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Textes complémentaires sur l'humanisme, Rabelais, Ronsard, Montaigne, Thomas More.

Ronsard

 

 

 

 

Textes complémentaires sur l'humanisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consultez les documents complémentaires

Ronsard

 

LES AMOURS

SONNET 90 « SOIT QUE SON ORSE CREPE LENTEMENT »

RONSARD 1552

POESIE DE LA RENAISSANCE

Soit que son or se crêpe lentement

Ou soit qu’il vague en deux glissantes ondes,

Qui çà, qui là par le sein vagabondes,

Et sur le col, nagent folâtrement ;

 

Ou soit qu’un cœur illustré richement

De maints rubis et maintes perles rondes,

Serre les flots de ses deux tresses blondes,

Mon cœur se plaît en son contentement.

 

Quel plaisir est-ce, ainçois quelle merveille,

Quand ses cheveux, troussés dessus l’oreille,

D’une Vénus imitent la façon ?

 

Quand d’un bonnet son chef elle adonise,

Et qu’on ne sait s’elle est fille ou garçon,

Tant sa beauté en tous deux se déguise ?

 

Ronsard est né en 1524 dans une famille de noblesse ancienne. Il passe sa jeunesse au milieu de la nature. Il a fréquenté très tôt la cour puisqu’il fut le page de Charles d’Orléans fils de François 1er.

Devenu sourd, il abandonne la carrière diplomatique et se consacre à la poésie. En 1543, il est tonsuré et garde cet état de clerc, célibataire jusqu’à la mort. De nombreux poètes (comme Du Bellay) le rejoignent avec le souhait de renouveler la poésie française. Ils forment « la Brigade » (premier groupe de poètes réunis autour de Jean Dorat afin de renouveler la poésie en prenant pour modèle l’Antiquité grecque et latine) qui deviendra plus tard « la Pléiade ».

Ce sonnet est composé de quatre strophes qui, chacune évoque une coiffure de la femme aimée.

La première les décrit dénoués, la deuxième, des tresses, la troisième évoque une coiffure plus sobre avec les cheveux remontés au dessus des oreilles et dans la dernière , la femme est coiffée d’un bonnet. La transition se fait à travers les sentiments du poète « Mon cœur se plait ».

Dans la première c’est une femme dans son intimité qui apparait sensuelle et dans la deuxième, c’est une femme mondaine apprêtée à séduire. La troisième évoque une déesse et la quatrième un jeune homme. Enfin, le sonnet se termine avec une chute ou « concetto » avec l’évocation paradoxale de la jeune femme sous les traits d’un jeune homme et la disparition de la chevelure sous le bonnet.

Ce poème est rendu vivant grâce aux images poétiques qu’il incorpore. La chevelure est désignée par une métaphore « son or », qui rend la couleur de ces cheveux blonds à travers ce métal précieux. La richesse est aussi évoquée à travers « rubis » et « perles ». La métaphore maritime est aussi présente à travers « vague », « ondes », « nager », « flots.

Il y a ensuite les images mythologiques à travers une comparaison avec vénus (déesse de l’amour ). Ensuite elle est comparée à Adonis ( un jeune homme très beau aimé par Aphrodite).

A travers ces images, on voit donc se dessiner une femme séduisante et changeante, qui peut prendre différentes figures selon ses coiffures.

On peut parler de Blason qui est un genre poétique très illustré au XI siècle . C’est une pièce de vers descriptive (élogieuse ou critique) qui procède par énumération de détails sans aller dans une description d’ensemble. Il s’agit donc d’un blason de cheveux de la dame. Les différentes coiffures permettent de faire un portrait élogieux et érotique de la femme aimée en la montrant sous différentes facettes. Cette dernière est donc célébrée.

Ce poème rivalise avec la peinture pour décrire la chevelure de Cassandre.

 

L’HUMANISME RABELAISIEN

L education de gargantua gustave dore 1

GARGANTUA est un roman particulièrement intéressant pour illustrer l’Humanisme car il aborde des thèmes fondamentaux comme la religion, la politique ou l’éducation.

Le comique et le sérieux se mêlent pour faire de ce roman une œuvre plaisante et instructive, comme l’annonçait l’auteur dans le prologue.

Rabelais s’adresse à des lecteurs cultivés. Il faut donc interpréter le roman dans le sens transcendant. Il n’est cependant pas toujours facile de retrouver toutes les allusions cachées par l’auteur.

