homme dans sa totalité et à la façon du mollusque dans son coquillage. Elle épouse la forme de l'écrivain. Dans un premier temps, nous étudierons le coquillage, puis, en second lieu, la démesure humaine.

I) LE COQUILLAGE

a)La démesure

Le coquillage est très grand par rapport au grain de sable « démesurer en la remplaçant où je la trouve, posée sur l’étendue du sable »  mais tout petit par rapport à la plage « un coquillage est une petite chose  », démesurée.

b)La mesure

Le coquillage est un mollusque où vit une bête, un être vivant qui s’accroît fortement et très rapidement grâce à l’eau. Ce qui est très différent des monuments.  


II) LA DEMESURE HUMAINE

a) Architecture démesurée par rapport à l'homme

L’architecture est démesurée ici par rapport à l’homme. Ponge nous enseigne que les plus grands monuments ne sont pas forcément les plus remplis par exemple le château pour une seule personne ou a contrario les cathédrales  remplies de « fourmis »

b) Orgueil manifesté par cette démesure

Ponge nous montre l’orgueil humain de cette démesure,  il site même des villes très connues comme « Rome » « Nîmes » et exagère en énumérant de nombreux ordres grâce à l’impératif, il faut  continuer de créer de nombreux monuments ainsi. Mais il se rend compte que l’exagération n’est pas une bonne choses pour la société il faut se contenter de peu dans la vie pour en faire profiter plus d’un.

CONCLUSION

Usant donc de l'image du coquillage et de la bête habitant, Ponge met en avant l'orgueil démesuré qui se manifeste dans les constructions humaines. Cependant et afin de conserver sa première image il souligne la capacité dont dispose l'homme pour sa production artistique et intellectuelle a garder la mesure à l'échelle de l'artiste. Pourtant ces constructions extérieures et particulièrement architecturales que parait condamner Ponge ne sont-elle pas la marque d'un être vivant en société et la comparaison de l'homme semblerait plus loyale avec une abeille au milieu de sa ruche qu'avec un coquillage isolé sur la plage. En fait  Ponge semble vouloir mettre en garde l'Homme contre la démesure non pas tant de son architecture que son imagination orgueilleuse.

Ponge

 

L'Orange : Commentaire, Document 2

 

  • Lecture du texte
  • Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais: car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, -- mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.
  • Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression ? -- L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, -- et ce sacrifice odorant... c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.
  • Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.
  • Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.
  • Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, -- il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs, et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, -- la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille: somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.
  • Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)

 

Ponge

 

  • Problématique :
  • Peut on dire que la description de l'objet, "l'orange", parte de l'extérieur vers son sens?
  • Plan du commentaire :
  • Problématique
  • Introduction
  • Développement
  • I - Description extérieure de l’orange, la texture
  • 1) Comparaison avec l'éponge, mentionnant la composition une seule matière pour l'éponge et plus pour l'orange
  • 2) l'odeur et le liquide de l’orange par rapport à l’éponge
  • Transition
  • II- A la suite de la pression de l'orange, celle-ci dégage de nombreuses effleures
  • 1) Comparaison au citron
  • 2) Mention particulière du citron qui marque par son acidité ce que l'orange n'a pas comme défauts
  • Transition
  • III- Au coeur de l'agrume elle parvient ainsi au pépin
  • Source de renaissance
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Ponge

Introduction:

 Né en 1889, Francis Ponge est un auteur marqué par les différents courants qui suivent la grande guerre mais poète solitaire, il n'adhèrera à aucun. Son oeuvre est marquée par le refus du formalisme et l'anthropomorphisme. En 1942 il publie un recueil de poème Le parti prix des choses dans lequel est inscrit le poème " L'orange ". Ce poème fait une description d'un objet familier anodin. Description dans laquelle, Ponge étudie physiquement l'objet partant de l'extérieur vers son sens. Quel procédé utilise-t-il pour parvenir à une telle description en s'efforçant d'éviter tout anthropomorphisme. Une telle ambition est-elle réalisable? Partant de l'extérieur de la texture de l'agrume le poète progresse vers le centre du fruit par un certain nombre de comparaisons, d'expressions sensorielles de l'orange pour parvenir au point central la source, le pépin.

Plan

I - Description extérieure de l’orange, la texture

1) Comparaison avec l'éponge, mentionnant la composition une seule matière pour l'éponge et plus pour l'orange

L’orange est ici comparée à l’éponge où cette dernière est composée d’une seule matière contrairement à l’éponge qui en possède plusieurs. «son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves » Alors que l’éponge « n’est que muscle et se remplit de vent, d’eau propre ou sale»

2) l'odeur et le liquide de l’orange par rapport à l’éponge

L'orange dégage beaucoup d'odeurs et de liquide « son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves » «  l’orange a meilleur goût » « la conscience amère d‘une expulsion prématurée de pépins. » L’éponge ne dégage aucune odeur et aucun liquide.

II- A la suite de la pression de l'orange, celle-ci dégage de nombreuses effleures

1) Comparaison au citron

L’orange est également comparée au citron car comme lui elle rejette un liquide agréable pour « l ‘avant bouche » L’orange est dite meilleure que le citron, aucune acidité. Son enveloppement est divin à contrario du citron. « rose ballon ovale dans cet épais tampon buvard pigmenté. »

2) Mention particulière du citron qui marque par son acidité ce que l'orange n'a pas comme défauts

L’orange n’a pas de défauts «  mais ce n’est pas assez avoir dit de l’orange que d’avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l’air » comme le citron, elle n’est pas acide ce qui ne fait donc pas « hérisser les papilles ». Son goût est apprécié. « l’orange a meilleur goût »

              III- Au coeur de l'agrume elle parvient ainsi au pépin

Source de renaissance

Le pépin est l’outil de renaissance, il permet de retrouver le goût merveilleux de ces agrumes qui pousserons dans l’arbre fruité. «  du bois, de la branche, de la feuille » . Ce pépin est la forme également du citron il est personnifié car Ponge veut nous montrer que ce dernier est un minuscule pépin et qui grandira grâce à la nature.

