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Madame Bovary, littérature, bac 2016. .Flaubert : genèse, résumé et analyse

Flaubert

 

 

 

  • Lecture du roman
  • ICI

 

 

Madame bovary 2


Madame Bovary


Pour les articles homonymes, voir Madame Bovary (homonymie).
Madame Bovary est un roman de Gustave Flaubert paru en 1857. Le titre original était Madame Bovary, mœurs de province. Au début, Flaubert ne voulait pas qu'on illustre son roman avec un portrait de femme pour laisser libre cours à l'imagination du lecteur.

 

Madame bovary

La genèse
Flaubert commence le roman en 1851 et y travaille pendant cinq ans, jusqu’en 1856. À partir d’octobre, le texte est publié dans la Revue de Paris sous la forme de feuilleton jusqu’au 15 décembre suivant. En février 1857, le gérant de la revue, Léon Laurent-Pichat, l’imprimeur et Gustave Flaubert sont jugés pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Défendu par l’avocat Antoine Jules Sénard , malgré le réquisitoire du procureur Ernest Pinard, Gustave Flaubert sera finalement acquitté. Le roman connaîtra un important succès en librairie.

Honoré de Balzac avait déjà abordé le même sujet dans la Femme de trente ans en 1831 sous forme de nouvelle-roman qui parut en 1842 dans l’édition Furne de la Comédie humaine, sans toutefois faire scandale.

Madame bovary

Résumé

Le mariage d’Emma et de Charles.Après avoir suivi ses études dans un lycée de province et à la faculté de Rouen, Charles Bovary s'établit comme officier de santé et se marie à une riche veuve suite aux instances de sa mère. Mais il découvre bientôt que celle-ci ne possède en aucun cas autant de biens qu'elle le prétendait. Ne pouvant supporter le choc lié à cette découverte, elle meurt quelques temps après. À la mort de celle-ci, Charles épouse une jeune femme, Emma Rouault, élevée dans un couvent et vivant à la ferme avec son père (un riche fermier, patient du jeune médecin). Emma se laisse séduire par Charles et se marie avec lui. Fascinée par ses lectures romantiques et nourrissant une vision exagérément lyrique de l'existence, elle rêve d’une vie qui correspondrait à ses désirs de jeune fille grâce à son mariage.

En réalité, sa vie en couple est étroite et sans relief, son mari ne répond pas à ses attentes d'une vie pleine de péripéties et rythmée par la passion. Le bal chez le Marquis d'Andervilliers, à la Vaubyessard, où elle et son mari sont invités, marque un tournant dans sa vie en lui laissant entrevoir un monde luxueux, faste et mouvementé dont elle rêve depuis son plus jeune âge. Cette soirée nourrira son imagination de chimères extravagantes pour le reste de sa vie.

Désabusée par le retour brutal à la réalité, celle d'une vie étouffante et ennuyeuse qu'elle mène avec son mari, Emma tombe malade (maladie nerveuse plus psychologique que physique). Pour qu'elle se rétablisse, il lui faut changer d'air. Charles décide alors de déménager dans un bourg (une ville) plus grand : Yonville-l'Abbaye, alors que Madame Bovary est enceinte. Si elle se rétablit, Emma n'en reste pas moins écœurée par son mari, qui répond de moins en moins à ses attentes et ne s'en rend pas compte. Elle va penser, apres avoir accouché d'une fille, Berthe, de trouver son bonheur avec un amant. Ainsi a-t-elle une aventure avec le riche propriétaire d’un domaine agricole, Rodolphe Boulanger, qui se lassera vite de la jeune femme, effrayé par son trop fort engouement. Puis, après avoir cherché en vain du réconfort dans la religion, elle a une deuxième aventure avec un clerc de notaire : Léon Dupuis, dont elle était tombée amoureuse lorsqu'elle était encore fidèle à son mari et qu'elle avait ensuite perdu de vue. Après avoir fait d'énormes dépenses pour ses deux amants et pour elle, Emma se retrouve criblée de dettes.

