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Zola, Thérèse Raquin, ch.11, Noyage de Camille, lecture analytique.

zola

 

 

 

 

 

Zola Thérèse Raquin, Ch 11, la noyade de Camille, questionnaire oral EAF

zola

Questionnaire 80 questions réponses

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Zola Thérèse Raquin, Lecture analytique , bac 2013

 

*** Chapitre 11, la noyade de Camille, une scène de crime

 

 

Lecture du passage

La barque allait s'engager dans un petit bras, sombre et étroit, s'enfonçant entre deux îles. On entendait, derrière l'une des îles, les chants adoucis d'une équipe de canotiers qui devaient remonter la Seine. Au loin, en amont, la rivière était libre. Alors Laurent se leva et prit Camille à bras-le-corps. Le commis éclata de rire.
- Ah ! Non, tu me chatouilles, dit-il, pas de ces plaisanteries-là... Voyons, finis : tu vas me faire tomber. Laurent serra plus fort, donna une secousse. Camille se tourna et vit la figure effrayante de son ami, toute convulsionnée. Il ne comprit pas ; une épouvante vague le saisit. Il voulut crier, et sentit une main rude qui le serrait à la gorge. Avec l'instinct d'une bête qui se défend, il se dressa sur les genoux, se cramponnant au bord de la barque. Il lutta ainsi pendant quelques secondes.
- Thérèse ! Thérèse ! Appela-t-il d'une voix étouffée et sifflante. La jeune femme regardait, se tenant des deux mains à un banc du canot qui craquait et dansait sur la rivière. Elle ne pouvait fermer les yeux : une effrayante contraction les tenait grands ouverts, fixés sur le spectacle horrible de la lutte. Elle était rigide, muette. - Thérèse ! Thérèse ! Appela de nouveau le malheureux qui râlait.
A ce dernier appel, Thérèse éclata en sanglots. Ses nerfs se détendaient. La crise qu'elle redoutait la jeta toute frémissante au fond de la barque. Elle y resta pliée, pâmée, morte.
Laurent secouait toujours Camille, en le serrant d'une main à la gorge. Il finit par l'arracher de la barque à l'aide de son autre main. Il le tenait en l'air, ainsi qu'un enfant, au bout de ses bras vigoureux. Comme il penchait la tête, découvrant le cou, sa victime, folle de rage et d'épouvante, se tordit, avança les dents et les enfonça dans ce cou. Et lorsque le meurtrier, retenant un cri de souffrance, lança brusquement le commis à la rivière, les dents de celui-ci lui emportèrent un morceau de chair.
Camille tomba en poussant un hurlement. Il revint deux ou trois fois sur l'eau, jetant des cris de plus en plus sourds. Laurent ne perdit pas une seconde. Il releva le collet de son paletot pour cacher sa blessure. Puis, il saisit entre ses bras Thérèse évanouie, fit chavirer le canot d’un coup de pied, et se laissa tomber dans la Seine en tenant sa maîtresse. Il la soutint sur l’eau, appelant au secours d’une voix lamentable.
Les canotiers, dont il avait entendu les chants derrière la pointe de l’île, arrivaient à grands coups de rames. Ils comprirent qu’un malheur venait d’avoir lieu : ils opérèrent le sauvetage de Thérèse qu’ils couchèrent sur un banc, et de Laurent qui se mit à se désespérer de la mort de son ami. Il se jeta à l’eau, il chercha Camille dans les endroits où il ne pouvait être, il revint en pleurant, en se tordant les bras, en s’arrachant les cheveux. Les canotiers tentaient de le calmer, de le consoler.
- C’est ma faute, criait-il, je n’aurais pas dû laisser ce pauvre garçon danser et remuer comme il le faisait... À un moment, nous nous sommes trouvés tous les trois du même côté de la barque et nous avons chaviré... En tombant, il m’a crié de sauver sa femme...

commentaire :
Émile Zola, écrivain français né le 2 avril 1840 à Paris, il est  considéré comme le chef de fil du naturalisme et a joué un grand rôle dans la révision du procès d'Alfred Dreyfus. Fils d'un ingénieur italien naturalisé et d'une mère originaire de Bourgogne. La famille s'installe à Aix-en-Provence et connaît, à la mort du père, de graves difficultés financières, Émile Zola échoue à deux reprises au baccalauréat. Ne voulant plus être à la charge de sa mère, il abandonne ses études et cherche du travail. Il entre alors à la librairie Hachette comme commis. Vite remarqué, il écrit son premier ouvrage et collabore aux rubriques littéraires de plusieurs journaux. Décidé à vivre de sa plume, il quitte la librairie Hachette. Un an plus tard, son premier succès vint avec Thérèse Raquin, qui annonce, sans en faire partie, le cycle des Rougon-Macquart, tant par les sujets abordés (l’hérédité, la folie) que par les critiques qu’il suscite. Nous allons donc étudier un passage du chapitre 11 de ce roman dans lequel Thérèse, personnage éponyme devient complice du meurtre commis par son amant Laurent envers son mari. Cet extrait met en scène la noyade de Camille et décrit les éléments de la scène de crime.

 

Problématique

Nous nous demanderons, à cet effet, en quoi l’extrait marque l’avènement de l’écriture romanesque moderne ?

 

Afin de répondre à cette interrogation, nous tenterons d’analyser dans un premier temps la préméditation de cette scène de meurtre suite à quoi nous nous pencherons sur la mise en scène originale de la mort de Camille.

I. Une scène de meurtre prémédité

. a) Une atmosphère inquiétante annonciatrice du crime.