Certaines réflexions, qui s’insèrent dans la narration, reflètent les discussions savantes de son temps. C’est le cas du débat sur la durée des grossesses qui intervient au moment de la naissance du géant au chapitre 3. Il s’agissait d’une question débattue par les médecins humanistes se référant à Aristote pour contredire le code de Justinien qui n’acceptait pas qu’une femme puisse porter un enfant plus de dix mois.

Le chapitre 9 sur les couleurs est aussi un écho des discussions humanistes sur les blasons.

Rabelais a reçu l’éducation qui avait cours à l’époque( enseignée au Moyen Age). : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie.

Il entre dans les ordres religieux comme novice vers 1510. Dans les différents monastères qu’il a fréquentés, Rabelais acquiert une culture humaniste qui n’est pas toujours bien vue par ses supérieurs désireux de faire respecter une règle stricte plutôt que de développer les connaissances.

Il apprend le grec . Il lit la Bible et l’évangile dans le texte grec et participe au mouvement évangélique qui veut réformer l’église catholique.

Sa formation intellectuelle va s’enrichir d’une autre vocation, la médecine. En s’occupant des corps comme de l’esprit ; Rabelais est un digne représentant de l’humanisme.

Toutes ces connaissances qu’il a apprises apparaissent dans le programme de la lettre à Pantagruel. La médecine avait un grand succès à l’époque et Erasme avec qui Rabelais a été en contact encourageait les jeunes gens à embrasser cette profession.

L’Antiquité reste un modèle pour les cours de médecine Hippocrate et Galien sont pour Rabelais une référence.

Dès 1532, il commence à publier ses œuvres sous le pseudonyme d’Alcofrybas Nasier : anagramme de François Rabelais. Son œuvre littéraire se poursuit tout au long de sa vie malgré la censure et les attaques. Son combat pour la liberté de penser et une foi éclairée était bien soutenu par les rois.

Les grands épisodes du roman :

  • Chap 1 à 7 : naissance du héros sur un mode comique

  • Chap 8 à 24 : jeunesse et formation du jeune géant avec la mauvaise puis la bonne éducation

  • Chap 25 à 49 : Picrochole déclare la guerre à grandgousier, Gargantua et frère Jean y participent et gagnent la bataille.

  • Chap 50 à 58 : la guerre est terminée et Gargantua récompense ses alliés, en particulier frère Jean à qui il offre l’abbaye de Thélème, lieu de liberté.

Le roman Gargantua s’inspire de plusieurs genres : il s’inspire des romans de chevalerie puisqu’on y retrouve la jeunesse et la formation du héros, puis ses exploits. Ce héros a des adjuvants et des ennemis et finit par vaincre en faisant preuve de grandeur et de noblesse.

Mais ce genre est parodié par l’auteur qui mêle toutes les avanture du géant à des épisodes comiques.

Il s’inspire aussi des épopées de l’Antiquité. Mais le genre est aussi parodié car l’épopée est un genre élevé qui doit chanter en vers des prouesses (Illiade et Odyssée) ; alors que dans Gargantua le comique bas se mêle à la prouesse quand gargantua noie ses adversaires avec l’urine de sa jument.

Rabelais a cherché dans tous les domaines de la littérature et de la culture populaire pour construire son roman. Cela montre son ouverture d’esprit et sa culture. C’est aussi un moyen d’attirer des lecteurs d’horizons très divers, érudits humanistes et lecteurs désireux de se distraire.

Au comique se mêlent les réflexions philosophiques, les propos de l’éducation ou l’inspiration évangélique.

 

 

 

Machiavel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le prince chap VXIII

COMMENT LES PRINCES DOIVENT TENIR PAROLE

MACHIAVEL

Machiavel, Le Prince, Chapitre XVIII « Comment les Princes doivent tenir parole »

(1513)

Chacun comprend combien il est louable pour un prince d’être fidèle à sa parole et d’agir toujours franchement et sans artifice. De notre temps, néanmoins, nous avons vu de grandes choses exécutées par des princes qui faisaient peu de cas de

cette fidélité et qui savaient en imposer aux hommes par la ruse. Nous avons vu ces princes l’emporter enfin sur ceux qui prenaient la loyauté pour base de toute leur conduite.

