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Lecture en ligne : Camus, l'Etranger, étude de Meursault, les noces avec la terre

 

Camus

 

 

 

 

L'Etranger : Meursault dans L'Etranger ou le salut au sein de la terre

 

*** Lecture en ligne du commentaire

 

 

Meursault : L’Etranger

*** Analyse niveau bac toutes séries

 

Les noces avec la terre

Camus

Descriptif

 

L’analyse proposée fait référence à la pensée de Camus dans Noces et dans l’Etranger. L’étude est très développée et fait 8 pages word police 14.

 

Plan de l’étude :

  • La sacralité d’un monde profane
  • Naissance de l’homme camusien
  • Le retour à la terre de Meursault dans l’Etranger
  • Les noces de l’homme et de la terre
  • Portrait de Meursault
  • De la révolte à la réconciliation

 

Analyse

Le document fait 8 pages word police 14, étude très développée avec de nombreuses références aux oeuvres de Camus, Noces, Le Mythe de Sisyphe, L'Etranger, l'Eté, à Ruth Reichelberg et à son ouvrage sur Camus, Une approche du sacré, à Pierre Nhuyen-Van-Huy et à son livre sur la Métaphysique du bonheur chez Albert Camus ainsi qu'à Bernard Pingaud et à son étude sur Camus, L'Etranger.

 

Portrait de Meursault :

 

L’homme camusien s’éveille à la sacralité du monde de tout son être non séparé du profane lui-même. Il n’y a par conséquent pas de mutation ontologique de l’être dans la réalité sacrale hors de la réalité profane. L’avènement du sacré ne renvoie à aucun caractère transcendant, à aucune réalité séparée du monde profane, il lui est au contraire inhérent, immanent.

Le sacré comme caractère de ce qui transcende l’humain doit être entendu au sens d’une transcendance terrestre : la transcendance de ce qui est « toujours déjà là ». Imprégné d’une telle essence de religiosité, le héros camusien se donne à la sacralité d’un monde profane où « la nostalgie d’unité et l’appétit d’absolu illustrent le mouvement essentiel du drame humain » (1). Non conciliation originelle entre le déchirement dans la séparation et la nostalgie de l’union, l’homme devient l’Homme Universel antinomique.

Cette dialectique de la contradiction, de l’absence et de la présence comme point de départ de l’interrogation reflète dans son expression la plus haute la dualité non assimilée dans la conscience de l’homme. Plein de sa lucidité, l’être humain souffre d’un écartèlement originel dans la distance, l’écart et l’étrangeté par rapport à lui-même et au monde. Mais il doit rester fidèle à son engagement philosophique car, « il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux, c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le reste, si le monde à trois dimensions, si l’esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux : il faut d’abord répondre » (2)

Cependant, comment l’homme camusien peut-il vivre le recommencement dans la condition d’homme unifié ?

Comment retrouver l’harmonie perdue de l’état unitaire, primordial, l’union originelle de l’homme avec la nature où tout est en accord avec tout « dans un silence heureux » (3) ?

Le salut au sein de la terre et du devenir permet-il à l’homme de se « délivrer de l’humain » au point que « l’esprit trouve sa raison dans le corps » (4) ?

Comment reconquérir l’état de paix, « embryonnaire », fusionnel et symbiotique avec la terre, l’homme et L’Un transcendant ?

L’annonce du décès de la mère de Meursault dès les premières lignes de l’Etranger, puis la mort d fils à la fin du récit, préfigurent le même retour à la terre que Noces. Si le soir, à Marengo, est tel une trêve mélancolique, alors pense le héros du roman, « maman si près de la mort devait être prête à tout revivre. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre » (5) ajoute-t-il. Ces deux défunts sont ramenés au « centre des choses » (6).

