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L'humanisme, Rabelais, Erasme, La Boétie

 

 

Rabelais, Pantagruel et Gargantua
 
 
 

 

L'humanisme rabelaisien

 

Un mouvement littéraire, l'humanisme

Gargantua de Rabelais

 
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L’humanisme

Questionnaire pour l’oral EAF :
Définition:

1 -

Qu’est-ce que l’humanisme?

C’est un courant culturel qui est apparu à l’époque de la Renaissance.

L’humanisme est une doctrine théorique et pratique qui repose sur la dignité de l’homme et vise son accomplissement. L’homme d’un point de vue philosophique doit s’affranchir de toute croyance religieuse.

Ce mouvement est apparu en Italie dès le XIVème siècle puis en France aux Xvème et XVIème.

C’est une étape importante dans l’histoire de la culture Européenne.

Les trois points importants sont :

- Critique de l’éducation rhétorique

- Recherche d’une éducation équilibrée

- Retour aux textes anciens

Le mot humaniste apparaît en Europe occidentale au XVIe siècle, vers 1539. Il désigne les érudits qui ne se contentent plus de la connaissance du latin, la langue commune à toutes les personnes instruites de leur époque, mais étudient aussi les autres langues prestigieuses de l'Antiquité, le grec et l'hébreu.

2 -

Que manifestent les intellectuels de l’époque?

Un très grand appétit de savoir : étude de diverses disciplines.

3 -

Prônent-ils la vulgarisation des savoirs?

Oui de tous les savoirs. Ils estiment que la parole divine doit-être accessible à tout un chacun. Le savoir religieux est donc important.

4 -

Quel point de vue les humanistes ont-ils sur la liberté de l’homme?

L’homme est libre au sens où il est responsable de ses actes. L’homme a le libre arbitre donc le choix de ses actes dont il est pleinement responsable.

5 -

Citez quelques humanistes

Erasme, Rabelais, Montaigne, Pétrarque

6 -

L’idéal des lumières renoue t’-il avec l’idéal humaniste d’accéder à une sagesse pleinement humaine?

Oui par la confiance que les Lumières mettent en l’homme au détriment de l’obscurantisme politique et religieux.

7 -

Quelles sont les idées des Lumières?

L’autonomie de la raison, rejet des dogmes religieux, défense de la tolérance, de la liberté et de l’égalité, défense de la notion de progrès du savoir et au niveau moral

La philosophie de l’humanisme

1 -

Quelle connotation philosophique peut-on associer à l’humanisme?

La notion d’humanisme est associée aux droits fondamentaux de l’homme. On peut alors parler d’humanisme pratique ou moral relativement à la notion d’interdits éthiques ou de devoirs = ne pas tuer, ne pas voler, ne pas asservir….;

2 -

Quelle est la primauté du courant philosophique humaniste?

La primauté de l’homme, de l’humain et des lois naturelles sur les croyances religieuses et la croyance en un (ou plusieurs) être(s) divin(s) surnaturel(s).

3 -

Contre quoi l’humanisme lutte t’-il?

L’humanisme lutte contre le pouvoir de l’Eglise en tant qu’elle exerce une influence sur l’activité intellectuelle. C’est pourquoi l’humanisme privilégie l’action pratique, la recherche de l’efficacité, le pragmatisme.

l'humanisme moderne

1 -

En quel sens peut-on parler d’humanisme moderne?

On peut parler d’humanisme moderne dans le sens où les modernes associent l’humanisme à la Renaissance comme un courant ayant des racines dans l’Antiquité.

On peut citer par exemple la citation universellement connue du sophiste Protagoras « l’homme est mesure de toutes choses » =  exclusion du divin. En effet, la citation de Protagoras nous renvoie au scepticisme antique à l’égard des divinités. Nous pouvons également mentionner que le bouddhisme n’inclut pas la notion de divinités mais seulement d’âme. Ce qui est mis en avant est l’accomplissement de l’homme. Les divinités ne sont plus indispensables à l’homme pour fonder l’éthique

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Gargantua de Rabelais : l'humanisme Rabelaisien

  • Prologue de gargantua Rabelais 

  • Texte:

  • Buveurs très illustres, et vous vérolés très précieux, car c’est à vous, non aux autres, que je dédie mes écrits, Alcibiade, dans un dialogue de intitulé le Banquet, faisant l’éloge de son précepteur Socrate, sans conteste le prince des philosophes, déclare entre autres choses qu’il est semblable aux silènes. Les Silènes étaient jadis de petites boites, comme celles que nous voyons à présent dans les boutiques des apothicaires, sur lesquelles étaient peintes des figures drôles et frivoles : harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs attelés, et autres figures contrefaites à plaisir pour inciter les gens à rire (comme le fut Silène, maitre du Bacchus). Mais à l’intérieur on conservait les drogues fines, comme le baume, l’ambre gris, l’amome, la civette, les pierreries et autres choses de prix. Alcibiade disait que Socrate leur était semblable, parce qu’à le voir du dehors et à l’évaluer par l’aspect extérieur, vous n’en auriez pas donné une pelure l’oignon, tant il était laid de corps et d’un maintien ridicule, le nez pointu, le regard d’un taureau, le visage d’un fou, le comportement simple, les vêtements d’un paysan, de condition modeste, malheureux avec les femmes, inapte à toute fonction dans l’état ; et toujours riant, trinquant avec chacun, toujours se moquant, toujours cachant son divin savoir. Mais en ouvrant cette boite, vous y auriez trouvé une céleste et inappréciable drogue : une intelligence plus qu’humaine, une force d’âme merveilleuse, un courage invincible, une sobriété sans égale, une égalité d’âme sans faille, une assurance parfaite, un détachement incroyable à l’égard de tout ce pour quoi les humains veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent.

A quoi tend, à votre avis, ce prélude et coup d’essai ? C’est que vous, mes bons disciples, et quelques autres fous oisifs, en lisant les joyeux titres de quelques livres de votre invention, comme Gargantua, Pantagruel, Fesse pinte. La dignité des braguettes, des pois au lard avec commentaire, etc., vous pensez trop facilement qu’on n’y traite que de moqueries, folâtreries et joyeux mensonges, puisque l’enseigne extérieure est sans chercher plus loin, habituellement reçue comme moquerie et plaisanterie. Mais il ne faut pas considérer si légèrement les œuvres des hommes. Car vous-mêmes vous dites que l’habit ne fait pas le moine, et tel est vêtu d’un froc qui au-dedans n’est rien moins que moine, et tel est vêtu d’une cape espagnole qui, dans son courage, n’a rien à voir avec l’Espagne. C’est pourquoi il faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce qui y est traité. Alors vous reconnaitrez que la drogue qui y est contenue est d’une tout autre valeur que ne le promettait la boite : c'est-à-dire que les matières ici traitées ne sont pas si folâtre que le titre le prétendait.

Et en admettant que le sens littéral vous procure des matières assez joyeuses et correspondant bien au titre, il ne faut pourtant pas s’y arrêter, comme au chant des sirènes, mais interpréter à plus haut ses ce que hasard vous croyiez dit de gaieté de cœur.Avez-vous jamais crocheté une bouteille ? Canaille ! Souvenez-vous de la contenance que vous aviez. Mais n’avez-vous jamais vu un chien rencontrant quelque os à moelle ? C’est, comme dit Platon au livre II de la République, la bête la plus philosophe du monde. Si vous l’avez vu, vous avez pu noter avec quelle dévotion il guette son os, avec quel soin il le garde, avec quelle ferveur il le tient, avec quelle prudence il entame, avec quelle passion il le brise, avec quel zèle il le suce. Qui le pousse à faire cela ? Quel est l’espoir de sa recherche ? Quel bien en attend-il ? Rien de plus qu’un peu de moelle. Il est vrai que ce peu est plus délicieux que le beaucoup d’autres produits, parce que la moelle et un aliment élaboré selon ce que la nature a de plus parfait, comme le dit Galien au livre 3 Des Facultés naturelles et IIe de L’Usage des parties du corps.A son exemple, il vous faut être sages pour humer, sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers à la poursuite et hardis à l’attaque. Puis, par une lecture attentive et une méditation assidue, rompre l’os et sucer la substantifique moelle, c’est-à-dire _ ce que je signifie par ces symboles pythagoriciens _ avec l’espoir assuré de devenir avisés et vaillants à cette lecture. Car vous y trouverez une bien autre saveur et une doctrine plus profonde, qui vous révèlera de très hauts sacrements et mystères horrifiques, tant sur notre religion que sur l’état de la cité et la gestion des affaires.

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  • Analyse : Extrait du prologue de Gargantua « Buveurs très illustres…gestion des affaires »

  • Le texte que nous allons étudier est le début du prologue de Gargantua, roman écrit en 1534 par François Rabelais, humaniste de la Renaissance. Avant d'entamer les aventures du géant Gargantua et de son père Grandgousier, roi des Dipodes, l'auteur s'adresse à son lecteur de façon familière et lui fait comprendre qu'il ne faut pas se laisser tromper par les apparences: malgré son titre et le ton comique, l'œuvre qu'il s'apprête à lire contient une sagesse qu'il lui appartient de savoir repérer entre les lignes.
  • Nous verrons donc, dans un premier temps, les aspects burlesques de ce prologue, puis nous montrerons les intentions sérieuses de l'auteur, pour interpréter, en dernier ressort, ce statut paradoxal du texte.
  • I/ UN PROLOGUE BURLESQUE
  • 1 - au lecteur
  • 2- la description de Socrate
  • Transition
  • II/L'intention sérieuse de l'auteur
  • 1-Un texte structuré
  • 2-Les références à Platon et l'orientation philosophique de Rabelais
  • 3-La référence à la mythologie Transition
  • III/ Le statut paradoxal du texte
  • Conclusion avec ouverture

 

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Commentaire du prologue de Gargantua

               «Buveurs très illustres…gestion des affaires »

I/  Un prologue burlesque

1- Rabelais commence son prologue par s'adresser directement au lecteur par des appellatifs relevant d'un lexique bas et péjoratif: "buveurs". C'est à dire ivrognes, et "vérolés",  soit contaminés par la syphilis, maladie sexuellement transmissible.  Ces appellatifs créent une complicité.

2- la description de Socrate

   a- Rabelais fait référence à Platon, en particulier au dialogue intitulé  le banquet.

   b- De plus, l'auteur commence à décrire "l'aspect extérieur" de Socrate; la description se résume avec la phrase "vous n'en auriez pas donné une pelure d'oignon" ; Il énumère ensuite les défauts de ce grand philosophe qu'il admire pourtant. Il souligne le paradoxe de la laideur socratique C’est en effet, une conception très grecque que de refuser d’admettre qu’un esprit si brillant puisse cacher un corps et un visage si laids.

3- Enfin, l'auteur explique qu'il souhaite qu'un lecteur se comporte avec son œuvre de la même façon qu'un chien suce son os à moelle. Il attribue à l'Homme le vocabulaire habituellement utilisé pour décrire les réactions d'un animal : "A son exemple, il vous faut être sages pour humer, sentir, et estimer ces beaux livres de haute graisse".

Transition:

On constate donc que Rabelais, à première vue, cherche à s'amuser et à divertir son lecteur. Il se moque presque, utilisant des adresses familières et des allusions grossières.

Mais il précise qu'il veut être écouté et que ce prologue, malgré ses apparences burlesques, cache une intention très sérieuse.

II/ L'intention sérieuse de l'auteur

1- Le texte est rigoureusement structuré:

    a- le chiasme du premier paragraphe permet à l’auteur de comparer Socrate aux Silènes, il revient ensuite à une description du philosophe qui est mise  en avant dans tout le prologue de façon implicite.

    b – Il établit un rapport d’analogie entre ses œuvres, Socrate et les Silènes. Il s’agit de souligner l’apparence trompeuse  de ces auteurs  et de ces personnages mythologiques, fils d’hermès, précepteur de Bacchus, Dieu du vin très repoussant physiquement;  Enfin nous constatons l’importance de la métaphore filée qui  compare le lecteur à un chien avec son os à moelle.