On peut combattre de deux manières : ou avec les lois, ou avec la force. La première est propre à l’homme, la Première est celle des bêtes ; mais comme souvent celle-là ne suffit point, on est obligé de recourir à l’autre : il faut donc qu’un prince

sache agir à propos, et en bête et en homme. C’est ce que les anciens écrivains ont enseigné allégoriquement, en racontant qu’Achille et plusieurs autres héros de l’Antiquité avaient été confiés au centaure Chiron, pour qu’il les nourrît et les élevât.

Par là, en effet, et par cet instituteur moitié homme et moitié bête, ils ont voulu signifier qu’un prince doit avoir en quelque sorte ces deux natures, et que l’une a besoin d’être soutenue par l’autre. Le prince, devant donc agir en bête, tâchera d’être

tout à la fois renard et lion : car, s’il n’est que lion, il n’apercevra point les pièges ; s’il n’est que renard, il ne se défendra point contre les loups ; et il a également besoin d’être renard pour connaître les pièges, et lion pour épouvanter les loups. Ceux

qui s’en tiennent tout simplement à être lions sont très malhabiles.

Traduction de Jean-Vincent Périès (1825)

Le prince est un traité politique adressé à Laurent de Médicis , écrit en italien en 1513 dans lequel l’auteur prend la parole en son nom pour donner des conseils au prince.

Il soutient que le Prince doit prendre en compte la réalité de ce que les hommes (mauvais de nature), pour gouverner. C'est-à-dire qu’il faut laisser la morale de côté pour être le plus efficace.

Ce délaissement de la morale doit être compris par le lecteur comme un pragmatisme de la part du Prince qui doit savoir user de la force ou de la ruse quand il est nécessaire.

Le recours à l’image mythologique de chiron apporte la caution de l’Antiquité . (Chiron mi-cheval ,mi divin était réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissance. Il a éduqué plusieurs héros comme Achille ou Héraclès).

Pour Machiavel , il faut gouverner en tenant compte de la nature de l’Homme : mi-homme, mi-bête

Thomas more 1

 

UTOPIA II ; DES MAGISTRATS ;THOMAS MORE 1516

Trente familles font, tous les ans, élection d’un magistrat, appelé syphogrante dans

le vieux langage du pays, et philarque dans le moderne.

Dix syphograntes et leurs trois cents familles obéissent à un protophilarque, anciennement

nommé tranibore.

Enfin, les syphograntes, au nombre de douze cents, après avoir fait serment de

donner leurs voix au citoyen le plus moral et le plus capable, choisissent au scrutin

secret, et proclament prince, l’un des quatre citoyens proposé par le peuple ; car, la

ville étant partagée en quatre sections, chaque quartier présente son élu au sénat.

La principauté est à vie, à moins que le prince ne soit soupçonné d’aspirer à la tyrannie.

Les tranibores sont nommés tous les ans, mais on ne les change pas sans

de graves motifs. Les autres magistrats sont annuellement renouvelés.

Tous les trois jours, plus souvent si le cas l’exige, les tranibores tiennent conseil

avec le prince, pour délibérer sur les affaires du pays, et terminer au plus vite les

procès qui s’élèvent entre particuliers, procès du reste excessivement rares. Deux

syphograntes assistent à chacune des séances du sénat, et ces deux magistrats

populaires changent à chaque séance.

La loi veut que les motions d’intérêt général soient discutées dans le sénat trois

jours avant d’aller aux voix et de convertir la proposition en décret.

Se réunir hors le sénat et les assemblées du peuple pour délibérer sur les affaires

publiques est un crime puni de mort.

Ces institutions ont pour but d’empêcher le prince et les tranibores de conspirer

ensemble contre la liberté, d’opprimer le peuple par des lois tyranniques, et de

changer la forme du gouvernement. La constitution est tellement vigilante à cet

égard que les questions de haute importance sont déférées aux comices des syphograntes,

qui en donnent communication à leurs familles. La chose est alors examinée

en assemblée du peuple ; puis, les syphograntes, après en avoir délibéré,

transmettent au sénat leur avis et la volonté du peuple. Quelquefois même l’opinion

de l’île entière est consultée.

Traduction française par Victor Stouvenel (1842)

Dans ce récit, Thomas More décrit une île parfaite « l’île de l’Utopie ». Il y représente l’organisation idéale d’une société.

L’exemple grec est bien présent à travers Platon et sa république. Toute la description de l’île témoigne d’une grande liberté dans l’invention d’un monde plus égalitaire et plus juste. Les hommes ne sont plus asservis à un tyran, ni aux richesses.

