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Bac 2014, exemple de commentaire corrigé, Tardieu, vous étiez pourtant responsable, séries techno

Tardieu

 

 

 

 

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 Séries technologiques

 

Objet d’étude : la poésie

TEXTES

  • A. Georges-Emmanuel Clancier, Contre-Chants, Gallimard, 2001.
  • B. Robert Desnos, « La peste », Contrée, Gallimard, 1944.
  • C. Pierre Emmanuel, « Les dents serrées », L’Honneur des poètes (recueil collectif), Editions de Minuit, 1943.
  • D. Jean Tardieu, « Vous étiez pourtant responsable », Domaine français, Gallimard, 1943.
  • Annexe : Paul Eluard, présentation de l’ouvrage collectif L’Honneur des poètes, Editions de Minuit, 1943.

 

 

A. Présentation du sujet

Le corpus rapproche quatre poèmes brefs qui évoquent chacun les horreurs de la guerre. La

cohérence est tout à la fois générique, thématique, historique puisque les quatre poètes du

XXème siècle se réfèrent à la Seconde Guerre mondiale et singulièrement à l’occupation de la

France par les troupes allemandes. La réponse à la première question permettra aux élèves

d’expliciter quelques-unes des correspondances que l’on peut établir entre les quatre textes. La

problématique du groupement est moins centrée, semble-t-il, sur la « poésie engagée » que sur

la traduction lyrique ou pathétique d’une émotion devant le scandale de la guerre, devant

l’horreur dont elle se repaît. Les poèmes apparaissent surtout comme une interrogation devant

l’absurdité de la guerre, sa brutalité, la perversion des valeurs qu’elle produit. Ils sont denses,

concis, d’un abord aisé, même si tel vers, telle strophe ou telle image n’autorisent pas une

interprétation immédiate. Les sentiments qui s’y expriment sont ceux de la grande tradition

lyrique : indignation, haine, peur, amour. Les soins apportés par les poètes à la typographie, à

l’occupation de la page, à la composition du texte, à la ponctuation doivent intéresser des

candidats que le travail de l’année sur l’objet d’étude « la poésie » a nécessairement préparés à

des lectures analytiques, donc attentives, des textes poétiques modernes ou contemporains. Le

texte d’Eluard proposé en annexe contextualise les poèmes en rappelant comment ils inscrivent

dans une tradition littéraire qui confère des missions à la poésie, une « fonction » que résument

les trois verbes de la fin : « la poésie mise au défi (…) crie, accuse, espère ». La date du poème

de Clancier paru en 2001 pourrait justifier que ce texte ne figure pas dans le corpus composé

par ailleurs de textes écrits et publiés pendant l’Occupation. Sa présence s’explique cependant

par ce qu’il révèle de la permanence dans l’imaginaire collectif, et singulièrement dans la

conscience d’un poète qui a traversé le siècle, des événements douloureux de la Seconde

Guerre mondiale.

 

 

Commentaire

Vous commenterez le poème de Jean Tardieu à partir du parcours de lecture suivant :

- Vous analyserez soigneusement l’énonciation en tenant compte du titre.

- Vous étudierez la vision de la nature proposée par le poète.

Conformément à la définition du commentaire pour les séries technologiques, le libellé

impose de suivre un « parcours de lecture ». Le candidat développe les pistes suggérées en

argumentant et en prenant appui sur une étude précise du texte. Quand les deux propositions

sont bien articulées, l’ensemble construit dessine un commentaire organisé cohérent.

Critères d’évaluation

- l’attention portée à la forme dialogale du poème, et donc à la définition des interlocuteurs ;

- la mise en valeur des procédés les plus significatifs : répétitions, anaphores, interrogations,

rythme, effets prosodiques ;

- la prise en compte de la disposition du poème comme facteur de sens ;

- l’identification des sentiments et des émotions exprimés.

Proposition de corrigé

L’interprétation de ce poème bref (quatre distiques) ne va pas de soi. Seule une démarche

de lecture analytique attentive permet de percevoir, derrière la simplicité apparente de la forme

et du lexique, un autre niveau de sens : qui parle ? à qui ? quel est ce « vous » du titre et qu’on

ne retrouve plus dans le poème ? quel rôle jouent ici les éléments du décor, du monde, cités en

abondance ?

Le parcours de lecture suggéré cherche à guider les lecteurs dans cette patiente recherche

qui devrait déboucher sur des hypothèses plus profondes que l’impression initiale ne le laissait

supposer. La date de la composition, la contextualisation du poème au sein du groupement,

l’annexe doivent permettre à des élèves d’esquisser et de justifier une interprétation

convaincante.

Les élèves peuvent prendre appui, pour la première partie de cette étude, sur les marques

énonciatives et syntaxiques. L'identification du créateur sera valorisée mais son absence ne

sera pas sanctionnée car sa construction relève d'indices implicites complexes. A l'inverse, la

mise en relation du destinataire tel qu'il est construit dans le titre et dans l'échange de répliques

est attendue. Cette référence à la responsabilité collective est en effet au coeur du corpus.

