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Dénonciation de la guerre en poésie, descriptif bac

 

 

Agrippa d aubigne

 

 

Objet d'étude : Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen-âge à nos jours

 

 

 

 

La guerre vue par les poètes de l’Antiquité au XVIe siècle

 

Descriptif bac : série S

 

Dans l’Antiquité

 

Le thème de la guerre se trouve dans l'Iliade d'Homère. La guerre y est donc dénoncée . On peut citer Ulysse et sa femme Pénélope qui pour rester fidèle à l'être aimé fait et défait son oeuvre. Homère est le premier auteur de la littérature grecque, nous sommes en pleine période de la guerre de Troie. Homère est un poète. .

Eschyle, auteur grec, tragique, dans les Perses se réfère à la bataille de Salamine. Il y déplore de manière lyrique les malheurs de la guerre.

 

Eschyle, les Perses.

Eschyle, Les Perses, v. 532-549

Le Choeur (constitué des vieillards qui forment le conseil du Roi Xerxès)

Ô roi Zeus ! tu viens donc de la détruire, cette armée des Perses,

cette armée superbe, innombrable ! tu as plongé dans les ténèbres

du deuil les cités de Suse et d’Ecbatane3. Combien de mères, de

leurs faibles mains, déchirent leurs voiles et baignent leur sein

d’abondantes larmes ! Et les femmes perses qui espéraient revoir

les époux naguère associés à leur joug ! elles se livrent tout entières

aux tendres regrets. La couche aux molles draperies leur rappelle les

doux embrassements, ces jouissances de la jeunesse perdues pour

elles, et qu’elles pleurent en proie à une douleur inconsolable. Et

moi-même, le destin lamentable de ceux qui ne sont plus me pénètre

d’une sincère pitié. Tout entière aujourd’hui gémit l’Asie dépeuplée.

 

Au Moyen-Âge

 

Les thèmes guerriers se retrouvent au Moyen-âge avec la Chanson de Roland, aventures chevaleresques aux valeurs féodales, Chrétiens de Troyes, le Chevalier au lion, Lancelot. Nous allons étudier un extrait en lecture cursive de Charles d'Orléans “En regardant vers le pays de France”, texte dans lequel la paix est recherchée, chantée par le poète.

 

Le Dormeur du Val, (1870) Arthur Rimbaud

rimbaud

 

Lecture du poème :

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, lèvre bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

Octobre 1870

rimbaud

 

Première partie de l'entretien : le commentaire du sonnet

 

INTRODUCTION

rimbaud

 

Nous allons étudier une poésie D'Arthur Rimbaud, poète né en 1854 qui s'est fait très vite remarquer par la qualité de sa poésie et en particulier par ses vers en latin publiés dans la presse locale. Le sonnet étudié dans le cadre de notre étude s'intitule, Le dormeur du val, il fut écrit en 1870 pendant ses voyages et ses fugues. Il passe près des lignes allemandes et les scènes dont il est le témoin l'inspirent alors. Le Dormeur du val est un sonnet, deux quatrains et deux tercets, dans lequel le jeune écrivain tente de faire partager ce qu'il ressent. L'écriture poétique est ici au service du témoignage de l'homme face aux horreurs de la guerre et à l'injustice. Les mots sont au service de la dénonciation au nom du devoir de mémoire. L'homme ne doit pas oublier.

Annonce du plan

  • Introduction
  • I - Mise en scène de la poésie
  • 1 - Un sonnet traditionnel
  • 2 - Un effet de surprise
  • 3 - Suspense et mise en scène dramatique
  • Suspense
  • Tragédie du soldat mort : Inversion du titre et de la poésie
  • Description et mise en scène de la mort du jeune soldat
  • Transition
  • II - Une dénonciation de la guerre
  • La poésie au service de la dénonciation
  • Les fonctions de l'écriture poétique : la critique et la dénonciation de la guerre et de l'injustice
  • Conclusion
  • Ouverture
rimbaud

 

Problématiques possibles

  • Vous étudierez l'opposition entre le titre bucolique du sonnet et la tragédie de la mort du soldat.
  • Quelle est la place de ce poème dans l'itinéraire Rimbaud?
  • Quel est le message essentiel de cette poésie?
  • En quoi ce poème est-il une dénonciation de la guerre?