D’un point de vue religieux, les utopiens gardent une grande modération dans leurs pratiques religieuses.

L’île est donc une société très organisée dont les institutions doivent permettre de conserver la liberté du peuple. C’est un nouveau modèle d’institution qui remet en cause implicitement le modèle actuel européen. Son modèle est tout à fait cohérent (nombre de magistrats, fréquence des réunions…). Le temps nous a prouvé que le genre de l’utopie a connu un succès dans l’histoire de la pensée et la création littéraire ( Voltaire avec le pays d’Eldorado ou Diderot dans le supplément au voyage de bougainville)

 

Michel de montaigne 1

 

MONTAIGNE. ESSAIS . LIVRE I ; 26 DE L’INSTITUTION DES ENFANTS

La charge du gouverneur que vous lui donnerez, du choix duquel dépend tout l’effet

de son institution, elle a plusieurs autres grandes parties, mais je n’y touche point,

pour n’y savoir rien apporter qui vaille ; et de cet article, sur lequel je me mêle de

lui donner, il m’en croira autant qu’il y verra d’apparence10. À un enfant de maison11

qui recherche les lettres, non pour le gain (car une fin si abjecte est indigne de la

grâce et de la faveur des Muses, et puis elle regarde et dépend d’autrui) ni tant pour

les commodités externes que pour les siennes propres, et pour s’en enrichir et parer

au dedans, ayant plutôt envie d’en tirer un habile homme qu’un homme savant,

je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la

tête bien faite que bien pleine, et qu’on y requît tous les deux12 mais plus les moeurs

et l’entendement que la science ; et qu’il se conduisît en sa charge d’une nouvelle

manière.

On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir, et

notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât

cette partie, et que, de belle arrivée13, selon la portée de l’âme qu’il a en main, il

commençât à la mettre sur la montre14, lui faisant goûter les choses, les choisir et

discerner d’elle-même ; quelquefois lui ouvrant chemin, quelquefois le lui laissant

ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle seul, je veux qu’il écoute son disciple

parler à son tour. Socrate et depuis Arcesilas faisaient premièrement parler leurs

disciples, et puis ils parlaient à eux. « Obest plerumque iis qui discere volunt auctoritas

eorum qui docent15. »

Il est bon qu’il le fasse trotter devant lui pour juger de son train, et juger jusques à

quel point il se doit ravaler16 pour s’accommoder à sa force. À faute de cette proportion,

nous gâtons tout ; et de la savoir choisir, et s’y conduire bien mesurément,

c’est l’une des plus ardues besognes que je sache ; et est l’effet d’une haute âme et

bien forte, savoir condescendre à ses allures puériles et les guider. Je marche plus

sûr et plus ferme à mont qu’à val.

Ceux qui, comme porte notre usage, entreprennent d’une même leçon et pareille

mesure de conduite régenter plusieurs esprits de si diverses mesures et formes, ce

n’est pas merveille si, en tout un peuple d’enfants, ils en rencontrent à peine deux

ou trois qui rapportent quelque juste fruit de leur discipline.

Qu’il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et

de la substance, et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le témoignage de sa

mémoire, mais de sa vie. Que ce qu’il viendra d’apprendre, il le lui fasse mettre en

cent visages et accommoder à autant de divers sujets, pour voir s’il l’a encore bien

pris et bien fait sien, prenant l’instruction de son progrès des pédagogismes de Platon.

C’est témoignage de crudité et indigestion que de regorger la viande comme on

l’a avalée. L’estomac n’a pas fait son opération, s’il n’a fait changer et la forme à ce

qu’on lui avait donné à cuire.

 

 

Dans cet extrait Montaigne ne propose pas un contenu de connaissance mais plutôt une méthode pédagogique. Il est donc différent du programme de Gargantua. On peut même dire que les deux programmes s’opposent puisque gargantua propose un « abime de science » alors que Montaigne parle d’une « tête bien faite plutôt que bien pleine. »

Gargantua a conçu un programme sans se soucier du destinataire alors que Montaigne a comme première préoccupation la réception du message : comment l’élève va-t-il apprendre ? Que retiendra- t-il ? L’élève de Montaigne devient sujet et actif dans son apprentissage.

C’est le professeur qui va vers l’élève et non le contraire. C’est donc le rythme de l’élève qui est suivi.

