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l'argumentation : révisions sur skype,le classicisme, comment étudier les fables? les animaux malades de la peste, la vieille et les deux servantes

 

 

 

la-fontaine

 

 

 

 

 

L’argumentation : convaincre, persuader,délibérer

 

Argumenter, c’est rechercher l'adhésion de la personne visée pour l'amener sur le même point de vue que lui, mais, il existe plusieurs manières d'y arriver: on peut expliquer la véracité de la position que l'on présente, lui montrer que la position que l'on présente, lui montre que c'est la meilleur position, ou emporter son adhésion.


Problématique : Quels sont les différents procédés utilisés par les auteurs pour rallier les lecteurs à leurs thèses ?

I - Les démarches de l’argumentation

- L’ironie : affirmer le contraire de ce que l’on veut faire entendre. - Convaincre : faire appel à la raison du lecteur (indices de l'énonciation rares ou absents, structure claire et rigoureuse, procédés tels que la concession…) -

Persuader : faire appel aux sentiments -

Délibérer : discuter et analyser une situation en vue de prendre une décision. On mobilise des arguments contradictoires afin d’arrêter son choix. Cela peut être un discours intérieur ou à plusieurs.

Allons plus loin : Le but du texte qui argumente est de rechercher l'adhésion de la personne visée pour l'amener sur le même point de vue que lui, mais, il existe plusieurs manières d'y arriver: on peut expliquer la véracité de la position que l'on présente, lui montrer que la position que l'on présente, lui montre que c'est la meilleur position, ou emporter son adhésion.

1) Démontrer : - Lorsqu'on démontre une thèse, on avance la preuve de son bien fondé par des éléments incontestables. La démonstration est ainsi irréfutable et pleine de logique et les conclusions incontestables. Ainsi pour démontrer, il n'y a pas besoin d'interlocuteur: la vérité que l'on avance est irréfutable. - Par contre, le texte qui argumente, et qui cherche à démontrer se reconnait aux éléments suivant: - Sa logique objective: le narrateur s'efforce, parce que ce qu'il dit est une vérité totale. - Un raisonnement empreint de logique, dont la cohérence est vraiment explicité, ici, dans le texte, Voltaire utilise une forme de syllogisme. - L'utilisation de beaucoup de mots de liaison montrent la progrssion de la démonstration.

2) Convaincre : - Lorsqu'on essaye de convaincre quelqu'un de la vérité d'une thèse, on l'amène sur le terrain du narrateur de manière rationnelle pour lui montrer que ce que l'on dit est vrai: la différence avec la démonstration est que la thèse n'est pas incontestable, et qu'on peut toujours defendre un point de vue adverse. Ainsi, pour convaincre, il faut un partenaire. - Un texte qui argumente est un texte qui cherche à emporter l'adhésion, il se reconnait à : - Les arguments ennoncés, renforcés par la thèse - L'utilisation de raisonnements empreints de logique qui utilisent des mots de liaison - La prise en compte de la position adverse que l'on essaye de démontrer.

3) Persuader : - On peut aussi utiliser les sentiments pour faire se ranger quelqu'un à notre thèse. Un texte qui argumente et cherche à persuader se reconnait à: -faire s'impliquer le partenaire par le recours à des moyens qui enoncent : classique apostrophe, interrogations, soit on utilise le registre émotif, soit on utilise plein de procédés et des figures de réthorique, pour rechercher la séduction du partenaire par un discours bien construit.

 

Les strategies d'argumentation

Le texte argumentatif s'explique par l'énoncé d'une thèse. Or, pour soutenir une idée, l'écrivain cherche a influencé le lecteur pour qu'il ait la même opinion. Il doit donc argumenter et doit convaincre grâce à l'éloge et le blâme, la polémique et la satire.

1) L'art de convaincre - La thèse constitue une idée défendue par le locuteur, on la retrouve le plus souvent en introduction ou encore en conclusion. - L'argumentation ou aussi appelée raisonnement suit deux logiques :

* La déduction: commence par une loi générale pour terminer sur un fait particulier. On peut citer le syllogisme.

* L'induction est le contraire de la déduction, on part d'une action particulière pour aboutir à une loi générale. - Les arguments sont les raisons expliquées par le locuteur pour défendre sa thèse.

On peut les regrouper en trois partie :

* L'argument d'autorité signifie qu'il s'agit d'une idée émise d'un groupe que l'on ne peut généralement pas contester.

* L'argument ad hominem qui est utilisé pour une raison personnelle pour attaquer l'hypothèse de l'adversaire.

* Les exemples sont utilisés pour illustrer les arguments.

- Procédés du discours argumentatif : * La thèse rejetée: utilisé pour opposer deux thèses accentuée par cette opposition.

*La concession: utilisée pour faire semblant d'aprouver sa thèse pour mieux soutenir la sienne. On peut la reperer facilement grâce à des connecteurs logiques.

* L'organisation logique: utilisé pour relier des arguments, grâce à des connecteurs logiques, pouvant exprimer de multiple rapports logiques.

Utiliser des arguments de mauvais foi Les arguments de mauvais foi n'ont pas de valeur logique mais donnent une apparence rationnelle au discours. Ce sont donc de faux arguments qui permettent de dissimuler la faiblesse de l'argumentation.