Ne trouvant d'aide, ni auprès de ses anciens amants, ni auprès de ses voisins, et ne voulant pas que son mari apprenne ses aventures passées, Emma se suicide à l’arsenic, poison qu'elle a emprunté chez le pharmacien du bourg, Homais. Son mari, en découvrant les lettres échangées avec ses amants, meurt de chagrin ; sa fille Berthe, croyant le voir endormi sur un banc, le pousse et se rend compte, lorsqu'il tombe par terre, qu'il est mort. La dernière page du roman explique que ce seul enfant qu'eut le couple est envoyé, après la mort de ses parents, chez sa grand-mère paternelle. À la mort de cette dernière, elle s’en va chez une tante très pauvre qui la fait travailler dans une filature de coton pour gagner sa vie. Le roman se termine ironiquement par le triomphe du pharmacien Homais, qui reçoit la Légion d'honneur.

Madame bovary

Analyse
Madame Bovary recèle des aspects réalistes et des aspects romantiques comme l’œuvre de Flaubert qui oscille elle-même sans cesse de la grisaille à la couleur, de la terne réalité aux fastes de l’imagination. Il y a loin de l’Éducation sentimentale à Salammbô, de Bouvard et Pécuchet à La Tentation de Saint-Antoine. Mais même lorsque Flaubert entend écrire sur un sujet trivial, il renonce au réalisme pur. Qu’il n’ait pas réussi à exorciser les vieux démons de son adolescence, c’est tant mieux ! Nous avons alors sous les yeux une œuvre originale qui échappe aux règles trop étroites d’une école, d’un mouvement ou tout simplement d’une doctrine. Son roman y gagne en profondeur, en personnalité, en universalité pourrions-nous dire. Flaubert pouvait affirmer : « Ma pauvre Bovary souffre et pleure dans vingt villages de France ! », preuve qu’il ne s’agissait plus de la simple transcription réaliste de l’affaire Delamare. L’auteur des Trois contes se situe exactement à la charnière de son siècle, héritant du mal du siècle romantique, cette difficulté à vivre dans un monde borné, il annonce le spleen baudelairien et l’incapacité à s’accommoder d’une existence qui brime l’idéal. Épurant le romantisme de ses excès, il fonde une certaine impartialité dans le récit, ouvrant la voie au roman moderne fait de critique et d’échec. Accordant une grande importance au style, il sacralise l’Art et laisse présager les magiciens du verbe qui auront nom les symbolistes. Flaubert particulièrement dans Madame Bovary reste donc un solitaire, un artiste indépendant dont l’œuvre agira à la manière d’un ferment littéraire.

Source

 

Flaubert

Travailler au lycée sur les brouillons

de Madame Bovary

 

 

 

Le bovarysme

Le mot "bovarysme", initié par Jules de Gaultier en 1892, est passé dans la langue courante pour désigner une insatisfaction maladive à l'égard des choses du réel due à une tendance excessive au rêve et à l'idéalisation.  « C'est, dit Georges Palante, le pouvoir qu'a l'homme de se concevoir autre qu'il n'est [...] : l'illusion bovaryque commence avec la substitution de l'être apparent ou imaginaire à l'être véritable.» C'est de l'impuissance de cette substitution que naît le bovarysme, l'être étant condamné à s'égarer sans cesse dans des représentations dégradées de soi-même. Les individus sujets à cette mélancolie - le plus souvent les femmes, en tout cas dans une certaine tradition littéraire - se sont souvent prêtés à l'ironie et à la satire. Vous trouverez ci-dessous deux textes qui s'inscrivent dans ce registre, et vous constaterez que le premier à avoir ri de ces troubles de l'âme est Flaubert lui-même. Nous ajoutons cependant un deuxième extrait de Madame Bovary (texte B) pour mettre en valeur la complexité de la relation installée entre le romancier et son héroïne (Madame Bovary, c'est moi, aurait dit Flaubert). La rêverie d'Emma dans ce court passage n'a-t-elle pas en effet une résonance plus sérieuse, quasi métaphysique, que n'auraient reniée ni Baudelaire ni Mallarmé ?

 

 Flaubert, Madame Bovary, première partie, chapitre 6 (1857).

  [Le narrateur évoque les lectures dont Emma s'est gavée lorsqu'elle était au couvent.]

  Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. Elle eut dans ce temps-là le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l'endroit des femmes illustres ou infortunées. Jeanne d'Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronnière et Clémence Isaure, pour elle, se détachaient comme des comètes sur l'immensité ténébreuse de l'histoire, où saillissaient encore çà et là, mais plus perdus dans l'ombre et sans aucun rapport entre eux, saint Louis avec son chêne, Bayard mourant, quelques férocités de Louis XI, un peu de Saint-Barthélemy, le panache du Béarnais, et toujours le souvenir des assiettes peintes où Louis XIV était vanté.
  À la classe de musique, dans les romances qu'elle chantait, il n'était question que de petits anges aux ailes d'or, de madones, de lagunes, de gondoliers, pacifiques compositions qui lui laissaient entrevoir, à travers la niaiserie du style et les imprudences de la note, l'attirante fantasmagorie des réalités sentimentales. Quelques-unes de ses camarades apportaient au couvent les keepsakes qu'elles avaient reçus en étrennes. Il les fallait cacher, c'était une affaire ; on les lisait au dortoir. Maniant délicatement leurs belles reliures de satin, Emma fixait ses regards éblouis sur le nom des auteurs inconnus qui avaient signé, le plus souvent, comtes ou vicomtes, au bas de leurs pièces.
   Elle frémissait, en soulevant de son haleine le papier de soie des gravures, qui se levait à demi plié et retombait doucement contre la page. C'était, derrière la balustrade d'un balcon, un jeune homme en court manteau qui serrait dans ses bras une jeune fille en robe blanche, portant une aumônière à sa ceinture ; ou bien les portraits anonymes des ladies anglaises à boucles blondes, qui, sous leur chapeau de paille rond, vous regardent avec leurs grands yeux clairs. On en voyait d'étalées dans des voitures, glissant au milieu des parcs, où un lévrier sautait devant l'attelage que conduisaient au trot deux petits postillons en culotte blanche. D'autres, rêvant sur des sofas près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entrouverte, à demi drapée d'un rideau noir. Les naïves, une larme sur la joue, becquetaient une tourterelle à travers les barreaux d'une cage gothique, ou, souriant la tête sur l'épaule, effeuillaient une marguerite de leurs doigts pointus, retroussés comme des souliers à la poulaine. Et vous y étiez aussi, sultans à longues pipes, pâmés sous des tonnelles, aux bras des bayadères, djiaours, sabres turcs, bonnets grecs, et vous surtout, paysages blafards des contrées dithyrambiques, qui souvent nous montrez à la fois des palmiers, des sapins, des tigres à droite, un lion à gauche, des minarets tartares à l'horizon, au premier plan des ruines romaines, puis des chameaux accroupis ; – le tout encadré d'une forêt vierge bien nettoyée, et avec un grand rayon de soleil perpendiculaire tremblotant dans l'eau, où se détachent en écorchures blanches, sur un fond d'acier gris, de loin en loin, des cygnes qui nagent.


 

L'amour dans la littérature : Madame Bovary, Flaubert


Etude : L’amour dans Madame Bovary de Gustave Flaubert


Introduction


Etudier l’amour dans Madame Bovary est déjà essayé de comprendre le roman puisque cette œuvre est fondamentalement un livre sur l’amour, sur l’amour d’Emma. Qu’est-ce que l’amour pour l’héroïne Emma ? Qu’est-ce que le bonheur ? Qu’est-ce que le mariage ? Le désir, le plaisir, l’érotisme ? Autant de thèmes qui ont valu la condamnation du livre par les censeurs de la moralité. Comment alors saisir l’âme d’Emma dans une telle étude ? Comment la juger ? Pour répondre à toutes ces questions nous verrons tour à tour l’amour romantique d’Emma, l’expression de l’amour dans le mariage et la relation entre amour et bonheur.

I. L’amour romantique d’Emma

1- l’amour, un remède à l’ennui


Emma s’ennuie, du début à la fin du roman, elle s’ennuie. Jeune fille vivant seule avec son père dans un village perdu au plus profond de la France, elle s’ennuie en rêvassant à sa scolarité dans un couvent parisien et aux amours décrits dans les romans qu’elle lit, dont Paul et Virginie. Elle attendait le prince charmant.
Elle rencontre Charles Bovary, médecin de la région venu soigner son père et accepte de l’épouser, croyant enfin avoir rencontré CE GRAND AMOUR auquel elle ne cesse de penser.

