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Bac 2014, un exemple de questions sur corpus avec la correction, séries techno, l'écriture poétique, Réda, Cocteau et Ponge.

 

Ponge, le parti pris des choses

 

 

 

 

 

Oral bac

 

 

 

 

 

Objet d’étude: La poésie

Séries technnologiques

*** Entraînez-vous avec les sujets corrigés

L'écriture poétique et la quête du sens

 


Texte A — Jean Cocteau, Le Rappel à l’ordre
On a coutume de présenter la poésie comme une dame voilée, langoureuse, éten- due sur un nuage. Cette dame a une voix musicale et ne dit que des mensonges. Maintenant, connaissez-vous la surprise qui consiste à se trouver soudain en face de son pro p re nom comme s’il appartenait à un autre, à voir, pour ainsi dire, sa form e et à entendre le bruit de ses syllabes sans l’habitude aveugle et sourde que donne une longue intimité? Le sentiment qu’un fourn i s s e u r, par exemple, ne connaît pas un mot qui nous paraît si connu, nous ouvre les yeux, nous débouche les oreilles. Un coup de baguette fait re v i v re le lieu commun. Il arrive que le même phénomène se produise pour un objet, un animal. L’espace d’un éclair, nous « voyons » un chien, un fiacre, une mai- son, « pour la pre m i è re fois ». Tout ce qu’ils présentent de spécial, de fou, de ridicule, de beau nous accable. Immédiatement après, l’habitude frotte cette image puissante avec sa gomme. Nous caressons le chien, nous arrêtons le fiacre, nous habitons la maison. Nous ne les voyons plus. Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la f o rce du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surp renantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement. Inutile de chercher au loin des objets et des sentiments bizarres pour surpre n d re le do  rmeur éveillé. C’est là le système du mauvais poète et ce qui nous vaut l’exotisme. Il s’agit de lui montrer ce sur quoi son cœur, son œil glissent chaque jour, sous un angle et avec une vitesse tels qu’il lui paraît le voir et s’en émouvoir pour la pre m i è re fois. Vo i l à bien la seule création permise à la créature. Car s’il est vrai que la multitude des re g a rds patine les statues, les lieux communs, chefs-d’œuvre éternels, sont re c o u v e rt s d’une épaisse patine qui les rend invisibles et cache leur beauté. Mettez un lieu commun1 en place, nettoyez-le, frottez-le, éclairez-le de telle sorte qu’il frappe avec sa jeunesse et avec la même fraîcheur, le même jet qu’il avait à sa source, vous ferez œuvre de poète.


Texte B — Francis Ponge, Le Parti pris des choses
Le pain La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi pano- ramique qu’elle donne: comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, — sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la bise a son tissu pareil à celui des éponges: feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent: elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient moins friable… Mais brisons-la: car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. ( w w w. g a l l i m a rd . f r )
1. Idée banale, utilisée par tous.
Te x t e s A — Jean Cocteau [1889-1963], Le Rappel à l’ord re, © Comité Jean Cocteau, 1926. B — Francis Ponge [1899-1988], « Le pain », Le Parti pris des choses, © Éditions Gallimard, 1942. C — Jacques Réda [1929], « La bicyclette », Retour au calme, © Éditions Gallimard, 1989.

 

Texte C — Jacques Réda, Retour au calme
La bicyclette Passant dans la rue un dimanche à six heures, soudain, Au bout d’un corridor fermé de vitres en losange, On voit un torrent de soleil qui roule entre des branches Et se pulvérise à travers les feuilles d’un jardin, Avec des éclats palpitants au milieu du pavage Et des gouttes d’or — en suspens aux rayons d’un vélo. C’est un grand vélo noir, de proportions parfaites, Qui touche à peine au mur. Il a la grâce d’une bête En éveil dans sa fixité calme: c’est un oiseau. La rue est vide. Le jardin continue en silence De déverser à flots ce feu vert et doré qui danse Pieds nus, à petits pas légers sur le froid du carreau. Parfois un chien aboie ainsi qu’aux abords d’un village. On pense à des murs écroulés, à des bois, des étangs. La bicyclette vibre alors, on dirait qu’elle entend. Et voudrait-on s’en emparer, puisque rien ne l’entrave, On devine qu’avant d’avoir effleuré le guidon Éblouissant, on la verrait s’enlever d’un seul bond À travers le vitrage à demi noyé qui chancelle, Et lancer dans le feu du soir les grappes d’étincelles Qui font à présent de ses roues deux astres en fusion. ( w w w. g a l l i m a rd . f r )


É c r i t u re


I. Après avoir pris connaissance de l’ensemble des textes, vous répondre z d ’ a b o rd aux questions suivantes (6 points): 1. Reformulez brièvement: — la conception de la poésie que Jean Cocteau refuse; — celle qu’il propose. 2. À laquelle de ces deux conceptions les poèmes qui vous sont proposés corre s p o n- d e n t - i l s? Justifiez votre réponse par quelques éléments précis tirés des textes du corpus.


II. Vous traiterez ensuite un des trois sujets suivants au choix (14 points):

1. Commentaire

Vous commenterez le texte « La bicyclette » (texte C) à partir du parcours de lecture suivant: — Étudiez comment s’effectue dans le poème la métamorphose d’un objet quotidien. — Montrez comment l’ensemble des ressources poétiques (rimes, rythme, sonorités, réseaux lexicaux, images…) est utilisé pour créer un effet d’harmonie et de sérénité.


