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Le triomphe de la raison, Descartes, 1ère Méditation et Bertold Brecht : la vie de Galilée

Galilee

 

 

 

 

Descartes

 

 

Première méditation

Des choses que l’on peut révoquer en doute

Texte

(1 )Il y a déjà quelques temps que je me suis aperçu que, dès mes premières années, j’avais reçu quantités de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; (2) de façon qu’il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie de me défaire de toutes les opinions que j’avais reçues jusques alors en ma créance, et commencer tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences. (3) Mais cette entreprise me semblant être fort grande, j’ai attendu que j’eusse atteint un âge qui fût si mûr, que je n’en pusse espérer d’autre après lui, auquel je fusse plus propre à l’exécuter ; ce qui m’a fait différer si longtemps, que désormais je croirais commettre une faute, si j’employais encore à délibérer le temps qu’il me reste pour agir.

Maintenant donc que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, (4) je m’appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions. (5) Or il ne sera pas nécessaire pour arriver à ce dessein, de prouver qu’elles sont toutes fausses, de quoi je ne viendrai jamais à bout ; mais d’autant que la raison me persuade déjà que je ne dois pas moins soigneusement m’empêcher de donner créance aux choses qui ne sont pas certaines et indubitables, qu’à celles qui nous paraissent manifestement être fausses, le moindre sujet de douter que j’y trouverai suffira pour me les faire toutes rejeter. (6) Et pour cela il n’est pas besoin que je les examine chacune en particulier, ce qui serait un travail infini ; mais, parce que la ruine des fondements entraîne nécessairement avec soi tout le reste de l’édifice, je m’attaquerai d’abord aux principes sur lesquels toutes mes anciennes opinions étaient appuyées.

Commentaire

Le projet : « établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences ».

double constat (1) :

-Dans sa jeunesse, il a reçu une grande quantité de connaissances ou plutôt d’opinions, qu'il croyait vraies et qui par la suite se sont avérées fausses.

-Ses connaissances ne sont pas certaines. A ce jour il ne peut être certain de rien. L'ambition de trouver une certitude égale à la certitude mathématique se dessine. Mais se pose la question des principes et ces derniers sont mal assurés au point que rien n'est sûr.

- (2)Il faut donc faire table rase du passé. C'est la question du fondement de la connaissance dont il est question.

(3) Il y a un bon moment pour rechercher le fondement de la connaissance : il faut une maturité intellectuelle, de la tranquillité, de la solitude.

Comment étudier la question du fondement : le moyen? Le doute méthodique

Le doute est le point de départ de la réflexion philosophique. Il est incontournable car sans le doute, il est impossible de faire table rase.

(4) Descartes choisit de douter : il détruit son savoir pour le reconstruire. Le doute est donc méthodique et volontaire.

Le doute devient hyperbolique

(5) Comment s'y prendre? Il y a une règle. Il faut prendre comme faux tout ce dont nous ne sommes pas certain et assuré.

(6) Descartes s'attaque aux fondements même des connaissances.

Texte (suite de la méditation)

(1) Tout ce que j’ai reçu jusqu’à présent pour le plus vrai et le plus assuré, je l’ai appris des sens, ou par les sens : or j’ai quelquefois éprouvé que ces sens étaient trompeurs, et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés.

(2) Mais, encore que les sens nous trompent quelque fois, touchant les choses peu sensibles et fort éloignées, il s’en rencontre peut-être beaucoup d’autres, desquelles on ne peut pas raisonnablement douter, quoique nous les connaissions par leur moyen : par exemple, que je sois ici, assis auprès du feu, vêtu d’une robe de chambre, ayant ce papier entre les mains, et autres choses de cette nature. Et comment est-ce que je pourrais nier que ces mains et ce corps-ci soient à moi ? Si ce n’est peut-être que je me compare à ces insensés, de qui le cerveau est tellement troublé et offusqué par les noires vapeurs de la bile, qu’ils assurent constamment qu’ils sont des rois, lorsqu’ils sont très pauvres ; qu’ils sont vêtus d’or et de pourpre, lorsqu’ils sont tout nus ; ou s’imaginent être des cruches, ou avoir un corps de verre. Mais quoi ce sont des fous ; et je ne serai pas moins extravagant.

