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La réécriture, Queneau, Anouilh, Michaux, Bacri

La cigale et la fourmi

 

 

 

 

La fontaine

 

 

L'intertextualité

Définition :

Il s'agit en fait de mettre un texte en rapport avec un autre texte. c'est en fait en quelques sorte une permutation de textes; ainsi, une auteur construirait son texte en exploitant des fragments de textes antérieurs. L'intertextualité nest pas conçue comme un phénomène d'imitation : les textes antérieurs ne sont pas cités mais présents à l'état de traces
Parmi les genres qui participent de l'intertexte, on peut citer la parodie, le pastiche, l'allusion.

Quels sont les enjeux de l'intertextualité ?

On peut dire que l'intertextualité permet de faire revivre les différents mythes et de faire appel à la mémoire culturelle.
On peut citer la parodie, l'allusion, le pastiche

Les différents jeux avec le texte :

La citation :
c'est la forme la plus visible de l'intertextualité, emploi des caractères italiques et des guillemets.

Le plagiat :
c'est une atteinte à la propriété littéraire. C'est l'emprunt d'un texte littéraire sans que les références à ce texte soient inidiquées.

L'allusion :
elle complète la citation, elle repose sur l'implicite et suppose que le lecteur comprenne qu'il s'agit d'un jeu de mots.

La parodie :
c'est la transformation d'un texte dont le sujet noBLE est dégradé en un sujet vulgaire. La parodie désigne tout détournement à visée ludique ou satirique d'une oeuvre.

Le pastiche :
pasticher par opposition à la parodie n'est pas transformer mais imiter le style.

AnouilhLa fontaine

 

 

 

La réécriture : vocabulaire

 

Hypotexte= le texte source

Intertexte ou intertextualité = On appelle intertextualité la relation qui unit un texte littéraire à d'autres textes préexistants auxquels il s'oppose ou fait écho.

L'intertexte est cet ensemble d'écrits auxquels le texte est relié.

Ex : les fables d'Esope et de Phèdre constituent une grande part de l'intertexte des fables de La Fontaine.

La cigale et la fourmi

La cigale et la fourmi : la réécriture

A – Ésope, « La cigale et les fourmis », Fables, VIIe-VIe siècle av. J.-C.

B – Jean de La Fontaine, « La Cigale et la Fourmi », Fables, 1668.

C – Tristan Corbière, « La Muse et le Poète », Les Amours jaunes, 1873.

d – Pierre Perret, la cigale et la fourmi en argot

 


 

l'intertextualité est fondatrice de la littérature


Citations sur l'intertextualité :

- " tout texte est absorption et transformation d'un autre texte."
Julia Kristeva, "Bakhtine, le mot, le dialogue et le roman", Critique, avril 1967.

- "Tout texte est un intertexte ; d'autres textes sont présents en lui, à des niveaux variables, sous des formes plus ou moins reconnaissables : les textes de la culture antérieure et ceux de la culture environnante ; tout texte est un tissu nouveau de citations révolues. […] L'intertexte est un champ général de formules anonymes, dont l'origine est rarement repérable, de citations inconscientes ou automatiques, données sans guillemets."
Roland Barthes, article "Texte (théorie du)", Encyclopaedia universalis, 1973.

Exemple d'intertextualité autour d'une fable : la cigale et la fourmi

DÉTOURNEMENTS, PASTICHES ET PARODIES

 

La cigale et la fourmi


Esope

La Cigale et les Fourmis

Pendant l’hiver, leur blé étant humide, les fourmis le faisaient sécher. La cigale, mourant

de faim, leur demandait de la nourriture. Les fourmis lui répondirent : « Pourquoi en

été n’amassais-tu pas de quoi manger ? – Je n’étais pas inactive, dit celle-ci, mais je chantais

mélodieusement. » Les fourmis se mirent à rire. « Eh bien, si en été tu chantais, maintenant

que c’est l’hiver, danse. » Cette fable montre qu’il ne faut pas être négligent en

quoi que ce soit, si l’on veut éviter le chagrin et les dangers.

Ésope, « La cigale et les fourmis », Fables, VIIe-VIe siècle av. J.-C.

 

La fontaine

 

La cigale et la fourmi

La Cigale ayant chanté

Tout l’été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue.

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine

Chez la Fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister

Jusqu’à la saison nouvelle.

« Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’août, foi d’animal,

Intérêt et principal. »

La Fourmi n’est pas prêteuse ;

C’est là son moindre défaut.

« Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous en déplaise.

Vous chantiez ? J’en suis fort aise :

Et bien ! dansez maintenant. »

Jean de La Fontaine, Fables, 1668

 

 

Tristan-corbire.jpg

Le poète ayant rimé,

Imprimé,

Vit sa Muse dépourvue,

De marraine et presque nue :

Pas le plus petit morceau

De vers ou de vermisseau.

Il alla crier famine

Chez une blonde voisine,

La priant de lui prêter

Son petit nom pour rimer.

(C’était une rime en elle.)

Oh ! je vous paierai, Marcelle

Avant l’août, foi d’animal !

Intérêt et principal.

La voisine est très prêteuse,

C’est son plus joli défaut :

Quoi : c’est tout ce qu’il vous faut ?

Votre Muse est bien heureuse…

Nuit et jour, à tout venant,

Rimez mon nom… Qu’il vous plaise !

Et moi, j’en serai fort aise.

Voyez : chantez maintenant.

 

La Cigale et la Fourmi

La Muse et le Poète

Tristan Corbière, « La Muse et le Poète », Les Amours jaunes, 1873.

 

Pierre perret

 

La cigale et la fourmi en argot 

 

La Cigale reine du hit-parade

Gazouilla durant tout l'été

Mais un jour ce fut la panade

Et elle n'eut plus rien à becqueter.

Quand se pointa l'horrible hiver

Elle n'avait pas même un sandwich,

À faire la manche dans l'courant d'air

La pauvre se caillait les miches.

La Fourmi qui était sa voisine

Avait de tout, même du caviar.

Malheureusement cette radine

Lui offrit même pas un carambar.

- Je vous paierai, dit la Cigale,

J'ai du blé sur un compte en Suisse.

L'autre lui dit : Z'aurez peau d'balle,

Tout en grignotant une saucisse.

- Que faisiez-vous l'été dernier

- Je chantais sans penser au pèze.