On peut citer :

- Le prétexte : il invoque une raison inventée pour justifier une décision ou un comportemetn, par exemple ce que fait le loup dans la fable de La Fontaine "le loup et l'agneau" : il prend prétexte du fait que l'agneau le gêne en buvant dans la même rivière que lui pour justifier sa décision de le dévorer.

- La tautologie : On peut traduire la tautologie par le discours du même, c'est le fait de dire deux fois la même chose, c'est un raisonnement sans fondement qui se contente de répéter la même idée et relève donc de l'évidence, exemple, je monte en haut. - L'agument ad hominem : il consiste à discréditer la personne de l'adversaire plutôt que ses propos et ses arguments : réfuter les arguments de Rousseau sur l'éducation en arguant du fait quil a abandonné ses enfants relève d'un argument ad hominem. Prendre en compte la thèse adverse : On peut aussi tenir compte des arguments de l'adversaire et les intégrer dans le raisonnement, on peut le faire de trois façons.

Le raisonnement concessif : il permet de donner raison à l'adversaire sur quelques points avant de réfuter l'essentiel de son argumentation, comme dans l'exemple suivant : il a certes des facilités, mais il est encore loin de rivaliser avecles meilleurs.

Le raisonnement par l'aburde : Il fait mine d'adopter la thèse adverse pour en tirer par déduction des conséquences ridicules : cela permet au locuteur de montrer que l'idée de départ, autrment dit la thèse adverse est illogique.

L'ironie : La thèse adverse est prise en compte, elle feint d'adopter les arguments de l'adversaire pour mieux les tourner en dérision ; c'est par exemple ce que fait Voltaire dans Candide avec ses nombreuses antiphrases qui font valoir l'ironie dans le but de dénoncer la thèse.

2) L'éloge et le blâme - L'éloge est un discours raconté par le locuteur qui cherche à convaincre le lecteur des mérites et des qualités de sa thèse.

- Le blâme est le contraire d'éloge, il argumente et cherche à convaincre le lecteur des défaults de sa thèse.

3) La polémique et la satire

- Le discours polémique se caractérise par le fait qu'il porte sur un sujet qui se prête à la contestation. On retrouve ainsi un vocabulaire dépréciatif qui élimine la thèse adverse. On y trouve une ponctuation expressive et de nombreuses figures d'insistance. -Le discours satirique est axé sur la moquerie en ridiculisant l'adversaire par une stratégie d'argumentation. On repère souvent l'ironie grâce aux antiphrases. Le but de cette stratégie est d'obtenir l'adhésion du destinataire.

 

Les liens logiques, connecteurs dans un texte argumentatif
Les liens logiques sont de différentes natures grammaticales et permettent d'organiser un texte argumentatif.

I - La disjonction : Elle autorise l'alternative, les liens logiques sont : Coordinations : ou, ni, soit, part... d'autre, tantôt, ... Subordinations : soit que... non pas que... mais, sauf que, sauf si... Prépositions : sans, hormis, exepté... Verbes et locutions : cela exclut, cela n'est pas compatible avec...

II - L'addition et l'analogie : Elles permettent d'ajouter un élément, les liens sont les suivants : Coordinations : et, aussi, en outre, de même, de plus, c'est àdire, par exemple, voire... Subordinations : comme, ainsi que, de même que, outre que... Prépositions : en plus de, outre, avec... Verbes et locutions :à cela s'ajoute que, cela évoque, cela se rapproche de....

III - La cause et l'hypothèse Elle restitue l'origine d'une idée ou d'un fait : les liens sont les suivants :

La cause : Coordinations : car, en effet... Subordinations : parce que, puisque, étant donné que, comme, dès lors que... Prépositions : à cause de, en raison de, au nom de , par, grâce à... Verbes et locutions : cela résulte de, cela vient de..

. L'hypothèse : Subordinations : si, selon que, à condition que, pourvu que, à supposer que, dans l'hypothèse où... Prépositions : en cas de, à condition de, à moins de, sauf... Verbes et locutions : cela dépend, .... IV - La conséquence et le but : Elle permet de préciser l'effet, la suite logique d'une idée ou d'un fait. Le but explicite la finalité d'une idée ou d'une action, sa visée et son objectif. Les liens logiques sont :

La conséquence : Coordinations : donc, par conséquent, en conséquence, aussi, c'est pourquoi, ... Subordinations : de sorte que, si bien que, au point que... Prépositions : au point de... Verbes et locutions :Cela implique, cela provoque, cela cause...

Le but : Subordinations : afin que, de peu que, pour que, de criante que... Prépositions : Pour, en vue de, afin de, dans l'intention de...

V - L'opposition L'opposition rend possible la réfutation d'une idée ou un fait en présentant sa contradiction, c'est le lien qui introduit un contre argument. Les liens sont : Coordinations : mais, néanmoins, cependant, or, toutefois, en revanche, au contraire... Subordinations : alors que, tandis que, bien que, quoique, même si... Prépositions : malgré, en dépit de, contre, loin de ... Verbes et locutions : Cela s'oppose à, cela contredit, cela interdit...

 

la-fontaine

 

 

Méthodologie:

Comment étudier une fable?

