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Baudelaire, 10 oraux EAF, les Fleurs du mal

baudelaire

 

 

 

 

Les Fleurs du mal à l'oral du bac de français.

Ce document vous propose 10 analyses littéraires et oraux EAF pour vous préparer à l'entretien sur les Fleurs du mal en oeuvre intégrale

Baudelaire, les Fleurs du mal

 

L'invitation au voyage : commentaire, questionnaire EAF

*** Oral EAF sur prépabac

baudelaire

 

 
 
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire

 

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
L'invitation au voyage
 
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
 
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.
 
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
 
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 

baudelaire

 

 

 

  • Problématiques possibles :
  • - Comment le thème du regard est-il associé à l’expression d’un sentiment amoureux?
  • - Comment le pouvoir de la femme s’exprime t'il sur le poète?
  • - comment Baudelaire évoque-t-il l’idée d’un refuge imaginaire et salvateur dans son poème ?
  • Plan de l'étude
  • I – Représentation d'un périple amoureux
  • A – Une déclaration d'amour passionnée
  • B – Analogie entre le pays et la femme

 

  • II – Description d'une contrée idyllique conçue selon les désirs du poète
  • A – Un décor somptueux
  • B – Un lieu idéal

 

  • III – Une promesse de voyage s'épanouissant dans le rêve
  • A – La mort sublimant l'amour
  • B – Dimension onirique du voyage

 

 baudelaire

 

 

 Commentaire et oral EAF

Toutes les réponses sont dans le commentaire

 
Charles Baudelaire, poète français de la seconde partie du 19eme siècle, considéré comme précurseur du mouvement symboliste, est en réalité nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, à la croisée entre le Parnasse et le Symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe ainsi une place qui lui est propre dans l'histoire littéraire du XIXe siècle. Au fil de ses voyages et de sa vie de dandy parisien, il écrit en 1857 Les Fleurs du Mal, œuvre majeure et unique recueil en vers du poète alors âgé de 36 ans. Ce Recueil lui a valu le scandale d’un procès ainsi que la censure de 6 poèmes retirés pour cause « d’immoralité ». Malgré une seconde édition, Baudelaire se sent incompris par le public et rejeté par la société. Il faudra attendre la mort du poète, en 1867, pour que le livre rencontre le succès et soit reconnu comme un véritable chef d’œuvre. Les Fleurs du Mal, tendent à exprimer la tension entre l’expérience amère et mélancolique du Spleen et l’exaltation du rêve et de la beauté incarnée par l’Idéal. C’est cette dualité qui représente le thème central de l’œuvre baudelairienne. En effet l’auteur est constamment à la recherche d’un idéal hors d’atteinte et cet échec provoque en lui un sentiment de Spleen ainsi qu’un dégout d’être, des gens et de la vie en général. Cette dualité oppressant sa vie privée, imprègne également sa poésie remarquable jusqu’au titre de son recueil « Les Fleurs du Mal ». Ainsi l’auteur dans son poème « l’Invitation au voyage » tiré de la section « Spleen et Idéal » du recueil « Les Fleurs du Mal » publié en 1857 invite sa bien-aimée à se rendre dans un lieu privilégié, un lieu idéal censé apporter remède et réconfort au poète qui lutte continuellement contre son Spleen. L’évasion par le voyage constitue alors le désir du poète à atteindre le bonheur qu’il recherche désespérément et se classe ainsi dans sa quête de l’idéal. Nous nous demanderons alors comment Baudelaire évoque-t-il l’idée d’un refuge imaginaire et salvateur dans son poème ? A posteriori de la représentation d’un périple amoureux, Baudelaire décrit une contrée idyllique conçue selon ses propres désirs mais se trouvant n’être au final qu’une promesse de voyage s’épanouissant dans le rêve.
 
I. Représentation d’un périple amoureux.
 
a. Une déclaration d’amour passionnée.
 
- La première strophe est un appel en même temps qu’une invocation. C’est une prière adressée à une femme désignée par deux vocables « Mon enfant, ma sœur ». Le premier désigne la tendresse pour une personne fragile à protéger; le second évoque le respect chaste, la complicité, et la douceur. - Ces deux qualificatifs donnent au poème une coloration mystique, et connotent d’un amour spirituel. - L’expression de son affection pour cette femme se trouve en outre renforcée par la reprise anaphorique du verbe « aimer ». - De plus, l’auteur invite cette femme à voyager a ses cotés dans un lieu qui pourrait les réunir « vivre ensemble ». Les deux amants pourront ainsi vivre leur amour de manière fusionnelle.

I -  Questionnaire

A -

Donnez un tire à la première strophe

De quelle nature est-elle?

A qui la prière est-elle adressée?

Comment la femme est-elle désignée?

Que désignent les deux vocables?

Comment l'amour spirituel est-il connoté?

Comment son amour pour cette femme est-il renforcé?

Citez la poésie pour justifier votre réponse

Quel est le souhait du poète?

Relevez l'expression significative à cet égard

 
b. Analogie entre le pays et la femme.
 
- La femme aimée est d’autre part à l’image de la destination « au pays qui te ressemble » Plus précisément, le poète perçoit des correspondances entre son regard embué de larmes «de tes traitres yeux » et le paysage nimbé de lumière liquide « soleils mouillés » s- Cette eau évoque aussi celle d’une pierre précieuse le diamant dont la transparence laisse passer la clarté du regard « brillant ». - Ce sont en effet ces yeux qui ont envoûtés le poète tombé sous leurs « charmes si mystérieux ».

B -  Questionnaire

Expliquez l'expression poétique «au pays qui te ressemble»

Analysez les correspondances. Citez pour justifier

Quel est le symbole de «l'eau»

Quelle est la destination du voyage?

 
Transition : La destination du voyage se trouve donc être à l’image de la dulcinée du poète. Cependant, au fur et à mesure de la progression du poème, la présence de l’être aimée s’estompe au profit de la description d’un intérieur puis d’un port.
 
II. Description d’une contrée idyllique conçue selon les désirs du poète.
 
a. Un décor somptueux.
 
- La 2eme strophe propose un resserrement de l’espace. On entre dans la chambre qu’abriteraient les amants. C’est un lieu clôt ou règne la douceur. - Les lumières sont indirectes et tamisées ; elles sont constituées de reflets renvoyés par des « miroirs profonds » ou par des « meubles luisants ». Le cadre évoque alors l’amour sensuel. La décoration splendidement orientale est chargée de « riche plafond » et le mobilier de la chambre personnifiée permettrait au poète de retrouver le pays de ses origines

II -  Questionnaire

A -

Que suggère la seconde strophe?

Étudiez les lumières, leur jeu

Comment sont-elles mises en valeur?

Comment l'amour sensuel est-il traduit?

Quelle connotation la décoration a t'-elle?

 
b. Un lieu idéal.
 
- Par ailleurs le vers 38 évoque les flamboiements du soleil couchant en faisant miroiter deux couleurs somptueuses évoquant respectivement une pierre « d’hyacinthe » et un métal précieux « or » - Une fois de plus, le lieu idéal offre au regard sa beauté lumineuse et luxueuse. - Notons que l’«hyacinthe» est aussi une fleur (la jacinthe), l’odorat est alors discrètement convoqué, ce qui fait écho a la strophe précédente, riche de ses lourdes senteurs faites de « rares fleurs » et d’« ambre » qui dresse ainsi l’image d’un paysage exotique. - De surcroit, la contrée où doivent se rendre les amants est indéterminée, Baudelaire la désigne métaphoriquement par le « pays qui te ressemble » ainsi que des termes imprécis tel que « là », « là–bas », « pays ».Il ne donne pas plus de précisions concernant sa situation géographique et préfère donc laisser place au mystère. - Mais c’est dans le refrain que Baudelaire cite les 3 principales caractéristiques du lieu, évoquées le long du poème par le biais de divers champs lexicaux à savoir celui la beauté « charme », « splendeur »; celui du luxe et de la richesse grâce a « riche plafond », « or » et enfin celui de la sensualité a travers « volupté » et « désir ».

B - Questionnaire

De quoi le vers 38 est-il évocateur?

Qu'offre, au lecteur, le lieu idéal?

Décrivez le paysage exotique suggéré

Comment la contrée où doivent se rendre les amants est-elle suggérée?

Analysez et citez

Baudelaire laisse t'-il une place au mystère?

Étudiez le refrain

Qu'évoque t'-il?

Est-il important?

Expliquez et citez la poésie pour justifier votre réponse

Peut-on parler d'une promesse de voyage idyllique ou utopique?

 

Transition : Ce lieu s’esquisse donc comme le refuge idéal ou le couple pourrait s’évader loin des complications de la vie urbaine. Cependant cette promesse de voyage si idyllique et utopique pourrait progressivement s’évanouir dans le rêve.
 
III. Une promesse de voyage s’épanouissant dans le rêve.
 
a. La mort sublimant l’amour.
 
- Le poème par l’évocation de l’état de sommeil « le monde s’endort » établit une analogie avec la mort d’ailleurs citée en début de poème « Aimer et mourir ». L’auteur pourrait ainsi faire référence au trépas du couple - Cette journée représenterait alors symboliquement la vie humaine et la présence répétée du verbe dormir et de ses dérivés dans le dernier couplet pourrait évoquer par euphémisme la mort. -Le pays décrit se trouve donc être un endroit où les amants pourront vivre pleinement leur amour puis finir par s’éteindre conjointement.

III - Questionnaire

A -

Relevez le vocabulaire évocateur de l'état de sommeil

Montrez que par l'évocation de l'état de sommeil Baudelaire établit une analogie avec la mort

Relevez toutes les expressions et tous les termes suggérant la mort

A quoi l'auteur fait-il allusion?

Quel est le symbole de cette journée?

Comment la mort est-elle évoquée dans le dernier couplet?

Quel est son sens?

 
b. Dimension onirique du voyage.
 
- Cet état de torpeur suggère donc l’aspect onirique du poème qui se trouve, de plus, être renforcé par l’emploi du conditionnel « décoreraient », « parleraient » qui fait allusion a des actions possibles mais encore irréalisées. - La forme du poème dégage, aussi, une douce harmonie qui favorise le rêve : la musicalité ainsi que le refrain du texte poétique lui confère le caractère d’une berceuse. - Enfin le poète invite sa compagne par un impératif « Songe » dont la magie onirique atténue la rigueur. Baudelaire confirme alors l’idée que le voyage n’est que rêve et illusion sortis se son imaginaire.

B -  Questionnaire

Comment l'aspect onirique s'impose t'-il?

Comment est-il renforcé?

La forme du poème favorise t'-elle le rêve?

Montez en quoi en étudiant la musicalité et le refrain

Etudiez l'impératif «songe»

Que marque t'-il?

Quelle est la conclusion de ce poème?

 
 
« Invitation au voyage » est un poème inspiré par Marie d’Aubrun, une actrice dont le poète s’est brièvement mais intensément épris. Baudelaire imagine alors un endroit ou ils puissent s’évader conjointement et vivre leur amour loin des ennuis et contingences de la vie urbaine. Ce poème qui ressemble à une berceuse s’achève sur le sommeil et la promesse de voyage s’épanouie alors dans le rêve. Ce chef-d’œuvre d’équilibre et de musicalité a été particulièrement affectionné par l’auteur qui décide de le réécrire en prose dans son recueil « Petits poèmes en prose » publié à titre posthume en 1869. Il a été mis en musique par Claude Debussy, Henri Duparc et plus tard par Léo Ferré.
 

baudelaire

 

Questions sur la conclusion:

 

Qui a inspiré cette poésie à Baudelaire?

Quelles sont les trois femmes qui ont marqué sa vie?

Sur quelle note le poème s'achève t'-il?

Peut-on parler d'un chef d'oeuvre?

Cette poésie a t'-elle fait l'objet d'une réécriture?

A t'-elle été mise en musique?

 

Ouverture:

 

Quête de l'idéal: par la sublimation

Ouverture possible avec Parfum exotique

 

verlaine

 

 

Dossier: le mythe du poète maudit : ressources gratuites de prépabac

 

*** Baudelaire : un poète maudit, petit dossier, complément d'étude pour l'oral du bac : L'albatros, la poésie du recueil qui reflète la condition du poète maudit

 

L'albatros

  • Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
  • Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
  • Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
  • Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

  • A peine les ont-ils déposés sur les planches,
  • Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
  • Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
  • Comme des avirons traîner à côté d'eux.
 
  • Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
  • Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
  • L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
  • L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

 

  • Le Poète est semblable au prince des nuées
  • Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
  • Exilé sur le sol au milieu des huées,
  • Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Problématiques possibles

  • Découvrez la signification allégorique du poète
  • En quoi cette poésie reflète t'elle la fonction du poète?

 

Commentaire de l'albatros pour vous faire une fiche bac

 

 

Quels sont les actes fondateurs?

  • L'article de Baudelaire sur Edgar A. Poe

  • Recueil de Verlaine

 

Citation: Balzac: «le malheur fait le poète»

Définition: Un poète maudit est un poète qui n'est pas connu de son vivant, qui est rejeté et peu apprécié par la société

Ex: Verlaine reconnu seulement après sa mort comme un grand poète. Il en va de même pour Rimbaud et Baudelaire

Lire la suite

 

 

baudelaire

 

 

Questions et réflexions personnelles:

 

Le poète maudit

Dossier complément d'étude

 

Définir «le poète maudit»

Quels sont les poètes maudits en littérature?

Pourquoi peut-on affirmer de Baudelaire qu'il est un poète maudit?

Quelle poésie tirée du recueil Les Fleurs du mal illustre le mieux, selon vous, la condition du poète?

