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Analyse littéraire de l'incipit de Madame Bovary. La casquette de Charles

Flaubert

 

 

 

 

COMMENTAIRE, FLAUBERT, Mme BOVARY, "La casquette de Charles", chapitre 1

 
 
          
              Flaubert a écrit Madame Bovary en 1857. Nous allons en étudier le chapitre I, lors duquel le narrateur raconte le premier jour de classe de Charles Bovary.
         Nous allons voir comment, par une mise en scène significative, Flaubert ridiculise son personnage.
            Pour répondre à cette question, nous allons analyser, dans un premier temps, comment l’auteur centre son récit sur la description d’un  accessoire fondamental, puis, comment il offre une scène réaliste et haute en couleurs, pour mieux mettre en valeur, enfin, la portée symbolique de cet évènement clef.

 
 
            Nous allons voir, dans un premier temps, comment l’auteur centre son récit sur la description d’un  accessoire fondamental.
            Tout d’abord, Flaubert fait une description très minutieuse de la casquette de Charles. En effet, cette scène romanesque tourne essentiellement autour d’un objet, en apparence anodin, qui va souligner le ridicule du « nouveau » : une casquette (le terme est d’ailleurs utilisé cinq fois dans l’extrait), casquette qui est décrite de façon péjorative et ironique. Ainsi Flaubert écrit: « C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. » L’utilisation de l’imparfait «c’était » annonce un arrêt du récit et le lecteur assiste à une présentation très détaillée de cette casquette. Le narrateur commence par la caractériser globalement « une de ces coiffures d’ordre composite » en mettant en avant sa « laideur muette » qui présente une hypallage très ironique et révélatrice. Puis la description se développe de façon ascendante, depuis « les trois boudins circulaires » jusqu’au « gland » ; cette pause narrative semble donc vouloir présenter l’objet afin que le lecteur se le représente plus aisément et le champ lexical des formes géométriques « ovoïde, circulaire, bande, losange, polygone », des matières « velours, poils de lapin, soutache » et des couleurs « rouge, or » parlent à l’imagination.
            En outre, Flaubert présente au lecteur un accessoire improbable pour un personnage improbable. En effet, bien que Madame Bovary soit considéré comme un roman réaliste, qui veut décrire au plus près la vie bourgeoise du XIX° siècle, cette description présente une casquette hautement improbable, qui mêle plusieurs couleurs, plusieurs formes et plusieurs matières, la présentant comme une coiffure grotesque ; le narrateur la compare d’ailleurs à un « sac » et son énumération qui présente quasiment tous les couvre-chefs « bonnet à poil, chapska, chapeau rond, la casquette de loutre et bonnet de coton » nous fait sourire, grâce au registre satirique souvent convoqué, notamment.
Finalement, cette description ridiculise le propriétaire de la casquette. La description du rituel s’oppose à la maladresse de Charles, mise en valeur par sa gestuelle maladroite « il se leva, sa casquette tomba » et rendue par la parataxe. Cette maladresse explique les moqueries « toute la classe se mit à rire » « il y eut un rire éclatant des écoliers », dont les passés simples accentuent l’enchaînement rapide des actions et scandent le récit, mettant ainsi le personnage mal à l’aise. Moqué par ses camarades et ridiculisé par son professeur qui, en utilisant le terme « casque » fait ressortir l’aspect incongru de la casquette, le nouveau se retrouve seul en scène, comme en témoigne le pronom personnel « il » en position de sujet dans quasiment toutes les phrases des dernières lignes : il s’oppose au « nous », expression de la collectivité dont il est marginalisé. Ce personnage nous apparaît à la fois risible et stupide dans sa docilité servile et son humiliation, et lorsque Flaubert écrit : « il se baissa pour la reprendre », « il la ramassa une seconde fois », le jeu des verbes d’action le rend d’autant plus pitoyable dans sa solitude. Le narrateur, qui est également l’un des enfants de l’école, comme le montre le pronom personnel « nous », a lui aussi pitié de lui : « le pauvre garçon ». L’adjectif hypocoristique «pauvre » souligne le registre pathétique. La casquette est donc l’occasion de son ridicule.
            Nous pouvons donc conclure en disant que l’auteur centre son récit sur la description de l’accessoire, en le détaillant avec minutie, en mettant en valeur son aspect improbable, pour mieux ridiculiser son propriétaire.
 