- vous chantiez gratos, pauvre niaise

Eh bien guinchez maintenant!


 

Moralité

Si tu veux vivre de chansons

Avec moins de bas que de hauts

N'oublie jamais cette leçon

Il vaut mieux être imprésario!

Pierre Perret

La cigale et la fourmi

Corpus : analyse

 

L'hypotexte de ce corpus est la fable d'Esope.

Quel est l'intertexte des extraits 3 et 4 ?

L'intertexte est la fable de La Fontaine

Analyse de la cigale dans les textes du corpus :

Chez Esope : la cigale est insouciante et l'imprévoyance est dangereuse car elle mène à notre perte. C'est un défaut qu'il faut donc corriger. = récit en prose à moralité explicite.

Chez La Fontaine : La cigale vit au jour le jour, elle chante, elle danse, elle est heureuse. Elle souffre de la famine le froid venu et demande à la fourmi de l'aider, là elle se trouve confronter à son égoisme car « la fourmi n'est pas prêteuse/C'est là son moindre défaut ». La fourmi est trop insensible pour soutenir la cigale dans ce moment difficile. La Fontaine semble reprocher à la cigale de s'exposer à la fourmi, personnage très dangereux et calculateur. = récit en vers à moralité implicite. La fourmi est moralisatrice, un appel à la prévoyance.

Pierre Perret fait de la cigale un personnage sympathique « gazouillant dans les hit parades » et bien loin des préoccupations financières. « Je chantais sans penser au pèze ». = récit en vers à moralité explicite

Corbière nous offre l'image d'une cigale artiste et généreuse : le poète et la cigale. Ici l'imprévoyance n'est plus à l'origine des problèmes de la cigale, elle n'est pas pénalisée. Nous sommes loin de la moralité d'Esope, la fourmi n'est plus la brave travailleuse mais le personnage aigri, égoiste. = récit en vers à moralité implicite.

Le sens de la fable chez Corbière est complètement transformé, il n'y a qu'une morale implicite mais c'est en fait plus une dédicace, la fable finit bien. C'est une fable à tonalité humoristique puisque la cigale se transforme en une jeune femme « très prêteuse ». Donc la parodie implique un retournement de situation. La morale plaide en faveur de la création poétique.

 

Le texte de La Fontaine est une transposition, les autres textes sont des parodies et non des pastiches car chaque réécriture est personnalisée.

 

Queneau

 

OBJETS D’ÉTUDE Les réécritures


 

« La Vie du Loup », Raymond Queneau

Hypotexte : « La Mort du Loup », Alfred de Vigny

 

La Mort du Loup

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée

Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,

Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.

Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon,

Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,

Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,

C

Nous avons aperçu les grands ongles marqués

Par les loups voyageurs que nous avions traqués.

Nous avons écouté, retenant notre haleine

Et le pas suspendu. - Ni le bois, ni la plaine

Ne poussaient un soupir dans les airs ; Seulement

La girouette en deuil criait au firmament ;

Car le vent élevé bien au dessus des terres,

N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,

Et les chênes d’en-bas, contre les rocs penchés,

Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.

Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,

Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête

A regardé le sable en s’y couchant ; Bientôt,

Lui que jamais ici on ne vit en défaut,

A déclaré tout bas que ces marques récentes

Annonçaient la démarche et les griffes puissantes

De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.

Nous avons tous alors préparé nos couteaux,

Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,

Nous allions pas à pas en écartant les branches.

Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,

J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,

Et je vois au delà quatre formes légères

Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,

Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,

Quand le maître revient, les lévriers joyeux.

Leur forme était semblable et semblable la danse ;

Mais les enfants du loup se jouaient en silence,

Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,

Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.

Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,

Sa louve reposait comme celle de marbre

Qu’adoraient les Romains, et dont les flancs velus

Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.

Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées

Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.

Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,

Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;

Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,

Du chien le plus hardi la gorge pantelante

Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,

Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair

Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,

Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,

Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,

Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.

Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.

Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,

Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;

Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.

Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,

Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,

Et, sans daigner savoir comment il a péri,

Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,

Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre

A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,

Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,

Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve

Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;

Mais son devoir était de les sauver, afin

De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,

A ne jamais entrer dans le pacte des villes

Que l’homme a fait avec les animaux serviles

Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,

Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

III

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,

Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !

Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,

C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse

Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.

- Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,

Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au coeur !

Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive,

A force de rester studieuse et pensive,

Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté

Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.

Gémir, pleurer, prier est également lâche.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,

Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

 

Queneau

La Vie du Loup

Frissonnant sous la courbure des neiges vides

le loup court à travers champs

il cherche tout un passé d’alexandrins solides

qui le tuaient avec noblesse certes

mais qui le faisaient cependant mourir

il voudrait s’en nourrir afin que disparaissent

ces massacres accumulés tout au long de ces hivers

que n’amollissait point la fée électricité

alors on ne parlerait plus de lui lorsque viendrait le printemps

oiseau rare et sublime il irait passer les deux saisons bleues

dans les réserves de l’État

et revenue la neige il fumerait son cigare

en regardant ses petits façonner des boules

et madame enfin tranquille chanter

les différentes formes acquises par le satellite effectuant sa rotation

quelles que soient les saisons.

 

Raymond Queneau , « La Vie du Loup », in Battre la campagne.

 

 

Queneau

Questionnaire sur Raymond Queneau

Quelles sont les dates de Queneau ?

(1903-1976)

Qui est-il ?

C'est un poète et un romancier surréaliste

A quoi ses recherches sur le langage l'ont-elles conduit ?

Il a fait des recherche sur le langage, s'est intéressé à la psychanalyse et a retenu un nouveau langage, le langage parlé, ainsi que le langage argotique.

Qu'est-ce que l'Oulipo ?

L'ouvroir de littérature potentiel. C'est désigné par son acronyme, OuLiPo ou Oulipo.

L'OuLiPo se définit d'abord par ce qu'il n'est pas

  • Ce n'est pas un mouvement littéraire.

  • Ce n'est pas un séminaire scientifique.

  • Ce n'est pas de la littérature aléatoire.

Groupe d'écrivains qui se réunit pour réfléchir sur les contraintes formelles, contraintes de l'écriture et se questionner sur les projets créatifs. Ce groupe comprend des écrivains célèbres comme Raymond Queneau, Italo Calvino, Georges Perec.