Conclusion:

Afin de décrire l'agrume, le poète l'aborde par l'extérieur et donne des précisons sur sa texture usant ainsi d'un premier sens le toucher. La pression exercée sur le fruit dégage des odeurs et des liquides goûteux qui ne connaissent pas l'acidité du citron. Enfin il parvient au point ultime de l'agrume, le coeur est déjà porteur de la renaissance. Par l'image de son explosion, il décrit ainsi le pépin qui donne la vie. Mais tout au long de cette description, le poète fait preuve d'un anthropomorphisme qu'il récuse pourtant en faisant appel au cinq sens de l'homme. Est-il donc conceptualisable de faire une description quelconque en usant de la plume,  du pinceau, du crayon, du ciseaux à bois ou d'un autre outil sans user de ces sens et donc sans rentrer dans une forme d'anthropomorphisme. L'homme lui même peut-il s'abstenir de son imagination?Il y fait appel puisque celle-ci s'exerce toujours en comparaison avec ses connaissances, ses sentiments, ses sensations extérieures.

 

Ponge

 

Lecture du poème en prose :
 
 

La Radio, commentaire : Document 3

  • Cette boîte vernie ne montre rien qui saille, qu'un bouton à tourner jusqu'au proche décil, pour qu'au dedans bientôt faiblement se rallument plusieurs petis gratte-ciel d'aluminium, tandis que des brutales vociférations jaillissent qui se disputent notre attention.
  • Un petit appareil d'une "sélectivité" merveilleuse!
  • Ah, comme il est ingénieux de s'être amélioré l'oreille à ce point! Pourquoi? Pour s'y verser incessamment l'outrage des pires grossièretés.
  • Tout le flot de purin de la mélodie mondiale.
  • Hé bien, voilà qui est parfait, après tout! Le fumier, il faut le sortir et le répandre au soleil : une telle inondation parfois fertilise....
  • Pourtant, d'un pas pressé, revenons à la boîte pour en finir.
  • Fort en honneur dans chaque maison depuis quelques années - au beau milieu du salon, toutes fenêtres ouvertes - la bourdonnante, la radieuse petite boîte à ordures !

 

Ponge

  • Plan du commentaire :
  • Introduction
  • I - Description objective et vivante de l'objet
  • 1 - Le fonctionnement
  • 2 - Objet merveilleux qui envahit notre vie
  • Transition
  • II - La critique de l'objet, une description subjective
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Ponge

Le grand recueil,

Francis Ponge

                          « La radio », 1946

     Nous allons étudier un texte de Francis Ponge intitulé « la radio », tiré du Grand recueil en date de 1946. Ponge est un poète français né en 1899 et mort en 1988, connu pour son recueil le parti pris des choses. Cet auteur nous propose une description des choses de la vie quotidienne. Il s’agit ici de la radio dont il nous offre une vision très personnelle caricaturale et originale. D’une façon générale, on retrouve l’état d’esprit du poète qui a toujours donné une voix aux choses et proposé un nouveau langage concernant notre rapport aux choses.

Dans la but de répondre à votre problématique : « Cet exercice de style propose t’-il une description subjective ou objective, réaliste ou surréaliste » ? Nous étudierons dans un premier temps, la description objective et vivante de l’objet puis en second lieur, la critique de l’objet et sa description subjective.

     I – Descriptions objective et vivante de l’objet

Le texte en prose se présente typographiquement en plusieurs paragraphes de longueur inégale.

     1 -    Le fonctionnement

Le premier paragraphe se consacre à son fonctionnement. Nous en avons une diversité des approches mais le texte reste fermé sur lui-même, sa structure à proprement parler est fermée, au niveau thématique car le titre est évocateur du concept « la radio », au niveau formel puisque Ponge ouvre et ferme son texte par le même objet et enfin au stade de l’énonciation qui est une formulation impersonnelle (il n’y a aucun « je »). Ce texte claustrophile admet cependant une diversité des approches. L’objet est regardé sous différents angles .Il est assimilé à un objet anodin de décoration, c’est « une boîte vernie » qui se trouve dans « chaque maison », au « beau milieu du salon ».

La relation que l’on entretient avec l’objet est du point de vue fonctionnel envisagé à trois niveaux, il met en évidence le visuel, les ondes sont comparées à des gratte-ciel. Au niveau auditif, ces mêmes ondes sont réduites à de « brutales vociférations ». En effet, l’aspect tactile se limite au simple « bouton à tourner », voire « au déclic ».

     2 – Objet merveilleux qui envahit notre vie

La description objective et vivante de l’objet se tourne à présent sur la place que l’objet radio occupe dans la vie de l’homme. C’est l’objet lui-même qui établit une relation avec nous. Il occupe une place « d’honneur », au « beau milieu du salon ». Il est en outre perçu comme envahissant l’espace familial : « il est fort en honneur dans chaque maison ». Les ondes sonores décrétées dangereuses du fait de leur pouvoir captivant et déstabilisant sur l’esprit sont comparées à des vociférations très brutales.

Mais la description objective et vivante de l’objet fait bientôt place à sa critique et à une description subjective ainsi que le suggère l’ironie et les figures de rhétorique.