2- Les références à Platon trahissent l’orientation philosophique de Rabelais.

République, Le Banquet sont évoqués. Le personnage de Socrate à son importance car il est assimilé à une référence, un modèle ainsi que le suggère la description flateuse du penseur, « le prince des philosophes », puis à cette périphrase, s’ajoute l’adjectif « divin » représentatif de la perception que Rabelais avait du sage et du message qu’il veut faire passer. Deux expressions hyperboliques s’ajoutent « céleste et inappréciable ». On peut ainsi parler d’éloge.

3- La mythologie est une référence présente tout au long du prologue : les Silènes, les harpies, monstres  au corps d’oiseau et tête de femme, les satyres, demi dieu avec jambes de bouc, queue très longue…

Transition:

De façon générale, Rabelais cherche apparemment à faire passer un message: malgré les apparences comiques et burlesques du récit à suivre, la réflexion philosophique est présente.

III/ Le statut paradoxal du texte

Rabelais affirme donc que les apparences ne sont pas à prendre en compte. Pourtant, lui-même porte beaucoup d'attention à celles de son lecteur: "Buveurs........mes écrits". Il sélectionne ses lecteurs selon leurs façons d'apprécier la vie. Ce texte a un statut paradoxal car, au-delà du rire, Le penseur demande à son lecteur de prendre son ouvrage au sérieux. Les figures de rhétorique accentuent cette volonté farouche d’inviter à la réflexion : « Buveurs très illustres et vérolés très précieux », oxymore surprenante à laquelle s’ajoute « la bête la plus philosophique du monde ».

Les figures de style comme les comparaisons et les métaphores peuvent choquer le lecteur puisqu’en effet,  ce dernier est  assimilé à un chien, il doit agir comme le fait cet animal, Socrate se trouve de façon très réductrice assimilé aux Silènes. Enfin, une lecture trop rapide de ce texte pourrait porter à confusion, l’auteur semble confondre réflexion approfondie, grande sagesse philosophique, élévation d’esprit   avec l’ivresse intellectuelle de la raison en exercice avec l’ivresse due  à un additif, le vin. Il s’agit de dépasser cette première impression pour s’orienter vers une analyse plus intellectualisée de la question.

Conclusion

Nous avons donc vu que derrière le comique burlesque créé par les comparaisons terre-à-terre, le portrait grotesque de Socrate et les citations farfelues de titres d'œuvres de Rabelais, se cache une intention plus sérieuse de l'auteur.

Rabelais veut éveiller les consciences et tente de faire passer un message à connotation didactique en suscitant le rire. Il nous incite à dépasser les apparences qui si l’on se réfère à Socrate sont bien trompeuses. La périphrase, « le prince des philosophes » pour évoquer Socrate met en avant l’idée selon laquelle on peut-être le meilleur initiateur dialecticien philosophique auprès d’un enseigné qui va au-delà du paraitre. Il faut donc remonter jusqu’à l’essence du savoir.

Problématiques possibles :

  • Quels sont les aspects de l'humanisme Rabelaisien d'après le prologue ?
  • Montrez que derrière l'aspect burlesque du prologue, l'intention de Rabelais est sérieuse
  • En quoi ce prologue s'inscrit-il dans le courant humaniste ?

 

Quelles questions à l'oral ?

*** Les réponses aux questions posées sont dans le commentaire

L'examinateur peut vous poser une série de questions relativement au prologue.

  • I – Un prologue burlesque
  • A qui le prologue s'adresse t'-il ?
  • Montrez que Rabelais tente d'instaurer une certaine complicité avec le lecteur.
  • Le Banquet de Platon : Pourquoi cette référence ? Justifiez
  • Quelle description de Socrate avons-nous ?
  • Insistez sur la grandeur de l'homme, sa beauté intérieure qui contraste avec la laideur physique de Socrate. Montrez qu'il s'agit d'une conception grecque.
  • Expliquez : "A son exemple, il vous fa-t être sages pour humer, sentir, et estimer ces beaux livres de haute graisse".
  • Une intention sérieuse derrière les apparences burlesques du prologue : expliquez en citant le texte.
  • Rabelais cherche à amuser et à divertir mais quelle est l'autre fonction de l'auteur ?
  • II – L'intention sérieuse de l'auteur
  • Que traduit le chiasme du premier paragraphe ?
  • Pourquoi le philosophe Socrate est-il mis en avant dans tout le prologue ?
  • Y a t'-il un rapport d'analogie entre Socrate et Rabelais?
  • Deux références philosophiques essentielles, Le Banquet et la République. Cela traduit-il l'orientation philosophique de Rabelais ?
  • Socrate est-il le modèle à suivre ? Justifiez votre réponse en citant
  • Relevez les références mythologiques du texte
  • III/ Le statut paradoxal du texte : un prologue humaniste
  • Quelle image Rabelais donne t'-il d'un bon lecteur ?
  • Comment les sélectionne t'-il ?
  • Cet ouvrage doit-il être pris au sérieux ?
  • Invite t'-il à la réflexion ?
  • Expliquez : «la bête la plus philosophique du monde » ?
  • Rabelais cherche t'-il à éveiller les consciences sur le modèle socratique : sortir de l'empirique pour s'élever à l'intelligible. Cesser de prendre le reflet des choses pour les choses elles-mêmes. La dialectique socratique nous initie au dépassement sensible, il faut dépasser les apparences et s'élever à l'Idée. Rabelais prend modèle sur le modèle dialectique socratique.
  • Rabelais veut-il mettre en avant la grandeur de l'homme ?
  • Oui. C'est un prologue à visée philosophique. L'homme doit savoir utiliser son esprit.
  • Rabelais s'identifie à Socrate : Initier à une certaine sagesse : savoir utiliser son esprit suppose de vider les esprits du vide dont ils sont pleins à la manière socratique. C'est la méthode maieutique chez le philosophe. Donc Rabelais joue le rôle d'un Socrate.
  • Rabelais fait-il revivre le patrimoine greco-latin ?
  • Oui car il joue le rôle d'un Socrate. C'est un prologue humaniste et philosophique.

 

*** Pour aller plus loin

Dans la République de Platon, le mythe de la caverne

Dans ce mythe, un homme est prisonnier de la caverne. Il croit que le reflet des choses perçu sur la paroi de la caverne correspond à la chose elle-même. Il n'a en fait qu'une perception faussée.

Le prisonnier de la caverne a une vison empirique, c'est-à-dire qu'il n'a que l'apparence des choses, le reflet. La dialectique socratique nous invite à dépasser ce stade de l'appréhension du réel, il faut s'élever à l'essence des choses = passage du sensible à l'intelligible.

Gargantua

Extrait complementaire :

la guerre picrocholine (ch. 27)

Ce disant, il mit bas son grand habit et se saisit du baton de la croix, qui etait en

coeur de cormier, long comme une lance, remplissant bien la main et quelque peu

seme de fleurs de lys, presque toutes effacees. Il sortit ainsi, en beau sarrau, mit

son froc en echarpe, et avec son baton de croix, frappa si brutalement sur les ennemis

qui vendangeaient a travers le clos, sans ordre, sans enseigne, sans trompette

ni tambour : car les porte-drapeau et les porte-enseigne avaient laisse leurs

drapeaux et leurs enseignes le long des murs, les tambours avaient defonce leurs

caisses d’un cote pour les emplir de raisins, les trompettes etaient chargees de

pampres, c’etait la debandade ; il les cogna donc si roidement, sans crier gare,

qu’il les culbutait comme porcs en frappant a tort et a travers, comme les anciens

s’escrimaient. Aux uns, il ecrabouillait la cervelle, a d’autres, il brisait bras et jambes, a d’autres,

il demettait les vertebres du cou, a d’autres, il disloquait les reins, effondrait le

nez, pochait les yeux, fendait les machoires, enfoncait les dents dans la gueule,

defoncait les omoplates, meurtrissait les jambes, deboitait les femurs, debezillait

les fauciles. Si l’un d’eux cherchait a se cacher au plus epais des ceps, il lui froissait toute l’arete

du dos et lui cassait les reins comme a un chien. Si un autre cherchait son salut en fuyant, il lui faisait voler la tete en morceaux en

le frappant a la suture occipito-parietale.

Si un autre grimpait a un arbre, croyant y etre en securite, avec son baton, il l’empalait, par le fondement.

Si quelque ancienne connaissance lui criait : ≪ Ah ! Frere Jean, mon ami, frere Jean, je me rends ! ≫

–Tu y es, disait-il, bien force, mais tu rendras du meme coup ton ame a tous les diables ! ≫

Et sans attendre, il lui assenait une volee. Et si quelqu’un se trouvait suffisamment

flambant de temerite pour pouvoir lui resister en face, c’est alors qu’il montrait la

force de ses muscles, car il lui transpercait la poitrine a travers le mediastin et le

coeur. A d’autres, qu’il frappait au defaut des cotes, il retournait l’estomac et ils en

mouraient sur-le-champ. A d’autres, il crevait si violemment le nombril, qu’il leur

en faisait sortir les tripes. A d’autres, il percait le boyau du cul entre les couilles.

Croyez bien que c’etait le plus horrible spectacle qu’on ait jamais vu.

Les uns criaient : ≪ Sainte Barbe ! ≫.

Les autres : ≪ Saint Georges ! ≫.

Les autres : ≪ Sainte Nitouche ! ≫.

Les autres : ≪ Notre-Dame de Cunault ! de Lorette ! de Bonne Nouvelle ! de la Lenou! de Riviere ! ≫

Les uns se vouaient a saint Jacques.

Les autres au Saint Suaire de Chambery, mais il brula trois mois apres, si bien qu’on n’en put sauver un seul brin.

Gargantua

La guerre Picrocholine :

C'est une satire religieuse. 

 

Rabelais fait un récit parodique d'une bataille, d'une querelle entre les fouaciers de Lerné, sujets de Picrochole et les bergers de Seuilly , sujets de Grandgousier. Picrochole ordonne à ses sujets d'entrer en guerre. Nous assistons au début du conflit et le frère Jean des Entommeures se bat pour sauver le champ de vigne de l'abbaye.

C'est un récit de guerre ainsi que le suggèrent les champs lexicaux du combat et de la guerre. Le frère Jean est comme un héros, il court sur l'ennemi et le récit narre ses actions car il extermine les ennemis sans rencontrer beaucoup d'obstacles. Il est un héros.

C'est une parodie de chanson de geste : le récit du temps de la chevalerie est tourné en ridicule. Les personnages sont burlesques, ex, le moine qui combat alors qu'il n'est pas sensé faire la guerre. Rappelons le mobile de cette bataille, défendre des champs de vigne. Tout contribue à ridiculiser cette guerre. Frère Jean devient sanguinaire, cruel et barbare. L'ennemi est mis en pièces et cela fait de Frère Jean un bourreau plus qu'un homme ou qu'un héros. Il n'incarne pas non plus les valeurs chevaleresques. Il n'est pas digne d'être un chevalier.

Le registre est épique et la portée du passage est satirique : Le patriotisme de frère Jean est remis en cause, ne se bat-il vraiment que pour le vin ? L'ironie se traduit en outre dans l'expression «  Et mille autres bons petits Saints », Frère Jean est loin d'être un Saint, il n'y a pas non plus de petits Saints. Nous avons donc une satire du héros et de la guerre. Frère Jean est un anti-héros. La satire du héros s'accompagne d'une satire du combat épique, le bâton de la croix servait d'arme au frère Jean, les ennemis sont assimilés à des porcs, les trompettes sont remplies de grappes de raisin

Gargantua, Rabelais

L'Abbaye de Thélème

  • Toute leur vie était ordonnée son selon des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur bon vouloir et leur libre arbitre. Ils se levaient quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, et dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les réveillait, nul ne les contraignait à boire, à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Pour toute règle, il n’y avait que cette clause, Fais ce que voudras ; parce que les gens libres, bien nés et bien éduqué, vivant en bonne compagnie, ont par nature un instinct, un aiguillon qui les pousse toujours à la vertu et les éloigne du vice, qu’ils appelaient honneur. Ces gens-là, quand ils sont opprimés et asservis par une honteuse sujétion et par la contraint, détournent cette noble inclination par laquelle ils tendaient librement à la vertu, vers le rejet et la violation du joug de servitude ; car nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons ce qui nous est refusé.