Queneau

 

Proposez une analyse du titre

Le titre : La vie du loup

La vie du loup = titre de Raymond Queneau

La mort du loup = titre d'Alfred de Vigny

Le titre est évocateur d'un loup vivant avec tout ce que cela suppose, en cela il s'oppose au contexte dramatisé de sa mort dans la fable de Vigny. Le titre choisi par Queneau est opposé à son intertexte.

Quels sont les temps utilisés dans le texte de Queneau

Les temps utilisés

Les temps utilisés sont le présent de l'indicatif « court », « cherche », l'imparfait de l'indicatif, « faisaient », « amollissaient », « tuaient » et le présent du subjonctif «  disparaissent » et « soient ». Nous remarquons aussi plusieurs marques de conditionnel avec le verbe vouloir « il voudrait», « ne parlerait», « fumerait », « irait ».

Faire une analyse des mouvements du texte

Les mouvements du texte :

Nous constatons trois mouvements dans ce texte.

Premier mouvement: vers 1 à 3 : la quête du loup car il est le personnage essentiel, l'unique héros du poème de Queneau par opposition à Vigny, il n'est plus traqué, ne subit plus mais décide de sa quête.

Deuxième mouvement :

On voit le loup qui cherche à faire disparaître la malédiction littéraire du loup qui tue, qui mange, qui massacre «massacres accumulés tout au long de ces hivers ».

« il cherche tout un passé d’alexandrins solides

qui le tuaient avec noblesse certes

mais qui le faisaient cependant mourir »

Troisième mouvement:

Il imagine le futur: le conditionnel marque ce troisième

mouvement. Il souhaite un futur différent du passé

« on ne parlerait plus de lui lorsque viendrait le printemps

oiseau rare et sublime il irait passer les deux saisons bleues

dans les réserves de l’État... »

Expliquez un vers à l'oral de français :

Ces « alexandrins solides « 

Explication du vers.

L'alexandrin est un vers de 12 syllabes, c'est le vers utilisé par Alfred de Vigny dans la mort du loup pour célébrer sa grandeur et son stoicisme face la mort cruelle que lui inflige l'homme chasseur. « Solide » est un adjectif qui a une connotation péjorative, il suggère l'idée d'une versification un peu figée dans le temps : dans le cadre de la réécriture de Raymond Queneau, la référence est ici à prendre au second degré car il vise la création littéraire de Vigny qui a fait de la mort du loup, une mort symbolique. Le texte de Queneau fait du loup un autre sujet littéraire, une nouvelle vision de l'animal qui souhaiterait se débarrasser de ses stéréotypes « il voudrait s'en nourrir afin que disparaissent/Ces massacres ». Queneau remet en question l'alexandrin et l'héritage poétique de Vigny.

 

Ce texte est-il une parodie ?

Ce texte est une parodie, on le voit avec le mélange des registres pathétiques, vers, 4, 5 et 7 et du registre lyrique, vers 1 et 10.

Le ton du texte est parfois éloigné du texte d'origine et à la limite de l'irrespect pour l'hypotexte. La réécriture de Queneau mélange les registres et les tons, nous avons du comique et de l'ironie encore renforcés par les figures de styles suivantes, périphrases, ex « oiseau rare et sublime ». Mais ici le loup ne connait pas la mort symbolique du poème d'Alfred de Vigny. Au contraire, dès les vers 4 et 5, le lecteur comprend que le loup échappe au destin tragique des tirs des chasseurs. Nous relèverons dans le texte pour justifier notre idée, les modalisateurs « certes » et « cependant» :

« qui le tuaient avec noblesse certes

mais qui le faisaient cependant mourir »

Le loup n'est plus l'animal traqué par l'homme chasseur mais « c'est un oiseau rare, sublime » qui aspire à vivre un bonheur familial :

«  il fumerait son cigare

en regardant ses petits façonner des boules

et madame enfin tranquille chanter »

Le symbolisme animalier autour du loup offre une vision nouvelle, il échappe à la tradition littéraire du loup, animal cruel ou du loup, victime de l'homme. Il s'est métamorphosé et c'est cette métaphore humaine qui en donne le sens. On le voit ainsi fumer, il est casanier, en famille, savourant les moments de bonheur, adepte du progrès moderne, »la fée électrique ».

 

Vigny

 

Lecture cursive

Expliquez l'essentiel de la poésie d'Alfred de Vigny (comparativement à celle de Queneau)

La mort du loup = Vigny

La présence de l'animal est suggérée dans une atmosphère inquiétante, l'obscurité des bois : elle connote son avancée et sa présence

Autre idée de refuge pour l'animal, les bruyères. Le loup est prédateur et le décor rend l'animal invisible aux yeux des randonneurs = fidélité à sa réputation.

Le lecteur a ensuite une autre perception du loup non plus par la vue mais par l'ouie « nous avons écouté » = une harmonie se crée entre le monde végétal et humain « la girouette criait au firmament », « soupir », « en bas », « des chênes »...

Le silence est interrompu par la parole du vieux chasseur = « griffes puissantes » = annonciatrices des loups.

Puis, c'est l'apparition : « s'arrêtent, aperçois, vois », « deux yeux qui flamboyaient ». Le registre devient fantastique, « quelques formes légères qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères »

Violence des chasseurs « meurt sans jeter un cri ». La mort de l'animal est anticipée dans les deux derniers alexandrins « sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi, Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi. ».

Ici, c'est l'homme qui est l'agresseur et non le loup. La tradition qui fait du loup, un animal redouté est ici inversée et contredite par le poète au détriment de l'homme chasseur impitoyable.

Mort héroique et symbolique du loup = Le loup devient un modèle pour l'homme auquel il donne une leçon. C'est une leçon de stoicisme que propose le loup = il faut accepter la souffrance mais il faut aussi protéger sa liberté et faire preuve de courage.

L'animal est perçu comme supérieur à l'homme car il a une fierté et reste stoique, l'homme est rabaissé, l'animal souligne la faiblesse du l'homme.

Plaire et instruire : les deux fonctions de la fable :

L'animal plait mais il instruit l'homme : il suscite la pitié, l'admiration et l'émotion chez le lecteur car il affronte héroiquement sa mort, il accepte sans se plaindre son sort

 

Anouilh

 

 

Anouilh

Anouilh : le recueil de fables, La cigale, 1962

Etude et analyse de la réécriture d'Anouilh

Lecture de la fable

La Cigale, Anouilh, 1962

La cigale ayant chanté

Tout l’été,

Dans maints casinos, maintes boîtes

Se trouva fort bien pourvue

Quand la bise fut venue.