     II – La critique de l’objet, une description subjective

     1 – L’ironie et les figures de rhétorique

Il semblerait en effet que le regard jeté par Ponge sur cet objet anodin d’apparence ne soit pas neutre. La radio est désignée par un jeu de périphrases très péjoratives. Tout d’abord « cette petite boîte vernie », « ce petit appareil » se dévoile sous son vrai jour à la fin du texte : » la radio est « une petite boîte à ordures ». Le jeu d’antithèses vient ensuite renforcer l’ironie du texte : « merveilleuses » s’oppose à « pires grossièretés », « sélectivité » à « outrage », « flot de purin » à « mélodie mondiale » et « parfait » à « fumier ». Ponge joue également sur les antiphrases.

     2 – Férocité mise en relief par des injures

La dénonciation de l’objet est un véritable exercice  de style. Les termes sont niés par d’autres termes. Le petit appareil d’une sélectivité merveilleuse entre en antithèse avec « l’outrage des pires grossièretés ». « Le flot de purin » vient nier « la mélodie mondiale », nous avons également l’expression péjorative « le fumier qui fertilise ». Nous sommes donc en présence d’un certain nombre d’injures représentatives du jugement sévère porté par l’auteur sur la radio et son utilisation. Elle est qualifiée d’inutile du point du vue fonctionnel ainsi que le suggère le champ lexical du liquide, « flot », « inondation ». Le ton méprisant est à son paroxysme, la radio est une « radieuse  ordure ». La boîte à vernie est en fait « une boîte à ordures ». Le thème du début est donc repris, on aboutit ainsi à une clôture textuelle.

Conclusion

     Dans ce texte, Ponge nous fait une description à la fois subjective et objective de l’objet pour mieux le critiquer de façon acerbe. La description est assez originale. C’est une prose poétique qui reflète de façon très explicite la caricature de l’objet. Il donne toutefois à l’objet un caractère d’étrangeté. C’est une leçon de choses qui met en rapport le poète, les choses et les mots.

Ouverture

     Par opposition Au parti pris des choses, cet objet anodin qu’est la radio n’a rien à voir avec « le cageot » par exemple : poème dans lequel l’auteur tente de donner une dignité aux choses en réévaluant le statut d’objet en lui donnant parfois une valeur morale.

 

*** Entretien préparé de 38 questions avec réponses en commentaire

Le pain : Commentaire et oral préparé : Document 4

Séquence la poésie : l'objet en poésie

Lecture du poème en prose :

" La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. "

Francis Ponge, Le Parti-pris des choses,

 

Questions sur Le Parti pris des choses :

  • Quand le recueil est-il paru?
  • Citez cinq poésies du recueil
  • Les textes du recueil sont-ils en prose ou en vers?
  • Que tente t'-il de décrire dans son recueil?
  • Que veut-il offrir au lecteur?
  • Peut-on parler d'écriture surréaliste?
  • Quelles sont les figures de style les plus courantes?
  • Peut-on parler d'une recréation des choses et des objets au delà de tous les stéréotypes?

 

A consulter pour répondre aux questions sur le recueil

  • La synthèse sur le parti pris des choses à l'oral
  • Le Parti pris des choses est un recueil de poèmes en prose écrit par Francis Ponge et paru en 1942. Dans ce recueil, il tente de décrire les objets et les choses du quotidien d'une apparence banale et les investies de connotations diverses. Il tente ainsi d'offrir une autre vision des choses en leur conférant une fonction et une beauté nouvelles. Les fonctions sont déplacées et la poétisation des objets à son paroxysme. Les objets sortent ainsi de leur banalité quotidienne grâce aux mots dotés de qualités linguistiques nouvelles. Ce poète est l'un des seuls à avoir donné une telle beauté aux objets du quotidien. Il utilise les images, métaphores, comparaisons, pour mettre en avant l'originalité de ses descriptions et offre de ce fait au lecteur une autre perception des choses hors du sens commun. Il nous suggère une poésie hors des stéréotypes et des règles d'écriture. Le papillon devient "une allumette volante", la fleur, "une tasse mal lavée"...
    Il créé ses propres objets poétiques, le pain, le cageot, l'orange..... et subjectivise leur rapport au monde. Il recrée les choses au-delà de tous les stéréotypes possibles.

 

Questions sur Ponge :

  • Quelles sont ses dates?
  • Quel est son parcours scolaire?
  • Sous quel pseudonyme a t'-il publié son premier sonnet?
  • Citez trois de ses oeuvres
  • Quelle est son oeuvre littéraire essentielle?
  • Etait-il un homme engagé?
  • Quels sont les principes de la génération surréaliste partagé par Ponge?
  • Quel est le fondement de sa poétique?
  • Quel recueil a marqué son entrrée dans le monde littéraire?
  • Quelle renommée acquiert-il dans les années 1947?
  • Que publie t'-il en 1948?
  • Citez deux poètes contemporains de Ponge

 