2- La satisfaction d’un amour

Madame Bovary a trouvé l’amour qu’elle cherchait, mais à chaque fois, il lui filait entre les doigts.
Au fond le seul vrai amour qu’elle a eu, ou du moins qu’elle voulut avoir, est dans ses lectures. Aussi le narrateur peut-il dire : « Elle était l’amoureuse de tous les romans, l’héroïne de tous les drames, le vague Elle de tous les volumes de vers. ».
Son amour pour sa fille Berthe même était douteux, tellement elle réservait son cœur au prince de ses lectures, autant dire de ses rêves, de son imagination : « À mesure que ses affections disparaissaient, il se resserrait plus étroitement à l’amour de son enfant. »


II. L’amour dans le mariage

1- L’amour conjugal


Charles quant à lui a connu cet amour qui lui a tété infernal. En effet, après ses études, il s'installe à Tostes et épouse une veuve de quarante-cinq ans, riche, mais laide et autoritaire, Mme Dubuc. Elle a une passion démesurée pour Charles et le surveille constamment. Sa vie de couple devient ainsi un vrai cauchemar jusqu’à la mort de cette dernière, à cause de sa ruine causée par un notaire.
S’agissant d’Emma aussi, elle n’a pas non plus trouvé l’amour qu’elle espérait dans le mariage. Aussi tombait-elle dans la solitude et l’ennui.
Dans ce livre, semble-t-il, cet amour est impossible, ce qui justifie que M. Homaïs les prononce séparément parlant à sa femme : « – L’amour… conjugal ! dit-il en séparant lentement ces deux mots. Ah ! très bien ! très bien ! très joli ! Et des gravures !… Ah! c’est trop fort ! »


2- La désillusion dans l’amour

Mais le désenchantement arrive bien vite et Emma se retrouve prisonnière d’un mariage avec un homme médiocre et d’une vie morne loin des fastes parisiens auxquelles elle aspirait. Là commence la descente aux enfers d’Emma Bovary, qui se compromettra par de multiples liaisons et une folie dépensière. Jusqu’à l’issue fatale que nous connaissons tous.
La déception amoureuse est donc celle de quelqu’un qui cherche un amour qu’il a vu décrit dans les livres et qui souffre de ne pas le trouver.


III. Amour et bonheur

1- l’érotisme


Qu’est-ce que l’amour ? et le bonheur ? Cette recherche du bonheur dans l’amour se confond chez Emma avec le désir qui reste un désir, c’est-à-dire jamais satisfait entièrement. Elle n’arrive qu’à vivre l’érotisme avec les hommes en qui elle pense trouver le prince de ses rêves.
La première rencontre entre Charles et Emma, quand tous deux cherchent la cravache qu'a oubliée le médecin chez le père Rouault est une scène chargée d’érotisme.
Pour se faire désirer, Emma savait être persuasive, usant d’érotisme telle une prostituée qui se vend à l’homme « Emma continuait avec des gestes mignons de tête, plus câline qu’une chatte amoureuse ».