Elle en avait à gauche, elle en avait à droite,

Dans plusieurs établissements.

Restait à assurer un fécond placement.

Elle alla trouver un renard,

Spécialisé dans les prêts hypothécaires

Qui, la voyant entrer l’œil noyé sous le fard,

Tout enfantine et minaudière,

Crut qu’il tenait la bonne affaire.

« Madame, lui dit-il, j’ai le plus grand respect

Pour votre art et pour les artistes.

L’argent, hélas ! n’est qu’un aspect

Bien trivial, je dirais bien triste,

Si nous n’en avions tous besoin,

De la condition humaine.

L’argent réclame des soins.

Il ne doit pourtant pas, devenir une gêne.

À d’autres qui n’ont pas vos dons de poésie

Vous qui planez, laissez, laissez le rôle ingrat

De gérer vos économies,

À trop de bas calculs votre art s’étiolera.

Vous perdriez votre génie.

Signez donc ce petit blanc-seing

Et ne vous occupez de rien. »

Souriant avec bonhomie,

« Croyez, Madame, ajouta-t-il, je voudrais, moi,

Pouvoir, tout comme vous, ne sacrifier qu’aux muses ! »

Il tendait son papier. « Je crois que l’on s’amuse »,

Lui dit la cigale, l’œil froid.

Le renard, tout sucre et tout miel,

Vit un regard d’acier briller sous le rimmel.

« Si j’ai frappé à votre porte,

Sachant le taux exorbitant que vous prenez,

C’est que j’entends que la chose rapporte.

Je sais votre taux d’intérêt.

C’est le mien. Vous l’augmenterez

Légèrement, pour trouver votre bénéfice.

J’entends que mon tas d’or grossisse.

J’ai un serpent pour avocat.

Il passera demain discuter du contrat. »

L’œil perdu, ayant vérifié son fard,

Drapée avec élégance

Dans une cape de renard

(Que le renard feignit de ne pas avoir vue),

Elle précisa en sortant :

« Je veux que vous prêtiez aux pauvres seulement... »

(Ce dernier trait rendit au renard l’espérance.)

« Oui, conclut la cigale au sourire charmant,

On dit qu’en cas de non-paiement

D’une ou l’autre des échéances,

C’est eux dont on vend tout le plus facilement. »

Maître Renard qui se croyait cynique

S’inclina. Mais depuis, il apprend la musique.

 Anouilh

Analyse littéraire et questionnaire EAF

Etude de la fable et de la réécriture autour de La Fontaine

Notes introductives

De qui La Fontaine s'est-il inspiré pour écrire la "cigale et la fourmi"?

Il s'est inspiré d'Esope. C'est sans doute sa fable la plus célèbre .

Cette fable a t'-elle inspiré d'autres auteurs?

La fable de La Fontaine a inspiré Anouilh, Françoise Sagan, Corbière.

Le choix du titre

Que peut-on dire du titre comparativement à celui de La Fontaine, "La cigale et la fourmi"?

La Fontaine : La cigale et la fourmi

Anouilh : La cigale

Anouilh ne mentionne pas la fourmi dans sa fable, il l'élimine au profit du renard qui dans le symbolisme animalier a la réputation d'être rusé. De ce fait le personnage principal dans la fable est la cigale, elle est l'héroine qui va permettre à Anouilh de démentir sa légende ainsi que la source de cette fable. Le titre est donc très évocateur à lui seul.

Le titre peut-il induire le lecteur en erreur?

En fait, dans cette fable, la cigale ne passe pas son temps à chanter, elle est une fourmi, elle est riche, vers, 4, 5, 6 et 7. Elle est malhonnête, "en avoir à gauche", cupide (lexique de l'argent).

Elle décide, calcule, ordonne "j'entends", "vous l'augmenterez", "je veux" au point de faire incliner le renard. Nous sommes donc en présence d'un animal qui a le monopole des décisions et qui fait preuve de volonté. Elle est le moteur du récit ainsi que le suggère le vers 9 : "Elle alla trouver un renard"

Situation de la fable

Où l'action se situe t'-elle?

milieu urbain : « boîtes » (lieu de divertissement) ; « casinos »

La fable est modernisée.

Anouilh

Construction, structure et évolution de la fable

Comment la fable est-elle construite?

Nous avons une construction efficace basée sur une sorte de coup de théâtre qui permet un retournement de situation et du sens de la fable de La Fontaine.

Quel est ce retournement de situation? Comment la fable évolue t'-elle?

Ce n'est plus la cigale de La Fontaine symbole d'insouciance qui est satirisé mais la cigale d'Anouilh, c'est-à-dire, la cigale antipathique, cupide, autoritaire.

De quelle nature la satire est-elle?

C'est une satire du milieu artistique.

Comment la fable progresse t'-elle par sa construction?

Elle progresse comme un comédie en 5 actes.

vers 1 à : présentation du personnage principal = acte 1

vers 9 à 32), la visite chez le renard = acte 2

vers 32 à 44 : Coup de théâtre, la cigale dévoile le personnage = acte 3

vers 45 à 55 : quiproquo, le renard fait erreur sur le personnage = acte 4

Deux derniers vers, acte 5 : dénouement, l'épilogue centré sur le renard et sa volonté de changer de métier.

Une fable satirique

Que représente d'un point de vue social la cigale dans cette fable?

C'est une chanteuse, elle est en tournée dans les casinos, on se retrouve dans les années 60, c'est une tournée estivale. On la voit mettre ses économies au chaud après sa tournée. Paradoxalement, la cigale est fourmi, elle ne vit pas comme les artistes le font, d'amour et d'eau fraîche. Elle ne méprise pas l'argent et se dévoile plutôt intéressé, prudente voire cupide.

Que dénonce Anouilh?

Le milieu des artistes au sens où elle est une artiste non engagée, ce qu'Anouilh en tant qu'anarchiste de droite exècrait. En effet, il voulait stigmatiser les faux semblants de la profession artistique mais tout en sachant faire la différence entre les artistes engagés et les autres, ceux qui refusent l'engagement. Il fait de sa cigale une fourmi qui spécule, qui est cupide et intéressée bien plus par l'argent que par son art qui n'est en fait qu'un moyen d'amasser.

Avons-nous une cigale capitaliste?