Tous deux s’accordent sur la question de la morale. Pour Gargantua « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », et Montaigne met l’accent sur « les mœurs ».

L’enseignement théorique doit être mis en pratique chez les deux.

Pour Montaigne les références antiques sont nécessaires pour enrichir la réflexion.

Montaigne propose donc bien une éducation humaniste puisqu’il fait référence aux auteurs antiques (Socrate) et qu’il met tout comme les humanistes l’Homme au centre des préoccupations. La formation que propose Montaigne permet à l’élève d’exploiter pleinement toutes ses capacités puisque il doit s’approprier les savoirs .

Il propose aussi d’adapter l’enseignement à chaque enfant afin que chacun trouve le moyen de se réaliser.

Cette méthode a inspiré Rousseau dans son traité de l’éducation Emile ou de l’éducation.

« Emile a peu de connaissances, mais celles qu’il a sont véritablement siennes….. comme dit Montaigne, sinon instruit, du moins instruisable…. Mon objet n’est point de lui donner la science, mais de lui apprendre à l’acquérir… »

Cette filiation est révélatrice des liens étroits qui unissent l’humanisme aux Lumières, même préoccupation pour l’Homme et en particulier pour sa formation.

 

L education de gargantua gustave dore 1

 

 

 

 

RABELAIS

LA MAUVAISE EDUCATION 

 

Voici la méthode des précepteurs sophistes d’abord suivie par Gargantua, qui en

est devenu « fou, niais, tout rêveux et rassoté » avant d’être pris en charge par Ponocrates.

Il employait donc son temps de telle sorte que : il s’éveillait d’ordinaire entre huit

et neuf heures, qu’il fasse jour ou non. C’est ce qu’avaient ordonné ses anciens

maîtres, alléguant les paroles de David : C’est vanité que de vous lever avant la lumière.

Puis il gambadait, sautillait, se vautrait sur la paillasse un bon moment pour mieux

ragaillardir ses esprits animaux ; et il s’habillait selon la saison, mais portait volontiers

une grande et longue robe de grosse laine grège, fourrée de renard. Après,

il se peignait avec le peigne d’Almain17, c’est-à-dire avec les quatre doigts et le

pouce, car ses précepteurs disaient que se peigner, se laver et se nettoyer de toute

autre façon revenait à perdre son temps en ce monde. [ ...]

Après avoir déjeuné bien comme il faut, il allait à l’église et on lui apportait dans un

grand panier un gros bréviaire emmitouflé, pesant tant en graisse qu’en fermoirs et

parchemins, onze quintaux six livres, à peu de choses près. Là, il entendait vingt-six

ou trente messes.

À ce moment-là, venait son diseur d’heures en titre, encapuchonné comme une

huppe, ayant immunisé son haleine à coups de sirop de vigne. Il marmonnait avec

lui toutes ces kyrielles et les épluchait si soigneusement que pas un seul grain n’en

tombait à terre.

Au sortir de l’église, on lui apportait sur un fardier à boeufs un tas de chapelets de

Saint-Claude, dont chaque grain était gros comme le moule d’un bonnet ; et en se

promenant à travers les cloîtres, les galeries et le jardin, il en disait plus que seize

ermites.

Puis il étudiait pendant une méchante demi-heure, les yeux assis sur le livre, mais,

comme dit le Comique18, son âme était à la cuisine.

 

 

LA BONNE EDUCATION

 

Gargantua s’éveillait donc vers quatre heures du matin. Pendant qu’on le frictionnait,

on lui lisait quelque pages des Saintes Écritures, à voix haute et claire, avec

la prononciation requise. Cet office était dévolu à un jeune page, natif de Basché19,

nommé Anagnostes. Suivant le thème et le sujet du passage, bien souvent il s’appliquait

à révérer, adorer, prier et supplier le bon Dieu dont la majesté et les merveilleux

jugements apparaissaient à la lecture.

Puis il allait aux lieux secrets excréter le produit des digestions naturelles. Là, son

précepteur répétait ce qu’on avait lu et lui expliquait les passages les plus obscurs

et les plus difficiles.

En revenant, ils considéraient l’état du ciel, regardant s’il était comme ils l’avaient

remarqué la veille au soir et en quels signes entrait le soleil, et aussi la lune, ce

jour-là.

