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Sujet corrigé de français, brevet 2012. Sujet métropole

Brevet

 

 

 

Le sujet de Français, Brevet série collège :


Corrigé du Diplôme national du brevet 2012 série collège : le sujet de Français





*** Lire le sujet du brevet



QUESTIONS (15 points)

I. « Il était une fois… »

1. À quel genre appartient ce récit ? Justifiez votre réponse en donnant au
moins trois indices.
2. a) Pourquoi le calife décide-t-il d’organiser une compétition ?
b) En quoi consiste-t-elle ?
3. Citez trois traits de caractère du calife évoqués dans le texte. Justifiez
chacune de vos réponses à l’aide d’indices précis.
4. « Quel besoin avait-on d’une autre expérience ? » (ligne 1Cool
a) Qui parle et dans quel but ?
b) Comment ces paroles sont-elles rapportées ?

II. Deux banquets

5. a) Comment est formé le mot « incomparable » (ligne 1Cool ?
b) Expliquez sa signification en vous appuyant sur d’autres éléments des
lignes 15 à 18.
6. Pourquoi, avant le début du second repas, le second cuisinier est-il dans une
position moins favorable que le premier ?
7. a) « La finesse, l’originalité, la richesse et la succulence des plats »
(ligne 15) : quelle figure de style est ici employée et dans quelle intention ?
b) Relevez une série d’adjectifs qualifiant un plat du deuxième repas. Que
constatez-vous ?
8. Le second banquet joue-t-il le rôle attendu ? Justifiez votre réponse.

III. Réactions des convives et du calife

9. Quelles sont les trois réactions successives des convives durant le second
repas ? Justifiez vos réponses.
10. Comment le texte présente-t-il le châtiment du second cuisinier comme
inévitable ?
11. En quoi l’attitude du calife est-elle étonnante à la fin du texte ?
12. Cette « compétition » se révèle-t-elle si « plaisante » qu’elle promettait de
l’être (ligne 12) ? Expliquez votre réponse.


RÉÉCRITURE (4 points)

« Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table, aussi fin, original,
riche et succulent. »
Réécrivez cette phrase en la transformant au passé composé et en mettant « plat » au pluriel.





PROPOSITION DE CORRECTION


Dictée


Puis, une clameur s’éleva, où l’on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l’oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l’oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l’attaqua pas tout de suite.

Emile Zola, L’Assommoir (1877).

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LE TEXTE

Il était une fois un calife d’Ispahan qui avait perdu son cuisinier. Il ordonna donc à son intendant de se mettre en quête d’un nouveau chef digne de remplir les fonctions de chef des cuisines du palais.

Les jours passèrent. Le calife s’impatienta et convoqua son intendant.
- Alors ? As-tu trouvé l’homme qu’il nous faut ?
- Seigneur, je suis bien embarrassé, répondit l’intendant. Car je n’ai pas trouvé un cuisinier, mais deux tout à fait dignes de remplir ces hautes fonctions, et je ne sais comment les départager.
- Qu’à cela ne tienne, dit le calife, je m’en charge. Dimanche prochain, l’un de ces deux hommes désigné par le sort nous fera festoyer, la cour et moi-même. Le dimanche suivant, ce sera au tour de l’autre. À la fin de ce second repas, je désignerai le vainqueur de cette plaisante compétition.

Ainsi fut fait. Le premier dimanche, le cuisinier désigné par le sort se chargea du déjeuner de la cour. Tout le monde attendait avec la plus gourmande curiosité ce qui allait être servi. Or la finesse, l’originalité, la richesse et la succulence des plats qui se succédèrent sur la table dépassèrent toute attente. L’enthousiasme des convives était tel qu’ils pressaient le calife de nommer sans plus attendre chef des cuisines du palais l’auteur de ce festin incomparable. Quel besoin avait-on d’une autre expérience ? Mais le calife demeura inébranlable. « Attendons dimanche, dit-il, et laissons sa chance à l’autre concurrent. »

Une semaine passa, et toute la cour se retrouva autour de la même table pour goûter le chef-d’œuvre du second cuisinier. L’impatience était vive, mais le souvenir délectable du festin précédent créait une prévention1 contre lui.

Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table : c’était le même que le premier plat du premier banquet. Aussi fin, original, riche et succulent, mais identique. Il y eut des rires et des murmures quand le deuxième plat s’avéra à son tour reproduire fidèlement le deuxième plat du premier banquet. Mais ensuite un silence consterné pesa sur les convives, lorsqu’il apparut que les plats suivants étaient eux aussi les mêmes que ceux du dimanche précédent. Il fallait se rendre à l’évidence : le second cuisinier imitait point par point son concurrent.