Commentaire

(1) Il faut faire l'examen des connaissances qui nous viennent de nos sens. Qu'en est-il? L'opinion commune considère que les sens sont fiables bien que nous ayons été vicitimes d'expériences trompeuses or nous savons à présent que nous ne garderons pour vrai que ce dont nous sommes certains. Par conséquent, il nous faut rejeter les expériences douteuses qui nous viennent de nos sens :

« il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés ». Les sens sont rejetés et ne peuvent servir de fondement car ce qui n’est pas absolument sûr doit être considéré comme faux.

(2) Nos sens sont trompeurs mais pouvons pour autant douter de certaines données de notre sensibilité par rapport à notre corps? Ce corps est-il le mien? Il semblerait que oui. Avons nous une certitude? Nous ne pouvons pas en douter. Mais quelle est la valeur de cette certitude? Il faut à présent examiner pour le savoir, l'argument du rêve.

Texte

[L’épreuve du rêve]

Magritte

(1) Toutefois j’ai ici à considérer que je suis homme, et par conséquent que j’ai coutume de dormir et de me représenter en mes songes les mêmes choses, ou quelquefois de moins vraisemblables, que ces insensés lorsqu’ils veillent. Combien de fois m’est-il arrivé de songer, la nuit, que j’étais en ce lieu, que j’étais habillé, que j’étais auprès du feu, quoique je fusse tout nu dedans mon lit ? (2) Il me semble bien à présent que ce n’est pas point avec des yeux endormis que je regarde ce papier ; que cette tête que je remue n’est point assoupie ; que c’est avec dessein et de propos délibéré que j’étends cette main, et que je la sens : ce qui arrive dans le sommeil ne semble point si clair ni si distinct que tout ceci. Mais, en y pensant soigneusement, je me ressouviens d’avoir été souvent trompé, lorsque je dormais par de semblables illusions. Et m’arrêtant sur cette pensée, je vois si manifestement qu’il n’y a point d’indices concluants, ni de marques assez certaines par où l’on puisse distinguer nettement la veille d’avec le sommeil, que j’en suis tout étonné ; et mon étonnement est tel, qu’il est presque capable de me persuader que je dors.

(3) Supposons donc maintenant que nous sommes endormis, et que toutes ces particularités, à savoir, que nous ouvrons les yeux, que nous remuons la tête, que nous étendons les mains, et toutes choses semblables, ne sont que de fausses illusions ; et pensons que peut-être nos mains, ni tout notre corps ne sont pas tels que nous les voyons. (4) Toutefois il faut au moins avouer que les choses qui nous sont représentées dans le sommeil sont comme des tableaux et des peintures, qui ne peuvent être formées qu’à la ressemblance de quelque chose de réel et de véritable ; et qu’ainsi pour le moins, ces choses générales, à savoir, des yeux, une tête, des mains, et tout le reste du corps, ne sont pas des choses imaginaires, mais vraies et existantes. Car de vrai les peintres, lors même qu’ils s’étudient avec le plus d’artifices à représenter des sirènes et des satyres par des formes bizarres et extraordinaires, ne peuvent pas toutefois attribuer des formes et des natures entièrement nouvelles, mais font seulement un certain mélange et composition des membres de divers animaux. ; ou bien, si peut-être leur imagination est assez extravagante pour inventer quelque chose de si nouveau, que jamais nous n’ayons rien vu de semblable et qu’ainsi leur ouvrage nous représente une chose purement feinte et absolument fausse, certes à tout le moins les couleurs dont ils le composent doivent-elles être véritables.