 

I – L'aspect narratif

  • Temps, modes

  • Enonciation, narrateur, point de vue

  • Récit et discours

  • Début du récit et fin

  • Les paroles rapportées

  • Le schéma narratif, les étapes

 

II – le caractère didactique

  • La finalité, quelle leçon

  • Le ton

  • Le registre

  • Une leçon implicite ou explicite

 

III – Le choix des personnages

  • Personnes, animaux, catégories qu'ils incarnent

  • Comportements

  • Une généralisation

 

IV – La mise en scène

  • Cadre

  • Situations

  • Paroles rapportées, DI, DD

  • Rythme

 

V – Du récit à l'enseignement

  • La construction de la fable, les étapes

  • Les champs lexicaux

  • thèse défendue

  • arguments soutenant la thèse

  • type de démonstration

 

Dossier La Fontaine : les fables entre tradition et innovation, le classicisme, l 'argumentation et la réécriture

 
La Fontaine, les fables

La Fontaine

Un mouvement littéraire : le classicisme, textes de baccalauréat oral de français


Présentation du classicisme

Le classicisme, courant esthétique regroupant l'ensemble des ouvrages qui prennent
comme référence esthétique les chefs-d'œuvre de l'Antiquité gréco-latine.
Le terme a une définition esthétique mais aussi historique, puisqu'en France l'«
époque classique » est la période de création littéraire et artistique
correspondant à ce que Voltaire appelait « le siècle de Louis XIV » ; il s'agit
essentiellement des années 1660-1680, mais en réalité la période classique
s'étend jusqu'au siècle suivant. Le classicisme en France est un cas singulier :
cette période a été appelée classique parce qu'elle se donnait comme idéal
l'imitation des Anciens, mais aussi parce qu'elle est devenue une période de
référence de la culture nationale.

C'est aussi Versailles qui forge,
vers 1660, l'idéal de « l'honnête homme » qui se caractérise par une élégance à
la fois extérieure et intérieure, signe distinctif d'une société qui a érigé la
discipline et l'urbanité en principes de vie.
Au-delà de ces définitions
historique et esthétique, le sens du terme « classique » a été étendu jusqu'à
désigner tout écrivain dont l'œuvre semble propre à être étudiée dans les écoles
pour y servir de modèle. Dans un sens encore plus large, est classique toute
œuvre culturelle qui est devenue une référence: on dit ainsi couramment de tel
film qu'il est un classique.
Chaque littérature a ainsi ses écrivains
classiques. Il existe par ailleurs des périodes littéraires qualifiées de
classiques : « classicisme de Weimar » en Allemagne (du voyage en Italie de
Goethe en 1786 à la mort de Schiller en 1805), « âge » de Dryden et de Pope en
Angleterre, par exemple.
Nous parlerons ici du classicisme du Grand Siècle.

 

la-fontaine



Introduction

"les fables de La Fontaine sont un miracle de la culture a écrit André
Gide", voici une citation lourde de sens que nous tenterons d'examiner de façon
à éclaircir les idées mises en avant par Gide.
Nous savons que les fables
sont composées d'un récit appelé corps et d'une morale que le fabuliste appelle
âme de la fable. La fable est un texte en vers ou en prose qui a recours à
l'allégorie le plus souvent animale, pour donner une leçon de morale. On
l'appelle aussi apologue. La Fontaine, auteur du 17 ème siècle s'est inspiré
d'Esope, de Phèdre et de Pilpay; Il privilégie le récit plutôt que la morale
dont il varie la place dans la fable. D'une façon générale, il observe son
époque et la critique, y comprois le pouvoir royal. Nous devons donc admettre
que l'apologue en tant que récit allégorique, une histoire, met en scène des
animaux, des végétaux, parfois des hommes dont le lecteur peut tirer une leçon
morale ou un enseignement. Nous pouvons donc parler des fables en ce sens
qu'elles sont des oeuvres à teneur didactique, à visée pédagogique que la morale
soit explicite ou implicite. C'est à ce niveau sans dout que nous retrouvons
Gide qui considère que les fables sont des miracles de la culture. Nous allons
tenter de voir en quoi ces fables à but didactique peuvent être considérées
comme des miracles de la culture. En quoi et comment véhiculent elles un
enseignement?

PLAIRE
Nous savons en tant que lecteurs de La Fontaine adultes et enfants que pour éduquer,
on a souvent recours à des histoires comme des fables même si elles ont moins de
crédibilité aux yeux des adultes en ce qui concerne l'argumentation. La Fontaine
tout comme Voltaire ont bien vu l'intérêt de travailler sur de tels récits. La
Fontaine pensait qu'une morale seule était ennuyeuse alors conjuguée à un récit,
nous retrouvons les deux fonctions de l'apologue, plaire et instruire. L'aspect
didactique est ainsi mis en évidence. Tout peut être dit ainsi. Nous pouvons
prendre l'exemple du pouvoir des fables, VIII, 4 du fabuliste dans laquelle un
orateur tente dans l'antiquité de capter l'attention d'un public distrait, mais
en vain et finalement, en leur racontant une histoire, il parvient à se faire
écouter. On peut donc convaincre par une histoire car l'histoire est amusante et
capte l'attention des lecteurs et auditeurs. La vivacité du récit fait appel au
goût pour les histoires, le récit touche un large public et de tous les âges,
les fables ne sont donc pas idéales que pour les enfants. Elles permettent
l'évasion, admettent le merveilleux, évitent le discours théorique, il n'y a
donc pas de ton didactique apparent même si le message suit toujours le récit.
Le récit parle à l'imagination, nous pouvons citer, la cigale et la fourmi,
avant même de parler à l'esprit et le lecteur suit le récit sans penser à la
morale, il se laisse entrainer et surprendre même par la logique du
raisonnement. Finalement et paradoxalement, le récit finit par obliger le
lecteur à faire un effort d'interprétation, il doit en effet réfléchir et
dépasser le récit car lorsqu'il devient critique, c'est la morale