Faire une petite fiche bac sur l'expression «les poètes maudits» avec des références précises et une synthèse de l'Albatros au sens où cette poésie reflète la condition maudite du poète

Faire une petite fiche bac sur les Fleurs du mal avec l'essentiel (structure du recueil, choix de poésies représentatives des thèmes de l’œuvre....)

 

 

Parfum exotique de Baudelaire : les Fleurs du mal

baudelaire

 

La poésie

  • Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
  • Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
  • Je vois se dérouler des rivages heureux
  • Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone;

 

  • Une île paresseuse où la nature donne
  • Des arbres singuliers et des fruits savoureux;
  • Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
  • Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

 

  • Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
  • Je vois un port rempli de voiles et de mâts
  • Encor tout fatigués par la vague marine,

 

  • Pendant que le parfum des verts tamariniers,
  • Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
  • Se mêle dans mon âme au chant des mariniers

 

baudelaire

 

  • Problématique :
  • En quoi la femme devient-elle le symbole d'une rêverie menant à l'idéal?
  • Plan de l'étude :
  • I - La sensualité de la rêverie
  • a) Un moment propice à la rêverie
  • b) La femme : inspiratrice du rêve
  • c) L’odeur de la femme
  • II. Le thème de l’exotisme et du voyage
  • a) Le voyage dans le poème
  • b) Un lieu de bonheur
  • c) Une évocation du paradis

 

baudelaire

 

L'étude et l'oral EAF :

Introduction

Les Fleurs du Mal sont inspirées par son amante Jeanne Duval (« la Chevelure »). Dans ce poème, parfum exotique, probablement écrit après son voyage dans l’océan Indien, le corps de la jeune femme est symbole de l’amour charnel et c’est aussi le point de départ d’une rêverie menant à l’Idéal.

Problématique :

En quoi la femme devient-elle le symbole d'une rêverie menant à l'idéal?

I. La sensualité de la rêverie

a) Un moment propice à la rêverie

- Le moment est choisi en «un soir chaud d’automne» (v.1). Cela connote un bien-être au vagabondage de l’esprit et à l’apaisement. La chaleur consolante comme celle du «sein» (v.2) féminin qui rappelle le sein maternel.

- Au vers 1, le rythme ternaire (3 parties dans le vers) produit un balancement berceur propice à la rêverie.

La répétition symétrique des structures syntaxiques («je respire» ; «je vois») montre que le poète est serein.

- Les «deux yeux fermés» (v.1) montre les conditions dans lesquelles se met l’auteur. C’est en contradiction avec «je vois» (v.3). Il voit donc par l’esprit et par l’imagination et non par la vue.

I - Questionnaire

a -

  • - En quoi le moment est-il propice à la rêverie?
  • - Quelle expression connote la rêverie et l'apaisement?
  • - Que pouvez vous dire du vers 2?
  • - Etudiez les structures syntaxiques
  • - Comment le poète se laisse t'-il aller à la rêverie?

 

b) La femme : inspiratrice du rêve

- Jeanne Duval le symbole de l’amour charnel est source de cette rêverie. Baudelaire évoque son inspiratrice (qui est aussi lectrice du poème) «ton sein» v.2 ; «ton odeur» v.3. La Femme est perçue de manière sensuelle voire érotique (il faut imaginer le poète plonger dans la poitrine, « le sein » de son amante) car les deux corps se mêlent.

- Les sens du poète sont mis en éveil. La femme exacerbe la volupté, elle est en correspondance avec le paysage, on retrouve de nombreuses analogies (ressemblances) entre la femme et le paysage. La femme a un parfum puissant comme le paysage («verts tamariniers», v.12). La puissance est visible par hyperbole «enfle la narine» et par les correspondances entre le «sein chaleureux» (v.2) et les «feux d’un soleil» (v.4).

B - Questionnaire

  • - Quelle femme, ayant marqué la vie de Baudelaire peut-être qualifiée de femme inspiratrice?
  • - COmment Jeanne Duval est-elle perçue?
  • - Quelles sont les deux autres femmes qui ont fait partie de la vie du poète?
  • - En quel sens la femme est-elle en correspondance avec les sens?
  • - Relevez et analysez les analogies

 

c) L’odeur de la femme

- Evocation de l'odeur dans le premier quatrain et dans le premier tercet

- L’odeur est le point de départ de la rêverie («se dérouler», v.3 ; «guidé par ton odeur vers», v.9). Les autres sens apparaissent au sein du poème. La vue (v.3) avec le champs lexical de la vue «voir» ; le goût (v.6) et l’ouïe (v.14).

- Il y a des synesthésies comme souvent chez Baudelaire, dernier tercet met sur le même plan les 3 sensations évoquées : vision, parfum et chant. L’odeur de la femme mène au bien-être et cette idée est renforcée ici par la richesse des rimes et par les paronomases (marine/narine ; tamariniers/ mariniers).

- Richesse sonore = amplification de la sensualité

C - Questionnaire

  • - En quoi l'odeur est-elle le point de départ de la rêverie?
  • - COmment les autres sens se manifestent-ils?
  • - Donnez la définition des synesthésies
  • - Relevez les paronomases du poème
  • - Que souligne la richesse sonore?

 

II. Le thème de l’exotisme et du voyage

a) Le voyage dans le poème

- La sensualité tient aussi au lieu imaginé pendant la rêverie (île paradisiaque).

- Les verbes de mouvement montrent la circulation au sein du poème. La construction du poème est révélatrice, car elle accompagne le poète dans son déplacement. On est d’abord en mer («rivages heureux», v.3), on longe les arbres de l’île puis on arrive au port.

- Le thème du voyage est concrétisé par la personnification «mâts tous fatigués» (v.10/11) ainsi que par le champ lexical marin «voiles, mâts». Ce lieu est lointain, séparé du monde du poète. Cette distance fait que c’est un lieu idéal et clos.

II - Questionnaire

-A -

  • - Comment traduisez-vous les sens possibles du mot voyage d'après cette poésie?
  • - Quel rapport la sensualité entretient-elle avec le voyage?
  • - Relevez la personnification
  • - Etudiez le champ lexical marin

 

b) Un lieu de bonheur

- L’île est un lieu idéal car le lieu du bonheur («heureux», v.3). Ce bonheur est lié à la lumière exprimée de façon redondante (v.4).

- Les hypallages «rivages heureux» (v.3) «île paresseuse» (v.5) montrent la générosité de la Nature, comme le présent d’habitude «donne» (v.5) ou la dispersion du parfum (v.13). Les enjambements et parallélismes (v.7) renforcent la vigueur de la nature.

- L’exotisme est visible avec «île» ; «tamariniers» montrant la rareté et les charmes inédits pour le poète («arbres singuliers» ; «franchise étonne»). Lieu imaginaire : mélange entre bien-être et indications imprécises

B - Questionnaire

  • - A quoi le bonheur est-il lié?
  • - Citez les expressions montrant la générosité de la nature
  • - Relevez un enjambement
  • - Relevez un parallélisme
  • - L'exotisme est-il synonyme de bonheur?

 

c) Une évocation du paradis

- L’île est un lieu paradisiaque car ça évoque le paradis biblique, l’Eden. Nombreuses sont les allusions qui y sont faites. Le «Fruit savoureux» rappelle le fruit défendu croqué par Eve, symbole de tentation. Le corps de l’Homme est mis en avant, ici mentionné par les caractéristiques physiques, qui revient a évoquer sa nudité. Le poète propose un retour à l’état originel où le bonheur est possible, où les instincts de l’homme s’épanouissent. L’Homme et la Femme y sont de plein-pied avec les arbres et les fruits (énumération à la strophe 2). Ils font partie d’une nature qui n’a pas encore été atteinte par le péché.

- «Monotone» (v.4) signifie qui est toujours le même, ne change pas. Ce lieu où les sens fusionnent permet une spiritualisation. Le dernier vers (odeur et son) est lié à l’âme du poète.

- Le voyage, trajet en plusieurs étapes, du corps de la femme aux sensations, des sensations à l’imaginaire, de l’imaginaire au spirituel. Les correspondances atteignent leur apogée : passage du sensoriel au spirituel. Le poète est passif, son âme est le lieu d’une contemplation qu’il subit.

C - Questionnaire

  • - Elucidez la notion de paradis en rapport avec "parfum exotique"
  • - Qu'évoque t'-il?
  • - A quoi fait-il allusion?
  • - Etudiez les connotations religieuses
  • - Donnez une définition de L'Idéal baudelairien
  • - Quel rôle les correspondances jouent-elles dans le concept de l'Idéal chez Baudelaire

 

Conclusion

« Parfum exotique » un des premiers poèmes de Baudelaire propose beaucoup d’aspects importants de la poésie

Le poète exprime l’Idéal qu’il rêve d'atteindre. Ceci ne peut se réaliser qu’en échappant au réel.

Il le fait par l’intermédiaire d’une rêverie guidée par les sensations dues au contact avec Jeanne Duval, son amante.

Il accède au monde des correspondances et à un lieu lointain et imaginaire : le paradis.

Ce rêve est un désir se traduisant par un langage poétique qui exprime l’harmonie, le calme, la douceur d’une vie à l’abri des intempéries et des conflits, contrairement à « l’Invitation au voyage ».

 

Elévation, les Fleurs du mal Baudelaire

baudelaire

 

Lecture du poème :
Elévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par delà le soleil, par delà les éthers,

Par delà les confins des sphères étoilées,

 

Mon esprit, tu te meus avec agilité

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,

Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

 

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;

Va te purifier dans l'air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

 

Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse

S'élancer vers les champs lumineux et sereins;


Celui dont les pensers, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes!

 

baudelaire

 

  • Problématiques possibles :
    - Etude comparative : en quoi peut on dire que cette poésie soit l'inverse de l'albatros?
  • - Montrez que l'élévation dont parle Baudelaire n'est qu'une élévation propre et relative à la création poétique
  • - Le poème est-il le signe d'une libération par le pouvoir du langage et de la création poétique?
    Plan de l'étude :
    Introduction
    I) Une élévation spatiale et spirituelle
  • a) éléments du titre
  • b) les effets du suffixe
  • c) tonalité heureuse, voire triomphante
    II ) Traces d'impuissance
  • a ) éléments de dissonances
  • b) but décrit sans être atteint
  • c) logique du symbolisme
    conclusion
  • Ouverture

 

baudelaire

 

Questions sur le poème en fonction du plan du commentaire

 

Analyse du poème :

Place privilégiée de ce poème car on est à l'ouverture du recueil , au tout début .

Composition : 5 quatrains d' Alexandrins à rimes embrassées Point de vue syntaxique = Q1-Q2= 1 phrase Q3= 1 phrase Q4-Q5= 1 phrase

Point de vue du sens = Q1-Q2-Q3= "je" s'adresse à son esprit " tu te mus " -impératif

Ensuite, Q4-Q5= absence de "tu" , on a "celui" = 3e me personne

baudelaire

 

I) Une élévation spatiale et spirituelle

a) éléments du titre

Elevation donne l'idée d'un axe vertical . L'idée d'une ascension en cours Dans son second sens , ce mot appartient à la messe, c'est le moment ou le prêtre lève l'hostie D'un côté, on a un vocabulaire qui relève de la géographie : au dessus par dela ... De l'autre, celui qui relève du spirituel " esprit", "purifier", "existence" " divine" " cieux "

I - Elévation spatiale et spirituelle :

questionnaire
Les éléments du titre

- Expliquez le titre

- Etudiez la composition du poème

- Relevez le champ lexical de l'ascension et les connotations religieuses

b) les effets du suffixe

-Ation = action en cours On a 1 dynamisme à l'oeuvre . Multiplication de verbes de mouvement, d'action ( tu te meus, élance, envole toi " En plus des verbes de mouvement, on a 1 multitude d' adverbes de lieux qui suppose un mouvement en train de se faire " par dessus " " par delà " "loin" "vers" - ordre des éléments: "vallées " , "montagnes " " bas " "nuages " " etang " " mer" "soleil " " sphères etroites " On a 1 logique = on va vers le plus haut, le plus infini, et le plus immateriel. La mer est donc à associer avec le mot "immensité profonde ". L'immatériel est représenté dans le 3 ème quatrain car il est question d'air qui est l'élement le plus léger, comme le feu . - Syntaxe en expansion = * Phrase 1= 2 quatrains enjambement syntaxique entre strophes . Extrême retard du noyau de la phrase qui n'arrive qu'au Vers 5 . -Q1= Au dessus + nom = hémistiche Par delà= 2 occurences= 1 hemistiche chacun 3 occurences = 1 vers entier - Q4 et 5 = Heureux = sub + pronom subordonnée relative celui = proposition subordonnée relative "dont" " qui plane" Sonorité= Dillatation par la diérèse Rythme = présence d'enjambement qui donne 1 sorte de respiration au poème

Les effets du suffixe : questionnaire  

- Etudiez le mouvement suggéré par le suffixe "ation".

- Relevez le champ lexical du mouvement et de l'action

- Quel rôle les adverbes jouent-ils?

- Evoquez la logique

- Dans quel quatrain, l'immatériel est il évoqué?

- relevez une coupure à l'hémistiche et un enjambement

c) Tonalité heureuse voire triomphante

Le mouvements de l'esprit est donc associé à la liberté et aux plaisirs . Liberté[ = Présente par l'agilité = présence d'1 aisance. On a 1 écho au V 18 avec l'expression " libre essor ".L'oiseau comme symbole de la liberté = topos Cette impression d'aisance et de facilité est renforcée par " un bon nageur " = pas de risque de noyade . Plaisir : * euphorie * exubérance *V6= " se pane ", "gaiement " " volupté= nous avons le vocabulaire du plaisir Association originale et heureuse du corps et de l'esprit et 1 atmosphère érotique . Ici "l'esprit " n'est cerné qu'avec des mots qui concernent le corps " bon nageur", " se pâmer" = émoi du corps . Il n'y a pas de mépris du corps . La sensualité ouvre à des extases prôche des expériences mystique . Cette dimension érotique heureuse est lisible dans "mâle / + eau ( symbole des femmes ) .