(5) Et par la même raison, encore que ces choses générales, à savoir, des yeux, une tête, des mains, et autres semblables, pussent être imaginaires, il faut toutefois avouer qu’il y a des choses encore plus simples et plus universelles, qui sont vraies et existantes, du mélange desquelles, ni plus ni moins que de celui de quelques véritables couleurs, toutes ces images des choses qui résident en notre pensée, soient vraies et réelles, soit feintes et fantastiques, sont formées.de ce genre de choses est la nature corporelle en générale, et son étendue ; ensemble la figure des choses étendues, leur quantité ou grandeur, et leur nombre ; comme aussi le lieu où elles sont, le temps qui mesure leur durée, et autres semblables.

(6) C’est pourquoi peut-être que de là nous ne conclurons pas mal, si nous disons que la physique, l’astronomie, la médecine, et toutes les autres sciences qui dépendent de la considération des choses composées sont fort douteuses et incertaines ; (7) mais que l’arithmétique, la géométrie, et les autres sciences de cette nature, qui ne traitent que de choses fort simples et fort générale, sans se mettre beaucoup en peine si elles sont dans la nature, ou si elles n’y sont pas, contiennent quelque chose de certain et d’indubitable. Car, soit que je veille ou que je dorme, deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre de cinq, et le carré n’aura jamais plus de quatre côtés ; et il ne me semble pas possible que des vérités si apparentes puissent être soupçonnées d’aucune fausseté ou d’aucune incertitude.

Commentaire

(1) L'argument du rêve nous montre que le rêveur est assimilé à un fou éveillé

(2) Nous pouvons rêver que nous sommes assis auprès du feu, vêtu d'une robe de chambre alors "que je suis nu dans mon lit". Nous ne sommes pas habilités à différencier l'état de veille du rêve donc en vertu de la règle du doute méthodique, il nous faut douter de l'existence de notre propre corps. Le doute s'étend au réel.

(3) Si nos yeux, notre tête, nos mains n'existent pas nous en avons pourtant l'idée. Même si mes mains n'existent pas nous avons l'idée des mains en nous. Comment est-ce possible? Certaines idées résistent au doute.

(4) Le rêveur est comme le peintre qui utilise des modèles réels et le combine avec d'autres éléments qui eux sont le fruit de son imagination. Le rêve est donc imaginaire.

(5) Ainsi les mains peuvent aussi être imaginaires puisqu'elles sont rêvées. Il est donc possible de rêver d'une main alors qu'aucune main n'existe dans la réalité. Pour rêver de la main, nous n'avons pas besoin que la main existe.

(6)On peut douter de la vérité de toutes les sciences qui portent sur les choses composées comme la physique, l’astronomie, la médecine, car elles peuvent être imaginaires comme les rêves.

(7) Mais on ne peut pas douter de la validité de sciences qui traitent de choses simples et générales comme le nombre et l’étendue : un triangle aura toujours trois côtés

Donc en vertu de la règle du doute méthodique, on doit douter de la vérité des choses composées qui peuvent être imaginaires mais pas des choses simples qui sont toujours vraies.

Texte

[L’argument du Dieu trompeur]

Giorgio de Chirico

(1) Toutefois il y a longtemps que j’ai dans mon esprit une certaine opinion, qu’il y a un Dieu qui peut tout, et par qui j’ai été créé et produit tel que je suis. (2) Or qui me peut avoir assuré que ce Dieu n’ait point fait qu’il n’y ait aucune terre, aucun ciel, aucun corps étendu, aucune figure, aucune grandeur, aucun lieu, et que néanmoins j’ai le sentiment de toutes ces choses, et que tout cela ne me semble point exister autrement que je le vois ? Et même, comme je juge quelquefois que les autres se méprennent, même dans les choses qu’ils pensent savoir avec le plus de certitude, il se peut faire qu’il ait voulu que je me trompe toutes les fois que je fais l’addition de deux et trois, ou que je nombre les côtés d’un carré, ou que je juge de quelque chose encore plus facile, si l’on se peut imaginer rien de plus facile que cela. (3) Mais peut-être que Dieu n’a pas voulu que je sois déçu de la sorte car il est souverainement bon. (4) Toutefois, si cela répugnerait à sa bonté, de m’avoir fait tel que je me trompasse toujours, cela semblerait aussi lui être aucunement contraire, de permettre que je me trompe quelquefois, et néanmoins je ne puis douter qu’il le permette.