C’est cette liberté même qui les poussa à une louable émulation : faire tous ce qu’ils voyaient faire plaisir à un seul. Si l’un ou l’une d’entre eux disait : « Buvons », ils buvaient tous ; s’il disait : »Jouons », tous jouaient ; s’il disait : « Allons nous ébattre aux champs » tous y allaient. S’il s’agissait de chasser à courre ou au vol, les dames, montées sur de belles haquenées suivies du palefroi de guerre, portaient sur leur poing joliment gantelé un épervier, un laneret ou un émerillon. Les hommes portaient les autres oiseaux.Ils étaient si bien éduqués qu’il n’y avait parmi eux homme ni femme qui ne sut lire, écrire, chanter, jouer d’instruments de musique, parler cinq ou six langues et y composer, tant en vers qu’en prose. Jamais on vit de chevaliers si vaillants, si hardis, si adroits au combat à pied ou à cheval, plus vigoureux, plus agiles, maniant mieux les armes que ceux-là ; jamais on vit de dames si fraiches, si jolies, moins acariâtres, plus doctes aux travaux d’aiguille et à toute activité de femme honnête et bien née que celles-là.

Pour cette raison, quand le temps était venu pour l'un des habitants de cette abbaye d'en sortir, soit à la demande de ses parents, ou pour une autre cause, il emmenait une des dames, celle qui l'aurait pris pour son dévot, et ils étaient mariés ensemble; et ils avaient si bien vécu à Thélème en dévotion et amitié, qu'ils continuaient d'autant mieux dans le mariage; aussi s'aimaient-ils à la fin de leurs jours comme au premier de leurs noces.

Plan possible pour un commentaire
  • Analyse de l'Abbaye de Thélème

  • RABELAIS

  • I/ la visée utopique
  •   Transition
  • II/La visée religieuse
  •   Transition
  •   III/Une utopie
  •    Conclusion avec ouverture

 

                 L’utopie selon un humaniste.

Introduction

Le texte que nous allons étudier est un extrait de l'Abbaye de Thélème écrit en 1534 par François Rabelais, écrivain humaniste de la renaissance et auteur de Pantagruel, œuvre condamnée la même année par la Sorbonne.

Frère Jean, ayant remporté des victoires et fait preuve de grand courage, a obtenu comme récompense de la part de Grandgousier le droit de fonder une Abbaye. Ce nous présente la vie à l'Abbaye de Thélème qua Gargantua a fait construire selon le goût de frère Jean. Dans ce texte argumentatif, Rabelais nous donne un modèle de la société idéale. Dans un espace religieux complètement dénaturé.

Ce texte incarne l’idéal humaniste, on voit cependant que cette utopie a des limites. Contrairement à L’Utopie de Thomas More, Rabelais a créé une société qu’il trouve idéale parce qu’agréable. Il souhaiterait juste, que les hommes d’une communauté puissent agir ainsi, alors que Thomas More, lui, a organisé tout un gouvernement, avec de nombreuses lois,, bien que toutes aient l’intention de préserver la liberté de chacun.

Nous allons donc nous demander en quoi l'Abbaye de Thélème est une société utopique: Dans un premier temps, nous verrons quelles sont les qualités requises pour l'élaboration d'une société idéale, pis nous étudierons les caractéristiques de ce nouvel espace religieux pour analyser les limites de cette utopie.

I/ Une société idéale

   1 - La vie collective à l’abbaye de Thélème suppose quelques exigences morales.

Il faut en effet que tous ses membres aient une certaine volonté comme le suggère l’origine grecque du mot Thélème « bon vouloir ».

La devise est « fais ce que voudra » qui n’implique pas de faire exclusivement ce que l’on veut mais au contraire de ne jamais rien faire sans s’occuper d’autrui : « tous ce qu’ils voyaient faire plaisir à un seul » et cette idée est renforcée par les anaphores suivantes : « buvons », « ils buvaient tous ». La notion de bonheur individuel n’existe plus, il n’a de sens que par rapport à la collectivité.

    2 -    Aux qualités morales s’ajoutent des qualités sociales. Il faut en effet que les gens soient « libres, bien nés, bien éduqués ». Les nobles de Thélème sont des « chevaliers si vaillants, si hardis, si adroits ». L’adverbe d’intensité montre bien qu’ils sont tels les humanistes et qu’ils savent tout faire. On retrouve l’idéal d’éducation humaniste qui est tourné vers un savoir encyclopédique, développement des facultés intellectuelles et physiques.

          Transition : L’éducation permet à chaque membre de l’abbaye d’être un membre à part entière répondant qu’ exigences et à l’idéal d’une éducation parfaite. A cela s’ajoute une autre garantie d’un bonheur collectif car la religion n’est pas absente mais Rabelais en propose une certaine vision.

II/ Le contexte religieux

    1 – La religion a une nouvelle connotation et de nouvelles caractéristiques : chasteté, pauvreté, obéissance, trois vœux qui normalement  sont à l’origine d’une vocation religieuse. A présent aucun de ces vœux n’est respecté dans l’abbaye de Thélème. Les hommes et les femmes sont regroupés, doc du fait de la mixité, il n’y a pas de chasteté respectée. Nous n’avons à faire qu’à des aristocrates, par conséquent, le vœu de pauvreté n’est plus de mise, ainsi que celui d’obéissance car il s’agit de faire ce que l’on veut.

    2 – Nous voyons donc apparaitre un nouvel espace religieux toujours ouvert sur l’extérieur, contrairement aux autres abbayes. L’antithèse « vertu », « vice » prend un nouveau sens. La vertu est liée à la liberté et le vice à son absence. Il n’y a pas d’obstacles, « nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons ce qui nous est refusé ». C’est une nouvelle philosophie. La liberté domine et nous nous éloignons du sens premier des termes à connotation religieuse.

          Transition : Quelles pourraient être les limites d’une telle utopie ?

III – L’utopie

    1 – L’injonction « fais ce que voudras » est-elle applicable ? Avoir l’obligation d’obéir n’est –il pas ambivalent ? Si la vertu nous vient de la liberté grâce à une société bien éduquée, cette dernière n’a donc pas besoin de plus de liberté pour acquérir plus de vertu.

    2 – En fait, il semblerait que Rabelais ait cherché à construire une telle société utopique pour dénoncer l’’hypocrisie religieuse qui n’était pas toujours à l’époque solidaire de ses préceptes. En effet, elle proclamait l’amour fraternel à l’époque des guerres de religion

Une utopie humaniste

Utopie pas d'évolution parce que figé hors du temps => dans la logique évolution synonyme de progrès dans le temps. (paradoxe)

1) Une utopie, (donc un modèle qui a ses limites)
- Texte construit sous la forme d'un éloge, société idéale, utopique : hyperbole (exagération), énumération...
- toutes les qualités sans les habituels défauts qui vont avec. Enumération renforce le sentiment de perfection de ces gens: "Jamais ne furent vus...celles-là"
- Activités communes (3e paragraphe)
- Ont naturellement le sens de l'honneur et des responsabilités "par nature un instinct et un aiguillon qui pousse toujours vers la vertu et retire du vice; c'est ce qu'ils nommaient l'honneur"
TOUT EST PARFAIT (exemple : comparatif, superlatif, globalisant, aucune nuance)

Le mode de vie des Thélèmes se base sur la totale liberté des faits et des gestes de chacun, si un des leurs contrarie cette dernière alors le système s’écroule. C’est pour cela que Rabelais rappelle l’importance de l’éducation dans son fragile système.

2) Des idéaux humanistes « Un esprit saint dans un corps saint »
- L'Homme est au centre de la vie quotidienne: insistance sur l'abnégation du groupe en faveur de l'individu (alternance singulier/pluriel)
- Excellente éducation " bien construit " importance de l’éducation humanistes: activités raffinées « lire, écrire, chanter...en prose »
- Valeur de l'humanisme : « COMMENT RENDRE L'HOMME MEILLEUR ? »
éducation : valeur absolue par l’humanisme : ici parfaite car ils savent tout faire
éducation artistique (musique, poésie, composition...), sportive, cosmopolite (polyglotte) et érudite

Conclusion
-Gargantua précède Pantagruel (1536) dans Le Cycle des Géants. Critique des guerres (avec la guerre Pichrocoline) et présente une société parfaite qui donnerait envie à ses contemporains de changer.
-Cependant, le système reste fragile, si un individu agit contre la liberté des Thélémites, tout s'effondre. C'est pourquoi l'éducation est ici très importante.
-Rabelais fait de ce texte une utopie humaniste en imaginant une microsociété qui place l'individu au centre de tout, conformément à l'idéologie humaniste ("L'Homme est au centre de l'Univers")

(-Lien avec l'Eldorado (Chapitre 8 de Candide de Voltaire), où est décrite une société isolée du monde extérieur)
-Autre lien avec l'Utopie de Thomas More (1516): cadre inconnu avec de nouvelles valeurs : Rabelais dresse ici un lieu idéal, Thélème est une utopie, mais elle à des limites parce qu'on est obligé d'être libre et d'avoir l'esprit grégaire (de troupeau)

Critique de la société actuelle, les interdits fixés par l'Eglise : François Rabelais, moine qui exerça surtout la profession de médecin.
Une critique de la noblesse du XVIème siècle qui passe son temps dans l’oisiveté, les plaisirs (peu d’allusions au travail dans le texte).

Texte situé à la fin de Gargantua : une conclusion qui rappelle les idées de l’humaniste Rabelais. Confiance totale en la nature humaine, pas question d’admettre des notions de pêché originel.

 

 

Ouverture : Dossier bac

L'Abbaye de Thélème : éducation idéale, c'est une utopie

Lettre de Gargantua à Pantagruel, chapitre VIII.

Pour travailler votre ouverture avec L'Abbaye de Thélème

LA LOGIQUE DU RENVERSEMENT DE RABELAIS

LE COUVENT DE LABBAYE DE THELEME EST LE CONTRAIRE DUN COUVENT NORMAL AU 16ème  SIECLE.

                                   Rabelais Gargantua

Dans labbaye de Thélème de Gargantua de Rabelais, intitulée « comment étaient réglés les thélémites à leur manière de vivre », lauteur nous donne limage dun monde à lenvers. Nous allons voir en quoi la logique du renversement de Rabelais sapplique au couvent de labbaye de Thélème, en quoi elle représente le contraire dun couvent normal.

Dans ce texte, il semble que lidéal thélémite néchappe pas à la logique du renversement. Ce passage nous montre à quel point ce couvent est le contraire dun couvent modèle. Cette inversion des règles qui régissent habituellement un couvent classique, traditionnel intervient dans la présentation de lanti-abbaye.

                            lanti-abbaye de Rabelais

Les vœux existent toujours mais ce sont des vœux de liberté qui se sont substitués aux vœux de piété, de fidélité et de sacrifice de soi. Nous remarquons lexacerbation de ce désir de liberté manifesté au sens dune absence totale de contrainte; Rien ni personne ne doit forcer, contraindre, obliger, ordonner. La liberté portée à son paroxysme domine plus que la vie quotidienne des thélémites; elle est devenue une quête indispensable, elle est lessence de la vie des thélémites. Ce qui  la caractérise et la fait être au point quelle fait de lindividu libre un individu vertueux.