Tonalité heureuse, voire triomphante : questionnaire  

- relevez le champ lexical du plaisir, de la liberté

- Montrez qu'il y a association de l'esprit et du corps

baudelaire

 

 

 

II ) Traces d'impuissance

a ) éléments de dissonances Evolution de l'adresse du " je" à son esprit . Q1 et 2 : " tu te meus " " tu sillonnes " = pré de l'indicatif, phrase déclarative, constat . Q3 : " Envole toi " " Bois " = impératif, exhortation , quête spirituelle, espoir Q4-5: Rien Q3= injonction, élévation est née à conquérir Q4-5= " Je " exlu de l'élevation Plus le texte s’avance, plus se joue 1 jeu avec la quête spirituelle et l'élévation .

II ) Traces d'impuissance : questionnaire

éléments de dissonance

- Relevez et étudiez tous les éléments de dissonance dans les différents quatrains

b) but décrit mais pas vraiment atteint

Pourquoi un tel besoin d'élevation ?

* tenir l'existence prosaïque * " Heureux " celui qui peut s'élancer - signe de divorce entre l'artiste et la société Q3- 4= " s’élancer" + prendre 1 libre essor Toute cette métaphore de l'élévation aboutit à comprendre " sans effort le langage des choses . Les 2 derniers vers sont mis en relief par la présence du tiret et 1 seul point d'exclamation . " comprendre sans effort " = logique de la révélation, formule toute faite, renvoie à un topos Mise en abyme du titre " Les Fleurs du mal " = renvoie au travail poétique

But décrit sans être atteint : questionnaire

- Mise en abyme du titre les Fleurs du mal : montrez qu'en fait il renvoie à l'écriture poétique

- La seule libération permise passe t'elle par la création poétique, le langage poétique?

- En quel sens peut-on dire que les mots libérent des maux?

- Analysez l'effet libérateur et cathartique du langage poétique

- Etudiez le rythme

- Etudiez les comparaisons, relevez les

- En quoi les comparaisons mettent elles en valeur le monde de l'Idéal?

- Relevez le champ lexical de l'activité spirituelle

Logique du symbolisme :

Nous avons l'idée monde avec, derrière les apparences quelque chose que le poète doit faire. Adjectif " muette " et un echo du terme indicible qui apparaît au V8 et on a une dégradation entre indicible et muette . Indicible = connoté positivement , tellement beau qu'on ne peut l'exprimer Muette = incapacité, note négativement On trouve à la fin le mot le + antipoétique possible " chose " . Une opposition entre langage et muette est quelque chose comme un paradoxe . Ce dernier vers nous renvoie à la vision symbolique du poète déchiffreur du monde qui doit faire parler les choses qui ne parlent pas par elles- mêmes.

Logique du symbolisme : questionnaire  

- Comment comprendre le symbolisme?

- Montrez le paradoxe de la condition du poète, désarmé dans le monde concret (l'albatros) et pourtant supérieur dans la quête du monde Idéal grâce à la création poétique -

Etudiez le symbolisme de l'alouette/ poète : capable de s'élever et de retomber :

en quoi le poète est il un médiateur entre le ciel et la terre?

- Que marque le dernier vers?

- Le poète est-il un voyant, un déchiffreur du monde?
*** Rimbaud : analogie possible : le poète saisit l'indicible, l'ineffable, l'au-delà des choses, c'est un déchiffreur du monde, il se fait voyant. Le "je" créateur est "un autre".

baudelaire

 

Conclusion =

Texte important qui décrit la création poétique comme celle de la quête difficile de l'idéal . Il présente la tâche du poète comme étant celle d'un déchiffreur . Le titre apparaît plus comme un horizon à atteindre que comme une démarche , quelque chose d'accompli puisque bien qu'on soit au début du recueil qui pose les thème de l'idéal, le spleen est présent par les traces d'impuissance.

Ouverture :
poème inverse de l'albatros :

montrer en quoi L'albatros : le poète est infirme dans le monde de la réalité concrète. Par opposition, Elévation ainsi que le suggère le titre met en scène le mouvement d'élévation du poète qui vit dans un monde en proie aux contradictions mais il peut connaitre malgré tout une libération grâce à l'écriture poétique. Rôle de l'écriture poétique : libérer les maux par les mots : effet cathartique de la création poétique.

  

  Recueillement de Baudelaire

 
baudelaire
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
 
« Recueillement »
 
Lecture du poème :
 
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
 
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
 
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
 
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche
 
 
baudelaire
 
Analyse du poème :
 
Introduction :
Nous allons étudier un poème de Baudelaire paru en 1861, Ce sonnet parut pour la première fois en novembre 1861, dans ‘’La revue européenne’’, quelques mois après la deuxième édition de l'oeuvre baudelairienne, les Fleurs du mal. Ce poème est extrait de "Spleen et Idéal", ensemble de poésies exprimant le mal être du poète, son spleen.
Ce sonnet écrit en alexandrins décrit son malaise existentiel à travers son obsession du temps qui passe, son impuissance face à la fuite du temps, le tragique de la vie, la vieillesse et la mort comme fatalité, ce contre quoi l'homme ne peut rien. Le registre dominant est lyrique mais, ainsi que le suggère le titre "Recueillement", nous avons un certain nombre de connotations religieuses et mystiques. Le titre contraste avec l'état d'esprit de Baudelaire qui, à cette période de sa vie souffre de solitude extrême, il ne vit plus avec Jeanne Duval, Mme Sabatier ou Marie Daubrun. Le poète est désespéré, seul, en détresse et malade. Il tente à travers ces vers de restituer l'intensité de sa souffrance et de son désespoir.
 
Annonce du plan :
Dans un premier temps, nous étudierons la personnification de la souffrance avec la personnification de la douleur et son impression d'apaisement. Nous nous pencherons sur la notion de plaisir importante dans ce sonnet pour les oppositions et les effets de contraste entre le poète et la foule. En second lieu, nous analyserons le concept de mort au sens de souvenirs pour le poète puis par rapport à l'idée d'apaisement de la souffrance.
 
Problématique :
En quoi cette poésie reflète t'elle l'angoisse existentielle du poète?
 
Définitions : *Spleen : Malaise existentiel : Un état d'âme synonyme d'ennui, d'enlisement = Le mal baudelairien *L'idéal : L'anti-monde du Spleen : Le spleen se rapporte au temps. L'idéal se rapporte à l'instant.
 
baudelaire
 
I – Expression de la souffrance
 
1 – Personnification de la douleur
Le premier quatrain s'ouvre sur une personnification de la douleur à qui le poète s'adresse avec familiarité et complicité, il est désormais indissociable de la souffrance qui hante tout son être, ce qui justifie le possessif "Ma" pour évoquer sa douleur : "Ma Douleur". Le couple Douleur/Poète est encore accentué par l'apostrophe "O" ainsi que par la majuscule du nom "Douleur". Les impératifs sont essentiels à la mise en avant de la personnification "sois sage", "tiens toi". La douleur devient un personnage allégorique à qui Baudelaire s'adresse par crainte qu'il ne s'agite et éveille encore de torides souffrances, La souffrance semble impatiente, s'agite, torture, l'invitation à rester tranquille du poète l'apparente à un enfant à qui on demande de se calmer "tiens toi plus tranquille". Le poète s’adresse à sa souffrance comme à une personne en mettant ainsi en valeur la complicité et l’intimité qui les lient.
 
2 – Apaisement de la souffrance
De la souffrance exacerbée on passe dès le second vers à une douleur plus atténuée :
"Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici"
La personnification ou allégorie du "soir" donne l'impression d'un apaisement de la souffrance, elle est moindre en intensité. Le soir vient comme un sauveur, le rythme est lent, les sonorités étouffées, les temps du présent valorisent ce changement "il descend" par opposition à l'imparfait " réclamais" et au présentatif "voici". L'obscurité est là, le soleil a disparu, la douleur est de ce fait tempérée à présent et cette tempérance est encore soulignée par l'allitération en "s" :
« sois sage…tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici ».
La tombée de la nuit est perçue comme protectrice et valorisée par « obscure » et « enveloppe » qui connote la sécurité.
 
3 – Les effets de contraste
Les contrastes s'illustrent à travers les effets du soir sur la ville et gagent en densité avec l'allitération en "l", "enveloppe", "la ville", l'influence du soir se place dans le paysage urbain. Le vers 3 contribue à renforcer l'impression de brouillard, de flou :
"Une atmosphère obscure enveloppe la ville," L'hémistiche du vers 4 met en opposition deux catégories de personnes :
"Aux uns portant la paix, aux autres le souci."
Nous pouvons souligner la symétrie des hémistiches : "paix", "souci".
Baudelaire met en parfaite opposition la foule agitée à la tombée de la nuit prête à faire la ville et de jouir de tous les instants associés à la débauche de la fête nocturne et le poète qui au contraire, la jour tombé retrouve la sérénité et la paix. Les rapports opposés poète/ foule sont nettement marqués par les antithèses : "aux uns", "aux autres", "paix", "souci".
Dans le second quatrain, l'opposition se poursuit et la foule est cette fois dénigrée par Baudelaire. La foule anonyme est perçue comme insignifiante et insouciante, superficielle, légère ainsi que le mettent en évidence les termes péjoratifs "mortels", "multitude", "vile". C'est dans la plus grande solitude que le poète se plait à contempler cette déchéance de la foule en mal d'évasion le soir venu, tandis que le poète ressemble à l'homme égaré, perdu parmi ses semblables, le même et pourtant un autre.
La réflexion sur la condition humaine dans ses oppositions n'est pas sans rappeler l'évocation pascalienne du divertissement. Le poète retrouve la sérénité le soir lorsque la foule se perd dans la nuit et les plaisirs qu'elle lui offre cherchant à tout prix à fuir l'angoisse de l'existence, du moment, du temps qui passe. Le besoin de divertissement traduit sur le plan philosophique l'angoisse existentielle de l'homme cherchant un moyen d'y échapper, mais en vain, l'homme cherche en fait à travers le divertissement des plaisirs de la nuit à s'oublier lui-même dans sa mortelle condition. La fuite le tourne ainsi l'espace d'un instant par le jeu et l'alcool vers des illusions provisoires, des croyances fictives, un monde virtuel. Le poète trop conscient de sa condition ne cherche pas à lui échapper si ce n'est par l'écriture poétique comme moyen cathartique : soigner les maux par les mots. Lucide, il affronte l'impuissance face au temps et s'oppose radicalement en ce sens à la foule trop insouciante pour faire face à cette prise de conscience du tragique de la vie. Elle se tourne vers les plaisirs les plus divers. C'est dans la différence que le poète, Baudelaire, dandy aristocratique s'affirme, il se distingue du sens commun qui inconscient de la réalité devient victime de son plaisir ici personnifié en la personne du bourreau :
Pendant que des mortels la multitude vile, Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
l’homme devient esclave de son plaisir, »bourreau », « fête servile », « cueillir des remords ». Il y a rejet de la multitude vile mise pour la foule. Il y a dépravation, débauche, prolifération du mal avec la nuit complice. Le crépuscule du soir avait déjà condamné cette idée. La foule est perçue comme une multitude de mortels à fuir que le poète méprise de manière très hautaine au point de s'isoler de cette humanité sans consistance, insignifiante et malsaine. Plutôt que le divertissement, Baudelaire choisit "le Recueillement" car il refuse de céder à la loi du plaisir et du désir aliénants indignes de l'homme libre. Le ton devient de plus en plus sarcastique. On assiste à une réelle confrontation entre le bien et le mal, le pur et l'impur, la chair et l'esprit.
 
II – L’expression de la mort
 
1 – Les souvenirs du poète
Une nouvelle personnification apparaît dans le premier tercet, celle du passé. Son évocation semble apaiser le poète toujours en quête de sérénité. Il est en effet l'objet des requêtes dans les deux tercets. L'idée du passé évoquée "défuntes Années", est surprenante, elle est assimilée à des femmes vêtues de "robes surannées". Les regrets s'introduisent et donnent au concept une connotation négative. Le passé semble être un mélange de rêve et de réalité transposée. Sa résurgence dans la poésie ajoute à l'originalité de Recueillement. Le temps reste cependant très abstrait, le souvenir synonyme du passé est évoqué de manière métaphorique "Sur les balcons du ciel" et féminisée "en robes surannées". L'idée forte est celle d'apaisement malgré tout même si le Regret sourit, le lecteur garde en lui une impression de paix et d'harmonie renforcée par les allitérations en "i" du second tercet "s'endormit", "nuit" et les assonances en "on", "in" et "an" : "moribond", "long", "linceul", " traînant", " l'Orient", "entends". L'accalmie est ainsi rendue possible lorsque la nuit tombe et que le soleil se couche :
"Le Soleil moribond s'endormir sous une arche," "Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche."La paix intérieure revenue, le poète transcrit son état d'esprit en paix et pourtant, si la tranquillité de son âme renaît avec la nuit, les connotations mortuaires ne sont pas absentes. Nous avons dans le dernier tercet un amalgame de termes très étranges, l'Orient, pour ses connotations exotiques, La nuit pour la paix retrouvée et le "long linceul" pour la mort. Le coucher du soleil semble davantage s'apparenter à une métaphore de la mort.
 