(5) Il y aura peut-être ici des personnes qui aimeront mieux nier l’existence d’un dieu si puissant, que de croire que toutes les autres choses sont incertaines. (6) Mais ne leur résistons pas pour le présent, et supposons, en leur faveur, que tout ce qui est dit ici d’un Dieu soit une fable. (7) Toutefois, de quelque façon qu’ils supposent que je sois parvenu à l’état et à l’être que je possède, soit qu’il l’attribue à quelque destin ou à quelque fatalité, soit qu’ils le réfèrent au hasard, soit qu’ils veuillent que ce soit par une continuelle suite et liaison de choses, il est certain que, puisque faillir et se tromper est une espèce d’imperfection, d’autant moins puissant sera l’auteur qu’ils attribueront à mon origine, d’autant plus sera-t-il probable que je suis tellement imparfait que je me trompe toujours. (8) Auxquelles raison je n’ai certes rien à répondre, mais je suis contraint d’avouer que, de toutes les opinions que j’avais autrefois reçues en ma créance pour véritables, il n’y en a pas une de laquelle je ne puisse maintenant douter, non par aucune inconsidération ou légèreté, mais pour des raisons très fortes et mûrement considérées : de sorte qu’il est nécessaire que je suspende maintenant mon jugement sur ces pensées, et que je ne leur donne pas plus de créance, que je ferai à des choses qui me paraitraient évidemment fausses, si je désire trouver quelque chose de constant et d’assuré dans les sciences.

Commentaire

Mais qu'en est-il de la certitude du raisonnement concernant la géométrie et l'arithmétique?

(1) Dieu est tout puissant et l'homme est sa créature

(2) Dieu peut-il vouloir nous tromper?

Si c'est le cas, l'homme ne peut s'assurer de la réalité du monde donc à ce niveau et en vertu de la règle du doute méthodique, l'arithmétique et la géométrie sont soumises au doute

Le doute devient métaphysique.

(3) La tromperie n'est pas compatible avec la nature bienveillante de Dieu

Cependant Dieu peut autoriser mon erreur, il peut permettre que je me trompe

(4) Conséquence: Rien n'échappe au doute, il faut donc continuer à douter de tout même de l'arithmétique et de la géométrie

(5) L'entreprise cartésienne se montre difficile et Descartes en a conscience

( 6) Descartes abandonne la thèse de la toute puissance divine

(7)Le Dieu trompeur est rejeté

(8) Même en science, la certitude n'est pas assurée

Bilan: Il faut douter de tout et le doute est sceptique

Texte

[L’hypothèse du malin génie]

Jean-Michel Basquiat, Ange déchu

(1) Mais il ne suffit pas d’avoir fait ces remarques, il faut encore que je prenne soin de m’en souvenir ; car ces anciennes et ordinaires opinions me reviennent encore souvent en la pensée, le long et familier usage qu’elles ont eu avec moi leur donnant droit d’occuper mon esprit contre mon gré, et de se rendre presque maîtresses de ma créance. Et je ne me désaccoutumerai jamais d’y acquiescer, et de prendre confiance en elles, tant que je les considèrerai telles qu’elles sont en effet, c’est à savoir en quelque façon douteuse, comme je viens de montrer, et toutefois fort probables, en sorte que l’on a beaucoup plus de raison de les croire que de les nier. (2) C’est pourquoi je pense que j’en userai prudemment, si prenant un parti contraire, j’emploie tous mes soins à me tromper moi-même, feignant que toutes ces pensées sont fausses et imaginaires, jusqu’à ce que ayant tellement balancé mes préjugés, qu’ils ne puissent faire pencher mon avis plus d’un côté que d’un autre, mon jugement ne soit plus désormais maîtrisé par de mauvais usages et détourné du droit chemin qui le peut conduire à la connaissance de la vérité. Car je suis assuré que cependant il ne peut y avoir de péril ni d’erreur en cette voie, et que je ne saurai aujourd’hui trop accorder à ma défiance, puisqu’il n’est pas maintenant question d’agir, mais seulement de méditer et de connaître.