2- l’adultère

Emma croit atteindre par l’adultère le monde romanesque que ses lectures lui ont mis en tête : elle « retrouv[e] dans [celui-ci] les platitudes du mariage » mais elle n’en continue pas moins à « écrire des lettres amoureuses, en vertu de cette idée, qu’une femme doit toujours écrire à son amant » (III, 6). Aussi Emma n’éprouvait aucun remord à vivre dans l’adultère et « Elle se répétait : « J’ai un amant ! un amant ! » se délectant à cette idée comme à celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. »
Victime de ses lectures, elle accepte donc l’adultère : « Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient »
L’ennui continue d’être le lot quotidien d’Emma. Le couple va s’installer ensuite à Yonville, bourgade plus importante où ils compteront parmi les notables, entre l’ambitieux pharmacien, Homais, le curé Bournisien, le notaire et son jeune clerc, Léon Dupuis. La naissance d’une petite fille Berthe ne lui procure pas plus le bonheur espéré et Emma se laisse bercer par les regards amoureux du jeune Léon. Ce n’est qu’après le départ de celui-ci qu’elle connaît enfin la passion tant attendue. Un riche propriétaire des environs, Rodolphe Boulanger, fait d’elle sa maîtresse et Emma se jette avec fougue et sans réfléchir dans l’amour adultère. Emma en arrive même à mépriser son mari et cherche le moyen de s’enfouir avec son amant Rodolphe. Ce projet romanesque ne plaît guère ou effraye celui-ci, qui l’abandonne. Et lui écrit ceci : « Je serai loin quand vous lirez ces tristes lignes ; car j’ai voulu m’enfuir au plus vite afin d’éviter la tentation de vous revoir. » Désespérée, et accuse la lâcheté de celui-ci et reprend un peu vie grâce à Léon, retrouvé par hasard à Rouen. Cette deuxième liaison la pousse à contracter dette sur dette auprès d’un marchand faussement généreux, Lheureux. Celui-ci, pour récupérer son argent, menace de saisir ses biens mobiliers mais Emma se suicide avant une telle déchéance. Impuissant à faire face à cette situation, Charles meurt de chagrin, non sans avoir pardonné à sa femme.

Conclusion

Ce roman réaliste est plein de romantisme et de romanesque. Tout se concentre dans le personnage typique d’Emma. Cette quête qu’elle entreprend dans l’amour, on l’a vu est impossible, car elle a conduit l’héroïne vers la mort. Est-ce un avertissement lancé par Flaubert ou une accusation contre les hommes ? On a les arguments d’y croire d’autant plus que la lâcheté des hommes est souvent mise en cause. Charles qui est trop plat, terre à terre, Rodolphe qui se défile au dernier moment pour abandonner Emma, Le Clerc qui la ruine sont autant de personnages indigne de l’amour que leur porte cette femme passionnée.

Flaubert

Flaubert, Madame Bovary, la casquette de Charles, chapitre 1

 

COMMENTAIRE, FLAUBERT, Mme BOVARY, "La casquette de Charles", chapitre 1

 
          
              Flaubert a écrit Madame Bovary en 1857. Nous allons en étudier le chapitre I, lors duquel le narrateur raconte le premier jour de classe de Charles Bovary.
         Nous allons voir comment, par une mise en scène significative, Flaubert ridiculise son personnage.
            Pour répondre à cette question, nous allons analyser, dans un premier temps, comment l’auteur centre son récit sur la description d’un  accessoire fondamental, puis, comment il offre une scène réaliste et haute en couleurs, pour mieux mettre en valeur, enfin, la portée symbolique de cet évènement clef.
 