A consulter pour répondre aux questions sur la biographie de Ponge

  • La synthèse sur le parti pris des choses à l'oral
  • Biographie de Francis Ponge
    Francis Ponge (27 mars 1899 – 6 août 1988) Francis Ponge nait à Montpellier le 27 mars 1899, de Juliette Saurel et Armand Ponge, issu d’une famille huguenote nîmoise. Ponge était un amateur d'art et de philosophie En 1915, il obtient la meilleure note de l’académie en philosophie pour une dissertation sur ' L’art de penser par soi-même '. En 1916, il entre en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Il publie son premier sonnet dans la Presqu’île n° 4 (octobre) sous le pseudonyme de Nogères. En 1921, il rédige ' Esquisse d’une parabole ', Francis Ponge (27 mars 1899 – 6 août 1988) Francis Ponge se dit lui-même de la génération surréaliste mais s’il partage certains principes – mysticisme, irrationnel et appel à l’inconscient – il adhère au parti socialiste et entre chez Gallimard suite à sa rencontre avec Paulhan. En 1926, il publie Douze Petits Ecrits que l’on peut définir comme le fondement de sa poétique. En 1937, il entre au Parti Communiste Français et en 1942, il publie Le Parti Pris des Choses qui marque son entrée dans le monde littéraire. en 1947 acquiert une renommée internationale alors qu’il est professeur à l’alliance française. Il publie Proêmes en 1948, La Seine en 1950, La Rage de l’Expression en 1952, Le Soleil placé en abîme en 1954, Pour un Malherbe en 1965 ainsi que divers textes sur la peinture. Il meurt à Bar-sur-Loup le 6 août 1988.

 

Plan du commentaire :

  • Introduction
  • Problématique
  • I – Description du pain
  • II - Une allégorie du monde
  • Conclusion

 

 L’introduction et la problématique :

Francis Ponge est un poète contemporain du XX siècle .Il est connu pour son recueil le parti pris des choses paru en 1942.Ce recueil est constitué de poèmes en prose .En effet, dans ce recueil Ponge nous donne une autre vision des objets du quotidien souvent banal.. Ainsi l 'extrait que nous allons étudier est le pain, nous avons une description en quatre courts paragraphes imagés, il magnifie un aliment commun et le charge de significations. L'observateur, en effet, y manifeste sa fascination, mais il joue aussi sur le langage afin de lui conférer la dimension d'un véritable symbole.De là nous pouvons nous poser la question , peut-on affirmer que ce texte est poétique ? Dans un premier temps nous allons montrer la description du pain puis nous allons montrer que Ponge utilise de nombreuses figures de style afin de montrer que le pain est une allégorie du monde.

I- Decription du pain

Le regard fasciné de l'auteur s'exprime par la précision de la description ainsi que par une invitation à la rêverie.Dés le début le poème commence par le présent de vérité générale par l 'intermédiaire du verbe être qui renvoie à une réalité physique incontestable du pain. Alors que le pain est une « chose » de notre vie quotidienne à laquelle on ne fait plus attention, Ponge le décrit comme s'il en voyait un. Aussi l'objet de la description est-il qualifié par de nombreux adjectifs précisés par des adverbes: « merveilleuse », « panoramique » « amorphe », « articulés », « minces », « ignoble » « lâche », « froid », « soudées », « friable ». La minutie de cette description est renforcée par des comparaisons: d'une part « la mie a son tissu pareil à celui des éponges », « comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois » ; d'autre part regarder du pain est « comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes ». A propos de cette dernière comparaison, l'examen du pain est tellement précis que Ponge y voit le monde entier, dans un grand panorama. De plus, la description se fait de l'éclatement au resserrement. En effet le premier paragraphe reste une vision éloignée, « panoramique »  où l'on ne voit que la « surface » du monde entier, des « Alpes » jusqu'à la « Cordillère des Andes ». Puis, le pain est regardé de plus près, à la loupe et l'on aperçoit dorénavant « vallées, crêtes, ondulations, crevasses... »ce qui est du vocabulaire géographique. Finalement dans le troisième paragraphe la croûte est éclatée et l'on aperçoit la « mie »  assimilée au « sous-sol » terrestre. Cette idée d'éclatement est ensuite renforcée avec l'expression « brisons-la » . Mais bien sûr, tout ce que l'auteur nous décrit, montagnes, vallées, crevasses n'est qu'imagination de sa part. Ponge nous invite à rêver, par de nombreuses images et par les points de suspension  qui interrompent la lecture et stimulent l'imagination du lecteur, même avec des objets apparemment banals. Le poète retrouve ainsi la magie du premier contact, car à force de trop voir les choses, nous cessons de les voir.

  II-Une allégorie du monde

Mais l'auteur exprime aussi le sens symbolique que l'on prête au pain à travers son histoire: pour lui il s'agit d'une image de la vie. Au commencement, il n'y avait qu'une pâte, cette « masse amorphe » puis dans le « four stellaire » il s'est durci, s'est « façonné »  et pendant la cuisson, croûte et mie se sont distinguées. La progression chronologique est marquée par le passage du passé simple au passé composé. Ce n'est que l'explication de la fabrication du pain, mais que Ponge met en scène avec poésie grâce notamment aux métaphores. Dès le départ, le destin et  la mort du pain sont indiqués : inscrits dans les étoiles du « four stellaire », le pain est « pour nous ». Ce sacrifice est repris dans le dernier paragraphe où le poète nous dit que le pain doit finalement être « dans notre bouche », pour être mangé. Ce n'est qu'un objet « de consommation »  Mais le pain incarne aussi la vie en générale. Selon le poète, c'est un monde en miniature: il y voit, avec la comparaison « les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes »  ainsi qu'avec la métaphore des « vallées, crêtes, ondulations, crevasses », un coucher de soleil: « la lumière […] couche ses feux » (métaphore du four en réalité) ou encore des « feuilles ou fleurs » métaphore de la mie). Toutes ces analogies entre le pain et des divers éléments composant la nature nous rappellent le symbole de vie que le pain a longtemps été. En effet, pendant toute une époque, il s'agissait de la seule chose que l'on mangeait, à tous les repas pour pouvoir vivre... Grâce à tout cela, l'auteur donne une vraie symbolique à cette « chose » du quotidien qu'est le pain: et quel symbole que celui de la vie !