(3) Je supposerai donc qu’il y a non point un vrai Dieu, qui est la source de toute vérité, mais un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, qui a employé toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les choses extérieures que nous voyons, ne sont que des illusions et tromperies, dont il se sert pour surprendre ma crédulité. Je me considèrerai moi-même comme n’ayant point de mains, point d’yeux, point de chair, point de sang, comme n’ayant aucun sens, mais croyant faussement avoir toutes ces choses. Je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si, par ce moyen, il n’est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d’aucune vérité, à tout le moins, il est en ma puissance de suspendre mon jugement. C’est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne point recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur, que , pour puissant et rusé qu’il soit, il ne me pourra jamais rien imposer.

Commentaire

(1) Il faut rejeter les idées seulement probables et rompre avec cette habitude qu'à l'esprit d'assimiler le vrai au probable

(2) La pensée elle-même est un mirage

(3) Hypothèse du malin génie: outil du doute méthodique qui se prolonge d'un point de vue épistémologique – Le doute devient radical.

Texte

Mais ce dessein est pénible et laborieux, et une certaine paresse m’entraîne insensiblement dans le train de ma vie ordinaire. Et tout de même qu’un esclave qui jouissait dans le sommeil d’une liberté imaginaire, lorsqu’il commence à soupçonner que sa liberté n’est qu’un songe, craint d’être réveillé, et conspire avec ses illusions agréables pour en être plus longuement abusé, ainsi je retombe insensiblement de moi-même dans mes anciennes opinions, et j’appréhende de me réveiller de cet assoupissement de peur que les veilles laborieuses qui succèderaient à la tranquillité de ce repos, au lieu de m’apporter quelque jour et quelque lumière dans la connaissance de la vérité, ne fussent pas suffisantes pour éclaircir toutes les ténèbres des difficultés qui viennent d’être agitées.

Commentaire

Cette partie du texte est en fait la conclusion.

Descartes insiste donc sur l'idée que l'esprit est paresseux et c'est l'obligation du philosophe de l'éveiller à la vérité. L'esprit est tel l'esclave qui rêve et se croit libre. Tout comme l'esclave qui préfère ne pas se réveiller pour affronter la réalité, l'esprit préfère l'illusion qui le berce et lui fait prendre le vraisemblable pour le vrai : évitant ainsi la difficile épreuve du doute.

 

 

Bertold Brecht : la vie de Galilée

Galilee

 

 

 

 

Lecture du texte :

bertold-brecht.pdf bertold-brecht.pdf

 

 

Questionnaire sur Brecht :

Activités dramaturge, poète, metteur en scène, théoricien du théâtre.

Langue d’écriture : allemand

1 -

Quand est-il né?

1898

naissance à Augsbourg, en Souabe bavaroise, dans une famille bourgeoise

2 -

Dans quelle religion est-il élevé?

Dans la religion protestante

3 -

Quand pour la première fois écrit-il une pièce en un acte? Laquelle?

En 1913, à 15 ans, la pièce s’appelle la Bible. Il y évoque la guerre de Trente ans.

4 -

Brecht a t’-il écrit des poèmes patriotiques?

Oui en 1914. Ces poèmes font l’éloge de l’héroïsme militaire.

5 -

Le thème de la guerre devient-il majeur dans son œuvre?