 

rimbaud

 

I - Une mise en scène de la poésie

 

1 - Un sonnet traditionnel

Nous sommes dès le début de la lecture en présence d'un sonnet tout à fait traditionnel, composé de deux quatrains et de deux tercets ou d'un sizain, décrivant un cadre de verdure, une nature vraiment accueillante, chaleureuse et harmonieuse. Ainsi, Rimbaud nous offre une lecture agréable dès le premier vers grâce au présentatif "C'est" qui nous projette malgré nous dans une atmosphère idyllique et confortable. La vie domine et la nature toujours personnifiée charme l'homme qui s'y perd. La description du val prend forme, la rivière "chante", vers 1, les "haillons" au vers 2, "la montagne fière"..., toutes ces personnifications font du val une sphère d'accueil charmante et charmeuse avec les contrastes nécessaires à l'idée que l'homme peut s'en faire. Nous soulignerons la présence d'un oxymore essentiel aux vers 2 et 3, "haillons d'argent". Il semblerait que tout dans la nature se réponde par le jeu des correspondances des sens, légèreté, effervescence, contradictions ou encore éveil de l'ouie et de la vue grâce au verbe "chante" du vers 1 et à "mousse" au vers 4, "qui mousse de rayons". Des effets de lumière sont rendus et accentués par le champ lexical : "argent", "soleil", "luit", "rayons".

2 - Un effet de surprise

Le deuxième quatrain nous offre l'image d'une nature protectrice et bienveillante qui accueille un soldat totalement étranger au décor naturel, en son sein. L'harmonie et la tranquillité ne sont pas troublées, "il dort", "il est étendu" serein et paisible dans les bras de mère nature, "son lit vert". Le tableau est toujours celui d'une resplendissante et verdoyante campagne aux couleurs chaudes, "cresson bleu", "lit vert" sollicitant ainsi les sens du lecteur et dans cette ambiance de fraîcheur, de couleurs, d'odeurs et de lumière, l'homme se repose paisiblement "dans le frais cresson bleu, sur un "lit vert où la lumière pleut".

3 - Suspense et mise en scène dramatique

Suspense

Un effet de supense est ensuite rendu dès le premier tercet par le poète qui volontairement met l'accent sur l'immobilité du jeune soldat dormant mais de manière reccurrente. On retrouve le même champ lexical du sommeil du deuxième quatrain, "il dort" apparaît de nouveau au vers 9 puis, "il fait un somme" au vers 10. Une progression vers le suspense au vers 11 "il a froid", inquiète le lecteur par son aspect insolite et contraire à l'harmonie et la légèreté d'une nature sereine et chaleureuse. Ce détail figure en fin de vers et renforce encore l'impression d'inquiétude. L'immobilité est à présent moins anodine, elle éveille la curiosité et soulève quelques doutes. Tous les éléments de la nature s'accordent avec le sommeil du jeune homme et pourtant le soldat ne s'accorde pas avec ces éléments, il reste insensible aux odeurs, il ne réagit pas aux couleurs, à la lumière, sa passivité est totale ainsi que le suggèrent les verbes dormir et faire un somme. Il est juste là," tranquille" dans l'indifférence la plus absolue.

Tragédie du soldat mort : inversion du titre et de la poésie

La lecture doit se poursuivre jusqu'au dernier vers du dernier tercet du sonnet avec l'euphémisme "il a deux trous rouges du côté droit" pour comprendre qu'il dort d'un éternel sommeil et que son dernier souffle appartient désormais à cette nature qui le berce tendrement. Le symbolisme prend son importance, la couleur rouge connote la mort, "trous rouges" et sa violence contraste avec les couleurs douces et chaudes du début de la poésie. Le trou de verdure renvoie à l'idée de tombe et la tranquillité à la paix du soldat mort. Nous avons donc une relation inversée entre le titre bucolique et la tragédie vécue par le soldat mort et il nous faut terminer la lecture du sonnet pour rendre explicite les termes suivants : "pâle", "étendu", "froid", "lit". Les connotations mortuaires ainsi suggérées et élucidées, nous voyons comment l'âme de ce jeune homme décédé des horreurs de la guerre survit au coeur de la nature immortelle.