Oui, elle a toutes les caractéristiques de la cigale capitaliste, elle amasse, thésaurise, calcule, anticipe et à la fin de la fable, on la voit très soucieuse de ses gains et froide « oeil froid », « regard d’acier ». Sa froideur correspond à son profil et se voit encore renforcée par son ironie mordante vis-à-vis du renard.

champ lexical de la banque, de la finance : « établissements » (v 7) ; « placement » (v 8) ; « prêts hypothécaires » (v 10) ; « taux d’intérêt » (v 39)

cynisme de la cigale : aucune compassion, surtout envers les pauvres (« œil froid »)

Peut-on parler d'une dénonciation des apparences?

dénonciation des apparences = Le symbolisme animalier nous renvoie aux hommes et à leurs travers. La cruauté et le mépris se cachent derrière la bienveillance. Derrière l'histoire plaisante, il y a la réalité.

Le personnage du renard

Le renard comme personnage dans cette fable est-il fidèle à son image traditionnelle?

Oui il est rusé, beau parleur ainsi que le suggère son discours, flatteur, "Madame", respectueux, nous avons un vouvoiement, vers 14, hyperbole, malin car il sait afficher une modestie feinte quand il s'agit de gérer les économies de la cigale. Il flatte et fait des compliments pour plaire, il se dévoile persuasif, éloquent et est en ce sens fidèle à son image de la tradition. On le voit amadouer la cigale sur plusieurs vers de la fable en simulant un complet détachement et un parfait désinteressement.

Arguments : les conséquences à vouloir s'occuper soi-même de sa fortune

Analysez les et justifier votre réponse en citant le texte

Le renard d'Anouilh est fidèle mais cependant victime d'un cliché du métier d'artiste : les artistes sont détachés des contingences matérielles, certes il sait annoncer les inconvénients de gérer sa fortune "soins", "gêne" mais met en avant du même coup la néssité d'avoir des intermédiaires pour une bonne gestion de la fortune.

2ème argument :

"laissez", "signez", "ne vous occupez de rien". Il se sert de l'argument de l'inspiration pour convaincre la cigale de le laisser s'occuper de sa fortune.

Anouilh

Le coup de théâtre

A quel vers se trouve le coup de théâtre?

Vers 32 : ce vers est un coup de théâtre. Le renard comprend son erreur. Il doit à présent écouter la cigale et se taire. Il a cru duper et se trompe encore une fois sur la condition fixée au vers 50

50. « Je veux que vous prêtiez aux pauvres seulement... ». Sa méprise est double.

le renard est tombé sur plus rusée que lui « drapée (…) dans une cape de renard » (vv 46-47) et surtout plus cynique (« œil froid » (v 33) ; « regard d’acier » (v 35)

La portée morale de la fable

Quelle est la prétention morale de la fable?

Anouilh ne fait pas passer de morale. Le renard a trouvé plus fort que lui, il tire la leçon à tirer de sa mésaventure. La cigale est plus forte que le renard mais ce dernier n'abandonne pas pour autant, on le voit au dernier vers "mais" : note humoristique d'Anouilh "il apprend la musique".

Anouilh

Etude comparative de la fable : La Fontaine/ Anouilh La cigale et la fourmi

Différences dans la réécriture

- Le titre : la cigale est mise en avant chez Anouilh. La fourmi est remplacée par le renard

- Les deux premiers vers sont identiques ensuite la fable d'Anouilh est modernisée, le contexte est contemporain "casinos", "boîtes". Le troisième vers et dernier vers sont identiques à La Fontaine.

- même thème : l’art et l’argent avec inversion de la situation de la cigale

- Le renard remplace la fourmi : il est rusé et fidèle à son image traditionnelle. Dans cette fable c'est un usurier.

- La fable d'Anouilh compte 57 vers. Celle de La Fontaine, 22. = Vers irréguliers dans les deux fables

- Dans les deux fables, on retrouve le symbolisme animalier. La cigale est artiste chez Anouilh, le renard est rusé. Plus de détails sont donnés dans la fable d'Anouilh. Mais il finit par jouer des stéréotypes associés aux personnages car en fait la cigale plus rusée et plus froide que le renard est dépourvue de morale. Elle est cruelle et calculatrice.

- La morale :

satire sociale concernant le monde des artistes : il est naïf de prendre les artistes pour des gens désintéressés = Anouilh

" En toute affaire il faut se garder de la négligence si l’on veut éviter le chagrin et le danger " = Esope

il faut savoir être prévoyant si l’on veut éviter chagrin et ennui = La Fontaine

La morale chez La Fontaine et Anouilh sont implicites.

La cigale et les fourmis

C’était en hiver ; leur grain étant mouillé, les fourmis le faisaient sécher. Une cigale qui avait faim leur demanda de quoi manger. Les fourmis lui dirent : « Pourquoi, pendant l’été, n’amassais-tu pas, toi aussi, des provisions ? Je n’en avais pas le temps, répondit la cigale : je chantais mélodieusement. » Les fourmis lui rirent au nez : « Eh bien ! dirent-elles, si tu chantais en été, danse en hiver. » Cette fable montre qu’en toute affaire il faut se garder de la négligence, si l’on veut éviter le chagrin et le danger.

 

Esope (VI° siècle av. J.-C.)FablesEsope

 

 
   

 

La Cigale et la Fourmi

La cigale, ayant chanté tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'oût, foi d'animal,
Intérêt et principal .»
La fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
«Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien : dansez maintenant. »

 

Jean de La Fontaine, Fables, I. 1La fontaine jpe 2

 

 

 

Différences dans les structures narratives

Chez La Fontaine, la structure narrative est simple tandis qu'elle est plus complexe chez Anouilh, les deux fables ont le même élément perturbateur mais chez Anouilh, la complexité se remarque au niveau du rebondissement et du jeu d'inversions dans les rapports dominés, dominants puis dans la recommandation de ne prêter qu'aux pauvres.

Différences au niveau du choix des animaux.

Différence au niveau de l'époque. La cigale chante dans les casinos chez Anouilh et ne va pas voir sa voisine mais un banquier.

Différence dans les registres.

Il est pathétique dans la fable de La Fontaine mais il est satirique chez Anouilh.

Différences entre la cigale de La Fontaine et la cigale d'Anouilh

La cigale :

La Fontaine : l'animal est agréable, insouciant, démuni, honnête, simple, modeste et condamné à une mort certaine

Anouilh : la cigale est riche, calculatrice, autoritaire, malhonnête, cupide, menaçante, manipulatrice, cynique.