                     Lindividu libre est un individu vertueux

Les qualités humaines et philosophiques découlent de cet état desprit, de cette exigence demblée posée de la liberté. Lidéal concrétisé de la  liberté engendre honnêteté vertu, honneur; les lois, les statuts et les règles qui gèrent le couvent normal au 16ème siècle sont bannies car elles sont synonymes dinterdits qui eux même sont la cause de frustrations diverses qui incitent à la débauche, à la violation de linterdit. Il y a une fatalité de la liberté comme il y a une fatalité de la privation de liberté.

                    La liberté comme obligation morale

La liberté est une obligation morale, « fais ce que voudras » pour être un thélémite; cette règle ne sapplique pas quau niveau individuel. Il faut supprimer tout ce qui pourrait rappeler les couvents ordinaires pour édifier lantithèse de labbaye. La liberté, ses exigences sont premières, elles sont lédifice de la communauté toute entière et porte l individu dans un premier temps puis la collectivité. Les vœux de sacrifice de soi, dhumilité, de modération, de renoncement aux biens terrestres, de spiritualité caractéristiques dun couvent normal ont disparu et laissé place à ceux de la luxure, du plaisir et du confort. Les hommes boivent, mangent exagérément et les plaisirs de la vie se multiplient, les hommes chassent les dames. Les plaisirs sont très aristocratiques mais la vraie noblesse nest plus de savoir « lire, écrire, chanter, jouer dinstruments harmonieux, parler cinq ou six langages, mais dêtre imprégnée de cet idéal de liberté car seul celui qui respecte la règle de liberté « fais ce que voudras » est un chevalier preux, galant, dextre, vigoureux et capable de manier les armes.

                                     Conclusion

Labbaye laisse progressivement la place à une sorte de château habité par des nobles  chevaliers et des dames. Linsouciance est une force car elle est le signe dun haut degré de liberté. La logique du renversement se manifeste également dans une certaine mesure par les vœux de mariage. On peut ainsi affirmer que lidéal thélémite orienté tout entier vers une totale liberté est perçu par Rabelais comme un idéal de bonheur.

Les questions possibles à l'oral

  • En quoi cet extrait nous donne t'-il l'image d'une société idéal utopique?
  • Montrez que la société idéale de Rabelais reflète son idéal humaniste
  • En quoi l'utopie Rabelaisienne est-elle humaniste?
  • La société utopique et humaniste de Rabelais vous semble t'-elle réalisable?

Questionnaire sur l'Abbaye de Thélème

  • I -Une société idéale
  • Quelles sont les exigences morales de la vie collective dans l'Abbaye?
  • Expliquez la devise "Fais ce que voudra"
  • Expliquez la liberté comme obligation morale
  • Expliquez l'individu libre est vertueux
  • Que traduisent les anaphores?
  • Quel concept de bonheur Rabelais défend t'-il?
  • Quelles sont les qualités sociales indispensables?
  • L'éducation est-elle une garantie de bonheur?
  • II/ Le contexte religieux
  • Comment la religion est-elle présentée?
  • A quoi est-elle associée?
  • Quels sont les voeux?
  • Peut-on parler d'un nouvel ordre religieux?
  • A quoi la notion de vertu est-elle associée?
  • Expliquez :
  • « nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons ce qui nous est refusé ».
  • III L’utopie
  • L’injonction « fais ce que voudras?» est-elle applicable?
  • Avoir l’obligation d’obéir n’est il pas ambivalent?
  • Que dénonce Rabelais?
  • Proposez une définition de l'utopie
  • Montrez que cette société idéale est utopique. Répondez en citant le texte
  • Montrez qu'il s'agit d'une utopie humaniste
  • Quels sont les idéaux humanistes défendus?
  • Ce texte vous semble t'-il répondre à la question : comment rendre l'homme meilleur?

chacun.

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  • Lettre de Gargantua à Pantagruel , François Rabelais :  Commentaire littéraire

  • 1532, Livre II, chapitre VIII

 

Les idéaux humanistes

Lecture du texte :

Pour cette raison, mon fils, je te conjure d'employer ta jeunesse à bien profiter en étude et en vertu. Tu es à Paris, tu as ton précepteur Epistémon : l'un, par de vivantes leçons, l'autre par de louables exemples, peuvent bien t'éduquer. J'entends et veux que tu apprennes parfaitement les langues, d'abord le grec, comme le veut Quintilien, puis le latin et l'hébreu pour l'Écriture sainte, le chaldéen et l'arabe pour la même raison; pour le grec, forme ton style en imitant Platon, et Cicéron pour le latin. Qu'il n'y ait aucun fait historique que tu n'aies en mémoire, ce à quoi t'aidera la cosmographie établie par ceux qui ont traité le sujet. Des arts libéraux, la géométrie, l'arithmétique et la musique, je t'ai donné le goût quand tu étais encore petit, à cinq ou six ans : continue et deviens savant dans tous les domaines de l'astronomie, mais laisse-moi de côté l'astrologie divinatrice et l'art de Lulle qui ne sont que tromperies et futilités. Du droit civil, je veux que tu saches par cœur tous les beaux textes, et me les commentes avec sagesse. Quant à la connaissance de la nature, je veux que tu t'y appliques avec soin : qu'il n'y ait mer, rivière ou source dont tu ne connaisses les poissons; tous les oiseaux de l'air, tous les arbres, arbustes et buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tout l'Orient et du Midi. Que rien ne te soit inconnu.

Puis relis soigneusement les livres des médecins grecs, arabes et latins, sans mépriser les talmudistes et cabalistes, et, par de fréquentes dissections, acquiers une parfaite connaissance de cet autre monde qu'est l'homme. Et quelques heures par jour, commence à lire l'Écriture sainte, d'abord en grec le Nouveau Testament et les Épîtres des Apôtres, puis en hébreu l'Ancien Testament. En somme, que je voie en toi un abîme de science : car maintenant que tu es un homme et te fais grand, il te faudra sortir de la tranquillité et du repos de l'étude et apprendre la chevalerie et les armes pour défendre ma maison et secourir nos amis dans toutes leurs affaires contre les assauts des malfaisants. Et je veux que rapidement tu mettes tes progrès en application, ce que tu ne pourras mieux faire qu'en soutenant des discussions publiques sur tous les sujets, envers et contre tous, et en fréquentant les gens lettrés, tant à Paris qu'ailleurs.

Mais parce que, selon le sage Salomon, la sagesse n'entre jamais dans une âme méchante, et que science sans conscience n'est que ruine de l'âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu, et en Lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et, par une foi faite de charité, t'unir à Lui de manière à n'en être jamais séparé par le péché. Prends garde aux tromperies du monde, ne t'adonne pas à des choses vaines, car cette vie est passagère, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable envers ton prochain, et aime-le comme toi-même. Respecte tes précepteurs, fuis la compagnie des gens à qui tu ne veux pas ressembler, et ne gaspille pas les grâces que Dieu t'a données. Et quand tu t'apercevras que tu disposes de tout le savoir que tu peux acquérir là-bas, reviens vers moi, afin que je te voie et te donne ma bénédiction avant de mourir. Mon fils, que la paix et la grâce de notre Seigneur soient avec toi. Amen.

D'Utopie, le dix-sept mars,

ton père, Gargantua.

Problématique :

  • Dans quelle mesure peut-on dire qu'il s'agit d'un projet d'éducation humaniste?

 

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Nous allons étudier la lettre VIII de Gargantua à Pantagruel, tirée de Pantagruel de François Rabelais (vers 1483-1553). Rabelais était un grand humaniste de la renaissance. Dans le but d’étudier l’idéal de l’éducation humaniste, nous étudierons dans un premier temps, l ‘éducation attentive de Gargantua pour son fils Pantagruel puis, en second lieu nous analyserons le parcours initiatique de cet enseignement pluridisciplinaire et religieux au sens d’une philosophie des vraies valeurs = une leçon de vie et un sens des valeurs.

I- L ‘éducation attentive de Gargantua pour son fils Pantagruel

1) A chaque cas, une façon d’enseigner mais le précepteur ne préconise pas un enseignement trop rapide et sans transition avec le précédent = « c’est pourquoi, mon fils, je t’admoneste d’employer ta jeunesse à bien profiter dans tes études . Tu es à Paris, tu as ton précepteur Epistémon ». La référence à la théorie et à la pratique est transcrite à travers les concepts de « doctrines » et « d’exemples » . La notion d’éducation renvoie à l’idée d ‘exclusivité, il s’agit de former les esprits sans oublier aucun aspect de l’étude ni théorique ou pratique.

2) L’importance attribuée  à l’élève est un des principaux traits de l’idéal humaniste en ce qui concerne l’éducation. Rabelais met en évidence les avantages liés à l’enseignement personnalisé. Comme dans les romans d’apprentissage, l’accès au savoir est inséparable d’un départ du héros. Pantagruel n’étudie pas dans les écoles d’Utopie, mais entreprend, pour satisfaire à l’ordre de son père, un tour de France des universités qui le mène finalement à Paris. Gargantua pour sa part ne se rend à Paris qu’après l’échec de l’éducation dispensée par les précepteurs sophistes, comme s’il ne pouvait réussir ses études que dans un nouvel espace. Le héros se libère ainsi de l’autorité paternelle immédiate. L’éducation semble extrêmement complète, elle comprend dans un premier temps, l’étude des langues, la grecque qui devra être maîtrisée et à partir de laquelle Pantagruel devra former son style en prenant Platon pour modèle, le latin comme seconde langue devra trouver son imitation en Cicéron, autre philosophie pris pour modèle de perfection parmi les penseurs de l’antiquité. L’hébraïque est présentée par Gargantua comme indispensable puisqu’elle n’est pas un outil linguistique mais le moyen d’approfondir et de perfectionner au niveau de la compréhension , l’écriture sainte. Les langues sont ensuite complétées par l’étude de la cosmographie, « qu’il n’y ait d’histoire que tu n’aies présente à la mémo vie, a quoi t’aidera la cosmographie ». Viennent ensuite « les arts libéraux, géométrique, arithmétique, musique … » nous avons une référence à l’ensemble des disciplines intellectuelles fondamentales divisées en deux cycles, grammaire, rhétorique,, arithmétique, musique, astronomie. Du droit civil, « les beaux textes » doivent être lus afin de pouvoir être rapportés à la philosophie. Ainsi, l’idéal humaniste de l’éducation est encyclopédique.

3) L’approfondissement est facilité car l’éducation n’est pas théorique mais vivante et directe. En effet, l’apprentissage est orienté par l’apprentissage de l’observation, l’étude empirique (basée sur l’expérience et l’observation) de la nature et du quotidien et complétée par les cours théoriques des sciences naturelles. Rabelais propose une éducation fondée sur la nature: « Quant à la connaissance des sciences naturelles… qu’il n’y ait mer, rivière, ni fontaine dont tu ne connaisses les poissons; tous les oiseaux de l’air; …que rien ne te soit inconnu » . L’étude de l’homme suppose l’étude et la relecture des livres de médecine = « Puis avec soin, relis les livres des médecins … et par de fréquentes dissections acquiers la parfaite connaissance de ce second monde qu’est homme »

4) La formation des esprits requiert cependant un enseignement religieux. Celui-ci doit être fait de façon autodidacte = « commence à apprendre les saintes. Écritures, d’abord du nouveau testament en grec et les Épîtres des apôtres, puis en hébreu l’ancien testament ». Gargantua doit un peu chaque jour s’imprégner des textes sacrés de façon à éveiller sa foi et sa réflexion sur dieu et la création. Il faut veiller à la profondeur d’une lecture pieuse. Tous les textes doivent faire l’objet d’une réelle compréhension, voire intellection.

