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La culture dénature t'-elle l'homme? Dissertation intégralement rédigée

 

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Le sujet :

La culture dénature-t-elle l’homme ?

*** Sujet corrigé proposé par un membre du forum



La culture désigne au sens large tout ce que l'homme acquiert par l'intermédiaire d'un groupe social déterminé, tout ce qui est transmis par le langage, les coutumes, l'éducation et même -de manière implicite- les gestes, les attitudes ou les règles de comportement. Il est très difficile chez l'homme de déterminer quelle part revient à cette culture acquise et qu'elle part appartient à une nature innée, une hérédité aux contours mal définis. Dire que la culture dénature l'homme, c'est en effet supposer une nature première, une essence de homme qui le distinguerait des autres êtres de la nature. Le mot nature signifie soit ce qui précède toute intervention humaine dans le monde, soit les caractéristiques communes à tous les hommes, soit l'essence, l'identité spécifique à un individu. Dans l'opposition nature et culture, l'enjeu est de savoir s'il existe un passage de l'un à l'autre ou bien si l'état de nature est une fiction qui permet aux hommes de déplorer un idéal qu'ils n'ont peut-être jamais connu mais qui serait comme le négatif de la condition humaine. En ce sens, le mot « dénaturer »signifie un processus qui consiste à arracher à l'homme quelque chose qu'il possède en propre, de manière constitutive. Reste alors à se demander s'il s'agit d'un aspect péjoratif comme l'animalité ou la force des passions, la violence que l'homme partage avec les autres êtres de la nature ou si la culture enlève à l'homme une « bonne » nature, c'est-à-dire le corrompt, le détourne de cette innocence première dont certains ont pu faire à regret l'apologie. Dans les deux sens du mot dénaturer, il s'agit bien de penser un processus, une histoire qui fait que l'homme se constitue progressivement en faveur d'héritages, de transmissions, d'échanges entre personnes, groupes ou sociétés. Cela signifie que la frontière entre le naturel et le culturel n'est pas établie et que le propre de l'homme, sa nature, est de ne pas en avoir.

Plan possible :
L'opposition nature et culture Les définitions
La culture c'est tout ce qui appartient à un héritage, tout ce qui s'acquiert par l'intermédiaire d'un apprentissage, d'une éducation. La transmission se fait soit au sein d'un groupe par l'intermédiaire du langage. Ex. L'art, la religion, la cuisine, les techniques, le droit, les règles de politesse... La nature c'est tout ce qui est inné et se transmet comme hérédité biologique. Ex. La détermination génétique. On parle d'une nature humaine au singulier comme le seul facteur déterminant d'existences tellement diverses dans l'espace et le temps.
Une dénaturation
L'opposition étant établie par les définitions, il faut étudier le sens du mot « dénaturer ». Il suppose dans tous les cas un changement de nature, un arrachement ou une contradiction par rapport à un état premier. Or cet état de nature est soit « bon », c'est pour l'homme un état d'innocence, de bonheur relativement à cette origine bienfaisante , cette mère nourricière appelée Nature. Ce premier sens est illustré par des mythes, des légendes, des représentations (« le bon sauvage », « l'âge d'or », « le paradis... ») qui eux, paradoxalement sont transmis par la culture. Le deuxième sens de la dénaturation comprendrait la nature comme foncièrement mauvaise pour l'homme, hostile, violente, il devrait recourir à la ruse comme dans le mythe de Prométhée (Platon, Protagoras) pour s'en détacher et s'en rendre comme « maitre et possesseur » selon la formule de Descartes.
La perfectibilité
Rousseau tranche le débat entre un homme à l'état de nature bon, innocent et heureux qu'il utilise dans le discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes comme une fiction méthodologique, et l'homme violent, « loup pour l'homme » de son adversaire Hobbes. Pour Rousseau l'homme n'est ni bon ni mauvais par nature, il est perfectible ; voilà le sens que l'on pourrait donner à cette dénaturation. L'homme est inachevé, il est donc capable du meilleur comme du pire. Dénaturer n'a pas un sens péjoratif mais s'inscrit dans un processus qui fait de l'homme ce qu'il est, un être de culture. On peut s'appuyer sur le cas individuel de l'enfant sauvage étudié par Lucien Malson et mis en film par François Truffaut pour illustrer cet absence d'éducation transmise à un enfant au moment opportun. L'état « sauvage » n'en fait pas moins proprement un enfant d'homme ouvert à tous les possibles.