INSTRUIRE
Nous nous retrouvons avec des publics confondus, jeune public, tout public, public spécialisé, et pourtant il
existe pour chaque public une stratégie différente pour convaincre. A chaque
époque, il y a une sensiblité différente, le 18 ème siècle est friand des
démonstrations indirectes et ironiques, des contes philosophiques, à la fin du
19ème siècle, on est plus tourné vers les essais et philosophies positivistes,
mais la fable ne passe pas de mode car derrière le récit se cache comme un
miracle que l'on n'attend pas, l'enseignement qui fait dire à Gide, "les fables
sont un miracle de la culture".
Dans le loup et l'agneau, La Fontaine met en
avant la philosophie du plus fort, la raison du plus fort est toujours la
meilleure, il nous donne sa vision du monde et rapports de force dans la
société. C'est une conception très lucide et juste mais un peu pessimiste.
L'affirmation est ainsi concentrée en un seul vers, au présent de vérité
générale et renforcée par l'adverbe toujours. Il décrit ainsi le comportement
odieux de celui qui, exerce sa violence sur plus faible que lui , prétend la
justifier par des arguements spécieux, inverse les rôles et se fait victime pour
pouvoir être bourreau.
Le message est à ce niveau philosophique, cela
signifie que l'homme est un loup pour l'homme. Seul La Fontaine parvient à
véhiculer des idées aussi profondes et existentielles pour l'homme en ayant
l'air de raconter une simple histoire anodine. C'est en cela que consiste le
miracle. La culture est ainsi sauvgardée dans la mémoire des hommes; Il
développe dans cette même fable une argumentation différente pour chaque animal,
le loup est ainsi assimilé à un dictateur, interdisant à la population de se
plaindre des sévices dont elle est victime. souffre et tais toi. Loup incarne
l'homme biensûr, on retrouve dans la transposition de l'allégorie animale, le
monde des hommes, la philosophie à tirer de nos actes. L'argumentation de
l'agneau va à l'inverse du loup.

Ainsi qu'il le dit dans sa dédicace à
"Monseigneur Le Dauphin" du premier recueil des fables, La Fontaine rappelle le
principe qui inspire les fables, "je me sers d'animaux pour instruire les
hommes"; Le miracle est réussi. La réussite des fables tient à ce que les
animaux sont humanisés, et cette métamorphose s'inscrit dans une logique, ce qui
rend les fables encore plus convaincantes.

A VOIR D'AUTRES EXEMPLES,
consulter le pâtre et le lion dont l'explication figure dans le forum, articles
en français.

Conclusion
Il n'y a pas d'époque pour lire les fables, elles sont toujours et ont toujours été
contemporaines. Derrière le loup et l'agneau, se cachent des individus que La
Fontaine côtoie, il élargit la fable à des situations qui dépassent de simples
rapports individuels pour refleter les relations internationales,lorsque par
exemple les petits états sont agressés et menacés par les plus gros. Il en va de
même pour l'agneau face au loup.
Culture est le mot qui correspond le mieux
aux fables, miracle car elles sont à la portée de tous, sans pour autant être
ennuyeuses.

 

la-fontaine

 

 

 

Lecture de la fable :

 

« Les animaux malades de la Peste » ,  J. de La Fontaine, Fables ll (1678)

(1621-1695)

 

Les Animaux malades de la peste

 

Un mal qui répand la terreur,

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

On n'en voyait point d'occupés

A chercher le soutien d'une mourante vie ;

Nul mets n'excitait leur envie ;

Ni Loups ni Renards n'épiaient

La douce et l'innocente proie.

Les Tourterelles se fuyaient :

Plus d'amour, partant plus de joie.

Le Lion tint conseil, et dit :

Mes chers amis,

Je crois que le Ciel a permis

Pour nos péchés cette infortune ;

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux traits du céleste courroux,

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents

On fait de pareils dévouements :

Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence

L'état de notre conscience.

Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons

J'ai dévoré force moutons.

Que m'avaient-ils fait ?

Nulle offense :

Même il m'est arrivé quelquefois de manger

Le Berger.

Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense

Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :

Car on doit souhaiter selon toute justice

Que le plus coupable périsse.

- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;

Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;

Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,

Est-ce un péché ? Non, non.

Vous leur fîtes Seigneur

En les croquant beaucoup d'honneur.

Et quant au Berger l'on peut dire

Qu'il était digne de tous maux,

Etant de ces gens-là qui sur les animaux

Se font un chimérique empire.

Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.

On n'osa trop approfondir

Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses.

Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,

Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance

Qu'en un pré de Moines passant,

La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense

Quelque diable aussi me poussant,

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.

Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue

Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !

Rien que la mort n'était capable

D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.