Première partie du parcours de lecture

Le poème se présente sous la forme d’un dialogue dont les personnages restent anonymes

et difficilement identifiables dans un premier temps. Par quatre fois, dans un jeu d’anaphores

binaires, un interlocuteur interroge, demandant à « l’autre » une explication ou une justification.

De façon complète (vers 1 et 3) ou elliptique (vers 5 et 7), la question porte sur le rôle

qu’auraient tenu dans une circonstance indéterminée les différents éléments de la nature

(soleil, mer, arbres, fleuves, montagnes) ou du monde (« les villes »). On ne note aucune trace

grammaticale de la subjectivité de l’interrogateur : seule son insistance, la brièveté croissante

de ces interrogations, leur accumulation dans l’avant-dernier vers traduisent une fièvre, une

fébrilité, une impatience ou une colère que nous devons interpréter. Face à ce feu de questions

qu’on peut assimiler à quelque interrogatoire (mais qui est accusé et de quoi ? ), le questionné

donne par trois fois des éléments de réponses. A la dernière salve de questions, il semble

s’effondrer et avoue par trois fois son ignorance : « Je ne sais plus, je ne sais plus, je ne sais

plus ». Les interrogations ont eu raison de son assurance, et il s’effondre, vaincu et, semble-t-il,

désespéré. Le dernier vers scelle une défaite, une déroute. Un indice doit alerter le lecteur

attentif : les trois derniers « je » reprennent un premier pronom (vers 2) : « Il dépensait les biens

que je lui ai donnés ». Quel peut être ce personnage dispensateur des biens du soleil sinon

l’ordonnateur du cosmos lui-même ? L’hypothèse que l’on peut donc tenter est que le

personnage sommé de répondre est le créateur, Dieu lui-même. C’est donc la déroute de Dieu,

comparaissant devant un tribunal peut-être, que le poème met en scène.

Dès lors, pourrait s’expliquer le « vous » du titre. Le poète interpelle Dieu , le met en

accusation en lui rappelant sa responsabilité dans la situation que vit le monde. Le temps de

l’écriture du poème (1943), le titre du recueil (Domaine français) indiquent qu’il s’agit de l’état de

guerre et d’occupation dont souffre la France. Le poème dénoncerait l’abandon de la France

par Dieu et exprimerait la déréliction de l’homme privé de l’assistance divine. On songe au vers

de Pierre Emmanuel dans « Les dents serrées » (texte C) : « Et le ciel veule sur l’abîme ».

Une autre lecture du titre peut croiser la précédente. Le « vous » impliquerait chaque

homme et renverrait à une responsabilité collective. Le sentiment exprimé, sensiblement

différent, serait proche de la douleur et du désespoir. Ici encore, le rapprochement avec le

poème de Pierre Emmanuel s’avère éclairant.

Seconde partie du parcours de lecture

L’analyse de la situation d’énonciation choisie par Tardieu permet d’esquisser une

hypothèse de sens que doit confirmer l’étude de la vision que le poète présente de la nature.

Notons d’emblée l’abondance des éléments naturels et leur présentation générique : « le

soleil » (vers 1), « la mer » (vers 3), « les arbres » (vers 5), « les fleuves », « les montagnes »

(vers 7). La récurrence des articles définis, l’absence de localisation ou de détermination

indiquent bien que le poète évoque le monde, et non tel ou tel océan, tel ou tel mont. C’est

l’univers entier - le ciel et la terre, les villes et les champs - que le poète convoque devant son

tribunal, comme autant de témoins, de coupables ou de complices. Les réponses de l’Autre

méritent examen. Le soleil « dispensait les biens que je lui ai donnés ». L’argument doit se

gloser ainsi. Le soleil était tout entier à la tâche que Dieu lui a attribuée : dispenser chaleur et

lumière, sans examiner s’ils réchauffent et éclairent innocents ou coupables, victimes ou

bourreaux. La mer accomplissait, insensible, son ouvrage incessant : c’est le sens que revêtent

les deux adjectifs placés en contre rejet au vers 3 « Imbécile, têtue ». Le troisième argument

présenté par l’accusé laisse percevoir une faille dans l’argumentation : les arbres ne pouvaient

plus être des asiles, tant le nombre d’« oiseaux sans voix qui attendaient le jour » était grand.

C’est reconnaître implicitement que la nature est pervertie, qu’elle dévoie sa fonction. L’accusé,

à cours d’arguments, reconnaît sa défaite. La nature - et il faut prendre désormais le mot dans

son sens étymologique de « création » - est restée indifférente au sort des hommes humiliés,

« sans voix » et sans abri dans la nuit. Ce silence, cet abandon reconnus sous le jeu des

questions inlassables du procureur constituent les éléments les plus accablants de l’acte

d’accusation.

 

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