 
            Nous allons voir, dans un premier temps, comment l’auteur centre son récit sur la description d’un  accessoire fondamental.
            Tout d’abord, Flaubert fait une description très minutieuse de la casquette de Charles. En effet, cette scène romanesque tourne essentiellement autour d’un objet, en apparence anodin, qui va souligner le ridicule du « nouveau » : une casquette (le terme est d’ailleurs utilisé cinq fois dans l’extrait), casquette qui est décrite de façon péjorative et ironique. Ainsi Flaubert écrit: « C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. » L’utilisation de l’imparfait «c’était » annonce un arrêt du récit et le lecteur assiste à une présentation très détaillée de cette casquette. Le narrateur commence par la caractériser globalement « une de ces coiffures d’ordre composite » en mettant en avant sa « laideur muette » qui présente une hypallage très ironique et révélatrice. Puis la description se développe de façon ascendante, depuis « les trois boudins circulaires » jusqu’au « gland » ; cette pause narrative semble donc vouloir présenter l’objet afin que le lecteur se le représente plus aisément et le champ lexical des formes géométriques « ovoïde, circulaire, bande, losange, polygone », des matières « velours, poils de lapin, soutache » et des couleurs « rouge, or » parlent à l’imagination.
            En outre, Flaubert présente au lecteur un accessoire improbable pour un personnage improbable. En effet, bien que Madame Bovary soit considéré comme un roman réaliste, qui veut décrire au plus près la vie bourgeoise du XIX° siècle, cette description présente une casquette hautement improbable, qui mêle plusieurs couleurs, plusieurs formes et plusieurs matières, la présentant comme une coiffure grotesque ; le narrateur la compare d’ailleurs à un « sac » et son énumération qui présente quasiment tous les couvre-chefs « bonnet à poil, chapska, chapeau rond, la casquette de loutre et bonnet de coton » nous fait sourire, grâce au registre satirique souvent convoqué, notamment.
Finalement, cette description ridiculise le propriétaire de la casquette. La description du rituel s’oppose à la maladresse de Charles, mise en valeur par sa gestuelle maladroite « il se leva, sa casquette tomba » et rendue par la parataxe. Cette maladresse explique les moqueries « toute la classe se mit à rire » « il y eut un rire éclatant des écoliers », dont les passés simples accentuent l’enchaînement rapide des actions et scandent le récit, mettant ainsi le personnage mal à l’aise. Moqué par ses camarades et ridiculisé par son professeur qui, en utilisant le terme « casque » fait ressortir l’aspect incongru de la casquette, le nouveau se retrouve seul en scène, comme en témoigne le pronom personnel « il » en position de sujet dans quasiment toutes les phrases des dernières lignes : il s’oppose au « nous », expression de la collectivité dont il est marginalisé. Ce personnage nous apparaît à la fois risible et stupide dans sa docilité servile et son humiliation, et lorsque Flaubert écrit : « il se baissa pour la reprendre », « il la ramassa une seconde fois », le jeu des verbes d’action le rend d’autant plus pitoyable dans sa solitude. Le narrateur, qui est également l’un des enfants de l’école, comme le montre le pronom personnel « nous », a lui aussi pitié de lui : « le pauvre garçon ». L’adjectif hypocoristique «pauvre » souligne le registre pathétique. La casquette est donc l’occasion de son ridicule.
            Nous pouvons donc conclure en disant que l’auteur centre son récit sur la description de l’accessoire, en le détaillant avec minutie, en mettant en valeur son aspect improbable, pour mieux ridiculiser son propriétaire.
 
 
Nous allons observer, dans un second temps, que Flaubert accentue la description de l’accessoire en offrant une scène réaliste et haute en couleurs.
            Tout d’abord, Flaubert met en scène son personnage et sa casquette de manière à accentuer le registre dramatique de l’évènement. La casquette apparaît dans le texte en même temps que le héros, et le narrateur ne fait aucune description morale du personnage. Il semble donc qu’il se soit épargné cette peine en demandant au lecteur de comprendre qu’à travers cette casquette, il lui fallait voir le reflet de son propriétaire. Il est donc aussi atypique que sa casquette, aussi laid sans doute et aussi pitoyable. Tous les termes péjoratifs du texte, tels que « imbécile », « pauvre chose », « laideur », qui caractérisent en premier lieu la casquette, désignent également métonymiquement Charles lui-même qui n’est pas à sa place, et ne sait pas où se mettre, ni quelle attitude adopter.
            Ainsi, la casquette est comme le reflet de l’imbécilité du personnage. Lorsque Flaubert écrit : «comme le visage d'un imbécile », la comparaison éclaire le personnage et l’expression « laideur muette» forme une hypallage dont l’adjectif fait à la fois référence à l’immobilité de l’objet et au mutisme du nouveau. La description forme d’ailleurs un patchwork en guise de vêtements. On notera certains détails péjoratifs et ridicules: les « bas bleus » (féminisation, raffinement) qui contrastent avec les « souliers forts, mal cirés, garnis de clous ». Enfin, Flaubert note : « Une coiffure d’ordre composite», le registre axiologique qui connote le texte négativement amplifie l’aspect ridicule de l’accessoire, et partant du personnage qui le porte. La référence à l’animalité: « poil », « loutre », « poil de lapin », la géométrie ridicule: « Boudins circulaires », « losange de velours », « polygones de carton», «croisillons (…) en manière de gland », et surtout, la personnification péjorative, insultante, qui apparaît comme un emblème: « une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile » montrent que Flaubert manie l’art de la pointe, en parachevant son texte par un trait hautement satirique.
            Enfin, le registre pathétique amplifie la dramatisation de la scène. En effet, le narrateur semble éprouver le même sentiment de pitié pour la casquette que pour le jeune Bovary : « une de ces pauvres choses » fait écho à l’expression « pauvre garçon » : l’utilisation du même adjectif induit le parallèle. De même, la casquette est « neuve » et Charles est « le nouveau ». Le lecteur est donc la proie de sentiments contradictoires, et il ne sait plus vraiment s’il doit rire ou pleurer de cette scène tout aussi ridicule que pathétique.
            Flaubert offre donc une scène réaliste et haute en couleurs en la dramatisant, en orchestrant le parallélisme entre l’accessoire et son propriétaire et en faisant en sorte de mélanger les registres.
 