 

Commentaire de la fable à travailler pendant la séance

 

questions générales sur  le classisme et La Fontaine:

 

  • de quel siècle La Fontaine est il ?
  • qui a inventé l'apologue? Esope
  • quelles sont les règles du classicisme? qui en est le représentant?
  • à quel autre genre s'oppose t'il? le baroque
  • sur quel point la Fontaine et Esope s'opposent ils? Esope écrivait en prose alors que La Fontaine versifie les fables
  • La Fontaine adopte t'il un style classique?
  • La Fontaine respecte t'il les règles de Boileau?
  • "tout ce qui se conçoit bien s'énonce clairement"
  • "éviter la précipitation, être succint et précis"
  • présenter le schéma narratif de la fable
  • quelle est la morale de la fable?
  • Quelles sont les fonctions de la fable?
  • En ce sens, peut-on dire que les fables aient un but didactique?
  • La fable relève t'elle de l'argumentation directe ou indirecte?
  • Citez cinq fables de La Fontaine
  • Quelle est la position de La Fontaine par rapport à la querelle des anciens et des modernes?
  • - Il privilégie le retour aux sources antiques -

 

 

la-fontaine

 

 

 

 Travail à faire

Les fables sont -elles morales?

 

 

Support, corpus de textes

 

 

Préface de 1849, Méditations poétiques, Alphonse de Lamartine. Il y évoque ses goûts en matière de littérature. Il évoque ici La Fontaine

 

 

je cherchais toujours de préférence les ouvrages qui contenaient des vers, parmi les volumes oubliés sur la table de mon père ou sur le piano de ma mère, au salon. La Henriade, toute [6] sèche et toute déclamatoire qu'elle fût, me ravissait. Ce n'était que l'amour du son, mais ce son était pour moi une musique. On me faisait bien apprendre aussi par cœur quelques fables de la Fontaine; mais ces vers boiteux, disloqués, inégaux, sans symétrie ni dans l'oreille ni sur la page, me rebutaient. D'ailleurs, ces histoires d'animaux qui parlent, qui se font des leçons, qui se moquent les uns des autres, qui sont égoistes, railleurs, avares, sans pitié, sans amitié, plus méchants que nous, me soulevaient le cœur. Les fables de la Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste d'un vieillard, que la philosophie aimante, généreuse, naïve et bonne d'un enfant: c'est du fiel, ce n'est pas du lait pour les lèvres et pour les cœurs de cet âge. Ce livre me répugnait; je ne savais pas pourquoi. Je l'ai su depuis: c'est qu'il n'est pas bon. Comment le livre serait-il bon? l'homme ne l'était pas. On dirait qu'on lui a donné par dérision le nom du bon la Fontaine. La Fontaine était un philosophe de beaucoup d'esprit, mais un philosophe cynique. Que penser d'une nation qui commence l'éducation de ses enfants par les leçons d'un cynique? Cet homme, qui ne connaissait pas son fils, qui vivait sans famille, qui écrivait des contes orduriers en cheveux blancs pour provoquer les sens de la jeunesse, qui mendiait dans des dédicaces adulatrices l'aumône des riches financiers du temps pour payer ses faiblesses; cet homme dont Racine, Corneille, Boileau, Fénélon, Bossuet, les poètes, les écrivains ses contemporains, ne parlent [7] pas, ou ne parlent qu'avec une espèce de pitié comme d'un vieux enfant, n'était ni un sage ni un homme naïf. Il avait la philosophie du sans-souci et la naïveté de l'égoïsme. Douze vers sonores, sublimes, religieux d'Athalie, m'effaçaient de l'oreille toutes les cigales, tous les corbeaux et tous les renards de cette ménagerie puérile. J'étais né sérieux et tendre; il me fallait dès lors une langue selon mon âme. Jamais je n'ai pu, depuis, revenir de mon antipathie contre les fables.

 

 

Préface des fables, La Fontaine insiste sur ce qu'il doit à l'antiquité gréco-latine et fait l'éloge du genre de l'apologue,  qui permet grâce à des récits fabuleux d'accéder à la vérité et à la sagesse en apportant toutes sortes d'enseignements.

 

C'est pour ces raisons que Platon ayant banni Homère de sa République y a donné à Ésope une place très honorable. Il souhaite que les enfants sucent ces fables avec le lait ; il recommande aux nourrices de les leur apprendre : car on ne saurait s'accoutumer de trop bonne heure à la sagesse et à la vertu. Plutôt que d'être réduits à corriger nos habitudes, il faut travailler à les rendre bonnes pendant qu'elles sont encore indifférentes au bien ou au mal. Or, quelle méthode y peut contribuer plus utilement que ces fables ? Dites à un enfant que Crassus, allant contre les Parthes, s'engagea dans leur pays sans considérer comment il s'en sortirait ; que cela le fit périr lui et son armée, quelque effort qu'il fît pour se retirer. Dites au même enfant que le Renard et le Bouc descendirent au fonds d'un puits pour y éteindre leur soif ; que le Renard en sortit, s'étant servi des épaules et des cornes de son camarade comme d'une échelle ; au contraire, le Bouc y demeura pour n'avoir pas eu tant de prévoyance ; et par conséquent il faut considérer en toute chose la fin. Je demande lequel de ces deux exemples fera le plus d'impression sur cet enfant. Ne s'arrêtera-t-il pas au dernier, comme plus conforme et moins disproportionné que l'autre à la petitesse de son esprit ? Il ne faut pas m'alléguer que les pensées de l'enfance sont d'elles-mêmes assez enfantines, sans y joindre encore de nouvelles badineries. Ces badineries ne sont telles qu'en apparence ; car, dans le fond, elles portent un sens très solide. Et comme, par la définition du point, de la ligne, de la surface, et par d'autres principes très familiers, nous parvenons à des connaissances qui mesurent enfin le ciel et la terre ; de même aussi, par les raisonnements et les conséquences que l'on peut tirer de ces fables, on se forme le jugement et les mœurs, on se rend capable des grandes choses.