Cela fait, il était habillé, peigné, coiffé, apprêté et parfumé, et pendant ce temps, on

lui répétait les leçons de la veille. Lui-même les récitait par coeur et y appliquait des

exemples pratiques concernant la condition humaine ; ils poursuivaient quelquefois

ce propos pendant deux ou trois heures, mais d’habitude ils s’arrêtaient quand il

était complètement habillé.

Ensuite, pendant trois bonnes heures, on lui faisait la lecture.

Cela fait, ils sortaient, toujours en discutant du sujet de la lecture, et allaient faire

du sport au Grand Braque20 ou dans les prés ; ils jouaient à la balle, à la paume,

au ballon à trois, galantement s’exerçant élégamment les corps, comme ils avaient

auparavant exercé les âmes.

(…)

Cependant, Monsieur l’Appétit venait et c’était juste au bon moment qu’ils s’asseyaient

à table.

Au début du repas, on lisait quelque plaisante histoire des gestes21 anciennes,

jusqu’à ce qu’il eût pris son vin.

Alors, si on le jugeait bon, on poursuivait la lecture, ou ils commençaient à deviser

ensemble, joyeusement, parlant pendant les premiers mois des vertus et propriétés,

de l’efficacité et de la nature de tout ce qui leur était servi à table : du pain, du

vin, de l’eau, du sel, des viandes, des poissons, des fruits, des herbes, des racines

et de leur préparation. Ce faisant, Gargantua apprit en peu de temps tous les passages

relatifs à ce sujet dans Pline, Athénée, Dioscorides, Julius Pollux, Galien,

Porphyre, Oppien, Polybe, Héliodore, Aristote, Elien et d’autres.

 

Dans le premier texte , il s’agit d’une éducation médiévale qui est critiquée. Les soins du corps sont négligés. L’enseignement religieux consiste à écouter des messes et apprendre des textes par cœur sans réfléchir. Cet enseignement ne porte pas ses fruits. De plus les citations de la bible sans mal interprétées.

Rabelais utilise les hyperboles pour faire la satire de cet enseignement. Ces dernières soulignent l’aspect répétitif et stupide d’un apprentissage qui privilégie plus la quantité que la qualité « onze quintaux », « six livres », « vingt et six ou trente messes ». Tout cela sert le comique et la satire de l’enseignement médiéval.

Face à ses exagérations s’oppose le peu de temps consacré à l’étude proprement dite « quelque méchante demi-heure ».

Dans le deuxième texte, Rabelais propose une autre éducation, à commencer par l’heure du lever « quatre heures du matin ». Toute la journée est consacrée à développer chez Gargantua ses aptitudes naturelles. Aucun moment n’est perdu selon l’idéal des humanistes.

Le corps et l’esprit sont importants. Pour le premier l’hygiène est fondamentale ainsi que l’élégance. L’exercice physique fait partie de cette formation. Ceci rappelle la citation de Juvénal « un esprit sain dans un corps sain » , citation emblématique de la Renaissance.

Pour les connaissances intellectuelles, l’enseignement religieux est basé sur la lecture de la Bible et non sur des commentaires. Cette lecture doit amener à une claire compréhension, ce à quoi l’aide son précepteur . (ça nous rappelle Erasme dans l’éloge de la folie quand il critiquait l’ignorance des moines.)

La méthode pédagogique de Rabelais, consiste à utiliser tous les moments de la journée pour améliorer la formation. Les jeux permettent d’exercer le corps et le repas l’occasion d’un cours de sciences naturelles. A tout moment, la lecture est faite (même aux lieux secrets).

La littérature choisie est antique comme en témoigne la liste des auteurs grecs cités en fin de passage car l’apprentissage du grec ancien est un apport de l’humanisme. Mais tout lien n’est pas rompu avec le Moyen Age puisque Gargantua est autorisé à entendre quelques histoires plaisantes des « anciennes prouesses », c'est-à-dire les romans de chevalerie.

 

A travers ces extraits, on voit se dessiner un idéal de chevalier chrétien, habile aussi bien dans l’art de la guerre que dans l’étude des textes religieux ; qui développe toutes ses capacités avec une curiosité infatigable pour tout ce qui l’entoure.