Le paradoxe : la culture est-elle contre nature ? La multiplicité des formes de culture
Dans le sujet il s'agit de la culture au singulier regroupant toute forme de culture. Or il faut reconnaître aujourd'hui une diversité des formes de culture grâce aux sciences humaines. Il faut penser une multiplicité de formes culturelles sans hiérarchie aucune, sans supériorité par exemple de l'art sur la science ou du droit sur la religion. Tous les apprentissages sont des acquis de culture au même titre que l'éducation scolaire, livresque ou érudite. Posséder une culture ne signifie pas être cultivé.
La diversité des cultures : L'apport de l'ethnologie
De même qu'il n'y a pas une forme de culture à privilégier dans les acquis de chacun, il n'existe pas une culture meilleure qu'une autre. C'est ce que montre en particulier l'ethnologue Claude Lévi-Strauss qui étudie diverses civilisations, souligne leur diversité et l'absence d'échelle de valeur qui puisse permettre de les juger. Dire que la culture s'oppose à la nature, c'est supposer un état de nature que l'on pourrait constater dans les faits. Or, les sociétés les plus éloignées dans l'espace comme dans le temps de la notre ont aussi une culture, aussi différente puisse-t-elle être relativement à nos critères de jugement.
La nature de l'homme est de ne pas en avoir
La réflexion sur la nature à souvent été liée à une forme de société antérieure à l'État. La famille, le village, la tribu. Or, comme le montre Rousseau l'homme isolé n'existe pas. L'enfant nait au sein d'une mère et les soins nécessaires font déjà partie de son éducation. Merleau Ponty affirme que « tout est naturel, tout est conventionnel » chez l'homme, il n'y a pas de passage d'un état à un autre comme on pourrait le penser. De même pour une société, les critères ambiguës de civilisation et de politique ne sont pas constitutifs d'une culture. L'état de nature n'est qu'une hypothèse, car la nature ne pourvoit pas à l'ensemble des besoins de
l'homme; il doit tout inventer.
Conclusion :

L'homme est une être de culture. La culture de dénature pas l'homme, elle lui donne sa propre nature, celle qui le distingue des autres vivants, celle qui le caractérise. L'homme se fait lui même par une diversité culturelle extrêmement riche et inépuisable. Ce n'est pas un animal dénaturé car il est ce qu'il devient dès sa naissance, il est perfectible

 

La culture dénature-t-elle l’homme ?

Analyse du sujet :

Le problème qui est ici posé consiste à interroger des présupposés , à en apprécier la validité pour éventuellement les surmonter.
Le premier présupposé à expliciter est qu'il y aurait une nature de l'homme c'est-à-dire une définition objective, finie de l'homme que la culture comme ensemble de mœurs, de coutumes, de symboles partagés par une communauté humaine donnée viendrait anéantir.

Le deuxième présupposé est que la culture comme processus ferait perdre à l'homme sa vraie nature pour lui donner une nouvelle forme artificielle, c'est-à-dire créée par l'art ou la technique : il en irait ainsi de la dénaturation comme d'une artificialisation

Le troisième présupposé , à travers le concept de dénaturation, consiste à sous-entendre une supériorité présumée d'une nature humaine, l'homme considéré dans son essence, sur une définition de l'homme en constante évolution du fait que l'homme est un être historique, ancré dans le temps et l'espace.

A partir de ces présupposés, il s'agit de s'interroger sur le rôle et la fonction de la culture comme processus et pas seulement comme contenu de discours et de productions intellectuelles, symboliques et artistiques dans une éventuelle définition de l'homme comme membre d'une espèce ( et bien évidemment pas comme individu sexué par opposition à la femme).

