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Quelle vision du peuple les trois extraits donnent-ils? Question corpus, ES, S 2011, vision de l'homme et du monde

zola

 

 

 

 

 

 

Oral bac

 

  

 

 

 

 

Sujets de français, bac 2011 séries ES - S

 

Objet d’étude :Le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde

  • Texte A - Victor Hugo, Les Misérables , 4 ème partie, livre 12, 1862
  • Texte B - Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, troisième partie, I, 1869
  • Texte C – Emile Zola, La Fortune des Rougon , chapitre I, 1871

 

TEXTE A - Victor Hugo,

Les Misérables - , 4 ème partie, livre 12

Gavroche, un gamin de Paris, aide les insurgés qui construisent une barricade, au cours del’émeute parisienne de juin 1832.

Gavroche, complètement envolé et radieux, s’était chargé de la mise en train. Il allait,venait, montait, descendait, remontait, bruissait, étincelait. Il semblait être là pour l’encouragement de tous. Avait-il un aiguillon ? oui certes, sa misère ; avait-il des ailes ? ouicertes, sa joie. Gavroche était un tourbillonnement. On le voyait sans cesse, on l’entendaittoujours. Il remplissait l’air, étant partout à la fois. C’était une espèce d’ubiquité presque irritante ; pas d’arrêt possible avec lui. L’énorme barricade le sentait sur sa croupe. Il gênaitles flâneurs, il excitait les paresseux, il ranimait les fatigués, il impatientait les pensifs, mettaitles uns en gaieté, les autres en haleine, les autres en colère, tous en mouvement piquait unétudiant, mordait un ouvrier ; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et del’effort, sautait de ceux-ci à ceux-là, murmurait, bourdonnait, et harcelait tout l’attelage ;

mouche de l’immense Coche révolutionnaire.Le mouvement perpétuel était dans ses petits bras et la clameur perpétuelle dans sespetits poumons Hardi ! encore des pavés ! encore des tonneaux ! encore des machins ! où y en a-t-il ?Une hottée

de plâtras pour me boucher ce trou-là. C’est tout petit votre barricade. Il faut que

ça monte. Mettez-y tout, flanquez-y tout, fichez-y tout. Cassez la maison. Une barricade,c’est le thé de la mère Gibou

. Tenez, voilà une porte vitrée.Ceci fit exclamer les travailleurs.- Une porte vitrée ! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’une porte vitrée, tubercule?- Hercules vous-mêmes ! riposta Gavroche. Une porte vitrée dans une barricade, c’est excellent. Ça n’empêche pas de l’attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n’avez donc jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteilles ? Une portevitrée, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale quand elle veut monter sur unebarricade. Pardi ! le verre est traître. Ah ça, vous n’avez pas une imagination effrénée, mescamarades !

TEXTE – B Gustave Flaubert,

L’Education sentimentale, III. 1, 1869

Frédéric, le héros del’Education sentimental , assiste avec son ami Hussonnet au saccagedu Palais des Tuileries, au cours de la Révolution de 1848.

Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe.C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots vertigineux des têtesnues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, siimpétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montaittoujours, comme un fleuve refoulé par une marée d’équinoxe, avec un long mugissement, sous une impulsion irrésistible. En haut, elle se répandit, et le chant tomba.On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers, avec le clapotement desvoix. La foule inoffensive se contentait de regarder. Mais, de temps à autre, un coude trop àl’étroit enfonçait une vitre ; ou bien un vase, une statuette déroulait d’une console, par terre.Les boiseries pressées craquaient. Tous les visages étaient rouges ; la sueur en coulait à larges gouttes ; Hussonnet fit cette remarque :

-« Les héros ne sentent pas bon ! »

-« Ah ! vous êtes agaçant », reprit Frédéric.Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement où s’étendait, au plafond, undais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la chemise entr’ouverte, l’air hilare et stupide comme un magot

. D’autres gravissaient l’estradepour s’asseoir à sa place.

-« Quel mythe ! » dit Hussonnet. « Voilà le peuple souverain ! »Le fauteuil fut enlevé à bout de bras, et traversa toute la salle en se balançant.

-« Saprelotte ! comme il chaloupe ! Le vaisseau de l’Etat est ballotté sur une mer orageuse ! Cancane-t-il

! Cancane-t-il ! »On l’avait approché d’une fenêtre, et, au milieu des sifflets, on le lança.

-« Pauvre vieux ! » dit Hussonnet en le voyant tomber dans le jardin, où il fut reprisvivement pour être promené ensuite jusqu’à la Bastille, et brûlé.Alors, une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur illimité avait paru ; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa,lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, lestabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’à des corbeilles detapisserie. Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser ! La canaille s’affublaironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines d’or s’enroulèrent aux manches des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubansde la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. Chacun satisfaisait son caprice ;les uns dansaient, d’autres buvaient. Dans la chambre de la reine, une femme lustrait sesbandeaux avec de la pommade ; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes ;Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule accoudé sur un balcon ; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et desmorceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica

TEXTE C – Emile Zola,

La Fortune des Rougon, chapitre I, 1871

Le coup d’Etat du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, a suscité enProvence des insurrections républicaines, notamment dans le département du Var. C’est cette révolte que décrit Zola au début de

La Fortune des Rougon

.La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandioseque l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon.La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser ;toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chantsenflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant.

La Marseillaise emplit le ciel, commesoufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante,avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormies’éveilla en sursaut ; elle frissonna tout entière, ainsi qu’un tambour que frappent lesbaguettes ; elle retentit jusqu’aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta ; des bouts del’horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquetsd’arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines ; le largeamphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquellecoulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés ; et, au fond des creux de la Viorn , le long des eauxrayées de mystérieux reflets d’étain fondu, il n’y avait pas un trou de ténèbres où deshommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. Lacampagne, dans l’ébranlement de l’air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que lapetite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin

I - Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Quelles visions du peuple les trois extraits du corpus donnent-ils ?

 

 

Eléments pour une correction de la question du corpus de textes

 

Bac général 2011 : séries ES - S -

 

Sujets de français, bac 2011 séries ES - S

Objet d’étude :Le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde

  • Texte A - Victor Hugo, Les Misérables , 4 ème partie, livre 12, 1862
  • Texte B - Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, troisième partie, I, 1869
  • Texte C – Emile Zola, La Fortune des Rougon , chapitre I, 1871

Sujet :

I - Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Quelles visions du peuple les trois extraits du corpus donnent-ils ?

Eléments pour une correction :

- Les trois visions sont différentes

- Hugo :

Idée dominante de liberté que le peuple cherche à gagner : renverser la monarchie de juillet

Vision d'un peuple positive qui se bat pour défendre sa cause - Gavroche, énumérations, métaphores et discours direct.

- Flaubert :

Le peuple est assimilé à une masse incapable de battre pour une cause. La vison n'est pas positive mais négative, voire critique.

-peuple insensé, irréfléchi, incontrôlable, destructeur : les moyens utilisés pour mettre en avant ces idées sont l'ironie et le dédain.

- Zola :

Vison positive du peuple; La foule est combattante et en harmonie avec la nature, en marche vers une liberté à gagner. La marseillaise est le symbole de la liberté.

 

 

 

 
   
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