Description et mise en scène de la mort du jeune soldat

L'inversion du titre de la poésie et de la situation tragique du soldat décédé dévoilée à la fin du sonnet nous fait penser à une réelle mise en scène de la mort de celui-ci. Tout contribue en effet à donner de l'ampleur à cette mort dont la seule responsable est la guerre. La relecture de la poésie nous fait penser à un tableau dont on s'approcherait peu à peu pour en découvrir les moindres détails qui nous auraient échappés jusque là. Tout se dessine de manière progressive : tout d'abord le val "le trou de verdure" au vers 1, vient ensuite une brève description du soldat dont nous ne connaissons rien sinon qu'il dort " bouche ouverte, tête nue", "la nuque baignant dans le frais cresson bleu", "il est étendu", enfin "il a la main sur sa poitrine", il a "deux trous rouges du côté droit". Il nous faut donc attendre le dernier vers pour comprendre que le jeune homme est mort et donner tout son sens au poème.

Cette mise en scène est encore accentuée par son effet pictural dans les couleurs et la lumière. Nous passons du bleu du cresson au vert de la nature qui connotent la vie et la chaleur de la campagne au rouge, sang associé à la mort, au froid. Le contraste se voit amplifié par le jeu des lumières qui créé une grande douceur en particulier aux vers 4 " le petit val qui mousse de rayons", vers 8 " la lumière pleut". Puis le contraste se renforce davantage, "il a froid", "berce le chaudement", "dans le soleil"

Transition :

Derrière l'apparence d'un sonnet traditionnel se cache une véritable mise en scène de la poésie et de la mort du jeune homme. Mais le lecteur doit en découvrir progressivement les différents indices afin de résoudre cette énigme poétique. Nous voyons que l'écriture se met au service de la dénonciation. Ce n'est pas n'importe quel jeune qui repose au coeur de ce petit trou de verdure mais un soldat en pleine jeunesse tué à la guerre. Par conséquent, derrière les vers se dessine une critique acerbe de l'injustice et de la guerre.

rimbaud

 

II - Une dénonciation de la guerre

 

1 -La poésie au service de la dénonciation

Les fonctions de l'écriture poétique : la critique et la dénonciation de la guerre et de l'injustice

Si la première lecture du sonnet nous renvoie l'idée d'un poème léger, agréable, charmant, la fin de la poésie force le lecteur a prendre conscience de la gravité de cet écrit poétique. En effet, Rimbaud, malgré son jeune âge utilise ses talents de poète et l'écriture poétique à des fins engagées. Il s'agit d'une dénonciation de la guerre et de l'injustice. On découvre à la fin de la poésie le jeune soldat mort, seul, sans vie dans une campagne et l'atrocité et le sentiment d'injustice dominent. Le sonnet prend son sens et invite à la réflexion. La relecture est en fait une interprétation

L'injustice est transcrite à travers la mort d'un homme qui n'est autre qu'un jeune soldat dont la guerre a pris la vie. On peut supposer qu'il n'avait pas un âge très éloigné de celui de Rimbaud ce qui intensifie encore l'impression de jeunesse sacrifiée au nom de la guerre, du combat, de l'idéal.... Rimbaud se sentait certainement concerné du fait de ses 16 ans et révolté des conséquences de cette guerre meurtrière. La mort devient omniprésente au point d'effacer le tableau bucolique et champêtre. Nous avons une véritable mise en scène de l'horreur. Le registre est tragique, la mort mise en scène.

La dénonciation de la guerre se fait très progressivement mais tout au long du poème : le soldat est tout d'abord "les pieds dans les glaieuls, il dort... souriant...", il est ensuite comparé à "un enfant malade" qui "fait un somme, qui " a froid" et enfin la chute à laquelle le poète nous prépare, "il a deux trous rouges".

Le titre après relecture peut surprendre, il n'est pas évocateur de la réalité retranscrite par l'écriture poétique. On peut cependant assimiler le dormeur au mort lorsqu'on a connaissance du sens profond et réfléchi du sonnet. Le dormeur du val est une dénonciation de la guerre perçue comme meurtrière et responsable de la mort de trop d'hommes et de trop de jeunes soldats. La guerre est par conséquent contre-nature. Le message est d'autant plus fort que la mort omniprésente contraste avec les connotations de la vie suggérées par la nature. Le jeune poète a su par l'intermédiaire de l'écriture poétique, dénoncer la guerre, les pertes humaines à travers le soldat du val.

rimbaud

 

Conclusion :

Le Dormeur du val reflète la grande maturité de Rimbaud qui a su malgré son jeune âge mettre l'écriture poétique au service d'une dénonciation de la guerre. Son état d'esprit déjà engagé pour les causes importantes transparaît à travers ce sonnet. La mise en scène fait de cette poésie un devoir de mémoire.