2 – La mort : une délivrance
L'arche nous renvoie à l'idée d'une alliance avec Dieu. La mort et la tranquilité approchent lentement, "le long linceul", l'apaisement est quasi total ainsi que nous le suggère l'approche de la mort. Nous avons un oxymore "soleil moribond". La nuit avance à l'infini emmenant avec elle le poète et ses angoisses. Le repos recherché fait écho au spleen de Baudelaire. Le repos total serait la mort et la disparition du mal de vivre, totale sérénité. Il ressemble à une mort mystifiée qui marche lentement vers l'apaisement tant attendu. On peut ainsi affirmer que la mort devient synonyme de délivrance. L'Orient peut peut-être nous faire penser à un ailleurs, plein de promesses, une résurrection, une renaissance.
 
Conclusion
Le Spleen dans son opposition à l'Idéal sont les deux concepts forts des Fleurs du Mal. Baudelaire à mis l'écriture poétique au service de son besoin de libération. Nous dirons en ce sens que l'écriture est cathartique. Ce constat se vérifie dans tous les poèmes de Baudelaire dominés par l'angoisse, Satan, le Mal et l'aspiration vers Dieu et le Bien. D'une manière générale, nous dirons que le propre d'une poésie baudelairienne est d'être dominée par les contrastes, les opposés comme le Bien, le Mal, Dieu, Satan, le Spleen, L'idéal.
 

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Questions sur le poème en fonction des axes :

I - Une souffrance personnifiée

1 - Une exacerbation de la douleur

Que marque l’apostrophe « O ma douleur » ?

Comment la douleur déjà personnifiée est-elle encore intensifiée ?

Peut-on parler de complicité et d’intimité entre le poète et la douleur ?

Que marquent les impératifs ?

2 - Une accalmie de la souffrance

Quelles sont les idées qui reflètent l’apaisement de la souffrance ?

Que valorise le temps du présent par opposition à l’imparfait ?

A quoi le vers 2 fait il écho ?

Relevez une coupure à l’hémistiche et une allitération

3 - La notion de plaisir

Quel effet de contraste domine au dernier vers du premier quatrain ?

Décrivez l’opposition

Quel est le symbole de la « tombée de la nuit » ?

Relevez les expressions antithétiques

Comment Baudelaire perçoit il la foule ?

Relevez les termes péjoratifs

Montrez qu’on peut parler de divertissement au sens pascalien du terme

Comment l’angoisse existentielle se manifeste-t-elle ?

Que marque l’expression épicurienne « cueillez votre jeunesse » ?

Décrivez le jeu d’opposition entre le bien et le mal.

baudelaire

 

II - Le concept de mort omniprésent

1 – Le passé

A quel moment le passé est-il évoqué ?

Que connote-t-il ?

Que marque la métaphore « balcons du ciel » ?

En quel sens peut-on parler d’un amalgame de la réalité et du rêve ?

Le temps devient-il une notion abstraite ? En quoi ?

Relevez les allitérations et les assonances qui accentuent le sentiment de paix.

2 - La mort

A quel moment le concept « de mort » apparait il ?

Que met en parallèle le dernier tercet ?

Relevez le champ lexical de la mort.

Comment se traduit le spleen ?

Peut-on parler de « Mort mystifiée » ?

Montrez en quoi.

 

Chant d'automne, Baudelaire

**** Entretien préparé pour réussir l'oral du bac

- Chant d'automne a été publié en 1857 dans le recueil du " Spleen et Idéal " (Les fleurs du Mal) de Charles Baudelaire Fait de 7 quatrains, vers alexandrins, et rimes croisées. Chant d'automne est un chant plaintif

baudelaire

Chant d'automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

 

Tout l'hiver va rentrer dans mon être:

colère, Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire,

Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

 

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe

L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.

Mon esprit est pareil à la tour qui succombe

Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

 

II me semble, bercé par ce choc monotone,

Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.

Pour qui? - C'était hier l'été; voici l'automne !

Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

 

II

J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,

Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,

Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,

Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

 

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur! soyez mère,

Même pour un ingrat, même pour un méchant ;

Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère

D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

 

Courte tâche! La tombe attend - elle est avide !

Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,

Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,

De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !

 

Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Charles Baudelaire

baudelaire

 

  • Problématique :
  • En quoi cette poésie est-elle l'expression de l'angoisse devant le temps qui passe et l'approche de la mort?
  • Plan de l'étude :
  • I/l'expression de l'angoisse devant le temps qui passe et l'approche de la mort
  • 1)omniprésence du champ lexical de la mort et de ses métaphores
  • 2)de la réalité à l'hallucination
  • 3)prédominance des registres tragiques et pathétiques
  • II/les dérivatifs à la souffrance
  • 1)le sentiment amoureux ,la femme
  • 2)les vertus de l'écriture poétique

 

baudelaire

 

I/l'expression de l'angoisse devant le temps qui passe et l'approche de la mort

Dans ce poème Baudelaire décrit les éléments d'un paysage réaliste peut être mais aussi un paysage état d'âme dans la tradition du Romantisme.L'âme du poète est marquée par le sens du tragique de la condition humaine

1)

champ lexical de la mort:"funèbre ,tombe, succombe, cercueil; Adieu" plusieurs sortes de morts sont évoquées=>"une mort soudaine",'la mort des innocents" avec les béliers et la mort criminelle avec l'échafaud (thème de faute originelle)=>se situe dans la tradition religieuse chrétienne.

Métaphore de la mort: l'obscurité: "ténèbres, s'oppose à la clarté:"blanc" le froid ,la glace:"l'hiver" qui s'oppose à "l'été" Métaphore de la noyade:" plonger " Métaphore de la saison:l'été,l'automne,l'hiver Métaphore de la chute:(lien avec la culpabilité) pensée chrétienne =>elle est due au temps et à la mort

Enfer polaire : oxymore ; Vers 10 :

métaphore au vers 9 qui compare la mort d'une pendaison,

Ni le boudoir, ni l'âtre : Métonymie. -

Vers 19 et 20 : Baudelaire remet les pieds sur terre et laisse le spleen s'installer à la place de l'Idéal

  • I -  Questionnaire
  • 1 -
  • Comment les éléments du paysage décrits par Baudelaire sont-ils?
  • Comment pourrait-on qualifier ce paysage dans la tradition du romantisme?
  • Peut-on dire que l'âme du poète soit marquée par le sens du tragique de la condition humaine?
  • Quel est le champ lexical dominant? Citez pour justifier votre réponse
  • Quelles sont les différentes sortes de morts évoquées?
  • A quel thème "l'échafaud" vous fait-il penser?
  • A quelle tradition cela renvoie t'-il?
  • Relevez la métaphore de la mort et de la noyade
  • Relevez la métaphore de la saison et de la chute
  • A quoi cette dernière se réfère t'-elle?
  • Relevez un oxymore vers 10
  • Relevez une métaphore au vers 9
  • Relevez une métonymie
  • A partir de quels vers le spleen remplace t'-il l'idéal?

 

2)

caractère subjectif de la description

=>le grand nombre de "je" tout au long du poème place à l'évidence  la description au compte du poème

La vision et la perception auditive prennent un caractère obsessionnelle ,réccurent et sont marquées par la dramatisation . Les sensations auditives sont interprétées comme des signes prophétiques annonçant la fin  et le point de départ="coup de bois" (perception banale)=>tournure grave

Vers 9 Vers 13 "il me semble"=>subjectivité  - Bois=devient le bois de cercueil =<interprétation>énumération "c'était hier l'été voici l'automne "rythme ternaire vers 25 " la tombe attend"

  • 2 - Questionnaire
  • Quel est le caractère de la description?
  • Quels sont les indices reccurrents qui le prouvent?
  • Comment la vision et la perception auditive transparaissent-elles?
  • Montrez que les sensations auditives sont interprétées comme des signes prophétiques : citez pour justifier votre réponse
  • Que pouvez-vous dire des vers 9 à 13?
  • Relevez un rythme ternaire
  • Relevez une énumération

 

3)

La mort est le thème privilégié du registre Tragique et de plus Baudelaire renforce encore du tragique de plusieurs manières :il donne à celle ci un caractère mystérieux et insaisissable "en clou quelque part un cercueil ".

De même la mort ,il y a une sorte de personnification ou bien d ' animalisation de la mort "la tombe attend ,elle est avide" =>renforce la tragique Impuissance humaine face à la mort

Pour finir il y a un effet d’amplification on passe du "je " au "nous" ou au "on" ex:"nous plongeons" Le pathétique correspond à l'expression de la tristesse à la souffrance champ lexical :un certain nombre de mots évoque la douleur physique et morale ex:"amère ,frémissant" en même temps le lexique de la prière adressé à la femme

  • 3 - Questionnaire
  • Quel est le thème privilégié du registre tragique?
  • Comment le tragique est-il renforcé? Citez pour justifier votre réponse
  • Relevez une personnification ou une animalisation de la mort
  • Quel est l'effet produit?
  • Relevez et analysez l'effet d'amplification
  • A quoi le pathétique renvoie t'-il?
  • Relevez les termes qui connotent la douleur physique et morale

 

II/les dérivatifs à la souffrance

1)

L'amour plus fort que la mort  : présence d'une femme , particulièrement dans la deuxième partie du poème une femme en lien avec les saisons :couloir ,lumière,les lieux qui lui sont associés. une présence consolatrice,apaisante une figure plutôt maternelle un pouvoir malgré tout très incertain  : impuissance de l'amour à consoler.  vivre  la culpabilité du poète à son égard

  • II - Questionnaire
  • 1 -
  • Que se passe t'-il dans la deuxième partie du poème?
  • La femme est-elle en lien avec les saisons?
  • A quels lieux est-elle associée?
  • Citez trois adjectifs représentatifs et évocateurs de sa présence
  • L'amour paraît-il avoir un pouvoir consolateur absolu?

2)

un certain apaisement à l'issue du texte ,l'atténuation triomphe des valeurs positives sur les valeurs négatives du spleen:vers l’idéal transmutation:de la laideur ,extraite de la beauté mise en valeur des réussites poétiques du texte .

  • 2 - Questionnaire
  • Avons-nous, par la suite, un certain apaisement?
  • Quelles sont les valeurs dominantes?
  • Traduisent-elles plutôt le spleen ou l'idéal?
  • Quelles sont, selon vous, les réussites poétiques de Chant d'automne?

 

L'horloge de Baudelaire

Entretien préparé

séquence "poésie"

baudelaire

 

 

 

***Le memento mori

Memento mori est une locution latine qui signifie « Souviens-toi que tu mourras ». Elle désigne un genre artistique de créations de toutes sortes, mais qui partagent toutes le même but, celui de rappeler aux hommes qu'ils sont mortels et la vanité de leurs activités ou intérêts terrestres

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LXXXV - L'Horloge de Baudelaire

  • Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
  • Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
  • Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
  • Se planteront bientôt comme dans une cible;
  • Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
  • Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
  • Chaque instant te dévore un morceau du délice
  • A chaque homme accordé pour toute sa saison.
  • Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
  • Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
  • D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
  • Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!
  • Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
  • (Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
  • Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
  • Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!
  • Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
  • Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
  • Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
  • Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.
  • Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
  • Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
  • Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
  • Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Charles Baudelaire

 

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« l’horloge », les fleurs du mal de baudelaire

Introduction :

le passage irréversible du temps et la certitude de la mort sont deux sources d’angoisse les plus anciennes de l’humanité .C’est cette angoisse que Baudelaire essaye de nous communiquer. L’horloge est le dernier poème de la section spleen et idéal qui est une série de poèmes consacrés au temps comme l’ennemi et le goût du néant . Le thème du temps n’est pas nouveau c’est une hantise pour Baudelaire. Dans ce poème, le poète fait subir au temps un traitement original puisqu’il donne la parole au temps . il est fait de six quatrains en alexandrins, de rimes embrassées et une alternance entre rimes féminines et masculines. La composition est à l’image du temps puisqu’il y a 24 vers avec 24 heures

Problématique :nous verrons comment Baudelaire à travers la prosopopée de l’horloge parvient à évoquer les ravages du temps qui passe ?

Annonce du plan :

au delà de la présentation dramatique du temps qui sera l’objet de notre première partie nous étudierons ensuite la dimension tragique des combats entre l’homme et le temps pour la portée philosophique du poème

1) Une présentation dramatique du temps

A ) un discours polyphonique

Le poème commence par un vers d’invocation - l’horloge est brutalement apostrophée - Vers 1 « horloge » Discours à la première personne qui s’adresse à un être vivant car l’horloge est comparée à un Dieu - L’horloge parle aux hommes - Vers 2, le discours de l’horloge est menaçant il s’agie d’une prosopopée parce l’horloge parle Allégorie des diverses aspects du temps : horloge , seconde , maintenant , le temps - Tous conjuguent leurs efforts dans ce discours polyphonique pour rendre l’homme conscient de sa soumission au temps

B ) la présence obsédante du temps

 champs lexical

 l’horloge est à la fois humaine , divine , monstrueuse puisque une description fantastique est faite

 cette obsession se remarque par l’insistance sur les unités c'est-à-dire au vers 9 et au vers 14

 l’allitération au vers 9 ,10 en "S" essaye de nous faire entendre le murmure de la seconde

le rythme du vers 9 très saccadé en une syllabe mime les battements de l’aiguille d’une horloge

 durant tout le poème on a une référence au temps par l’utilisation du présent , passé , futur

 division jour, nuit - Le temps apparaît comme une obsession , se mélange de divisions temporelles , enferme l’homme dans des parcelles qui ne laissent aucun espoir à l’homme de s’échapper

c) La fuite du temps

Representée par : le symbole au vers 20 : qui montre l’écoulement du temps

 mais aussi par le mouvement des aiguilles

 à travers le vers 2 dont le doigt nous menace

 par l’évocation d’une existence rongée par le temps vers 7

 suggerée par l’évaporation v5 , v7

 le plaisir vaporeux groupe nominal et par les sonorités en z et v

 l’allusion aux coulisses qui est une partie du théâtre montre que l’homme joue la comédie de la vie et quand il retourne dans les coulisse il retourne vers la mort

 au vers 6 le rythme reflète le vertige du temps par son acceleration

 par la répétition du mot souviens toi

 des enjambements vers 10,11

 les adverbes tantôt , maintenant etc il y en a beaucoup, ils montrent les effets du compte à rebours

 Baudelaire ressent de la colère envers la fuite du temps, il reprend un paradoxe philosophique qui est que le présent n’existe pas dû à la vitesse du temps qui passe. La mort et le temps qui passe donnent à la condition humaine des dimensions tragiques.