En conclusion :

même s'il s'agit d'un texte en prose et non en vers, Francis Ponge provoque ici une extraordinaire invitation au rêve, et associe un symbole fort à un des objets les plus prosaïque de la vie. Et c'est cela, la poésie.

 

Questions sur le commentaire en fonction du plan : toutes les réponses sont dans le commentaire

Questions sur l’introduction

  • Comment le texte « le pain » est-il structuré?
  • Que manifeste t’-il?
  • Joue t’-il sur le langage? Pourquoi?
  • Que pouvez-vous dire du langage?
  • Est-il symbolique? Chargé de symboles? Justifiez votre réponse en citant le texte.

 

I - La description du pain

  • Comment le regard de l’observateur s’exprime t’-il?
  • De quelle nature les descriptions sont-elles?
  • En quel sens pouvons-nous parler d’une invitation à la rêverie?
  • Quel temps ouvre la poésie?
  • Que marque le présent de vérité générale?
  • Quelle est la première vision du pain?
  • Comment est-il perçu?
  • Relevez les adjectifs et les adverbes qui le caractérisent?
  • La description est-elle précise?
  • Par quelle figure de style est-elle renforcée?
  • Que souligne cette figure de rhétorique?
  • Etudiez la dernière comparaison
  • Quelle est la vision de Ponge?
  • Comment la description se précise t’-elle?
  • Quelle vision le premier paragraphe nous donne t’-il? Citez pour justifier votre réponse
  • Comment le pain est-il ensuite regardé?
  • Que voit-on à présent?
  • De quel champ lexical le vocabulaire relève t’-il?
  • Que se passe t’-il dans le troisième paragraphe?
  • Comment l’idée « d’éclatement » est-elle renforcée?
  • La vision de Ponge est-elle subjective ou objective?
  • De quelle nature l’invitation est-elle ?
  • Etudiez la ponctuation
  • Quel rôle joue t’-elle?

 

II - Une allégorie du monde

  • Quel est le symbole du pain?
  • Quelle est la genèse du pain?
  • Citez le texte pour justifier son évolution
  • Quels sont les temps utilisés pour marquer la progression chronologique du pain?
  • Sur quelle figure de rhétorique repose la mise en scène poétique?
  • Quel est le destin du pain? Justifiez votre réponse
  • N’est-il perçu que comme un objet de consommation?
  • Représente t’-il aussi la vie, le monde en miniature?
  • Analysez les analogies entre le pain et les divers éléments. Insistez sur les figures de style
  • Peut-on dire du pain qu’il est symbole de la vie? En quoi? Justifiez

 

 La Pluie, Francis Ponge : Commentaire, Document 5

  • La pluie, dans la cour où je la regarde tomber, descend à des allures très diverses. Au centre c'est un fin rideau (ou réseau) discontinu, une chute implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères, une précipitation sempiternelle sans vigueur, une fraction intense du météore pur. A peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des gouttes plus lourdes, individuées. Ici elles semblent de la grosseur d'un grain de blé, là d'un pois, ailleurs presque d'une bille. Sur des tringles, sur les accoudoirs de la fenêtre la pluie court horizontalement tandis que sur la face inférieure des mêmes obstacles elle se suspend en berlingots convexes. Selon la surface entière d'un petit toit de zinc que le regard surplombe elle ruisselle en nappe très mince, moirée à cause de courants très variés par les imperceptibles ondulations et bosses de la couverture. De la gouttière attenante où elle coule avec la contention d'un ruisseau creux sans grande pente, elle choit tout à coup en un filet parfaitement vertical, assez grossièrement tréssé, jusqu'au sol où elle se brise et rejaillit en aiguillettes brillantes.
  • Chacune de ses formes a une allure particulière: il y répond un bruit particulier. Le tout vit avec intensité comme un mécanisme compliqué, aussi précis que hasardeux, comme une horlogerie dont le ressort est la pesanteur d'une masse donnée de vapeur en précipitation.
  • La sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert sans monotonie, non sans délicatesse.
  • Lorsque le ressort s'est détendu, certains rouages quelque temps continuent à fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s'arrête. Alors si le soleil reparaît tout s'efface bientôt, le brillant appareil s'évapore : il a plu.
  • (Le Parti pris des choses)

 

Plan du corrigé :
  • Introduction
  • I – Approche scientifique de l’observation de Ponge
  • Transition
  • II - Les images associées à la pluie
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Le parti pris des choses

, Francis Ponge

                   « La pluie », 1942

Nous allons étudier un texte de Francis Ponge intitulé « la pluie », tiré du recueil Le parti pris des choses, en date de 1942. Le titre de son ouvrage est évocateur de l’état d’esprit de l’auteur, il s’agit de proposer une leçon de choses. Ponge propose une description des choses de la vie quotidienne et leur attribue une valeur précieuse. Nous retrouvons cette perspective d’étude dans « le cageot », « la pluie », « la radio », « le pain » etc. Les objets perdent ainsi leur aspect anodin et acquièrent une véritable dignité et originalité. Dans le but d’étudier la leçon du poète, nous analyserons le degré de scientificité de l’observation de l’auteur qui rend précieuses les images associées à la pluie.