Ecueils à éviter :

Identifier le sujet à une opposition nature-culture pour montrer comment les deux notions de « nature » et « culture » seraient par définition antagonistes ( mais à partir de quelles définition).
Confondre la culture comme processus d'acquisition de règles, de symboles (linguistiques et religieux), de formes artistiques et les cultures comme réalisations spécifiques dans un temps et un espace donnés de ce processus .
Lire le sujet comme s'il s'agissait de montrer au contraire la supériorité de la culture sur une définition a priori de la nature réduite à tort à un état primitif.
Confondre culture et civilisation et nature et concept rousseauiste « d'état de nature » qui n'est pas une donnée historique mais une fiction méthodologique, une hypothèse pour comprendre comment se fait l'entrée de l'homme dans la culture.


Enjeux du sujet :

Il est demandé une réflexion sur ce que vaudrait une définition de la nature de l'homme par rapport au processus de formation ou d'acquisition d'une culture.
Reformulation possible du sujet : le processus de formation, d'acquisition de connaissances, d'adaptation à un environnement social, symbolique, artistique est-il facteur de déperdition de ce qui définit l'homme ?
L'entrée dans la culture se paie-t-elle d'une perte des caractéristiques de l'être humain ou révèle-t-il au contraire pleinement son humanité ?
La nature de l'homme ne consiste-t-elle pas à ne pas en avoir , à ne pas être assignée à une définition présupposée ?


Proposition de plan :

Les actes de barbarie qu'a connus le XXè siècle à travers les totalitarismes et les génocides nazis et communistes peuvent à bon droit nous faire douter des bienfaits de la culture ou de la civilisation.
Comment expliquer que ces atrocités qui remettent en cause l'idée même d'humanité , au point qu'elles sont l'objet de qualifications pénales imprescriptibles, les « crimes contre l'humanité », aient été commises par des nations , allemande et russe, qui pouvaient se prévaloir d'une longue et riche « culture » ?
La culture dénature-t-elle l'homme en lui ôtant ce qui le caractérise, en le faisant entrer dans la barbarie et l'inhumanité ?
Mais qu'entend-on par « la culture » ? est-elle identiques aux cultures comme réalisations spécifiques du processus d'apprentissage de règles, de mœurs, de langues et de savoirs qu'on peut appeler la culture ?
Peut-on proposer une définition préalable de la « nature » de l'homme que la démarche d'acculturation viendrait ruiner ou faire disparaître ?

Si la culture dénature l'homme, c'est qu'il est possible de produire une définition satisfaisante de ce qui fait l'humanité de l'homme (I).
Or, la nature de l'homme comme être historique et perfectible signifie que la définition présumée d'une nature humaine antérieure à la culture et en principe différente n'est pas soutenable.
Loin de dénaturer l'homme, la culture le révèle à sa véritable nature qui est de ne pas être réductible à une définition objective mais d'être un être libre, contingent, capable aussi bien de se perfectionner que de produire les conditions de sa destruction. (II)



I. Est-il possible de produire une définition satisfaisante de l'homme que la culture viendrait faire disparaître ?

A. La recherche de caractéristiques essentielles de l'homme :

a) la tentative des philosophies médiévales scolastiques :

Les philosophes du Moyen-Age héritiers d'Aristote ont tenté de produire une définition de la « nature humaine » qui possède les caractéristiques d'une définition : recherche de critères objectifs, de qualités irréductibles à l'objet à définir, de marques substantielles nécessaires, prévisibles et universelles.
Voir la querelle au Moyen-Age des « universaux » pour qui l'homme peut être appréhendé par des catégories universelles , générales indépendantes «des hommes » qui n'en sont que des exemplaires .
La nature de l'homme est ainsi d'être un animal raisonnable

b) les limites d'une définition de la « nature humaine » :