2. Dissertation

Jean Cocteau définit dans les termes suivants l’effet que doit provoquer la poésie chez le lecteur: « lui montrer ce sur quoi son cœur, son œil glissent chaque jour, sous un angle et une vitesse tels qu’il lui paraît le voir et s’en émouvoir pour la pre m i è re fois». Dans quelle mesure partagez-vous cette conception de la poésie? Vous répondrez à cette question en un développement argumenté, appuyé sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe et sur vos lectures personnelles.


3. Invention

Le journal de votre lycée a proposé un concours de poésie. Vous avez re m p o rté le prix. Le rédacteur du journal vous demande donc d’exposer le rôle que vous attribuez personnellement à la poésie. Vous rédigez cet article.

 

 Questions corrigées pour vous entraîner

1. Reformulez brièvement :

- la conception de la poésie que Cocteau refuse ;

- celle qu’il propose.

2. A laquelle de ces deux conceptions les poèmes qui vous sont proposés correspondent-ils ? Justifiez votre réponse par quelques éléments

précis tirés des textes du corpus.

Proposition de corrigé

Question 1

La conception de la poésie que Cocteau refuse est celle d’un art nécessairement associé à

l’Idéal, à la recherche d’une beauté inaccessible. Cette conception, héritée de l’Antiquité et

revisitée par les poètes de la Pléiade, est évoquée ironiquement dans la première phrase sous

la forme d’une allégorie, “ une dame voilée, langoureuse… ”, renvoyant à la muse inspiratrice.

Reprise au début du troisième paragraphe, plus explicitement cette fois, elle vise par le terme

de “ mauvais poètes ” des écrivains tels que les Parnassiens (Leconte de Lisle, Hérédia…).

Cocteau préconise au contraire une poésie du quotidien, consistant non à privilégier des

éléments du réel choisis pour leur supposée qualité esthétique, mais plutôt à renouveler le

regard porté sur l’environnement le plus prosaïque, afin d’éclairer sa beauté propre, son

identité. Les termes employés par le poète pour qualifier cette transfiguration appartiennent au

réseau lexical de la lumière : “ un éclair ”, “ elle dévoile ”, “ une lumière qui secoue sa torpeur ”.

Ils renvoient à une activité sensorielle pleine : “ voir ”, “ entendre ”, “ nous ouvre les yeux ”,

“ nous débouche les oreilles ”. La poésie telle que l’envisage Cocteau suppose donc une

opération de transfiguration évoquée sous la forme de l’injonction à la fin du texte : le poète est

celui qui procède à une transmutation du langage, qui vivifie les lieux communs.

On attend des élèves qu’ils repèrent les thèses en présence (identification du rejet manifesté

implicitement par l’allégorie initiale, puis explicitement), qu’ils prennent appui sur les réseaux

lexicaux, les modalisateurs (“ il est vrai ”…) , qu’ils élaborent une reformulation effective des

thèses et ne se contentent pas d’un simple relevé des parties du texte.

On n’attend pas des élèves des références culturelles précises, mais le corrigé peut être

l’occasion de préciser quelques éléments d’histoire littéraire. De même, les justifications

empruntées au texte de Cocteau sont bienvenues et valorisées. Mais, comme elles ne sont pas

demandées par la consigne, leur absence ne devrait donc pas être sanctionnée.

Question 2

Les poèmes de Ponge et de Réda répondent chacun à leur manière aux attentes de Cocteau.

Réda opère dans son texte une transfiguration d’un objet technique appartenant au domaine

du sport ou à l’univers de l’enfance. En saisissant les mouvements infimes de la lumière sur un

objet banal, en les traduisant par les images des “ gouttes d’or ” (vers 6), du “ feu vert et doré ”

(vers 11), il entraîne le lecteur dans l’expérience sensorielle qu’il a connue, lui offre ainsi une

image renouvelée de la bicyclette désormais métamorphosée en oiseau (vers 9), puis en

planète (vers 21). L’objet quotidien est donc devenu presque surnaturel, et le poète a ainsi

rempli la mission que lui confère Cocteau.

Ponge, lui, appelle l’attention du lecteur sur l’un des objets les plus familiers, le pain, mais

use d’effets de grossissement qui le rendent presque inconnu. La métaphore filée de la

géographie et de la géologie, présente par les termes de “ vallées, crêtes, ondulations,

crevasses… ” contraint le lecteur à redécouvrir des formes maintes fois rencontrées. Le travail

poétique effectué sur les sonorités, les allitérations en “ f ”, en “ s ”, participent de cet appel au

sens revendiqué par Cocteau. Enfin, Ponge dans ce texte interpelle son lecteur : le jeu de

mot “ brisons-la ”, pourrait être entendu comme “ brisons-là ” ; il rappelle que la poésie

humblement s’efface pour s’inscrire dans le quotidien. Le “ respect ” mentionné par Ponge peut

en effet rappeler la conception idéale et élevée du travail langagier refusé par Cocteau. En cela,

le poème a presque valeur d’art poétique.

Critères d'évaluation

On évaluera par ce travail d’écriture :

- les compétences de lecture autonome de textes poétiques : les textes proposés ne

présentent pas de difficulté de lecture insurmontable ; ils peuvent cependant désorienter des

élèves qui n’auraient pas eu l’occasion de réfléchir à une représentation conventionnelle de la

poésie ;

- la capacité à comparer les thèses mises en valeur précédemment et les principaux choix

poétiques effectués par les auteurs : thème emprunté au quotidien, forme poétique, travail sur

le langage (images, travail prosodique…).

 

Sujets et corrigés du site eduscol.education.fr

 
   

 

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