 

2) La dimension tragique du combat entre l’homme et le temps et la portée philosophique du poème

A ) le temps : l’expression du destin

 fatalité : représenter par le futur annoncé d’un avenir sinistre . Le Poème met en scène un combat entre l’homme et le temps ( inquiétant ) .

 la gradation ‘ inquiétant ‘ d’adjectifs vers 1  l’horloge est comparée à un dieu

 les attribut de celle-ci sont « le doigt qui nous menace » , « sa loi est implacable »

 horloge effrayante vers 3

 progression inexorable du temps elle obéit à une loi mathématique vers 9

 au vers 11 : l’image de l’insecte traduit une activité sans relâche du temps Le temps est toujours vainqueur vers 16,17 parce que c’est un joueur et un monstre

 l’horloge est effrayant et prononce une sentence au dernier vers on retrouve cela dans les tragédies

 tout le poème fait penser à une tirade tragique

 c’est le temps qui à le dernier mot , c’est un combattant redoutable qui dicte la loi

B) L’impuissance de l’homme face au temps ,

une vision sombre de l’humanité

La condition humaine est sombre tragique , pessimisme D’après le poète l’homme vit dans un monde de souffrances, violence grâce aux champs lexical de l’oppression : menace, douleur Vers 3 et 4 le temps est un assassin , violent et l’homme une victime Le poème est encadré par l’expression de la mort L’horloge tueuse

 l’heure de ta mort - L’évocation de la mort au début et à la fin du poème enferme l’homme dans la mort mais le poète est libéré de celle-ci par le poème

C ) la portée universelle du poème

un poème universel

Le poète implique le lecteur et l’être en général

impératif , apostrophe

 portée universelle se voit à travers le pronom nous au vers 2 - Aux thèmes génériques , folâtre , morte

 par le fait que l’horloge parle toutes les langues

le mélange de registre familier et soutenu pour s’adresser à tous les hommes

Carpe diem seul réponse possible au temps il faut savourer chaque minute de la vie vers 14 et 15

Conclusion :

la question de la fuite inexorable du temps est traitée sous la forme d’une méditation, ou le poète nous communique son angoisse - il aborde un thème traditionnel qui est la vanité de la vie et la fuite du temps de manière originale. Il offre une image fragile de la vie à travers des images symboliques. Le poème est l’expression d’une angoisse et d’un espoir que le poète veut faire partager. Ronsard avait déjà écrit cet ancien thème il y a 3 siècles auparavant en faisant de la fuite du temps un argument de séduction en invitant Helene à profiter de la vie à l’époque du romantisme Lamartine évoque ce thème chez les romantiques la fuite du temps représente la nostalgie alors que chez Baudelaire elle représente une souffrance profonde. Face au temps il ne reste plus que l’œuvre de l’écriture qui traverse les siècles

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Questions sur la poésie en fonction du plan : Toutes les réponses sont dans le commentaire

  • Questions sur l’introduction :
  • Quelle angoisse Baudelaire tente t’-il de communiquer?
  • Dans quelle section le poème se situe t’-il?
  • Citez un autre poème consacré au temps et appartenant à la même section
  • Comment le poème est-il construit?
  • Etudiez la composition
  • Etudiez les rimes

 

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I -

A -

En quoi avons-nous un discours polyphonique?

Comment le poème s’ouvre t’-il?

A qui s’adresse le discours?

Comment l’horloge est-elle considérée?

Que peut-on dire du discours de l’horloge?

Définir la prosopopée

Analysez l’allégorie des différents aspects du temps

Quelle est l’intention de Baudelaire?

B -

Analysez le champ lexical de la présence obsédante du temps

Quelles caractéristiques donneriez-vous à l’horloge?

Comment l’obsession de Baudelaire se traduit-elle?

Relevez une allitération en « S »

Que souligne le rythme du vers 9?

Analysez les temps verbaux

Que mettent en évidence les divisions temporelles?

C -

Comment la fuite du temps est-elle représentée?

Que souligne l’allusion aux coulisses?

Comment le vertige du temps est-il suggéré?

Quelles sont les dimensions tragiques de la condition humaine évoquées dans ce poème?

Quel paradoxe s’exprime t’-il dans ce poème?

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II -

A -

En quoi le temps est-il l’expression du destin?

Comment la fatalité est-elle représentée?

Comment percevez-vous ce combat entre l’homme et le temps?

Relevez une gradation caractéristique à cet égard

Quels sont les attributs de l’horloge?

Comment le temps progresse t’-il? Justifiez votre réponse

Que traduit l’image de l’insecte?

Analysez le dernier vers

Peut-on dire qu’il s’apparente à une tirade tragique?

B -

Comment l’impuissance de l’homme face au temps se traduit-il?

Avons-nous une vision pessimiste et sombre de l’humanité?

Comment Baudelaire perçoit-il la condition humaine?

Justifiez en relevant le champ lexical

Quelle image avons-nous de la mort?

Comment le poète échappe t’-il à la mort?

Quelle est la fonction de l’écriture poétique?

C -

Peut-on parler d’un poème à visée universelle?

En quoi? Justifiez votre réponse

Relevez et analysez les indices qui permettent de répondre à la question de façon précise

Quelle est la seule réponse au temps?

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Conclusion :

Le thème abordé est-il traditionnel?

Est-il traité de façon originale?

En quoi?

Dans quelle poésie Ronsard avait-il déjà abordé la fuite du temps et la vanité de la vie?

Proposez une définition de la vanité

Retrouvons-nous ce thème chez Lamartine

 

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LXXVIII - Spleen, Charles Baudelaire, les Fleurs du Mal
Lecture du poème :

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.


Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire, 1857

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Plan de l'étude :

  • I - Le récit d'un combat :
  • La construction du poème
  • Double postulation
  • II - précisions sur la nature du spleen :
  • Etouffement et enfermement
  • Un combat intérieur
  • Conclusion
  • Ouverture

 

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  • Préparer l'entretien du bac de français : questions, problématiques, ouverture
    Problématiques possibles :
    Quels sont les enjeux et les particularités de ce poème?
  • En quoi cette poésie reflète t'elle la fuite du temps?
  • S'agit il d'un combat entre l'espérance et l'angoisse?
 

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Analyse du poème

Ce poème est extrait des Fleurs du mal publié en 1857. Vers la fin de la section "Spleen et idéal", quatre poèmes portent tous le même titre. Chacun présente un visage différent qui accable le poème. Le spleen se présente comme un malaise existentiel, ce poème mélange donc les conditions de celle-ci sur le physique et les sens. Afin de répondre à la problèmatique "Nous pouvons nous demander quels sont les enjeux et les particularités de ce poème ?" Nous étudierons dans un premier temps Le récit d'un combat, puis des Précisions sur la nature du Spleen Nous verrons, comment, en racontant ce combat entre l'espérance et l'angoisse, Baudelaire nous propose ici une description du Spleen.

I) Le récit d'un combat

1) Construction du poème

Le texte est composé de cinq quatrains, il n'y a aucune possibilité de symétrie. Le poème est reparti en deux phrases, une de quatre quatrains, l'autre d'un seul, cela signale un changement. Les trois premières strophes sont reliées par l'anaphore "Quand" le rythme est languissant. Le poète décrit une situation de crise qui allie trois éléments : L'air, la terre et l'eau. On peut remarquer l'absence du feu car le décor présenté ici est terne et envahi par la grisaille. La 4e strophe est le premier changement du rythme "Quand" est remplacé par "Tout a coup" et au vers 13 on a une idée de mouvement avec les cloches qui s'agitent au mouvement s'ajoute le bruit comme les "Hurlements". La 5e strophe est le constat de défaite, l'espoir est vaincu allors que l'angoisse triomphe "Drapeau de la victoire".

2) Double postulation

Il y a dans tout homme, deux postulations simultanées l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu est un désir d'être bon, celle de Satan est une joie de se rapprocher de l'Enfer. Il y a ici un combat entre l'espérence et l'Angoisse tout au long de cette strophe, on rencontre la métaphore de la guerre où deux puissances s'opposent. La défaite de l'espoir est visible avec la rime finale puisque le poème fait rimer "Espoir" et "Noir".

II) Précisions sur la nature du Spleen

1) Les symptômes : Enfermement et Etouffement

Un symptôme : Signe d'une maladie quelconque. Dans la mesure où Baudelaire considère le Spleen comme une maladie, il y aura donc deux symptômes : -L'enfermement : Avec le champ lexical de l'enfermement avec les mots "Couvercle", "Cachots", "Mur", "Plafond", "Prison", "Barreaux", "Plats". -L'etouffement est exprimé par un bestiaire effrayant, "Chauve souris", symbolique car elle est aveugle, et ne fait pas la distinction entre le jour et la nuit, ce qui accentue l'idée d'enfermement et d'étouffement. La monstruosité des araignées est accentuée par le pluriel, et les araignées sont des prédateurs. Les adjectifs qualificatifs les différencient. La chauve souris est timide, sa faiblesse se manifeste aussi par le singulier, tandis que les araignées sont infâmes et en force. Jour noir : C'est l'oxymore (deux termes opposés à côté) qui est repris au vers final par le drapeau noir.

2) Un combat intérieur

Tout indique que cette bataille est mentale, qu'elle se déroule à l'intérieur de l'esprit du poète (Exemple : Vers 2 "Esprit", vers 12 "Au fond de nos cerveaux", Vers 20 "Sur mon crâne".) Le combat est purement intellectuel comme nous montre la rime "Barreaux" et "Cerveaux" au fur et à mesure du poème, on passe de la généralisation (Nous verse, Nos cerveaux) à une personnalisation, celle du poète qui va parler a la première personne du singulier (Mon âme, Mon crâne). La défaite est bien celle du poète qui est désormais régi par l'angoisse victorieuse qui est l'esclave du Spleen comme le montre l'image sinistre de l'enterrement à la fin (corbillards). On peut remarquer que, comme toujours chez Baudelaire, les fausses notes dominent. Il ne s'agit pas d'une musique funèbre mais de hurlements.

Conclusion : Ce poème nous montre une sorte de crise du Spleen avec deux forces qui s'opposent dans chaque individu. En fait, sous la généralisation, le poète cache sa propre défaite, il est soumis à l'angoisse. Les quatre poèmes descriptifs et explicatifs du Spleen s'achèvent sur un constat de défaite et le poète devient définitivement mélancolique. L'opposition radicale entre le Spleen et l'Ideal ou autrement dit entre Dieu et Satan domine tout au long de cette poésie. L'opposition est radicale et n'est jamais dépassée.

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Ouverture : Le double postulat d'un être déchiré entre Spleen et Idéal domine. Cette dualité est le lieu de tout le drame Baudelairien. Le Spleen connote le temps qui passe : Le temps étudie le malaise : Point commun avec les autres poèmes "Spleen" : "J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1000 ans." : Traduction du malaise existentiel Baudelairien.

Définitions : *Spleen : Malaise existentiel : Un état d'âme synonyme d'ennui, d'enlisement = Le mal baudelairien *L'idéal : L'anti-monde du Spleen : Le spleen se rapporte au temps. L'idéal se rapporte à l'instant.

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- Construction du poème
- Combien de quatrains cette poésie a t'elle? - 5 -

- Qu'est ce qu'un quatrain?

Une strophe de 4 vers -

Combien de phrases contient elle? Une phrase de 4 quatrains et une autre d'un seul : 2 phrases

- Quelle est la figure de rhétorique qui permet de relier les trois premières strophes? l'anaphore

- Que marque cette structure anaphorique? L'anaphore "quand" permet de relier les trois premières strophes. Elle met en avant l'image d'un univers oppressant.

- Quels sont les éléments mis en avant grâce à cette structure anaphorique? Air, terre, eau, avec les vers 1"quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle" vers 5 : "quand la terre est changée en un cachot humide" vers 9 : "quand la pluie étalant ses immenses traînées" L'oppression est accentuée par le champ lexical de la prison "cachot", la comparaison "comme un couvercle".

- Comment les effet d'accumulation et de resserrement sont ils restitués au niveau de la composition du poème? Par les deux phrases, une longue allant des vers 1 à 16, puis le dernier quatrain isolé par un tiret. L'oppression est aussi suggérée et accentuée par la répétition dans chaque strophe d'un vers commençant par la conjonction de coordination "et".

- Comment qualifier la ponctuation? Vers 4 et 8, nous notons la présence d'un point virgule et d'une ponctuation forte. Vers 12 et 13, il y a un point virgule qui reflète l'idée d'un enchaînement sans pause.