5) Un entraînement à la guerre

Gargantua donne lui-même la formule du récit dans un passage de la lettre qu’il écrit à son fils pour l’exhorter à l’étude: « car maintenant que tu te fais grand, et que tu deviens un homme, il te faudra sortir de cette tranquillité et de ce repos consacré aux études, et apprendre la chevalerie et les armes, pour défendre ma maison, et secourir nos amis dans leurs débats contre les assauts des malfaisants ». Cet « assaut des malfaisants » prend la forme dans le Pantagruel, de l’attaque lancée par les Dipodes contre le royaume de Gargantua, l’Utopie. La guerre suppose le triomphe du droit sur la force, et le rétablissement de l’ordre.

On peut de ce fait affirmer que le souci humaniste est ici focalisé sur le développement du corps et de l’ esprit. La vie est un objet d’étude. On aspire a un savoir encyclopédique et le précepteur est le garant de cet enseignement particulièrement initiatique de façon pluridisciplinaire. Cependant l’éducation doit être une véritable leçon de vie et enseigner une philosophie des vraies valeurs.

II- La quête des vraies valeurs, la référence à Dieu

  S’élever à la sagesse de la religion, de la philosophie ou de la science suppose l’amour de Dieu et un certain esprit charitable. En effet, une âme mauvaise ne saurait s’ouvrir à la sagesse et « la science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Gargantua souhaite donc que son fils s’applique à « servir, aimer et craindre Dieu et mettre en lui » toutes les pensées et tous les espoirs par une « foi orientée par la charité ». L’éducation n’a donc de sens que pour autant qu’elle est orientée vers une certaine morale, une quête du bien. Bien dans l’enseignement ne peut servir l’esprit si ce dernier est tourné vers le mal. Un esprit éduqué doit par définition être un esprit croyant, charitable et par conséquent tourné vers le Dieu. Un homme éduqué est un homme de valeurs. Ces derniers sont imprégnés par le sens et la conscience d’une religion très éveillée avec l’amour, la charité que cela suppose, «sois serviable à ton prochain, quel qu’il soit, et aime le comme toi-même ». La morale  religieuse doit trouver ses applications dans la philosophie de la vie au quotidien.

Conclusion

Nous avons vu l’importance attribuée à l’élève, c’est un des principaux faits de l’idéal humaniste en ce qui concerne l’éducation. Nous avons une exigence de développement du corps et de l’esprit. Le savoir devient une valeur de référence. Cette prestation à s’élever à un savoir universel est humaniste. C’est une opinion selon laquelle l’homme pourrait tout savoir. Cette conception de l’éducation s’oppose à celle qu’avait Gargantua avant, avec les sophistes. Elle valorise le corps qui était pourtant considéré comme honteux à l’époque. On retrouve les principes humanistes selon lesquels on ne peut avoir un esprit bien formé sans un corps sain. La journée placée sous le regard de Dieu auquel Gargantua s’adresse dans la prière du matin et dans celle du soir, illustre l’idéal humaniste d’une relation harmonieuse entre la foi et la connaissance.     

 

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L'oral EAF

  • Quelles sont les problématiques possibles

  • Dans quelle mesure peut-on dire qu'il s'agit d'un projet d'éducation humaniste?
  • En quoi l'éducation attentive de Gargantua pour son fils Pantagruel reflète t'-elle une quête des vraies valeurs?
  • Montrez qu'il s'agit d'une éducation humaniste
  • Quelles sont les questions possibles?

  • I-
  • L'éducation attentive de Gargantua pour son fils Pantagruel
  • La notion d'éducation renvoie t'-elle à l'idée d'exlusivité?
  • Eduquer les esprits, signifie t'-il que les études soient tant théoriques que pratiques?
  • Cela est-il caractéristique de l'éducation humaniste?
  • L'enseignement est-il personnalisé?
  • Quel philosophe est-il pris pour modèle?
  • Pourquoi imiter Cicéron dans l'étude de la seconde langue?
  • L'idéal humaniste de l'éducation est-il encyclopédique?
  • L'apprentissage exclut-il le mode d'étude par l'empirisme? Quelle importance est accordée à l'observation?
  • En quoi consiste une éducation fondée sur la nature?
  • L'enseignement religieux est-il exclu ou inséré dans le programme? Comment doit-il être pratiqué? Citez pour justifier votre réponse
  • Expliquez : Cette phrase signifie t'-elle qu'un entraînement à la guerre est incontournable d'une bonne éducation?
  • « car maintenant que tu te fais grand, et que tu deviens un homme, il te faudra sortir de cette tranquillité et de ce repos consacré aux études, et apprendre la chevalerie et les armes, pour défendre ma maison, et secourir nos amis dans leurs débats contre les assauts des malfaisants??».
  • Conséquence : l'idéal de l'éducation humaniste allie t'-il l'esprit et le corps?
  • La vie de ce fait devient-elle un objet d'étude?
  • II-
  • La quête des vraies valeurs, la référence à Dieu
  • En quoi consiste la vraie sagesse? La sagesse de la religion? La sagesse par la philosophie? Ou de la science?
  • Que suppose l'accès à ces disciplines?
  • Tous les hommes peuvent-ils s'élever à la sagesse?
  • Par définition, un homme éduqué est-il un homme de valeurs?
  • La morale religieuse doit-elle trouver ses applications dans la philosophie de la vie au quotidien?

 

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RABELAIS

LA MAUVAISE EDUCATION 

 

Voici la méthode des précepteurs sophistes d’abord suivie par Gargantua, qui en

est devenu « fou, niais, tout rêveux et rassoté » avant d’être pris en charge par Ponocrates.

Il employait donc son temps de telle sorte que : il s’éveillait d’ordinaire entre huit

et neuf heures, qu’il fasse jour ou non. C’est ce qu’avaient ordonné ses anciens

maîtres, alléguant les paroles de David : C’est vanité que de vous lever avant la lumière.

Puis il gambadait, sautillait, se vautrait sur la paillasse un bon moment pour mieux

ragaillardir ses esprits animaux ; et il s’habillait selon la saison, mais portait volontiers

une grande et longue robe de grosse laine grège, fourrée de renard. Après,

il se peignait avec le peigne d’Almain, c’est-à-dire avec les quatre doigts et le

pouce, car ses précepteurs disaient que se peigner, se laver et se nettoyer de toute

autre façon revenait à perdre son temps en ce monde. [ ...]

Après avoir déjeuné bien comme il faut, il allait à l’église et on lui apportait dans un

grand panier un gros bréviaire emmitouflé, pesant tant en graisse qu’en fermoirs et

parchemins, onze quintaux six livres, à peu de choses près. Là, il entendait vingt-six ou trente messes.

À ce moment-là, venait son diseur d’heures en titre, encapuchonné comme une

huppe, ayant immunisé son haleine à coups de sirop de vigne. Il marmonnait avec

lui toutes ces kyrielles et les épluchait si soigneusement que pas un seul grain n’en tombait à terre.

Au sortir de l’église, on lui apportait sur un fardier à boeufs un tas de chapelets de

Saint-Claude, dont chaque grain était gros comme le moule d’un bonnet ; et en se

promenant à travers les cloîtres, les galeries et le jardin, il en disait plus que seize ermites.

Puis il étudiait pendant une méchante demi-heure, les yeux assis sur le livre, mais, comme dit le Comique, son âme était à la cuisine.

 

 

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LA BONNE EDUCATION

 

Gargantua s’éveillait donc vers quatre heures du matin. Pendant qu’on le frictionnait,

on lui lisait quelque pages des Saintes Écritures, à voix haute et claire, avec

la prononciation requise. Cet office était dévolu à un jeune page, natif de Basché,

nommé Anagnostes. Suivant le thème et le sujet du passage, bien souvent il s’appliquait

à révérer, adorer, prier et supplier le bon Dieu dont la majesté et les merveilleux jugements apparaissaient à la lecture.

Puis il allait aux lieux secrets excréter le produit des digestions naturelles. Là, son

précepteur répétait ce qu’on avait lu et lui expliquait les passages les plus obscurs et les plus difficiles.

En revenant, ils considéraient l’état du ciel, regardant s’il était comme ils l’avaient

remarqué la veille au soir et en quels signes entrait le soleil, et aussi la lune, ce jour-là.

Cela fait, il était habillé, peigné, coiffé, apprêté et parfumé, et pendant ce temps, on

lui répétait les leçons de la veille. Lui-même les récitait par coeur et y appliquait des

exemples pratiques concernant la condition humaine ; ils poursuivaient quelquefois

ce propos pendant deux ou trois heures, mais d’habitude ils s’arrêtaient quand il était complètement habillé.

Ensuite, pendant trois bonnes heures, on lui faisait la lecture.

Cela fait, ils sortaient, toujours en discutant du sujet de la lecture, et allaient faire

du sport au Grand Braque ou dans les prés ; ils jouaient à la balle, à la paume,

au ballon à trois, galantement s’exerçant élégamment les corps, comme ils avaient auparavant exercé les âmes.

Cependant, Monsieur l’Appétit venait et c’était juste au bon moment qu’ils s’asseyaient à table.

Au début du repas, on lisait quelque plaisante histoire des gestes21 anciennes, jusqu’à ce qu’il eût pris son vin.

Alors, si on le jugeait bon, on poursuivait la lecture, ou ils commençaient à deviser

ensemble, joyeusement, parlant pendant les premiers mois des vertus et propriétés,

de l’efficacité et de la nature de tout ce qui leur était servi à table : du pain, du

vin, de l’eau, du sel, des viandes, des poissons, des fruits, des herbes, des racines

et de leur préparation. Ce faisant, Gargantua apprit en peu de temps tous les passages

relatifs à ce sujet dans Pline, Athénée, Dioscorides, Julius Pollux, Galien, Porphyre, Oppien, Polybe, Héliodore, Aristote, Elien et d’autres.

 

L'institution des enfants, I, 26 : seconde partie de l'entretien

 


montaigne

 

Montaigne : Lecture cursive

Michel Eyquem de Montaigne, ou plus simplement Michel de Montaigne, né le 28 février 1533, au château de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne, mort le 13 septembre 1592 au cours d'une messe, dans la ville de Bordeaux en Gironde, est un philosophe sceptique, moraliste et homme politique français de la Renaissance connu pour ses Essais, tout premier ouvrage de ce genre de l'époque moderne.

 
 

montaigne
LE TEXTE :

Dans ce chapitre, dédié à Mme Diane de Foix, comtesse de Gurson, qui attend un enfant, Montaigne propose des directives pour l’éducation d’un jeune noble.

A un enfant de maison qui recherche les lettres, non pour le gain (car une fin si abjecte est indigne de la grâce et faveur des Muses, et puis elle regarde et dépend d’autrui), ni tant pour les commodités externes que pour les siennes propres, et pour s’en enrichir et parer au-dedans, ayant plutôt envie d’en tirer un habile homme qu’un homme savant, je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, et qu’on y requît tous les deux, mais plus les mœurs et l’entendement que la science ; et qu’il se conduisît en sa charge d’une nouvelle manière.

On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir, et notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât cette partie, et que, de belle arrivée, selon la portée de l’âme qu’il a en main, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant goûter les choses, les choisir et discerner d’elle-même ; quelquefois lui ouvrant chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle seul, je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour. Socrate et depuis Arcesilas faisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux. « Obest plerumque iis qui discere volunt auctoritas eorum qui docent. »

Il est bon qu’il le fasse trotter devant lui pour juger de son train, et juger jusques à quel point il se doit ravaler pour s’accommoder à sa force. A faute de cette proportion, nous gâtons tout ; et de la savoir choisir, et s’y conduire bien mesurément, c’est l’une des plus ardues besognes que je sache ; et est l’effet d’une haute âme et bien forte, savoir condescendre à ses allures puériles et les guider. Je marche plus sûr et plus ferme à mont qu’à val.

Ceux qui, comme porte notre usage, entreprennent d’une même leçon et pareille mesure de conduite régenter plusieurs esprits de si diverses mesures et formes, ce n’est pas merveille si, en tout un peuple d’enfants, ils en rencontrent à peine deux ou trois qui rapportent quelque juste fruit de leur discipline.