Or chacun savait que le calife était un tyran ombrageux2, et ne tolérait pas que quiconque se moquât de lui, un cuisinier moins qu’aucun autre, et la cour tout entière attendait épouvantée, en jetant vers lui des regards furtifs, la colère dont il allait foudroyer d’un instant à l’autre le fauteur3 de cette misérable farce. Mais le calife mangeait imperturbablement.

Michel Tournier, Les Deux Banquets ou la commémoration, Gallimard, 1989.

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Questions





I. Il était une fois


1. Ce récit appartient au genre du conte. En effet, il commence par « Il était une fois », il se passe dans un endroit lointain, les verbes sont au passé (imparfait-passé simple), il y a une situation initiale (premier paragraphe), un élément perturbateur (2e paragraphe), et des péripéties (l.12 à la fin).


2. a) Le calife décide d’organiser une compétition afin de départager les deux cuisiniers que lui a trouvés son intendant pour remplacer son cuisinier habituel. Il souhaite que le meilleur travaille à son service. Cette compétition lui permettra également de bien festoyer, car les cuisiniers donneront le meilleur d’eux-mêmes.


b) La compétition entre les deux cuisiniers consiste à préparer un banquet pour le calife d’Ispahan et sa cour.


3. Les réponses possibles concernant les traits de caractère du calife sont : impartial (« inébranlable »), tyrannique (« tyran »), colérique, susceptible (« ombrageux »), intolérant (« ne tolérait quiconque »).


4. a) Ce sont les convives assistant au banquet qui parlent dans le but de faire choisir le cuisinier de ce repas/ que ce cuisinier soit choisi sans que l’autre se présente….


b) Ces paroles sont rapportées au discours indirect libre. Le sujet-verbe est inversé, il n’y a pas de guillemets encadrant cette phrase, le verbe est à l’imparfait. Cette phrase exprime les conversations que tiennent les invités entre eux. Ils ne s’adressent pas directement au Calife, ils essayent de lui faire passer un message implicitement. On est donc dans un « discours indirect libre ».

II. Deux banquets

5. a) Le mot incomparable est formé du préfixe « in- », du radicale « compar » (verbe comparer) et du suffixe « -able ».

b) Sa signification est qui ne peut être comparé du fait de sa « finesse », son « originalité », sa « richesse » et de sa « succulence ». Ce « festin » dépasse « toute attente ».

6. Le second cuisinier a une position moins favorable car le premier cuisinier a beaucoup plu aux convives qui voulaient déjà le choisir. Il va devoir faire mieux que le premier.


7. a) La figure de style est l’énumération, dans l’intention de décrire le festin de manière hyperbolique (gradation) et de montrer la richesse de ce festin en multipliant les caractéristiques.

b) « fin, original, riche est succulent ». Nous constatons qu’il s’agit des mêmes qualificatifs que pour le premier banquet (mots de la même famille et dans le même ordre).


8. Le second banquet ne joue pas vraiment le rôle attendu puisque tout le monde est étonné du fait qu’il soit identique au premier. Cependant, le fait que les deux banquets soient composés des mêmes plats permet de comparer le talent des cuisiniers de façon très juste.


III. Réactions des convives

9. Les trois réactions sont la surprise/l’étonnement (« Grande fut la surprise générale » l.24), la bonne humeur/l’amusement (« rires et murmures » l. 26) et la consternation (« silence consterné » l. 2Cool.

10. Le texte présente le châtiment du second cuisinier comme inévitable en utilisant le point de vue de la cour et la connaissance qu’elle a du tyran « chacun savait », attendait épouvantée »…

11. L’attitude du calife est étonnante car elle ne correspond pas à l’attente du lecteur. On s’attend à ce qu’il s’énerve alors qu’il reste imperturbable.

12. Au début du texte cette compétition est effectivement plaisante du fait de la « finesse, originalité, richesse et succulence » du premier « festin ». Mais, au milieu du second banquet, l’imitation du premier festin fait craindre à la cour la colère du calife tyrannique. Les convives sont alors épouvantés.

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Réécriture


« Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table, aussi fin, original, riche et succulent. » Réécrivez cette phrase en la transformant au passé composé et en mettant « plat » au pluriel.


Grande a été la surprise générale quand les premiers plats sont arrivés sur la table, aussi fins, originaux, riches et succulents.