En effet, dès le début de ce premier roman, Meursault, fonctionnaire, employé de bureau peu ambitieux à Alger lit le télégramme de l’asile de vieillards de Marengo où résidait sa mère. « Aujourd’hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « mère décédée, enterrement demain. Sentiments distingués ». Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier » (7)

La mort de madame Meursault, son enterrement ou le retour de son corps à la terre marquent le recommencement de l’état originel, celui d’avant la chute vers la séparation de l’état chaotique. Il s’agit d’un Salut au sein de la terre et du devenir car la fin d’une vie est le signe d’un recommencement, celui des noces de l’homme et de la terre, seul amour périssable et généreux. Dans cette solitude de l’homme sans Dieu et par ce mariage avec la terre, délivré de l’humain ne fait plus qu’Un « au centre des choses ».

Plus qu’une conciliation ou une union, le messianisme terrestre permet l’éternelle réconciliation du cœur des hommes avec la terre et la libération de l’esprit qui trouve « sa raison dans le corps ». La terre reste au détriment du ciel, le royaume des morts qui ont eu le grand courage de « tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort » (8)

Dans ce rapport de l’être au mourir se comprend le consentement à la terre. Consentir à sa propre mort, c’est consentir à la terre pour suivre le conseil que donne Martha à Maria dans le Malentendu : priez Dieu pour qu’il nous fasse semblable à la pierre.

Cette acceptation de l’être dans le mourir transparaît dans chacune des étapes de l’existence de Meursault. Le temps de la vie du héros et son renoncement manifeste témoignent d’un véritable parcours ascétique jusqu’au temps de la mort. On assiste à un éclatement du temps camusien puisque le temps de la vie marqué par la nostalgie d’unité est aussi le temps de l’indifférence, du détachement, de la mort de la vie, vers le temps du consentement à la terre et celui de la séparation d’avec les hommes. C’est au cœur de cette « ascèse d’isolement » et de « déshumanisation »(9) que Meursault prépare ses noces avec la terre, qu’il apprend « à consentir à la terre et à brûler dans la flamme sombre de ses fêtes »… à « consacrer l’accord de l’amour et de la révolte » (10) : de la révolte unitaire.

Meursault ne ressemble en rien à Jonas. Il n’est pas « conscience vivante du tout » (11), mais conscience isolée, agonisante et dévitalisée. Héros négatif, dans une existence métaphysiquement vide, il confesse à son avocat lors de son procès, qu’il a perdu l’habitude de s’interroger. Il ne pense, ni n’imagine et sa nature est telle que ses besoins physiques affectent souvent ses sentiments. Les leitmotivs du « cela m’est égal » et du « cela ne veut rien dire » scandent sa volonté profonde de désunion avec la vie. Lorsque Raymonde Sintès, un voisin de palier lui demande s’il veut être son ami, il rétorque : « j’ai dit que cela m’était égal » (12), ou encore « moi cela m’était égal, mais je ne savais pas ce que je devais dire » (13). La suggestion de son patron de se rendre à Paris pour son travail ne suscite chez l’intéressé qu’un : « j’ai dit oui mais dans le fond cela m’étais égal…, j’ai répondu qu’on ne changeait jamais de vie, qu’en tout cas toutes se valaient » (14).

La proposition de mariage de Marie Cardona, une ancienne dactylo du bureau devenue sa maîtresse n’éveille aucune reconquête du bonheur de vivre et d’aimer, aucun appel à l’autre ; « j’ai dit que cela m’était égal… cela n’avait aucune importance » (15) ; enfin, aux instructeurs le soupçonnant d’avoir fait preuve d’insensibilité le jour de l’enterrement de sa mère, Meursault avance que sans doute il l’aimait bien mais « que cela ne voulait rien dire » (16).

Cette indifférence, « ce minimalisme narratif »(17), du héros trahissant une progressive dépossession de lui-même, se réactualisent dans son refus de communication, son isolement et son besoin de sommeil, comme s’il se vidait de toute réalité pour dire non à la vie. Ce héros sans ambitions, sans histoire, enfermé dans les limites des habitudes quotidiennes, soumis au devenir de la réalité phénoménale dans un complet détachement réduit ses jours aux gestes les plus simples.