Ouverture :

La folie meurtrière et l'absurdité de la guerre sont également dénoncées par Rimbaud dans Le Mal.

Deuxième partie de l'entretien : l'oral préparé, questions et réponses en commentaire

rimbaud

 

Questions sur Rimbaud

 

  • Quand le Dormeur du val fut-il écrit?
  • Quelles sont les dates de Rimbaud ?
  • A quelle période de sa vie cela correspond t'-il?
  • Quel était le contexte historique?
  • Quel âge Rimbaud avait-il?

 

rimbaud

 

Questions sur le poème en fonction du plan du commentaire :

I -

1 - Un sonnet traditionnel

  • De quoi la poésie est-elle composée?
  • En quoi peut-on parler d'un sonnet traditionnel
  • Donnez la définition d'un sonnet
  • Que décrit ce poème?
  • Quel cadre avons-nous?
  • Que marque le premier vers?
  • Relevez le présentatif
  • Relevez une personnification
  • Comment la description du val prend t'-elle forme?
  • Sur quel aspect les personnifcations insistent-elles?
  • Analysez la correspondance des sens
  • Etudiez le champ lexical
 
2 - Un effet de surprise
 
  • Quelle image le second quatrain offre t'-il?
  • Citez pour justifier votre réponse
  • Quel élément étranger s'ajoute t'-il au décor naturel?
  • Quel est le champ lexical dominant?
  • L'harmonie et la tranquillité sont-elles troublées?
  • Quel tableau avons-nous?

 
3 - Suspense et mise en scène dramatique
 
Suspense
 
  • Que se passe t-'il dès le premier tercet?
  • Quel est le champ lexical?
  • Quel vers marque t'-il un contraste avec l'harmonie du cadre champêtre?
  • Comment le jeune soldat est - il perçu dans ce cadre si paisible ?
  • S'accorde t'-il avec les éléments de la nature?
 
Tragédie du soldat mort : inversion du titre et de la poésie
  • Analyez l'euphémisme du dernier tercet
  • Que comprenons-nous?
  • En quoi la violence de cet euphémisme contraste t'-ell avec le début de la poésie?
  • Etudiez la relation inversée entre le titre bucolique et la tragédie vécue par le jeune soldat mort
  • Relevez les connotations mortuaires

 

Description et mise en scène de la mort du jeune soldat

  • A quoi l'inversion du titre et de la situation tragique du soldat mort nous fait-elle penser?
  • Comment Rimbaud donne t'-il de l'ampleur à cette mort?
  • Qui est responsable du décés du jeune homme?
  • En quoi la relecture de la poésie nous éclaire t'-elle?
  • Comment la mise en scène est-elle accentuée?
  • Etudiez les effets de contraste
 
rimbaud

 

 
II - Une dénonciation de la guerre
 
La poésie au service de la dénonciation
 
  • A quelles fins Rimbaud utilise t'-il l'écriture poétique?
  • Quel est le sens de ce sonnet?
  • En quoi peut-on parler d'un écrit poétique grave?
  • Comment l'injustice est-elle transcrite?
  • En quel sens Rimbaud est-il concerné par la mort du soldat?
  • Peut-on parler d'une mise en scène de l'horreur?
  • Que pouvez-vous dire du titre?
  • Est-il évocateur?
  • Comment la guerre est-elle perçue dans ce poème?
  • Selon vous, cette poésie reflète t'-elle la maturité du poète malgré son jeune âge au moment de l'écriture du sonnet?
  • Peut-on parler d'un poème engagé?

 

 

Aragon

 

 

 

Aragon

 

Aragon, Le roman inachevé

La Guerre et ce qui s'ensuivit 1956

 

 

Louis Aragon (1897-1982)

Louis Aragon : Résistant communiste Français pendant la 2ème guerre mondiale et poète engagé

 

Le surréalisme

Mouvement littéraire et artistique de la première moitié du 20ème siècle qui prône des procédés de création particuliers en utilisant des forces psychiques comme l'automatisme, le rêve et l'inconscient.