Elles ne sont pas seulement morales, elles donnent encore d'autres connaissances : les propriétés des animaux et leurs divers caractères y sont exprimés ; par conséquent les nôtres aussi, puisque nous sommes l'abrégé de ce qu'il y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables. Quand Prométhée voulut former l'homme, il prit la qualité dominante de chaque bête : de ces pièces si différentes il composa notre espèce ; il fit cet ouvrage qu'on appelle le Petit Monde. Ainsi ces fables sont un tableau où chacun de nous se trouve dépeint. Ce qu'elle nous représentent confirme les personnes d'âge avancé dans les connaissances que l'usage leur a données, et apprend aux enfants ce qu'il faut qu'ils sachent. Comme ces derniers sont nouveaux venus dans le monde, ils n'en connaissent pas encore les habitants ; ils ne se connaissent pas eux-mêmes : on ne les doit laisser dans cette ignorance que le moins qu'on peut ; il leur faut apprendre ce que c'est qu'un lion, un renard, ainsi du reste, et pourquoi l'on compare quelquefois un homme à ce renard ou à ce lion. C'est à quoi les fables travaillent : les premières notions de ces choses proviennent d'elles.

 

 

 

 

L'âne et le chien, La Fontaine, les fables

 

Il se faut entr'aider, c'est la loi du plus fort

L'âne un jour pourtant s'en moqua :

Et ne sais comme il y manqua;

Car il est bonne créature

Il allait par pays, accompagné du chien,

Gravement, sans songer à rien,

Tous deux suivis d'un commun maître.

Ce maître s'endormit: l'âne se mit à paître.

Il était alors dans un pré

Dont l'herbe était fort à son gré.

Point de chardons pourtant;

il s'en passa pour l'heure : Il ne faut pas être si délicat;

Et faute de servir ce plat

Rarement un festin demeure.

Notre baudet s'en sut enfin

Passer pour cette fois.

Le chien, mourant de faim,

Luit dit :« Cher compagnon, baisse-toi, je te prie :

Je prendrai mon dîné dans le panier au pain.»

Point de réponse, mot: le roussin d'Arcadie

Craignit qu'en perdant un moment

Il ne perdit un coup de dent. Il fit longtemps la sourde oreille :

Enfin il répondit :

«Ami, je te conseille

D'attendre que ton maître ait fini son sommeil ;

Car il te donnera, sans faute, à son réveil,

Ta portion accoutumée :

Il ne saurait tarder beaucoup.»

Sur ces entrefaites, un loup

Sort du bois, et s'en vient : autre bête affamée.

L'âne appelle aussitôt le chien à son secours.

Le chien ne bouge et dit : «Ami, je te conseille

De fuir, en attendant que ton maître s'éveille ;

Il ne saurait trop tarder: détale vite, et cours.

Que si ce loup t'atteint, casse-lui la mâchoire :

On t'a ferré de neuf; et si tu me veux croire,

Tu l'étendras tout plat»

Pendant ce beau discours,

Seigneur Loup étrangla le baudet sans remède.

 

J'en conclus qu'il faut qu'on s'entraide

 

Au regard de ces trois textes, les fables sont-elles morales? Justifiez votre réponse

La morale dans les fables:

 

Les deux premiers textes sont des préfaces. L'une est celle des Méditations de Lamartine et l'autre, celle de La Fontaine écrite en 1668.

Le texte de Lamartine fait écho à celui de La Fontaine. En effet le poète aborde la morale des apologues du célèbre fabuliste qui lui-même évoque la morale du genre de la fable.  Le troisième texte est une fable de La Fontaine intitulée l'âne et le chien. Pour savoir si les fables sont morales,  nous expliciterons les thèses des deux premiers extraits puis nous nous efforcerons de déterminer quelle thèse, de Lamartine ou de La Fontaine, le dernier texte illustre.

Lamartine et La Fontaine s'opposent. Le premier déclare que les fables sont «les leçons d'un cynique». Pour lui donc, les fables ne respectent pas la morale communément admise. Le deuxième auteur assure qu'elles inclinent les enfants au bien.  Le fabuliste rappelle que Platon recommande aux nourrices de leur apprendre. Car on ne saurait s'accoutumer de trop bonne heure à la sagesse et à la vertu. De ce point de vue, la fable intitulée, «l'âne et le chien» semble digne d'être enseignée à des enfants puisque la moralité qui apparaît vers 1, est morale. Elle prône la solidarité entre les êtres. «il faut s'entraider, c'est la loi de nature». Mais à bien y regarder, cette morale est illustrée par une histoire qui elle, est immorale. En effet, elle met en scène l’égoïsme, la vengeance et la violence.  L’égoïsme est illustré par le fait que l'a^ne préfère manger plutôt qu'aider le chien alors même que ce dernier meurt de faim comme précise le texte vers 16. La vengeance est le fait du chien qui refuse d'aider l'âne à se défendre contre le loup. Il fait même preuve de sarcasme en reprenant le même conseil que l'âne lui avait donné, à savoir d'attendre le réveil du maître. A cet égard, les vers 31 et 32 prononcés par le chien, «ainsi je te conseille de fuir, en attendant que ton maître s'éveille» font écho aux vers 23 et 24 prononcés par l'âne. «Ainsi je te conseille/ D'attendre que ton maître ait fini son sommeil». On y retrouve la même formulation et l'ironie du premier répond au mépris du second. Enfin, la fable met en évidence la violence qui peut exister entre les êtres. Le loup tue l'âne sans aucune hésitation et sans palabrer. La mort de l'âne tient en un seul vers «seigneur loup étrangla le baudet sans remède». Cela suggère que derrière les discours qui occupent ici la majeure partie de la fable existe une violence que les mots ne sauraient combattre.