Le sommeil constitue un autre moyen de se détourner de renoncer à son propre moi et aux autres. En effet, la vacuité dont souffre Meursault loin d’être une tranquillité morale serait plus justement définie comme un vide moral et intellectuel. L’apathie, l’inertie remplissent presque tous les instants de sa vie monotone. Se rendant à Marengo pour l’enterrement de sa mère, il nous confie qu’il a dormi « pendant presque tout le trajet » (18). Parti veiller la morte, il sentait « le sommeil le gagner », (19), la nuit est passée puis il a « encore dormi » (20). Et de retour pour Alger, « j’ai pensé que j’allais me coucher et dormir pendant douze heures » (21). En compagnie de Raymond Sintès, il a sommeil, (22), le dimanche, il dort « jusqu’à dix heures », fume « toujours couché jusqu’à midi » (23). Le sommeil est encore ce besoin physique et métaphysique qui a dérangé ses sentiments au point que le jour de l’enterrement de sa mère, très fatigué, il ne s’est pas rendu compte de ce qui se passait (24).

Au début de sa détention Meursault souffre d’avoir des pensées d’homme libre « mais cela ne dura que quelques mois ». Ensuite, « je n’avais que des pensées de prisonniers » (25). « Peu à peu, mes nuits ont été meilleures et j’ai pu dormir aussi le jour… dans les derniers mois, je dormais de seize à dix-huit heures par jour. Il me restait alors six heures à tuer avant les repas »(26). C’est ainsi qu’avec le sommeil, « le temps a passé »(27).

Conscience annihilée du moi et du toi, le sommeil n’est pas l’appel de l’autre mais l’appel de la nature sans l’autre. Meursault, tel l’ascète éloigné des désirs du monde échappe à l’état de séparation et aspire à un état d’union avec la terre. Tel çakya-Mouni au désert, il recherche « le destin de pierre », et en y consentant manifeste « sa révolte contre le désir et la douleur ». Il dit non à la vie faisant part de son sentiment de l’indignité pour dire Oui à la pierre. Le sommeil lui permet de se « délivrer de l’humain » afin de se rapprocher « du centre des choses », c’est àdire, de l’état primordial, originel : « car à l’origine, l’homme-espèce, dans son état primordial, comme l’homme-individu, dans son état d’enfance, ne souffrait pas de la séparation mais jouissait, au contraire, d’un bonheur unitaire » (28).

Dans cet élan vers l’état de fusion avec la terre, le héros de l’Etranger va se dépasser dans ses efforts de constriction, de concentration de sa vie. Jamais sorti d’Alger sinon pour se rendre à Marengo voir sa mère à l’asile de vieillards, les pas de Meursault suivent inlassablement le chemin de la maison, du bureau, ou du restaurant. Estimé trop grand pour lui seul, l’appartement est réduit à une chambre dans laquelle la table de la salle à manger est transportée : « je ne vis plus que dans cette pièce, entre les chaises de paille un peu creusées, l’armoire dont la glace est jaunie, la table de toilette et le lit de cuivre » (29). Puis il va quitter son monde déjà très restreint pour la prison dans un total isolement et enfin va rejoindre la terre. Vivre, c’est se réconcilier avec la pierre car la vie nous renvoie à notre néant. Vivre c’est ne pas être ou ne plus être dans la séparation mais, comme nous le dit Meursault, c’est aspirer au recommencement dans la fusion et la symbiose de l’état d’origine.

Bientôt assimilé au royaume de la pierre, le héros dans sa mort philosophique, rejoint « la maison de sa mère », la terre, seule patrie des fidèles. Car, « aujourd’hui enfin leur passé les quitte, et rien ne les distrait de cette force profonde qui les ramène au centre des choses qui tombent » (30).

L’été ne répand plus ses sillages de parfums et « la merveilleuse paix » de cette de cette saison endormie entre en eux « comme une marée ». Dans cette mort conscient, consentie et voulue par la justice des hommes, Meursault déclaré coupable car il se tait, refuse la rédemption. Il confesse à son aumônier son désir de vivre avec la pensée qu’il va mourir « tout entier ». Il fait figure de celui qui a trouvé sa mesure et dont le cœur se calme d’une étrange certitude puisqu’il sait au moment où il s’apprête à devenir Un avec l’élément terre qu’il apprend à s’accomplir et à s’approcher du monde.