 
            Finalement, nous allons voir que Flaubert orchestre cette mise en scène pour mieux mettre en valeur la portée symbolique de cet évènement clef.
            Tout d’abord, le jeu des points de vue, grâce à la focalisation omnisciente du narrateur, permet d’accentuer le processus d’exclusion à l’œuvre dans le texte. Le pronom personnel « nous » utilisé à mainte reprises, crée une connivence entre le narrateur et les élèves, mais aussi entre le narrateur et le lecteur, directement impliqué dans la scène, et donc, intégré au groupe des « moqueurs » contre le «moqué ». L’accent acerbe et caustique de la description renforce ce sentiment, comme si le narrateur cherchait d’emblée à convoquer chez le lecteur une certaine antipathie amusée vis-à-vis de son personnage.
            En outre, cette première entrée en classe symbolise la propre vie du personnage, toute en médiocrité. Le ridicule de la scène ne fait qu’annoncer la dimension tragique de sa vie, et les moqueries des personnages, dont Charles est le centre, préfigure son destin. Ainsi Flaubert écrit : « Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête. » L’hyperbole contenue dans l’adjectif « éclatant » amplifie la mise au ban du personnage, et ses hésitations, rendues par la consécutive et l’interrogative indirecte (si bien qu’il ne savait si…) met en valeur l’indécision et la faiblesse du personnage dont le destin paraît d'emblée placé sous le signe de la médiocrité et de l'exclusion.
Enfin, Flaubert livre le portrait d’un véritable antihéros. C’est par l’intermédiaire de sa casquette que le lecteur, comme ses camarades de classe, prennent connaissance du personnage, identifiant immédiatement le pauvre Charles Bovary comme un antihéros. Objet de l’observation attentive de tous ses camarades de classe, celui-ci apparaît d’emblée comme s’opposant aux personnages héroïques de la tradition romanesque. Ainsi l’écrivain réaliste a su créer un personnage ordinaire, marqué par la médiocrité. La phrase qui clôt le texte « Il se rassit et la posa sur ses genoux. », efficace par sa simplicité syntaxique et sémantique, rend compte de la soumission du personnage, incapable de se révolter et de réagir par l’offensive. Flaubert montre en Charles Bovary un être timide, terne, souvent ridicule, à la vision du monde étroite. L’écrivain produit ainsi un effet de surprise en commençant son roman par le portrait d’un antihéros.
La dimension symbolique de cette mise en scène est donc fondamentale. Flaubert, grâce à la focalisation omnisciente, a su créer un accessoire significatif qui préfigure une tragédie, en ouvrant son roman par la description révélatrice d’un antihéros.
 
 
            Nous pouvons donc conclure en affirmant que Flaubert, par une mise en scène significative, ridiculise son personnage. Dans un premier temps, Il fait la description minutieuse d’un accessoire fondamental, pour amplifier le ridicule du personnage. Puis, il offre la dramatisation d’une scène réaliste et haute en couleurs, pour mieux mettre en valeur, enfin, la portée symbolique de cet évènement clef, en annonçant la tragédie à venir et en présentant un antihéros.
            Nous pouvons comparer ce texte à celui du même auteur, Un Cœur simple, et plus précisément au chapitre IV, lors duquel Flaubert décrit le perroquet, pour mieux caractériser son propriétaire, Félicité elle-même, en employant également la satire et l’ironie. 

Nathalie LECLERCQ
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