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Bac 2014, exemple de corrigé d'une question sur la réécriture, La Dame aux camélias, Dumas et Ceccaty, série L

La dame aux camélias, Dumas

 

 

 

 

Oral bac

 

 

 

 

 

 

Questions sur corpus, EAF, série littéraire, réécriture autour de la Dame aux camélias, Dumas et Ceccatti

 

Série littéraire

Objet d'étude : les réécritures

*** Sujet EAF corrigé

TEXTES

  • A. Alexandre Dumas-fils, La Dame aux camélias (1852), drame, extrait de l’Acte I, scènes 9 et 10, Editions Garnier-Flammarion, 2000.
  • B. René de Ceccatty, « Le temps du rêve », avertissement de l’auteur à sa version théâtrale modernisée de La Dame aux camélias (2000).
  • C. René de Ceccatty, La Dame aux camélias (2000), adaptation théâtrale modernisée du texte d’Alexandre Dumas-fils, extrait du tableau VI,
  • Editions du Seuil, 2000.

 

 

 

[Marguerite Gautier est une courtisane, c’est-à-dire une prostituée de luxe, souffrant de la tuberculose
et menant une vie frénétique et festive. Le jeune Armand Duval, amoureux d’elle, la rejoint dans une
chambre où elle s’est réfugiée au milieu d’une fête, prise d’un nouvel accès de sa maladie.]

Texte A - Alexandre Dumas-fils, La Dame aux camélias.
Scène IX
Marguerite, seule, essayant de reprendre sa respiration.
Ah !… (Elle se regarde dans la glace.) Comme je suis pâle ! … Ah !…
Elle met sa tête dans ses mains et appuie ses coudes sur la cheminée.
Scène X
Marguerite, Armand
Armand, rentrant : - Eh bien, comment allez-vous, madame ?
Marguerite : - Vous, monsieur Armand ! Merci, je vais mieux… D’ailleurs, je suis accoutumée…
Armand : - Vous vous tuez ! Je voudrais être votre ami, votre parent, pour vous empêcher de vous
faire mal ainsi.
Marguerite : - Ah ! vous êtes bien bon ! Regardez les autres, s’ils s’occupent de moi.
Armand : - Les autres ne vous aiment pas comme je vous aime.
Marguerite : C’est juste ; j’avais oublié ce grand amour.
Armand : - Vous en riez ?
Marguerite : - Dieu m’en garde ! j’entends tous les jours la même chose ; je n’en ris plus.
Armand : - Soit ; mais cet amour vaut bien une promesse de votre part.
Marguerite : - Laquelle ?
Armand : - Celle de vous soigner.
Marguerite : - Me soigner ! Est-ce possible ?
Armand : - Pourquoi pas ?
Marguerite : - Mais, si je me soignais, je mourrais, mon cher. Ce qui me soutient, c’est la vie fiévreuse
que je mène. Puis, se soigner, c’est bon pour les femmes du monde qui ont une famille et des amis ;
mais, nous, dès que nous ne pouvons plus servir au plaisir ou à la vanité de personne, on nous
abandonne, et les longues soirées succèdent aux longs jours ; je le sais bien, allez ; j’ai été deux mois
dans mon lit : au bout de trois semaines, personne ne venait plus me voir.
Armand : - Il est vrai que je ne vous suis rien, mais, si vous le vouliez, Marguerite, je vous soignerais
comme un frère, je ne vous quitterais pas et je vous guérirais. Alors, quand vous en auriez la force,
vous reprendriez la vie que vous menez, si bon vous semble ; mais, j’en suis sûr, vous aimeriez mieux
alors une existence tranquille.
Marguerite : - Vous avez le vin triste.
Armand : - Vous n’avez donc pas de coeur, Marguerite ?
Marguerite : - Le coeur ! C’est la seule chose qui fasse faire naufrage dans la traversée que je fais.
(Un temps) C’est donc sérieux ?
Armand : - Très sérieux.
Marguerite : Prudence ne m’a pas trompée, alors, quand elle m’a dit que vous étiez sentimental.
Ainsi, vous me soigneriez ?
Armand : - Oui !
Marguerite : - Vous resteriez tous les jours auprès de moi ?
Armand : - Tout le temps que je ne vous ennuierais pas.
Marguerite : - Et vous appelez cela ?
Armand : - Du dévouement.
Marguerite : - Et d’où vient ce dévouement ?
Armand : D’une sympathie irrésistible que j’ai pour vous.
Marguerite : - Depuis ?
Armand : - Depuis deux ans, depuis un jour où je vous ai vue passer devant moi, belle, fière,
souriante . Depuis ce jour, j’ai suivi de loin et silencieusement votre existence .
Marguerite : Comment se fait-il que vous me disiez cela aujourd’hui ?
Armand : Je ne vous connaissais pas, Marguerite.
Marguerite : - Il fallait faire connaissance. Pourquoi, lorsque j’ai été malade et que vous êtes si
assidûment venu savoir de mes nouvelles, n’avez-vous pas monté ici ?
Armand : - De quel droit aurais-je monté chez vous ?
Marguerite : - Est-ce qu’on se gêne avec une femme comme moi ?
Armand : - On se gêne toujours avec une femme… Et puis…
Marguerite : - Et puis ?
Armand : - J’avais peur de l’influence que vous pouviez prendre sur ma vie.
Marguerite : - Ainsi vous êtes amoureux de moi !
Armand, la regardant et la voyant rire. : Si je dois vous le dire, ce n’est pas aujourd’hui.
Marguerite : - Ne le dites jamais.