 
Nous allons observer, dans un second temps, que Flaubert accentue la description de l’accessoire en offrant une scène réaliste et haute en couleurs.
            Tout d’abord, Flaubert met en scène son personnage et sa casquette de manière à accentuer le registre dramatique de l’évènement. La casquette apparaît dans le texte en même temps que le héros, et le narrateur ne fait aucune description morale du personnage. Il semble donc qu’il se soit épargné cette peine en demandant au lecteur de comprendre qu’à travers cette casquette, il lui fallait voir le reflet de son propriétaire. Il est donc aussi atypique que sa casquette, aussi laid sans doute et aussi pitoyable. Tous les termes péjoratifs du texte, tels que « imbécile », « pauvre chose », « laideur », qui caractérisent en premier lieu la casquette, désignent également métonymiquement Charles lui-même qui n’est pas à sa place, et ne sait pas où se mettre, ni quelle attitude adopter.
            Ainsi, la casquette est comme le reflet de l’imbécilité du personnage. Lorsque Flaubert écrit : «comme le visage d'un imbécile », la comparaison éclaire le personnage et l’expression « laideur muette» forme une hypallage dont l’adjectif fait à la fois référence à l’immobilité de l’objet et au mutisme du nouveau. La description forme d’ailleurs un patchwork en guise de vêtements. On notera certains détails péjoratifs et ridicules: les « bas bleus » (féminisation, raffinement) qui contrastent avec les « souliers forts, mal cirés, garnis de clous ». Enfin, Flaubert note : « Une coiffure d’ordre composite», le registre axiologique qui connote le texte négativement amplifie l’aspect ridicule de l’accessoire, et partant du personnage qui le porte. La référence à l’animalité: « poil », « loutre », « poil de lapin », la géométrie ridicule: « Boudins circulaires », « losange de velours », « polygones de carton», «croisillons (…) en manière de gland », et surtout, la personnification péjorative, insultante, qui apparaît comme un emblème: « une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile » montrent que Flaubert manie l’art de la pointe, en parachevant son texte par un trait hautement satirique.
            Enfin, le registre pathétique amplifie la dramatisation de la scène. En effet, le narrateur semble éprouver le même sentiment de pitié pour la casquette que pour le jeune Bovary : « une de ces pauvres choses » fait écho à l’expression « pauvre garçon » : l’utilisation du même adjectif induit le parallèle. De même, la casquette est « neuve » et Charles est « le nouveau ». Le lecteur est donc la proie de sentiments contradictoires, et il ne sait plus vraiment s’il doit rire ou pleurer de cette scène tout aussi ridicule que pathétique.
            Flaubert offre donc une scène réaliste et haute en couleurs en la dramatisant, en orchestrant le parallélisme entre l’accessoire et son propriétaire et en faisant en sorte de mélanger les registres.
 
 
            Finalement, nous allons voir que Flaubert orchestre cette mise en scène pour mieux mettre en valeur la portée symbolique de cet évènement clef.
            Tout d’abord, le jeu des points de vue, grâce à la focalisation omnisciente du narrateur, permet d’accentuer le processus d’exclusion à l’œuvre dans le texte. Le pronom personnel « nous » utilisé à mainte reprises, crée une connivence entre le narrateur et les élèves, mais aussi entre le narrateur et le lecteur, directement impliqué dans la scène, et donc, intégré au groupe des « moqueurs » contre le «moqué ». L’accent acerbe et caustique de la description renforce ce sentiment, comme si le narrateur cherchait d’emblée à convoquer chez le lecteur une certaine antipathie amusée vis-à-vis de son personnage.
            En outre, cette première entrée en classe symbolise la propre vie du personnage, toute en médiocrité. Le ridicule de la scène ne fait qu’annoncer la dimension tragique de sa vie, et les moqueries des personnages, dont Charles est le centre, préfigure son destin. Ainsi Flaubert écrit : « Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête. » L’hyperbole contenue dans l’adjectif « éclatant » amplifie la mise au ban du personnage, et ses hésitations, rendues par la consécutive et l’interrogative indirecte (si bien qu’il ne savait si…) met en valeur l’indécision et la faiblesse du personnage dont le destin paraît d'emblée placé sous le signe de la médiocrité et de l'exclusion.
Enfin, Flaubert livre le portrait d’un véritable antihéros. C’est par l’intermédiaire de sa casquette que le lecteur, comme ses camarades de classe, prennent connaissance du personnage, identifiant immédiatement le pauvre Charles Bovary comme un antihéros. Objet de l’observation attentive de tous ses camarades de classe, celui-ci apparaît d’emblée comme s’opposant aux personnages héroïques de la tradition romanesque. Ainsi l’écrivain réaliste a su créer un personnage ordinaire, marqué par la médiocrité. La phrase qui clôt le texte « Il se rassit et la posa sur ses genoux. », efficace par sa simplicité syntaxique et sémantique, rend compte de la soumission du personnage, incapable de se révolter et de réagir par l’offensive. Flaubert montre en Charles Bovary un être timide, terne, souvent ridicule, à la vision du monde étroite. L’écrivain produit ainsi un effet de surprise en commençant son roman par le portrait d’un antihéros.
La dimension symbolique de cette mise en scène est donc fondamentale. Flaubert, grâce à la focalisation omnisciente, a su créer un accessoire significatif qui préfigure une tragédie, en ouvrant son roman par la description révélatrice d’un antihéros.
 
 
            Nous pouvons donc conclure en affirmant que Flaubert, par une mise en scène significative, ridiculise son personnage. Dans un premier temps, Il fait la description minutieuse d’un accessoire fondamental, pour amplifier le ridicule du personnage. Puis, il offre la dramatisation d’une scène réaliste et haute en couleurs, pour mieux mettre en valeur, enfin, la portée symbolique de cet évènement clef, en annonçant la tragédie à venir et en présentant un antihéros.
            Nous pouvons comparer ce texte à celui du même auteur, Un Cœur simple, et plus précisément au chapitre IV, lors duquel Flaubert décrit le perroquet, pour mieux caractériser son propriétaire, Félicité elle-même, en employant également la satire et l’ironie. 

Nathalie LECLERCQ
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