     I – Approche scientifique de l’observation de Ponge

          Dans ce texte, Ponge est tel un spectateur qui contemple la pluie en étant à l’abri, « La pluie, dans la cour où je la regarde tomber… ». Seuls les sens sont sollicités en particulier l’ouïe et la vue indépendamment des sentiments. Dans le premier paragraphe, la sensation est visuelle, « c’est un fin rideau discontinu, une chute implacable… lente de gouttes… légères », il faut attendre le second pour avoir des descriptions de la pluie relatives à l’ouïe, « il y répond un bruit particulier… l’horlogerie… la sonnerie », le champ lexical dominant est celui du bruit, « le glou-glou », « les coups de gong », « résonnent », « un concert ». Cette prose poétique est narrative  et la narration se structure autour d’une action, d’une évolution et d’un dénouement. Le vocabulaire est d’une grande précision parfois surprenant car nous avons un champ lexical de la science, «fraction », « berlingots convexes », « pesanteur d’une masse », « un mécanisme compliqué…comme une horlogerie dont le ressort est la pesanteur d’une masse donnée de vapeur en précipitation ». L’approche est originale et très imprégnée de détails scientifiques cependant le lyrisme du texte riche en comparaisons et en métaphores rappelle sans cesse le lecteur à la prose poétique.

La pluie mène l’action, c’est le principal sujet du texte, mais il y a un détachement et un refus de la subjectivité complets. Le sujet du texte est d’emblée précisé dans le titre et repris dès la ligne 1, il se termine par la formule impersonnelle « il a plu ». La neutralité de Ponge transparait déjà dans la tournure du verbe pleuvoir, il est donc assimilé à un spectateur passif regardant la pluie.

La description est menée rigoureusement et débute par un complément circonstanciel de lieu « dans la cour », se poursuit aux lignes suivantes, « au centre » puis par les adverbes « ici », « là », « ailleurs », la terminologie devient plus physique avec les expressions «  horizontalement », « selon la surface entière », « verticale », « pente », « ondulations », « berlingots convexes », puis  mécanique avec « ressorts », « machinerie », « appareils ».

L’observation est donc quasi scientifique. L’auteur est soucieux du moindre détail, la pluie devient « un fin rideau » puis, « une chute implacable » remplacée par « une précipitation sempiternelle » et enfin « une fraction intense du météore pur ». L’observation est minutieuse ainsi que le suggèrent les expressions comme « bosses de la couverture » ou encore « en nappe très mince », « courants très variés », « imperceptibles ondulations », elle coule « en un filet parfaitement vertical ». En revanche, nous pouvons souligner l’imprécision de l’écoute, c’est « un bruit particulier », une « sonnerie », un « glou-glou » qui résonne comme « en un concert ». Par conséquent, la minutie de la description scientifique s’oppose à l’imprécision relative aux bruits plutôt diffus de la pluie, même si les gouttes se distinguent entre elles et de la masse, « une chute implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères… des gouttes plus lourdes, individuées ».

La rigueur de la description  et la précision de l’observation permet à l’auteur de sacraliser le phénomène de la pluie.

II – Les images associées à la pluie

     Un certain nombre d’images reflètent la pluie, elles y sont directement associées et la rendent précieuse et fascinante. L’image dans tout ce texte se substitue au réel, ce qui le rend d’autant plus original. Les figures de rhétorique dominantes sont les comparaisons et les métaphores, elles permettent au poète de jouer au niveau de la suggestion, de l’exagération et de l’assimilation d’idées. La pluie  ne fait pas l’objet d’une description fidèle et réaliste. Les détails extrêmement minutieux rendent hyperbolique le phénomène pluie assimilé à une »chute implacable » comme si la pluie elle-même subissait son destin en étant soumise à une fatalité incontournable. Les connotations sont parfois religieuses et donnent une intensité particulière au texte, « une précipitation sempiternelle », « une fraction intense du météore pur », cet aspect de la description est renforcé par le vocabulaire astronomique qui souligne le côté irréel, surnaturel et précieux de la pluie pour en faire un phénomène mystérieux.

La pluie est ensuite presque sublimée, elle  s’apparente à des « aiguillettes brillantes », l’auteur fait d’elle une matière précieuse, sacralisée, rendue inaccessible, les gouttes d’eau deviennent d’imperceptibles « ondulations ». Puis, à la manière d’un coup de théâtre, la scène change, elle incarne un autre rôle, c’est la tombée de la nuit, le caractère féérique de la mise en scène domine, c’est le « coup de gong ». La pluie s’humanise par les personnifications, « le tout vit avec intensité comme un mécanisme compliqué », elle devient une matière vivante puis comme un coup de baguette magique, tout s’efface, « il a plu », « si le soleil reparait tout s’efface bientôt, le brillant appareil s’évapore : il a plu »

Conclusion

     Dans ce texte, Ponge réévalue  le statut d’objet avec beaucoup de lyrisme en lui donnant toute l’étrangeté et l’originalité  d’une prose poétique. On peut parler d’une véritable sacralisation du phénomène  de la pluie du début à la fin du texte, elle est l’auteur du poème. Tout comme dans « le cageot », « la radio », « le pain » etc., l’auteur donne une dignité nouvelle aux objets d’apparence anodine. Véritable exercice de style, Ponge nous fait une évocation surréaliste d’un phénomène pourtant très banal.

  Le cageot : commentaire : Document 6

  • A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.
  • Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.
  • A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.
  • (F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942

 

Plan de l'analyse :
  • Introduction
  • I – Un texte fermé sur lui-même
  • Transition
  • II - La dignité du cageot
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Le parti pris des choses

, Francis Ponge

            « Le cageot », 1942

     Nous allons étudier un texte de Ponge intitulé « Le cageot », tiré du Parti pris des choses, en date de 1942. Au-delà de l’objet anodin, nous verrons comment l’auteur en instaurant un nouveau langage parvient à donner une dignité aux choses tout comme dans « Le pain », « L’huître », « La radio » etc. L’ensemble de ses proses poétiques se structurent sur le rapport des choses et des mots. Par l’étude de l’unité thématique et formelle, nous étudierons la façon dont le poète nous offre une véritable leçon de choses.