Abélard, philosophe « nominaliste » au XIIè siècle montre qu'il n'ya que des individus, des « hommes » qui possèdent la forme de l'humanité.
De même, Descartes dans la deuxième des Méditations métaphysiques rejette la définition de l'homme comme « animal raisonnable » « car il faudrait après rechercher ce que c'est qu'animal, ce que c'est que raisonnable, et ainsi d'une seule question nous tomberions en une infinité d'autres plus difficiles et embarrassées »


B. La définition présumée de l'homme suppose que la dénaturation par la culture soit artificialisation : l'homme cultivé serait une homme « artificiel » :


a) la tentation de confondre définition de l'homme et définition d'un objet :

Définir la nature de l'homme autrement dit son essence suppose qu'on puisse donner de l'homme une définition immuable, qui en saisisse les caractéristiques, la substance, comme on définit un objet mathématique ( un triangle comme une figure géométrique à trois côtés).

b) tentation de confondre nature de l'homme et homme à l'état de nature :

Si la culture dénature l'homme, c'est qu'il y aurait un processus par lequel l'homme « sortirait » d'un état, l'état de nature pour « entrer » dans l'état cultive.
Un tel état est-il historique ? l'homme naturel serait-il un homme primitif, préhistorique ?
Rousseau, dans le Discours sur l'origine et les fondement de l'inégalité parmi les hommes, construit une hypothèse de travail, une supposition pour comprendre comment se construit la culture en lien avec la fondation d'une société et ne donne aucune référence historique à « l'état de nature » dans lequel serait l'homme « avant » la culture.


II. Loin de dénaturer l'homme, la culture le révèle à sa véritable nature d'être contingent et historique :

A. La culture est possible comme processus de formation de l'homme du fait qu'il est perfectible :

a) la perfectibilité, condition de la réalisation continue de la nature de l'homme :

Rousseau, dans le Discours sur l'origine..., distingue l'homme de l'animal à travers le concept de perfectibilité, « faculté qui, à l'aide des circonstances, développe successivement toutes les autres, et réside parmi nous tant dans l'espèce que dans l'individu, au lieu qu'un animal est, au bout de quelque mois, ce qu'il sera toute sa vie. »
b) la nature de l'homme est d'être inscrit dans le temps et la culture est bien ce développement de sa nature dans le temps et l'espace :

La raison se perfectionne comme les passions au contact du monde et des autres et le processus d'humanisation et de formation ( au sens allemand de Bildung ) suppose un être temporel et historique
Cf. Kant, Réflexions sur l'éducation

B. La véritable nature de l'homme est de ne pas en avoir, d'être par la culture l'auteur de ce qu'il est comme de ce qu'il refuse à être :

a ) l'ambivalence de la culture :

L'humanisation est possible par la nature de l'homme d'être contingent et non nécessaire ( comme une idéalité mathématique dont on conçoit une définition)
Le processus de formation ou de culture concerne l'individu inscrit dans une histoire et la tragédie de l'histoire vient de ce qu'il est possible de produire de l'humainité comme de l'inhumanité.


c)la chute dans la barbarie comme dénaturation de l'humanité, au sens d'une perte de la valeur de l'homme appelé à se cultiver et à construire une culture :

cf. les réflexions d'H.Arendt sur Les origines du totalitarisme et Levi-Strauss dans Race et histoire : c'est l'hégémonie d'une culture sur une autre et le présupposé d'une « nature » humaine identifiée à la race qui dénature l'homme par nature être perfectible mais aussi capable de défigurer et de se défigurer dans la « banalité du mal » ( Arendt)



Conclusion :

Se demander si la culture dénature l'homme, c'est donc interroger la possibilité et les risques d'une définition stable et identique de l'homme par rapport à laquelle le risque d'exclusion ou d'extermination d'un « non-homme » est possible .
La dignité comme le tragique de l'humanité de l'homme viennent de ce qu'il est toujours appelé à respecter la dignité et l'humanité en lui et en l'autre comme il est capable de les nier.

 

 

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