Qu’il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance, et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie. Que ce qu’il viendra d’apprendre, il le lui fasse mettre en cent visages et accommoder à autant de divers sujets, pour voir s’il l’a encore bien pris et bien fait sien.

Michel de Montaigne, Essais, livre I, chapitre 26

Version modernisée.

 

 

vision nouvelle de l’éducation : Une méthode pédagogique et non un contenu de connaissances

A. Qualités d’un bon précepteur

- Privilégie la formation de l’intelligence par rapport à l’accumulation de connaissances : « la tête bien faite que bien plein »

- Ne pas contraindre pas l’élève à répéter : « Qu’il ne lui demande pas seulement de lui répéter les mots de la leçon »  et « ce n’est que de redire ce qu’on nous a dit »

- S’adapte à son élève : « qu’il écoute », « en réglant l’allure de sa progression »

 Méthode nouvelle qui s’adapte à l’élève

B. Démarche pédagogique nouvelle

- « Qu’on fût soucieux de lui choisir un guide », « selon la portée de l’âme qu’il a en main », « qu’il écoute »

 Ecoute de l’élève qui est au premier plan

- On favorise la compréhension et la maîtrise du sujet : « pas seulement de répéter les mots (…) sens et leur substance », « qu’il lui fasse mettre en cent visages et accommoder (…) pour voir s’il l’a encore bien compris et fait sien »

+ Image de l’estomac -> métaphore culinaire

C. Une vision humaniste

- « étude des lettres »: sciences sont passées sous silence -> études humanistes

- Elève au cœur de tout « qu’il écoute son disciple », « selon la portée de son âme , « s’adapter à sa force »

 Dans les principes humanistes : homme au cœur de tout

- Education humaniste : concilie formation de l’intelligence et formation de l’esprit en privilégiant la formation morale. « d’en faire un habile homme qu’un homme savant », « plutôt la tête bien faite que bien pleine »  et « mais plus la valeur morale (…) que la science »

 La démarche proposée par Montaigne est humaniste

La vision de Montaigne sur l’éducation est une vision humaniste et nouvelle. Elle se base sur les qualités d’un bon précepteur que sont l’écoute et l’adaptation à l’élève, ainsi que sur les démarches pédagogiques nouvelles qui favorisent la compréhension par l’élève en enfin, cette éducation est fondée sur les principes humanistes qui placent l’homme au cœur de tout et qui privilégie donc son éducation, qui sera le fruit de l’homme qu’il deviendra. On peut donc rattacher cette vision de Montaigne à celle de l’humaniste Rabelais dans la lettre de Garguantua à Pantagruel, extraite de Pantagruel, où la vision rabelaisienne de l’éducation rejoint celle de Montaigne, exposée grâce à une argumentation solide, dans ses Essais.

 Botticelli primaveraBOTTICELLI «  LE PRINTEMPS  »

Ce tableau a été réalisé par Sandro Botticelli, XVe pour la famille Médicis. Inspiré par Florentin Ange Politien sur Vénus. Cette toile est caractéristique des peintures de la Renaissance. Nous y retrouvons l'inspiration antique et les personnages mythologiques comme Vénus, Mercure..; C'est une peinture allégorique qui mélange les figures allégoriques à la fois profanes et sacrées donc religieuses, chrétiennes.   

Botticelli célèbre la beauté de la femme tout comme Ronsard dans son poème Les Amours.

Ronsard

LES AMOURS

SONNET 90 «  SOIT QUE SON OR SE CREPE LENTEMENT  »

RONSARD 1552

POESIE DE LA RENAISSANCE

Soit que son or se crêpe lentement

Ou soit qu’il vague en deux glissantes ondes,

Qui çà, qui là par le sein vagabondes,

Et sur le col, nagent folâtrement  ;

Ou soit qu’un cœur illustré richement

De maints rubis et maintes perles rondes,

Serre les flots de ses deux tresses blondes,

Mon cœur se plaît en son contentement.

Quel plaisir est-ce, ainçois quelle merveille,

Quand ses cheveux, troussés dessus l’oreille,

D’une Vénus imitent la façon 

Quand d’un bonnet son chef elle adonise,

Et qu’on ne sait s’elle est fille ou garçon,

Tant sa beauté en tous deux se déguise 

 
Erasme


 

ERASME, ELOGE DE LA FOLIE, CHAPITRE LIV

Lecture du passage à présenter à l'oral


 

LIV

Aussitôt après le bonheur des théologiens, vient celui des gens vulgairement appelés Religieux ou Moines, par une double désignation fausse, car la plupart sont fort loin de la religion et personne ne circule davantage. en tous lieux que ces prétendus solitaires. Ils seraient, à mon sens, les plus malheureux des hommes, si je ne les secourais de mille manières. Leur espèce est universellement exécrée, au point que leur rencontre fortuite passe pour porter malheur, et pourtant ils ont d’eux-mêmes une opinion magnifique. Ils estiment que la plus haute piété est de ne rien savoir, pas même lire. Quand ils braient comme des ânes dans les églises, en chantant leurs psaumes qu’ils numérotent sans les comprendre, ils croient réjouir les oreilles des personnes célestes. De leur crasse et de leur mendicité beaucoup se font gloire ; ils beuglent aux portes pour avoir du pain ; ils encombrent partout les auberges, les voitures, les bateaux, au grand dommage des autres mendiants. Aimables gens qui prétendent rappeler les Apôtres par de la saleté et de l’ignorance, de la grossièreté et de l’impudence !

Le plus drôle est que tous leurs actes suivent une règle et qu’ils croiraient faire péché grave s’ils s’écartaient le moins du monde de sa rigueur mathématique : combien de nœuds à la sandale, quelle couleur à la ceinture, quelle bigarrure au vêtement, de quelle étoffe la ceinture et de quelle largeur, de quelle forme le capuchon et de quelle capacité en boisseaux, de combien de doigts la largeur de la tonsure, et combien d’heures pour le sommeil ! Qui ne voit à quel point cette égalité est inégale, exigée d’êtres si divers au physique et au moral ? Ces niaiseries, pourtant, les enorgueillissent si fort qu’ils méprisent tout le monde et se méprisent d’un ordre à l’autre. Des hommes, qui professent la charité apostolique, poussent les hauts cris pour un habit différemment serré, pour une couleur un peu plus sombre. Rigidement attachés à leurs usages, les uns ont le froc de laine de Cilicie et la chemise de toile de Milet, les autres portent la toile en dessus, la laine en dessous. Il en est qui redoutent comme un poison le contact de l’argent, mais nullement le vin ni les femmes. Tous ont le désir de se singulariser par leur genre de vie. Ce qu’ils ambitionnent n’est pas de ressembler au Christ, mais de se différencier entre eux. Leurs surnoms aussi les rendent considérablement fiers : entre ceux qui se réjouissent d’être appelés Cordeliers, on distingue les Coletans, les Mineurs, les Minimes, les Bullistes. Et voici les Bénédictins, les Bernardins, les Brigittins, les Augustins, les Guillemites, les Jacobins, comme s’il ne suffisait pas de se nommer Chrétiens !

Leurs cérémonies, leurs petites traditions tout humaines, ont à leurs yeux tant de prix que la récompense n’en saurait être que le ciel. Ils oublient que le Christ, dédaignant tout cela, leur demandera seulement s’ils ont obéi à sa loi, celle de la charité. L’un étalera sa panse gonflée de poissons de toute sorte ; l’autre videra cent boisseaux de psaumes ; un autre comptera ses myriades de jeûnes, où l’unique repas du jour lui remplissait le ventre à crever ; un autre fera de ses pratiques un tas assez gros pour surcharger sept navires ; un autre se glorifiera de n’avoir pas touché à l’argent pendant soixante ans, sinon avec les doigts gantés ; un autre produira son capuchon, si crasseux et si sordide qu’un matelot ne le mettrait pas sur sa peau ; un autre rappellera qu’il a vécu plus de onze lustres au même lieu, attaché comme une éponge ; un autre prétendra qu’il s’est cassé la voix à force de chanter ; un autre qu’il s’est abruti par la solitude ou qu’il a perdu, dans le silence perpétuel, l’usage de la parole.

Mais le Christ arrêtera le flot sans fin de ces glorifications : « Quelle est, dira-t-il, cette nouvelle espèce de Juifs ? Je ne reconnais qu’une loi pour la mienne ; c’est la seule dont nul ne me parle. Jadis, et sans user du voile des paraboles, j’ai promis clairement l’héritage de mon Père, non pour des capuchons, petites oraisons ou abstinences, mais pour les œuvres de foi et de charité. Je ne connais pas ceux-ci, qui connaissent trop leurs mérites ; s’ils veulent paraître plus saints que moi, qu’ils aillent habiter à leur gré le ciel des Abraxasiens ou s’en faire construire un nouveau par ceux dont ils ont mis les mesquines traditions au-dessus de mes préceptes ! » Quand nos gens entendront ce langage et se verront préférer des matelots et des rouliers, quelle tête feront-ils en se regardant ?

En attendant, grâce à moi, ils jouissent de leur espérance. Et, bien qu’ils soient étrangers à la chose publique, personne n’ose leur témoigner de mépris, surtout aux Mendiants qui détiennent les secrets de tous, par ce qu’ils appellent les confessions. Ils se font un crime, il est vrai, d’en trahir le secret, à moins toutefois qu’ils n’aient bu et se veuillent divertir d’histoires plaisantes ; ils laissent alors le champ aux suppositions, sans livrer les noms. N’irritez pas ces guêpes ; ils se vengeraient dans leurs sermons où ils désignent un ennemi par des allusions indirectes, mais que tout le monde saisit pour peu qu’on sache comprendre. Ils ne cesseront d’aboyer que si on leur met la pâtée dans la bouche.

Quel comédien, quel bateleur, trouverez-vous plus forts que ces prédicateurs, rhéteurs ridicules assurément, mais habiles à singer les usages traditionnels de la rhétorique ? Comme ils gesticulent, Dieux immortels ! Comme ils savent adapter la voix, et fredonner, et s’agiter, et changer successivement l’expression de leur visage, et à tout bout de champ s’exclamer ! Ces recettes pour prêcher sont un secret que les petits frères se passent de main en main.

Erasme

ERASME, ELOGE DE LA FOLIE, CHAPITRE LIV

Commentaire littéraire et oral EAF

 

Questionnaire sur Erasme, sa vie, son œuvre

Qui est Erasme ?

Erasme est le Prince des Humanistes, il tente de réformer l'église chrétienne tout en restant catholique. Il est la figure centrale de la Renaissance.

Quelle éducation Erasme a t'-il reçu ?

Il est issu d'une famille aisée qui a donné à Erasme une bonne éducation avant d'être confié à ses oncles après le décés de ses parents, morts de la peste , Erasme n'avait alors que 13 ans.

A t'-il connu la vie monastique ?

Oui, ses oncles décident de le faire entrer au couvent. Il garde des années de sa vie monastique, un goût amer pour les règles et le savoir reçu pendant cette période qu'il estime trop pauvre. Il remet l'enseignement en question.

Fait-il des études ?

Oui il fait des études sur Paris, des études de théologie

Quand rencontre t'-il Thomas More ?

Il fait la connaissance de Thomas More lors d'un voyage en Angleterre

Quel ouvrage Erasme dédie t'-il à Thomas More ?

Il lui dédie son ouvrage, L'Eloge de la folie.

Comment sera t'-il rendu célèbre dans toute l'Europe ?

Il sera rendu célèbre dans toute l'Europe en publiant une édition en 1516, une édition savante du Nouveau Testament.

Sur quel point Erasme est-il en désaccord avec Luther ?

Sur la question du libre arbitre de l'homme, idée défendue par Erasme et combattue par Luther.