En somme la question de la morale des fables pose problème comme le souligne Lamartine quand la moralité est morale, l'histoire racontée ne l'est pas forcément, bien au contraire.

 

 

La vieille et les deux servantes, illustration de G. Doré et la fable de La Fontaine

 

 

Étude de l'illustration de Gustave Doré

 

fable-de-la-fontaine-illustration-dore-la-vieille-et-l.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I – Un moment d'action tendue

Pour le 1/3 de l'image, nous voyons un personnage debout, une vieille femme qui est en situation de superposition par rapport aux deux servantes en position allongée, 2/3 de l'image. Il s'agit d'un face à face.

La seule source de lumière vient de la grand mère qui tient une bougie. C'est la seule source de lumière qui éclaire les visages des deux jeunes femmes. Cette clarté rendue contraste avec le 1/3 sombre. Cela souligne l'aspect dramatique de la situation ambiante. De la même manière, l'ombre de la vieille se projette à l'arrière d'elle sur la porte. Nous avons donc une ambiance de clair-obscur, les ombres connotent une ambiance qu'on pourrait qualifier de fantastique.

Une des servante fait un geste dramatique, expression de l'accablement, l'autre est en retrait.

L'illustrateur a fait le choix de représenter le moment où la vielle femme vient réveiller les deux servantes. Il s'agit d'une composition d'ensemble, montrer l'émotion dramatique de ce moment.

La vielle, debout, est tournée vers les deux servantes étendues sur le lit. Ce face à face rend compte de l'affrontement qui se joue à ce moment, c'est-à-dire, au réveil. Les jeunes femmes sont comme surprises dans leur sommeil, encore allongées et enveloppées dans les draps.

 

II – Une lecture pathétique

L'illustrateur a imaginé un décor sordide autour du trio,inspiré peut-être par le mot «Misérable» répété dans la fable de La Fontaine. C'est une masure qui abrite les personnages.

On devine derrière la vielle femme une porte rudimentaire en bois et les murs sont recouverts de ce qui semble être un enduit grossier qui laisse voir les pierres. Une étagère supporte quelques accessoires rustiques.Concernant les vêtements des personnages, on peut dire que le foulard de la vieille est noué autour d'elle, son tablier qui recouvre sa jupe reflète sa condition sociale manifestement pauvre.

Ce choix dans l'interprétation donne toute sa dimension à la pression exercée par la vieille sur les deux jeunes femmes. On approche donc ici du registre pathétique. Tout l'accablement des femmes est visible, mis en valeur. On devine que le visage de 'lune est prostré et émerge par dessus le drap. L'autre porte sa main sur son front, la tête est renversée sur l'oreiller dans un geste de douleur et de détresse. L'illustrateur a choisi de  représenter la vieille tournée au ¾. On ne voit donc pas son visage qui est dirigé vers les servantes. La posture laisse deviner son grand âge et l'intensité de la méchanceté dans le regard jeté aux deux servantes.

 

Conclusion

Le travail de l'illustrateur éloigne de la fable de La Fontaine. L'aspect comique de la fable disparaît complètement ainsi que l'ornement poétique.

Le choix de l'illustrateur va vers le réalisme, c'est une reconstitution quasi historique avec le travail sur les costumes et les décors.

Tout reflète la misère et les conditions sordides de vie. Il s'agit en fait de dénoncer la misère des pauvres gens. Dénonciation déjà sensible dans la fable de La Fontaine.

 

 

la-fontaine

 

 

 

Fable « la vieille et les deux servantes » de Jean de La Fontaine

 

La Vieille et les deux Servantes

 

Il était une vieille ayant deux Chambrières.

Elles filaient si bien que les soeurs filandières

Ne faisaient que brouiller au prix de celles-ci.

La Vieille n'avait point de plus pressant souci

Que de distribuer aux Servantes leur tâche.

Dès que Thétis chassait Phébus aux crins dorés,

Tourets entraient en jeu, fuseaux étaient tirés ;

Deçà, delà, vous en aurez ;

Point de cesse, point de relâche.

Dès que l'Aurore, dis-je, en son char remontait,

Un misérable Coq à point nommé chantait.

Aussitôt notre Vieille encor plus misérable

S'affublait d'un jupon crasseux et détestable,

Allumait une lampe, et courait droit au lit

Où de tout leur pouvoir, de tout leur appétit,

Dormaient les deux pauvres Servantes.

L'une entrouvrait un oeil, l'autre étendait un bras ;

Et toutes deux, très malcontentes,

Disaient entre leurs dents :

Maudit Coq, tu mourras.

Comme elles l'avaient dit, la bête fut grippée.

Le réveille-matin eut la gorge coupée.

Ce meurtre n'amenda nullement leur marché.

Notre couple au contraire à peine était couché

Que la Vieille, craignant de laisser passer l'heure,

Courait comme un Lutin par toute sa demeure.