Texte B - Daniel de Ceccaty, "Le temps du rêve"

Si on lit la pièce de Dumas, on peut percevoir tout ce qui fait l’artifice du théâtre de la seconde moitié
du XIXème siècle. […]
L’expression des sentiments, la mise en place des personnages, l’évolution dramatique n’ont rien de
réaliste, mais usent d’un langage naturaliste et emphatique, même si, au jugement de tous, la pièce
paraissait communiquer une émotion immédiate.
Alexandre Dumas-fils était embarrassé pour représenter sur scène des situations qui pouvaient
passer pour scabreuses, puisqu’il y était question de la vénalité, de la double vie des notables, de la
respectabilité et de la déchéance. Il avait donc pris un certain nombre de précautions oratoires qui se
manifestaient dans des discours puritains. […]
Le théâtre n’est plus reçu comme il l’était au XIXème siècle. Nous avons désormais d’innombrables
points de comparaison. La narration peut y être moins rigide, le rythme plus fluide, les ellipses y sont
admises. Il y a, dans mon adaptation, une influence du temps cinématographique. Mais c’est surtout
le temps de la remémoration, le temps intérieur, le temps du rêve que j’ai voulu retrouver et que la
mise en scène peut permettre aux comédiens d’incarner.

Texte C - Daniel de Ceccaty, La Dame aux camélias

Marguerite : Je suis fatiguée. Je ne sais pas. Je ne veux pas savoir. Ne prenez pas cette mine
dramatique. Je ne suis pas morte. Restez. Je suis rassurée de vous savoir près de moi. Je suis seule
sans l’être en vous sachant là. Vous êtes pâle. Avez-vous la même maladie que moi ?
Armand : Je voudrais être malade à votre place. Est-ce que vous souffrez ?
Marguerite : Très peu. J’y suis habituée.
Armand : A mener cette vie, vous vous tuez.
Marguerite (se voyant dans un miroir) : Comme je suis pâle ! Vous avez raison. Je me tue. Et alors ?
(Il reste muet). Vous êtes un enfant. Ecoutez, je ne dors pas. Il faut bien que je me distraie.
Armand : Mais avec un … Rodolphe de Nevers… avec un Duc de Bassano….
Marguerite : Avec le premier je m’ennuie et le second me poursuit de sa jalousie.
Armand : C’est donc une piètre distraction.
Marguerite : Aussi n’est-ce pas avec eux que j’entends me divertir.
Armand : Etes-vous sûre d’avoir besoin de divertissement ?
Marguerite : De quoi d’autre ? D’amour ? J’en connais l’apparence, ce n’est déjà pas si mal.
Armand : L’apparence ? C’est-à-dire ?
Marguerite : Séduire, changer.
Armand : Jouir ?
Marguerite : Vous me posez la question sur un ton qui condamne le mot. Comme vous êtes chaste.
Armand : Qui vous l’assure ?
Marguerite : Votre regard. Votre voix. Votre sérieux. Vous avez une maîtresse ? Laissez-moi
deviner . J’imagine une petite bourgeoise fort tendre et fort sentimentale. Qui serait bien malheureuse