- Quelle est la figure rhétorique vers 19? Personnification de l'espérance.

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Questions en fonction du plan proposé : toutes les réponses sont dans le commentaire


I - - A quel paysage le spleen est-il associé? Paysage de pluie

- Relevez le champ lexical de la noirceur - Relevez un oxymore : "jour noir", victoire du spleen

- Le spleen a t'-il à voir avec le paysage intérieur?

- Relevez le champ lexical de l'enfermement - Dernier quatrain : Spleen : expression de l'angoisse/vide

- Relevez l'expression qui montre que le dernier quatrain décrit un enterrement

- Relevez les notations auditives qui connotent la torture

- Quelle expression symbolise la victoire des forces mauvaises? " Drapeau noir"


II - - Relevez une anaphore - Que marque t'-elle?

- Comment se traduit la dramatisation baudelairienne - combat et déchirement

- Relevez une allégorie

- Relevez l'expression qui marque l'humeur noire -

Que peut-on dire de la rime finale? Espoir/Noir

- Relevez les expressions opposées : "espérance", "espoir", "angoisse"

- Poète : un être de douleur : bataille mentale -

Relevez les expressions qui le montrent : "sur l'esprit", v. 2 " au fond de nos cerveaux", V.12, "sur mon crâne" V.13 "Barreaux"/"cerveau"

- La défaite est-elle celle du poète ou celle de la condition humaine? Le dernier quatrain : le "Je" apparaît clairement , le poète est plus sensible que les autres, il est plus en proie au spleen.


Ouverture :
Laforgue : réécriture du spleen : mal du siècle des romantiques

 

L'Albatros de Baudelaire

Etude et oral préparé du baccalauréat de français

baudelaire

 

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

 

L'albatros

  • Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
  • Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
  • Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
  • Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

  • A peine les ont-ils déposés sur les planches,
  • Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
  • Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
  • Comme des avirons traîner à côté d'eux.
 
  • Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
  • Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
  • L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
  • L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

 

  • Le Poète est semblable au prince des nuées
  • Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
  • Exilé sur le sol au milieu des huées,
  • Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

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Problématiques possibles

    • Découvrez la signification allégorique du poète
    • En quoi cette poésie reflète t'elle la fonction du poète?
 
 

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Etude de l'Albatros : commentaire et oral EAF

Charles Baudelaire, poète français de la seconde partie du 19eme siècle, considéré comme précurseur du mouvement symboliste, est en réalité nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, à la croisée entre le Parnasse et le Symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe ainsi une place qui lui est propre dans l'histoire littéraire du XIXe siècle. Au fil de ses voyages et de sa vie de dandy parisien, il écrivit en 1857 Les Fleurs du Mal, œuvre majeur et unique recueil en vers du poète alors âgé de 36 ans. Ce Recueil lui valu le scandale d’un procès ainsi que la censure de 6 poèmes retirés pour cause « d’immoralité ». Malgré une seconde édition, Baudelaire se sent incompris par le public et rejeté par la société, il gagne ainsi sa réputation de « poète maudit ». Il faudra attendre la mort du poète, en 1867, pour que le livre rencontre le succès et soit reconnu comme un véritable chef d’œuvre. Les Fleurs du Mal, tendent à exprimer la tension entre l’expérience amère et mélancolique du Spleen et l’exaltation du rêve et de la beauté incarnée par l’Idéal. Contraint par sa famille d’embarquer pour une longue traversée dans les Indes. Baudelaire revient de son séjour des Îles Bourbon, que l’on appelle aujourd’hui, l’Île de la Réunion avec dans ses bagages des récits, des anecdotes, des parfums, des sensations mais surtout un goût très prononcé pour l’exotisme illustré ici par l’« Albatros » poème en quatre quatrains tiré de la section « Spleen et Idéal » du recueil « les Fleurs du Mal » publié en 1861 et dans lequel il relate une anecdote dont le personnage principal est cet oiseau des mer du Sud. Nous nous demanderons alors comment l’Albatros devient-il l’allégorie de la condition du poète ? Pour répondre a cette interrogation, nous montrerons d’abord comment Baudelaire met l’oiseau au centre de l’action pour ensuite étudier la mise en scène du sort de l’albatros. Enfin nous tenterons de d’identifier le prétexte de l’albatros pour évoque la condition du poète.

  • Questions sur l'introduction
  • En tant que poète précurseur du mouvement symboliste, de quoi Baudelaire est-il nourri en réalité?
  • Peut-on dire qu il soit à la croisée du Parnasse et du symbolisme?
  • Donnez une définition du Parnasse et du Symbolisme
  • En ce sens, affirmeriez-vous qu'il occupe une place particulière dans l'histoire de la littérature du XIXème siècle?
  • Quel âge Baudelaire avait-il lorsqu'il se mit à écrire son recueil en vers Les Fleurs du mal?
  • Quel en fut l'accueil?
  • Qu'est-ce qu'un dandy?
  • Combien de poèmes furent retirés des Fleurs du mal pour immoralité?
  • Quel est l'état d'esprit du poète?
  • Comment comprenez-vous l'expression «le poète maudit»?
  • A quel moment le recueil recevra t'-il le succès mérité?
  • Quels sont les concepts dominants dans les Fleurs du mal?
  • Donnez une définition du Spleen et de l'Idéal
  • De quelle section l'Albatros est-il tiré?
  • Est-il imprégné d'exotisme?
  • Étudiez la composition du poème
  • Quand fut-il publié?
  • Qui est le personnage principal de la poésie?

 

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  • Plan de l'étude
  • I – Point de départ narratif
  • A – Installation du cadre spatio-temporel
  • B – L'oiseau au centre de l'action
  • II – Mise en scène de la condition de l'Albatros
  • A – La grandeur de l'Albatros
  • B – la déchéance de l'oiseau
  • C – Contraste entre prestige et déliquescence
  • III – Vison symbolique du poète
  • A – Assimilation de l'albatros au poète
  • B – Le poète, être exclu et incompris par la société
  • Problématique:
  • En quoi cette poésie reflète t'-elle la condition du poète?

 

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I. Point de départ narratif.

a. Installation du cadre spatio-temporel.

- Dans ce poème, Baudelaire relate une anecdote de voyage dont le cadre est l’univers maritime suggéré tout d’abord par l’oiseau qui sert de titre l’« Albatros », animal vivant surtout dans les mer du Sud. - Dans la 1ere strophe, nous retrouvons le champs lexical des longues traversées « les hommes d’équipages », « voyage », « le navire », « les gouffres amers » qui évoque les hautes mers et les dangers de la traversée. - La scène se déroule donc en pleine mer et les « planches » du bateau deviennent alors une scène de spectacle ou ces sublimes animaux sont tournés en dérision devant l’assistance. - La 3eme strophe ajoute un détail réaliste pour rendre la scène plus vraisemblable avec le « brûle-gueule » pipe qu’utilise volontiers les matelots à l’époque .

  • I - Questionnaire
  • A -
  • De quelle nature l'anecdote relatée est-elle?
  • Quel en est le cadre?
  • Comment est-il suggéré?
  • Que pouvez-vous dire du titre de la poésie?
  • Relevez le champ lexical des longues traversées qui évoquent les hautes mers et les dangers
  • Que représentent les planches du bateau?
  • Quel en est le symbole?
  • Comment la troisième strophe rend t'-elle la scène plus vraisemblable?

 

b. L’oiseau au centre de l’action.

- Dans ce contexte maritime, Baudelaire décrit des marins cruels, brutaux et grossiers qui s’en prennent aux albatros. - La situation de l’oiseau est raconté comme celle d’un animal que les matelots capturent et persécutent et cette narration cherche a susciter la pitié. Le sort de l’oiseau est d’autant plus attristant qu’il est fréquent comme l’indiquent l’adverbe « souvent » et le présent itératif. - Aussi le verbe « prennent » souligne l’appropriation violente des albatros par les marins. - La violence de cette capture est telle que Baudelaire précise dès le premier vers qu’elle a pour seule motif l’amusement des marins « pour s’amuser ».

  • B - Questionnaire
  • Comment les marins sont-ils perçus dans cette poésie?
  • Quelle image Baudelaire en donne t'-il?
  • Donnez quelques adjectifs qualificatifs afin de les décrire au mieux
  • Quel sentiment la narration suscite t'-elle?
  • Que souligne l'adverbe «souvent»?
  • Quel rôle le présent itératif remplit-il?
  • Quel verbe met en avant l'appropriation violente des albatros par les marins?
  • Quel autre verbe met en évidence le motif de la capture?
  • Pouvons-nous affirmer que le texte poétique prenne un départ narratif et le poème, l'allure d'un récit?

 

Transition : Il semble donc que Baudelaire se soit inspiré d’une anecdote de voyage dont il en tire une histoire plus général celle du sort particulièrement cruel réservé à l’albatros. L'Albatros se trouvant être l’objet de l’action et dont le poète en fait le récit des faits. Le texte poétique prend alors un départ narratif et le poème l’allure d’un récit. Mais très vite, la narration est remplacé par une longue description de l’albatros passant d’un état de sublime grandeur a un état décadent.

II. Mise en scène de la condition de l’albatros.

a. La grandeur de l’albatros.

- Dans son univers, l’albatros est souverain et majestueux, l’auteur utilise, tout au long du texte, des périphrases pour le désigner « vaste oiseau des mers », « ces rois de l’azur »,

« prince des nuées » -L’oiseau est alors présenté en symbiose avec le ciel, monde de la grandeur et de l’harmonie. Cette dernière est aussi donnée à entendre par les allitérations en [L] et en [S] qui suggèrent la fluidité de son vol et son aisance. - L’auteur utilise également des adjectifs a connotation méliorative pour qualifier l’albatros surplombant l’azur « beau », « géant ».

 

  • II - Questionnaire
  • A -
  • Comment l'Albatros est-il perçu dans son  univers?
  • Quels sont les adjectifs qui seraient susceptibles de le représenter au mieux?
  • Relevez les périphrases qui le désignent
  • Que traduisent les allitérations en «L» et en «S»?
  • Relevez les afin de les analyser

 

b. La déchéance de l’oiseau.

- Parallèlement, le poète emploie un lexique dévalorisant pour caractériser cet sublime oiseau sur terre « maladroit et honteux », « gauche et veule » ainsi que l’adverbe « piteusement » accentuant l’impression de disgrâce. - De sucrait, les adjectifs dépréciatifs qualifiant les albatros fonctionnent par paire coordonnées. Ces effets d’insistance accentuent la maladresse des oiseaux.

  • B -  Questionnaire
  • Relevez le lexique dévalorisant relatif à l'Albatros
  • Comment l'impression de disgrâce est-elle accentuée?
  • Quels sont les adjectifs dépréciatifs qui contribuent à mettre en évidence la maladresse de l'oiseau?

 

c. Contraste entre prestige et déliquescence.

- Le poème se construit ainsi sur une série d’antithèses qui soulignent le contraste entre la majestuosité des albatros dans les airs et leurs piteux aspects au sol. - La 2nd strophe est construite sur une césure classique « Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux » qui renforce alors le contraste entre majestuosité et laideur de l’animal. -Ce dernier domine les cieux, mais son incapacité a trouver sa place parmi les hommes l’handicape. L’albatros est ainsi méprisé par les hommes, lui qui les domine. - Le passage entre les deux états ou la chute est également dramatisée par la soudaineté de cette métamorphose indiquée au v 5 par l’adverbe « à peine » et par l’opposition entre la longue phrase ample et harmonieuse qui constitue la 1ere strophe et le rythme plus haché de la 3eme strophe. Cette dernière est en effet composée de 3 phrases courtes et exclamatives visant à exprimer la souffrance de l’albatros.

  • C -  Questionnaire
  • Relevez les antithèses qui soulignent le contraste entre l'aspect majestueux des albatros dans les airs et leur maladresse sur terre
  • Comment la seconde strophe est-elle construire?
  • Relevez une césure
  • Comment l'Albatros est-il regardé et jugé par les hommes?
  • Relevez et analysez les différents procédés utilisés par Baudelaire qui traduisent la métamorphose de l'animal
  • Étudiez le rythme de la troisième strophe

 

Transition : Si dans un premier temps, Baudelaire s’est employé à nous étaler l’image d’un animal sublime en proie a la cruauté des hommes et qui est tourné en dérision, humilié ; la dernière strophe va lui permettre de faire un parallèle entre ce destin malheureux et le sort du poète dans sa société.

III. Vision symbolique du poète.

a. Assimilation de l’albatros au poète.

- Nous assistons , au vers 13, au basculement de l’albatros au poète. Ces derniers sont explicitement assimilés et comparés l’un à l’autre « le poète est semblable au prince des nuées ». - On comprend alors mieux l’article défini singulier et la majuscule du titre du poème « L’albatros » qui met l’accent sur la valeur générale et symbolique de l’oiseau. - Baudelaire opère ainsi un passage de l’anecdote au symbole ce qui invite le lecteur a relire et interpréter le poème a la lumière de ce rapprochement. - Nous remarquons alors le double sens des métaphores « gouffres amers » désignant par la mer sur laquelle navigue les persécuteur des albatros, l’image de l’Enfer que peut représenter l’humanité pour le poète ainsi que « ailes de géants » signifiant la grandeur morale et spirituelle du poète supérieur aux autres hommes

  • III -  Questionnaire
  • A -
  • A quel vers le lecteur comprend t'-il que l'albatros n'est autre que le poète?
  • Que marquent l'article défini singulier et la majuscule du titre du poème?
  • Baudelaire opère t'-il ainsi un passage de l'anecdote au symbole
  • Cela incite t'-il à la relecture du poème?
  • Quel est le double sens des métaphores «gouffres amers»?