La fourmi/Le renard

La fourmi chez La Fontaine est travailleuse, insensible et antipathique

Le renard chez Anouilh est rusé, beau parleur, manipulateur, intéressé, trivial, malhonnête.

Roland bacri

 

 

La cigale et la fourmi

 

 

Roland Bacri, Fable électorale

 

Questionnaire sur Roland Bacri

Quelles sont les dates de Bacri ?

1925/2014

Qui était-il ?

C'était un poète et journaliste algérien à l'époque de l'Algérie française.

Où a t'-il exercé son métier de journaliste ?

Au Canard Sauvage à Alger, puis au Canard enchaîné où il publia.

Combien de temps a t'-il travaillé au Canard enchaîné ?

Il sera chroniqueur au Canard enchaîné, chroniqueur satirique de 1956 à 1990

 

Lecture de la fable

*** Roland Bacri, « Fable électorale » publiée par le Canard enchaîné, 1995.

 

Fable électorale

La cigale ayant chanté tout l’été

Son programme à satiété

Se trouva fort dépourvue

Quand l’élection fut venue.

Pas un seul petit morceau

Prévu dans son bel canto.

Elle alla crier famine

Chez la fourmi à l’usine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour affronter

La conjoncture nouvelle.

« Voyez mes trous ; lui dit-elle,

De Sécu, Crédit Lyonnais

Dans quelle chienlit on est !

Je vous rendrai l’abondance

Au premier temps de croissance

Trois quatre ans, foi d’animal,

 

Intérêt et principal.

La fourmi n’est pas prêteuse,

C’est là son moindre défaut :

« Que faisiez-vous au temps show

D’élection si prometteuse ?

- Nuit et jour à tout venant,

Je chantais « La Marseillaise »,

- Vous chantiez ? j’en suis fort aise :

Présidensez maintenant !

 

Roland bacri

 

 

I – Une parodie de la fable de La Fontaine

- Montrez qu'il s'agit d'une parodie de la fable de La Fontaine

Le titre de la fable, « Fable électorale », est évocateur du thème à venir, celui de la politique. Ce dernier se confirme par la présence du champ lexical de la politique « programme », « élection », « temps show », « D'élection », « chienlit », « présidensez ».

Mais au champ lexical de la politique s'ajoute celui de l'économie des vers 11 à 19. Nous pouvons souligner, «conjoncture », « abondance », « trou », «De sécu », «Crédit lyonnais », « croissance », « intérêt et capital ».

L'importance des ces deux champs lexicaux nous informent de la nature de cette fable : c'est une parodie de la fable de La Fontaine.

L'expression « chienlit » par exemple nous ramène à l'époque du général de Gaulle, Roland Bacri tente de restituer l'atmosphère politique et économique avec les déficits de la sécurité sociale, les scandales financiers de l'époque avec le « Crédit lyonnais », les promesses électorales, « je vous rendrai l'abondance. ». La critique est acerbe car elle se donne en spectacle, c'est un « show » où tous les travers et les coups bas sont permis. L'image de la politique est dévalorisée pour le profit de celui qui est au pouvoir ainsi que les représentants financiers importants. Le peuple la subit et comprend qu'elle fait l'objet d'une manipulation médiatisée. Tout est dans les apparences c'est le « temps show d'élection ». Mais les néologismes, mots nouveaux, inventés par Bacri caricaturent La Fontaine.

Nous nous en éloignons non pas tant par la situation de la fable car la cigale demande l'aide à la fourmi pour survivre mais par le contexte de la France du Xxe siècle bien loin de la France rurale du XVIIe.

Les famines de ce siècle ont laissé place à une agitation sociale et un contexte politique malsain plus soucieux de réélection que d'assurer le bien-être et le bien vivre du peuple. La politique se résume ici à sa volonté de gagner les élections à venir. Nous sommes dans un cadre d'explosion socio-politique réaliste au point que la cigale ne cherche même pas à gagner la confiance de son peuple pour son propre électorat. Elle chante, elle est heureuse et peu soucieuse des autres, « Nuit et jour à tout venant/ Je chantais », « La Marseillaise ».

La politique devient outils de manipulation et non un art du bien vivre ensemble. Nous sommes en pleine désinvolture de la part de la cigale c'est pourquoi la fourmi refuse l'aide demandée par cette dernière. Cette fable électorale est une parodie. La cigale et la Fourmi les personnages qui symbolisent la France à deux niveaux différents. Par conséquent l'hypotexte n'est respecté qu'en partie, le contenu de la fable diffère et les personnages deviennent des symboles et fonctionnement de manière allégorique, quant à la morale, elle concerne le domaine politique et son complet manque de responsabilité

- « Vous chantiez ? j’en suis fort aise :

Présidensez maintenant ! »

La morale au jugement de l'auteur, critique acerbe qui se traduit dans la morale qui est en fait une invitation à exercer la fonction de président, ce qui aurait dû être fait. Le président cigale chantait, il est à présent temps d'exercer sa fonction de président, ce qui s'exprime dans l'impératif « présidensez », invitation urgent renforcée par l'adverbe de temps « maintenant » ! suivi d'un point d'exclamation.

- Quels sont les registres de cette fable ?

Le registre est ironique et polémique.

Quelles questions se poser pour retrouver les arguments du I ?

  • Quelle est le thème de la fable ?

  • Relevez le champ lexical de la politique

  • Relevez le champ lexical de l'économie

  • Ces champs lexicaux permettent-ils de répondre à la question : cette fable est-elle une parodie de la Cigale et la fourmi de La Fontaine ?

  • Quelle image Bacri donne t'-il de la politique ?

  • Peut-on parler de politique-spectacle ?

  • Quelle est la portée des néologismes ? Sur quoi nous renseignent-ils ?

  • Quelles sont les différences relatives au contexte de la France sous La Fontaine et à l'époque de Bacri ?

  • Relevez les expressions et phrases qui traduisent la désinvolture de la cigale

  • L'hypotexte est-il respecté ? A quels niveaux ? Justifiez et citez

  • Quels sont les registres présents dans la fable ?

  • Quelle est la morale ?

La cigale et la fourmi

 

II – La portée symbolique des personnages: la cigale et la fourmi

- Que représentent la cigale et la fourmi?