-Le choix du cadre spatio-temporel est intéressant à analyser car quoi de plus complice qu’un espace aquatique, en l’occurrence une rivière pour taire des secrets, cacher des scènes, accueillir des corps et effacer des preuves ?
-De plus, dans ce passage, nos trois personnages se sont éloignés de la rive et sont à présent loin des regards. -La scène pourrait avoir des airs d’une ballade en barque sans l’intervention des précisions du narrateur « allait s’engager dans un petit bras, sombre et étroit, s’enfonçant entre deux îles » et l’impression que suggèrent « les chants adoucis » par l’éloignement de l’« équipe de canotiers ». -Et au lecteur de s’interroger sur la raison qui pousserait l’auteur à signaler au passage qu’en amont, la rivière était libre » -Par ailleurs, la période nocturne de cette balade laisserait à penser à une promenade amoureuse. Le problème dans la situation qui nous intéresse est que ce sont trois personnages dont un seul est une femme. -Tout porte donc à croire que cette balade a d’autres motivations que la simple romance. -En effet, la scène se déroule au crépuscule ce qui évoque la mort par connotation. -La peinture du lieu permet ainsi d’annoncer symboliquement le crime qui va être perpétré.

b) La brutalité de l’amant.

L’adverbe « Alors » vient bouleverser le calme, quoique fragile, qui s’était installé et annonce l’irruption d’un événement. -Laurent, l’amant de Thérèse, est acteur du meurtre. C’est donc un personnage actif. Pourtant, durant la période précédant le crime, il ne dit pas un mot, aucune de ses paroles ni de ses pensées ne sont rapportées. L’accent est mis, avant tout, sur son physique. -Celui-ci fait preuve d’une extrême violence. Le lexique violent abondant dans le texte « sera plus fort », « figure effrayante », « toute convulsionnée », « en le serrant d’une main à la gorge » montre la hargne de l’assassin et sa détermination à en finir avec une sale besogne de laquelle il ne devrait rester aucune traces -Une fois le crime commis, Laurent « ne perdit pas une seconde » comme s’il avait un plan derrière la tête à achever. Cet enchaînement d’actions sans répits souligne  la préméditation du meurtre.

c) Contraste entre force et faiblesse.

- De surcroît, la disproportion existant entre d’un coté la force physique de l’amant « sentit une main rude », « Laurent secouait toujours Camille », « le tenait en l’air », « au bout de ses bras vigoureux » et la fragilité du corps de sa victime de l’autre, donne le ton d’un combat inégal dont l’issue est prévisible.
-Et malgré les tentatives de Camille de résister, par l’instinct de survie, à la brutalité de l’acte « lutta ainsi pendant quelques secondes, « revint deux ou trois fois sur l’eau » son exécuteur n’a même pas besoin de s’assurer de sa noyade tant il est certain de l’handicap de la nage chez son amie.
 

Transition : L’ensemble des éléments construisant la scène de crime semble alors converger vers une fin tragique pour Camille. Néanmoins l’auteur s’est attelé  à en livrer une mise en scène originale et peu commune.

II. Une mise en scène originale de la mort de Camille.

a) L’évolution progressive de l’attitude de Camille.

-Le personnage de Camille est décrit comme étant un garçon chétif, innocent et enfantin par son impression d’être dans une atmosphère de jeu « éclata de rire », « chatouille », « plaisanterie » marquant la puérilité du personnage. -La présence du champ lexical de la peur « effrayante », « épouvante », « frémissante » met en évidence la peur grandissante de Camille prenant peu à peu conscience des intentions de son ami. - Il fait preuve d’un éveil sauvage lorsqu’il se rend compte qu’il est victime d’une agression. -Le lexique animalier s’oppose alors à la description antérieure à l’aspect chétif de Camille « l’instinct d’une bête qui se défend », « se dressa sur les genoux », « avança les dents et les enfonça dans le cou », « hurlement ». -Avant la noyade, Camille est le seul personnage dont les paroles sont rapportées au style direct « dit-il », « appela-t-il » ce qui donne une authenticité au récit et un dynamisme à la narration.

b) Inversion des rôles. -Par ailleurs, à un moment du récit, on assiste à une inversion des rôles entre Camille et Laurent. -En effet, la victime tire profit de l’unique erreur commise par Laurent qui en penchant la tête découvre son cou. Camille saisi alors l’occasion et lui enfonce les dents dans le cou « les dents de celui-ci emportèrent un morceau de chair » -C’est à ce moment qu’apparait une inversion des rôles, durant un court instant, le meurtrier retient « un cri de souffrance » tandis que « la victime » devient alors brutale.

c) Passivité de Thérèse. -Quand a Thérèse, témoin du crime, spectatrice de la souffrance et du meurtre de son mari, ne lui vient cependant pas en aide « Elle était rigide, muette » -Thérèse est bouleversée par le spectacle « horrible » se tenant juste devant ses yeux « Thérèse éclata en sanglot ». Elle garde néanmoins son rôle de témoin passif par la suite « Elle y reste pliée, pâmée, morte » ce qui lui confère le statut de complice.

Conclusion Laurent a réuni toutes les conditions d’un crime parfait autour de lui : la rivière qui peut avoir cette apparence calme et paisible tout en regorgeant de secrets, la nuit qui peut cacher aux regards curieux les gestes et les scènes les plus fougueux et enfin sa force physique à même de réduire à néant toute tentative de survie de Camille. Ajoutons à cela le regard passif de Thérèse qui vient cautionner cet acte horrible. Donc visiblement rien de cette scène ne doit subsister, sauf peut être cette trace de morsure, laissée là instinctivement par la victime et délibérément par le narrateur

 

 

 

Commentaires (1)

1. Karen Achkar 28/12/2015

merci grace a vous je vais reussir mon exam

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