Oui, dès 1916

6 -

Que fait-il comme études?

Des études de philosophie et de médecine à l’Université de Munich. 

7 -

Cherche t’-il à échapper au front?

Oui, mobilisé, il échappe au front. Il est garde malades dans un hôpital militaire d’Augsbourg.

8 -

L’actualité de 1919, donne t’-elle à Brecht les matériaux pour une pièce politique?

Oui, assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg : Brecht s’intéresse alors au mouvement spartakiste. Spartakus (Tambours dans la nuit).

Il écrit la Noce chez les petits bourgeois et autres pièces en un acte.

9 -

Quel prix a t’-il reçu en 1922?

Il reçoit le prix Kleist pour ses pièces : Tambours dans la nuit, Spartakus, Baal et Dans la jungle des villes.

10 -

Où Brecht s’installe t’-il à partir de 1924?

A Berlin. Il vit avec Hélène Weigel et dont il a un enfant.

11 -

Qui commence t’-il à lire en 1926?

Karl Marx

12 -

Qu’écrit-il en 1935?

Au retour de Moscou, il écrit Cinq difficultés pour écrire la vérité

13 -

Quand écrit-il la vie de Galilée?

1939, La vie de Galilée (première version)

14 -

Quand s’installe t’-il aux Etats-Unis?

1945. Il s’installe à Santa Monica, près de Hollywood, il rencontre Charlie Chaplin. Dans le même temps, il perd son fils sur le front Russe. Il retourne à Berlin en 1948.

15 -

Quand est-il décédé?

1956

Le 14 août, à Berlin-Est, Brecht meurt d'un infarctus.

 

Galilee

Questionnaire sur la vie de Galilée de Brecht  :

La vie de Galilée est une pièce de théâtre écrite de 1938 à 1939. Pièce en 15 tableaux :

Synopsis détaillé.

Tableau 1 : Galileo Galilée, professeur de mathématiques à Padoue, veut démontrer le nouveau système de Copernic. (Galilée, Andrea, Mme Sarti, Ludovico, Le curateur -argent)

Tableau 2 : Galilée remet à la république de Venise une nouvelle invention. (lunette - Galilée aime bien manger...)

Tableau 3 : 10 janvier 1610 ("ciel aboli") : au moyen de la lunette, Galilée découvre dans le ciel des phénomènes qui confirment le système de Copernic. Averti par son ami des conséquences possibles de ses recherches, Galilée témoigne de sa foi en la raison humaine.

Tableau 4 : Galilée a troqué la République de Venise contre la cour de Florence. Ses découvertes dues à la lunette se heurtent à l'incrédulité des savants florentins.

Tableau 5 : Sans se laisser intimider par la peste, Galilée poursuit ses recherches.

Tableau 6 : 1616. Le Collegium Romanum, l'institut de recherche du Vatican, confirme les découvertes de Galilée ("La raison a gagné !")

Tableau 7 : Mais l'Inquisition met à l'Index la théorie de Copernic (5 mars 1616).

Tableau 8 : Une conversation (Galilée et le Petit moine, qui défend la décision de l'Inquisition pour ne pas troubler les pauvres petites gens qui croient aux Ecritures - faux problème pour Galilée : "Pourquoi met-il la terre au centre de l'univers ? Pour que le Saint-Siège puisse être au centre de la terre !").

Tableau 9 : L'avènement d'un nouveau pape (Urbain VIII), qui est lui-même un homme de science, encourage Galilée, après huit ans de silence, à reprendre ses recherches dans le domaine interdit des tâches solaires.

Tableau 10 : Dans la décennie suivante, la théorie de Galilée se répand parmi le peuple. Des pamphlétaires et des chanteurs de ballade se saisissent partout des nouvelles idées. Au cours du carnaval de 1632, beaucoup de villes italiennes choisissent l'astronomie pour thème du cortège des Guildes.