L'Eloge de la folie

Quel genre d'ouvrage L'Eloge à la folie est-il ?

C'est un ouvrage assez court, écrit en latin, Encomium Moriae est le titre latin du livre. Il fut rédigé en un laps de temps assez bref, environ deux semaines en Angleterre.

Que met-il en scène dans ce livre ?

Il met en scène la folie et s'adresse directement au lecteur.

Que dénonce t'-il ?

Il dénonce le dogmatisme et l'absence de raison de son époque. Il fait une satire de la société.

Comment comprenez-vous le titre ?

C'est un petit traité dans lequel Erasme fait l'éloge de la folie mais on peut l'entendre comme un génitif subjectif et dire que c'est la folie qui fait un éloge = la folie fait son propre éloge. C'est une ambiguité qui appelle une lecture attentive. La moria = folie en latin est mise en scène dans le but de critiquer la société de son époque.

Erasme

Problématique :

Comment Erasme dénonce t'-il l'institution religieuse ?

Plan pour un commentaire littéraire

I – Une satire des institutions religieuses

II – Un réquisitoire

III – Un message évangélique

Erasme

Questionnaire sur le passage à présenter à l'oral :

De quoi est-il question dans le passage ?

Dans notre extrait Erasme fait une critique des moines. C'est une remise en question de la religion dont il a bien connu les Institutions puisqu'il a fait quelques années de couvent. Il a un esprit très critique vis-à-vis de la vie monacale.

I – Une satire des institutions religieuses

Comment Erasme prend t'-il de la distance par rapport à son texte ?

Par l'intermédiaire de la folie, la Moria prend la parole, c'est une prosopopée = le fait de faire parler une chose abstraite, ici la folie. Par cette mise en scène, Erasme prend du recul ce qui lui permet de critiquer de manière masquée, les moines avec ironie.

Que peut-on dire de la situation d'énonciation ?

C'est Moria qui parle. On a les indices de la première personne pour désigner la Moria « à mon sens », « grâce à moi ». La folie se porte garant du bonheur des moines « ils seraient à mon sens, les plus malheureux des hommes, si je ne les secourais de mille manières ». Les moines adhèrent sans le savoir à leur propre déraison, ce qui assure leur bonheur. Cette idée est encore renforcée de manière hyperbolique « mille manières ».

Quel jugement la folie a t'-elle sur le moines ?

Ils sont dans l'illusion, ils n'ont pas une vision juste d'eux-mêmes « ils ont d'eux-mêmes, ils estiment, ils croient, beaucoup se font gloire ». Le jugement est donc négatif.

Comment la catégorie sociale « des moines » apparaît-elle au lecteur ?

Cette catégorie sociale des moines est universellement détestée ainsi que le suggère la phrase « Leur espèce est universellement exécrée, au point que leur rencontre fortuite passe pour porter malheur ». L'adverbe de manière « universellement » permet de faire un portrait très dépréciatif des moines, à cela s'ajoute leur saleté qui ne contribue pas à les valoriser d'un point de vue physique 

« de la saleté et de l’ignorance, de la grossièreté et de l’impudence »

Qu'en est-il du portrait moral ?

Le portrait moral n'est pas non plus valorisant : « sans les comprendre, ignorance, grossièreté, impudence »

Quels sont les éléments représentatifs de la satire ?

La bêtise : ils ne comprennent pas ce qu'ils chantent, leurs psaumes

Ils ne savent pas chanter, « ils braient comme des ânes dans les églises ».

La comparaison renforce l'aspect dépréciatif de la critique des moines.

Ils ont la réputation d'être ignorants et bêtes.

Quelle est l'urgence pour Erasme ?

Ils doivent comprendre le sens des paroles de l'Evangile, la parole divine. S'ils restent dans leur ignorance, ils ne peuvent pas être considérés comme des fidèles de Dieu.

Relevez une métaphore qui montre qu'Erasme tente de déshumaniser les moines

« Ils beuglent aux portes ». Après la comparaison avec l'âne, ils sont à présent assimilés à des bovins = métaphore animale dépréciative. Mais les moines se croient malgré tout supérieurs.

Erasme

II Un réquisitoire

Comment l'art de convaincre se traduit-il chez Erasme ?

Erasme tente de faire appel à l'intelligence du lecteur. Il faut lire en exerçant sa raison :

« Aussitôt après le bonheur des théologiens, vient celui des gens vulgairement appelés Religieux ou Moines, par une double désignation fausse, car la plupart sont fort loin de la religion et personne ne circule davantage en tous lieux que ces prétendus solitaires. »

Peut-on parler d'une complicité avec le lecteur ? Citez pour justifier votre réponse.

Oui on peut parler d'une complicité avec le lecteur : Erasme se moque et invite le lecteur à en faire autant. On peut justifier de cela par les métaphores animales « ils braient, ils beuglent ».

Relevez un jeu d'antithèses

On peut citer : « Leur espèce est universellement exécrée, au point que leur rencontre fortuite passe pour porter malheur, et pourtant ils ont d’eux-mêmes une opinion magnifique. » = Les religieux sont ridiculisés et dans l'illusion

Autre antithèse :

« Appelés Religieux ou Moines, par une double désignation fausse, car la plupart sont fort loin de la religion » = Religieux et fort loin de la religion.

Cela crée t'-il une mise en scène burlesque ?

Oui, il y a une mise en scène burlesque, on peut citer les ânes qui chantent des psaumes par exemple. L'ironie est mise en avant avec le ridicule de la situation. On parlera d'une caricature des institutions religieuses.

L'ironie est-elle omniprésente ?

Oui, l'ironie est omniprésente « Aimables gens », « le plus drôle est que... », « Ils seraient, à mon sens, les plus malheureux des hommes, si je ne les secourais de mille manières. ». Erasme se moque et les moines ne se rendent pas compte qu'ils sont insensés. Le texte est plein d'exclamations qui renforcent la désapprobation de la folie.

Erasme

III - Un message évangélique

Les moines sont-ils retirés du monde ? Vivent-ils de façon isolés ?

En théorie oui mais en fait non car ils vivent en groupe « personne ne circule davantage en tous lieux que ces prétendus solitaires ». Ils sont toujours désignés par le pluriel et jamais par le singulier.

Devons-nous voir une critique du christianisme ?

Oui, il y a une critique du christianisme et un message évangélique. Nous notons un retour au texte sacré avec un accès à la lecture rendu plus facile par l'éducation. Cette exigence d'un savoir incontournable pour une bonne lecture des textes sacrés renforce l'ignorance des moines, « ils estiment que la plus piété est de ne rien savoir, pas même lire ».

Les comportements des moines sont-ils fidèles aux préceptes religieux ?

Non, ils ont de multiples règles mais elles ne sont pas en accord avec les préceptes religieux, ils tentent de « se différencier entre eux » alors que ce n'est pas l'essentiel. Ils oublient qu'ils sont chrétiens et accordent trop d'importance aux tenues vestimentaires bien loin des enseignements du Christ.

Les valeurs chrétiennes comme la charité, l'humilité, l'abstinence sont-elles respectées ?

Ils ne font pas preuve d'ouverture d'esprit compatible avec ces valeurs, ils sont « rigidement attachés à leurs usages ». L'étroitesse d'esprit les caractérise alors qu'il faudrait de la tolérance et de l'ouverture d'esprit. Même s'ils professent la charité, ils accordent en réalité plus d'importance à la querelle des costumes entre les ordres.

Ils ne sont pas chrétiens dans l'âme, ils ont un goût trop prononcé pour la bonne chair et ne font pas toujours preuve d'abstinence : «il en est qui redoutent comme un poison le contact de l'argent, mais nullement le vin ni les femmes ». L'image du péché domine, la dénonciation est ironique. La foi perd tout son sens et Erasme le rappelle au lecteur.

Comment s'élever dans ce cas à l'enseignement de Dieu ?

Puisque les institutions religieuses en sont incapables, il faut revenir à la Bible et avec la plus grande attention et la plus grande ouverture d'esprit, faire une lecture intelligente des textes sacrés pour prétendre s'élever à l'enseignement de Dieu. Un accès direct à l'enseignement divin est possible par l'éducation de l'esprit devenu autonome et critique.


 

Etienne de la boetie

 

 

 

 

La Boetie, Discours de la servitude volontaire

Etienne de la boetie

 

 

Questionnaire sur Etienne de la Boétie

 

Quand Etienne de la Boétie est-il né?

Etienne de La Boetie est né en 1530 en France

Quand est-il mort?

Il décède à 32 ans en 1563

Comment est-il devenu célèbre?

Grâce à Montaigne qui le nomme dans ses Essais

Quelle phrase bien connue caractérise l'amitié qui liait les deux hommes?

parce que c'était lui, parce que ctait moi .

A qui les manuscrits de La Boétie ont-ils été légué à la mort de ce dernier?

A Montaigne

Quelle réflexion intéresse La Boétie?

La question de la tyrannie. Il se pose la question de savoir pourquoi les hommes acceptent la domination d'un seul, d'un tyran

 

La Boetie, Discours de la servitude volontaire

 

Questionnaire sur le Discours de la servitude volontaire

 

De quoi ce traité parle t'-il?

De la servitude volontaire de l'homme qui accepte de se laisser dominer par un tyran. La Boétie tente de comprendre les raisons qui amènent le peuple à accepter l'asservissement.

Il se pose la question de savoir si c'est par bétise, par habitude ou par corruption.

Il envisage ensuite les stuctures de la société qui rendent possible la naissance d'un tel Etat.

Quelle est la solution proposée par La Boétie?

Pour La Boétie, il suffirait de ne plus obéir ni servir le tyran pour que la tyrannie cesse

A quel moment l'extrait étudié se situe t'-il dans le discours?

Il se situe après l'exorde et concerne le rapport de force entre le tyran et le peuple asservi.

Etienne de la boetie

 

Lecture du texte

Pour le moment, je desirerais seulement qu'on me fit

comprendre comment il se peut que tant d'hommes,

tant de villes, tant de nations supportent quelquefois

tout d'un Tyran seul, qui n'a de puissance que celle

qu'on lui donne, qui n'a de pouvoir de leur nuire,

qu'autant qu'ils veulent bien l'endurer, et qui ne

pourrait leur faire aucun mal, s'ils n'aimaient mieux

tout souffrir de lui, que de le contredire. Chose

vraiment surprenante (et pourtant si commune,

qu'il faut plutot en gemir que s'en etonner) !

c'est de voir des millions de millions d'hommes,

miserablement asservis, et soumis tête baissée, a

un joug deplorable, non qu'ils y soient contraints par

une force majeure, mais parce qu'ils sont fascinés

et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d'un

qu'ils ne devraient redouter, puisqu'il est seul, ni

cherir puisqu'il est, envers eux tous, inhumain et

cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes !

Contraints a l'obeissance, obligés de temporiser,

divisés entre eux, ils ne peuvent pas toujours être

les plus forts. Si donc une nation, enchainée par la

force des armes, est soumise au pouvoir d'un seul

(comme la cite d'Athenes le fut a la domination des

trente tyrans), il ne faut pas s'etonner qu'elle serve,

mais bien déplorer sa servitude, ou plutot ne s'en

etonner, ni s'en plaindre ; supporter le malheur

avec résignation et se réserver pour une meilleure

occasion a venir.

Nous sommes ainsi faits que les communs devoirs de

l'amitie absorbent une bonne part de notre vie. Aimer

la vertu, estimer les belles actions, etre reconnaissant

des bienfaits recus, et souvent meme reduire notre

propre bien-etre pour accroitre l'honneur et l'avantage

de ceux que nous aimons et qui meritent d'être aimés ;

tout cela est très naturel. Si donc les habitants d'un

pays trouvent, parmi eux, un de ces hommes rares

qui leur ait donné des preuves reiterées d'une grande

prévoyance pour les garantir, d'une grande hardiesse

pour les defendre, d'une grande prudence pour les

gouverner ; s'ils s'habituent insensiblement a lui

obéir ; si meme ils se confient a lui jusqu'a lui accorder

une certaine suprematie, je ne sais si c'est agir avec

sagesse, que de l'oter de la ou il faisait bien, pour le

placer ou il pourra mal faire, cependant il semble tres

naturel et tres raisonnable d'avoir de la bonte pour

celui qui nous a procure tant de biens et de ne pas

craindre que le mal nous vienne de lui.