André Breton écrit le 1er manifeste du surréalisme. Les 1ers surréalistes sont Aragon, Breton et Soupault pour ne citer qu'eux. Le surréalisme est issu du dadaïsme, mouvement de remise en cause du monde, de son ordre établi et du langage.

C'est chez Apollinaire que l'on voit apparaître pour la première fois le substantif «surréalisme».

Questions sur le surréalisme

  1. Proposez une définition du surréalisme

  2. Que prône le surréalisme?

  3. A quel mouvement s'oppose t'-il?

  4. Qu'est ce que l'écriture automatique?

  5. Qui a écrit le 1er manifeste du surréalisme?

  6. Qui sont les premiers surréalistes?

  7. De quel mouvement le surréalisme est-il issu?

  8. Chez quel poète voit-on apparaître pour la première fois le substantif «surréalisme»?

Questions sur Aragon

  1. Qui était Aragon?

  2. Il fut l'un des animateurs du dadaïsme parisien et du surréalisme avec André Breton, Paul Eluard et Philippe Soupault

  3. A quel mouvement littéraire appartient-il?

  4. Au surréalisme

  5. Citez trois de ses contemporains?

  6. André Breton, Paul Éluard, Philippe Soupault

 

Aragon

Situation du poème

Le roman inachevé est l'oeuvre d'Aragon, une oeuvre écrite en vers qui relate les expériences passées de l'auteur de manière lyrique.

La Guerre et ce qui s'ensuivit est une poésie sur le thème de la guerre de 1914. Aragon a fait la guerre comme médecin et dans cette poésie, un train est en route vers le front, il transporte des troupes.

 

Lecture du poème

 

[...] La guerre et ce qui s’ensuivit

On part Dieu sait pour où Ça tient du mauvais rêve

On glissera le long de la ligne de feu

Quelque part ça commence à n’être plus du jeu

Les bonshommes là-bas attendent la relève [...]

Et nous vers l’est à nouveau qui roulons Voyez

La cargaison de chair que notre marche entraîne

Vers le fade parfum qu’exhalent les gangrènes

Au long pourrissement des entonnoirs47 noyés

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles

Jeune homme dont j’ai vu battre le coeur à nu

Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus

Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille48

Qu’un obus a coupé par le travers en deux

Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre

Et toi le tatoué l’ancien Légionnaire

Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

Roule au loin roule train des dernières lueurs

Les soldats assoupis que ta danse secoue

Laissent pencher leur front et fléchissent le cou

Cela sent le tabac la laine et la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées

Fiancés de la terre et promis des douleurs

La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs

Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour

Arrêt brusque et quelqu’un crie Au jus là-dedans

Vous baillez Vous avez une bouche et des dents

Et le caporal chante Au pont de Minaucourt49

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit

Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places

Déjà le souvenir de vos amours s’efface

Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri.

 

Louis Aragon, « La guerre, et ce qui s’ensuivit », in Le Roman Inachevé.

 

Notes :

 

47. Entonnoirs : cratères causés par l’explosion des obus.

48. Manille : jeu de cartes.

49. Premiers mots d’une chanson dont les paroles ont été inventées par un soldat en 1914 et qui évoque une

tranchée, dans un lieu qui fut particulièrement meurtrier. C’est sur la commune de Minaucourt que se trouve

actuellement la nécropole nationale où ont été inhumés 21 319 soldats.

 

Aragon

Problématique :

Comment la révolte transparaît-elle dans ce poème?

 

Plan de la lecture analytique

Introduction à la poésie d'Aragon

Construction du poème

Le thème de la guerre : un voyage dans le temps

Actualisation de la guerre

Dénonciation de la guerre et de ses atrocités

Une guerre absurde

Des soldats condamnés

Les interlocteurs :

Invitation du lecteur au devoir de mémoire

Conclusion, ouverture

Les fonctions de l'écriture poétique

Un devoir de mémoire

 

Aragon

Introduction à la poésie d'Aragon

Aragon est étudiant lorsqu'il est mobilisé comme brancardier pendant la première guerre mondiale. Cette expérience le marquera à vie.

Dans ce poème, les soldats partent pour le front.

Dans les deux premières strophes, le poète s'adresse aux soldats, "tu n'en reviendras pas, toi qui courait les filles...". Le narrateur poète manifeste son affection pour les troupes ainsi que le suggère l'usage du pronom personnel "tu". C'est en tant que brancardier qu'Aragon assiste à la mort des soldats, il en est le témoin.