La cigale et la fourmi sont les personnages essentiels de la fable. Ils ont une portée symbolique car ils représentent la France. Le président cigale et la fourmi travailleuse « la fourmi à l'usine ». Nous avons les acteurs d'une société gouvernée, mal gouvernée et sans scrupules puis les travailleurs victimes de la mauvaise gestion politique. La portée est donc clairement symbolique.

La cigale chante « ayant chanté tout l'été/ Son programme à satiété » et la fourmi « à l'usine », gouvernés et le gouvernant sont présents et souffrent d'une fracture sociale dont le gouvernant est responsable et que les gouvernés subissent. La fourmi est fidèle à sa réputation de travailleuse, le stéréotype n'est pas changé, la cigale chante mais elle est à présent en mal de réélection, c'est pourquoi, elle tente de séduire la fourmi. La trame de la fable s'inscrit dans cette opposition.

« Elle alla crier famine / Chez la fourmi à l’usine ». La cigale cherche à obtenir le suffrage de la fourmi en lui promettant l'abondance :

« Je vous rendrai l’abondance / Au premier temps de croissance ». La fourmi reste méfiante et n'accorde aucun crédit à la cigale. De ce point de vue, la fourmi reste fidèle à elle-même, tant chez La Fontaine que chez Bacri.

L'aspect « spectacle » de la politique se voit confirmé et dénoncé par la question de la fourmi « que faisiez-vous au temps-show/ D'élection si prometteuse ? « . La fourmi n'est pas naive et le néologisme « présidensez » le confirme et atteste de son refus et de son invitation à gérer le peuple sans sa voix.

Questions à se poser sur le II pour retrouver les arguments

  • Que représentent la cigale et la fourmi ?

  • Etudiez leur portée symboliquement

  • Quelles sont les différences entre Bacri et La Fontaine ?

  • Qu'en est-il des stéréotypes ?

  • Faire le portrait de la fourmi chez les deux auteurs

  • Justifiez votre réponse en citant

  • Qu'implique, quant aux décisions de la fourmi, le néologisme de la morale ? Expliquez en quelques lignes.

AnouilhRoland bacri

 

III - La critique et le jugement d'un chroniqueur

Nous comprenons que le journaliste s'exprime dans cet apologue, il dénonce et met en avant la légèreté des politiciens dans le Canard enchaîné. Un tableau est ainsi dressé sur le monde social et politique. L'actualité met en évidence l'insouciance et la désinvolture des représentants de l'Etat et du chef d'Etat trop soucieux de sa réélection. Au lieu d'agir et de protéger le peuple, ils sont en quête de voix et divulguent pour ce faire leurs belles paroles dans le « show ». L'abondance n'est pas économique mais seulement rhétorique, l'art de parler les caractérise, «à tout venant ». Un jugement de Bacri est formulé, il penche du côté de la fourmi, travailleuse et trahie, trompée par les belles promesses. Le pouvoir fait l'objet d'une critique virulente et Rolan Bacri transpose la fable de La Fontaine en la réactualisant dans le domaine politique contemporain.

Questions à se poser sur le III

  • Resituez la fable dans son contexte et montrez que cet apologue est une critique de la société. Expliquez et citez

  • Montrez que Bacri porte un jugement. Lequel ? Expliquez en développant et en citant le texte.

  • Montrez qu'il s'agit d'une transposition en matière de réécriture.

  • Quelles sont les limites de l'invention de Bacri dans le travestissement ironique ? (par quoi la «bise » est-elle remplacée ? Par «l'élection ». Par quoi «le temps chaud » est-il remplacé ? Par «temps show ». Par quoi «aise » est-il remplacé ? Par «Marseillaise ».

 

Dépassement de l'apologue : Jean Anouilh

 

- La réécriture de Jean Anouilh est-elle un travestissement ironique également ? Non, c'est une recréation. Les personnages ne collent pas au modèle initial, le sens de la fable change. C'est un hommage qui renouvelle complètement la fable de La Fontaine.

 

Genese la bible

 

 

Genese la bible

 

 

 

« Dieu, la providence », Henri Michaux

 

Hypotexte : « La Genèse », La Bible

 

Réécriture : situation des textes textes

Ce passage relate la création du monde par Dieu mais de manière parodique, la référence est la genèse. Nous allons en référence à l'hypotexte analyser « Dieu la providence » d'Henri Michaux. La Providence connote Dieu mais nous verrons en quoi la relation créatures et créateur est inversée.

 

Hypotexte : lecture

Genèse

Premiers

Dieu crée ciel et terre

Terre vide solitude

Noir au-dessus des fonds

Souffle de Dieu

Mouvements au-dessus des eaux

Dieu dit Lumière

Et lumière il y a

Dieu voit la lumière

Comme c’est bon

Dieu sépare la lumière et le jour

Dieu appelle la lumière jour et nuit le noir

Soir et matin

Un jour

[…]

Dieu dit

Faisons un adam

À notre image

Comme notre ressemblance

Pour commander

au poisson de la mer

à l’oiseau du ciel

aux bêtes et à toute la terre

à toutes les bêtes ras du sol

La Bible, nouvelle traduction : Genèse

 

Henri michaux 2

Lecture du texte de Michaux

Dieu, La Providence

Dieu sait faire toute chose. De là son ennui.

De là qu’il voulut d’un être qui ne saurait faire que

peu de chose.

C’est la cause de la création.

ll fit les pierres. Mais quand elles eurent roulé au fond

des ravins, elles ne firent plus rien.

Dieu s’ennuie.

Puis il fit l’eau. Mais l’eau coulait toujours au plus bas.

Dieu s’ennuie.

Puis il fit les arbres, mais ils s’élevaient tous vers le soleil.

Dieu s’ennuie.

Alors Dieu détache un gros morceau de soi, le coud dans

une peau et le jette sur la terre. Et c’est l’homme.

Et l’homme bouleverse la terre, les pierres, l’eau et les arbres.

Dieu regarde. C’est bon voir quelqu’un faire quelque chose.

Parfois lui-même secoue la terre, jette une montagne contre

une autre, souffle sur la mer. Les hommes courent, se débattent.

Et Dieu regarde. C’est bon voir quelqu’un faire quelque chose.

Henri Michaux , « Dieu, la providence » recueilli dans « Fables des origines », in

« Premiers écrits », OEuvres complètes, tome I.