 

b. Le poète, être exclu et incompris par sa société.

- Néanmoins, la contrepartie du génie est rude et douloureuse pour le poète. Le symbole de l’albatros nous fait voir les deux maux dont souffre le poète : l’exclusion et l’inadaptation - L’exclusion du poète est clairement évoquée au vers 15 « exilé sur le sol » tandis que son inadaptation aux réalités transparaît a travers la métaphore filée entre l’albatros et le poète qui clôt le poème « Ses ailes de géant l’empêche de marcher » -Le poète qui évolue en hauteur « qui hante la tempête » est incapable de s’adapter a la bassesse, la vulgarité,et la médiocrité. Or cette inadaptation aux réalités suscite la moquerie et l’incompréhension des hommes « au milieu des huées ». -La dernière strophe se concentre alors sur la condition du poète partagé entre sa recherche de l’idéal au delà du monde des hommes et son spleen sur terre.

La narration d’une anecdote de voyage, dans laquelle des marins capturent des albatros afin de les persécuter et de se moquer d’eux, permet a Baudelaire de dépeindre la condition du poète moderne et son inadaptation dans sa société qui lui a valut son surnom de « poète maudit ». Il apparaît alors que ce portrait du poète est original dans la mesure ou il se distingue de l’aspect romantique revendiqué par Hugo et dans lequel le poète est représenté comme l’élu de Dieu.

  • B - Questionnaire
  • Quels sont les deux maux dont souffre le poète?
  • Baudelaire est-il fidèle à son image de poète maudit?
  • A quel vers l'exclusion du poète est-elle le plus clairement évoquée?
  • Étudiez la métaphore finale
  • Que nous apprend cette poésie sur la condition du poète?
  • Quels sont les concepts autour desquels le poète concentre sa vie?

 

baudelaire

Les Fleurs du mal, Baudelaire : la mort des amants

 

Lecture du poème :

  • Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
  • Des divans profonds comme des tombeaux,
  • Et d'étranges fleurs sur des étagères,
  • Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

 

  • Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
  • Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
  • Qui réfléchiront leurs doubles lumières
  • Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

 

  • Un soir fait de rose et de bleu mystique,
  • Nous échangerons un éclair unique,
  • Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

 

  • Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes, Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
  • Les miroirs ternis et les flammes mortes.

 

baudelaire

 

Oral EAF

Charles Baudelaire, poète français de la seconde partie du 19eme siècle, considéré comme précurseur du mouvement symboliste, est en réalité nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, à la croisée entre le Parnasse et le Symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe ainsi une place qui lui est propre dans l'histoire littéraire du XIXe siècle. Au fil de ses voyages et de sa vie de dandy parisien, il écrit en 1857 Les Fleurs du Mal, œuvre majeur et unique recueil en vers du poète alors âgé de 36 ans. Ce Recueil lui valu le scandale d’un procès ainsi que la censure de 6 poèmes retirés pour cause « d’immoralité ». Malgré une seconde édition, Baudelaire se sent incompris par le public et rejeté par la société. Il faudra attendre la mort du poète, en 1867, pour que le livre rencontre le succès et soit reconnu comme un véritable chef d’œuvre. Les Fleurs du Mal, tendent à exprimer la tension entre l’expérience amère et mélancolique du Spleen et l’exaltation du rêve et de la beauté incarnée par l’Idéal. Dans ce même recueil, Baudelaire nous offre une vision personnelle, exotique, de la « Mort des amants » dont il imagine le trépas sans douleur. Il semble en effet que leur disparition commune soit un moyen exceptionnel de parvenir à un bonheur infini. Nous nous demanderons, à cet effet, par quels moyens l’auteur sublime-t-il l’amour par la mort ? Âpres avoir montré que l'amour est idéalisé, nous verrons que ce poème cherche à dépeindre l’image d’une passion spirituelle avant de terminer en remarquant que le sentiment amoureux outrepasse les limites de la mortalité et attend par ce biais l'idéal recherché par Baudelaire.

  • Questions sur la poésie en fonction du plan :
  • Questions sur l'introduction:
  • De quel recueil le poème «la mort des amants» est-il tiré?
  • Quelle vision Baudelaire donne t'-il de la mort des amants?
  • Comment le bonheur est-il accessible dans cette poésie?
  • Quel idéal Baudelaire vise t'-il?
  • Proposez une définition de l'Idéal
  • Quel est le thème du poème?
  • Citez deux autres poésies de deux autres poètes que Baudelaire sur le même thème
  • Dans quel poème des Fleurs du mal, Baudelaire décrit-il la mort comme un mécanisme immuable qui ramène fatalement l'homme à sa triste réalité? L'horloge

 

baudelaire

  • Problématique:
  • par quels moyens Baudelaire sublime t'-il l'amour par la mort?
  • Plan de l'étude:
  • Introduction
  • I – Idéalisation de l'amour
  • A – Le mythe de l'âme sœur
  • B – Contraste entre la profonde unité du couple et l'évocation de leur dualité
  • C – Liaison intime entre l'amour et la mort
  • II – Image d'un amour spirituelle
  • A – De la passion charnelle à l'amour spirituel
  • B – L'amour, une porte vers l'infini
  • III – L'amour outre-passe les limites de la mortalité
  • A -  Entre rêve et réalité
  • B – La mort, unique passage vers l'idéal à atteindre
  • Conclusion
  • Ouverture

 

baudelaire

 

I. Idéalisation de l’amour.

a- Le Mythe de l’âme sœur.

- Le couple présenté est idéal, parfait : le pronom « nous » ou les possessifs de 1ere personne du pluriel structure le poème. - L’être aimé est représenté comme un miroir, un double « réfléchiront leurs doubles lumières » - L’auteur va même jusqu’à suggéré d’une réelle gémellité du couple « Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux » - Par ailleurs, le deuxième quatrain est fondé sur la répétition martelée du chiffre symbolique « deux » présentant deux êtres qui fonctionnent en paires et qui ne sont désignés que par deux synecdoques évocatrices, révélatrices de leur accord total à savoir « cœurs »/ « esprits ». - Cette synecdoque lie relation amoureuse et passion platonique, accord sentimentale et complémentarité des esprits. Baudelaire retrouve ici le célèbre mythe de l’âme sœur.

I -  Questionnaire

A -

Comment le couple est-il présenté?

Comment le poème est-il structuré?

Citez pour justifier votre réponse

Que représente l'être aimé?

Citez le poème pour justifier votre réponse

Quel vers suggère le mieux l'idée d'une gémellité du couple?

Que traduit la répétition du chiffre «2»?

Relevez deux synecdoques évocatrices du couple au sens d'âme sœur

Quelle est la portée de cette figure de style?

A quel mythe Baudelaire fait-il allusion?

 

b- Contraste entre la profonde unité du couple et l’évocation de leur dualité.

- L’auteur pourrait aussi s’appuyer sur le mythe de l’androgyne : en quête de l’unité originelle, les deux amants sont réunis dans une unité remarquable dans les tercets - Le poète utilise l’opposition habituelle entre quatrains et tercets dans le sonnet : à la dualité jumelle des deux premières strophes succède l’unité, marquée par le lexique « un soir », « un éclair unique », « un long sanglot » - Les deux amoureux connaîtront alors un sort identique « ranim(és) » par le même Ange

B - Questionnaire

Sur quel autre mythe Baudelaire pourrait-il aussi s'appuyer?

Étudiez la composition du poème

Dans quelle partie des quatrains ou des tercets l'union entre les deux amants transpirait-elle de manière la plus manifeste?

Donnez une définition du sonnet

Trouvez un titre pour les deux quatrains

Trouvez un titre pour les deux tercets

Relevez le champ lexical de l'unité

Quels sort est-il réservé aux deux amants?

 

c- Une liaison intime entre l’amour et la mort.

- «Les divans » sont « profonds », évoquant tout autant la volupté que l’ensevelissement -Les « fleurs » sont « étranges » issues de «cieux plus beaux », évoquant tout autant l’exotisme des voyages d’Orient à la mode au 19eme siècle que les chrysanthèmes, venus également d’Orient, et portés sur les tombes. -Les « chaleurs dernières » suggèrent à la fois les emportements amoureux et l’agonie …

  • C - Questionnaire
  • Relevez le vocabulaire relatif à:
  • l'exotisme des voyages d'Orient

  • Les emportements amoureux

  • L'agonie

 

Transition : Les deux amants, unis dans le degré suprême de leur passion, connaissent une fusion totale, se perdent dans leur sentiment réciproque, mourant à eux-mêmes pour renaître dans l’autre, disparaissant de la terre pour revivre dans les cieux. Amour et mort se confondent.

II. Image d’un amour spirituel.

a- De la passion charnelle a l’amour spirituel.

- Le passage progressif de l’amour sensuel a la passion spirituelle est fait par un jeu de synesthésies, les jeux d’amoureux évoqués par le décor traditionnel « lit », « divan », « chaleur » disparaissent et sont remplacés par l’insistance sur l’union des « deux cœurs » et la fusion des « deux esprits » (v 6- La flamme amoureuse est dépassée par la présentation des « flambeaux » et des « lumières ». - Les deux seules couleurs évoquées sont celle des expériences mystiques : le « rose » et le « bleu » (v9) - L’adjectif « mystique » est a un endroit stratégique et évocateur : il commence la 2eme partie du poème, permet le passage de l’amour a la mort, de la flamme amoureuse a la passion sacrée. - Ce que la dernière strophe confirme puisqu’ ‘elle fait apparaître les thématiques religieuses, L’ange, « fidèle et joyeux », le retour a la vie, la résurrection des âmes.

II -  Questionnaire

A -

Comment passe t'-on de l'amour sensuel à l'amour spirituel?

Définir les synesthésies

A quoi les jeux d'amoureux évoqués par le décor traditionnel se substituent-ils?

Citez le poème pour justifier votre réponse

Quelles sont les deux couleurs évoquées?

Que met en avant l'adjectif «mystique»?

Quel passage permet-il?

A quel moment de la poésie, la thématique religieuse apparaît-elle?

Relevez les expressions et termes qui la connotent

 

b- L’amour une porte vers l’infini.

- L’amour permet de passer de la vie a la mort, du terrestre au céleste ; a ce titre, l’emploi de l’indicatif, mode de l’action certaine, est révélateur.

- Le motif est explicitement présenté au vers 12 : l’Ange, « entrouvrant les portes », offre aux amants l’occasion de trépasser, au sens propre, d’entrer dans une éternité de bonheur ( ce que rappelle sa joie) d’échapper a toute les corruptions ou les destructions qu’évoquent les adjectifs « ternis », « mortes » du dernier vers. - Les deux derniers vers donnent la clef du sonnet : au-delà de la mort se trouvent la joie, la fidélité éternelle, les esprits et les sentiments sont « ranim(és) » c'est-à-dire retrouvent un souffle, une vie.

  • B - Questionnaire
  • Comment l'amour est-il perçu?
  • Que traduit l'indicatif?
  • Est-il révélateur?
  • Quel rôle «l'ange» remplit-il?
  • Comment cela se confirme t'-il malgré la présence des adjectifs du dernier vers?
  • Quelle est la clef du poème?
  • Quels vers en sont les plus évocateurs?

 

Transition : Ainsi, Baudelaire nous propose une vision double de l’amour parfait : il n’atteint d’abord sa perfection que dans la mort libérée des contraintes et des corruptions variées, il atteint ensuite l’éternité lorsqu’il est fixé par le décès des amants.

III. L’amour outrepasse les limites de la mortalité.

a- Entre rêve et réalité

- Le temps employé rappelle, au vers 1 et 6, qu’il s’agit d’un « a venir » peut être d’un rêve, certainement de l’expression d’un désir. - La fiction ainsi mise en place permet au poète de proposer un univers imaginaire : le temps est indéterminé « un soir » (v9), la résurrection est elle aussi située dans une période indéterminée « plus tard » laissant au poète et au lecteur une capacité d’interprétation totale. - La mort ainsi envisagée se situe dans un espace temporel vague, indéterminée, mais souhaitée.

  • III -  Questionnaire
  • A -
  • Comment l'univers imaginaire est-il transcris?
  • Citez pour justifier votre réponse
  • Étudiez en citant le temps employé
  • Avons-nous un temps indéterminé?
  • Est-ce une visée intentionnelle de la part de Baudelaire?
  • Qu'en est-il du lecteur?

 

b- La mort, unique passage vers l’idéal à atteindre.

- Les deux amants semblent à la fois souffrir puisqu’ils exhalent un « long sanglot » s’éloignait «en échange(ant) » des « adieux » (v11) mais sans en pâtir beaucoup : les sonorités sont douces appuyées par des nasales ou des liquides. - Ils semblent à la fois tristes et heureux de s’embarquer pour ce voyage, l’amour ne pouvant que les transporter. - La mort semble être la seule manière d’échapper aux contraintes qu’imposent la vie et la fuite du temps. - Si, dans ce poème lyrique, le poète s’adresse à celle qu’il aime, incluse dans le « nous », il peut aussi être le porte-parole de tous les amants épris d’amour absolu. - La mort est pour Baudelaire le moyen de s’affranchir du mal, physique ou moral, de rejoindre le ciel et de trouver ainsi la perfection.

  • B - Questionnaire
  • Comment la souffrance des amants est-elle restituée?
  • Relevez les termes et expressions révélateurs à cet égard
  • Étudiez les sonorités
  • Que pouvez-vous en dire?
  • Quel est l'état d'esprit des amants?
  • Quelle solution Baudelaire propose t'-il pour dépasser et vaincre la fatalité du temps qui passe?
  • De qui Baudelaire est-il le porte-parole?