 

 

LA GUERRE PICROCHOLINE

RABELAIS

Ce disant, il mit bas son grand habit et se saisit du bâton de la croix, qui était en

coeur de cormier, long comme une lance, remplissant bien la main et quelque peu

semé de fleurs de lys, presque toutes effacées. Il sortit ainsi, en beau sarrau, mit

son froc en écharpe, et avec son bâton de croix, frappa si brutalement sur les ennemis

qui vendangeaient à travers le clos, sans ordre, sans enseigne, sans trompette

ni tambour : car les porte-drapeau et les porte-enseigne avaient laissé leurs

drapeaux et leurs enseignes le long des murs, les tambours avaient défoncé leurs

caisses d’un côté pour les emplir de raisins, les trompettes étaient chargées de

pampres, c’était la débandade ; il les cogna donc si roidement, sans crier gare,

qu’il les culbutait comme porcs en frappant à tort et à travers, comme les anciens

s’escrimaient.

Aux uns, il écrabouillait la cervelle, à d’autres, il brisait bras et jambes, à d’autres,

il démettait les vertèbres du cou, à d’autres, il disloquait les reins, effondrait le

nez, pochait les yeux, fendait les mâchoires, enfonçait les dents dans la gueule,

défonçait les omoplates, meurtrissait les jambes, déboîtait les fémurs, débezillait

les fauciles.

Si l’un d’eux cherchait à se cacher au plus épais des ceps, il lui froissait toute l’arête

du dos et lui cassait les reins comme à un chien.

Si un autre cherchait son salut en fuyant, il lui faisait voler la tête en morceaux en

le frappant à la suture occipito-pariétale.

Si un autre grimpait à un arbre, croyant y être en sécurité, avec son bâton, il l’empalait

par le fondement.

Si quelque ancienne connaissance lui criait : « Ah ! Frère Jean, mon ami, frère Jean,

je me rends ! »

Tu y es, disait-il, bien forcé, mais tu rendras du même coup ton âme à tous les

diables ! »

Et sans attendre, il lui assenait une volée. Et si quelqu’un se trouvait suffisamment

flambant de témérité pour pouvoir lui résister en face, c’est alors qu’il montrait la

force de ses muscles, car il lui transperçait la poitrine à travers le médiastin et le

coeur. À d’autres, qu’il frappait au défaut des côtes, il retournait l’estomac et ils en

mouraient sur-le-champ. À d’autres, il crevait si violemment le nombril, qu’il leur

en faisait sortir les tripes. À d’autres, il perçait le boyau du cul entre les couilles.

Croyez bien que c’était le plus horrible spectacle qu’on ait jamais vu.

Les uns criaient : « Sainte Barbe ! ».

Les autres : « Saint Georges ! ».

Les autres : « Sainte Nitouche ! ».

Les autres : « Notre-Dame de Cunault ! de Lorette ! de Bonne Nouvelle ! de la Lenou

! de Rivière ! »

Les uns se vouaient à saint Jacques.

Les autres au Saint Suaire de Chambéry, mais il brûla trois mois après, si bien

qu’on n’en put sauver un seul brin.

 

Nous avons là une caractéristique des romans de chevalerie : un héros, seul, face à une multitude qui accomplit des exploits innombrables. Frère Jean est un véritable héros épique avec les verbes d’action « frappa », « brisait », « disloquait », « effondrait »…

Ces verbes d’action donnent une grande dynamique au texte.

L’intervention du narrateur souligne la violence du combat . « croyez bien que c’était le plus horrible spectacle qu’on ait jamais vu »

Ce qui est paradoxal c’est que ce combat ne s’est pas fait pour défendre une nation mais simplement une vigne !

La parodie commence ici puisque l’armée qu’a attaqué Frère Jean ressemble plus à des pillards ridicules qu’à de preux chevaliers.

En empruntant l’aspect épique des romans de chevalerie, Rabelais prend le soin de s’en détourner afin d’installer un comique bas d’une farce populaire. « comme porcs », « comme un chien », « perçait le boyau du cul entre les couilles ». On dirait que frère Jean a perdu le code de l’honneur.

De même que les précisions médicales des blessés « thorax », « cerveau pariétal » font sourire dans un tel contexte car elles sont décalées.

Cette scène fait sourire mais ce n’est pas son seul but. Car derrière le rire, se cache toujours quelque chose de sérieux. Et ici c’est la critique du clergé et de la guerre qui est faite.

Frère Jean est un personnage ambigu. On ne sait pas trop si Rabelais en fait un porte parole ou un représentant du clergé qu’il critique.