     I – Un texte fermé sur lui-même

La structure du texte est fermée sur elle-même à plusieurs niveaux. Nous constatons dans un premier temps, une unité thématique. Le rapport est cohérent entre le texte et le titre. Ce dernier est en effet bien annonciateur du concept qu’il évoque. Nous avons ensuite trois paragraphes de longueur similaire et chacun commence par un « A ». Il y a retour à un point de départ. Le même observateur revient sur le même objet. L’unité transparait également au stade de l’énonciation puisque la formulation est impersonnelle, le pronom personnel « je » est inexistant.

L’unité textuelle  ou formelle n’empêche pas la diversité des approches car l’objet est regardé sous trois angles.

     Dans le premier paragraphe, l’approche est lexicale, sémantique, le mot se rapproche de la définition du dictionnaire. Il s’agit de situer la place du mot « cageot » par rapport aux autres mots, un mot parmi d’autres : « de la cage au cachot ». L’auteur propose une définition de l’objet en fonction de sa forme, de sa fonction et de son utilisation.

     Dans le second paragraphe, l’approche est utilitaire au sens où l’on voit son utilité et son utilisation, il est conçu pour être détruit et placé sous le signe de la fragilité et de l’éphémère.

     Enfin, au dernier paragraphe, l’approche est anthropomorphique. Son destin malheureux est  souligné par l’expression « des plus sympathiques ». Il est envisagé du point de vue des réactions qu’il provoque. Le jeu de mots évite le pathétique.

Ces différentes visions préparent le lecteur à recevoir une leçon de choses, l’objet, « le cageot » va au-delà de son humilité,  devenir un objet plein de dignité.

II – La dignité du cageot

Elle est assurée malgré sa simplicité, c’est une caissette, une petite cage comme le précise le suffixe diminutif. La simplicité de sa structure est « sans vanité » et correspond à sa simplicité matérielle, il est constitué de « bois blanc », mais son aspect fonctionnel est néanmoins mis en avant.

La paronomase, « voie vouée », « voirie », renforce l’aspect éphémère du « cageot », son destin est joué, il est unique, il contribue au traitement des déchets, « mais  ne sert pas deux fois ». Sa fragilité est si évidente que comparativement à un fruit, il est encore moins résistant « que les denrées fondantes ou nuageuses qu’il enferme ». La personnification, « une maladie » a pour but d’accentuer sa délicatesse et sa situation irréversible car «  agencé de façon qu’au terme de son usage il puisse être brisé sans effort… ».

La valeur est envisagée du point de vue de son aspect fonctionnel, elle tient compte de sa fonction, c’est-à-dire, par rapport à ce qu’il contient, « ces fruits qui de la même suffocation font une maladie ».C’est en fait sa fragilité qui lui donne sa valeur bien qu’il soit réduit « à un éclat sans vanité » malgré tout capable de « sacrifices » nombreux.

Le début du texte correspond au début de la vie du « cageot » et la fin du texte marque la fin de vie de l’objet. Nous ne manquerons pas de remarquer que la valeur conférée reflète le point de vue affectif du poète qui n’a pas un regard neutre, on le sent attendri. Le tragique destin de cette caissette illustre certainement celui de l’homme, voire de la condition humaine en général. La connotation philosophique est très claire, l’objet n’est qu’un prétexte à la réflexion philosophique. L’irréversibilité de la situation de l’objet illustre tout à fait celle  du sort des hommes sur laquelle il ne convient pas de « s’appesantir ». Le destin unique et éphémère du cageot incarne la vie de l’homme dont le sort est joué d’avance, la durée d’une vie humaine représentée par une naissance et une mort trouve son expression dans le début et la fin de vie du cageot. Nous avons ainsi une préfiguration de l’irréversibilité du temps qui passe permettant à l’auteur, à travers l’objet toujours digne malgré tout, d’illustrer le tragique du temps qui passe.

     Conclusion

          La lecture de la prose poétique de Francis Ponge suppose un dépassement de la considération parfois très descriptive d’un objet anodin. L’auteur donne une dimension importante et inattendue aux objets des plus divers, cependant au-delà de la nouveauté lyrique, il s’agit de s’interroger sur la vraie valeur de l’objet et les questions philosophiques qu’il peut susciter. Lire Ponge signifie appréhender le rapport du poète aux choses par l’intermédiaire des mots. Derrière la valeur morale de l’objet, nous retrouvons l’image de la condition humaine.

 Lecture du texte : l'huître, commentaire : Document 7

  • L'huître
  • L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
  • A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
  • Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.

 

Plan du corrigé bac :
  • I – Une leçon de choses : compte rendu des mots
  • 1 – Un texte informatif à visée encyclopédique
  • 2 - Un texte poétique
  • 3 - L'huître close, l'huître ouverte
  • Transition
  • II - L'homme et l'huître
  • 1 - La présence de l'homme
  • 2 - L'huître sujet et objet
  • 3 - Une découverte décevante
  • Conclusion
  • Ouverture

 

Le parti pris des choses, 1942 Francis Ponge

                           « L’huître »

     Nous allons étudier un  texte de Francis Ponge intitulé « l’huître », tiré du Parti pris des choses, en date de 1942. Ponge est un poète français né en 1899 et  mort en 1988. Il nous propose une description de l’huître,  animal mollusque, mi- minéral, mi-animal, un hybride. C’est un texte descriptif, informatif, dont la structure correspond à celle de l’objet défini. Il nous offre une vision très personnelle, caricaturale et originale. On retrouve l’état d’esprit du poète qui a toujours donné une voix aux choses et proposé un nouveau langage. En quoi l’huître est-elle allégorique, peut-on parler d’une leçon de choses et en quel  sens ? En premier lieu, nous étudierons la leçon de choses au niveau d’un compte rendu des mots, enfin nous tenterons d’évaluer l’éventuel rapport possible entre l’homme et l’huître.