de vous voir ici, près de moi, à cette heure. Qui vous attend peut-être.
Armand : J’avais pour maîtresse une femme comme vous la décrivez.
Marguerite : Et après ? Car je comprends qu’il y a un après, puisqu’il y a un avant.
Armand : Ses lettres mélancoliques me faisaient sourire.
Marguerite : Vous ? Vous êtes capable de cette dureté ? La dureté qui fait sourire de l’amour qu’on
suscite ?
Armand : Je comprends le mal que je lui ai fait, par celui que j’éprouve, quand…
Marguerite : Quand ? Vous ne voulez pas poursuivre ? Il vaut mieux me laisser maintenant. Ne vous
occupez pas de moi. Cela ne vaut pas la peine. Voyez si les autres se soucient de moi. Ils savent bien
qu’il n’y a rien à faire. (Il reste muet, immobile). Vous ne partez pas ? Une fille comme moi, vous
savez, une de plus ou de moins…
Armand : Que disent les médecins ?
Marguerite : Que le sang que je crache n’est pas bon.
Armand : Soignez-vous.
Marguerite : Pourquoi ? Pour qui ? On se soigne quand on a des amis à qui l’on veut épargner la
douleur de sa perte.

 

A. Présentation du sujet

S’il s’inscrit dans l’objet d’étude "les réécritures", il est aussi lié par son corpus et les

problèmes qu’il soulève à l’objet d’étude "Le théâtre, texte et représentation". La modernisation

par René de Ceccatty du drame d’Alexandre Dumas-fils permet de réfléchir à la réception d’une

oeuvre, au degré d’acceptabilité des conventions ou du pathétique suivant les époques. Le texte

B explicite certains des reproches adressés par la modernité aux conventions du drame, et

facilite donc le travail de confrontation des textes demandé aux élèves. Par sa présence, il

permet aussi d’évaluer la capacité à utiliser le paratexte.

B. Question

Vous répondrez d’abord à la question suivante :

A partir de deux exemples précis confrontant les textes A et C, et en vous appuyant sur le texte B, vous expliquerez dans quelle perspective

René de Ceccatty a choisi d’infléchir l’oeuvre d’Alexandre Dumas-fils.

Cette question préalable aide à entrer dans la problématique de la réécriture ; elle renvoie

aussi au problème de l’évolution des conventions théâtrales et de leur réception. Elle vise à

préparer aux trois sujets proposés. Pour le commentaire, l’élève peut prendre en compte

certaines spécificités du texte de René de Ceccatty et commencer à analyser les modifications

et « corrections » qu’il impose à celui d’Alexandre Dumas-fils. Pour la dissertation, la réécriture

conçue comme modernisation fournit un argument dans le débat proposé. Pour l’écriture

d’invention, le travail préalable permet d’envisager certains exemples du pathétique à l’oeuvre

dans le texte A, que l’élève aura à amplifier pour parvenir à la parodie exigée.