En effet même s’il utilise le « bâton de la croix », contre ses ennemis (respect des souhaits des évangélistes comme quoi rien n’est sacré), il n’en demeure pas moins qu’il s’attache plus à ses vignes qu’aux aspects spirituels.

La violence avec laquelle il tue ses ennemis est aussi étrange. Il ne fait preuve d’aucune charité quand un soldat se rend et lui demande de l’épargner. Au contraire aux propos « Je me rends », il réplique « tu rendras du même coup ton âme  ».

L’ensemble de l’épisode avec Picrochole est une critique de la guerre surtout quand elle est menée par les religieux qui devraient suivre la charité des évangiles.

La fin de l’extrait est une satire des superstitions populaires liées aux saints et aux reliques( le saint suaire qui a brulé).

Ainsi, la guerre, loin d’être magnifiée est ridiculisée tant dans le déroulement de la bataille que dans les motivations des combattants.

Ça nous rappelle Voltaire dans son ironie « rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées……la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface »

 

 

 

La vierge du chancelier

 

 

LA VIERGE DU CHANCELIER ROLIN : JAN VAN EYCK

 

 

 

Nicolas Rolin était chancelier (sorte de premier ministre) de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui possédait avec les Flandres l’un des plus riches duchés d’Europe au XV siècle. Rolin est riche et fait du mécénat en commandant ce tableau au peintre déjà célèbre Van EYCK. Il le lègue ensuite à l’église d’Autun.

La richesse de Nicolas Rolin est bien visible sur le tableau, il est vêtu d’un manteau brodé d’or et orné de fourrure. Sa puissance est aussi bien mise en évidence. IL occupe la moitié du tableau et bien qu’agenouillé il est représenté à la même taille que la vierge.

Ce tableau marque les débuts de la Renaissance car jusque là les êtres humains étaient représentés sur les bords des toiles et étaint d’une taille bien inférieure à celle des divins. Ici pour la première fois, l’Homme a autant d’importance que le Divin. Il occupe une place importante dans le tableau et même dans le monde. Le profane devient au même titre que le sacré, un sujet d’intérêt. Le Moyen Age est entrain de céder la place à la renaissance et à l’Humanisme.

L’arrière plan du tableau est aussi partagé en deux parties égales par un large fleuve. Derrière Nicolas Rolin, une petite ville, des plaines et des montagnes. A droite derrière la vierge, une ville magnifique aux églises splendides, aux cathédrales hérissées de tours et de flèches. Cette ville n’existe pas sur terre, c’est une représentation de la cité de Dieu. D’ailleurs l’enfant Jésus occupe une grande place dans cette vue, il tient à la main un globe, symbole de son influence sur le monde. Les deux mondes sont reliés par un pont.

La présence d’un paysage détaillé à l’arrière plan dans un tableau de l’époque médiévale qui est en toujours un sujet religieux est une nouveauté toute récente. Autre nouveauté , l’usage de la perspective dans le tableau(premier plan, deuxième plan, troisième plan) ainsi que des détails trompe-oeil comme les mains ou le nez du chancelier et les lignes de fuites créent de la profondeur.

Ce tableau réalisé à la fin de l’époque médiévale , à travers le traitement du sujet , la place accordée à l’homme et l’usage des perspectives annonce les peintures de la renaissance.

 

 

Botticelli primavera

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BOTTICELLI « LE PRINTEMPS »

Ce tableau a été réalisé par Sandro Botticelli, un peintre florentin au XV siècle. Il avait un grand succès avec les peintures à sujet religieux puis il s’est illustré dans des sujets profanes souvent d’inspiration mythologique.

Ce tableau a été réalisé en 1482 pour la famille Médicis avec laquelle il est très lié.

Il a été inspiré par des vers de l’humaniste florentin Ange Politien sur Vénus. Les personnages sont mythologiques.

Contrairement au tableau de Van Eyck, celui- là ne travaille pas sur la perspective et ne pose pas différents plans pour ses personnages. Les divinités s’organisent selon une symétrie centrale représentée par Vénus.

Cette toile est représentative des peintures de la renaissance à travers son inspiration antique et les personnages mythologique (Mercure, Vénus, Zéphyr,Chloris,Flora)

Comme le peintre Ronsard, Botticelli célèbre la beauté des femmes dans leurs attitudes, leurs vêtements et le dessin de leurs corps, de leurs visages et de leur chevelure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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