Justificatif de l'usage du futur : il connaît le destin des soldats : leur mort prochaine : « jeune homme dont j'ai vu battre le coeur à nu », « qu'un obus a coupé par le travers en deux ». Il n'oublie pas les blessés et les traumatisés de la guerre "les gueules cassées", "tu survivras longtemps sans visage sans yeux".

 

Départ du train vers le front : la destination semble inconnue, vers 1 "On part Dieu sait pour où". L'ambiance est amicale et fraternelle "les soldats sont assoupis, tranquilles en confiance pendant que le train roule vers la mort, il règne une certaine douceur comme le traduit l'allitération en S et l'assonance en Ou "Les soldats assoupis que ta danse secoue/ Laissent pencher leur front et fléchissent le cou/ Cela sent le tabac l'haleine et la sueur".

  • Questionnaire possible :
  • De quoi s'agit-il dans ce poème?
  • Quelle vision Aragon a t'-il? Est-il soldat? 
  • A qui s'adresse Aragon dans les deux premières strophes?
  • Quelle est la destination du train? 
  • Comment la douceur est-elle connotée? Citez pour justifier votre réponse

 

 

Construction du poème

La construction du poème régulier en quatrains et alexandrins respecte les règles classiques de la versification. Il est sans ponctuation

 

Le thème

Un double voyage : dans le temps et dans le train

Un départ en train, une destination douteuse "Dieu sait pour où" et "là-bas", "vers l'est". Le seul indice incertain que nous ayons est "la ligne de feu". Ce sont les indications des deux premières strophes. Dans les deux suivantes, la mort domine, le futur note la mort certaine des soldats "tu n'en reviendras pas". Ce voyage est le dernier, les combattants partent pour mourir sur le champ de bataille.

Le retour au présent des strophes 5 à 7 marque le voyage tranquille en train des soldats mais la mort transparait à nouveau dans la strophe 6 "vos jambes condamnées" ou encore " voir vos destinées". La dernière strophe suggère la fin du voyage et un retour au présent de l'écriture.

Ainsi les temps se mêlent aux tonalités tragique et pathétique, le thème de la mort est dominant, toujours implicite et marque la fatalité, ce contre quoi les combattants ne pourront pas lutter.

  • Questionnaire possible :
  • Quel est le thème du poème?
  • En quel sens peut-on parler d'un double voyage? 
  • Quels sont les indices relatifs à la destination du train dans les deux premières strophes? 
  • Quel thème domine dans deux strophes suivantes? 
  • Que marque le futur? 
  • Que traduit le retour au présent des strophes 5  à 7?
  • A quoi se rapporte la dernière strophe? 
  • A quel moment note t'-on un retour au présent de l'écriture? 

 

 

Aragon

Actualisation de la guerre

Nous notons la présence de plusieurs temps dans ce poème, le présent, le passé, le futur.

Le présent correspond au voyage dans le train mais c'est un temps présent passé en fait car le poète se rémémore de façon à réactualiser la guerre. Nous sommes aussi dans le présent de l'écriture pour un récit passé de son expérience de brancardier, de médecin des tranchées. Il témoigne des atrocités de la guerre "j'ai déchiré", "a coupé". Même la mort s'accorde au passé "pour avoir péri". La mort qui a déjà eu lieu se réactualise par le récit grâce au futur, « Tu n’en reviendras pas » = fatalité de la mort.

  • Questionnaire possible :
  • Comment la guerre est-elle actualisée? Quels sont les temps qui y contribuent?
  • Comment cela se traduit-il dans le poème? 
  • Sommes-nous dans le présent de l'écriture? 
  • De quoi le poète témoigne t'-il? 
  • La mort a t'-elle déjà eu lieu? 
  • Relevez la phrase qui annonce la fatalité de la mort

 

Dénonciation de la guerre et de ses atrocités

Une guerre absurde

Des soldats condamnés

La mort du front : elle est évoquée dans les deux dernières strophes; c'est la destinée des soldats.

Rime entre "destinées" et "condamnées"; le destin et aussi suggéré par la métaphore "fiancés de la terre".

"Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit, / Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places" = dernière strophe. Cette strophe est annonciatrice de la mort des combattants, on remarque la présence de l'anaphore "déjà" qui scande et appelle à la mort certaine. Il n'y a plus d'espoir : "Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri".