Tableau 11 : 1633. L'Inquisition convoque à Rome le chercheur connu dans le monde entier.

Tableau 12 : Le pape (dialogue avec l'Inquisiteur - dilemme entre science et foi).

Tableau 13 : Galileo Galilei rétracte devant l'Inquisition, le 22 juin 1633, sa théorie du mouvement de la Terre.

Tableau 14 : 1633-1642. Galileo Galilei vit dans une maison de campagne près de Florence, prisonnier de l'Inquisition jusqu'à sa mort. Les Discorsi.

Tableau 15 : 1637. Discorsi, le livre de Galilée, passe la frontière italienne (dans les mains d'Andrea).

 

1 -

Où a t’-il écrit cette pièce?

Pendant son exil au Danemark

2 -

Cette pièce a t’-elle été révisée et traduite?

Oui, cette pièce est révisée et traduite en anglais en 1945 lors de son séjour aux Etats-Unis. Il fut ensuite retravaillée jusqu’en 1954 dans sa version berlinoise.

3 -

Est-ce une pièce essentielle à son œuvre?

C’est une pièce centrale

4 -

Avec qui écrit-il?

Margarete Steffin.

5 -

Quand est-elle publiée?

Pour la première fois en France en 1955

6 -

Comment qualifieriez-vous cette œuvre?

C’est une biographie théâtrale de Galilée.

7 -

Quelle est la célèbre phrase de cette œuvre?

« Celui qui ne connaît pas la vérité, celui-là n'est qu'un imbécile. Mais celui qui la connaît et la qualifie de mensonge, celui-là est un criminel ».

8 -

Combien cette pièce comporte t’-elle de personnages?

Environ 40

9 -

De quoi s’agit-il? Que raconte Brecht?

Brecht raconte le combat entre la science et le pouvoir théocratique.

10 -

Quelle thèse Brecht défend t’-il?

Il défend la théorie héliocentrique de Copernic contre le géocentrisme de l’église.

Galilée, savant ingénieux, est convaincu de la véracité du système de Copernic ; grâce à une lunette qu'il fabrique

11 -

Donnez une définition de l’héliocentrisme et du géocentrisme

Héliocentrisme : Système astronomique d'après lequel on considère le Soleil comme le centre de l'Univers (astronomie ancienne) ou comme l'astre autour duquel s'effectue la rotation des planètes. (S'oppose à géocentrisme )

Géocentrisme : Système astronomique d'après lequel on considérait la Terre comme le centre de l'Univers autour duquel tournaient les autres astres. (Ce fut le système de Ptolémée[IIe s. après J.-C.], qui fit autorité jusqu'au XVIe s.)

12 -

Quelle est la thèse de Galilée?

Galilée affirmait que la terre tournait autour du soleil et non l’inverse, mais sous la menace de la torture et du bûcher, il se rétracte publiquement pour rester fidèle  à la doctrine officielle de l’église.

13 -

Le débat central est-il celui de la vérité contre l’obscurantisme?

Oui. 

14 -

Peut-on faire un parallèle entre Brecht et Galilée?

Oui, de même que Galilée s’était attiré les foudres  de l’église, Brecht du point de vue historique est placé dans une situation aussi inconfortable lors de l’Allemagne nazie qu’il fuit en 1933 alors qu’elle tentait d’imposer sa vérité en éliminant les dissidents.

15 -

Vérité contre obscurantisme : expliquez

L’Eglise catholique se sent menacée. Si la terre n’est plus le centre du monde, tout le système de représentation est remis en cause, l’homme pourrait aussi ne plus être le centre de la création. Le dogme est touché et fait place au doute et à l’esprit critique.  Galilée veut que chacun puisse accéder à la vérité et que l’esprit critique se substitue au doute.

16 -

En ce sens peut-on parler d’une apologie du rationalisme?

L’Œuvre de Brecht est en effet une apologie du rationalisme et de l’esprit scientifique. 


 


 

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