Henri michaux 3

 

Oral EAF sur Henri Michaux, «Dieu la providence ».

 

La création : Le créateur et ses créatures : naissance du monde, la genèse.

 

Genre littéraire ,écriture et thème des deux textes.

- A quel genre littéraire ce texte appartient-il ?

Au genre littéraire des fables : Fables des origines et autres textes.

Le registre est ironique, polémique et tragique chez Michaux.

lecture parodique : le titre est une antiphrase. Dieu n'est pas bienveillant. Il cherche à se divertir en infligeant à l'homme des catastrophes naturelles. Question du divertissement que l'on retrouve chez le penseur Pascal

- Après une première lecture de l'hypotexte et de la fable de Michaux, que remarquez-vous ? Quel dénominateur commun y a t'-il entre les deux textes ?

Nous pouvons remarquer que l'écriture est libre, pas de versification, le rythme est celui du verset et la fable s'ordonne en petits paragraphes comme l'hypotexte biblique.

- Quel est le thème de cette fable ?

Michaux s'interroge dans sa fable sur la création du monde, ses origines, ses fondements et sur le sens métaphysique de la vie sur terre. Le questionnement est donc philosophique à la base. Il n'est pas sans rappeler les philosophes comme Camus qui se pose la question du sens de la vie sans Dieu, ou encore d'un Jean Paul Sartre. Quelle est la cause première de l'univers : c 'est la question posée dans ce passage. L'hypotexte rend compte de la création du monde.

Genese la bibleHenri michaux

 

Structure de la fable et étude comparative avec le texte biblique originel

 

Premier mouvement :

Présentation du créateur en opposition à sa créature

L'infini et la finitude de l'être crée

« Dieu sait faire toute chose. De là son ennui.

De là qu’il voulut d’un être qui ne saurait faire que

peu de chose. »

Michaux rend ainsi compte de la création et de son origine. Il prête à Dieu des sentiments humains, « l'ennui » et trouve la conséquence à cela, comme un remède pour pallier à l'ennui du créateur, il lui faut des créatures sachant faire peu de choses.

Les connecteurs « De là » (l.1, 2) et « C’est la cause de » (l.

4).

Deuxième mouvement :

C'est la création, une suite d'actions divines est énumérée mais une fois les choses crées, la déception de Dieu toujours en échec le pousse à rechercher l'homme.

«Puis il fit les arbres, mais ils s’élevaient tous vers le soleil.

Dieu s’ennuie.

Alors Dieu détache un gros morceau de soi, le coud dans

une peau et le jette sur la terre. Et c’est l’homme. »

« Puis » (l.8, 10 ),« Alors » (l. 12), conjonctions de coordination traduisent l'ennui et la déception divines récurrentes : la création originelle n'est pas paradisiaque mais problématique, c'est pourquoi Dieu met fin à cette suite d'insatisfactions et d'échecs : Il crée sa créature, l'homme et cette création est enfin satisfaisante car « Et Dieu regarde. C'est bon voir quelqu'un faire quelque chose ».

L'imperfection des hommes suffit car elle semble créer un point d'harmonie dans la genèse sans équilibre du créateur. Ce dernier ne se suffit pas, il lui faut son image, la créature pour se parfaire. Il se parfait par l'imperfection de l'homme.

 

Henri michaux

Etude comparative avec l'hypotexte :

L'explication donnée est logique et s'articule autour de connecteurs nombreux marquant les mouvements séparés du texte. Nous ne retrouvons pas cette phase explicative et articulée autour de connecteurs dans le texte biblique originel.

Le Dieu de l'hypotexte est créateur d'un monde de manière transcendantal, Dieu est créateur, il crée le monde et enfante ses créatures dans ce rapport de toute puissance absolue. L'imperfection et la finitude sont humaines. Dans le texte sacré, la création ne tolère aucune imperfection, aucun manquement, Dieu n'a pas besoin de l'homme, il transcende ses créatures «Dieu Lumière/ Et Lumière il y a ». Dieu est le monde qu'il crée sans souffrance, sans ennui, sans déception, il ne ressemble en rien au Dieu déçu, rempli d'ennui de Michaux. Dieu et sa parole sont infinis, sans limite et omniprésent dans le monde crée par transcendance sans plan logique ou rationnel. Dieu jaillit et se répand dans ses créatures vivantes à son image mais imparfaites. Dieu est transcendant, omniprésent et tout puissant.

 

Hypotexte : la création, du sacré, le créateur à sa créature.

L'homme a besoin de Dieu

Dieu tout puissant, créateur du monde de manière transcendante

Dans la Genèse, Dieu est tout puissant, il a le monopole des actions créatrices. Il crée le monde en 6 jours

« Dieu dit Lumière

Et lumière il y a

Dieu voit la lumière

Comme c’est bon

Dieu sépare la lumière et le jour

Dieu appelle la lumière jour et nuit le noir ». La création est évidente et n'appelle pas l'intervention de l'homme. L'homme n'est qu'une créature créée. Dieu est cause première.

 

Hypertexte : Michaux. Une création désacralisée = un renversement de l'intertexte biblique.

Dieu a besoin de l'homme

Dieu crée le monde mais partage sa création avec l'homme.

« Et l’homme bouleverse le terre, les pierres, l’eau et les

arbres. » Dieu a des sentiments humains, des états d'âme, il s'ennuie,

« Dieu sait faire toute chose. De là son ennui. / De là qu’il voulut d’un être qui ne saurait faire que / peu de chose. / C’est la cause de la création. »

Dieu, parfait crée l'imperfection faite homme mais Dieu lui-même aspire à cette imperfection pour pallier à son ennui, il semble ne pas échapper au temps qui s'écoule, à la temporalité humaine. L'élément perturbateur est la création de la planète, donc l'homme, mais c'est aussi à ce moment là que Dieu trouve une satisfaction.

« Dieu regarde. C’est bon voir quelqu’un faire quelque chose. / Parfois lui-même secoue la terre, jette une montagne contre / une autre, souffle sur la mer.

Les hommes courent, se débattent. / Et Dieu regarde. C’est bon voir

quelqu’un faire quelque chose. » (l.15 à 18). La création est donc désacralisée. Dieu inflige au monde des catastrophes naturelles juste pour se divertir : « Parfois lui-même secoue la terre » = il apparaît comme un Dieu insouciant, irresponsable et cruel.

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