La réponse à la question suppose une réflexion précise sur le texte B, qu’on peut tenir pour

un guide de lecture, l’auteur y expliquant ses réserves quant à l’écriture théâtrale d’Alexandre

Dumas-fils et plus exactement de son époque. La perception d’un « artifice » (ligne 1), la

dénonciation d’un « langage naturaliste et emphatique » (ligne 4), la mention de « précautions

oratoires » (ligne 8) sont autant d’indices pour comprendre la direction dans laquelle René de

Ceccatty a voulu retravailler le texte initial. L’étude du texte B requise par le libellé de la

question aide donc les élèves, qui y apprennent ce qu’ils doivent chercher dans la confrontation

des textes A et C.

On a limité à deux exemples précis le travail de confrontation dans le souci de ne pas

alourdir exagérément le travail. Chaque exemple de confrontation des textes, analysé et

expliqué, pourra être noté sur deux points. Les critères d’évaluation sont les suivants :

- une sélection pertinente des exemples : il s’agit de confronter des passages précis des

deux textes dans lesquels le travail de réécriture est apparent ;

- une étude précise de la réécriture : un collage de citations n’explique rien s’il ne

s’accompagne pas d’une analyse succincte, d’un effort d’interprétation.

On peut attendre, parmi d’autres possibilités :

- La comparaison du traitement de l’exclamation « Comme je suis pâle ! » dans les deux

versions. Dumas-fils opte pour un monologue avant l’entrée en scène d’Armand. L’artificialité du

procédé théâtral s’accompagne d’exclamations pathétiques (« Ah ! » encadrant l’énoncé) et de

didascalies fort abondantes qui redoublent le caractère pathétique du propos (« Essayant de

reprendre sa respiration », « Elle se regarde dans la glace », « Elle met sa tête dans ses mains

et appuie ses coudes sur la cheminée »). L’énoncé pathétique est donc souligné par la

gestuelle et la situation du personnage seul en scène : la dramaturgie court le risque de la

redondance. René de Ceccatty a choisi pour sa part d’intégrer la réplique au dialogue, où elle

vient confirmer à la ligne 7 la réplique précédente. La seule didascalie maintenue est celle

mentionnant le miroir, élément indispensable à la situation. Immédiatement suivie de phrases

brèves et sèches (« Je me tue. Et alors ? »), l’exclamation apparaît comme un rapide moment

de révélation, comme une brutale inquiétude aussitôt maîtrisée. Par les jeux de scène, le

rythme et la construction de la parole, les deux versions opposent ainsi une dramaturgie de

l’effet à une réécriture visant à estomper les procédés du mélodrame.

- Une comparaison de variantes plus longues.

Des lignes 12 à 18 notamment, René de Ceccatty innove en faisant exposer par Marguerite

sa philosophie de la vie : apparence, séduction, variété, la question du plaisir étant évoquée

puis laissée de côté. Ce passage ajoute une dimension réflexive au personnage de Marguerite,

et répond davantage à une morale moderne qu’aux bienséances du théâtre du XIXème siècle.

D’autres exemples sont évidemment envisageables : l’approfondissement du personnage

d’Armand questionné par Marguerite dans la version de René de Ceccatty, la disparition de

déclarations solennelles et un peu trop imagées (« Le coeur ! c’est la seule chose qui fasse

naufrage dans la traversée que je fais », réplique 18 de la scène X), la substitution d’un

vocabulaire direct et presque brutal (« Séduire », « jouir », « chaste », « une petite bourgeoise

fort tendre ») aux périphrases sentimentales d’Alexandre Dumas-fils (« D’une sympathie

irrésistible que j’ai pour vous »), l’avertissement de Marguerite (« Ne prenez pas cette mine

dramatique ») presque emblématique du travail de René de Ceccatty. Dans tous les cas, les

exemples concernent chaque fois les reproches d’artificialité, d’emphase ou de prudence

moralisatrice. On sanctionnera toute confrontation sans étude des visées et effets des

variantes ; on valorisera les efforts d’analyse et la prise en compte du texte B comme guide de

confrontation.

 

Sujets et corrigés du site eduscol.education.fr

 

 

 

 

 

 
   

 

 

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