Comme l’acteur ayant bien joué son rôle et bien fait son métier d’homme, la conscience tranquille et plein de cette certitude, il assume la condition de toute la race née du soleil et de la mer, puis, plein d’orgueil, cherche son salut au sein de la pierre. Dans l’accord et le silence, désireux d’entendre battre le cœur de la terre, sûr de tout, « sûr de sa vie et de sa mort qui allait venir », il tenait « cette vérité autant » (31) qu’elle le tenait. « Je m’ouvrais, dit-il, pour la première fois à la tendre indifférence du monde… j’ai senti que j’avais été heureux, et que je pouvais l’être encore » (32). Et, « pour la première fois » ayant pensé à sa mère si près de la mort, comprenait qu’elle « devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre » (33). Dans la clairvoyance de son détachement de lui-même et de sa présence au monde, « entre l’horreur et le silence3, il s’abandonne à la certitude consciente d’une mort sans espoir. D’une mort qui est une porte fermée, refusant tous les « plus tard » du monde afin de diminuer la distance qui le sépare.

Meursault, tel Prométhée est « ce révolté dressé contre les Dieux » et « modèle de l’homme contemporain » (34) qui s’efforce de réinventer le feu afin de ne pas retourner à la misère des hommes que Prométhée tenta de sauver. Et pour ne pas le trahir s’applique à préserver ce mythe « et faire que son sommeil ne soit point mortel pour que la résurrection devienne possible »(35), car le salut est dans nos mains, « dans la foi tranquille de l’homme ».

Ainsi, « mieux que la révolte contre les dieux, c’est cette longue obstination qui a du sens pour nous. Et cette admirable volonté de ne rien séparer ni exclure qui a toujours réconcilié et réconciliera encore le cœur douloureux des hommes et les printemps du monde » (36). Dans cet éveil de notre conscience à la mortalité, le héros ouvre sa pensée à l’universel.

Dans cette relation « du moi de l’humain au soi de l’être universel » qu’il s’agit de définir, la foi métaphysique camusienne marque « l’empreinte de la sacralité sur l’âme temporelle » (37).

 

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1 – Camus, Le Mythe de Sisyphe

2 – Camus, Le Mythe de Sisyphe

3 - Camus, Noces

4 – Camus, Noces

5 – Camus, l’Etranger

6 – Camus, Noces

7 – Camus, l’Etranger

8 – Camus, l’Envers et l’endroit

9 – Pierre Nguyen-Van-Huy, la métaphysique du bonheur chez Albert Camus, P. 165

10 – Camus, Noces, le désert à Jean Grenier

11 – Claude Vigée, avant-propos d’Albert Camus, une approche du sacré de Ruth Reichelberg.

12 – Camus, l’Etranger

13 - Camus, l’Etranger

14 - Camus, l’Etranger

15 - Camus, l’Etranger

16 - Camus, l’Etranger

17 – Bernard Pingaud, L’Etranger d’Albert Camus, P. 24

18 - Camus, l’Etranger

19 - Camus, l’Etranger

20 - Camus, l’Etranger

21 - Camus, l’Etranger

22 - Camus, l’Etranger

23 - Camus, l’Etranger

24 - Camus, l’Etranger

25 - Camus, l’Etranger

26 - Camus, l’Etranger

27 - Camus, l’Etranger

28 – Pierre Nguyen-Van-Huy, la métaphysique du bonheur chez Albert Camus

29 - Camus, l’Etranger

30 – Camus, Noces, noces à Tipasa

31 - Camus, l’Etranger

32 - Camus, l’Etranger

33 - Camus, l’Etranger

34 – Camus, l’Eté, Prométhée aux enfers

35 - Camus, l’Eté, Prométhée aux enfers

36 - Camus, l’Eté, Prométhée aux enfers

37 – Camus, Noces, L’Eté à Alger, à Jacques Heurgon.

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