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Rédaction


A la fin du repas, le calife fait venir les deux cuisiniers devant la cour et demande au second cuisinier de s’expliquer. Après l’avoir écouté, le calife annonce sa décision et la justifie. Racontez cette scène en introduisant dans le récit les paroles échangées et en décrivant les réactions des différents personnages présents.


C’était un sujet ouvert et assez simple. Plusieurs possibilités étaient envisageables. Il fallait être imaginatif.

Il s’agit d’une suite de texte, il fallait donc écrire au passé, respecter le niveau de langue. Il fallait écrire un récit avec des dialogues au discours direct et décrire les réactions des convives, du calife et des cuisiniers.

Vous pouviez vous appuyer sur la description du calife de votre texte, le présenter comme colérique et tyrannique, s’énervant à outrance face à une cour terrifiée ou bien gardant son calme face à des convives étonnés et craintifs. La justification était à inventer, vous pouviez dire que le second cuisinier avait triché mais comme les plats sont identiques, vous pouviez imaginer que les deux avaient cuisiné ensemble ou autre…

Il s’agissait d’un conte, il fallait donc écrire un élément de résolution dans laquelle le bon cuisiner était récompensé et choisi et une situation finale finissant bien comme par exemple : « Ce chef, apprécié de tous, régala la cour et le calife de ses mets délicieux et inimitables ».

Exemple de début de rédaction

A la fin du repas, le calife fit venir les deux cuisiniers devant la cour. Celle-ci, épouvantée, attendait la justification du second cuisinier. Le calife, imperturbable, ne laissant transparaitre aucune émotion, et après avoir remercié le premier cuisinier pour l’excellence de son repas, s’adressa au second chef : « Dites-moi comment vous est venue l’idée de nous présenter ces plats ?

- Je les ai choisis parce que…. », rétorqua le cuisinier.



Correction proposée par le web pédagogique 


_________________

 

Rédaction n° 2



A la fin du repas, le calife fait venir les deux cuisiniers devant la cour et demande au second cuisinier de s’expliquer. Après l’avoir écouté, le calife annonce sa décision et la justifie. Racontez cette scène en introduisant dans le récit les paroles échangées et en décrivant les réactions des différents personnages présents.


La cour résonnait avec les chuchotements d’anticipation et l’excitation des convives. Les deux cuisiniers s’assirent, baissant les yeux, leurs visages impassibles- si bien qu’il était impossible de deviner ce qu’il leur passait par la tête à ce moment précis. Le calife discutait intensément avec son intendant, et levait la tête à plusieurs reprises pour lancer aux cuisiniers un regard noir. Puis, il se leva abruptement et déclara:

•Votre attention, s’il vous plaît!


Le silence se fit.

•Second cuisinier! Quel est ton prénom?


Le cuisinier se leva et répondit d’une voix faible:

•Je suis Marius, Marius Jardin.


•Très bien. Marius, peux- tu m’expliquer pour quelle raison ton repas était identique à celui de ton concurrent?


•Je dois vous l’avouer, sire, que je n’en sais rien.


C'était la goutte d’eau qui fit déborder le vase:

•Comment ça? Tu es en train de me dire, jeune homme, que tu n’étais pas conscient du plat identique que tu préparais?


•Sire, laissez moi m’expliquer! C’est-à-dire que la préparation des plats s’est déroulée comme dans un rêve! Un moment je vous préparais des plats de toutes les couleurs, merveilleux et fantastiques, puis la prochaine, je portais des plats inconnus à mes yeux jusqu’à votre table.


La cour en rit; c’était absurde et complètement ridicule! Comment cela était-il possible? Mais tous furent surpris lorsque le calife resta dangereusement calme.

•Très bien, assieds toi, Marius.


Il se tourna donc vers son intendant et lui chuchota quelque chose d’inaudible. Ce dernier eut une mine horrifiée, mais hocha la tête à contrecoeur. Puis, le calife se retourna vers ses invités et dit d’une voix tonitruante:

•Silence!


Un silence de plomb se fit immédiatement dans la salle- personne n’osait se faire remarquer.

•J’ai pris ma décision. Le deuxième cuisinier, Monsieur Jardin, sera condamné à mort pour cette farce absolument enfantine qu’il a eu l’audace de faire.


A ce moment la, toute la salle éclata en un brouhaha monstrueux. Il y avait une confusion énorme car le calife ne s’était même pas expliqué! Mais ce dernier se leva et, tout simplement, sortit de la salle, laissant toute la cour, et les deux cuisiniers, bouches-bées.
 

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