 

Conclusion

« La Mort des amants » n’est donc pas tragique en elle-même. Elle conduit, en revanche, les deux amoureux vers un bonheur infini, vers une résurrection qui les unit a jamais dans un océan de joie. Le poème est assez exceptionnel dans l’itinéraire baudelairien ; momentanément affranchi du « spleen », enfin éloigné du désespoir, le poète semble envisager un avenir radieux Cependant, cet amour ne peut devenir idéal que s’il est sanctifié par la mort, et l’on retrouve ici le goût troublant de l’auteur de « A une passante » qui ne semble pouvoir trouver d’épanouissement qu’à proximité du trépas …

  • Conclusion: Questionnaire
  • Cette poésie est-elle tragique?
  • Est-ce un poème exceptionnel dans l'itinéraire Baudelairien?
  • En quoi?
  • Peut-on considérer cette poésie comme optimiste?
  • Dans quelle autre poésie retrouve t'-on cet amour idéal sanctifié par la mort?

 

Baudelaire, Hymne à la beauté. Oral EAF

 

baudelaire

 

 

Hymne à la Beauté, Baudelaire

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,

Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore ;

Tu répands des parfums comme un soir orageux ;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?

Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;

Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;

De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,

Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,

Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !

L'amoureux pantelant incliné sur sa belle

A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,

Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !

Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte

D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,

Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,

Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine !

- L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?

baudelaire

  • Problématique
  • En quoi cette allégorie de la beauté incarne t'-elle une nouvelle esthétique moderne, fascinante et destructrice pour le poète?
  • Plan du commentaire
  • I – Figure allégorique: une divinité double
  • A – Ange, origine céleste
  • B – Démon, origine infernale
  • II – Divinité double, une attraction fatale
  • A – Éros, thanatos
  • B – Cruauté de la beauté
  • III – La muse moderne
  • A – L'enthousiasme de Baudelaire
  • B – Un art nouveau

 

baudelaire

Commentaire du poème

Poème dédié à Jeanne Duval, il est tiré des Fleurs du mal et appartient à la section Spleen et Idéal. Baudelaire met en avant le double postulat de la notion de beauté, elle est divine et satanique à la fois;

Accroche : Un hymne est un chant à la gloire de quelqu’un en quelque chose. La démarche de Baudelaire est singulière et souvent étonne, voire scandalise puisque beaucoup de ses poèmes publiés en 1857 dans les Fleurs du Mal furent censurés.

Sujet : Le poème « Hymne à la beauté » a de quoi surprendre puisqu’il mêle étrangement le beau et le laid, l’horrible et le sublime pour forger une image inédite de la Beauté. Ce poème est allégorique et donne une définition de l’art selon Baudelaire.

Problématique :

On se demandera en quoi cette allégorie de la Beauté incarne une nouvelle esthétique dont la modernité à la fois fascine et détruise le poète.

Plan :

Nous répondrons à cette problématique en trois temps. D’abord, nous analyserons la figure allégorique puis la divinité double et une attraction fatale, la souffrance du poète.

  • Questions sur l'introduction
  • A qui cette poésie est-elle dédiée?
  • De quel recueil est-elle tirée?
  • A quelle section appartient-elle?
  • Quel est le thème du poème?
  • Comment Baudelaire met-il en avant le concept de beauté?
  • Qu'est-ce qu'un hymne?
  • Pourquoi cette poésie est-elle surprenante?
  • Avons-nous une image inédite de la beauté?
  • Ce poème est-il allégorique?
  • Donne t'-il une définition de l'art?

 

I – FIGURE ALLEGORIQUE : UNE DIVINITE DOUBLE Dans cette première partie, nous analysons la divinité double en nous penchant d’abord sur l’origine céleste puis l’origine infernale.

A – ANGE, ORIGINE CELESTE

Vers 1 « Viens-tu du ciel profond » : le « tu » est une apostrophe à la Beauté et question sur son origine. Le « ciel profond » est un oxymore. Vers 2 « O beauté » Le « ô » est vocatif et un rejet de l’apostrophe sur le vers 2. « Nom unique » : L’Unique est le nom de Dieu dans la Bible. « Ange ». Vers 1 + Vers 9 : Confusion entre ascension et la chute

  • Questions sur le développement en fonction des axes du commentaire
  • I -
  • A -
  • Comme l'origine de la beauté se traduit-elle dans le vers 1?
  • Relevez l'oxymore qui traduit l'origine céleste
  • Relevez les autres indices suggestifs de l'origine céleste de la beauté
  • Quels sont les deux vers caractéristiques d'une confusion entre la chute et l'ascension?

 

B – DEMON, ORIGINE INFERNALE « Sors-tu du gouffre noir ? » : Il s’agit d’une métaphore de l’enfer et une hyperbole. « Ton regard infernal » : Qui vient de l’enfer « Sirène » référence à Homère, l’Odyssée. « Fée » : Fée Morgane, c’était une méchante fée. « Que tu viennes de l’enfer » : origine infernale « de Satan » : Diable dans la Bible.

  • B -  Questionnaire
  • Relevez et analysez la métaphore de l'enfer
  • Relevez une hyperbole
  • Montrez l'origine infernale de la beauté, son aspect démoniaque dans son opposition à son origine céleste
  • Cette conception du Beau comme Divinité double est-elle surprenante?
  • Peut-on parler d'une figure allégorique?
  • Proposez la définition de l'allégorie

 

II – DIVINITE DOUBLE ET UNE ATTRACTION FATALE

Dans cette seconde partie, nous étudierons la divinité double et son attraction fatale à travers Eros-Thanatos le couple mythique et la cruauté de la Beauté.

A – EROS – THANATOS

« Tes baisers sont un philtre » : potion magique que burent Tristan et Iseut. A l’origine, c’était un philtre de mort et non de mort = INTERTEXTUALITE Philtre = comparaison entre le baiser et le philtre. Cette métaphore d’amour ayant un pouvoir magique ambigu. « Amoureux (…) moribond : Métaphore du poète.

  • II -  Questionnaire
  • A -
  • Analysez la métaphore d'amour au pouvoir ambigu
  • Est-elle évocatrice et représentative du double postulat inhérent à la beauté?
  • Quelle est la métaphore du poète?
  • Relevez la et analysez la

 

B – CRUAUTE DE LA BEAUTE

« Mon unique Reine » : Métaphore d’une monarchie amoureuse. Lui est le vassal. Elle est la suzeraine. « Tu marches sur les morts, dont Beauté, tu t’en moques » : froideur, aucun sentiment. Impitoyable. « Horreur » et « Meurtre » : 2 allégories symbolisant sa cruauté. Ces 2 allégories forment l’image de ses bijoux (« breloques ») cf. Mythe d’Icare (Les plaintes d’un Icare dans les Fleurs du Mal) « éphémère » : métaphore du poète « chandelle » « flambeau » : métaphores de la beauté mortelle. « Tu gouvernes tout et ne réponds de rien » : La beauté par ces mots révélateurs fait preuve de tyrannie. « Le Destin » est comparé à un chien (image dégradante) : immense pouvoir car le Destin chez les Grecs étaient au-dessus des Dieux ce qui constitue un paradoxe.

  • B -  Questionnaire
  • Relevez la métaphore d'une monarchie amoureuse. Que signifie t'-elle?
  • Citez les vers caractéristique de la cruauté de la beauté
  • Comment son aspect froid et impitoyable est-il mis en évidence?
  • Relevez les deux allégories de la cruauté
  • A quel mythe Baudelaire fait-il allusion?
  • Quelle métaphore connote l'aspect de la beauté mortelle?
  • Comment le destin et son pouvoir sont-ils associés à la beauté?
  • Que veut dire Baudelaire?
  • En quoi peut-on parler d'un paradoxe?

 

III – LA MUSE MODERNE

Dans cette dernière partie nous étudions la Muse moderne à travers l’enthousiasme de Baudelaire et un art nouveau.

A – L’ENTHOUSIASME DE BAUDELAIRE

« ô beauté » : vocatif « ô beauté ! » : l’allégorie traduit la vénération. Il s’agit d’une anaphore : insistance, désir d’engager le dialogue avec elle… « ô mon unique reine » : ton de supplication de douceur Dans les deux derniers quatrains, la syntaxe hachée traduit son enthousiasme comme s’il perdait haleine.

  • III -  Questionnaire
  • A -
  • En quoi peut-on parler d'une muse moderne?
  • Comment la vénération se traduit-elle?
  • De quelle figure de style s'agit-il?
  • Quel effet a t'-elle?
  • Comment la supplication du poète se manifeste t'-elle?
  • Analysez la syntaxe des deux derniers quatrains: que met-elle en avant?

 

B – UN ART NOUVEAU

« vin/divin » : l’idée de Dieu est associée aux « Paradis artificiels » « astres/désastres » : antonymes : L’idée d’Apocalypse contamine celle du Paradis. Les quatre expressions évoquées sont un BLASPHEME. « Une infinité que j’aime et n’ai jamais connu » : Métaphore de la nouvelle poésie. Infinité est une allégorie. « qui font le héros (A) lâche (B) et l’enfant (B) courageux » (A) : ABBA : CHIASME. C’est un paradoxe. L’art nouveau de Baudelaire inverse la logique et le sens commun.

  • B -  Questionnaire
  • Comment les paradis artificiels sont-ils évoqués?
  • A quoi sont-ils associés? Pourquoi?
  • Quelle est l'intention de Baudelaire?
  • A quoi les antonymes «Astres et désastres» sont-ils liés? Quelle idée domine celle du paradis?
  • Analysez la métaphore de la nouvelle poésie:
  • Étudiez le chiasme
  • Quel est le paradoxe en présence?
  • En quoi consiste l'art Nouveau de Baudelaire?

 

Synthèse : le Dieu de Baudelaire est la beauté. C’est un esthète, il ne place rien au-dessus de cette divinité.

Conclusion générale :

Ce poème allégorique est une sorte de communication que fait Baudelaire à l’égard de son propre art. Il assure selon son cœur, la bouleverse, lui fait parfois mal mais le fascine en même temps. Baudelaire rejette la conception classique de la Beauté. Celle-ci est désormais terrible. Elle regarde du côté du Diable et du crime. Mais c’est à travers le chaos esthétique que Baudelaire réinvente au milieu du 19ème siècle la poésie, ouvrant la voie à Rimbaud, Verlaine et Mallarmé.

  • Questions sur la conclusion
  • Quel est le Dieu de Baudelaire? 
  • Est-il un esthète?
  • Hymne à la beauté: est-ce un poème allégorique?
  • Est-il révélateur de la conception Baudelairienne de l'art
  • Est-il le miroir des contradictions du poète?
  • Baudelaire rejette t'-il la conception classique de la beauté?
  • Cette Nouvelle poésie renvoie t'-elle au chaos esthétique?
  • Cette poésie Baudelairienne ouvre t'-elle la voie à Rimbaud, Verlaine et Mallarmé?
  • Questions sur l'ouverture
  • En quoi le concept de la beauté diffère t'-il entre Beauté et Hymne à la beauté?
  • Y a t'-il une connotation morale dans Hymne à la beauté?
  • La beauté s'apparente t'-elle à une certaine forme de l'Idéal?
  • Dans quel poème Baudelaire assimile t'-il le Bien et le Beau?


 

baudelaire

 

Travailler l'ouverture

 

Le concept baudelairien de Beau

 

Hymne à la beauté et La Beauté, deux conceptions différentes de la beauté

 

Dans son sonnet, La Beauté, Baudelaire assimile la beauté à un «Sphinx», c'est-à-dire une statue, un monument de pierre figé qui n'a rien à voir avec la vie. 

 

 

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

La beauté

 

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,

Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,

Est fait pour inspirer au poète un amour Éternel

et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;

J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;

Je hais le mouvement qui déplace les lignes,

Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,

Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,

Consumeront leurs jours en d'austères études ;

car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

 

Dans hymne à la beauté, le poète n'associe plus la beauté à la statue froide et figée mais à un être hybride entre ange et démon, Dieu et Satan. La connotation morale est tout à fait absente . Le poète en proie au spleen est en quête d'ivresse, de sensations fortes et la beauté est finalement comparable au vin ouvrant les sens sur le paradis artificiel. Baudelaire manifeste une certaine dévotion pour la beauté car elle favorise l'évasion hors du temps qui emprisonne l'homme et le rappelle à son tragique destin de mortel.  La beauté devient donc un remède pour lutter contre le spleen, l'ennui, l'angoisse. C'est une certaine forme de l'Idéal qui promet à l'homme consolation.

Dans Hymne à la beauté, nous n'avons pas de connotations morales mais seulement esthétiques.

 

Nous retrouvons la notion de bien et de beau dans les poèmes d'amour inspirés par Mme Sabatier comme le Flambeau vivant.    

 

 

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

Le flambeau vivant

 

Ils marchent devant moi, ces Yeux pleins de lumières,

Qu'un Ange très savant a sans doute aimantés ;

Ils marchent, ces divins frères qui sont mes frères,

Secouant dans mes yeux leurs feux diamantés.

Me sauvant de tout piège et de tout péché grave,

Ils conduisent mes pas dans la route du Beau ;

Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave ;

Tout mon être obéit à ce vivant flambeau.

Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystique

Qu'ont les cierges brûlant en plein jour ;

le soleil Rougit, mais n'éteint pas leur flamme fantastique ;

Ils célèbrent la Mort, vous chantez le Réveil ;

Vous marchez en chantant le réveil de mon âme,

Astres dont nul Soleil ne peut flétrir la flamme !

 

 

 

 

 

 

 

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