C'est ainsi que le plus souvent,

Quand on pense sortir d'une mauvaise affaire,

On s'enfonce encor plus avant :

Témoin ce Couple et son salaire.

La Vieille, au lieu du Coq, les fit tomber par là

De Charybde en Scylla.

 

 

 

Analyse

 

Elle est originale : paradoxe - ref mythologique  - paresse - littéraire, on est donc en décalage avec la réalité sociale de la fable ( ce n'est peut-être qu'un fonctionnement poétique), c'est burlesque. La longueur des journées de travail est marquée par un indicateur de temps « dès que » = double conjonction de temps reprise plus loin par l'adverbe « aussitôt » = ressort de  l'expression de la vieille à les mettre au travail. Vers 9, la phrase nominale « point de ... » accentue l'idée du travail inlassable. Le narrateur nous présente le portrait de la vieille de façon extrêmement péjorative : vêtements « crasseux ; détestables » et « encore plus misérables » : portrait d'un employeur sale, négligé et pas aisé en apparence qui emploie deux jeunes filles qu'elle néglige autant, on  n'est pas loin de la caricature.

 

3 verbes d'action en deux vers (V 13/14) qui montrent l'agitation frénétique de cette vieille. Dans ce portrait il y a un élément comique (V25), on compare la vieille à un lutin : La vieille est un peu tassée, et c'est en contradiction avec le terme « vieille ». Dénonciation indignée du fabuliste : La Fontaine s'insurge contre la vieille qui exploite les deux servantes : registre pathétique (« pauvre servante » : subjectif) et insiste beaucoup sur leur épuisement physique avec la mise en valeur du verbe «dormais » (V15/16) d'autant qu'on a le mot « tout » répété 2X (V15), et le verbe dormais avec inversion du sujet mise en valeur par le terme « misérable ». Désapprobation et dénomination avec une phrase nominale, octosyllabe plus court et mis en valeur par les alexandrins. Mais il y a un comique de situation : le stratagème des deux servantes est drôle (assassiner le coq) ainsi que l'expression « le réveil-matin eut la gorge coupée » de plus la situation de la fable s'est aggravée : retournement de situation. Cette dénonciation passe par le récit avec la présence du narrateur.

 

 

Oral: Étude comparative: la vieille et les deux servantes

 

L'illustration de Gustave Doré et la fable de La Fontaine

 

 

*** Séquence argumentation

 

Gustave Doré est un illustrateur, peintre et sculpteur français du 19ème siècle. 1832. 1888. Il appartient à l'époque romantique. Il a illustré la Divine comédie de Dante

 

 

Étude de l'illustration de Gustave Doré

 

Plan de l'étude

 

I – Un moment d'action tendue

 

II – Une lecture pathétique

 

Problématique:

 

L'illustration de la vieille et les deux servantes de G. Doré éloigne t'-elle de la fable de La Fontaine?

 

 

Questions sur l'illustration de G. Doré

 

I- Un moment d'action tendue

 

 

Description de l'image

 

Quels sont les personnages en présence?

 

Comment l'image apparaît-elle pour le 1/3? Le 2/3?

 

Quelle est la source de lumière du tableau?

 

Quel effet Doré cherche t'-il à créer avec cette orientation spécifique de la lumière?

 

Peut-on parler en terme de réalisme?

 

De reconstitution historique? Pourquoi?

 

Comment le contraste est-il rendu?

 

L'aspect dramatique est-il ainsi renforcé?

 

L'ombre de la vieille femme a t'-elle un impact, un effet sur l'ensemble du tableau?

 

Cela contribue t'-il à mettre le personnage en avant?

 

Que connotent les ombres?

 

Cela crée t'-il une atmosphère fantastique?

 

Que font les deux servantes?

 

Comment l'expression de l'accablement est-elle suggérée?

 

Peut-on parler d'une émotion dramatique sensiblement et volontairement suggérée par Doré?

 

Que impact le face à face exerce t'-il?

 

 

II – Une lecture pathétique

 

Que peut-on dire du décor?

 

Selon vous, quelle est l'inspiration de l'illustrateur?

 

La retrouvons-nous dans la fable de La Fontaine?

 

De quoi s'agit-il?

 

Faites en une description

 

De quelle condition sociale s'agit-il?

 

Quel impact a ce choix de lecture dans l'interprétation de l'illustration?

 

Quel registre avons-nous?

 

 

Questions sur la conclusion

 

 

Le travail de l'illustrateur est-il similaire ou au contraire s'éloigne t'-il de la fable de La Fontaine?

 

Peut-on parler en terme de réalisme?

 

De reconstitution historique? Pourquoi?

 

Est-ce une dénonciation? Cette critique est-elle présente dans les fables de La Fontaine?

 

Faire une étude comparative entre l'illustration de Gustave Doré et la fable de La Fontaine

 

 

Étude comparative de la fable de La Fontaine

 

 

Cette fable est-elle originale? Pourquoi?

 

Sommes nous en décalage avec la réalité sociale ? En quoi?

 

Quel portrait de la vieille avons-nous? Citez pour justifier votre réponse

 

Peut-on parler d'un portrait caricatural?

 

Quel registre domine la fable?

 

Montrez que le ton de La Fontaine est celui de l'indignation

 

Quels sont les indices de la dénonciation?

 

Relevez les races de subjectivité

 

Quels sont les points communs et différences de la dénonciation entre l'illustration de Gustave Doré et la fable de La Fontaine?

 

 
   
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