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Bac 2006, sujets de français, série L, la poésie, Aloysius, Rimbaud, Ponge et Michaux.

 

 

 

 

Rimbaud, le dormeur du val

 

 

 

Oral bac

 

 
   

 

 

 

 

 

SÉRIE L sujets bac français 2006



Objet d'étude : La poésie.
Textes :
Texte A - Aloysius
Bertrand, "La ronde sous la cloche", Gaspard de la nuit
Texte B - Arthur
Rimbaud "Les Ponts", Illuminations
Texte C - Arthur Rimbaud, "Aube",
Illuminations
Texte D - Henri Michaux, "La Jetée", (La Nuit remue, 1935,
repris dans Mes propriétés, L'Espace du dedans).
Texte E - Francis Ponge,
"Le pain", Le Parti pris des choses.



Texte A - Aloysius
Bertrand, "La ronde sous la cloche", Gaspard de la nuit.

C'était un
bâtiment lourd, presque carré, entouré de ruines, et dont la tour principale,
qui possédait encore son horloge, dominait tout le quartier.
Fenimore Cooper


Douze magiciens dansaient une ronde sous la grosse cloche de
Saint-Jean1. Ils évoquèrent l'orage l'un après l'autre, et du fond de mon lit je
comptai avec épouvante douze voix qui traversèrent processionnellement2 les
ténèbres.
Aussitôt la lune courut se cacher derrière les nuées, et une pluie
mêlée d'éclairs et de tourbillons fouetta ma fenêtre, tandis que les girouettes
criaient comme des grues en sentinelle sur qui crève l'averse dans les bois.

La chanterelle3 de mon luth, appendu à la cloison, éclata; mon chardonneret
battit de l'aile dans sa cage ; quelque esprit curieux tourna un feuillet du
Roman de la Rose qui dormait sur mon pupitre.
Mais soudain gronda la foudre
au haut de Saint-Jean. Les enchanteurs s'évanouirent frappés à mort, et je vis
de loin leurs livres de magie brûler comme une torche dans le noir clocher.

Cette effrayante lueur peignait des rouges flammes du purgatoire et de
l'enfer les murailles de la gothique église, et prolongeait sur les maisons
voisines l'ombre de la statue gigantesque de Saint-Jean.
Les girouettes se
rouillèrent; la lune fondit les nuées gris de perle ; la pluie ne tomba plus que
goutte à goutte des bords du toit, et la brise, ouvrant ma fenêtre mal close,
jeta sur mon oreiller les fleurs de mon jasmin secoué par l'orage.

1.
Saint-Jean : nom de la cathédrale de Dijon. Par ailleurs, saint Jean est
l'auteur de L'Apocalypse, dernier livre de la Bible, qui décrit la fin du monde.

2. processionnellement : à la façon d'un cortège.
3. chanterelle : corde
la plus fine et la plus aiguë d'un instrument à cordes et à manche.




Texte B : Arthur Rimbaud, "Les Ponts", Illuminations.


Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits,
ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur les premiers, et
ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés du canal, mais tous
tellement longs et légers que les rives chargées de dômes s'abaissent et
s'amoindrissent. Quelques-uns de ces ponts sont encore chargés de masures.
D'autres soutiennent des mâts, des signaux, de frêles parapets. Des accords
mineurs se croisent, et filent, des cordes montent des berges. On distingue une
veste rouge, peut-être d'autres costumes et des instruments de musique. Sont-ce
des airs populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d'hymnes
publics ? L'eau est grise et bleue, large comme un bras de mer. – Un rayon
blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.



Texte C
: Arthur Rimbaud, "Aube", Illuminations.

J'ai embrassé l'aube d'été.


Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les
camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les
haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se
levèrent sans bruit.
La première entreprise1 fut, dans le sentier déjà empli
de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au
wasserfall2 blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je
reconnus la déesse.
Alors, je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en
agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville
elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur
les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d'un bois de
lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son
immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il
était midi.

1. La première entreprise : la première à qui je m'adressai.

2. wasserfall : chute d'eau en allemand.



Texte D - Henri
Michaux, "La Jetée", (La Nuit remue, 1935, repris dans Mes propriétés, L'Espace
du dedans).

Depuis un mois que j’habitais Honfleur, je n’avais pas
encore vu la mer, car le médecin me faisait garder la chambre.
Mais hier
soir, lassé d’un tel isolement, je construisis, profitant du brouillard, une
jetée jusqu’à la mer.
Puis, tout au bout, laissant pendre mes jambes, je
regardai la mer, sous moi, qui respirait profondément.
Un murmure vint de
droite. C’était un homme assis comme moi, les jambes ballantes, et qui regardait
la mer. « A présent, dit-il, que je suis vieux, je vais en retirer tout ce que
j’y ai mis depuis des années.» Il se mit à tirer en se servant de poulies.

Et il sortit des richesses en abondance. Il en tirait des capitaines
d’autres âges en grand uniforme, des caisses cloutées de toutes sortes de choses
précieuses et des femmes habillées richement mais comme elles ne s’habillent
plus. Et chaque être ou chaque chose qu’il amenait à la surface, il le regardait
attentivement avec grand espoir, puis sans mot dire, tandis que son regard
s’éteignait, il poussait ça derrière lui. Nous remplîmes ainsi toute
l’estacade1. Ce qu’il y avait, je ne m’en souviens pas au juste, car je n’ai pas
de mémoire mais visiblement ce n’était pas satisfaisant, quelque chose en tout
était perdu, qu’il espérait retrouver et qui s’était fané.
Alors, il se mit
à rejeter tout à la mer.
Un long ruban ce qui tomba et qui, vous mouillant,
vous glaçait. Un dernier débris qu’il poussait l’entraîna lui-même.
Quant à
moi, grelottant de fièvre, comment je pus regagner mon lit, je me le demande.


1. estacade : digue, jetée.



Texte E - Francis Ponge, "Le
pain", Le Parti pris des choses.

La surface du pain est merveilleuse
d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si
l'on avait à disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des
Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous
dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes,
ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces
dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, sans un regard
pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l'on
nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont
comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois.
Lorsque le
pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les
unes des autres, et la masse en devient friable...
Mais brisons-la : car le
pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.




I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la
question suivante (4 points) :

Comment justifiez-vous que ces textes
appartiennent à la poésie ? Montrez qu'ils sont tous construits selon une
progression comparable.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des
sujets suivants (16 points) :

Commentaire
Vous commenterez le texte
d'Henri Michaux "La Jetée" (Texte D).

Dissertation
Dans "Les Ponts"
(texte B), Arthur Rimbaud met un terme à sa vision par cette phrase : "- Un
rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie".
En vous
appuyant sur les textes du corpus, et les poèmes que vous avez lus ou étudiés en
classe, vous vous demanderez si la poésie nous éloigne du réel ou nous fait
mieux percevoir la réalité.

Invention
Vous avez composé un recueil
de poèmes, en prose ou en vers, faisant une large part au rêve et à
l'imaginaire, à la manière d'Aloysius Bertrand. Vous écrivez à un éditeur pour
le convaincre de publier cet ouvrage et défendre votre démarche poétique.

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