I – Une leçon de choses : compte rendu des mots

     1 – Un texte informatif  à visée encyclopédique

L’huître est considérée du point de vue extérieur. On la découvre progressivement  et  relativement au regard qui est posé sur elle. Dans le premier paragraphe, Ponge nous donne la vision d’un contenant, d’une coquille : « On peut l’ouvrir : il faut alors la tenir au creux d’un torchon… son enveloppe de ronds blancs… ». Le second, s’attarde au contraire au contenu du mollusque, il cible son intérieur, « à l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger… ».  Le paragraphe trois qui n’est en fait qu’une phrase suggère l’intériorité du mollusque, mais du point de vue de ce qui la met en valeur et la rend précieuse, la perle, « très rare une formule perle… ».

La description est disproportionnée, c’est-à-dire, qu’elle comprend un certain nombre de lignes dans le premier paragraphe contre seulement quelques unes dans les deux derniers, le plus court étant le troisième.

Nous avons une visée encyclopédique, ce texte à une finalité didactique. Nous apprenons  que le coquillage  a un aspect « visqueux et verdâtre », qu’il est comestible et qu’il est recherché pour sa sécrétion minérale, « la perle » ; Ce texte en prose répond aux normes d’un texte informatif, le temps employé est le présent de vérité générale.

     2 – Un texte poétique

Au-delà de l’information, il s’agit d’un texte littéraire. L’huître est prise dans et par les mots. Les sonorités rendent compte des volumes sonores et des quantités syllabiques.  La coquille, donc l’huître blanchâtre et « âtre » ici connote le foyer. Les rythmes binaires se succèdent essentiellement dans le premier paragraphe, »grosseur/apparence », « apparence/couleur », « doigts/ongles », « s’y coupent/s’y cassent ».

La rugosité de la coquille est évoquée par les termes suivants : « blanchâtre », « huître », « opiniâtrement », « ouvrir », « creux », et « prendre » nous soulignerons les sons en « tr », « Br. », « PR », « vr », et « Cr » qui accentuent l’aspect rugueux du mollusque.

Enfin, l’allitération en « s », « gosier … aussitôt à s’orner » de la dernière phrase met en évidence sa viscosité.

     3 – L’huître close, l’huître ouverte

On passe du minéral au mollusque. Concernant l’huître fermée, celle-ci s’apparente au coquillage ou au minéral rugueux, assimilé à un « monde », donc homogène, « tout un monde ». Sa résistance transparait à travers l’expression « opiniâtrement clos » et l’opacité ajoutée à la transparence suggèrent son ambiguïté.

L’opiniâtreté de l’huître fermée s’oppose à la mollesse organique et aquatique du coquillage ouverte, sa liquidité est également évoquée à travers l’expression « qui flue et reflue à l’odeur et à la vue ». De façon péjorative sa substance inconsistante se réduit au « sachet visqueux et verdâtre ».

L’huître devient ainsi allégorique, c’est la raison pour laquelle, Ponge dans son étude de l’homme et du mollusque l’envisage comme un sujet, un objet puis pour finir comme une découverte décevante.

II – L’homme et l’huître

     1 – La présence de l’homme

L’homme n’est pas clairement nommé, seul le pronom indéfini « on » le désigne, l’homme est un anonyme et cela dans les trois paragraphes. Le « on » à plusieurs fonctions, il observe le coquillage sur l’ensemble du texte et dans un second temps, il agit : « on peut l’ouvrir », « on trouve tout un monde », « on trouve aussitôt à s’orner ».

     2 – L’huître sujet et objet

En tant que sujet, elle est décrite à l’aide du verbe être : « l’huître est d’une apparence plus rugueuse… », « C’est un monde ».

En tant qu’objet, l’homme en est le principal manipulateur : « on peut l’ouvrir : il faut alors la tenir… ». L’opération d’ouverture est pénible ainsi que le suggère le rythme ternaire, « il faut s’y tenir, se servir, s’y reprendre », des coups sont portés et il y a frottement des ongles sur la coquille. Le travail semble grossier, imprécis et approximatif,  voire vulgaire. L’homme s’attaque à l’objet à l’aide d’un couteau et le mollusque est maintenu dans un torchon.

     3 – Une découverte décevante

Elle l’est à trois niveaux. C’est un mollusque, par conséquent, il est comestible mais en même temps il propose un mélange douteux qu’il vaut parfois mieux éviter de déguster. Les suffixes péjoratifs renforcent cet aspect repoussant, « verdâtre », noirâtre ». Enfin, son odeur vraiment rebutante en fait un objet désagréable à approcher, « odeur déflue et reflue », c’est à la limite du dégoût.

Conclusion

          Francis Ponge dans cette poésie en prose nous propose une véritable leçon de choses et fait de son coquillage, une huître allégorique, elle devient un objet de consommation et de réflexion dans un microcosme, un univers en miniature ou encore un monde clos mais qui, à  elle seule forme « tout un monde ».L’allégorie de la poésie trouve sa formule définitive dans la perle.

    

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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