La guerre est évoquée à travers les soldats et le terme “front”. C'est par le thème du voyage dans le temps, le retour au passé et sa restitution par le présent de l'écriture que les sodats sont le mieux évoqués dans leur sort à venir, leur destin est joué : ils vont mourir.

« un mot d’or sur nos places », un « souvenir » qui « s’efface »...

Le lecteur est touché par le registre tragique de ces hommes et une note d'humanité renforce encore cet appel au sentiment et à la compassion

La dénonciation de la guerre est très clairement exprimée, les hommes ne sont plus que des “cargaisons de chair”, ils sont voués à la mort la plus certaine. L'absurdité de la guerre est mise en avant, elle est meurtrière, impitoyable mais si réelle, elle est la toile fond qui hante le destin de l'homme, elle l'habite et la prescience de la mort est omniprésente dans ce poème. La mort par la guerre frappe indiferemment le jeune soldat, le vieux “joueur de manille”, “l'ancien légionnaire”. Tous connaîtront le même destin. Tous seront soumis à la même tragique et mortelle condition de combattant : “tu n'en reviendras pas”.

C'est donc à travers la mort que la guerre est dénoncée, elle est injuste, elle est cruelle, elle est absurde, elle frappe tout le monde, elle détruit l'homme, « les gangrènes », « le coeur à nu » « coupé par le travers en deux », « sans visage et sans yeux », « Au long pourrissement des entonnoirs noyés »

  • Questionnaire possible :
  • Dans quelles strophes la mort est-elle présente?
  • Est-elle synonyme de fatalité et de destin?
  • Relevez une métaphore qui le suggère
  • Comment la mort des soldats transparaît-elle dans la dernière strophe?
  • Que traduit l'anaphore "déjà"?
  • Comment les soldats sont-ils décrits? Evoqués? 
  • Quels sont les registres présents?
  • Le lecteur est-il touché? Pourquoi? Expliquez. 
  • Relevez les termes forts caractéristiques de la dénonciation de la guerre
  • Comment la mort frappe t'-elle?

 

 

Les interlocteurs :

Invitation du lecteur au devoir de mémoire

Poète narrateur qui s'adresse aux soldats : il s'agit pour Aragon de rapporter un souvenir vécu à l'époque de la guerre, "je", vers 10 et 11, mais aussi "nous", vers 5 et 6 qui inclut les troupes de soldats.

Aragon n'est pas un soldat mais un brancardier, il sait déjà qu'il assistera à la mort des hommes courageux mais impuissants, ses compagnons de wagon vont mourir, c'est une fatalité, très peu reviendront. Aragon s'adresse donc aux soldats mais il se tourne également vers le lecteur, "voyez", qu'il invite à partager l'horreur de la scène. Il fait du lecteur un témoin de la guerre et fait de ce poème, un devoir de mémoire, il ne faut pas oublier les morts, les atrocités et les absurdités de la guerre meurtrière; 40 après, il faut se souvenir et rendre hommage.

  • Questionnaire possible :
  • Quels sont les interlocuteurs du poème?
  • Quelle est la position du lecteur? 
  • Citez deux autres poèmes sur le thème de la guerre
  • Rimbaud, le Dormeur du val. Desnos, ce coeur qui haissait la guerre. 
  • Dans ces deux poèmes, l'écriture poétique est mise au service de la dénonciation de la guerre. 

 

 

Aragon

 

Conclusion et ouverture sur la fonction de l'écriture

Fonction de l’écriture : le poète et l’écriture

- Libérer les maux par les mots : l’écriture a une fonction cathartique, libératrice de la souffrance

- Devoir de mémoire : immortaliser les disparus, les martyrs : sacralisation de l’écriture.

- Survivance des disparus grâce à l’écriture de la poésie : poète engagé : porte parole de l’humanité, missionnaire.


Charles d orleans

Lecture cursive

Texte : Charles d’Orléans « En regardant vers le pays

de France » (XVe siècle)

 

En regardant vers le pays de France,

Un jour m’advint, à Douvres11 sur la mer,

Qu’il me souvint de la douce plaisance12

Que soulois13 audit pays trouver ;

Si14 commençai de coeur à soupirer,

Combien certes que15 grand bien me faisoit16

De voir France que mon coeur aimer doit.

Je m’avisai que c’était non savance17

De tels soupirs dedans mon coeur garder,

Vu que je vois que la voie commence