Mais o grand Dieu ! qu'est donc cela ? Comment

appellerons-nous ce vice, cet horrible vice ? N'est-ce

pas honteux, de voir un nombre infini d'hommes, non

seulement obeir, mais ramper, non pas etre gouvernés,

mais tyrannises, n'ayant ni biens, ni parents, ni

enfants, ni leur vie meme qui soient a eux ? Souffrir

les rapines, les brigandages, les cruautes, non d'une

armee, non d'une horde de barbares, contre lesquels

chacun devrait defendre sa vie au prix de tout son sang,

mais d'un seul ; non d'un Hercule ou d'un Samson,

mais d'un vrai Mirmidon souvent le plus lache, le

plus vil et le plus effemine de la nation, qui n'a jamais

flaire la poudre des batailles, mais a peine foule le

sable des tournois ; qui est inhabile, non seulement

a commander aux hommes, mais aussi a satisfaire la

moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lachete ?

Appellerons-nous vils et couards les hommes soumis

a un tel joug ? Si deux, si trois, si quatre cedent a un

seul ; c'est etrange, mais toutefois possible ; peut-etre

avec raison, pourrait-on dire : c'est faute de coeur. Mais

si cent, si mille se laissent opprimer par un seul, dirat-

on encore que cest de la couardise, qu'ils n'osent se

prendre a lui, ou plutot que, par mepris et dedain, ils

ne veulent lui resister ? Enfin, si l'on voit non pas cent,

non pas mille, mais cent pays, mille villes, un million

d'hommes ne pas assaillir, ne pas ecraser celui qui,

sans menagement aucun, les traite tous comme autant

de serfs et d'esclaves : comment qualifierons-nous

cela ? Est-ce lachete ? Mais pour tous les vices, il est

des bornes qu'ils ne peuvent depasser. Deux hommes

et meme dix peuvent bien en craindre un, mais que

mille, un million, mille villes ne se defendent pas

contre un seul homme ! Oh ! Ce n'est pas seulement

couardise, elle ne va pas jusque-la ; de meme que la

vaillance n'exige pas qu'un seul homme escalade une

forteresse, attaque une armee, conquiere un royaume !

Quel monstrueux vice est donc celui-la que le mot de

couardise ne peut rendre, pour lequel toute expression

manque, que la nature desavoue et la langue refuse de

nommer

Etienne de la boetie

Problématiques possibles :

Comment La Boétie tente t'-il de persuader le lecteur des méfaits de la tyrannie?

En quoi ce discours est-il représentatif de l'humanisme?

Montrez en quoi ce Discours novateur s'adresse au peuple pour le persuader et le faire réagir

Plan possible pour le commentaire

I - La tyrannie : un paradoxe

II – Un discours qui s'adresse au peuple dans le but de persuader et d'indigner : Faire réagir le lecteur

III – Un texte représentatif de l'humanisme

Etienne de la boetie

 

I - La tyrannie : un paradoxe

Dans son discours La Boétie tente de persuader le lecteur et de mettre en avant le paradoxe de la tyrannie. Il s'étonne qu'un seul homme puisse réduire à la servitude des milllions d'autres. Son raisonnement est ensuite basé sur un exemple, le tyran qui assure la domination de manière temporaire en exercant un pouvoir “par la force des armes”. Sa critique du pouvoir ensuite admet une concession car il est normal de souhaiter qu'un homme dirige et ait le pouvoir. Il admet donc la suprématie mais remet en cause la nature de celle-ci. Vient ensuite la phase d'indignation : comment est-il possible qu'un seul réduise à la servitude des millions d'hommes alors qu'ils sont supérieurs en nombre, ils se laissent dominer par la force d'un seul. La Boétie situe le problème à régler = celui d'un pouvoir illégitime.

 

L'aspect paradoxal de la tyrannie se situe à ce niveau : les forces en présence sont disproportionnées, il y a le peuple donc la masse et un seul homme. Le peuple est donc plus puissant que le tyran et pourtant il est dominé ≪ tant d’hommes, tant de villes, tant de nations ≫, ainsi que le suggère la gradation ou l'effet d'insistance produit par cette phrase : ≪ si deux, si trois, si quatre ≫, ≪ si cent, si mille ≫, ≪ non pas cent, non pas mille, mais cent pays, mille villes, un million d’hommes ≫ et enfin ≪ mille, un million, mille villes ≫.

Cet aspect est donc renforcé par les gradations et hyperboles du texte, cela permet à La Boétie de bien situer le paradoxe de la tyrannie. Mais il y a un autre paradoxe car en fait le tyran n'est pas au pouvoir pour ses qualités de chef, bien plus, en fait il a plus de défauts que de qualités “hommeau”, “le plus lâche, le plus vil et le plus effeminé de la nation”. Il n'a pas les qualités d'un chef, les valeurs d'héroisme, de courage. Finalement, le tyran apparaît comme un homme médiocre et La Boétie le démasque pour laisser place à la réalité.

Quant à la servitude auxquels les millions d'hommes sont asservis, ils le sont de manière misérable. Ils acceptent un tel état de fait, “misérablement asservis”, “joug déplorable”. On retrouve le champ lexical de l'asservissement avec “servitude”, “tyrannisés”, “soumis à un tel joug”, “autant de serfs et d'esclaves”, “opprimer”. Il y a dans cet état d'esclavage, un état d'acceptation.

Questionnaire possible :

Le paradoxe de la tyrannie

Quel est le genre du texte?

Une déclamation : discours d'orientation argumentative

Quel est le raisonnement de La Boétie?

Relevez l'exemple, puis la concession utilisés dans la progression du raisonnement

A quel moment du texte se situe la phase d'indignation?

Sur quoi repose le paradoxe de la tyrannie

Quels sont les procédés littéraires utilisés pour mettre en avant ce paradoxe? Relevez les et analysez les

Quel portrait et quelle image, l'auteur donne t'-il du tyran? Citez le texte pour justifier votre réponse

Relevez le champ lexical de l'asservissement

Peut-on dire qu'il y a dans l'état d'esclavage, de servitude, un état d'acceptation? Expliquez

Etienne de la boetie

 

II – Un discours qui s'adresse au peuple dans le but de persuader et d'indigner : Faire réagir le lecteur

L'argumentation de La Boétie est très bien construite, il tente par ce discours adressé au peuple de persuader et de soulever l'indignation dans le but de faire réagir. Il interpelle le lecteur “Mais O grand Dieu! Qu'est donc cela? “, “Quel monstrueux vice est donc celui-là que le mot de couardise ne peut rendre pour lequel toute expression manque, que la nature désavoue et la langue refuse de nommer”? On peut souligner les rythmes ternaires qui scandent le texte.

Le tyran n'est pas un héros comme en témoignent les parallélismes de construction :“non d'une

armee, non d'une horde de barbares, contre lesquels

chacun devrait defendre sa vie au prix de tout son sang,

mais d'un seul ; non d'un Hercule ou d'un Samson,

mais d'un vrai Mirmidon souvent le plus lache, le

plus vil et le plus effemine de la nation, qui n'a jamais

flaire la poudre des batailles, mais a peine foule le

sable des tournois ;” Nous soulignerons “non d'une armée”, “non d'une horde”, “non d'un Hercule”, La Boétie fait preuve d'éloquence pour interpeler le lecteur et le faire réagir. Les procédés oratoires laissent transparaître la position de l'auteur qui n'est pas du côté du tyran contrairement à Machiavel. Mais pourquoi accepter cette situation de domination d'un seul sur des millions d'hommes? Le lecteur doit réfléchir à ce paradoxe.

Est-ce un vice? “cet horrible vice”? “Quel monstrueux vice”? Si on tente de comprendre la nature de cette servitude, il serait inhérent à la nature humaine, son côté sombre, un vice par lequel la nature humaine deviendrait inhumaine. Il tente de donner une portée morale à son discours. Ce ne serait pas propre à la nature humaine :

Aimer la vertu, estimer les belles actions, etre reconnaissant des bienfaits recus, et souvent meme reduire notre propre bien-etre pour accroitre l’honneur et l’avantage de ceux que nous aimons et qui meritent d’etre aimes ; tout cela est tres naturel ≫. En fait, la servitude n'est pas compatible avec la nature humaine qui doit susciter des sentiments d'honneur, de vertu, l'opprimé doit se lever contre cette servitude qui le réduit au vice de l'acceptation et de la paresse, il doit combattre pour éveiller les aspects riches de sa nature humaine car ≪ un Tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne ≫. Tout repose donc sur la volonté des opprimés. Il doit retrouver sa dignité et combattre le tyran en ne lui donnant plus les moyens d'opprimer. Refuser au tyran toute puissance, ne plus lui laisser cette puissance c'est dire non à l'aliénation d'un seul homme.

Questionnaire possible :

Montrez que l'auteur tente de persuader le lecteur

Comment l'interpelle t'-il? Citez le texte

Qui est l'ennemi contre lequel il faut lutter?

Quelles sont les accusations portées contre le peuple?

Qui donne le pouvoir au tyran?

Relevez quelques rythmes ternaires et quelques parallélismes de construction : quels effets ont-ils? Justifiez et expliquez

La Boétie adhère t'-il au point de vue de Machiavel?

La Boétie tente t'-il de faire réfléchir le lecteur?

Comment la nature de la servitude est-elle expliquée?

Quelle image La Boétie donne t'-il de la nature humaine?

Est-il optimiste?

Quelle solution propose t'-il pour sortir de la servitude?

Comment sortir de la servitude?

Il faut aller vers la désobéissance passive = analogie à Gandhi

 

Etienne de la boetie

III – Un texte représentatif de l'humanisme

Ce texte est représentatif de l'humanisme. On le voit dans un premier temps car La Boétie fait un retour au textes et enseignements anciens qui ont inspiré l'auteur. Il fait des références à L'Antiquité, nous en avons un exemple historique dans la tyrannie des Trente à Athènes.

Sa réflexion à porté philosophico-politique touche à la nature humaine dont La Boétie sait tirer le meilleur car il suffit à l'homme de faire valoir sa volonté pour ne plus être asserci. Nous pouvons donc affirmer que la Boétie a une vision très optimiste et positive de la nature humaine, l'homme est au centre de son discours et de ses préoccupations morales et intellectuelles, son discours oratoire place l'homme au centre de ses questionnements : on retrouve l'optimisme du courant humaniste;

La question religieuse se traduit par celle du pouvoir. Il va de soi que le tyran n'a aucune légitimité par même de Dieu, la foi n'est pas plus analysé que cela, mais l'urgence de libérer l'homme des superstitions, autre moyen d'asservir, est présente dans le texte.

Questionnaire possible :

Montrez que ce texte est représentatif de l'humanisme et en particulier de l'humanisme politique

Montrez en quoi la vision de La Boétie concernant la nature humaine est optimiste et confiante

Quelle place est accordée à la religion?

 

Conclusion :

Au terme de notre analyse, nous pouvons dire que La Boétie dans son Discours dénonce la paradoxe de la tyrannie en mettant en place de nombreux procédés oratoires visant à interpeler le lecteur pour mieux susciter l'indignation. Mais cette réflexion sur la politique et la pouvoir d'un seul fait du Discours de La Boétie un texte représentatif de l'humanisme encore d'actualité au XXIe siècle.

Ce texte nous apprend à devenir libre par la désobéissance passive.

Questionnaire :

Que nous apprend le texte?

Quel enseignement en tirer?

 

 

 

séquence


 

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